04/09/2010

Coup de gueule contre les TPG et la politique des transports !

Le prix d'un billet de transport devrait donc passer à CHF 3,50 pour un adulte à partir du 12 décembre prochain. Décision tombée lundi dernier et déjà commentée jeudi matin sur One FM par un Pascal Décaillet plein de venin. J'ai adoré sa plaidoirie, digne d'un Procureur général qui dénonce verbalement, qui condamne moralement.

Si je peux concevoir une telle augmentation, elle se devait, à défaut d'offrir de véritables nouvelles prestations mécaniques, avec des travaux qui paralysent quotidiennement la ville pour l'instant, d'être accompagnée par une mesure humaine, sociale, économique, familiale, logique.

La durée de validité d'un billet devait passer de 1 heure à 90 minutes, ne serait ce que pour répondre aux nécessités actuelles dans l'usage des transports publics genevois. Tenter de fidéliser sa clientèle c'est bien, l'obliger par une hausse des prix à souscrire un abonnement annuel, c'est moche. Le jour où les qualités des prestations seront à la hauteur, l'utilisateur sera séduit, mais pas avant. Donc, à défaut de séduire, il fallait inciter, et à CHF 3,50 pour 90 minutes c'était simplement offrir une véritable prestation qui correspond aux attentes des utilisateurs.

Jeudi toujours, nos députés ont refusé de signer un chèque en blanc de 500 millions pour notre belle régie orange dans le cadre du développement du réseau de trams dans le canton. Ils ont plafonné les investissements à 80 millions par an afin de financer les lignes en construction.  On ne badine pas avec l'argent des autres, même si le Président du Conseil d'Etat demandait cette carte blanche, sous motif d'obtenir plus facilement des crédits fédéraux. Le canton doit poursuivre ses efforts ; motif ou excuse dépensière ?

Le plus étonnant, c'est que nos députés Verts se sont abstenus lors de ce vote. Soit ils se rendent enfin compte que la mobilité à travers les TPG et le CEVA va représenter un coût pharaonique pour l'Etat, car même avec toutes les bonnes intentions du monde rien ne justifie ces moyens pour des résultats que nul ne connaît aujourd'hui, soit ils n'ont pas voulu désavouer leur ministre, David le révolutionnaire devenu grand argentier de la république, à la satisfaction de presque tous pour l'instant.

La collégialité a un coût, le remboursement de la dette et de ses intérêts aussi. Seul l'avenir économique de ces grands travaux nous apportera des réponses sur les choix opérés ces trois dernières années. Reste que la politique d'investissement voulue par le CE doit se poursuivre, sous peine de voir le château de carte s'écrouler sans retour sur investissement. Mais pour cela, il faut de l'argent, chaque année un peu plus. Donc on ne balance pas 500 millions, on réparti la manne sur plusieurs années mais surtout sur plusieurs projets, car avoir des idées c'est bien, avoir l'argent pour les réaliser, c'est mieux.

Rendez-vous le 16 septembre, pour la présentation du budget 2011, histoire de distribuer la monnaie de la pièce.

Minet.

 

 

 

07:58 Publié dans Culture, Economie, Genève, Politique, Région | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook

Commentaires

Si les Verts se sont abstenus lors du vote de jeudi dernier, ce n'était pas par mesure d'économie, mais bien pour montrer leur désapprobation face à l'amendement qu'une majorité de circonstance (Libéraux, UDC, MCG et presque tous les Radicaux) avait fait passer, diminuant ainsi les possibilités d'investir dans les infrastructures de transports publics.

La politique de développement des transports publics menée ces dix dernières années fait déjà ses preuves, les chiffres sont sans équivoque: l'offre de transports publics a augmenté de 50% entre 2002 et 2010 et la fréquentation a connu une hausse de 35% pour la seule période 2006-2010. Cela montre bien que les habitants de notre région voient leurs habitudes changer et ont constaté que la mobilité en ville et dans la région était plus rationnelle et plus agréable en transports publics.

Quant à la hausse des tarifs, nous partageons votre sentiment et nous y opposons. Il faut savoir qu'il s'agit essentiellement d'une décision politique: si une majorité du parlement le décide, il "suffirait" de trouver 10 à 12 millions par an pour éviter cette hausse. A l'échelle du budget de l'Etat, cette somme est dérisoire, par rapport à l'importance symbolique que la mesure pourrait avoir pour les usagers.

Emilie Flamand,
députée Verte

Écrit par : Emilie Flamand | 06/09/2010

Emilie Flamand :

Merci de votre commentaire et des précisions qui l'accompagnent Madame la députée, reste que le débat est lancé ...

Écrit par : Walter SCHLECHTEN | 06/09/2010

Le problème est qu'aujourd'hui on ne peut plus avoir un double discours ni se cacher derrière son petit doigt. C'est soit on veut VRAIMENT rattraper notre retard en matière de TP, soit on laisse le chaos routier nous asphyxier et rendre progressivement impossible tout déplacement.

Or, rattraper ce retard signifie investir massivement et vite. Ces 500 millions sont même bien trop insuffisants, car ce sont plusieurs milliards qu'il faut débloquer pour doubler la fréquence des trolleybus et trams, rouvrir de nouvelles lignes Proxibus en campagne et électrifier les autobus qui peuvent l'être. Il faut aussi de l'argent pour baisser les prix des tickets.

Comment réaliser ces infrastructures indispensables quand les écologistes sont prêts à baisser les impôts?

Écrit par : Ethan | 06/09/2010

j'espère en tous les cas qu'avec cette augmentation, on sera mieux servi surtout dans les régions rurales ou régionales comme Versoix. Combien de fois nous n'avons pas pu prendre le train tellement c'était plein de passagers. Vous imaginez le stress pour ces personnes qui doivent se rendre à leur travail ou école!

Écrit par : Fatima | 07/09/2010

Une durée allongée à 90 minutes pour « compenser » un peu l’augmentation du billet, je n’y avais pas pensé et ça me parait tout à fait honnête, d’autant que les trajets s’allongent réellement avec les travaux.

Fatima : Sur la ligne vers Versoix, le passage des trains au quart d’heure est prévu, mais pas pour tout de suite (il faut réaliser des travaux d’infrastructure pour permettre aux trains supplémentaires de se croiser, tout cela devrait être prêt pour la mise en service du RER, donc du CEVA).

Écrit par : Eoshyn | 08/09/2010

Oui à l'allongement à 90 minutes contre un petit supplément, ça fait des années que je pense comme ça ! 60 minutes, c'est vraiment limite. Mais de quelle manière agir pour faire passer cette idée ?

Écrit par : Punica Fides | 08/09/2010

En tant que grand défenseur des transports en commun, j'avoue que la durée de validité de 1 heure...c'est vraiment juste, surtout en ce moment avec les travaux...
Mais les trains sont là pour se déplacé plus rapidement (exemple pour Cointrin, 7 minutes en train au lieu de 20 en tram, ou pour l'aéroport, pour les mêmes temps de parcours...
90 minutes pour 3.50 francs ça me semblerai plus correct, mais les bus coutent cher...:(

Écrit par : pro_TC | 08/09/2010

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