16/08/2010

On s’emm…. à Genève le dimanche !

De retour de vacances, Toronto, Niagara, Owen Sound, Kilarney, Ottawa et Kingston, en passant par de petites villes, j’ai pris connaissance de l’article de l’Illustré daté du 4 août, dans lequel Jean-Pierre JOBIN affirme ; « on s’emm… à Genève le dimanche ».

 

Ma première réaction a été celle de dire qu’il a entièrement raison. Mais ipso facto je me suis rendu compte que cette petit phrase venait de la bouche du président de Genève Tourisme, avec sa marque déposée « Genève, un monde en soi », vous savez.

 

Impuissance avouée ou cruelle désillusion d’un constat d’échec ? Je ne sais pas ce qui pousse Monsieur JOBIN à flinguer avec lucidité sa ville, son canton, sa région. Un appel sournois aux politiques pour que les choses changes, peut-être !

 

Mais les choses peuvent-elles changer à Genève ?

 

Nous nous trouvons dans une spirale infernale, celle du changement, des grands travaux, d'une nouvelle mobilité, d’une relance économique souhaitée et favorisée par l’Etat, mais pour le bien de qui, de vous, de nous, de notre ville-canton ?

 

Genève a eu des atouts dans sa manche durant longtemps, mais depuis les autres villes européennes ont posé leurs jeux, avec des cartes gagnantes cette fois.

 

Genève c’était :

-         La sécurité

-         Un cadre de vie

-         La qualité des prestations

-         Les avantages d’une grande ville dans une petite cité

-         Le centre de l’Europe

-         Une image de la Suisse

-         Un symbole de la paix

 

Une image, mais quelle image ?

 

Un aéroport international, une compagnie d’aviation nationale, la vieille ville, sa cathédrale, cité historique du protestantisme, le mur des réformateurs, ses grands hommes, l’ONU, la Croix-Rouge, sa culture, ses musées, ses grandes banques, sa rade, son jet d’eau, son horloge fleurie, ses parcs magnifiques, ces fêtes grandioses hautes en couleurs, ses hôtels de grande classe, sa propreté, sa sécurité urbaine.

 

Que reste-t-il aujourd’hui de tout ça ?

 

-         Un aéroport qui manque de place, de terrain pour construire une deuxième piste dont les genevois ne veulent probablement pas

-         Une compagnie nationale qui a été déchue, tout comme l’image de notre pays, remplacée par des Low Cost qui font la joie des petits voyageurs, mais qui rament aussi économiquement.

-         Une vieille ville qui est mal dans ses murs

-         Une cathédrale qui ne brille plus de mille feux

-         Une histoire du protestantisme que le 500èmeanniversaire de Calvin n’a pas ressuscité

-         Un mur des réformateurs qui ne comprendraient plus nos réformes

-         Plus ou prou de grands hommes issus du Canton, si ce n’est quelques grandes familles de banquiers, quand ils n’ont pas quitté le territoire

-         Des organisations internationales en proie à de grandes difficultés financières et attirées par d’autres grandes villes

-         Une culture qui oublie son passé au profit déguisé de la région mais qui demeure en retard sur nos voisins

-         Des musées qui cherchent un toit et des fonds, sans susciter l’envie

-         Des grandes banques qui subissent la crise et les foudres dirigées contre notre pays

-         Une rade en attente d’une grande traversée, voire d’une plage, mais qui se meurt actuellement dans la suffisance des cartes postales

-         Un jet d’eau souvent imité, souvent égalé

-         Une horloge fleurie souvent critiquée, souvent reproduite, souvent dépassée

-         Des parcs entretenus, mais peu développés et souvent abandonnés à une petite délinquance

-         Des fêtes qui ont perdu leur éclat flamboyant au profit de l’argent, du gain, d’un certain tourisme

-         Des hôtels qui se sont réveillés tardivement, qui depuis ont pourtant fait de grands travaux pour redevenir les fleurons d’une région, mais le mal d’une réputation et la cherté sont passés par là

-         Une propreté et une sécurité qui étaient la carte de visite de notre ville, de notre pays, mais qui ont été abandonnées sans lutter, même si une prise de conscience récente est intervenue

 

Sombre tableau, triste tableau qui me désole aussi. Je laisse mes heureux détracteur corriger le tir par leur commentaires et l’énumération des bons points de notre cité, ils sont si rare vu de l’intérieur.

 

Certes, tout va mal et partout. Mais ce que je peux vous dire, c’est qu’une ville, pour vivre, pour survivre, pour plaire et séduire, doit briller. Genève ne brille plus, elle est terne, comme sa population, comme sa politique, comme ses rues, comme sa rade, comme ses grands projets sans ossature financière suffisante.

 

Si j’étais à la place de Monsieur JOBIN, je ne m’emm…….. pas le dimanche, car je chercherais encore et encore pour que Genève devienne :

 

Une ville lumière (Lyon)

Une ville d’eau (Versaille)

Une ville de recherche (Zurich)

Une ville d’histoire (Florence)

Une ville de paix (Stockolm)

Une ville de joie (Québec)

Une ville de mémoire (Ottawa)

Une ville propre (Lugano)

Une ville sécurisante (New-York)

Une ville chaleureuse (Perth)

 

Mais pour l’instant, j’ai la malheureuse impression de vivre à « Genève, un monde en soie ».

Commentaires

Bonjour Walter Schlechten,

Vous souffrez d'un gros coup de déprime à votre retour de vacances ...
Normal avec le temps qu'il fait, le froid et la pluie !
Prenez un peu de millepertuis en tisane, c'est bon contre le cafard !

Toutefois votre nostalgie de ces temps-là (comme dans la chanson de Charles Trenet ...) où Genève était plus humaine, plus ceci et moins cela, etc. Je la partage aussi, mais ne souhaiterais aucunement que ma ville ressemble à Lyon par exemple, même pour la lumière et surtout pas pour ... ses banlieues ...

Non, il faut simplement que Genève redevienne Genève, ville propre, ville sûre, ville agréable où il fait bon vivre, un peu moins de fric, moins de travaux et plus d'humanisme !

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 16/08/2010

Ne cherchez pas seuelement de grands hommes, mais des femmes illustres, il y en a beaucoup à Genève!
Amitiés

Écrit par : NIN.À.MAH | 16/08/2010

Effectivement Genève a bien changé, nous ne sommes plus en sécurité, nous ne pouvons plus circuler en voiture car il y une mauvaise gestion des travaux. Pourquoi, n'utilise-t-on pas les 3 fois 8 comme partout ailleurs? Nos autorités sont devenus irresponsables, manque de compétences et sans programme politique. Une république bananière trop corrompue. Nous n'allons plus voter, car nous ne savons plus qui choisir. Une politique politicarde ne fera pas avancer notre ville dans le rayonnement.

Écrit par : rose des sables | 16/08/2010

Si le fait de ne plus pouvoir circuler en voiture à Genève est un des éléments essentiel de l'ennui. à Genève, le dimanche, tout s'expliquet.

Ouvrons rues, places, parcs, rives du lac et trottoirs aux bagnoles et enfermons les piétons et les touristes non motorisés dans des camps de détraqués mentaux!

Ainsi les bagnolistes auront enfin la ville de leur rêve...Que les autres aillent à la campagne ou à l'étranger pour laisser les genevois s'amuser entre eux sur des chaussées dégagées de tout ce qui emm.... le dimanche

Écrit par : Pierre Tissot | 16/08/2010

Cher Monsieur,

"Un monde en soi" ..."Les bas aussi" aurait dit Max Jacob.

Décidément à vous lire il y aurait de quoi commander un proxibus destination un bel ouvrage de génie civil reliant Aire et le Petit-Lancy.
Vous forcez vraiment le trait ; je ne peux qu'effectivement souscrire à la recommandation pour le millepertuis.

Heureusement vous allez bientôt entrer en politique et vous pourrez essayer de résoudre tous les problèmes que vous évoquez ; en disant "bientôt" je m'avance un peu....mais je suis toujours persuadé que vous le ferez. Avec la détermination et le sens des valeurs républicaines qui vous caractérisent. Reste à savoir : quand et avec qui.
Non, je ne plaisante pas (je ne plaisante jamais) et vous le savez bien.

avec mes meilleurs messages.
p.l.

Écrit par : pierre losio | 16/08/2010

P.L. & J.d'H :

Un grand merci pour le conseil, mais le millepertuis n'est pas d'actualité, il y a juste une grisaille d'un week-end genevois qui a survolé mes mots.

Mais ce qui est certain, c'est que du moment où il y a incompréhension du peuple au sujet des mesures, des idées, des travaux, des projets, des solutions, c'est qu'il y a problèmes. Reste à trouver lesquels, mais pour ça il faut effectivement faire de la politique.

Meilleurs messages, Minet.

J.T :

Je suis le premier pour exiger un dimanche par mois sans voiture, mais je suis aussi le premier, motard notamment, à demander pour quelles raisons nos rues sont devenues impraticables en jours ouvrables.

La dernière des réussites de l'office de la mobilité :

La rue Général-Dufout, devant le Victoria-Hall, la dépose d'une signalisation lumineuse, la mise en sens unique de la rue, le passage des TPG rue Bovy-Lysberg, une place du Cirque où c'est le cirque et un débouché de la place Neuve bouché. Et je n'ose pas imaginer les sorties du Victoria-Hall les soirs de gala, un cafarnaum assuré.

Mais bon, il semblerait que c'est un choix, mais le choix de qui et dans l'intérêt de quoi ?

Et des comme ça, il y en a des dizaines à Genève. Mobilité douce, mon oeil, mobilité sectorielle, privilégiée, car tous ces tramways il faudra bien les remplir, et ce n'est pas avec la hausse des tarifs que l'on va y arriver.

Genève, un monde en soi, c'est certain.

Minet.

Écrit par : Minet | 16/08/2010

Je dirais surtout, à lire votre pertinent billet, que Genève a perdu son sourire et sa joie de vivre. Les commerçants sont grognons, les taxis sont chers et antipathiques, les prix guère flexibles. Il manque une vision globale au canton, englué dans ses querelles partisanes et le doublon entre la Ville et le canton. L'ONU étant en train de se reformer, il est à craindre qu'une bonne partie des organisations internationales gouvernementales vont plier bagage, et avec eux, une ribabmbelles de petits commerçants et de pouvoir d'achat. Surtout, quand on revient de l'étranger, Genève semble léthargique, rien ne semble évoluer, tout semble péricliter. Cela m'attriste, j'aimais ma ville.

Écrit par : Damien | 17/08/2010

@damien
suite à un accident de bicyclette j'ai pris beaucoup le taxi ces derniers mois. Votre affirmation est réductrice. Nombre de chauffeurs déplorent que quelques uns ternissent l'image de la profession.
Quant au départ des Org.Int., des riches résidents, des grandes sociétés, c'est une ritournelle que j'entends depuis si longtemps..... Un coup d'oeil sur la répartitions des recettes fiscales dans les comptes de l'Etat suffit pour contredire cet appel à la peur très récurrent à droite. Qui est parti.... à part la banque Pictet qui a passé de Genève ville à Carouge ?
Les petits commerçants eux, ne partent pas....ils ferment. Ne faudrait-il pas davantage réguler le marché pour les protéger ? Que font les chantres du neoliberalisme pour soutenir ces PME ?
j'aime encore et tjrs ma ville et mon canton.
vive la république :-)
jonne bournée
p.l.

Écrit par : pierre losio | 17/08/2010

pensez-vous que Genève soit l'unique endroit ou les gens s'ennuient,demandez aux vieux neuchâtelois qui pour beaucoup se demande si notre Général Guisan mort,la Suisse perdant un homme de valeur,retrouverait un jour un homme avec son charisme ,et Monsieur Hajek figure de proue disparu lui aussi,oh oui du temps des anciens chefs d'entreprise,qu'il faisait bon vivre à neuchâtel,a croire qu'une fois parti le Général Guisan,c'est comme si, les suisses devenaient orphelins,hé oui.Les suisses avaient un art de vivre,d'ailleurs Rousseau aimait à venir ici ; oui , que c'est triste de vieillir surtout en considérant l'animosité et la mesquinerie,contraignant beaucoup de suisses à se méfier de tous,hélas,triste réalité

Écrit par : bielmann | 17/08/2010

Genève est aujourd'hui à l'image de son principal quotidien, La Tribune de Genève: prétentieuse, vulgaire, inculte, bornée et médiocre!

Écrit par : Viktor | 17/08/2010

Normal qu'on s'emm....le dimanche à genève. Je jour où nos édiles auront compris qu'il faut arrêter de laisser fermer les endroits de rencontres (Mövenpick, La Crémière, le Radar et bientôt Le Relais de l'entrecôte) pour les remplacer par des marchands de montres, des bijouteries ou des assurances qui ferment leurs portes dès 19h la semaine, peut-être qu'à ce moment là on arrêtera de s'emm... et que l'on sortira de nos appartements pour rencontrer d'autres personnes !

Écrit par : Jesse | 17/08/2010

plus je voyage plus j'aime revenir chez moi à Genève. tout n est pas rose mais nous jouissons d une qualité de vie incroyable. j invite souvent des étrangers à GE qui me font remarquer comme la ville est belle (ah la rade) et les gens souriants (oui oui).
les dimanches pluvieux faites comme moi, RE-PO-SEZ vous! faites la sieste et/ou l amour, regardez des dvds, jouez a starcraft, triez vos 2'000 photos numériques, etc,,,
tiens au fait dimanche prochain on annonce grand soleil et 30° !!! de quoi avoir la mega banane ~:)

Écrit par : jojo | 17/08/2010

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