21/05/2010

Suis-je Franco-Valdo-Genevois ?

Je ne sais pas vous, mais depuis quelques semaines j'ai l'impression de perdre mon identité, que l'on tente de me déraciner, tel un vieil arbre qui ne se trouve plus au bon endroit dans un verger, qui après avoir fait trop d'ombre à ses voisins les empêchent visiblement maintenant d'envahir le territoire des autres. Pourtant, les fruits de ce vieux végétal ligneux sont encore nobles, frais, vitaminés et sucrés, mais cette abondance ne suffit plus.

Entre la mondialisation, et ses fruits et légumes qui arrivent par avions entiers, entre l'eurocompatibilité et ses marchandises et denrées qui arrivent pas camions entiers, entre cette régionalisation et ses produits cuisinés qui arrivent par cabas entiers, je ne sais bientôt plus quel goût a le produit de mon vieil arbre, pourtant si simple à cueillir car à portée de main. 

J'ai bien envie de me retrouver sur un étal avec mes compatriotes, produits du canton et reconnus de qualité. Certains l'ont bien compris, cette identité a une valeur, est une valeur, car elle a une histoire. Des hommes et des femmes ont saigné pour l'ériger, mais voilà, à force de laisser l'argent et l'appât du gain devenir roi, c'est notre âme que nous abandonnons, tout comme vous avez déjà abandonnez ce vieil arbre au centre de votre verger.

Walter SCHLECHTEN

 

 

 

18/05/2010

La guerre du bitume n'a pas fini de faire couler du goudron à Genève !

Tous les soldats sont là, dans leurs belles tuniques, seul le pont du Mont-Blanc les sépare. Ils vont se battre, rue par rue, pavé par pavé. Rose et Vert d'un côté, les libérateurs, Bleu et Gris de l'autre, les occupants. Les premiers sont en charrette, à vélo ou à cheval, les seconds en moto ou en voiture 4x4 rutilante.

Il y a quelques jours, des âmes de bonne volonté on bien tenté d'éviter le conflit. L'idée du pacte n'était pourtant pas mauvaise. Afin de libérer des places à conquérir, on dissimulait celles-ci en sous-sol en échange.

Tout allait bien et un certain consensus circulait, mais soudainement, trop vite, avec excès vitesse probablement, les Verts ont voulu prendre les Bleus et Gris à revers, passant même à côté des Roses sans les voir. L'opération d'occupation était lancée, 200 rues devaient être prises rapidement, pour ne laisser aucune chance aux occupants. C'était sans compter sur les richesses des Bleus et Gris, car tout ceci a un prix. Une belle somme, 22,2 millions que les Roses et Verts n'ont pas. Une somme dont leurs adversaires disposent, mais qu'ils veulent économiser et/ou utiliser comme prétexte pour garder pignon sur rue.

Le pacte ne tiendra pas, c'est certain, le premier parking du centre rive gauche Pierre-Fatio a du plomb dans l'aile, alors que le parking de Sécheron rive droire est contesté à son tour par un recours de la ville. 

Creuser ainsi un gouffre des idées alors que ce sont des parkings libérateurs qui devraient voir le jour, c'est repousser la réaffectation de nos rues, juste pour ne pas perdre la face.

Une belle farce que tout ceci, plus de 22 millions pour redonner 200 rues à nos piétons, et probablement autant pour construire des parkings qui correspondent à la demande et à l'échange naturel de territoires. Le consensus n'est pas d'actualité, l'amélioration de nos conditions de vie non plus, tout comme celle de notre mobilité, douce ou motorisée, rien ne va plus à Genève. C'est un peu la bataille du tramway suburbain et des parkings périphériques qui est rejouée.

Dans tous les cas, une guerre du bitume qui risque bien, au final, d'en voir certain finir avec du goudron et des plumes.

GENEVE, UN MONDE EN SOI

 

 

14/05/2010

200 rues piétonnes à Genève, un projet, quel projet ?

A la lecture de la cartographie proposée par Les Verts pour ce projet, je me demande juste si ces élus ont tenu compte d'autre chose que des desideratas d'une certaine population sédentaire sondée ?

En effet, qui n'accepterait pas, sous condition que les accès à l'immeuble, au parking privatif, aux livraisons demeurent, que la rue qui se trouve sous son balcon devienne piétonnière, personne.

 

La question est mal posée pour ce projet, le sujet est mal proposé, le plan de localisation des rues transformables n'est pas en adéquation avec les réalité de la mobilité urbaine.

 

Et si la réflexion partait de l'autre bout du guidon, à savoir délimitons les axes principaux d'accès et de sortie de la ville, facilitons le flux sur ces artères, définissons les transversales utiles, et après seulement proposons les rues adéquates pour les modifications d'usage prévues afin de redonner celles-ci aux piétons.

En lien avec un tel projet, la politique de constructions de parkings périphériques, afin d'inciter, d'inviter l'automobiliste à faire usage des transports publics, doit aussi être mise en oeuvre. Il serait temps aussi de diminuer le nombre de signalisations lumineuses en place, Genève étant une des ville d'Europe les plus dense à ce niveau. 

Si les verts veulent faire avancer les choses, diminuer les rouges et libérer les pénétrantes sont pour moi indissociables de leur projet. ll ne faut pas chercher à faire fuir les automobiliste de la ville, il faut les convaincre de laisser leur jouet à la périphéries de la cité, voire de la zone urbaine densifiée.

Walter SCHLECHTEN

 

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04/05/2010

Observation des politiques genevoises et de leurs constellations !!!

Le canton de Genève et ses habitants ont bien souvent revendiqué une certaine identité, historique, religieuse, culturelle, financière, sportive et politique.

Si le temps a permis à la Cité Calvin de se nourrir de cette religion, de cette culture, de cette richesse, et dans un passé plus récent du sport, il demeure un point sur lequel notre identité reste bien fragile, voire incertaine, celui de la politique. En revenant de quelques pages dans le grand livre de la République, nous découvrons plusieurs lectures possibles.

Durant la révolution industrielle, il y avait deux castes aux yeux du peuple. Sur notre droite, des partis bourgeois qui représentaient les milieux économiques et une société plus poche des valeurs pécuniaires qu'humaines. Sur notre gauche, des partis sociaux, perpétuellement en lutte contre le pouvoir, avec des travailleurs et des ouvriers comme forces vives, au-delà de quelques intellectuels. Depuis, les grands patrons sont morts, mais nos deux castes ont perduré.

Cette image symbolique et naïve de la politique est voulue, afin de démontrer combien nous partons vers l'inconnu. Que nous reste-t-il aujourd'hui comme schéma ?

  • Un parti Libéral qui tente de sauver les apparences d'une chute annoncée par la crise économique, une déperdition sociale de la valeur de l'argent remplacée par le rapport à l'humain, un changement pour lequel les libéraux ne sont pas prêts.
  • Un parti Radical qui se fait absorber par les libéraux, à cause d'une perte identitaire issue d'une timidité politique bien souvent trop centriste et si peu proactive. Le PLR risque de n'être qu'une bouée de sauvetage pour certains qui devront laisser couler leurs idéaux.
  • Un parti Démocrate Chrétien qui vient de comprendre qu'il doit se redessiner une identité, celle d'un centre droit plus fort, sous risque de se retrouver lui aussi dans les griffes de l'ogre libéral.

Une droite historique qui abandonne ses valeurs historiques, ses mémoires même, pour dessiner un avenir dont personne ne veut vraiment à Genève, mais pour lequel beaucoup ont dû se résoudre, par instinct de survie.

Quelques rebelles résistent et tentent un dernier appel des troupes pour ne pas galvauder leurs idées, les Libéraux Verts. Des nains politiques aux appétits d'ogres a t'on pu lire, mais le festin n'autorisera probablement pas de telles gourmandises.

  • Un parti socialiste qui vient de chasser quelques démons, dans une gauche caviar qui s'était trop éloignée de la base, du peuple, des syndicats, de la fonction publique même. Un rattrapage tardif pour un avenir meilleur, mais sans personnalité d'envergure.
  • Un parti des Verts qui a grignoté l'électorat de gauche, mais dont les réserves s'épuisent, sauf au centre, tout en ayant de la peine à se situer pour l'avenir. Centre gauche ou à gauche du centre. La crédibilité de ses actes devra être accompagnée par une doctrine politique, car l'écologie n'est pas un vecteur suffisant en Suisse occidentale.

Là aussi quelques rebelles tentent de sauver une certaine gauche, celle du passé et des extrêmes, mais même avec un appétit d'ogre, ceux-ci ne sortiront probablement plus du bois, si ce n'est pour se rendre en rue et brandir ce rouge et noir qui trouble parfois l'Europe.

Depuis, le populisme est passé par là, et ces nouveaux partis prennent les places laissées vacantes, mais la période des moissons est terminée.

  • Un parti de l'UDC genevoise qui se décompose au jour le jour, tel un château de sable, alors que l'organe national lui tient la route et garde le cap. Une guerre des idées, des méthodes, des chefs, de clans, dans laquelle les plus forts ne seront peut-être par les véritables vainqueurs, l'électora romand s'éloignant de cette droite qui ne garde pas la ligne du parti.
  • Un parti régional du MCG, un seul chef, peu de projets, quelques idées, mais surtout des discours populistes qui plaisent, car ils dénoncent et stigmatisent. Des aboiements qui manquent de crédibilité, mais qui donne du mordant. Un populisme qui a une qualité, celle d'intéresser à nouveau la population des classes moyennes et inférieures à la politique. Mais là aussi, les vendanges tardives ne seront plus fructueuses.

En remplissant mes bulletins de vote fin 2009, je recherchais déjà une identité politique genevoise pour trouver des réponses à mes questions, en vain souvent.

Aujourd'hui, nous nous devons de retrouver les traces de cette identité politique genevoise, au risque de la perdre totalement au profit d'une région qui elle ne ressemble pas à la cité de nos anciens qui ont construit Genève, et dont les noms guident nos rues.

Walter.

 

 

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