04/05/2010

Observation des politiques genevoises et de leurs constellations !!!

Le canton de Genève et ses habitants ont bien souvent revendiqué une certaine identité, historique, religieuse, culturelle, financière, sportive et politique.

Si le temps a permis à la Cité Calvin de se nourrir de cette religion, de cette culture, de cette richesse, et dans un passé plus récent du sport, il demeure un point sur lequel notre identité reste bien fragile, voire incertaine, celui de la politique. En revenant de quelques pages dans le grand livre de la République, nous découvrons plusieurs lectures possibles.

Durant la révolution industrielle, il y avait deux castes aux yeux du peuple. Sur notre droite, des partis bourgeois qui représentaient les milieux économiques et une société plus poche des valeurs pécuniaires qu'humaines. Sur notre gauche, des partis sociaux, perpétuellement en lutte contre le pouvoir, avec des travailleurs et des ouvriers comme forces vives, au-delà de quelques intellectuels. Depuis, les grands patrons sont morts, mais nos deux castes ont perduré.

Cette image symbolique et naïve de la politique est voulue, afin de démontrer combien nous partons vers l'inconnu. Que nous reste-t-il aujourd'hui comme schéma ?

  • Un parti Libéral qui tente de sauver les apparences d'une chute annoncée par la crise économique, une déperdition sociale de la valeur de l'argent remplacée par le rapport à l'humain, un changement pour lequel les libéraux ne sont pas prêts.
  • Un parti Radical qui se fait absorber par les libéraux, à cause d'une perte identitaire issue d'une timidité politique bien souvent trop centriste et si peu proactive. Le PLR risque de n'être qu'une bouée de sauvetage pour certains qui devront laisser couler leurs idéaux.
  • Un parti Démocrate Chrétien qui vient de comprendre qu'il doit se redessiner une identité, celle d'un centre droit plus fort, sous risque de se retrouver lui aussi dans les griffes de l'ogre libéral.

Une droite historique qui abandonne ses valeurs historiques, ses mémoires même, pour dessiner un avenir dont personne ne veut vraiment à Genève, mais pour lequel beaucoup ont dû se résoudre, par instinct de survie.

Quelques rebelles résistent et tentent un dernier appel des troupes pour ne pas galvauder leurs idées, les Libéraux Verts. Des nains politiques aux appétits d'ogres a t'on pu lire, mais le festin n'autorisera probablement pas de telles gourmandises.

  • Un parti socialiste qui vient de chasser quelques démons, dans une gauche caviar qui s'était trop éloignée de la base, du peuple, des syndicats, de la fonction publique même. Un rattrapage tardif pour un avenir meilleur, mais sans personnalité d'envergure.
  • Un parti des Verts qui a grignoté l'électorat de gauche, mais dont les réserves s'épuisent, sauf au centre, tout en ayant de la peine à se situer pour l'avenir. Centre gauche ou à gauche du centre. La crédibilité de ses actes devra être accompagnée par une doctrine politique, car l'écologie n'est pas un vecteur suffisant en Suisse occidentale.

Là aussi quelques rebelles tentent de sauver une certaine gauche, celle du passé et des extrêmes, mais même avec un appétit d'ogre, ceux-ci ne sortiront probablement plus du bois, si ce n'est pour se rendre en rue et brandir ce rouge et noir qui trouble parfois l'Europe.

Depuis, le populisme est passé par là, et ces nouveaux partis prennent les places laissées vacantes, mais la période des moissons est terminée.

  • Un parti de l'UDC genevoise qui se décompose au jour le jour, tel un château de sable, alors que l'organe national lui tient la route et garde le cap. Une guerre des idées, des méthodes, des chefs, de clans, dans laquelle les plus forts ne seront peut-être par les véritables vainqueurs, l'électora romand s'éloignant de cette droite qui ne garde pas la ligne du parti.
  • Un parti régional du MCG, un seul chef, peu de projets, quelques idées, mais surtout des discours populistes qui plaisent, car ils dénoncent et stigmatisent. Des aboiements qui manquent de crédibilité, mais qui donne du mordant. Un populisme qui a une qualité, celle d'intéresser à nouveau la population des classes moyennes et inférieures à la politique. Mais là aussi, les vendanges tardives ne seront plus fructueuses.

En remplissant mes bulletins de vote fin 2009, je recherchais déjà une identité politique genevoise pour trouver des réponses à mes questions, en vain souvent.

Aujourd'hui, nous nous devons de retrouver les traces de cette identité politique genevoise, au risque de la perdre totalement au profit d'une région qui elle ne ressemble pas à la cité de nos anciens qui ont construit Genève, et dont les noms guident nos rues.

Walter.

 

 

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Commentaires

Vite un petit tour des blogs avant de prendre le boulot. Je tombe sur le tien et y consacre prioritairement quelques minutes. Une phrase me rend particulièrement dubitatif cher Minet : " ..En remplissant mes bulletins de vote fin 2009, je recherchais déjà une identité politique genevoise pour trouver des réponses à mes questions, en vain souvent...",. Tu as pourtant mené une très belle campagne pour le MCG dans lequel ta candidate chérie cherchait à obtenir un siège :-) Franchement et en toute amitié, à lire ton texte, je doute vraimement que tu la trouves un jour cette identité politique. D'aucuns diront que c'est tant mieux pour toi et j'en fais partie ! J'ai aussi l'impression que tu te mens à toi-même. Tes ambitions te tourmentent au point de ne plus savoir comment te situer dans ce monde que tu accables de critiques tout en le courtisant. Reste le libre penseur que tu es et élargi ton répertoire pour le plaisir du grand public; celui qui se lasse des politiques et cherche d'autres sources de culture, si tant est que la politique en fait partie. Tu t'emploies souvent à l'écriture avec talent, notamment de façon assez poétique. Alors pourquoi pas trouver une trace identitaire dans ce domaine, au lieu de te masturber le cerveau inutilement pour des politiques aux aptitudes à la fois limitées et discutables du point de vue de l'éthique souhaitée par nous autres les moutons de Panurge.

Écrit par : lappal | 05/05/2010

Lappal,

Si j'ai effectivement soutenu ma douce en octobre, c'est pour elle et en aucun cas son parti. Je partage les idées de cette femme formidable, qui reste aussi à l'écoute des miennes. Mais au fond, je n'ai pas trouvé cette identité politique et tu as probablement raison, ce n'est pas une fin en soi, tout en sachant que je n'ai pas d'ambition dans ce domaine, pas pour l'instant. Je vais donc t'écouter, et continuer d'écrire, exercice qui est devenu un plaisir, presque une politique de l'esprit.

Écrit par : Walter | 05/05/2010

Lappal,

Vous avez raison!

Mais je crois qu'il faut avoir mis un pied dans l'arène politique pour se rendre compte combien les choses changent pour ceux qui sont élus et combien d'aucun oublient ce qu'ils avaient promis.
Perdre son identité au profit d'un parti n'est pas une solution.
Et je crois qu'en définitive il est préférable que je n'aie pas été élue.
Je me serais battue contre des moulins à vent et j'aurais quand même du adhérer à des idées qui ne sont pas toutes les miennes.
L'ex-président d'un parti m'a dit un jour " qu'on opère mieux, plus efficacement et plus librement dans l'ombre".
Ce que je tire de tout cela c'est que je ne conçois pas que l'on puisse casser du sucre sur ses adversaires pour arriver à ses fins.
Chaque parti de cette ville à de bonnes idées qui sont respectables et si l'on prenait le meilleurs de nous tous on arriverait à faire quelque chose de bien de notre ville.
C'est utopique mais ce n'est pas de la politique!
La liberté de penser n'a pas de prix.

Écrit par : feline | 05/05/2010

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