15/04/2011

Ville de Genève, les résultats nominatifs des candidats sont arrivés !

Nombres de sièges :                          5

Electeurs inscrits :                    119'145

Bulletins retrouvés :                   42'984

Bulletins blancs :                            208

Bulletins nuls :                               379

Bulletins sans nom de liste :          4'724

 

Suffrages nominatifs des candidats

* Suffrages obtenus

 

SALERNO Sandrine                                  *********************************  23366

Elue

MAUDET Pierre                                        ******************************* 22857

Elu

PAGANI Rémy                                         ***************************** 20058

Elu

ALDER Esther                                          ************************** 17489

Elue

CHEVROLET Michel                                   ************************ 16931

Elu

 

Qui vivra verra !

 

13:26 Publié dans Culture, Genève, Histoire, Humour, Images, Médias, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

11/04/2011

"Le Vieux est mort ce matin"

« C'est en passant ce matin devant le 12 rue des Falaises que je me suis rendu compte que l'on procédait à la levée de son corps. Pas de pompes funèbres visibles sur place, juste un long véhicule pour le transport, comme si son emballage boisé lui était suffisant pour ce dernier voyage.

 

C'était un vieux du quartier, il n'en restait que quelques uns comme lui au cœur de la Jonction, mais il aura été le dernier de sa génération. Il avait pourtant bien survécu à la spéculation immobilière des années quatre-vingt, n'étant pas délogé comme un nuisible. Sa présence était forte, il dominait bien des discussions de trottoir et aimait traîner son ombre, aussi lente que son souffle, sur les terrasses voisines.

 

Beaucoup sont passés devant sans le voir, ont grandi à ses côtés sans le regarder, sa présence quotidienne étant devenue naturelle. Par son isolement il ne choquait plus, on espérait même qu'il serait alors rejoint une jour par d'autres, en vain, il est resté seul mais digne.

 

Certes, il était malade et un diagnostic inévitable était tombé, incurable, le cancer des temps modernes l'avait gagné, rongé qu'il était par la pollution et les gaz d'échappement. On a beau avoir vécu longtemps et traversé bien des étapes du siècle passé, il y a des circonstances contre lesquelles il n'est plus possible de lutter.

 

La pollution en est une, la densification urbaine en est une autre. C'est probablement cette dernière qui l'a achevé. Il devait partir, lui qui ne pouvait plus se déplacer. Je me demande même si il a lutté, sachant qu'il avait vu s'éloigner nombre de ses proches bien avant lui et dans de pareilles circonstances. Il y a des quartiers à Genève où il ne fait pas bon d'être le dernier des anciens, le vieillard qui se courbe, l'ancêtre d'une image oubliée de carte postale et d'un passé perdu. Face à la jeunesse et la modernisation on ne laisse que peu de place à ces aînés là.

 

Ce matin tu es parti, digne, branche par branche, perdant alors de ta hauteur sous les coups de tronçonneuses, sans craquement, sans sève larmoyante, sans regret probablement. Tu n'avais plus ta place ici, probablement, mais moi j'ai remarqué de suite qu'il allait me manquer une ombre à chacun de mes passages sur ce carrefour, la tienne mon ami le conifère qui a été abattu à l'aube, face au 12 de la rue des Falaises, à la Jonction de nos vies, à la croisée de nos chemins, au virage de la modernisation et de la densification. »

 

Adieu vieille branche !

Minet.

21:25 Publié dans Culture, Développement durable, Genève, Nature, Région | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

"Le Sourire"

« Depuis des mois je vais lui rendre visite avec ma douce, le dimanche en général. Je l'appelle Madame, elle me dit vous. C'est la maman de cœur de ma compagne, elle fut sa nounou mais aussi sa lumière. Ensemble, on partage toujours un repas dans un restaurant chaleureux.

 

J'observe alors ces deux femmes si proches et je devine que l'une a éclairé le chemin de vie de l'autre, à travers une éducation d'une époque révolue, mais souvent regrettée. Il faut dire qu'une femme qui vous a élevé durant tant d'années ne s'oublie pas si facilement, et quelle femme.

 

Elle a 96 ans, bientôt 97, valaisanne de cœur et solide comme un rocher suspendu au dessus du temps qui passe. Certes elle vieilli, son visage est marqué et sa démarche fragile, mais ses rides sont de beauté et son pas d'une sagesse certaine. Elle trouve le temps long et estime qu'elle n'a plus grand-chose à faire sur cette terre. Elle attend irrémédiablement la fin, ce départ qui se fait attendre alors qu'elle est prête, résignée sûrement, lucide évidemment.

 

Elle qui a connu presque un siècle d'histoire, de travail, de voyages, de rencontres, de découvertes, de lectures, de guerres mais d'amour aussi. L'amour de tous ces enfants de grandes familles qui sont un peu les siens aujourd'hui. Elle ne revendique pas cette situation, mais ce sont ces mêmes garnements qui la lui accordent avec tout leur amour aujourd'hui.

 

Ma douce en est une parmi d'autres. Mais ce lien est fort, puissant, il se lit dans leurs yeux, il se voit dans leurs étreintes discrètes d'une main vers l'autre. Alors, par amour mais aussi pas don de soi, j'accompagne ces dames et je partage leurs échanges. Des souvenirs que je n'ai pas, des images que je ne connais pas, des instants partagés oubliés mais si vite remémorés que je devine. J'écoute, je découvre, j'admire.

 

Mes yeux aiment cette vieille dame, elle est un peu mes grand-mères disparues, de ces femmes que l'on écoute, car intelligentes et franches. La vie n'a pas toujours été simple pour elles, mais elles ne regrettent jamais rien, elles ont bien vécu comme elles aiment à l'affirmer.

 

Et moi, j'aime vivre ces moments partagés avec cette belle personne. Elle donne de l'amour et en reçoit de ma femme de cœur. Ce qui est certain, c'est que nous ont lui apporte un rayon de soleil qui illumine à chaque visite son visage et qui lui redonne, pour un instant, l'envie de vivre, d'avancer, juste pour le plaisir de nous revoir dans une semaine. Ce lien affectif semble bien fragile mais tellement infini qu'il en devient intemporel.  

 

C'est avec un visage radieux qu'elle nous quitte à la fin de nos visites, fatiguée aussi en retournant dans sa chambrette, avec tous ces « vieux » qui eux ont un peu perdu la tête. Et nous, c'est avec impatience que l'on souhaite revenir au plus vite pour la retrouver et continuer à parcourir, en sa compagnie, ce grand livre de la vie illuminé par ses sourires. »

06/04/2011

Ville de Genève, dix candidats pour cinq choix !

J'ai une chance énorme, celle de ne pas habiter Genève Ville. A Croix-de-Rozon, sur la commune de Bardonnex, nos élus en place vont être réélus sans aucun doute. Ils s'investissent pleinement, avec satisfaction et pour le bien de notre population.

 

Par contre, en Ville de Genève, vous vous retrouvez avec dix candidats pour cinq sièges. Qui choisir, pour quelles raisons, pour quel avenir ?

 

Petite analyse d'un suburbain :

 

Rémy Pagani, Ensemble à Gauche ;

 

N'a pas la prestance ni les compétences des idées, homme de gauche ne sait pas s'ouvrir aux choses nouvelles, est resté bloqué au vingtième siècle, sans vision d'avenir, ni pour la population genevoise, ni pour la gauche.

 

Sandrine Salerno, Parti Socialiste ;

 

Dit tout et son contraire dans la même année, issue de la gauche caviar n'arrive pas à revenir aux véritables valeurs du socialisme, oublie un peu d'être proche des gens, joue un peu trop sur la fibre féminine en politique.

 

Sami Kanaan, Parti Socialiste ;

 

Homme de gauche, fermé et utopique, mais fidèle à ses valeurs. Pourrait devenir l'étendard du parti socialiste genevois, mais n'a qu'un défaut, il est un homme. Il verra donc sa route barrée par la femme socialiste, et par l'effet Fukushima qui pourrait propulser une élue verte en politique.

 

Esther Alder, Les Verts ;

 

Inconsistante, fragile mais sensible, l'écologie dans toute sa faiblesse, mais une image qui va parfaitement bien s'accoupler avec l'effet Fukushima. Sera probablement élue contre toute attente, mais au détriment de qui, là est la véritable question de son élection.

 

Michel Chevrolet, Parti Démocrate-chrétien ;

 

Souffre de son image d'homme public, souffre de son image tout court. Homme de cœur mais fin stratège, anime les véritables valeurs du PDC mais n'est pas entré en politique par la bonne porte. Pourrait créer la surprise dans un schéma trois de gauche deux de droite, qui sait, y a pas le feu au lac, et il a le temps pour lui car la politique n'est-elle pas tout sauf un long fleuve tranquille.

 

Pierre Maudet, Parti Libéral-Radical ;

 

Ne devrait pas souffrir de la fusion contre nature de son parti à Genève. Véritable homme de politique, arrive probablement à un stade important et devra revoir ses objectifs personnels et politiques dans 4 ans. Au bénéfice d'un bilan très positif, pourrait rebondir à la culture.

 

Florence Kraft-Babel, Parti Libéral-Radical ;

 

Sera victime du succès attendu de Pierre Maudet, des non résultats d'Isabel Rochat et de son manque de charisme. Hésitante tout en tenant un discours libéral très fermé, n'apporte pas l'image d'une ouverture d'esprit suffisante pour un exécutif, un peu à la méthode de Pierre Weiss qui s'enferme dans ses idées. Pourrait se trouver dans le wagon Mauder, mais ne sera jamais une locomotive.

 

Eric Bertinat, Union Démocratique du centre ;

 

Très froid et si peu inventif, n'a pas su convaincre comme député, n'a pas l'esprit de Genève qui souffle en lui, victime de la déroute d'une UDC genevoise sans image, sans valeur, sans résultat mais en pleine restructuration. Trop tôt pour l'UDC, trop tard pour Bertinat.

 

Soli Pardo, Mouvement Citoyens genevois ;

 

Homme intelligent mais englué dans les boues de l'UDC. N'est pas porteur d'une image positive, mais pourrait devenir un lion dans la contestation genevoise. Un vote contestataire pourrait lui être favorable, sauf que les électeurs sont comme certains élus, de véritables girouettes.

 

Carlos Medeiros, Mouvement Citoyens genevois ;

 

Le Velasco du MCG, pourrait bien bénéficier de l'effet 3èmegénération en Ville de Genève en prenant des voix à la gauche. Image sympathique mais insuffisante pour l'exécutif, sauf que Pagani avait la même et il a été élu il y a quatre ans. La surprise pourrait venir de lui, enfin, de son élection.

 http://static.tdg.ch/Evenement-001.pdf

Faites vos jeux, rien ne va plus, à Genève la roulette tourne déjà !

 

Minet.

04/04/2011

"Ce matin je vais crever, seul au monde"

«Ce qui devait arriver arriva, je viens de chuter. Me voilà dans une position bien inconfortable, seul au milieu de cette grande pente, blanche et lisse mais brillante et glissante comme de la glace. En contrebas je devine ce gouffre que j'avais repéré, et que nous cherchons tous à éviter. Si je continue ma descente incontrôlée c'est bien là que je risque de terminer, et en ce lieu c'est certain, jamais l'on ne me retrouvera, perdu pour toujours dans ces abîmes.

 

C'est terrible cette grande sensation de solitude qui nous gagne très vite, loin de nos semblables ont est plus le même. On réfléchi vite, mais comme il y a si peu de solutions, on se résigne, on compte alors sur les autres, mais sur qui. Le service sanitaire et de secours n'intervient que sur appel, mais pour ça il faut qu'un autre usager ou un proche l'avise. Dans l'attente, on reste recroquevillé sur soi-même, comme déraciné et pour se protéger de cette humidité glacée des lieux. On garde les yeux rivés sur ce gouffre tout en priant qu'un autre écoulement ne vienne nous précipiter vers le bas.

 

Personne ne sait que je suis là, ma présence n'était pas préméditée, simplement la résultante d'un besoin urgent de sensations. C'est comme une drogue, on ne peut pas se retenir. Il y a bien quelques passages sur les hauteurs, mais souvent ils restent au dessus, me surclassent sans me voir, sans remarquer ma présence. On pourrait même croire qu'ils m'évitent.

 

Tout au sommet je devine bien l'enseigne principale sur le toit de cette station, Gerberit. Elle résonne comme une évidence, moi un habitué des lieux, été comme hiver, sauf que l'accident d'aujourd'hui n'était pas prévu. J'étais pourtant bien préparé pour l'ouverture, mais je me suis désolidarisé de mon attache, je suis hors piste et là en grand danger. Il n'y a que mon ami Bulbe qui doit se rendre compte de ma disparition soudaine, et encore.

 

Je me résigne, je me raidi, je sais que je vais finir ici, dans cette cuvette, sur ce sol d'un blanc porcelaine, seul au monde. Pas grave, j'ai bien vécu, avec tous mes potes on en a vu de choses, et on a bien voyagé aussi. Faut pas se plaindre, la souffrance n'est rien face à la mort certaine qui m'attend, face au danger qui vient des hauteurs qui me surplombent. C'est un peu comme une course extrême, mais Red Bull ne sera probablement de la partie cette fois, car ce n'est qu'une question de minutes, de secondes, la chasse sera tirée et moi, pauvre poil pubien, perdu dans ces chiottes publiques de Plainpalais, ce matin je vais crever. »