21/05/2010

Suis-je Franco-Valdo-Genevois ?

Je ne sais pas vous, mais depuis quelques semaines j'ai l'impression de perdre mon identité, que l'on tente de me déraciner, tel un vieil arbre qui ne se trouve plus au bon endroit dans un verger, qui après avoir fait trop d'ombre à ses voisins les empêchent visiblement maintenant d'envahir le territoire des autres. Pourtant, les fruits de ce vieux végétal ligneux sont encore nobles, frais, vitaminés et sucrés, mais cette abondance ne suffit plus.

Entre la mondialisation, et ses fruits et légumes qui arrivent par avions entiers, entre l'eurocompatibilité et ses marchandises et denrées qui arrivent pas camions entiers, entre cette régionalisation et ses produits cuisinés qui arrivent par cabas entiers, je ne sais bientôt plus quel goût a le produit de mon vieil arbre, pourtant si simple à cueillir car à portée de main. 

J'ai bien envie de me retrouver sur un étal avec mes compatriotes, produits du canton et reconnus de qualité. Certains l'ont bien compris, cette identité a une valeur, est une valeur, car elle a une histoire. Des hommes et des femmes ont saigné pour l'ériger, mais voilà, à force de laisser l'argent et l'appât du gain devenir roi, c'est notre âme que nous abandonnons, tout comme vous avez déjà abandonnez ce vieil arbre au centre de votre verger.

Walter SCHLECHTEN

 

 

 

Commentaires

Les racines de votre arbre sont historiques, cher Walter et l'Histoire de ce canton est faite de vagues d'immigration, d'ouverture sur le monde, de relations d'intensité variable avec sa région naturelle, dont elle est depuis au moins 20 siècles, la ville centre, la capitale, de fait, sinon de jure.
Parmi les vagues d'immigration il y en eut d'alémaniques, qui en d'autres temps furent pourtant l'ennemi inconciliable... Il y en eut d'un peu partout, en fait, et toujours.
Une autre chose apparait de manière claire, c'est que si la séparation d'avec l'arrière-pays s'est imposée, c'est un peu pour des motifs de religion, mais c'est surtout, essentiellement, pour des raisons d'argent et d'appât du gain. Eh oui, Walter, c'est l'argent, le refus de le partager avec un arrière-pays plus pauvre, alors qu'on était riches, qui depuis des siècles a présidé à l'Indépendance de Genève, suscitant en retour des alliances qui n'allaient pas forcément de soi, comme en témoigne le simple examen d'une carte.
Aujourd'hui les choses bougent, à nouveau. Dans la région, elles ne sont jamais restées figées bien longtemps. Comme lorsque Fazy fit sauter les fortifications qui ne correspondaient plus à l'époque, il faut inventer une nouvelle façon de vivre ensemble, de part et d'autre de la frontière. Pour coordonner le tout, plus efficacement.
Cela dérange des habitudes. On n'est plus chez nous. Mais le confort de tous est à ce prix. En fait ce qui est en train de se passer Walter, c'est qu'on est en train de vous rempoter. Dans un pot plus grand, où vos racines auront plus de place, ce qui in fine profitera aussi à votre feuillage. Au début, c'est stressant. Mais avec du bon terreau, un bon arrosage et quelques temps d'adaptation, vous verrez que vous y serez beaucoup plus à l'aise !

Écrit par : Philippe Souaille | 21/05/2010

Et pourquoi pas ? L'histoire aurait très bien pu basculer, en 1860 notamment, vers le rattachement du Nord de la Savoie à la Suisse et le Pays de Gex n'a dû, en 1815, de rester français qu'au fait qu'il était catholique ! Notre identité régionale d'entre Salève et Jura ne peut donc être niée, même si cela heurte une conception administrative et politique du patriotisme genevois!

De plus, le brassage de la population nous porte vers des valeurs nouvelles, vers une ouverture aux autres que beaucoup nous envient, même si ce n'est pas tous les jours facile. La "Rome protestante" n'est plus si protestante et beaucoup de bons Genevois migrent par goût et/ou par nécessité en terre française et/ou vaudoise.

Genève reste cependant le noyau et le centre de cette agglomération. Vouloir la confiner dans ses frontières nationales va contribuer à l'asphyxier économiquement et culturellement. Trouvons donc des solutions pour faire vivre cette région et soyons fiers d'en faire partie !

Écrit par : Jean-Bernard Busset | 21/05/2010

Eh bien, je pense aussi avoir perdu mon identité.

A tel point que je me suis exilé en terre vaudoise ne supportant plus ce qu'est devenue genève.

Je reviendrai peut être le jour où un grand nettoyage aura été fait mais je ne me sens plus genevois aujourd'hui, alors je suis parti.

Écrit par : geneve me manque | 22/05/2010

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