01/02/2011

Quand Rémy Pagani s'égare sur le thème de la sécurité à Radio Cité, la soupe tourne au vinaigre !

Ce matin, Rémy Pagani, membre du Conseil Administratif de la Ville de Genève, était l'invité phare sur Radio Cité. Questionné par Mlle Alexandra Cohen sur le thème de la sécurité, qui n'est pas du ressort de son dicastère, cet élu s'est exprimé en sa qualité de candidat qui birgue un second mandat comme Conseiller Administratif de la Ville de Genève.

Voulant nuire à l'UDC et critiquant les débats populistes, M. Pagani a fait valoir que la police était appliquée par des gens uniformés. Puis soudain, face au manque d'effectifs de la police cantonale, il s'est emporté, par méconnaissance ou par idéaux politiques d'un passé proche, affirmant que du temps qu'il était député au Parlement, où il avait siégé de longues heures pour voter une Lpol avec 1200 policiers, avant de préciser qu'à ce jour ils n'étaient que 800.

A ces mots mon sang de citoyen, qui s'était longuement penché sur ces débats, n'a fait qu'un tour. De mémoire, et même du temps reculé où M. Pagani siégeait, la Lpol prévoit un effectif maximum de 950 gendarmes et de 350 inspecteurs. Consultant les chiffres publiés par divers organismes, je constate de suite que l'affirmation de cet élu est fausse, voire hasardeuse.

La gendarmerie, si elle n'est effectivement pas au maximum des unités prévues par la loi, compte 854 membres, alors que la police judiciaire jongle avec les 300 policiers, en tenant compte des départs à la retraite d'une école à l'autre.

Nous arrivons donc à un total de 1154 policiers, ceci sans compter les 200 agents de la police de la sécurité internationale, soit un total final de 1354 policiers certifiés ou brevetés. Nous sommes là bien loin du chiffre aléatoire de M. Pagani. Mais ce dernier, ne voulant visiblement pas se contenter de cet effet d'annonce ridicule, a continué dans ses dérives politiciennes et électoralistes.

"Le corps de police se protège en refusant l'engagement de permis C, afin de cumuler des heures supplémentaires".

M. Pagani, à ce jour, aucune police de l'UE n'engage des étrangers dans son effectif. La close de la nationalité demeure encore une priorité, et ce n'est pas votre exemple d'un individu qui vit à Genève depuis 40 ans avec un permis C, et qui pourrait en faire un policier selon vous, qui viendra détruire cette nécessité étatique et sécuritaire dans des métiers aussi proches du secret et de l'Etat. Et en ce qui concerne les heures supplémentaires, il vient d'être démontrer qu'elles sont une obligation opérationnelle pour assurer le cahier des charges de la police.

Et comme cela ne suffisait pas, M. Pagani, en charge du département de la construction et de l'aménagement, je vous le rappelle, vient nous présenter ses trois mamelles de la sécurité ;

- La prévention, qui passe par la réintroduction de la close du besoin pour les établissements publics et autres débits de boissons, prenant exemple sur le cas des Pâquis, avec 750 bar-restaurant selon lui, précisant que ces bars représentent de l'insécurité.

- L'éducation, avec un discours social et des éducateurs de rue pour aiguiller des jeunes à la recherche d'un emploi ou d'une formation.

- La répression, mais qui se doit d'être nuancée, avec une police municipale de proximité et de l'îlotage.

Tout un programme. Cet élu, assistant social de formation, est à des kilomètres des réalités de notre ville, de notre canton, et moi en ma qualité de citoyen je pense que lorsqu'on ne connaît pas un sujet, pourtant aussi important que la sécurité de ses électeurs, et bien on se tait.

M. Pascal Décaillet a déposer plainte contre M. Hodgers Antonio pour des propos tenus et jugés diffamants, précisant que M. Décaillet avait "servi la soupe au régime tunisien ". Pour l'anecdote, c'est juste drôle, car si le grand Pascal a servi la soupe au régime tunisien, on se souvient tous que le petit Antonio avait lui servi un menu complet aux altermondialistes lors des émeutes du G8 en 2003, avec pour nos policiers la soupe à la grimace face aux décisions politiques imposées.  

En ce qui concerne l'émission de ce matin, je me demande si les syndicats de police ne devraient pas aussi déposer plainte contre M. Pagani suite aux propos tenus contre cette corporation.

Mais c'est juste, nos policiers ont une raison qui leur permet encore de garder la tête froide, eux !

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

21:39 Publié dans Culture, Genève, Médias, Politique, Région | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

Bon, il s'est peut-être gourré sur des chiffres, mais je ne vois pas pourquoi la police ne devrait pas engager d'étrangers comme l'exemple qu'il cite (depuis longtemps à Genève)? Dans un canton avec 40% de personnes d'origine étrangère, ne serait-ce pas logique? Une police qui n'est pas représentative de la société est-elle vraiment efficace?

Je ne vois pas pourquoi la police et les travailleurs sociaux ne devraient pas avoir le rôle dont il parle (prévention, accent sur l'intégration des jeunes à la dérive, police de proximité, etc.)?

Après tout, voilà des années et des années que la droite du canton est aux affaires et quel est le bilan du tout-répressif? Il est tout simplement nul! C'est bien un constat d'échec de votre vision politique qu'il faut tirer.

En ce sens, à mon avis, Pagani a tout à fait raison.

Écrit par : Sandro Minimo | 02/02/2011

M. Minimo,

Un Conseiller Administratif ne se goure pas, il sait ou il ne sait pas .. sinon il ne fait pas de la politique, mais du journalisme à sensation.

Sinon, vous ne semblez pas connaître beaucoup de policiers, car sinon vous sauriez que la population genevoise est très bien représentée dans la police genevoise, par des enfants de la deuxième, troisième et même quatrième génération d'immigrés, qui sont pourtant suisses. Ils disposent de nos valeurs et apportent l'éclairage de leurs origines.

Mais encore, presque aucun risque de fuite, car l'accessibilité à des données confidentielles, personnelles voire étatiques ne souffre d'aucun laxisme sur le risque, Wikileaks en est un bon exemple, une fuite en avant.

Donner accès à ces informations, c'est offrir une ouverture géante aux divers services de renseignements étrangers. Aucune police de l'UE n'engage des étrangers, ce n'est pas par nationalisme, mais bien pour des raisons de sécurité intérieure.

Enfin, vous me parlez d'une politique de droite du "tout répressif". Je ne vois pas de ce dont vous parlez, mes amis policiers attendent depuis longtemps une véritable doctrine politique sécuritaire, elle n'est jamais venue. Souvenez vous du G8 et des interventions de députés, et d'un Conseiller d'Etat, de gauche, qui ont annihilé toute intervention policière au profit d'altermondialistes et de casseurs. Le laxisme est bien plus important que vous ne semblez l'imaginer dans ce canton, car à la guerre des petits copains, des échanges de bons procédés, c'est la sécurité du peuple qui en paie le prix fort aujourd'hui, et sa police.

Pagani a raison dites vous, soit, alors je crois que la police genevoise est enterrée, une victoire politique mais au prix d'un sacrifice, celui d'une police cantonale qui était reconnue comme l'une des meilleures de Suisse.

Demain est un autre jour, mais demain les jours seront plus durs, c'est certain.

Walter SCHLECHTEN, habitant La Croix-de-Rozon.

Écrit par : Walter Schlechten | 02/02/2011

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