18/05/2010

La guerre du bitume n'a pas fini de faire couler du goudron à Genève !

Tous les soldats sont là, dans leurs belles tuniques, seul le pont du Mont-Blanc les sépare. Ils vont se battre, rue par rue, pavé par pavé. Rose et Vert d'un côté, les libérateurs, Bleu et Gris de l'autre, les occupants. Les premiers sont en charrette, à vélo ou à cheval, les seconds en moto ou en voiture 4x4 rutilante.

Il y a quelques jours, des âmes de bonne volonté on bien tenté d'éviter le conflit. L'idée du pacte n'était pourtant pas mauvaise. Afin de libérer des places à conquérir, on dissimulait celles-ci en sous-sol en échange.

Tout allait bien et un certain consensus circulait, mais soudainement, trop vite, avec excès vitesse probablement, les Verts ont voulu prendre les Bleus et Gris à revers, passant même à côté des Roses sans les voir. L'opération d'occupation était lancée, 200 rues devaient être prises rapidement, pour ne laisser aucune chance aux occupants. C'était sans compter sur les richesses des Bleus et Gris, car tout ceci a un prix. Une belle somme, 22,2 millions que les Roses et Verts n'ont pas. Une somme dont leurs adversaires disposent, mais qu'ils veulent économiser et/ou utiliser comme prétexte pour garder pignon sur rue.

Le pacte ne tiendra pas, c'est certain, le premier parking du centre rive gauche Pierre-Fatio a du plomb dans l'aile, alors que le parking de Sécheron rive droire est contesté à son tour par un recours de la ville. 

Creuser ainsi un gouffre des idées alors que ce sont des parkings libérateurs qui devraient voir le jour, c'est repousser la réaffectation de nos rues, juste pour ne pas perdre la face.

Une belle farce que tout ceci, plus de 22 millions pour redonner 200 rues à nos piétons, et probablement autant pour construire des parkings qui correspondent à la demande et à l'échange naturel de territoires. Le consensus n'est pas d'actualité, l'amélioration de nos conditions de vie non plus, tout comme celle de notre mobilité, douce ou motorisée, rien ne va plus à Genève. C'est un peu la bataille du tramway suburbain et des parkings périphériques qui est rejouée.

Dans tous les cas, une guerre du bitume qui risque bien, au final, d'en voir certain finir avec du goudron et des plumes.

GENEVE, UN MONDE EN SOI

 

 

Commentaires

22 mo ? Ca se trouve fastoche sous les sabots d'un cheval...... qu'il soit vert, rose, bleu ou gris !
Ach...Chenèfffe touchours la kuerre !
bonne journée
p.l.

Écrit par : pierre llosio | 19/05/2010

"alors que le parking de Sécheron rive droire est contesté à son tour par un recours de la ville. "

Dont la mention P+R a mystérieusement disparu du permis de construire ... et oui, Genève ... Genève !

Écrit par : Djinius | 19/05/2010

Cela n'a rien à voir, encore que, mais je me disais ce matin, en voyant surgir brusquement un cycliste qui me dépassait par la droite, à fond de pédales, alors que je zizgaguais prudemment à 20km/h entre piétons, passage piéton, voitures se garant en épis et débouchés de la gare et de la Migros (à Versoix): le problème, ce sont les glandes. Plus précisément celles qui produisent la testostérone et autres hormones mâles et vindicatives.
Celles que l'on a tant reprochées aux automobilistes, et qui caractérisent de même un certain nombre de cyclistes pressés, à l'agressivité débordante. Ceux qui veulent à toutes forces prouver qu'ils mettent moins de temps à vélo qu'en scoot ou en bagnole, ou en tram. Ou en spoutnick. Exactement comme certains jeunes (et moins jeunes, je confesse en avoir longtemps fait partie, et encore, parfois mais je me soigne...)automobilistes accélèrent bêtement au feu rouge, juste parce que celui d'à côté va accélérer aussi.
Des générations de psy nous ont bassiné en expliquant que c'était l'automobile qui engendrait cela. Des clous. C'est la nature humaine. La preuve, sur un vélo, c'est pareil. Et dans une file à la poste idem, c'est pour ça qu'il a fallu mettre des tickets partout. Les femmes n'étant d'ailleurs pas les dernières à être travaillées par... quoi au juste ? Leur testostérone ? Je ne sais pas, leur agressivité en tout cas.
Alors pour en revenir à votre amusante et bitumée parabole, je crains que l'on assiste là à une démonstration de ce que Churchill entendait lorsqu'il affirmait que la démocratie était "le pire des systèmes politiques". Le problème, c'est qu'il ajoutait "A l'exception de tous les autres". Et que l'on n'a pas encore trouvé mieux, ou moins pire...

Écrit par : Philippe Souaille | 19/05/2010

En vélo, c'est pas exactement pareil, car faut pousser sur les jambes ... et franchement, la rengaine sur les méchants cyclistes en ville, faut arrêter ... ou alors faut postuler comme journaliste à la TDG.

Écrit par : Djinius | 19/05/2010

Le fait de pousser sur ses jambes, Djinius, n'autorise personne à être con. Ou agressif. Ou alors faut élire carrément les champions de culturisme à l'exécutif.

Écrit par : Philippe Souaille | 19/05/2010

Je voulais dire que la voiture permet, à moindre effort, de plus facilement assouvir que le vélo les pulsions de puissance et de vitesse que les bouffées de testosterones (que vous n'avez plus, dieux nous en garde !) procurent à certains.

Sinon, vous vous mettez à l'humour Blondesen ?

Écrit par : Djinius | 19/05/2010

En matière d'humour, Blondesen reste un maître inégalé :-)
Quand à mes bouffées de testostérone, à mon âge canonique, on apprend en effet à les cultiver avec délectation au lieu de les galvauder sur la voie publique. Mais apparemment, le fait de devoir suer et transpirer pour les assouvir, ça n'a précisément pas l'air de calmer les cyclistes. En fait c'est un peu comme d'avoir une voiture puissante, paradoxalement, ça calme, alors que l'on est beaucoup plus agressif, on a beaucoup plus de choses à prouver au volant d'un veau à 4 sous... J'ai le sentiment que c'est la même chose pour certains cyclistes. Un mélange de jalousie et de "je ne dois ma puissance qu'à mes jarrets et je vais leur montrer de quel bois je m'échauffe à ces gros c... (apitalistes ?) d'automobilistes.

Écrit par : Philippe Souaille | 19/05/2010

Ce que je vous reproche, c'est votre relativisme, qui voudrait voire dans le cycliste urbain qui roule à l'arrache en slalomant et en brulant les feux, une comportement aussi dangereux que le fangio en voiture qui roule à vive allure.

Car les chiffres, restent les chiffres : les morts causés par les vélos, c'est très rares en comparaison des autres moyens de locomotions motorisés.

Écrit par : Djinius | 19/05/2010

Le fait est que le cycliste en question risque d'abord sa peau, plus que celle des autres, nous sommes d'accord. Ceci dit, les automobilistes se tuent d'abord entre eux, c'est un fait statistique indéniable, et relativement peu en ville. Et puis que les voitures causent des accidents, cela fait quelques décennies qu'on le dit, qu'on le sait, et que l'on a inventé toutes sortes de choses pour tenter d'y remédier.
En France par exemple, le nombre est passé de 8000 à 4000 décès /an en 10 ans ! Dans le même temps le nombres des décès par accident non routiers restaient stable à près de 20 000/ an. Les chutes et les noyades font plus de morts que la voiture, le feu presque autant ! Idem en Suisse ou il y a plus de morts par accident domestique (l'électricité à la maison par exemple) que sur la route.
Je glisse sur l'alcool, le tabac, la malbouffe, le stress au travail, les accidents liés à la sexualité (un adulte sur 3 au moins une fois par an, avec parfois des conséquences graves, voire mortelles, ça s'appelle mourir d'épectase) qui sont tous nettement plus meurtriers que la route.
Par ailleurs, si l'on tient compte du fait qu'il y a encore beaucoup plus d'automobilistes que de cyclistes et du nombre de kilomètres respectivement parcourus, on s'aperçoit que le taux de mortalité au kilomètre, est bien plus important chez les cyclistes.
La faute aux automobilistes, me direz vous... Eh bien justement pas forcément. En tout cas pas quand le cycliste faisait n'importe quoi. Mais ce matin, si j'avais coincé sans le vouloir, parce que n'ayant pas pu le voir, le cycliste qui me dépassait de manière très dangereuse, je m'en serai quand même voulu toute ma vie... Et si les incivilités des automobilistes peuvent être très graves, mais restent heureusement très rares en regard du nombre d'automobilistes, les incivilités des cyclistes sont extrêmement répandues...
Et quasi systématiquement soutenues ou relativisées par tout ceux qui pensent que la bagnole est une invention du diable !
Vous en êtes encore l'exemple, Djinius.

Écrit par : Philippe Souaille | 19/05/2010

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