25/10/2010

Pierre Weiss exige le retour des syndicats de police à la table des négociations, sous risque de ... Maladresse, pression politique, chantage ou acte sournois d'un représentant de la commission des finances ?

En ma qualité de lecteur et d'habitant de ce canton, où je vis, je travaille et j'y vote, je souhaite réagir à l'Invité de la TDG de samedi dernier :

Pierre Weiss, député et membre de la commission des finances du Grand Conseil, titre :

"Police : à rupture, rupture et demie !"

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On peut notamment y lire que les policiers viennent de claquer la porte des discussions avec l'Etat sur les aménagements mineurs encore à trouver leur nouveau système de rémunération.

- Monsieur le député, il faudrait se demander pour quelles raisons les syndicats se sont retrouvés dans l'obligation de claquer la porte, car si pour vous des "aménagements mineurs" sont insignifiants, ils représentent pour les policiers une énorme perte du pouvoir d'achat, surtout lorsque l'on sait que ces "aménagements" sur le nouveau système de rémunération ne sont pas respectés à l'issu des négociations validées par le Conseil d'Etat, ni même entrés en vigueur alors que tout devait être réglé, je vous le rappelle, en mars et juin 2010, dixit la Présidente du département (merci Léman Bleu et ses retransmissions en directes).

On peut notamment y lire aussi que ces syndicalistes tirent à vue sur la conseillère d'Etat Isabel Rochat en menaçant de "débrayages ou d'actions ponctuelles", sans se rendre compte des conséquences de ces positions sur un plan autrement plus important, leur pont-retraite en discussion au Parlement.

- Monsieur le député, il faudrait se demander quel est le bilan de la conseillère d'Etat chargée de ce département depuis un an, et de son prédécesseur, pour que les choses en arrivent là, et surtout ne pas oublier qu'il a toujours été dit par le Conseil d'Etat que la réorganisation de la police comportait deux thèmes bien distincts, à savoir un nouveau système de rémunération (salaires - débours - heures supplémentaires - piquets - etc) et un pont-retraite devant permettre de s'adapter à la modification du droit fédéral, notamment pour les personnels particulièrement touchés par ce changement. Au passage, je vous rappelle Monsieur le député que l'Etat a continué jusqu'en 2009 à engager des aspirants de police sous le régime des 52 ans, faisant ainsi de ces jeunes collaborateurs des gens également particulièrement touchés par cette modification dont l'ordonnance date d'octobre 2005, ce que vous ne sauriez ignorer.

On peut aussi y lire que les policiers contestent l'imposition de l'indemnité pour risque inhérent à la fonction, une indemnité qui couvre entre autre le coût de nettoyage des habits de service.

- Monsieur le député, sachant que selon mes amis policiers le risque inhérent à la fonction est aussi un tort moral, et que le nettoyage des tenues est à la charge de l'Etat selon la loi, ceci représente une avance de frais tel un débours, il devient logique que cette indemnité ne soit pas fiscalisée, ou tout le moins soit déductible lors de la déclaration d'impôts. La revendication des policiers est donc légitime au regard de ces éléments.

On peut aussi y lire que qu'on comprend aussi mieux l'opposition corporatiste au relèvement de l'âge limite à 35 ans pour devenir policier. La fin de la pénurie, c'est aussi la fin d'heures supplémentaires rémunérées à 65 francs.

- Monsieur le député, en ma qualité de lecteur je pense qu'il n'y a que quelques élus pour croire que même avec un effectif légal atteint il n'y aura plus d'heures supplémentaires à Genève. Pour l'instant, nos policiers vaquent au plus urgent et aux priorités données par la hiérarchie, voire parfois l'Etat employeur, mais ils ne peuvent pas assurer toutes les prestations attendues et ceci au détriment de la population et surtout de la sécurité, et ce n'est l'effectif légal qui permettra de réaliser cette utopie car il faudrait 1200 gendarmes à Genève pour enfin espérer l'envisager. De plus, le véritable problème est de savoir si des aspirants de 34 ans supporteront le travail de nuit, les contraintes métier, le système hiérarchique imposé et surtout de se retrouver confrontés à une violence qu'ils ne côtoyaient probablement pas avant. S'il est difficile d'entrer dans cette profession à 23 ans, il est probablement encore plus dur d'y mettre les pieds à 35 ans, sauf si la personne provient d'un autre coprs de police ou d'une formation jugée similaire.

On peut aussi y lire qu'à ce stade on peut imaginer que les discussions au Parlement sur le pont-retraite pour les policiers, dorénavant obligés de se soumettre au droit fédéral, puisse départir de leur esprit de conciliation. Ou en tout cas traîner en longueur. A moins que les syndicats de policiers n'annoncent un retour à la table des négociations. Sinon on voit mal le Parlement accepter sans broncher un régime de transition particulièrement généreux : 10 millions par an pendant seize ans à la charge du seul Etat, c'est à dire des contribuables.

- Monsieur le député, en ma qualité d'observateur, je crois deviner soit une maladresse, une pression politique, un chantage ou tout le moins des propos sournois ? Car pour vous c'est soit ou soit alors que bizarrement le projet de pont-retraite a été validé par le Conseil d'Etat, sans oublier de dire que les syndicats ont rendu à l'Etat le versement annuel de la cotisation spéciale versée à la CP et qui s'élevait chaque années à 8 millions. Dans une balance, il faut y mettre tous les arguments sinon l'on s'éloigne vite des réalités des chiffres.

On peut enfin y lire que la sécurité se classe dans le peloton de tête des préoccupations de la population, mais pas au mépris d'une saine gestion des deniers de l'Etat, ni de l'Etat lui-même.

- Les policiers ne méprisent pas l'Etat, car la plupart des policiers ont encore des valeurs que notre société a laissé quitter nos bancs d'écoles, nos agents ne demandent que le respect promis à travers de trop nombreuses promesses qui sont rarement pleinement tenues par un employeur qui visiblement cherche encore à faire quelques économies. Mais il est vrai, c'est pour une saine gestion des deniers de l'Etat, j'oubliais, comme pour la BCG, le stade de la Praille, l'Euro08 et son ballon, la Constituante, la diminution des prestations chômage, le CEVA, le PAV, les chantiers du tram et l'augmentation des tarifs ou encore les salaires des gestionnaires d'établissements subventionnés ainsi que de leur conseil d'administration, mais on ne parle là que de "quelques centaines de millions".

Genève, un monde en soie.  

Une saine gestion des deniers de l'Etat : à saine gestion, gestion saine de l'Etat !

Walter Schlechten, habitant de la Croix-de-Rozon.

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21/10/2010

Réorganisation de la police, plus d'un an déjà et pourtant le respect attendu par les policiers ne vient pas, ne vient plus !

En relisant des coupures de journaux, je constate que c'est le 3 novembre 2009 que la première pierre de Curabilis avait été posée, bientôt un an, tout comme il y a aussi presque un an les élections du Conseil d'Etat avaient enflammé les débats sur la sécurité, jusqu'au soir du 15 novembre. S'en était suivi les résultats que l'on sait, avec un changement de majorité, et depuis ?

Il aura fallu des émeutes, un gardien grièvement blessé, une révolte de plus et la menace syndicale pour que le 18 octobre dernier le Conseil d'Etat dépose un nouveau communiqué de presse ; promesse ou réalité objective ?

http://www.ge.ch/dcti/presse/2010-10-18_com2.pdf

En ce qui concerne la Police, la signature d'un protocole d'accord en décembre 2009 devait mettre fin à plusieurs mois d'incertitude, avec un échéancier et des objectifs très clairs pour toutes les parties en cause. En mars et en juin 2010 tout devait être réglé, dixit la Présidente du département sur Léman Bleu. Malheureusement, alors que les travaux de fond avaient été effectués, que la problématique des heures supplémentaires, des débours, des piquets avait trouvé une solution validée par le Conseil d'Etat et les syndicats, la mise en application de ces éléments, ne présentant plus aucune opacité selon les voeux de la Cour des comptes, n'est pas effective à ce jour.

Pire, aucune explication, aucun argument, aucune justification ne sont venus donner du crédit au comportement incompréhensible de cet employeur qui se mure actuellement dans un silence qui ressemble à un aveu de culpabilité, voire d'échec. Manque de courage ou manque de franchise envers le pouvoir exécutif ?

Manque de courage probablement car il s'est avéré que la réorganisation de la police a un prix, a un coût, car les plus-values espérées par certains ne sont pas au rendez-vous des bilans établis. Tout n'était pas que mensonges ou opacité, tout n'était pas qu'avantages indus ou illégitimes, des inégalités de traitement sont même apparues lors des débats, débouchant ainsi sur une redistribution de la donne, avec des justifications reconnues et validées par le Conseil d'Etat. Les syndicats de police n'avaient pas reconnu la validité de l'ensemble du rapport de la cour des comptes, ils avaient raison. Mais voilà, maintenant il faut aller devant le Parlement, et une partie de ces élus du pouvoir législatif, qui sont aujourd'hui de la même majorité que le pouvoir exécutif, ne sont visiblement pas prêts à entendre ces réalités établies.

C'est pourtant ces mêmes députés qui avaient crié au loup, au scandale, dénonçant l'opacité et l'inégalité de traitement envers les autres fonctionnaires, une certaine droite qui ne recherche que quelque économies dans le budget de fonctionnement de l'Etat, sur le dos des employés. Mais voilà, il s'est avéré en fin de compte que le système de compensation des heures supplémentaires en temps de la police était moins favorable que celui établi par le MIOPE, il s'est avéré que 500 policiers de rue ne touchaient injustement pas de débours, il s'est avéré que le compte habillement correspond à un besoin matériel nécessaire, il s'est avéré que la mise de piquet était justifiée et avait simplement besoin d'une base légale avec une restitution idoine, il s'est avéré qu'une indemnité pour tord moral ne peut pas être fiscalisée. Au moment des comptes, et bien la balance penche, mais pas du côté attendu par les élus.

Manque de franchise, car il va falloir aller devant le parlement avec le résultat de cette réorganisation statutaire, mais visiblement les chiffres dérangent car ils ne sont pas ceux espérés, alors du coup on ne respecte pas les accords signés, on ne respecte plus l'employé ni ses représentants, on sabre à travers des règlements ou des fiches Miope, on tente de faire baisser les coûts, une fois encore, une fois de trop, le tout dans un climat de jalousie étatique envers des fonctionnaires d'autorité qui n'ont pas le même statut que tous les autres.

Alors que nos policiers s'engagent à fond dans la restructuration demandée en appliquant le "flex-tag", alors que nos policiers s'engagent à fond dans les services commandés tels le sommet de la francophonie, les événements sportifs à risque ou figaro, alors que nos policiers se nourrissent au quotidien du nouveau code de procédure pénal qui va profondément modifier leur travail, alors que nos policiers continuent à faire face à une certaine presse qui assassine les flics au premier fait divers, alors que nos policiers se rendent compte que la situation en rue ne s'améliore pas assez vite et que l'avenir n'appartient probablement pas aux nouvelles écoles de police sélectionnées sur des critères plus qu'aléatoires, Genève s'enfonce.

Moi qui vois tout cela comme simple citoyen, et qui lis aujourd'hui que ce même employeur préfère défendre les intérêts et l'image d'un certain Monsieur Kadhafi, je me dis que nos policiers sont bien peu de chose à ses yeux, et que ce dédain aura aussi un prix, celui de la démotivation profonde des forces de l'ordre, et une démocratie sans ordre, il me semble que l'on appelle ça l'anarchie, non ?

Visiblement nos policiers ne demandent que le respect que mérite leur engagement au service de l'Etat, de la collectivité, de la Genève internationale, de la population et des institutions, respect que ne semble plus en mesure de lui accorder son employeur !

Minet, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

 

06/10/2010

Police genevoise, enfin un premier grand débat public !

Depuis les élections du 15 novembre 2009, nous allons enfin avoir le premier grand débat public sur la police. Ce lundi 11 octobre, rdv 1900 à la Comédie, et ce n'est pas une plaisanterie !

http://www.comedie.ch/evenement/entretien-avec-frederic-m...

 

Yves Patrick Delachaux et Frédéric Maillard ouvrent les portes de ce théâtre et de la discussion, avec comme base leur dernier livre intitulé "Policier, gardien de la Paix ?"

 

Un recueil de nonante pages qui contient vingt-et-une questions, mais pas autant de réponses malheureusement.

 

Cet ouvrage a le mérite de provoquer la réflexion au sujet du fonctionnement de la "Grande Maison", de la doctrice de la police, du statut et du métier de policier, même si la thématique des droits humains est envahissante dans l'écriture.

 

A trop chercher les dysfonctionnements hiérarchiques ou humains, à trop noyer les responsabilités des décisions entre un fait issu de la doctrine de la police et un acte accompli par un policier, l'analyse se perd et passe à côté des véritables réponses, mettant ainsi trop souvent la place de l'humain policier de côté au profil d'une vision conceptuelle de la profession, oubliant aussi la nécessité d'un message politique clair.

 

Une vision différente de l'exercice de la police, voire du métier et du statut de policier à travers l'application conceptuelle des droits humains, un leitmotiv insuffisant pour reconstruire mais une base pour y réfléchir. Un vaste débat s'annonce, qui va agiter une profession pourtant reconnue pour la qualité de ses prestations mais dans le cadre d'une police déjà secouée par une réorganisation tumultueuse.

J'y serai, et vous ?

 

Minet.  

 

04/10/2010

Armes blanches, armes à feu : ne plus banaliser la violence des actes et se doter d'un arsenal législatif adéquat !

Un nouveau drame familial s'est produit ce jour à Genève selon une dernière dépêche de la TDG. Les corps sans vie d'un couple, une femme de 42 ans et son concubin de 52 ans, ont été découverts ce matin par leurs enfants à leur domicile, une arme à feu à leurs côtés.

Hier c'était un homme Suisse de 29 ans qui faisait feu sur un groupe de jeunes qui venaient de l'éconduire. Le bilan est lourd : un garçon blessé au visage et une jeune fille dans un état très grave.

Vendredi dernier c'était le jugement de la Cour d'assises de Genève qui tombait contre un Britannique de 58 ans qui avait abattu d'une balle dans la tête une jeune femme Sénégalaise de 34 ans, serveuse dans un bar des Pâquis. Huit ans de prison, peine suspendue au profit d'un traitement psychiatrique. 

Et demain ?

La Suisse, et Genève, doivent faire face à une montée des actes de violence depuis quatre ans. Pas une semaine dans notre canton, pour ne pas dire pas un jour, où nous ne vivons pas une agression avec violence, sachant que les chiffres au niveau Suisse ne sont pas plus rassurants.

Les armes, blanches ou à feu, sont devenues à travers leur usage banalisé un mode opératoire récurrent lors d'actes qui, dans un passé récent, n'auraient pas impliqué de tels objets dans le geste ultime.

Ces armes sèment la terreur et la mort, ces armes sont trop souvent entre les mains de personnes irresponsables et dans une société où la déresponsabilisation est devenue un alibi trop simple à alléguer une fois l'acte accompli, nous ne pouvons plus tolérer ce laxisme.

Je ne juge pas, mais je demande simplement à ce que le pouvoir législatif donne les moyens à notre société de se prémunir et de lutter contre cette violence brutale, trop simple, trop accessible car caricaturée à souhait à travers les jeux vidéos, et banalisés dans les médias et au cinéma.

Entre les libertés individuelles et une réglementation trop légère, il nous faut durcir les lois et nous doter d'un arsenal législatif suffisant pour contrôler la circulation et la détention des armes à feu, tout comme du plus vicieux des outils, l'arme blanche.

Et s'il n'est pas possible d'aller vers une législation plus dure en matière d'acquisition et de détention, il faut alors impérativement dissuader par la condamnation et revoir de code de procédure pénale et son catalogue de sanctions.

Minet.

 

 

03/10/2010

Les caravanes passent, les gens du voyage restent !

Il y a une semaine on signalait la présence de gens du voyage à Genève, de leurs caravanes et d'un campement pas forcément idoine. La sagesse des mots et la dissuasion ont été suffisantes pour qu'ils reprennent la route, vers d'autres champs.

En ce beau dimanche, je me suis rendu au bord du"lac de Genève", à Rolle, pour profiter du soleil radieux de ce mois d'octobre qui ressemble déjà à un été indien.

J'aime ce village de pêcheurs rupestre, il a gardé une âme, des murs et un bord du lac bien propre avec une ballade somptueuse. C'est lors de ce cheminement lacustre que je suis arrivé au camping de la commune, au lieu-dit Aux Vernes.

Quelques passionnés du caravaning s'afféraient encore pour plier et ranger leur emplacement, la fin de saison étant proche, le terrain se doit d'être dégagé. On nettoie, on plie, on range, et on déplace cette maison du bonheur sur un terrain privé ou un emplacement prévu pour un gardiennage d'hiver. On respecte ainsi les règles de la commune, du camping en société et du savoir vivre.

C'est sur le chemin du retour, en direction d'un monde en soi, que j'ai été surpris, enfin si peu, de constater que d'autres gens du voyage s'étaient installés à Nyon, dans un champ ou la musique tzigane ne devrait déranger personne.

Et pourtant, en me souvenant de ceux qui dans l'après-midi se conformaient aux règles, de ceux qui ne dérogent pas à la loi, de ceux qui paient un place pour un emplacement prévu à cet effet, de ceux qui laissent place nette en ayant trouvé un refuge pour passer l'hiver, je n'ai pu m'empêcher de douter.

Cette musique tzigane risque bien de déranger, ce campement pas forcément idoine d'apporter la méfiance et la crainte, et donc le rejet. Eux aussi devront alors plier, ranger, et déplacer leur logement fortuné ou de fortune pour reprendre la route, car ces gens du voyage n'ont pas prouvé qu'ils savaient eux aussi vivre en communauté avec des sédentaires qui pourtant n'ont rien contre les caravanes qui passent.

Minet.