21/06/2010

Guy Mettan, au nom de qui, au nom de quoi ?

Guy Mettan, membre du PDC est depuis 2005 député au Grand Conseil du canton de Genève et président du Club Suisse de la Presse, dont il est un membre fondateur. Ancien journaliste, il a aussi été rédacteur en chef de la TDG.  Homme cultivé et pluridisciplinaire, il est lu et écouté.

Sa stature l'a même porté au poste de président du Grand Conseil, siège qu'il occupe actuellement. C'est notamment lui qui a ouvert la cérémonie du 7 décembre 2009 dans le cadre de l'investiture du Conseil d'Etat pour le discours de Saint-Pierre.

http://www.ge.ch/fao/2009/doc/20091211.pdf

Pourtant, malgré ses qualités, il vient de faire part de ses positions sur l'affaire Kadhafi, sans la retenue qui devrait être sienne dans le cadre des ses diverses fonctions, et surtout en sachant qu'il serait attentivement écouté, mais probablement pas suivi.

Dans une interview accordée au Grand Pascal, il fustige Genève, son image, sa police, sa justice, sa presse régionale tout en brisant la collégialité politique dans une affaire où pourtant le Conseil d'Etat, pouvoir exécutif s'il en faut, n'a lui jamais baissé la tête.

Son affligeante déclaration, un simulacre de jugement dernier issu d'une bonne conscience motivée par la recherche d'un blanc-seing énigmatique, dénonce des "boulettes genevoises" ;  

1)      Première boulette : une surréaction de la police genevoise, lors de l’arrestation des époux Kadhafi, où il n'était pas nécessaire d’agir contre trois personnes avec un commando anti-terroriste.

 

2)      Deuxième boulette : une exagération de la justice genevoise, pour avoir coffré deux jours le fils Kadhafi alors que deux heures  auraient suffi.

 

3)      Troisième boulette : une faute, un délit d'un employé d'Etat qui a transmis des photos d'identité judiciaire à la presse.

 

4)      Quatrième boulette : celle du journal la Tribune  de Genève qui publie les photos incriminées.

 

Si pour le point trois la faute grave, un acte inadmissible, un délit même qui a été reconnu comme tel et pour lequel l'auteur est toujours recherché suite à une ouverture d'une procédure pénale, l'on peut se demander ce qui motive un tel lynchage étatique de nos institutions, voire de la presse et de sa liberté si souvent muselée.

Certes la publication de ces photos n'était pas de bon goût, sachant que la provenance de celles-ci était illicite, mais l'on a bien souvent vu et lu pire dans nos feuilles de choux, où quelques scribouillards en mal de reconnaissance ont parfois dépassé des limites du respectable, quand ce n'est pas la rédaction elle-même qui pousse en avant de telles démarches.

Par contre, flinguer la police genevoise, en tenant des propos qui ne sont ni le reflet des réalités, ni des faits, c'est prendre une position isolée contre l'Etat et le pouvoir exécutif.

Par contre, flinguer la justice genevoise, en tenant des propos qui font honte à la démocratie et à l'état de droit, qui se voudraient alors un renoncement à l'égalité de traitement au profit du plus riche, du plus puissant, du plus grand, du plus craint, c'est prendre une position grave contre les droits humains et l'égalité de ceux-ci devant les hommes.

Des questions se posent aujourd'hui : 

Guy Mettan pouvait-il tenir de tels propos en public et diffuser ainsi ses "boulettes" qui frisent l'ignorance du dossier et le déni de la collégialité d'un gouvernement, d'un Etat, d'un pays face à l'ennemi et l'adversité ?

Le président du Club Suisse de la Presse jugeait-il la police, la justice, l'Etat ou simplement la TDG ?

Le député PDC jugeait-il la police, la justice, l'Etat, la TDG ou simplement un ancien président de département ?

Le prédisent du Grand Conseil jugeait-il la police, la justice, le pouvoir exécutif, la TDG, en son nom propre ou en représentativité du pouvoir législatif ?

L'homme de lettre jugeait-il le comportement de Genève en son entier et comme unique coupable ou simplement omettait-il de se souvenir que deux victimes étaient à l'origine de cette affaire, où des auteurs présumés ont été interpellés, sous l'égide de nos lois, de nos valeurs, de nos croyances, de nos règles, du respects des droits humains, tous égaux devant les ténèbres dans une démocratie ?

La classe politique jugera, le peuple aussi !

 

 

22:25 Publié dans Genève, Histoire, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook

Commentaires

L'affaire Kadhafi c'est une histoire de mouches au-dessus d'une fausse septique, ou d'un pot de chambre, c'est selon, mais pas plus!

Et l'histoire désolé ne se souviendra pas de si peu, Césare, Napoléon, Calmy peut être?

Faut donc se calmer un peu!

Écrit par : dominiquedegoumois | 21/06/2010

Le président du GC n'a aucun devoir de collégialité avec le gouvernement ; il ne répond de ses déclarations que devant le Grand Conseil. Je n'ai pas siégé lors de la dernière session (vous savez pourquoi) je vais donc consulter l'archive de Léman Bleu et lire sa déclaration pour me faire une opinion. a priori, dans l'exercice sa fonction, je pense qu'il se doit de respecter les différents pouvoirs, les institutions et le bras armé de l'Etat ( les gens d'arme), Pour l'heure, sans mettre en doute vos propos, je vais lire et écouter ce qu'il a dit et écrit.
p.losio

Écrit par : pierre losio | 22/06/2010

Au sujet des points 3 et 4, je suis tout à fait d'accord avec lui, car il s'agit d'une faute grave.

Écrit par : Fatima | 22/06/2010

Guy Mettan n'est qu'un petit politicien de salon, sans envergure et le principal lèche-bottes du milieu diplomatique genevois. Ses propos sont extrêmement graves de maladresse et il est évident qu'il doit démissionner illico de la présidence du GC. Malheureusement, comme tous les PDC, cet homme n'aura jamais le courage de reconnaître ses erreurs et s'attachera à son poste comme le morpion au pubis de l'incompétence.

Écrit par : lappal | 22/06/2010

Vous l'avez vu à la TSR dimanche soir, avec son air hautain? Dans sa dernière édition, Vigousse nous apprend certaines choses qui donnent parfaitement raison à lappal...

Écrit par : Emigré | 22/06/2010

Que voulez-vous Minet, Guy Mettan fait partie de la "science infuse" de la République : ceux qui savent et qui distillent leur savoir, leur ignorance et leurs conseils tous azimuts. Conseils pas toujours avisés, mais toujours suffisants. De ces gens là il y en a dans toutes les républiques, ce sont les faiseurs de pluie des temps modernes, qui agissent un peu à la manière des marabouts africains.

En France ils ont BHL, à Genève on se contentera modestement de Guy Mettan ...

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 22/06/2010

j'abonde dans le sens de ce billet

où il est plus qu'urgent que nos politiques se fassent des racines avec la réalité

tout en m'excusant de mon ignorance quant aux pouvoirs & position de Guy Mettant
dans cette jet-set politique genevoise,

- en tant que suisse d'origine qui comme bien d'autres a mené sa vie prof sur un plan international & genevois, tout en étant borne in Gva

la question étant:
comment résoudre les problèmes créés par ce cumul de négligences, aveuglement, hypocrisies & autres manquements politiques depuis au moins une décade dans le canton,

par l'absence de connaissance chez ces décideurs élus
alliée à leurs ambitions,

par la faiblesse constatée de tant de ces élus et autres décideurs.

Avoir le courage d'ouvrir les yeux face à ces dégâts,
c'est la seule voie pour poser et appliquer les solutions nécessaires, attendues, incontournables.

Les circonvolutions de ces milieux et leurs ambitions, de tels politico-journaleux nous ont déjà coûté plus que quelques générations de suisses genevois sacrifiés:

ce que de tels gens ont détruit, après s'y être assis pendant des années, pour la simple pérennité de leurs salaires & ambitions persos,

- c'est l'esprit suisse, sa renommée en tant que peuple honnête, travailleurs, producteur de qualité, etc.

- la sécurité des individus et la beauté "carte postale" suisse si décriée outre-frontières qui pourtant lui valu bon nombre de dépôts de comptes sur lesquels s'agglutinèrent nombre de chômeurs tout aussi français que magrhébins ou marocains ou autres EU ou non, spaniols ou portugish, tous autant sans qualif,

mais prêts à déloger sans scrupule de leurs emplois les résidents, à la vue de salaires qui leurs parurent si beaux de par leurs non qualifs & inexpériences prof,
à des postes où l'on les formait
leur laissant le temps et de s'installer en Suisse et de postuler à un autre job pour prétendre à plus de pognon

Ainsi, élus & responsables ont détruit, par faiblesse &/ou intérêt perso, tout tissus suisse à Genève.

Qui maintenant a laissé place à ...

Écrit par : na...ya | 22/06/2010

Chers amis,

Genève ne peut pas appliquer une justice à deux vitesses, une pour les fils et filles de.....et une pour le petit peuple...notre justice est très clair,
elle a tout simplement respectée les lois que nous avons tous votées!
Aujourd'hui on lui fais un faux procès!

Esmé

Écrit par : Esméralda | 22/06/2010

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