28/07/2010

Grenoble, quand la réalité dépasse la fiction !

Grenoble, les nuits d'émeutes se suivent mais ne se ressemblent pas, la violence étant en pleine ascension.

La veille du 17 juillet, un jeune malfrat, Karim Boudouda, 27 ans, est tué lors d'un échange de tir avec la police suite au braquage d'un casino.

Le quartier de La Villeneuve échappe depuis à toute autorité, le chaos y règne, la violence gratuite aussi. La colère a vite fait place à la haine, une haine du flic, une haine qui crie vengeance mais qui rend aveugle cette jeunesse désoeuvrée.

Ces enfants perdus dans une société sans repère, sans valeur, sans espoir, où seul un grand frère violent, un Lieutenant chef de bande impose son respect, à travers une vie de malfaiteur mais sans les règles qu'un certain grand banditisme savait respecter.

Tuer du flics, un jeu, un passe-temps, une normalité auprès d'une jeunesse désespérée et noyée dans la violence des jeux vidéo et autres films d'action. Sortir un gun pour plomber un bleu, c'est même parfois un batême du feu pour certain, juste pour entrer dans la bande, devenir grand. On parle même de vengeance et de contrats mis sur la tête de policiers de la BAC, une réalité qui dépasse la fiction. Mais où va-t-on ?

Mais cette jeunesse là ne grandira jamais, car elle va mourir dans une société qui ne sait plus l'écouter et qu'elle brûle au quotidien à travers ses violences, sans oser croire qu'il n'y a pas que le feu pour sortir de là. Le rap et la musique ont été un rêve d'un monde meilleurs pour certains, même si les paroles blessent autant que les armes, mais sans travail, sans argent, ces jeunes là vont devenir des malfrats, à n'en pas douter.

C'est toute la société qui doit retrouver des valeurs auxquelles s'accrocher à nouveau, des repères et des jalons, comme ceux que nos profs, nos parents, nos grands frères ont apportés à notre génération. Il est encore temps pour ne pas voir la démocratie mourir sur une place de cité, il est encore temps pour que l'Etat se réveille et s'occupe des enfants de la République, il est encore temps pour que la force reste à la loi, mais pour ça il faut déposer les armes et là, Grenoble n'est pas prête.

Genève et l'Europe devront se souvenir de ces événements, de cette histoire d'une ville et d'un pays qui part à la dérive, car chez nous aussi il faut poser des limite à la tolérance des actes, maintenant et pas dans dix ans, sinon ...

Minet.

 

00:28 Publié dans Culture, France, Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook

Commentaires

Et bientôt, dans un vestiaire, ils insulteront le coach de l'équipe nationale de France, en croulant sous l'argent.

Écrit par : Merlin | 28/07/2010

"Il est encore temps pour que la force reste à la loi[...]".

Force reste à la loi.

Ça me fait toujours sourire ce genre d’expressions policières. Ces redites irréfléchies démontrent à elles seuls l’endoctrinement du policier, qui les proclament tel un Amen ou un Alléluia, sans finalement avoir nourri un seul instant une quelconque réflexion sur ces paroles…

Force reste à la loi. Voilà des paroles que la nazis pouvaient aussi faire leurs, finalement…

Non, la force ne doit pas forcément rester à la loi !

« Ce n’est pas la loi qui doit dicter ce qui est juste, mais ce qui est juste qui doit dicter la loi. Aussi bien, lorsque le citoyen estime qu’il y a conflit entre la loi et la justice, il doit choisir la justice et désobéir à la loi. Ce qui doit dicter le comportement du citoyen, ce n’est pas ce qui est légal, mais ce qui est légitime. » 1

1) http://www.irnc.org/NonViolence/Dictionnaire/Items/4.htm

Wax911

Écrit par : Wax911 | 28/07/2010

Qu’elle soit physique ou psychique la violence fait partie du jeu du monde.
Notamment quand on veut faire du bien, on peut faire mal… très mal.
Sans parler des mots qui passent et des images qui restent.
Cette violence n’est pas gratuite, elle correspond aux curieux échanges entre l’offre et la demande.
Il paraît que la violence s’est aggravée dans nos cités. Foutaise ! De chez foutaise ! Parce qu’en vérité, elle n’est plus ce qu’elle était. Elle ne représente plus le même danger. En un mot, elle a changé d’objet.
Elle ne tue plus… elle empêche de vivre !
Elle n’est plus politique, elle est devenue symbolique… elle s’en prend aux symboles, à ce qu’il y a de plus sacré dans l’homme : son rapport avec le monde invisible.
D’où le problème comme l’a si bien dit Woody Allen :
« Il ne fait aucun doute qu'il existe un monde invisible. Cependant, il est permis de se demander à quelle distance il se trouve du centre-ville»

http://www.tueursnet.com/index.php?journal=Balle%20de%20violence

Écrit par : tueursnet | 28/07/2010

Wax911 :

Force reste à la loi n'est pas seulement une redite issue de l'endoctrinement, et il ne faut pas, comme vous nous l'accordez, que la lire ainsi.

Force reste à la loi, c'est aussi démontrer que les règles et les lois établies par les hommes, pour les hommes, dans une véritable démocratie, sont des repères et des valeurs qui doivent guider nos actes, nos choix, nos actions. La religion n'est plus là pour polariser le bien et le mal, il reste les lois, même si elles ne sont pas toutes subtiles.

Force reste à la loi, c'est aussi démontrer que l'état de droit de ladite démocratie est respecté, qu'il n'est pas bafoué, ni par la police, ni par la population du pays concerné.

Force reste à la loi, c'est aussi démonter que la graduation dans la disqualification des actes intolérables doit exister, de par la loi, de par la force de cette loi, tel un garde-fou face aux excès.

Et pour finir, ce qui est juste, c'est que ce jeune malfrat est mort lors d'un échange de tirs, il n'a pas été abattu tel un chien, il a pris le risque d'aller contre les lois, il a pris le risque de s'opposer au bras armé du pouvoir judiciaire et politique, il a affronté la police. Aucune perte humaine n'est légitime, mais dans ce cas précis il n'y a aucune légitimité aux actes de désobéissance civile que visiblement vous soutenez. Vous me surprendrez toujours Wax.

Écrit par : Minet | 28/07/2010

Force reste à la loi. Certes. Mais à quelle loi ?

La loi cantonale genevoise ou la Convention européenne des droits de l'homme ?

La loi cantonale qui permet la privation de liberté des individus qui sont pris de boisson qu'ils soient ou non dangereux pour eux-même ou autrui ? Ou bien la Convention européenne des droits de l'homme qui permet la privation de liberté de celui qui est pris de boisson à la condition expresse qu'il soit dangereux pour lui-même ou autrui ?

La loi cantonale qui permet un simple examen médical lorsque la personne prise de boisson est dangereuse pour elle même ou autrui ou la Convention européenne des droits de l'homme qui garantit une privation de liberté sous surveillance médicale et non sous surveillance policière ?

Si l'on admet la suprématie de la Convention sur la loi, comme le prévoit la Constitution fédérale, que faire pour que force reste à la VRAIE Loi ?

Que faire des députés qui ont voté cette loi cantonale inique ? Que faire au Conseil d'Etat qui ne donne pas l'ordre à ses subordonnés de respecter la VRAIE loi ? Que faire d'un Procureur général qui s'est félicité de l'excellence de la loi cantonale scélérate ? Quelle indemnisation pour le tort moral causé aux policiers contraints de violer la Convention européenne des droits de l'homme ?

Écrit par : CEDH | 28/07/2010

Au momment ou j'écris ces quelques mots: un SLNE (« sous-marin nucléaire lanceur d'engins ») vient d'être déployé dans le lac de Laffrey. Apparement il serait la pour en découdre contre la cité en question part l'utilisation complête de ses 16 Missiles Nucléaires dispo à son bord. Il faut sans doute s'attendre à ce que la frappe contre cette cité est lieu à l'équinoxe positionnel des satellites de renseignements eux aussi déployés pour l'occasion. "incessamment sous peu donc, nous allons vitrifier cette cité. Normalement apres notre intervention le sol aura l'air d'avoir été parfaitement brossé puis semblera lisse comme une patinoire" dixit le colonel en charge de l'opération.

Écrit par : Major Bob | 28/07/2010

"Nos caves peuvent resister à plusieurs attaques nucleaires même sans notre bouclier anti missiles." signé: un habitant de la cité...

Écrit par : Kochonou | 28/07/2010

@ CEDH

Excellente contribution, pleine de bon sens et de légitimité et pourtant inaudible pour le policier-type, pur produit institutionnel, formaté à son insu... mais fermement convaincu du contraire !

Ce genre de policier qui n’a jamais pris la peine de s'arrêter sur ce passage du code de déontologie de la police genevoise, d'y réfléchir et de l'appliquer :

"Le collaborateur est tenu de se conformer aux ordres reçus, sauf si ceux-ci paraissent manifestement illégaux ou contraires au bon sens ou sont susceptibles de compromettre gravement l'ordre public."

Non ! Le devoir de désobéissance, élément capital pour tout fonctionnaire et plus encore pour ceux qui ont pouvoir et autorité, est totalement absent de la formation de base et on n’en parle pas plus en cours de carrière !

La désobéissance implique la réflexion individuelle et parfois la rupture du corporatisme, éléments marginaux et non souhaités dans l’institution policière.

CEDH, lorsque dès la formation de base, on nous inculque des préceptes d’obéissance quasi absolue, que l’on se persuade que nous sommes les bons et que les autres sont les méchants, que quoi que l'on fasse c'est pour la bonne cause, que l’on se pollue l’esprit avec des affirmations du genre : nous sommes le dernier rempart de la démocratie ; nous sommes le bras armé de l’Etat ; force reste à la Loi, on finit par ne plus réussir à penser différemment… On est devenu un pur produit police... tout en étant persuadé du contraire, bien évidemment ! Bien évidemment car un tel endoctrinement serait un signe de faiblesse et un policier ça n’est pas faible… Voyons...

Bien des gendarmes refusent l’idée de la fermeture des postes de quartiers à la faveur d’une caserne centralisée ; c’est peut-être par ce que ça leur rappel à quel point leur esprit est déjà encaserné…

Mais c'est juste mon point vue..................

Wax911

Écrit par : Wax911 | 29/07/2010

Compte-tenu de la nature, somme toute dirigée, de l'article, je m'étonne d'y trouver cette phrase : "sans les règles qu'un certain grand banditisme savait respecter."

De la à porter aux nues certaines figures du grand-banditisme, il n'y a qu'un pas. Cependant, il ne faut pas oublier que les membres de ses associations mafieuses, sont des criminels (rapt, extorsion, prostitution, trafic, etc.) qui ne respectent pas, de fait, de règles.

Eventuellement, la seule règle qu'ils pourraient respecter seraient de s'assurer de pouvoir faire leur "business" sans avoir des pandorres dans les pattes. En ce sens, il ne sont guère différents des "caïds" et autres "petites-frappes" des cités.

Écrit par : Alex | 30/07/2010

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