15/06/2010

Affaire Kadhafi ; vont-ils sacrifier Genève pour sauver les fondements de la diplomatie ?

En lisant la TDG de ce matin, je constate que l'affaire Kadhafi est redevenue le roman de l'été, tome II.

Les langues se délient et les plumes déposent des mots qui ont déjà une forte odeur de jugement. Tous les acteurs sont dans la trame, en place, désignés ou destinés à un avenir différent.

Laurent Moutinot ; chef du département lors des faits. Il n'a jamais changé de fusil d'épaule et a gardé sa ligne de conduite, tel un homme d'Etat qui a voulu préserver les fondements de notre démocratie. Un courage qu'il faut saluer, aujourd'hui encore.

Le Parquet ; bras d'une justice démocratique, armé d'un glaive d'une main et dicté par la balance et le poids des éléments dans l'autre. L'analyse des faits, des lois, des volontés du législateur, donc du peuple. Le Parquet ne cède pas, il décide, et la loi offre les recours nécessaires au maintient des droits démocratiques des auteurs présumés, des condamnés. Une doctrine qu'il faut saluer, aujourd'hui encore.

La Police ; bras armé de l'Etat. Elle obéit aux ordres afin de faire appliquer les lois, de permettre l'ouverture de procédures et ainsi de garantir les droits des victimes, des lésés, sans distinction selon les fondements de notre Constitution, qui sont aussi les valeurs des citoyens de notre canton et du serment de nos policiers. Un serment qu'il faut saluer, aujourd'hui encore. 

Alors il nous reste Genève, canton-ville à la fois si important pour la Suisse et pourtant parfois si isolé. Genève c'est aussi une image, un nom, un symbole mondial. Genève c'est à la fois le gage de la paix et le respect des droits humains. Genève c'est le lieu où pouvoir de l'argent se mêle aux pouvoirs politiques, où le pouvoir des grandes organisations de mêle aux pouvoirs des Etats membres.

La TDG a commencé la rédaction de cet imbroglio politico-judiciare, dans lequel il faudra bien aussi y retrouver la Berne fédérale et le gouvernement de notre pays. Après "Da Vinci Code", nous voilà avec "Ka Dhafi Code", un dossier presque encore top secret. Je vais terminer mon mot par la reprise d'un texte lu ce matin dans l'éditorial du journal Le Temps, sous le titre "Les deux Genève", signé de la plume de Joëlle Kuntz, même si l'antépénultième phrase est de trop :

"Il est possible que les Suisses aient de la peine à comprendre Genève. C’est normal car plusieurs Genève ont conjugué leurs efforts pour créer l’affaire Kadhafi.

La première, c’est la Genève républicaine et égalitaire, historiquement prompte depuis avant Rousseau à dénoncer les privilèges, qu’ils soient sociaux, juridiques ou diplomatiques. Cette Genève-là tient pour vertu de mettre toute personne à égalité devant la loi, indépendamment de son rang ou de son statut, quoi qu’il en coûte au reste du monde ou au reste de la Suisse. La façon dont le gouvernement et la justice continuent de traiter le dossier atteste bien de cet état d’esprit fondamental.

L’autre Genève, c’est celle du droit humanitaire, de la Croix-Rouge, des droits de l’homme et de toutes ces normes élaborées dans les organisations internationales qui sont destinées à insuffler du progrès dans les comportements des hommes et des Etats. Une population d’ONG est là pour diffuser et défendre ces thématiques. Sans se mêler directement de ce travail d’écriture du droit, Genève est fière d’en être le lieu.

Par coïncidence, au moment où Max Göldi est libéré, l’Organisation internationale du travail discute d’une convention sur les employées de maison. Des dizaines d’associations de travailleuses domestiques sont venues défendre leurs droits, émues de trouver à Genève un forum où exposer leurs doléances et leurs revendications. Les Genevois ignorent l’événement car la Genève genevoise se désintéresse de ce que fait la Genève internationale. Il lui arrive même de s’en plaindre, mais au final elle trouve dans l’universalisme de l’ONU de quoi flatter celui dont elle se réclame elle-même.

Ces deux Genève ont vécu l’affaire Kadhafi avec la même émotion que le reste de la Suisse. Elles ont évoqué l’amateurisme ou l’excès de zèle de la police. Mais de là à prendre une responsabilité, non, le dossier ne mérite pas pour elles l’acte de contrition que pourrait leur demander la Suisse. Il n’y a pas de troisième Genève pour trouver une bonne solution."

"Genève, un monde en soie."

 

09:56 Publié dans Economie, Genève, Histoire, Monde, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook

Commentaires

Genève incarcère plus de 36 heures le fils du principal fournisseur de pétrole de la Suisse sur les simples allégations provenant de personnes inconnues des services de renseignements helvétiques et libère après à peine une demi-heure les trois russes impliqués dans la mort d'un retraité suite à un délit de fuite à bord de bolides alors que ces derniers roulaient fortement alcoolisés à plus de 300 km/H sur nos routes, le lendemain ces 3 meurtriers quittaient le pays sans être inquiétés à bord d'un jet appartenant à l'un des plus grand trafiquant d'armes de la planète établi à Genève !
Ils ont quittés notre pays, sans avoir été inculpé ni même identifiés par les policiers, alors qu'un brave retraité agonisait à l'hopital HUG !
Comme quoi dés qu'un client des banques veut migrer ses comptes dans un autre paradis, mieux vaut pas venir faire accoucher sa femme à Genève et que si vous tuer un innocent et que votre banquier intervient auprès du procureur à 4 heures du matin, les coupables de meurtre, ne doivent même pas présenter leurs papiers aux policiers !
Et après on nous bassine avec des mots comme démocratie, justice, diplomatie et otages suisses !
A force de nous prendre pour des c..., je me demande si ils ne le sont pas complétement !
Walter SCHLECHTEN, vous devriez savoir que dans ce petit monde d'"humanitaires" soutenant le hamas, calmy rey ne voit plus aux travers de ses larmes, qui sont nos amis et qui sont nos ennemis !

Écrit par : Corto | 15/06/2010

RESPONSABILITÉS : qui répondra ?
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1) Pourquoi la Suisse maintient-elle des relations (diplomatiques, économiques, financières) avec des États voyous ?
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2) Pourquoi la justice suisse ne s'est-elle jamais interrogée sur la légitimité des fonds déposés en Suisse par le clan Kadhafi ? Faudra-t-il attendre un renversement de ce régime, comme pour Abacha, Buttho, Duvalier, Marcos, Mobutu, etc ?
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3) Pourquoi la police genevoise n'a-t-elle pas su justifier son intervention musclée en rappelant les antécédents du soi-disant « Hannibal » à Rome, à Paris et peut-être ailleurs ?
(forces de l’ordre agressées et blessées par les gardes personnels)
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4) Pourquoi le juge d'instruction GRABER ou le procureur BERTOSSA.jr ont-il trouvé nécessaire l'incarcération des Kadhafi, dès lors que les domestiques maltraités étaient à l'abri de représailles (sauf pour la mère de l'une et le frère de l'autre en Libye...) ?
L'identité et l'adresse de tous étant connues, la présence à Genève des Kadhafi étant motivée par un accouchement très proche, à quoi bon l'humiliation d'une "contrainte par corps" ? Quelle est la pratique ordinaire en cas de mauvais traitement envers domestique ou conjoint ?
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5) Pourquoi la ministre des Affaires étrangères n'a-t-elle pas conseillé aux Kadhafi une procédure contre un très probable abus de pouvoir commis par des magistrats arrogants (toi t'es le fils machin, tu vas voir qui je suis) ?
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6) Pourquoi la Tribune de Genève a-t-elle publié une photo qu'elle savait volée, au lieu de publier tout ce qu'il y a à reprocher au clan Kadhafi (notamment dans de nombreux pays africains) ?
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7) Pourquoi l’État de Genève a-t-il accepté d’assumer l’essentiel des charges au sujet de ces photos de Kadhafi, alors que la plainte était fondée sur la publication et non sur le vol de ces photos ?
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8) Pourquoi avoir laissé pourrir cette situation, s’être humilié non seulement devant la Libye, mais également devant des partenaires européens qui n’ont rien fait d’autre que garantir à Kadhafi une satisfaction de TOUTES ses exigences ?
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9) À part avoir commis des délits à caractère pénal, qu’est-ce qui pourrait pousser un élu à présenter sa démission ? Quelles sont les réussites de la ministre des Affaires étrangères et celles du ministre des Finances qui peuvent leur faire pardonner ce désastre ?

Écrit par : Lyonnais du 69 | 15/06/2010

Walter SCHLECHTEN dit: "La Police ; bras armé de l'Etat. Elle obéit aux ordres afin de faire appliquer les lois [...]".

A nouveau des gargarismes avec cette citation adorée des policiers : "Bras armé de l’Etat", extraite du code de déontologie de la police genevoise.

Or, ce code dit également que «l'usage des pouvoirs conférés par la loi s'effectue toujours avec pondération et mesure». Dans l’affaire Kadhafi il est légitime de se demander s’il y a eu pondération et mesure adéquates…

Le bras armé de l’Etat est effectivement tenu de se conformer aux ordres reçus, sauf, dit toujours le code de déontologie, «si ceux-ci paraissent manifestement illégaux ou contraires au bon sens ou sont susceptibles de compromettre gravement l'ordre public». Là aussi, on peut se poser quelques questions…

A la décharge des policiers, il faut savoir que l’institution policière ne cultive absolument pas la réflexion individuelle et impose un système dans lequel toute velléité de résistance est tuée dans l’œuf.

Aujourd’hui je pense que les policiers devraient davantage cultiver l’art de la désobéissance, plutôt que de la craindre ou de la dévaloriser.

Les pires atrocités de ces cent dernières années ont été le produit de l’obéissance…

« J’obéis aux ordres » ou « Je ne fais que mon travail » sont des phrases qui étaient aussi dans la bouche des nazis…

Cela n’est bien évidemment sans commune mesure avec l’affaire Kadhafi, mais je résonne par l’excès afin de mettre en évidence une dérive de l'autorité.

Wax911

Écrit par : Wax911 | 15/06/2010

Corto, Justice ;

Vous vous exprimez sur mon blog perso, mes propos sont ceux d'un simple citoyen qui regarde l'actualité de loin, mais qui s'y intéresse.

En me lisant, si vous devinez le flic derrière mes écrits, c'est que vous n'avez pas compris que j'anime trois blogs.

- Minet, membre du comité de l'UPCP, rédacteur, ancien président, qui parle comme un flic et qui défend les intérêts de sa profession.

- Walter Schlechten, libre penseur, comme tout citoyen, avec sa liberté d'expression sur des sujets d'actualité. Pas de flics, pas de syndicat, juste un regard différent.

- Et pour le troisième, il est ma face cachée, et j'aime à l'utiliser pour observer Genève.

Vos propos sur mon blog personnel étant inacceptables, je vous censure, c'est rare, mais là vous avez dépassé des limites qui ne sont pas les miennes.

WS

Écrit par : Walter Schlechten | 15/06/2010

Ce que vous censurer ce sont en fait les allusions faites concernant d'éventuels collègue vis-à-vis de qui j'ai effleurer le genre, tout Genève sait qui a filé les photos, si vous voulez savoir j'ai même une photo de cette personne !
Vous vous dite libre penseur donc vous induisez le fait d'être libre et penseur et pourtant dans la même phrase vous déclarez n'être que le bras armé dans un système hiérarchique qui ne réfléchi qu'après, dixit !
Je ne pense pas que vous censurez pour des motifs moraux ou éthique, ce qui vous dérange dans l'infini petit de vos limites imposée par le rôle que vous vous donnez, c'est justement le fait que d'autres s'autorisent à le faire plus simplement que vous ne le faite, certainement même, moins "librement" que vous et sans revendiqué quelques dogmes libertaires ou autres anathèmes travestis que ce soit, ce qui visiblement, réveille dans votre comportement des attentions autant protectrices envers vos idéaux !
Quand vous dites, "c'est rare" ! Vous me censurez quasi systématiquement ou alors muni de plus de couardise, vous fermer les blogs !
Malgré vos désirs introvertis, vos pensées ne sont pas subordonnées à vos formatages didactiques et formels, seule la faiblesse intime propre à l'humain génère cette arrogance, ingrédient indispensable permettant de prétendre que la pensée découle d'une volonté sélective, dans un tel cas, vous seriez comme si vous vous sentiez habité par un autre qui pense en vous, ce qui s'associe généralement à certains modes de psychoses passagères !
Dans ce cas vous seriez entrain d'ouvrir moult blogs dans l'unique but unique de faire taire vos propres pensées ! Ce que je ne vous souhaite pas vraiment, du moins à long terme !!!
Il y a des mécanismes dans les rhétoriques du mot libre qui doivent certainement vous échapper, votre comportement quelque peu excessif n'influencera jamais d'un seul pouce les silences que vous vous imposez à vous même publiquement !
Mais je vous en prie, censurez, dans le fond, ne sachant pas vraiment vous exprimer autrement, il ne vous reste pas grand chose d'autre à faire du haut de votre infinie générosité !

Écrit par : Corto | 15/06/2010

Derrière les rejet des autres, comme le fait ne pas répondre, ce cache c'est ami facile qui se nome "l'ignorance" !
Comme certains représentants de l'orde qui appliquent le "droit" aveuglément envers les plus démunis et l'applique, même, juste en modifiant légèrement leur attitude, cette fois condescendante envers les plus nantis !

Écrit par : Corto | 18/06/2010

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