23/01/2010

Genève va-t-elle se laisser mettre en bouteille par Evian ?

C'est avec un plaisir non dissimulé que la population genevoise a pris note de la candidature de la ville d'Evian pour le G20 qui devrait se dérouler en 2011.

Les réactions ne se sont pas fait attendre et plusieurs élus de notre canton ont déjà exprimé leur scepticisme.

Nous avons tous en souvenirs les événements du G8 de 2003, durant lesquels Genève avait servi de lieu de rassemblement pour les manifestations liées à cette réunion de chefs d'Etats, alors qu'Evian avait été transformée en une place forte impénétrable, donc totalement sécurisée.

Des émeutes durant 3 jours à Genève, des millions de dégâts, une image catastrophique pour notre cité, notre canton, notre pays, et une conseillère d'Etat qui avait servi de bouc émissaire pour faire passer la pilule.

Que nous reste-t-il de tout ça. Une certaine expérience de manifestations violentes, une amélioration des contacts transfrontaliers entre les divers services de police, mais surtout une blessure indélébile dans les âmes de nos rues, auprès de nos commerçants, de nos citoyens et aussi de nos policiers.

La police genevoise avait en effet vécu ces événements comme un énorme traumatisme, où le pouvoir politique avait pris ses responsabilités alors que les nécessités sécuritaires constitutionnelles, issues de la mission de la police, soit assurer la tranquillité, la sécurité et l’ordre publics, n'étaient pas assumées par les garants de l'état de droit.   

Cette semaine, le député maire d'Evian, M. Marc Francina, ne s'est pas contenté d'annoncer la postulation de sa cité pour l'événement précité, il s'est aussi autorisé des critiques déplacées et irrespectueuses sur notre canton, oubliant un peu vite les sacrifices opérés par Genève en 2003, sachant que cet élu considère aujourd'hui que ce G8 a été une grande réussite, avec des retombées très positives pour Evian et la région.

A l'heure où nos propres élus s'expriment ouvertement sur la région Franco-Valdo-Genevoise, l'on peut se demander si nous devons tolérer les propos désobligeants de M. Francina ?

Evian mettra-t-elle Genève en bouteille, Genève va-t-elle servir une nouvelle fois de placebo à Evian, où la pureté des relations transfrontalières va-t-elle permettre de ne plus faire couler d'encre sous les ponts ? 

Pour mémoire, je vous invite à lire, ou relire, cet ouvrage ;

Genève, juin 2003 ... Un G8 pas comme les autres. Micheline Spoerri, édition Slatkine.

 

13:15 Publié dans Genève, Politique, Résistance | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

Tant que la bien-pensante néo-bourgeoisie de gauche bancaire genevoise sévira sur le décisionnel de cette ville, elle restera comparable à un bouge de banlieue, le maire d'Evian n'a pas tort, il milite pour sa paroisse, face à la gabegie organisée dans genevoise, nos voisins ont raison d'adresser leurs critiques, aurions nous peur de ces critiques ou reflètent-elles de la sonorité d'une petite musique bien ternie par cette politique politicienne de poulaillers ?
Genève est un des berceau du libéralisme, laissons les pseudos libéraux l'administrer, de toute façon la gauche est encore plus conformiste que les conservateurs !

Écrit par : Corto | 23/01/2010

Les altermondialistes français, avec l'accord des autorités françaises, avaient installé leur camp de base à Annemasse. Un camp international, équipé pour recevoir des dizaines de milliers de visiteurs militants... Ce sont les autorités genevoises, celles de la ville en particulier, à commencer par M. Ferrazzino, qui avaient voulu avoir aussi leur camp et leur manif à Genève... Ce n'était en rien une obligation et les blacks blocks auraient pu être contenu si "les autorités politiques avaient pris leurs responsabilités" en pensant davantage à la population qu'à leurs fantasmes adolescents.

Écrit par : le Frouze | 24/01/2010

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