21/10/2010

Réorganisation de la police, plus d'un an déjà et pourtant le respect attendu par les policiers ne vient pas, ne vient plus !

En relisant des coupures de journaux, je constate que c'est le 3 novembre 2009 que la première pierre de Curabilis avait été posée, bientôt un an, tout comme il y a aussi presque un an les élections du Conseil d'Etat avaient enflammé les débats sur la sécurité, jusqu'au soir du 15 novembre. S'en était suivi les résultats que l'on sait, avec un changement de majorité, et depuis ?

Il aura fallu des émeutes, un gardien grièvement blessé, une révolte de plus et la menace syndicale pour que le 18 octobre dernier le Conseil d'Etat dépose un nouveau communiqué de presse ; promesse ou réalité objective ?

http://www.ge.ch/dcti/presse/2010-10-18_com2.pdf

En ce qui concerne la Police, la signature d'un protocole d'accord en décembre 2009 devait mettre fin à plusieurs mois d'incertitude, avec un échéancier et des objectifs très clairs pour toutes les parties en cause. En mars et en juin 2010 tout devait être réglé, dixit la Présidente du département sur Léman Bleu. Malheureusement, alors que les travaux de fond avaient été effectués, que la problématique des heures supplémentaires, des débours, des piquets avait trouvé une solution validée par le Conseil d'Etat et les syndicats, la mise en application de ces éléments, ne présentant plus aucune opacité selon les voeux de la Cour des comptes, n'est pas effective à ce jour.

Pire, aucune explication, aucun argument, aucune justification ne sont venus donner du crédit au comportement incompréhensible de cet employeur qui se mure actuellement dans un silence qui ressemble à un aveu de culpabilité, voire d'échec. Manque de courage ou manque de franchise envers le pouvoir exécutif ?

Manque de courage probablement car il s'est avéré que la réorganisation de la police a un prix, a un coût, car les plus-values espérées par certains ne sont pas au rendez-vous des bilans établis. Tout n'était pas que mensonges ou opacité, tout n'était pas qu'avantages indus ou illégitimes, des inégalités de traitement sont même apparues lors des débats, débouchant ainsi sur une redistribution de la donne, avec des justifications reconnues et validées par le Conseil d'Etat. Les syndicats de police n'avaient pas reconnu la validité de l'ensemble du rapport de la cour des comptes, ils avaient raison. Mais voilà, maintenant il faut aller devant le Parlement, et une partie de ces élus du pouvoir législatif, qui sont aujourd'hui de la même majorité que le pouvoir exécutif, ne sont visiblement pas prêts à entendre ces réalités établies.

C'est pourtant ces mêmes députés qui avaient crié au loup, au scandale, dénonçant l'opacité et l'inégalité de traitement envers les autres fonctionnaires, une certaine droite qui ne recherche que quelque économies dans le budget de fonctionnement de l'Etat, sur le dos des employés. Mais voilà, il s'est avéré en fin de compte que le système de compensation des heures supplémentaires en temps de la police était moins favorable que celui établi par le MIOPE, il s'est avéré que 500 policiers de rue ne touchaient injustement pas de débours, il s'est avéré que le compte habillement correspond à un besoin matériel nécessaire, il s'est avéré que la mise de piquet était justifiée et avait simplement besoin d'une base légale avec une restitution idoine, il s'est avéré qu'une indemnité pour tord moral ne peut pas être fiscalisée. Au moment des comptes, et bien la balance penche, mais pas du côté attendu par les élus.

Manque de franchise, car il va falloir aller devant le parlement avec le résultat de cette réorganisation statutaire, mais visiblement les chiffres dérangent car ils ne sont pas ceux espérés, alors du coup on ne respecte pas les accords signés, on ne respecte plus l'employé ni ses représentants, on sabre à travers des règlements ou des fiches Miope, on tente de faire baisser les coûts, une fois encore, une fois de trop, le tout dans un climat de jalousie étatique envers des fonctionnaires d'autorité qui n'ont pas le même statut que tous les autres.

Alors que nos policiers s'engagent à fond dans la restructuration demandée en appliquant le "flex-tag", alors que nos policiers s'engagent à fond dans les services commandés tels le sommet de la francophonie, les événements sportifs à risque ou figaro, alors que nos policiers se nourrissent au quotidien du nouveau code de procédure pénal qui va profondément modifier leur travail, alors que nos policiers continuent à faire face à une certaine presse qui assassine les flics au premier fait divers, alors que nos policiers se rendent compte que la situation en rue ne s'améliore pas assez vite et que l'avenir n'appartient probablement pas aux nouvelles écoles de police sélectionnées sur des critères plus qu'aléatoires, Genève s'enfonce.

Moi qui vois tout cela comme simple citoyen, et qui lis aujourd'hui que ce même employeur préfère défendre les intérêts et l'image d'un certain Monsieur Kadhafi, je me dis que nos policiers sont bien peu de chose à ses yeux, et que ce dédain aura aussi un prix, celui de la démotivation profonde des forces de l'ordre, et une démocratie sans ordre, il me semble que l'on appelle ça l'anarchie, non ?

Visiblement nos policiers ne demandent que le respect que mérite leur engagement au service de l'Etat, de la collectivité, de la Genève internationale, de la population et des institutions, respect que ne semble plus en mesure de lui accorder son employeur !

Minet, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

 

Commentaires

Rooh, notre police pultra-chère via sont système de primes opaques veut des soussous et du respect.

Commencez par respecter le système hiérarchique qui veut que vos ordres vous soient donné par le Conseil d'Etat, qui lui-même est dirigé et surveillé par le Grand Conseil et arrêter de vous considérez comme un corps indépendant qui n'a de compte à rendre à personne.

Franchement, j'espère qu'il y a d'autre Delachaux dans vos rangs ... car là, votre absence d'auto-analyse, d'introspection et de remise en question par rapport à vos problèmes, ou en gros, si problème il y a, la cause est TOUJOURS extérieure aux rangs de la police serait à hurler de rire si on ne parlait pas du corps récipendiaire de la violence légale que chaque citoyen vous à délégué.

Écrit par : Djinius | 22/10/2010

Cher Djinius,
Je constate que vous n'avez pas réglé vos problèmes de vision du monde et que vos préjugés sont encore bien présents. Jalousie étatique, pauvreté de l'esprit ou crispation d'un élu ?
Peu importe, votre arrogance se suffit à elle même !
Minet

Écrit par : Walter Schlechten | 22/10/2010

on ne nie pas le travail exemplaire face à la lutte contre les dealers, les cambriolages, infractions, etc....malgré un matracage médiatique, le comportement anti flic fait par une partie de la population, ... Et que la réorganisation s'opère, on se dit que cette mauvaise publicité n'est pas la bienvenue. Améliorer les conditions de travail mais aussi les infrastructures et aussi la législation sont des pierres importance pour une réforme générale, passe par reprendre le chemin de la table des négociations.

Écrit par : Suissitude | 22/10/2010

Sacré Djinius, prenez donc des cours d'ortographe avant d'écrire vos absurdités sur des blogs d'adultes responsables.

Écrit par : cramia | 22/10/2010

@Minet
Ce Djinius est un élu ???????? Alors pourquoi n'a-t-il pas le courage de s'exprimer sous son vrai nom ? Parce qu'il fait chier tous les genevois les derniers vendredis du mois sur sa bécane ?

Écrit par : antivélo | 22/10/2010

Je ne sais pas si Djinius est un élu, je me pose la question. Par contre, s'il a moins de 35 ans il devrait passer les examens d'entrée à la police genevoise, avec un tel niveau il a toute ses chances d'être sélectionné depuis deux ans .. mais ça c'est un autre sujet, qui devrait bientôt nourrir quelques feuilles de choux, voire la Revue 2011 !

Écrit par : Minet | 22/10/2010

Ce sont les policiers eux-mêmes, qui ont certainement suffisamment de préoccupations liées à leur activité professionnelle ou à la crainte de leur avenir socioprofessionnel, qui doivent, en plus se charger des problèmes que tu dénonces Minet.

A ce stade de ma réflexion, je distingue deux choses :

Premièrement, comme je l’avais déjà dit précédemment, il faudrait, peut-être, envisager à professionnaliser le syndicat des policiers, en y mettant à l’œuvre des juristes et des avocats. Certes cela aura un cout financier, mais peut-être que les membres seront disposés à le supporter.

Les échecs successifs et lourds de conséquences de l’UPCP, devraient à eux seuls vous conduire à la prise de conscience, pas évidente, de votre incompétence dans un certain nombre de domaine. Montrer l’autre du doigt, l’accuser, lui faire tous les procès d’intention du monde et menacer de faire des actions, tout le monde semble en avoir ras le bol, les policiers eux-mêmes, les politiciens et même une bonne frange de la population. Alors remise en question ou on continue à dire que c’est toujours l’autre le connard (quand bien même il pourrait l’être…) ?

Deuxièmement et pour rester dans le thème de l’incompétence, je trouve que l’absence systématique de prise de position forte et concrète de l’Etat-major, est également un point à ne pas laisser de côté. J’émets l’hypothèse que lorsque l’on a un salaire proche de l’indécence, pour n’avoir fait, au cours de toute sa vie, que quelques petits mois de formation dans une école de police il ya bien des années, cela doit inciter à ne pas trop aller chercher le conflit. D’autant plus que le peu de compétences requises pour accéder à ces postes, favorisent le foisonnement des candidats, qui pourraient bien vite remplacer celui qui aurait la mauvaise idée de faire des vagues.

- Nous sombrons mon Amiral !
- Et bien faites jouer l’orchestre…

Avoir le menton bien haut, le ton fort et l’allure altière lorsque l’on est surélevé par le "podium 522", et que l’on regarde tout son personnel de haut, c’est peut-être ni plus ni moins, pour certains, le seul moment de leur vie où ils peuvent oublier leur couardise quotidienne et se convaincre de leur stature.

S’il y a des chefs, convaincus de leurs compétents, aptes à argumenter, prêts à affronter un débat de haut niveau, et bien ne serait-ce pas à ces gens-là de faire office d’interface entre leur personnel et le pouvoir politique ? Mais peut-être bien que les gens que je viens de décrire n'existent pas...

Pour terminer, lorsque certains me demandent pourquoi je n’écris plus, c’est parce que je n’y crois plus… C’est parce que la seule solution que je considère comme valable pour réformer la police genevoise, c’est de tout mettre à terre et de tout reprendre à zéro…

Wax911

Écrit par : Wax911 | 23/10/2010

@Wax911: il me semblait que vous aviez la foi jusqu'ici. La Cheffe du DSPE a d'énormes opportunités concernant son personnel. Le chef PJ est parti en avril 2010. Son remplaçant est parti durant l'été 2010. Tout est donc entre ses mains pour avoir des cadres compétents à la tête de la PJ. Le chef EM, qui a repris ad interim la PJ fait montre de compétence. Pourquoi veut-il quitter son poste de chef EM aux côtés de Mme Bonfanti pour se présenter comme futur chef PJ ? Le chef de la Police adjoint partira en retraite dans les deux prochaines années. Encore une opportunité pour placer quelqu'un de compétent, s'il ne faisait pas l'affaire. Je partage entièrement votre avis sur le rôle à jouer de la direction de la police dans la gestion des problèmes de son personnel.

@Minet: je me pose la question, de l'extérieur certes, s'il vaut la peine de batailler pour une dictée. Faut-il vraiment savoir, par coeur, écrire correctement "thuya" et "rhododendron" ? Est-ce que l'ordonnancement des idées par écrit ne vaut pas mieux, surtout dans un système où l'on demande de "rapporter" des faits ? Et puis, finalement, c'est le caractère qui importe à mon avis au niveau du recrutement, bien plus que les compétences. L'école est là pour augmenter le capital de connaissances (même l'orthographe) et l'uniformisation des niveaux. Si quelqu'un est vraiment nul en orthographe en entrant à l'école, même tout à fait intéressant à avoir au sein du corps pour d'autres talents, il faudrait avoir le courage de l'accepter et de lui donner des objectifs serrés à atteindre s'il veut rester. En lui donnant les moyens.

Enfin, pour ces affiches et flyers du MCG, il faut constater qu'il s'agit a priori bien d'outrages à un état étranger, la Libye, en la personne de son chef d'Etat. Même si de forts soupçons persistent qu'il a pris en otage deux ressortissants suisses pour faire pression sur les autorités helvétiques, avant condamnation, toute personne est présumée innocente. En l'occurrence, il est en plus sous immunité et ne sera, durant son mandat (ce qui équivaut à "de son vivant"), jamais condamné. Donc, sans condamnation, pas de criminel. Et le faire figurer sur une affiche portant sur l'expulsion des criminels étrangers est mal à propos, mais aussi une atteinte à l'honneur au sens du code pénal. Même si cela fait enrager, c'est ainsi. Si une chose vous déplaît, changez-le, acceptez-le ou quittez-le ! En l'occurrence, les accords internationaux sur les immunités des chefs d'état ne pouvant être changés, c'est soit on apprend à vivre avec, soit on quitte la Suisse et son état de droit démocratique !

ABE

Écrit par : altavilla | 24/10/2010

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