16/09/2010

« Une police militarisée constitue une réelle menace pour la démocratie » selon Yves Patrick Delachaux et Frédéric Maillard, pas selon moi (commentaires en rouge).

« Une police militarisée constitue une réelle menace pour la démocratie » Pour Yves Patrick Delachaux et Frédéric Maillard, chercheurs et enseignants, une réforme de la police s’impose. Ils plaident pour des agents de « maintien de la paix sociale » plutôt que de « l’ordre ».

Par Olivier Chavaz– Genève – Le Courrier du 13 septembre 2010

Les auteurs de Policier, gardien de la paix ?sont intarissables. Une réforme profonde de l’institution policière est urgente, insistent Yves Patrick Delachaux et Frédéric Maillard. Si leurs constats ne connaissent pas de frontières, la police genevoise en prend pour son grade. Symptomatique d’un corps volontiers violent, refermé sur lui-même, sourd et aveugle aux évolutions du temps. L’ancien gendarme, passé par des études de psychologie et devenu « expert de police », et l’économiste didacticien, chargé de cours à l’école de police à Genève, promeuvent au contraire une action basée sur la défense des droits humains, dans la transparence et au plus près de la population. Un credo peu en vogue dans la tendance actuelle au tout sécuritaire spectaculaire.

Interview

De quels maux souffre selon vous la police ?

Frédéric Maillard : Il faut d’abord relever qu’il n’y a pas une police, mais des polices, avec des différences selon les services, les cantons ou les villes, pour rester en Suisse.

La tendance globale est toutefois que cette institution peine à relever les défis posés par les changements sociétaux. Pour nous, le problème vient en premier lieu de la «compromission militaire» sur laquelle est basée cette institution, dans son organisation et sa logistique. Avec comme corollaire une très forte hiérarchisation et des carrières dépendant exclusivement du degré de soumission et de l’ancienneté. Et ses dirigeants sont presque tous des officiers de l’armée et/ou des juristes. Le repli est total.

Minet : Avant de répondre à cette question, je me dois de corriger votre introduction dans laquelle vous affirmez que "la police genevoise en prend pour son grade, symptomatique d’un corps volontiers violent, refermé sur lui-même, sourd et aveugle aux évolutions du temps."

S'il est normal que dans une analyse pertinente l'audité puisse en prendre pour son grade, il m'est impossible de vous laisser dire que la police genevoise est un corps volontiers violent, refermé sur lui-même, sourd et aveugle aux évolutions du temps". Inepties et mensonges, analyse globale du siècle passé établie sur une méconnaissance de la police genevoise du XXI ème siècle.

Pour enfin répondre à votre question, je dirais, en ma qualité de citoyen qui suis ce débat avec un œil extérieur mais une certaine expérience du sujet à Genève, que les maux principaux dont souffre la police sont ;

Premièrement, une perte flagrante d'identité, dans le statut, dans la fonction, dans les missions à remplir, dans son rôle qu'elle doit tenir dans notre société. Depuis quinze ans, on demande aux policiers d'être le curé, le notaire, l'assistant social, de grand frère, le confident, le fonctionnaire qui écoute, l'observateur de la mutation générale de la société, mais aussi le garant des droits fondamentaux, des lois et des règlements, des droits humains, des valeurs de cette société à la dérive, dans laquelle le dernier bastion de l'éducation civique, morale, éthique demeure le flic, tel un bâton de pèlerins, pour des parents, des enseignants, des éducateurs socioculturels, des pouvoirs politique et judiciaire, des administrations impuissantes. La police demeure l'ultime repère sur qui on compte pour sauver la face après quarante ans de laxisme social. Mais le flic se doit aussi d'être intègre, droit, infaillible, solide, actif, décisionnaire, prédicateur moral, créateur du dialogue, initiateur du règlement des premiers conflits et, tout en observant son devoir de réserve, il devra encore dénoncer au pouvoir judiciaire les infractions relevées lors de sa mission.

Pris en étau par ces exigences sociétaires et professionnelles antagonistes, la police ne sait plus où se situer dans le schéma étatique. Elle perd ainsi la pluridisciplinarité et sa polyvalence au profit de spécialistes, de brigades et de sections aux tâches et aux missions totalement différentes, mais composées de policiers bien souvent réunis pour le maintien de la paix à travers le maintien de l'ordre. Ce déséquilibre dans le statut ne peut que venir nourrir ce fort sentiment d'impuissance qui gagne les agents, car devant autant de défis, qui ne devraient pourtant pas tous leur revenir, l'abnégation ne suffit plus sans le soutien de nos autorités, des hiérarchies, du pouvoir judiciaire et autres chercheurs ou politiciens qui aiment à produire des audits sur la police.

Deuxièmement, à force de dire que la police va mal, on lui cherche des maux qu'elle n'a pas et on lui en trouve, statutairement, économiquement, hiérarchiquement, éthiquement, moralement, de la formation à la retraite, mais en oubliant trop souvent l'humain et la mission qui se cachent dernière chaque policier, voire la mission première qui se doit d'être recherchée lors d'une refonte d'une organisation, à savoir une amélioration de son fonctionnement, dans le cadre de ses tâches, de ses missions, de ses engagements, des ses actions, de ses interventions, de ses doctrines, à travers son savoir être et de son savoir faire, dans le cadre du maintien de la paix, de l'ordre, en allant au devant de la misère humaine ou en se battant contre la criminalité.

L'humain policier ne supportera pas plus longtemps ces jugements assimilables à des attaques incessantes, qui sur la finalité du travail accompli par les auditeurs n'apporte aucune véritable solution pour répondre aux urgences de la profession, des métiers, aux attentes des citoyens et celles de nos policiers, que plus personne n'écoute. En position d'accusé, de gibier chassé, oppressé par la machine étatique et hiérarchique, le policier perd toute son indépendance dans l'initiative, motivation qui demeure pourtant le maillon essentiel, tel un baromètre de la société, dans le chaînage quotidien de l'observation, de l'analyse et de l'action de la police au service de cette même société.

Victimisation d'une profession, car à force de trop tirer sur la police, sachant que ce n'est pas sur l'institution que retombe les fracas mais sur les hommes et les femmes qui composent cette police, ceux-ci ne tirent plus à la même corde, la police se dissout et devient un simple élément de la fonction publique, fonctionnaires auxquels alors il ne faudra plus demander d'avoir le sens du sacrifie, moral, physique, familiale, personnel, humain. Si nous arrivons un jour à cette situation, nous perdrons alors le dernier garant de nos repères et de nos valeurs issus de l'éducation, du respect, ultime rempart d'autorité dans une société qui a abandonné ses enfants et ses valeurs culturelles, sociales, sécuritaires et humaines il y a trop longtemps.

Vous pointez cette dérive militaire dans les missions de la police."

FM : Depuis une dizaine d’années, on assiste clairement à une recrudescence des opérations militarisées de maintien de l’ordre, par exemple celles menées aux Pâquis l’an dernier. Mais si le métier de policier finit par se confondre avec celui de militaire, c’est sa disparition. Plus question de travailler en faveur de la résolution de conflits, de la proximité, ni sur l’analyse des origines du crime. La surveillance électronique et les entreprises privées prendront encore davantage de place. Il d’agirait alors d’une réelle menace pour la démocratie et les droits humains.

Minet : Ceux qui pointe du droit l'organisation dite militaire dans les missions de la police n'ont aucune idée du travail important qui aura été fait en amont, mais qui aura alors débouché sur un échec, surtout si le maintien de l'ordre devient nécessaire. Cet échec ne sera pas le fait de la police, mais bien d'un ensemble de décisions, de choix, de prises de positions de partenaires, d'antagonistes, de victimes, d'auteurs, de classes sociales, de voisins, d'ethnies, de mouvements ou de citoyens, où le flics simple internenant n'aura pas trouvé des solutions qui ne lui appartenaient poutant plus.

Le travail de base de la police est l'aide à autrui, l'éducation, le secours, la prévention, la résolution des conflits, la lutte contre la criminalité, le maintien de la paix et de l'ordre.

Dans toute intervention il y a l'avant, le pendant et l'après. La mission dite militaire interviendra après, en dernier recours face à une situation qui aura été jugée sans autre solution. Si tel n'était pas le cas, il y aura eu erreur d'appréciation, mais l'échec initial demeurera pourtant sans que la solution apparaisse, tout simplement mais pour une bonne raison. Dans le chaînage de la résolution des conflits, à un certain moment le policier, ou la police, devrait pouvoir, après moult tentatives et en ayant absorbé toutes les approches possibles à travers le dialogue et une approche socioculturelle pertinente, passer la main à l'administration compétente, au service adéquat, à l'humain dont la mission et la formation seront de reprendre le flambeau de l'urgentiste qu'est le flic. A ce jour, nous avons UMUS, VIRES, la LAVI, le SPMI, les services sociaux des communes et de la ville, les maisons de médiations, des associations, des groupements mais il manque ce que j'aime à appeler "le passeur de témoin". A cet instant précis de la décision, le flic ne peut pas devenir l'aiguilleur du ciel sombre de la misère humaine. Si cette fonction n'existe pas à ce jour, même si l'îlotier de police l'exerce bien souvent, offrir un tel "passeur de témoin" à la police et à nos institutions ce serait aussi reconnaître le travail de police effectué en amont et décharger du poids administratif, social et moral du cas présenté, pour redonner ainsi une identité aux tâches, aux missions et au statut de la police.

De vouloir transformer des éducateurs socioculturels en policiers de proximité, comme j'ai pu le lire récemment, voilà bien une idée dont la simple utopie laisse entrevoir la disparition d'une profession à but sociale, essentielle et indispensable dans le chaînage précité qu'est l'éducateur socioculturel. Il suffit de voir les "grands frères ou les modérateurs" se faire attaquer et agresser dans les transports publics, tel un organe d'autorité désavoué, pour comprendre que ce chemin n'est pas le bon. Chaque acteur doit pouvoir être identifié, à travers sa tâche, sa mission et son approche.

Enfin, la militarisation de la police, dans sa structure, est une nécessité dans la donnée d'ordre, dans l'acceptation de l'acte et dans la prise de décision. Les responsabilités, sous cette forme, incomberont alors à la hiérarchie, pour le meilleur comme pour le pire. La police ne pourra jamais se passer de ce double statut, très militarisée organisationnellement dans les actions de masse, très indépendante et libre d'initiatives dévolues au maintien de la paix dans le travail quotidien.

L’apparence compte-t-elle ?

Yves PatrickDelachaux : Les signes du poids grandissant donné au maintien de l’ordre s’observent y compris dans le domaine de l’uniforme et de l’équipement. Au début des années 2000 encore, je travaillais en cravate et couvre-chef. Aujourd’hui, le boulot quotidien se fait en pantalons bouffants, casquette de baseball et ceinture de charge. Chaque poste possède désormais deux motos tout-terrain noires. Nos agents font de plus en plus peur. Je ne comprends vraiment pas les responsables qui font ces choix.

FM : Une anecdote à propos de ces motos. Des connaissances ont été choquées de les voir à l’œuvre, façon voltigeurs, lors de la dernière manifestation contre l’OMC. Ces gens revenaient de missions humanitaires dans des pays peu démocratiques… Ce n’est effectivement pas l’idée qu’on se fait d’une police moderne et intelligente.

Minet : L'apparence, à travers le vêtement, la tenue, le rôle, mais aussi le savoir faire et le savoir être compte énormément. L'un des problèmes de ce jour revient à l'une de mes réponses précédente. Que fait la police et à quel moment, dans quelle circonstance, donc avec quelle approche et dans quelle tenue ? A trop mélanger la mission de groupe, de maintien de l'ordre, à celle quotidienne du maintien de la paix, le policier se perd, à travers les ordres, les tenues, les actes, les doctrines. L'éthique reste la même, mais l'approche étant tellement différente dans le rôle que la crise identitaire subsiste. Actuellement, on demande aux policiers de faire de tout un peu, même aux spécialistes, mais aussi de faire de tout en même temps, et là les problèmes identitaires deviennent omniprésents.

Nul besoin de redessiner la police dans son apparence, il faut simplement redonner une identité aux rôles demandés, une tenue pour l'instant souhaité, avec une mission adéquate pour un but connu et recherché qui pourra, le moment venu, être repris par "le passeur de témoin".

Le portrait-robot que vous tirez du policier contemporain, notamment genevois, est sombre.

YPD : Plus on a besoin de faire du bodybuilding, moins on est fort ! La façon dont ils sont employés les mène bien souvent à l’épuisement. Ou ils démissionnent. Ils ne comprennent plus le sens de leur mission. Les arrestations répétitives et inefficaces. La confiance dans la hiérarchie est très faible, même si elle n’est pas en mesure d’être exprimée. Si on se met autour d’une table de policiers, les discussions tournent vite autour d’une «société perdue». Tout le monde est coupable : les étrangers, les politiques, la justice, les frontaliers, les femmes… C’est un corps malade.

Minet : Le policier contemporain est simplement perdu dans les méandres institutionnels et décisionnels, à travers le dessin actuel de son statut, de ses tâches, de ses missions. Il est aussi abattu par l'aspect inopérant des décisions de justice, par la refonte du code pénal, par les lenteurs ou l'inertie des décisions administratives. C'est ce bilan là qui est sombre, pas le portrait-robot du policier.

Vous affirmez que cette culture corporatiste négative n’est pas inéluctable ?

FM : Je partage le constat précédent et je le constate dans mes activités à l’école de police genevoise. On observe cette tendance ailleurs en Europe. Cela dit, il faut souligner les contre-exemples. A Neuchâtel et Lausanne, entre autres. Ou, plus loin, au Luxembourg. De nouveaux managements, basés sur l’ouverture à d’autres professions ont conduit les policiers à se remettre en question, à s’interroger sur leur métier et à adapter leur pratique.

Minet : Nous traversons une culture corporatiste négative (sachant que le corporatisme peut aussi être positif) pour toutes les raisons précitées, mais en aucun cas par des changements sociétaux liés à la race, à l'ethnie, à l'appartenance à un groupe ou à une religion, à l'action ou à l'acte. Notre société n'a plus de repère, elle est perdue, les policiers le vive ainsi mais ils ne sont pas les sauveurs du monde, nul n'a le droit d'attendre de ces humains une telle responsabilité, qui se doit d'être politique, cantonale, fédérale, européenne, mondiale face à la misère humaine et aux dérives des hommes. Le policier s'adapte au quotidien, il jongle, mais il doit disposer des outils de travail nécessaires mais aussi "d'un passeur de témoin", pour enfin déposer un point à la fin d'une mission, d'un acte, d'un écrit, qui le libérera ainsi de la pression psychique et morale du cas traité. Les policiers sont des médecins de la misère humaine, des urgentistes qui gardent en vie les droits humains, du plus faible au plus fort, du plus pauvre au plus riche, auteur ou victime, toutes races et religions confondues. Un comportement indissociable dans la réalisation des ses missions, de ses tâches, mais aussi une ligne droite semée d'embûches au bout de laquelle il faudra aussi trouver une réponse ou ce "passeur de témoin".

Quelles sont les responsabilités de la direction de la police ?

YPD : Grandes. Au-delà des personnes, elle fonctionne un peu sur un mode mafieux. La loi du silence est le premier enseignement. Il faut se fondre dans le groupe. Ne pas poser de questions. De plus, la hiérarchie joue contre l’autorité politique, qui n’a pas les outils pour maîtriser le domaine : la plupart des informations qui lui remontent son biaisées, passées à la moulinette du système interne. J’ai l’impression qu’elle dit au monde politique : «Donnez-nous des armes et faites-nous confiance !»

Minet : La direction de la police obéit aux ordres et à la doctrine politique et policière. Je ne suis pas certain à ce jour que ces responsabilités là doivent retomber un jour sur ladite direction. Par contre, la direction de la police doit aussi convaincre et apporter des solutions aux problèmes que je viens de soulever, mais pour ça il faut en premier lieu les identifier, les analyser, rester à l'écoute des policiers et de la société, et après oser interpeller le politique. Ce dernier devra alors faire preuve de contrition si le dossier est porteur d'espérance pour nos métiers et pour la société civile.

A vous entendre, les conséquences sont graves.

FM : L’impunité en est une. En contrepartie de l’obéissance, toutes sortes d’exactions d’ordre pénal son couvertes, des excès de vitesse dangereux, des violences inacceptables commises sur des innocents, des rapports tronqués, etc.

YPD : Vous souvenez-vous du rapport d’experts de 2007 à Genève1 Depuis, rien n’a bougé malgré certaines allégations de violences et d’abus d’autorité crédibles.

Minet : Les responsabilités sont grandes et graves, les conséquences n'en sont que les résultats, mais en aucun cas les uthopies présentées par divers observateurs ne sont les reflets de la réalité. Ces gens se sont arrêtés à la police des années sombres, il y bien longtemps. Dans l'acte individuel, la faute, l'erreur, le geste ou l'acte impardonnable, voire insupportable demeure possible. Aujourd'hui il est rare, il demeure inadmissible et n'est plus garanti d'un couvert corporatiste que d'autres ont connu. L'IGS travaille sereinement et avec droiture. Les fautifs sont dénoncés, sanctionnés, les mis hors de cause lavés des soupçons qui pesaient sur eux, avec des preuves, des éléments, des faits, tant pour l'accusation que pour la reconnaissance du respect des règles.

La police que certains ont quitté il y a longtemps, en n'exerçant plus, n'est plus la même aujourd'hui. L'arrivée du Brevet fédéral et l'instauration de formation continue, des maîtres de stage, voire une modification dans la doctrine du maintien de l'ordre que l'on devine depuis peu, fait qu'il faut observer la police depuis son entre pour en extraire à l'extérieur le meilleurs et le moins bon, dans le simple but d'augmenter les capacités des policiers à gérer toutes les situations, mais aussi à pouvoir se reposer en rencontrant sur leur parcours les passeurs de témoin attendus, maillon d'un système qui à lui seul demande une réorganisation, sur le fond et sur les idées. Si l'îlotier communautaire est ce maillon, il faut alors le déterminer ainsi dans sa mission tout en lui donnant les moyens de la réaliser.

Qu’en est-il du recrutement et de la formation, de la politique du personnel ?

FM : A Genève, les ressources humaines sont dirigées de façon scandaleuse et contre-productive. Des candidats très qualifiés et très expérimentés sont écartés parce qu’ils ne rentrent pas dans le moule. L’accent est toujours mis sur le côté prétendument viril du policier, la force physique. Ceux qui y rentrent, par exemple après un parcours universitaire, n’ont pas de plan de carrière autre que la promotion automatique. La formation continue est mince. En matière de formation initiale, les droits humains occupent 1% des 1600 heures dispensées !

Ce sont pourtant les fondements du métier du policier. Lequel détient deux pouvoirs exclusifs –usage et de la force et de la contrainte ; moyens discrétionnaires– qui nécessitent d’être bien maîtrisés puisqu’ils peuvent limiter positivement ou violer les droits de l’homme.

Minet : Qu'on le veuille ou non, les critères de recrutement on été revus " à la baisse ". L'armée, la taille, le sport, l'aspect corporel, L'âge, un certain sens de la république, du pays, de nos lois et de nos règlement, de notre société genevoise pluriculturelle mais profondément encrée aux valeurs helvétiques.

La prochaine étape de cette "ouverture" politicienne sera la nationalité et l'engagement d'étrangers, voire de policiers étrangers. Cette volonté n'est pas adéquate et elle n'aidera pas la police à retrouver une identité. La multi culturalité est déjà bien présente dans la police, de nombreuses origines différentes y sont représentées, juste miroir de la société, mais elles sont toutes réunies derrière la nationalité et ses valeurs.

La réforme est en route, statutairement, économiquement, hiérarchiquement, éthiquement, moralement, de la formation à la retraite, mais en oubliant trop souvent l'humain qui se cache dernière chaque policier, en oubliant de lui redonner une identité, en oubliant de requalifier ses tâches et ses missions, en oubliant de redessiner ses priorités, cette réforme sera mort-née si elle n'apporte pas des solutions à la crise identitaire que traverse la police et surtout une aide précieuse à la lutte pour le maintien de la paix, de l'ordre, en allant au devant de la misère humaine ou en se battant contre la criminalité.

Votre regard acéré, vos critiques, vos propositions sont-elles entendues par l’institution ?

FM : On ne peut pas dire que tout cela plaise. En tant que chargé d’enseignement, je suis conscient d’être un alibi dans la grille de formation actuelle. On me le dit parfois. C’est pour cela que nous avons décidé d’écrire des livres à l’intention d’un public large.

Minet : Être un alibi c'est bien, devenir un prétexte c'est grave. Si l'institution écoute, alors qu'elle devra également entendre les voix des policiers, des flics de terrain, de rue, qui eux n'ont pas quitté le bitume et connaissent encore très bien leur métier et les ombres cachées de la misère d'une société dans laquelle ils travaillent au quotidien.

Quelles sont les pistes de réformes que vous soumettez aux responsables politiques ?

YPD : L’ouverture immédiate de la direction à la pluridisciplinarité. Il faut des compétences en sociologie, psychologie, philosophie, économie, management, etc. Ensuite, le recrutement, la formation et les ressources humaines doivent absolument retourner dans le giron de l’Etat central et non laissées en mains policières.

FM : Il est également indispensable de confier le contrôle de la déontologie à l’extérieur. Pour un regard neutre et distancié sur l’action policière. Des policiers qui en surveillent d’autres, ça ne va pas.

Minet : Glisser dans le giron de l'Etat, alors que l'on peut juste constater les dysfonctionnements qui surviennent dans certains de ses services, c'est condamner à mort la police, le métier de policier, et ainsi notre société qui continuera cette fois sans son dernier garde-fou qu'était encore le dernier maillon fort que représente la police.

Pour conclure deux mots : oui à l'ouverture de la pluridisciplinarité pour les postes de gestion, politiques et administratifs à la police, et enfin, à qui de droit, si la confiance se mérite, le respect aussi, à travers les connaissances, mais également par une faculté d'analyse dénuée de tout sentiments partisans ou d'un quelconque intérêt personnel.

Minet, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

Commentaires

Minet dit : «Il m'est impossible de vous laisser dire que la police genevoise est un corps volontiers violent, refermé sur lui-même, sourd et aveugle aux évolutions du temps. Inepties et mensonges, analyse globale du siècle passé établie sur une méconnaissance de la police genevoise du XXI ème siècle.»

Un Corps volontiers violent. C’est bel et bien l’avis de plusieurs experts et qui ressort très clairement dans plusieurs rapports, notamment le Conseil de l’Europe qui, en 2007 et 2008, émettait de sévères critiques au sujet de la police genevoise. A cette époque, il y a aussi eu le fameux rapport du Grand Conseil genevois, à la suite de témoignages concordants de prisonniers de Champ-Dollon. Dans ce rapport on peut lire que lors de la visite médicale d’entrée à la prison, les constats de lésions n’étaient plus transmis à la direction de la police, car lorsqu’ils étaient communiqués, ils n’engendraient aucune réaction.

Les choses ont-elles changées depuis 2008 ? Peut-être. Mais quelques clics sur internet nous permettent de tomber, notamment, sur ça :

http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&file=article&sid=445790

http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/IUE01025.pdf

http://www.tdg.ch/geneve/actu/daniel-feas-poste-policier-fracture-machoire-2010-08-24

Tout est peut-être faux. Je n’en sais rien. Peut-être que la police genevoise est faussement réputée violente. Quoi qu’il en soit, le constat ne me parait pas d’un autre temps et mérite une vraie réponse, autre que « inepties ».

Quant à la surdité et à la cécité de la police genevoise, à nouveau, il s’agit de démontrer concrètement comment cette police manifeste une bonne qualité d’écoute et d’adaptation aux évolutions du temps. Je te demandais Minet, il y a quelques jours, de mettre en ligne un article, un seul, où l’on peut lire que la police accepte une critique dirigée contre elle et se remet en question. Franchement, depuis des années où je suis attentif à ça en lisant la presse, lorsque la police est mise en cause, elle a systématiquement une bonne raison pour se justifier…

C’est donc un Corps parfait… ou replié sur lui-même, sourd et aveugle.

Wax911

Écrit par : Wax911 | 16/09/2010

A celui signe habitant de La Croix de Rozon (!?),
Ce n'est jamais la faute de la police si elle échoue. Soit. C'est votre thèse. Vous la répétez à l'envie avec des variations.
Pourtant, la police échoue, sous les yeux de celles et ceux qu'elle est tenue de servir et de protéger. Car ces derniers mois, on l'a vu incapable d'arrêter les dealers, les black blocs, le jeu de bonteau, de faire respecter les interdictions de circulation sur certaines rues du centre-ville, etc. Jamais sa faute. Selon vous, Minet, c'est la faute de "la société" et de la direction de la police. Soit. Mais ne vous étonnez pas que les représentants politiques commencent à s'intéresser à la grille des salaires et aux planning d'un corps de l'Etat, dont chacun est fier à Genève, mais qui connaît, avec d'autres, des ratés ponctuels, des échecs globaux. Reconnaissez-le, et cesser d'escamoter, sur deux pages A4 de commentaires, les vraies questions qui se posent à la force publique à Genève. Pourquoi sur tel et tel enjeu vous échouez, là où d'autres polices cantonales y arrivent?
Bien à vous.
CC.

Écrit par : Chatelot | 16/09/2010

@ Chatelot

Les griefs évoqués sont pertinents et incontestables : incapacité d'arrêter les dealers, les black blocs, le jeu de bonneteau, etc.

Or, faire un lien entre ça et la grille des salaires des policiers de terrain, n'a aucun sens.

Les "ratés" que vous citez à raison, ne sont nullement le fait des "flics de rue", et ça c'est aussi une vérité incontestable. L'échec en question est bel et bien celui du système politico-judiciaire genevois, à l'exception peut-être de l'interpellation des black blocs qui relève, effectivement, des compétences de l’Etat-major de la police.

Pour le reste, vous avez entièrement raison lorsque vous dites que ce n'est jamais de la faute de la police. D'ailleurs Yves Patrick Delachaux le résume très justement dans l'interview accordée au journal Le Courrier : "Si on se met autour d'une table de policiers, les discussions tournent vite autour d'une société perdue. Tout le monde est coupable : les étrangers, les politiques, la justice, les frontaliers, les femmes... C'est un corps malade".

Wax911

Écrit par : Wax911 | 16/09/2010

@wax 911 : ..."Tout peut être faux. Je n'en sais rien. Peut être que la police genevoise est faussement réputée violente"... !!!!!!!!!!!!!!!
Mais, wax 911, SI TU N'EN SAIS RIEN !, pourquoi ainsi polémiquer ???????
Alors oui ! si tes propos et "attaques" contre la police genevoise se basent sur des articles de journaux, bruits de couloirs et des rapports non-vérifiés, alors là on peut considérer ceux-ci comme "Inepties" ! (désolé de ma franchise)
Bien sûr que des erreurs d'appréciation et d'intervention ont pu survenir, nul n'est parfait. D'ici à tout généraliser comme tu les fais ! alors là, c'est pas du tout logique !
Merci à Minet, qui a su se faire entendre et faire entendre la "base" !
Non ! la police n'est pas sourde ni enclin à la cécité ! Au contraire, chaque femme et homme qui oeuvre sur le terrain le fait avec conviction et humanité.
30 années de terrain me l'a prouvé !

Écrit par : coucou | 16/09/2010

Ce qui m'étonne le plus en ce moment, c'est le volume et l'énergie que vous prenez à critiquer de manière réitérée l'écrit de Yves Patrick Delachaux et Frédéric Maillard. Un écrit sujet à critiques - c'est d'ailleurs ce que recherchent les deux compères - mais j'en viens à me demander si vous n'avez pas trop tendance à se sous-estimer systématiquement ce que fait votre ancien collègue Delachaux. Je pense que contrairement à vous, M. Delachaux sait opérer des synthèses intéressantes sur le métier de policier et qu'il a su parfaitement su se départir de cet endoctrinement militarisé qui oxyde la police depuis des lustres. Tout comme Wax911, j'ai la désagréable impression que vous refusez toute critique négative et que vous vous arcboutez sur votre seul vécu. Etes-vous vraiment le bon interlocuteur dans ce genre de débat ? Qui êtes-vous à part le fait que vous soyez un habitant de la Croix-de-Rozon ? Parlez-vous au nom de vos collègues ? Vous reconnaissent-ils comme leur ambassadeur ? J'en doute !

Écrit par : panaji | 16/09/2010

Le problème n'est pas seulement celui de l'organisation de la police mais aussi celui des femmes et des hommes qui la composent.

Qui sont-ils ? Des mécaniciens sur automobiles, confiseurs, employés de commerce de détail qui ont su marcher comme il faut pour aboutir à ce que leur salaire double et leur statut social évolue. Avaient-ils les capacités pour devenir policiers ? Non ! Ils avaient la capacité de réussir des examens cooptatifs, soit de plaire aux aînés.

Et puis comment faire confiance à des hommes qui prétendent agir au nom de la loi et qui souvent agissent hors la loi ? En toute impunité ! Lorsque par miracle émerge un cas où l'impunité de fonctionne pas, la bande, par syndicat interposé, fait tout pour sauver le ripou. Il faut tout de même savoir qu'un flic définitivement condamné pour délit ou crime n'est pas séance tenante viré. Il arrive même que le syndicat estime qu'il doive être promu ! Par exemple, je connais deux policiers condamnés pour abus d'autorité et qui officient toujours.

Soyons clair un policier condamné pour un crime ou un délit doit être viré et pas seulement empêché de demander une promotion. Faute d'appliquer ce sain principe tous les policiers sont (et c'est injuste) soupçonnés d'être des ripoux.

La population ne vous fait pas confiance parce que vous ne la méritez pas. Et si votre profession vous dépasse, démissionnez !

Écrit par : CEDH | 16/09/2010

Panaji ;
Mon volume d’énergie que je déploie sur les écrits et les paroles d’YPD et FM sont à la dimension des idées utopiques émises et des fausses vérités proclamées. Tous les policiers avec qui j’ai eu le loisir de parler de ces messieurs ont la même réaction. Certaines critiques sur l’organisation de la police sont justifiées, mais tous trouvent inadmissible l’amalgame que font ces deux observateurs au sujet des policiers de terrain, tel que dire que c’est un corps volontiers violent, refermé sur lui-même, sourd et aveugle aux évolutions du temps, ou qu’il faut établir une filière d’animateur socioculturel qui deviendrait policier de rue, avec une formation sur le moyens de contraintes. Personne ne peut croire en la réussite d’une telle démarche formative.
Policier est un métier auquel il faut apporter les éléments complémentaires à son statut pour la réussite de ses tâches et de ses missions, culturellement, socialement, physiquement, légalement, juridiquement, éthiquement, et pas le contraire.
Je ne sous-estime pas le travail d’YPD, je l’analyse et j’en tire le bon et le moins bon, tout comme les policiers qui s’intéressent à cet écrivain. Donc je ne l’attaque pas, je nourri le débat, avec le même but que lui, améliorer les outils à disposition du policier pour mener à bien sa fonction.
Et si je reconnais que je suis hargneux avec certains de mes lecteurs, c’est que mes réponses sont bien souvent proportionnelles aux commentaires déposés et si peu souvent encourageant dans une démarche productive. Je ne gangrène nullement la police, je tente moi aussi, avec ma mince expérience qui ne se compose pas que de mon vécu, je vous rassure, d’apporter des éléments constructifs à ce projet.
Etes-vous vraiment le bon interlocuteur dans ce genre de débat me demandez-vous ?
Je ne m’impose pas comme un interlocuteur, mais je sais que les gens qui m’écoutent gardent bien souvent quelques idées déposées au coin d’un entretien.
Enfin Panaji,
Qui êtes-vous à part le fait que vous soyez un habitant de la Croix-de-Rozon me demandez-vous ?
Un simple citoyen qui prend la parole, sans briser son secret de fonction, mais avec l’expérience métier et une culture acquise par la lecture tout simplement.
Parlez-vous au nom de vos collègues ? Vous reconnaissent-ils comme leur ambassadeur me demandez-vous?
Je ne m’exprime qu’en mon nom propre, mais en ayant accordé une grande écoute à mes collègues, pour qui je ne suis ni un ambassadeur, ni le futur responsable de RH de la police.
Cordialement, WS

Wax911 ;
Ces experts ont été partiellement déboutés par l’autorité politique et les enquêtes de véracités qui ont suivi ces déclarations de détenus. La commission des visiteurs a même reconnu qu’une cabale avait été montée contre la police judiciaire, une évidence à la lecture des allégations justement « si concordantes » lors de l’enquête. Le DI avait d’ailleurs confirmé que l’avis des experts, qui ne s’étaient basés que sur les dépositions anonymes de détenus, n’étaient pas aussi sérieux que ça.
En ce qui concerne les rapports du Conseil de l’Europe, qui est politiquement dirigé, ou d’Amnesty International, il faut relever que presque tous les cas cités n’ont soit jamais été en justice, soit ils ont été classés par le Parquet. Par contre, il y a eu 3 ou 4 ordonnances de condamnations en 5 ans. Sur plus de 400'000 interventions, l’on ne peut pas parler de culture de la violence, mais bien de bavures, qui demeurent inadmissibles.
Et vous demandez si les choses ont changé depuis 2008. Avons-nous eux une nouvelle vague de plaintes, non. L’IGS traite toutes les années des dizaines de doléances ou de plaintes et je ne pense pas que vous puissiez remettre en cause la sévérité et la probité de la Cheffe de la police, qui avait mis un point d’honneur à tenir ce dossier qui demeure sous sa compétence. Il y a un certain nombre de sanctions chaque année, ni plus, ni moins mais bien souvent pour des faits moins graves que par le passé. Les actes inadmissibles et intolérables se font de plus en plus rares. Les choses ont-elles changé, oui.
Donc Wax911, à la lecture de ces éléments concrets, nous pouvons dire que les propos tenus contre l’ensemble du corps de police par certains observateurs sont des inepties sous cette forme généralisée.

Pour conclure ma réponse, il me semble que si vous connaissez aussi bien que moi la Grande Maison Wax911, vous devriez savoir que tout comme à l’Etat, les affaires ne sortent pas, elles sont traitées, les sanctions tombent, mais il y a très rarement une communication publique. C’est un choix de l’employeur, pas de la police. L’employeur décide, l’employé exécute, ne l’oubliez pas, et c’est probablement aussi valable pour les Black Blocs, soutenus par une certaine gauche avant la casse et lâché par cette même gauche après la casse, mais trop tard.
En ce qui concerne mes échanges avec mes collègues, c’est la preuve d’un dialogue, d’un débat et en aucun cas d’une pensée unique, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit ni prononcé, et ce que mes collègues ne pensent pas, restez ouvert au débat et ne me lisez pas entre les lignes seulement.
Bien à vous, WS

Chatelot ;
La véritable question sur les échecs constatés, ou des non résultats obtenus et qui correspondaient aux attentes de la population, est de savoir à qui en revient la responsabilité. Et là, vous pouvez retourner la question dans tous les sens, il n’y a que trois réponses possibles : Le Département responsable de l’entité, les hiérarchies supérieures et les lois et règlement inadaptés aux circonstances.
Ce n’est pas le flic de rue qui décide de la doctrine, des priorités, de la politique à mener, des délits à cibler, des effectifs à répartir, des opérations à formater. Ce flic là il ne fait qu’obéir, mais ce même flic se pose aussi des questions sur les échecs constatés.
Pour conclure ma réponse, je souhaiterais que vous me démontriez des exemples de police cantonales qui arrivent à endiguer la criminalité (qui est en hausse dans toute la Suisse) tout en ayant réussi une réorganisation profonde de ses institutions. Lausanne et sa police unique, non, Fribourg et ses régions, non, Neuchâtel et le Jura basculer en le nord et le sud, non, le Valais et ses trois régions, non, etc).
Un dernier conseil, si vous voulez continuer d'accuser les policiers de tous les maux, faites donc et tout ira probablement encore mieux, sauf qu'avant de changer la décoration dans une maison, on en vérifie en premier les fondations.
Bien à vous, WS

CEDH ;
Pour exercer le métier de policier, il faut avoir un parcours de vie. Plus celui-ci sera représentatif de la société, plus il sera riche en connaissance sociétale. Donc la filière actuelle me va très bien, elle nous permet d’être proche du peuple, de ne pas devenir une élite qui alors regarderait d’un peu trop haut ses congénères. Je vous précise que les personnes issues des études sont également très bien accueillies dans notre métier, toujours avec ce même soucis d’être une police au service de sa population, qui ressemble à sa population, pour mieux la comprendre, pour mieux répondre à ses attentes qui sont les même que les nôtres.
Des policiers qui agissent souvent hors la loi dites vous, en tout impunité !
Imagerie populaire d’un mai 68 encore trop présent ou propos fondés, je vous pose la question même si j’ai la réponse.
Le syndicat n’a jamais sauvé de ripou, il s’est borné à condamner l’acte mais à s’assurer que les droits du membre soient respectés, ce qui n’a pas toujours été le cas dans les procédures.
Par contre, je vous laisserai vérifier si les recours des procédures dont vous faites allusion ont apporté une modification aux condamnations que vous citez, car vous vous exprimez un peu vite il me semble.
A ce jour, les éléments qui devaient être exclus l’on été à ma connaissance, mais je n’ai pas la science infuse, tout comme je ne démissionnerai pas de ma profession, un métier que j’aime, que je défends ou critique par mes écrits, dans le but d’en améliorer son fonctionnement, son statut, son développement, son avenir, voire les résultats à venir.
Et ne vous en déplaise CEDH, 78 % de la population fait confiance à sa police, ce qui n’est pas le cas de bien d’autres professions.
Ma porte est ouverte pour le dialogue, car rien ne me dépasse, si ce n’est la bêtise humaine.
Cordialement, WS

Écrit par : Minet | 16/09/2010

@ Coucou

Dire "je n'en sais rien" n'est peut-être de ma part qu’une litote ? :-)

A nouveau un policier qui reçoit l’opposition d’idées comme une attaque ! Le débat est esquivé en ramenant la discussion au stade de polémique.

Celui qui me reproche "de tout généraliser", enchaîne par une magnifique démonstration de "généralisation", en faisant de Minet un porte-parole de la "base". Ben voyons ! Cette base serait-elle donc composée d’individus ayant tous le même avis ? Intéressant. Le corporatisme aurait-il comme synonyme le sectarisme ? La question semble permise.

Et enfin lorsque tu dis "merci à Minet, qui a su se faire entendre et faire entendre la base", tu sembles ne pas réaliser à quel point bien des gens en ont ras le bol de ce que la police a à leur faire entendre ! Bien des gens aimeraient qu’au lieu de se faire entendre, cette police sache écouter ! On va finir par croire que c’est la population qui est au service de la police…

Mais ce besoin si fort de se faire entendre plutôt que d’écouter, est peut-être bel et bien un symptôme de surdité…

@Minet

Lorsque tu dis : "Tous les policiers avec qui j’ai eu le loisir de parler de ces messieurs ont la même réaction", cela ne fait que confirmer ce que je dénonce depuis bien longtemps concernant la police : la facilité de sombrer dans la pensée unique !

Moi aussi j’entends souvent (pas toujours) la même opinion sur MM Maillard et Delachaux. Sauf que lorsque je pose des questions aux policiers sur les raisons qui ont forgé leur opinion, je constate systématiquement qu’il y a pas mal de désinformation et beaucoup de « si les autres le disent, alors je le dis aussi ». Le syndrome cafétéria de gendarmerie en quelque sorte….

Mais finalement lorsque des policiers refusent le débat, notamment sur la violence à la police, cela est bien plus inquiétant qu’un aveu de culpabilité…!

Mais si la majorité des policiers avec qui tu parles disent que tout est ok, alors c’est que tout doit être ok. Et si tout n’est pas ok, on liquide ça avec un : « Personne n’est parfait »…

Wax911

Écrit par : Wax911 | 16/09/2010

@wax911 :
Personnellement je n'ai rien contre les oppositions d'idées, car elles sont indéniablement constructives (du moment que l'on cherche à "aller de l'avant").
Mais là, j'ai l'impression que l'on tourne en rond et d'entendre que l'on résume le personnel de la police à des brutes, des incultes, des renfermés, qui ont de la cécité, qu'on soupçonne de magouille....un corps malade et qui, à la fin, on demande de se taire et d'écouter !!!!! Comment voulez-vous dans ces circonstances élaborer quelque chose de constructif !?

Écrit par : coucou | 17/09/2010

@ CEDH

Ton commentaire m’a donné à réfléchir. Je le trouve très intéressant, bien qu’il ait été balayé par Minet.

Mais on commence par avoir l’habitude ; dès que l’on touche à la police, on a tout faux. Vite, quelques policiers surgissent à la rescousse de leur corporation, avançant des contre-exemples pour maitriser l’éventuel détracteur.

Oui CEDH tu as raison lorsque tu dis des policiers : « Qui sont-ils ? Des mécaniciens sur automobiles, confiseurs, employés de commerce de détail ». Ils font 12 mois de formation de police et les voilà soudain transformer en agents de la force publique, détenteurs de pouvoirs exceptionnels et exclusifs ! Certains anciens ont fait leur école de police lorsque celle-ci durant 7 mois et certains plus anciens, 4 mois de formation. Ce sont justement les anciens qui aujourd’hui sont à des postes dirigeants.

Il est vrai aussi, comme le dit Minet, que de candidats ayant des diplômes secondaires ou universitaires sont engagés. Ce que Minet oublie de préciser, c’est que la valorisation des compétences individuelles est quasiment inexistante à la police. Ainsi, un candidat à la gendarmerie qui aurait une maitrise universitaire en SES, passera bien des années à faire appel à des dépanneuses pour des voitures mal garées ou à distribuer des contraventions. J’ironise mais on n’est pas loin de la vérité. Et s’il a de la chance, peut-être qu’une place se libérera où il pourra mieux mettre à profit ses compétences… peut-être.

C’est une forme de tall poppy syndrome comme disent les anglophones : un nivellement par le bas.

D’ailleurs, combien de stagiaires ont entendu, tout comme moi lorsque j’étais stagiaire : « Ici on s’en fiche de ce que tu as fait avant ! ». Certains stagiaires disent encore aujourd’hui : « J’ai rien à dire ; je ne suis qu’un stagiaire… ». Un peu comme si toutes les compétences acquises avant la police ne comptaient pas. Enfin si, elles peuvent compter, du moment que ça ne remet pas en question un plus ancien...

Le nombre d’années de service que peut avoir un policier, est une référence qui a beaucoup trop d’importance à la police genevoise. Avoir 20 ans ou plus de service, n’est nullement un gage de compétences ou de savoir faire. Mais là on touche à un point assez sensible.

Ta vision de l’incorporation de nouveaux candidats qui serait en fait une cooptation, est aussi intéressante. Je pense que tant que la formation des policiers restera essentiellement en main policière, les anciens auront tout le loisir de reproduire leurs schémas et d’inculquer leurs valeurs, quand bien même ceux-ci pourraient être à côté de la plaque. Par exemple, si je venais à me présenter aujourd’hui comme candidat policier, on pourrait me dire que je n’ai pas le profil recherché. On entretien ainsi les convictions, les croyances, la sous-culture policières.

Pour terminer, il me parait affligeant que les policiers présents sur ce billet, esquivent le débat sur la violence, en dénaturant mes propos et en laissant croire que je prétends que les policiers sont tous des brutes, qu’il y a systématiquement des abus ou des passages à tabac ! Je ne l’ai jamais dit et ne le dirai pas car ce n’est absolument pas vrai. Mais la violence fait partie du travail du policier. Il a même dans ses rapports, une rubrique spécialement destinée à expliquer de quelle façon la violence a été utilisée et pourquoi a-t-elle dû être utilisée. Cela est normal, étant donné que le policier bénéficie du monopole de la violence légitime, pour reprendre la formulation de Max Weber. Or, cette violence étant bien souvent soumise à l’appréciation du policier, il est tout à fait légitime qu’un débat soit ouvert et que des doutes ou des inquiétudes puissent être librement formulés. Ce qu’un policier peut estimer être une réponse adaptée, ne l’est peut-être pas.

Wax911

Écrit par : Wax911 | 17/09/2010

Wax911 :

Décidément, je vais croire que vous ne savez pas lire. Ma réponse à CEDH est pragmatique et contribue au débat, en aucun cas le commentaire déposé n'a été balayé.

Par contre, dans vos mots vous soutenez sans cesse les thèses d'YPD, qui lui déclare que la police est un corps violent.

Comme j'ai eu le plaisir de l'expliquer à Mme Rochat, il ne faut pas confondre les violences policières, qui sont inacceptables, et l'usage de la contrainte, un acte au demeurant qui dégage une certaine violence, moralement, psychiquement, physiquement, visuellement.

Comme encore discuté avec un collègue ce jour, ce qui a changé en dix ans, c'est qu'avant sur 10 interventions présentant un certain degré de violence de la part des antagonistes (sans la police), on arrivait à en régler 9 par la parole et un cas finissait par un usage de la contrainte. Aujourd'hui, alors que nous avons pourtant suivi des cours et que la formation continue poursuit son chemin, en rue, sur 10 cas aux Pâquis présentant un certain degré de violence de la part des antagonistes (sans la police), 2 seront résolus par la parole alors que 8 finiront par un usage de la contrainte, avec bien souvent une attaque initiale des belligérants contre la police. Je vous rappelle aussi que l'usage de la contrainte est soumis à des critères, dont la proportionnalité et la légitimité, pas simplement au simple jugement ou à l'appréciation personnelle du policier.

Quand je vous dis que c'est aussi la société qui a changé, les valeurs de celle-ci et que le manque de respect de tout inonde nos rues d'incivilités, de violences, de délits, d'arrogance et d'acte d'insoumission, c'est juste une réalité sociétale.

La police peut encore tenter de s'adapter, mais elle n'arrivera pas à réguler cette société toute seule, d'autres partenaires et départements doivent devenir des partenaires de la sécurité, à la place de n'être que réactif.

Le véritable problème de la police aujourd'hui, à Genève et en Europe, c'est qu'elle est trop souvent réactive, et si peu proactive. Mais avons-nous les moyens et le temps à disposition pour travailler autrement aujourd'hui, car nous restons perpétuellement dans l'urgence, et surtout confronté à la violence, et celle-ci de violence, personne, je dis bien PERSONNE ne s'en préoccupe !

Minet.

Écrit par : Walter Schlechten | 17/09/2010

"inonde nos rues [...] d'acte d'insoumission ..."

C'est marrant cette déformation de votre vision ? Expliquez-nous en quoi consiste pour un citoyen normal un acte d'insoumission ? (Pour un policier ou un militaire, je comprend bien, mais pour un citoyen libre ?)

Écrit par : Djinius | 17/09/2010

@ Minet

Dire que je ne sais pas te lire et ensuite dire qu'YPD déclare que la police est un corps violent, c'est se mettre un autogoal ! N'est-ce pas plutôt Olivier Chavaz qui dit : "Symptomatique d'un corps volontiers violent" ? Pour quelqu'un qui reproche régulière aux autres leurs erreurs d'interprétation, tu devrais y prendre garde.

Et lorsque tu dis que « sur 10 cas aux Pâquis, 2 seront résolus par la parole alors que 8 finiront par un usage de la contrainte», tu dis vraiment n’importe quoi ! Et s’il est vrai qu’il y a quand même une augmentation des usages de la contrainte, il faut aussi voir le nombre de flics qui ne supportent pas la moindre contrariété, qui ayant peur deviennent agressifs, qui bien souvent ne savent que dire, le ton bien haut : « Vous vous calmez maintenant ! », pensant que c’est ça qui va calmer !

Mais bref, ton manque d’honnêteté intellectuelle et tes statistiques fallacieuses, mettent en évidence une incapacité crasse à la remise en question.

@ Djinius

Acte d’insoumission = tout ce qui n’est pas du genre « Oui monsieur le policier ; vous avez tout à fait raison » ; « A vos ordres ! » ; « Tout de suite monsieur l’agent ! »… :-)

Tu as tout à fait raison lorsque tu parles de « déformation de la vision ». Mais le policier, lui, il va te dire que c’est lui qui voit la vie comme elle est vraiment, car il est aux premières loges, et blablabli et blablabla…

Wax911

Écrit par : Wax911 | 17/09/2010

Petite histoire ordinaire d'insoumissions multiples de la police à la loi


1. Une voiture de police intime l'ordre à une voiture de location de s'arrêter. Celle-ci s'arrête. Les policiers informent le conducteur du véhicule qu'il a grillé un feu rouge. Devant son étonnement les policiers précisent qu'ils étaient bien placé pour voir.

2. Le policier rédige séance tenante une amende d'ordre en y mentionnant spontanément le nom du conducteur.

3. Le policier exige le paiement immédiat de l'amende d'ordre car le conducteur est domicilié à l'étranger.

4. Le conducteur refuse de s'exécuter dès lors qu'il ne devait au termes de la loi que fournir des sûretés.

5. Le policier dit devoir contacter l'officier de police et revient rageur et méprisant et mentionne sur l'amende d'ordre comme domicile l'adresse suisse figurant sur le contrat de location de véhicule.

6. Entre temps l'autre policier informe le conducteur qu'à Genève on n'accepte pas de garantie en nature tel des montres.

7. Aucune sûreté n'est demandée.

Combien d'insoumissions policières à la loi ?

Combien de ces insoumissions ont un caractère pénal ?

Combien de touristes sont victimes de ces exactions policières ?

Est-on sûr que le feux rouge a été grillé, sachant que le passager n'a pas vu pareille chose et que le conducteur n'a jamais fait l'objet de la moindre condamnation pendant plus de 20 ans.

Écrit par : CEDH | 17/09/2010

Djinius ;

Inonde (inonder) : affluer au point d'envahir complètement, se répandre abondamment dans, le manque de respect inonde notre société.

Insoumission : fait de ne pas se soumettre à l'autorité ; rébellion contre l'autorité, un citoyen peut donc faire preuve d'insoumission face à l'autorité étatique représentée démocratiquement par la police, pas simplement par la parole, mais par l'acte et surtout sa violence ou la mise en danger qui va en résulter.

Wax911 ;

C'est comme sur Radio Cité, Mme De Witt attaque de front la police en l'accusant de toute les violences et en affirmant que si l'on ne gardait que les personnes intelligentes il n'y aurait plus personne, et, tout comme dans le Courrier sur l'entrée en matière du journaliste, YPD ne s'interpose pas contre ces propos insultants, scandaleux, qui ne sont ni le reflet de la réalité, ni le véritable portrait des hommes et des femmes qui travail dans cette profession. Mais visiblement, nous ne méritons pas ce respect, une fois de plus.

Ce qui me surprend Wax911, c'est que vous ne faites aucun commentaire sur mon analyse de la situation, alors qu'il me semble que j'apporte aussi un point de vue qui n'est pas tout rose, qui laisse donc le débat ouvert. Mais j'oubliais, je ne sors par d'une grande école et mon opinion n'a alors que très peu d'intérêt.

CEDH : un automobiliste qui désire où qui accepte de payer immédiatement une amende c'est qu'il reconnaît l'infraction, un carnet d'encaissement est prévu à cet effet. Dans le cas contraire il n'y a pas d'encaissement, l'auteur préserve ainsi tous ses droits de recours. En ce qui concerne les sûretés, l'officier a bien répondu à l'agent, car nous ne prenons plus de sûreté, soit l'amende est encaissée en son entier, avec l'accord de l'auteur, soit l'AO est dressée.

WS

Écrit par : Minet | 20/09/2010

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