10/01/2011

Elections : Souvenirs d'une provocation, petit bilan !

Vous souvenez-vous du candidat virtuel et du programme de Walter Schlechten ?

(texte du 7 octobre 2009, Blog Minet)

http://minet.blog.tdg.ch/archive/2009/10/07/candidat-virt...

A l'époque, sur le ton de la provocation, j'avais voulu à travers quelques lignes vous donner la possibilité de vous faire une idée sur les choix qui sont les miens en politique pour une « Genève autrement  ».


Sans revenir sur les détails, petite analyse à froid des solutions "préconisées" et de la situation actuelle :  

1 ) Le chômage :

 L'aide à la formation doit être poursuivie pour les personnes touchées par le chômage, elles doivent pouvoir bénéficier de cours, de stages, et surtout d'une orientation professionnelle adéquate. Le principe de la réinsertion professionnelle doit devenir une primauté afin d'éviter l'exclusion.

 Pour les jeunes, l'apprentissage doit redevenir une voie d'orientation professionnelle, mais pour cela il faut encourager les PME, en simplifiant les procédures d'engagement, trop lourdes administrativement.

 Enfin, afin d'éviter une croissance du chômage, les licenciements annoncés doivent subir un contrôle de l'Etat, qui ne doit pas se contenter d'être la roue de secours ou le mécène, mais  aussi le garde-fou de l'exclusion. 

Aujourd'hui : Genève, avec un de 6,3 % de chômeurs, reste l'un des mauvais élèves de la classe alors que notre canton a été moins durement touché par la crise que d'autres. Alors que certaines grandes sociétés s'installent encore sur le territoire et que les banques de la place sont enfin dans une synergie de relance économique et d'emploi, elles n'apportent pas les solutions attendues. Il faut dire que le fossé s'agrandi à Genève entre pauvres et riches, et c'est la classe moyenne qui en fait les frais. Il serait intéressant d'obtenir un descriptif du chômeur genevois, nous aurions quelques surprises.

Les pauvres restent pauvres et sans emplois, et bientôt sans logement, alors que les richesses croissent à nouveau. Chez les jeunes, l'échec scolaire demeure un frein, même pour un apprentissage. C'est donc la filière de fin d'étude qu'il faut revoir, pour permettre à ces jeunes gens d'entrer dans le monde du travail. A trop vouloir valoriser les études, Genève oublie une partie de sa population qui n'a pas la possibilité de suivre cette filière de plus en plus élitiste.

Si de grandes entreprises arrivent sur le marché, il n'en demeure pas moins que nos petites sociétés locales doivent licencient. En Suisse, le nombre de faillites a atteint un record en 2010 avec 11'974 cas, en hausse de 9,8% par rapport à 2009. Le chômage progresse donc, l'exclusion aussi.  

2 ) Les logement, la construction :

Il devient évident qu'1 % de la zone agricole doit être déclassé pour que la construction de logements puisse se mettre en route. Même la région Franco-Valdo-Genevoise est engorgée, il nous faut donc construire sur nos terres. Les bâtiments au label Minergie doivent être privilégiés dans les concours d'architectes, tout comme les logements sociaux et les coopératives qui restent insuffisants dans notre canton.

Avant de construire le projet Praille-Acacias-Vernets, une étude des besoins, en locaux administratifs, doit être réalisée. Genève dispose d'un parc immobilier important en locaux administratifs, son état des lieux doit être effectué pour déterminer les besoins, et lutter ainsi contre la spéculation tout en privilégiant le logement.

Aujourd'hui : Si les projets politiques demeurent virtuels économiquement, la volonté de Mark Muller est grande, mais je ne suis pas certain que les objectifs visés sont financièrement garantis. Certes il se retrouve confronté à la « recourite », mais à trop vouloir construire et rehausser en ville, on peut se demander si la solution du déclassement de terres agricoles ne reste pas la solution.

La construction de logement demeure la priorité sociale, garantir l'offre administrative aux entreprise une autre. Mais pour cette dernière, l'inventaire du parc immobilier existant serait judicieux afin d'éviter que la spéculation ne prenne le pouvoir.  

3 ) L'insécurité :

Dans un premier temps, il faut un message politique fort, pour une doctrine claire et ferme sur Genève, afin d'endiguer le flot croissant du tourisme criminel. Ensuite, il faut, avec tous les acteurs de la sécurité et de la prévention, déterminer le cahier des charges de chacun, leurs fonctions, leurs objectifs, afin d'éviter la dispersion des moyens et l'incohérence dans l'occupation du terrain.

Dans le cadre de Justice 2011, il nous faut profiter de cet énorme changement législatif pour restructurer les cahiers des charges des personnels administratifs de la police, libérant ainsi partiellement de cette mission les policiers. La police unique n'est pas une nécessité à Genève, nous pouvons très bien fonctionner comme Zürich, qui dispose de trois corps distincts mais complémentaires. Genève, avec ses gendarmes, ses inspecteurs, ses agent de la police internationale et les agents de polices municipales a tous les éléments en main pour reprendre possession du terrain, à travers la présence en rue, la dissuasion, la répression, l'îlotage, la sécurité publique.  

Le pouvoir judiciaire doit aussi obtenir les moyens utiles à son bon fonctionnement, pour Justice 2011 et pour qu'enfin les procédures soient traitée dans des délais adéquats. Les durées de détentions préventives seraient ainsi raccourcies et le « turnover des détenus » possible à Champ-Dollon et dans ses annexes prévues lors de cette législature.

Aujourd'hui : En ma qualité de citoyen, je n'ai pas entendu le message politique fort attendu. Figaro est passé par là, il ne restera pas ici. Et après ? Plainpalais serait devenu la nouvelle priorité. Ces derniers mois ce qui est devenu une évidence, comme l'avait si bien relevé la Direction de la Police, c'est que le tourisme criminel est facilité par la libre circulation des personnes et la situation géographique de Genève. La redistribution du cahier des charges et des missions est en route, un projet nommé Phénix selon le Conseil d'Etat, un nom malheureusement révélateur de la situation critique dans laquelle nous nous trouvons.

Visiblement, actuellement le travail administratif de nos policiers s'accroît, et rien ne change entrepris pour inverser ce mouvement contreproductif à la sécurité de nos citoyens. Remettre les agents en rue doit demeurer la priorité, la prévention, la répression et le message sécuritaire passent pas là.

Les premières pierres ont été posées pour soulagé Champ-Dollon, mais comme souvent à Genève, les travaux vont être longs, très longs.

4 ) Les transports : 

CEVA, tram, bus, vélo, moto ou voiture, avant de faire un choix écologique et économique, il faut effectuer une étude des besoins. Et là on se rend compte rapidement que l'on ne propose pas une solution aux usagers, mais des doublons illogiques.

Dans toutes les grandes villes, les réseaux sont simples à lire, logiques et surtout il n'y a pas de doublon sur le même tracé. Avec un tram ou un métro l'on arrive souvent en un point A, où depuis l'on peut emprunter des diagonales pour continuer sa route, soit en bus, soit en tram. Les distances entres les arrêts sont souvent plus grandes, sans pour autant porter atteinte aux usagers, avec un fléchage clair et des plans d'utilisateurs simple à lire. C'est donc la politique globale des transports qui est à revoir, tous les trams et les bus n'arrivent pas à la gare ou au centre-ville ailleurs. Une grande et une petite ceinture TPG seraient aussi souhaitables. 

Notre idée, ne plus faire traverser les ponts du Mont-Blanc, de l'Ile et de la Coulouvrenière par les Bus TPG. Le Tram fait le lien entre les rives droite et gauche, et les extérieurs. Les Bus eux, au moyen de lignes en V desservent la rive sur laquelle se trouve la ligne. Les deux ceintures précitées permettent, tout comme l'autoroute de contournement actuellement pour les automobilistes, d'éviter le centre-ville, en passant par le pont Butin pour la petite ceinture et l'autoroute de contournement pour la grande ceinture.

Au centre ville, place aux vélos et à la mobilité douce.

Aujourd'hui : Les grands travaux du tramway sont passés par là, et la cacophonie urbaine que nous connaissons aussi. Le ras-le-bol des genevois est grand et l'incompréhension des projets de mobilité omniprésente, tout comme les plans directeurs dans la gestion des travaux. Favoriser les transports publics est une chose, contraindre les citoyens à les utiliser en est une autre, surtout si l'offre ne correspond pas à la demande. Où sont les parkings P & R, voire les projets, attendus et nécessaires en région suburbaine ?

L'engorgement de nos ponts n'est que le signe précurseur d'un échec, car la mobilité douce passe aussi par l'accessibilité aux moyens proposés. La solution préconisée doit pour le moins être aussi intéressante que le transport individuel, sinon c'est l'échec assuré.

5 ) La Constituante :

Nous craignons que le travail de la Constituante n'aboutisse pas sur de grandes réformes, trop d'intérêts partisans y sont représentés. Pourtant, une vision politique nouvelle pour Genève est nécessaire. Ville-canton, un seul parlement doit y siéger et nos communes doivent être politiquement et sectoriellement réunies en cinq ou six diocèses.

Six diocèses avec six Maires - Un Parlement de 120 députés - Un Conseil d'Etat de 8 élus. La question d'un Gouverneur reste posée, mais la nécessité absolue n'est pas avérée.

Avec une simplification du fonctionnement de l'Etat, cantonal et communal, un gain de temps précieux serait effectué et les doublons évités. La représentativité populaire serait assurée au sein des diocèses, avec une répercussion immédiate sur le Parlement. C'est en passant par cette restructuration de l'Etat que nous pourrons sortir d'un système sclérosé ou le report des charges entre le canton et la ville, entre la ville et les communes, n'est qu'un serpent qui se mord la queux.

Aujourd'hui : La Constituante s'est noyée toute seule dans un verre d'eau qui était, c'est selon, à moitié vide ou à moitié plein. La révolution attendue pour une Genève autrement n'aura pas lieu. Trop d'intérêts économiques en jeu, trop de lobbys, trop de frigidité dans les idées où le développement durable n'est même plus un leitmotiv.

C'est l'image de Genève qui est en jeu, mais les rivalités politiques sont si pesantes sur les débats que le contenu demeure stérile.

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08:01 Publié dans Culture, Fiction, Genève, Humour, Politique, Région | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

Libre-pensée et auto-satisfaction font bon ménage !

Écrit par : Corto | 10/01/2011

Dans ce cas précis, oui cher Corto et quel plaisir de vous retrouvez bien plus modéré que vous ne l'étiez il y a quelques mois !

Écrit par : Minet | 10/01/2011

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