07/07/2010

Première note de Minet libre-penseur, une nouvelle policière pour l'été, sous le titre : Les brumes scintillantes.

"J'ai le plaisir de vous faire partager sur quatre jours une nouvelle policière écrite il y a peu pour un concours. Cette fiction est toute simple, mais tel est le but d'une nouvelle."

Les brumes scintillantes !

Acte I

Genève, premier lundi de novembre 1989, onze heures du matin. Il fait froid. Le brouillard qui s’est installé durant la nuit sur la ville n’arrive pas à se lever. Il est à "couper au couteau" comme l’on dit chez nous. Il faut dire que ce phénomène météorologique ne dispose d’aucune porte de sortie naturelle, la cité de Calvin étant coincée entre le lac Léman et un cul de sac montagneux en forme de V. Celui-ci est constitué du Salève,  un gros rocher gris dont le point culminant est à 1380 mètre, le goulet du Rhône dominé par un ouvrage militaire fortifié, construit à flanc de montagne et désaffecté depuis 1956 par l’armée française, Fort l’Écluse, et enfin la longue chaîne du Jura, frontière naturelle entre la Suisse et la France. Et comme souvent à Genève, prendre de la hauteur n’est pas chose facile. Certains, comme Philibert Berthelier, en ont perdu la tête.

C’est un peu comme Jean-Claude Saudan, inspecteur à la police judiciaire, qui ce matin n’arrive pas à sortir de son brouillard synthétisé la veille par un pur malt de 12 ans d’âge, une migraine liée à ses insomnies récurrentes et les deux aspirines avalées avec ses trois premiers cafés du matin. Pourtant, c’est au volant de sa petite Opel Corsa grise, un véhicule  de service sans âge, dont le compteur ne fonctionne plus depuis bien trop longtemps,  tout comme les freins, qu’il va devoir se frayer un chemin dans ces brumes pour se rendre à la réquisition surprenante qui vient de lui être attribuée. 

Une heure avant, un opérateur de la centrale d’urgence police venait de recevoir un appel troublant. Un jogger, un des ces fous furieux qui participent en décembre à la Course de l’Escalade, 12 ème édition cette année, vient de signaler au moyen de la cabine publique située devant la buvette du stade de Frontenex, une vielle bâtisse classée qui garde tout son charme à proximité des nouveaux bâtiments huppés de la région, qu’un "crâne de singe" se balançait au bout d’une corde, dans le sous-bois situé dans le prolongement du chemin de Grange-Canal, le long du ruisseau.

(la suite demain)

00:18 Publié dans Culture, Fiction, Genève, Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.