07/09/2010

La sécurité des genevois est-elle sur la bonne voie ... ?

Quelle police pour demain ?

 

Telle est la question, en ma qualité de citoyen, que j'ai déposé sur ce blog il y a quelques temps.

 

A ce jour, aucune réponse n'est venue nourrir cette interrogation, pourtant si légitime.

 

Pourtant, voici le schéma dans lequel nous nous retrouvons sur le canton de Genève, aux yeux de la population, des observateurs et du simple citoyen, comme moi.

 

  • Une police judiciaire, composée d'inspecteurs-trices et d'administratifs, une entité en manque d'effectifs qui devrait fondamentalement changer dans sa structure avec l'arrivée du NCPP (nouveau code de procédure pénale), de son organigramme à ses prérogatives en lien avec le Parquet, en passant par ses horaires. A ce jour, cette grande révolution demeure une inconnue, rien ne filtre, ni sur ce qui se prépare, ni sur ce qui n'est pas entrepris.  
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  • Une gendarmerie, composée d'agents-tes en uniforme et d'administratifs, des bleus démilitarisés qui se retrouvent de plus en plus confronté au travail judiciaire, au maintien de l'ordre et qui n'arrivent plus à répondre avec toute la polyvalence attendue aux nombreuses requêtes. Le NCPP devrait aussi modifier leur méthode de travail, mais là également, si les leçons sont données rien ne se dessine vraiment structurellement. Cette entité devait voir ses tâches administratives diminuées, pourtant elles augmentent et continueront à le faire avec les contraintes futures imposées.

 

  • Une police de sécurité internationale (PSI), une entité mort-née car trop éloignée de ses missions premières à travers une polyvalence voulue mais parfois surréaliste. Là aussi, ces agents devaient relever les policiers de tâches subalternes, mais à la place ils sont devenus policiers, mais sans disposer du cahier des charges complet de la profession. Plus de policiers à Genève, pas certain.

 

  • Des assistants de sécurité publique (ASP), un regroupement de personnels variés sous une appellation unique, pour une efficacité opérationnelle qui reste à démontrer. Le cahier des charges de ces collaborateurs uniformés devra être très clair, et défini selon les besoins des autres métiers, sinon le but recherché initialement ne sera jamais atteint, à savoir, libérer les policiers de tâches subalternes.

 

  • Des agents de police municipale (APM), un nouveau nom avec des uniformes Unimatos neufs, accompagnés d’un règlement d’application qui ne va pas assez loin dans le cahier des charges et les prérogatives. Des doublons qui devaient disparaître mais qui par manque d’ambition du législateur demeurent opérationnellement, avec un personnel municipal qui est rarement titulaire d'un certificat/brevet de policier.

 

  • Un corps des gardes-frontière qui a modernisé son image, omniprésent sur le terrain mais qui pour certain devrait devenir une police fédérale. On démilitarise la gendarmerie mais dans le même temps on veut accorder plus de prérogatives de police à l'armée !?

 

  • Une fondation des parkings qui verbalise à tout va, des contrôleurs TPG qui aspirent à devenir une police des transports, une police ferroviaire pas assez basée sur la police de proximité, que l'on veut armer jusqu'aux dents, des agents privés de sécurité qui inondent un marché alimenté par l’insécurité croissante, des agents de la brigade du trafic appelés à disparaître bien qu'au bénéfice d’une solide expérience de terrain.

 

De quoi y perdre son latin, comme touriste, comme citoyen, et pourtant avec autant d’éléments sous la main, c’est véritablement la redistribution des tâches, des missions, des cahiers des charges, des responsabilités, des pouvoirs, des actions qui doivent encore être dessinés, car avec une politique des petits pas l’on avancera jamais aussi vite que la criminalité, qui elle n'attend pas le train d’une législature pour sévir.

 

Il est temps d’avoir enfin une véritable politique sécuritaire humaine, opérationnelle, préventive, répressive, active et surtout efficace dans notre canton. Les belles idées et les promesses ne suffisent pas, il faut oser, avancer, construire, bâtir, agir.

 

Agir sans avoir peur de déplaire, agir sans cacher les réalités des chiffres, agir sans se mentir, agir sans démotiver les troupes, agir sans ruiner des statuts métiers, agir pour demain, mais agir aujourd’hui.

Mais pour l'instant, on attend que le phénix de la réorganisation renaisse de ses centres, après nul ne sait.

 

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Minet.

 

12:18 Publié dans Commerce, Culture, Economie, Formation, Genève, Politique, Région | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook

Commentaires

La PSI, police de la sécurité "internationale" est très proche de ses missions qui sont la sécurité de l'aéroport, des ambassades et missions étrangères très nombreuses à Genève.

Elle tient même le poste de police de l'aéroport, alors que les autres postes de la ville sont tenus par la gendarmerie.

Certes, la PSI ne fait pas de maintien de l'ordre, mais elle assume toutes les autres tâches d'un policier et, cela, en dépit d'une formation ridicule et lacunaire. Je ne sais si elle est "mort-née", car malgré les efforts de dénigrements de l'UPCP, elle assume ses tâches et un peu plus.

Les stages de formation effectués au sein de la gendarmerie ont montrés que les membres de la PSI étaient tout à fait capable de faire le même travail qu'un gendarme, pour peu qu'ils aient droit à un minimum de formation, quoiqu'en pensent certains esprits chagrins de la gendarmerie (pas les meilleurs, me suis-je laissé dire).

Il est vrai que les missions du milieu diplomatique de la PSI se trouvent sur tout le territoire genevois et que le nombre d'interventions au profit de ce milieu sont très faibles. Patrouillant sur les mêmes secteurs que la gendarmerie et étant, par la force des choses, très disponibles, on peut logiquement se demander si cette organisation est vraiment adaptée ?

Il serait beaucoup plus efficace de remettre la protection des intérêts diplomatiques au poste du secteur concerné, en lui donnant les effectifs correspondant de la PSI, en fusionnant les deux services.

FUSION : un terme qui fait mal aux oreilles des caciques de l'UPCP, se plaignant sans cesse du toujours plus grand volume de travail et n'acceptant aucuns partages ou collaborations ...

La PSI : plus de policiers à Genève ? Evidemment que non. La PSI, des policiers qui sont déjà sur le terrain et qui pourraient être nettement mieux utilisés.

La PSI, des policiers qui font les mêmes horaires (nuits, week-ends, etc. ...), subissent les mêmes contraintes, prennent les mêmes risques, etc. ... mais ne disposent toujours pas d'une retraite adaptée.

Il a été, évidemment, très préjudiciable aux statuts de la PSI d'avoir dû, en plus d'essayer d'obtenir de la part des autorités une juste reconnaissance, se battre contre les manoeuvres de la grande soeur, à savoir l'UPCP.

On choisit ses amis, pas sa famille !

Écrit par : Clyde | 07/09/2010

Clyde ;

A travers votre mot très réaliste vous donnez de l'eau à mon moulin. Une organisation de la police qui n'est pas, plus en adéquation avec les besoins.

En ce qui concerne les rivalités syndicales, morales, statutaires ou de formation, ces faits sont, à l'origine, issu de choix politiques et opérationnels. Ils avaient été jugés bons à l'époque, mais ne sont plus en adéquation avec les réalités des missions, des effectifs, avec le retrait de l'armée, avec l'arrivée des ASP, et autres modifications salariales, statutaires.

Qui fait quoi dans cette république, les moyens en hommes sont-ils judicieusement répartis, les missions sont-elles encore au goût du jour, des formations, les sélections sont-elles au niveau des attentes, et surtout quel avenir pour ces policiers en uniformes ?

Par contre, ce qui est certain, et j'ai toujours porté cette parole, il faut favoriser les transversales et laisser la possibilité formative aux agents PSI de venir à la gendarmerie, par choix métier, et ainsi lutter contre une fusion qui n'a aucune raison d'être, ni statutaire, si historiquement, ni dans le cadre des tâches et des missions de nos métiers. Et votre idée de redonner vos missions aux bleus, en comblant avec vos effectifs, juste un retour en arrière qui vous fait oublier les raisons et les nécessités qui avaient été à l'origine de la création de PSI.

Il ne faut pas oublier que certains de vos agents ne veulent pas, si j'en crois les échos d'une fameuse AGE SPSI, devenir gendarmes. Bien souvent, ces collaborateur se sont bien vite rendus compte des contraintes métiers et surtout de la complexité de notre profession, notamment à travers leur stage en poste ou brigade. Il y a des lacunes que l'on ne peut pas rattraper, il y a deux métiers à la base, la légitimité de ceux-ci demeure.

Zurich arrive à fonctionner avec trois polices, mais avec des cahiers des charges très clairs, pas comme ici où tout reste à faire. Il suffirait de mettre les bonnes personnes aux bons postes, et tout irait déjà mieux.

Minet.

Écrit par : Minet | 07/09/2010

" Telle est la question, en ma qualité de citoyen " !!!????

Arrêtez de prendre les gens pour des cons M. Schlechten. En réalité vous vous exprimez toujours en tant que policier et ne supportez pas de ne plus être le chef syndical des gendarmes. Votre ego en a pris un coup et vous vous acharnez à vous vouloir donner des leçon alors que vous avez échoué sur toute la ligne. Je connais bon nombre de vos collègues et je peux vous assurer qu'ils ne vous apprécie pas du tout. Ils ont tout perdu à cause de vous, de votre peur d'agir syndicalement et de votre incompétence totale à négocier pour eux. Cessez de vous mettre en avant et allez votre un psychiatre pour oublier combien vous avez échoué. Ce n'est pas grave (pour les citoyens)et continuez à ne rien faire bien sagement. Laissez maintenant à d'autres le soin de défendre vos collègues policiers. Ecoutez à distance ce que dit Clyde, lui au moins il a l'intelligence de votre profession, ce qu'il vous manque malheureusement.

Et comme d'habitude quand vous êtes pris à défaut, vous n'allez pas publier le texte de vos contradicteurs. Les blogueurs le savent. Attention quand même, nous sommes nombreux à vouloir vous détruire sur d'autres blogs petit mec sans valeur.

Écrit par : Casuffit | 08/09/2010

Les disputes internes pour ma part ne m'intéresse peu. La police internationale tourne dans le quartier international et cela fait une présence bienvenue et dissuasive. Les personnes qui habitent ce quartier ont bien de la chance d'avoir des rondes comme celles-ci.

Écrit par : Suissitude | 08/09/2010

Si la multiplication des polices était un gage d'efficacité, je militerais pour cette option. Malheureusement ce n'est pas le cas.

Comme dans toutes les actvités, on peut faire des économies d'échelles en unifiant et éviter ainsi les doublons, voire triplettes, etc. ...

Souvent, on entend l'argument des "métiers" différents de la gendarmerie et la PSI. Mais en réalité, il y a souvent plus de différences "métier" entre deux brigades de gendarmerie, prenons par exemple la brigade du lac et la BSP, qu'entre le travail d'un gendarme et d'un agent de la PSI, seul le statut différe.

L'UPCP regroupe les gendarmes et les gardiens de prison, si on peut comprendre "historiquement" cette association, actuellement il s'agit de deux métiers totalement différents ...

La création de la PSI, comme l'arrivée maintenant des ASP, correspond uniquement à une logique financière. Il s'agit de confier les tâches de police les plus simples, qui ne nécessitent pas toutes les connaissances et prérogatives d'un policier à du personnel "assistant" que l'on paie moins cher. On connaît les avantages de ce système, mais comme l'a montré l'histoire de la PSI, on arrive vite a ces limites, quand on veut diversifier les activités.

Que certains individus soient contents d'être assis au fond de la classe, à côté du poêle, tout en étant payés comme ceux qui courent dehors, n'est pas un argument pour éviter une réorganisation, devrait-elle passer par une fusion. Je suis pour une amélioration de la qualité des prestations de la police, pas pour une sauvegarde de la médiocrité.

Écrit par : Clyde | 08/09/2010

Une magnifique prestation de serment en ce jour, une certaine vision de l'avenir, un certain souvenir du passé, et un discours qui ressemble à tous les discours ... alors passons aux actes maintenant !

Minet.

Écrit par : Minet | 08/09/2010

Bonjour,

Lorsque vous parlez des APM qui ne sont pas au bénéfice d'un certificat/brevet de policier, j'ai entendu dire que certains gendarmes étant entré en activité dernièrement n'avait pas réussi leur brevet de policier.

Si c'est le cas, je pense que vous pouvez laisser tomber le sujet des APM sans certificat/brevet de policier.

Écrit par : farmer | 10/09/2010

@Minet

Vous oubliez un acteur important de la sécurité à Genève: LES PRIVES

D'ailleurs les entreprises privées de sécurités sont de plus en plus souvent amenées à remplacer des polices publiques pour certaines tâches ingrates. Il y a des dérives comme par exemple l'affaire des vignettes auto à Bardonnex. Mais globalement les privés font du bon boulot dans de mauvaises conditions. Le niveau de ces agents sont variables. Ce ne sont pas tous des flics ratés ou des étudiants. Certains possède le brevet fédéral de policier. J'ajouterai encore que ces petites mains mal payées de la sécurité sont bien souvent en première ligne sur le terrain.

Écrit par : Riro | 10/09/2010

@farmer
Je ne connais pas de cas de gendarmes, ou autres policiers, n'ayant pas réussi leur brevet.

@Riro
Travailler dans les entrepirses privées de sécurité avec un brevet fédéral de policier ??? C'est très étonnant, à moins qu'il n'y est un autre problème ...

Écrit par : Clyde | 10/09/2010

...... et une IGS (les boeufs-carottes) qui compte en son sein 1-2 personnalités extérieures au corps de police ou de gendarmerie. Non ?
p.l.

Écrit par : pierre losio | 11/09/2010

@Riro

Brevet fédéral de policier ?

http://www.bbt.admin.ch/bvz/hbb/index.html?lang=fr&detail=1&typ=bp&item=398

ou brevet fédéral d'agent professionnel de sécurité et surveillance ?

http://www.bbt.admin.ch/bvz/hbb/index.html?detail=1&item=160&lang=fr&typ=BP

car ce n'est pas tout à fait pareil ...

Écrit par : Clyde | 14/09/2010

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