04/05/2011

"Le Mensonge" (3)

«Ce n'est pas d'avoir lésé mes clients, ni d'avoir usé de différentes identités, ni d'avoir construit un château de carte avec l'argent des autres, ni d'avoir fuit et échappé à la justice aussi longtemps, ni de signer des faux, ni de tricher, de voler ou de nuire qui me coûtaient, mais c'est bien la honte d'avoir trahi ma propre famille qui me rongeait.

 

Une femme adorable, qui à 48 ans écoutait encore en riant mes histoires d'agent secret. Deux fils, 19 et 22 ans, à l'image de leur père, grands, sportifs dans l'âme, vifs d'esprit, cultivés et ayant encore soif d'apprendre, voire d'imaginer, d'inventer, un peu rêveurs comme leurs deux sœurs de 13 et 16 ans, belles et innocentes car amoureuses de ce père pourtant si souvent absent.

 

Ce qui est surprenant, c'est que je n'ai eu aucun mal à leur enlever la vie, avec violence mais par amour, ce qu'aucun Procureur de la République ne croira jamais. Evidemment, j'ai tout fait pour qu'ils ne souffrent pas, qu'ils ne traversent pas cette même souffrance que je dissimulais pour ne pas la partager.

 

Les somnifères dissous dans la carafe de sirop du soir, partagée lors du dernier repas, ont été efficaces. C'est en effet dans un sommeil profond et éternel que je les ai retrouvés dans leurs chambres respectives.

 

Il m'aura fallu attendre trois heures du matin pour pénétrer dans la première pièce,  celle de Julie. Il n'y a pas de logique dans les actes violents, mais je voulais commencer par la cadette de mes filles. Il n'y a que pour elle où j'ai placé un cousin sur son visage, elle l'ange de la maison.

 

La froideur du métal de mon 22 long rifle est venue glacer ma main qui tenait cette arme, mais comme mon geste se devait d'être froid et franc, j'y ai vu comme une aide pour passer à l'acte. La première détonation a été surprenante, sourde mais sec, tel un claquement de cuir, un coup asséné en pleine tempe. Cette première détonation me fit sursauter sans pourtant éveiller la maison. Le deuxième coup, au centre du crâne et à travers ce cousin maculé de sang.

 

Les quelques leçons de tir prises deux semaines avant m'ont largement été suffisantes pour accomplir mon acte décisif. Ce même rituel que j'ai répété tour à tour sur Martine, Paul et Charles. Lui qui devait se marier dans un an, il ne connaîtra ainsi jamais la honte du déshonneur.

 

Puis vint le tour de mon épouse, la seule à qui j'ai adressé un dernier mot, un seul ; « Pardon ». Pas une larme et aucun regret, juste du sang sur les mains et cinq assassinats sur la conscience, cette même conscience qui venait d'être libérée d'un fardeau, celui du mensonge. »

 

(A suivre)

 

Minet.

21:02 Publié dans Fiction | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Facebook

Commentaires

C?est bien écrit, Minet. Mais diantre, que c'est triste !

Écrit par : C. Bertrand | 04/05/2011

Très beau texte qui me rappelle ce film bouleversant de Nicole Garcia : l'adversaire avec Daniel Auteuil.

Écrit par : Sega | 04/05/2011

Vous êtes policier si mes souvenirs sont bons. A vous lire, je vous conseil vivement de consulter un psy ou une personne chargée d'évaluer l'état mental des policiers au courant de leur carrière. Vous êtes de toute évidence bien atteint dans votre santé mentale et je souhaite de tout coeur que vous n'arriviez pas à l'extrême, c'est-à-dire vous identifier complètement à ce père que toute la France recherche après qu'il ait tué toute sa famille. Votre sensibilité sur des sujets réels vous perturbe ok, c'est normal. Mais de grâce consultez vite un médecin et ne pensez pas une seconde que vous avez du talent en écriture. Sur ce point rien n'est bon !

Écrit par : soleil | 05/05/2011

Soleil,

c'est votre droit de ne pas apprécier mes écrits de moindre qualité, et rien ne vous oblige à lire mon blog, car ce n'est qu'un blog je vous le rappelle, par contre je vous invite à garder vos appréciations médicales sur ma petite personne dans vos notes personnelles, sachant que nous parlons là d'écriture, de nouvelle, de roman, exercice où l'imagination et le choix des mots demeurent une véritable liberté, liberté que vous ne semblez pas vouloir accorder à tous malheureusement.

Minet.

Écrit par : Minet | 05/05/2011

Liberté oui, mais torchon inutile, non... la presse nous abreuse déjà assez d'informations inutiles....

Écrit par : davide | 05/05/2011

Mon dieux, heureusement que le ridicule ne tue pas j'en connais un qui serait déjà mort depuis longtemps...

Le pire c'est qu'il insiste et qu'il va nous publier ses mémoires en 40 exemplaires avec toujours les mêmes phrases à ralonge, infectées d'adjectifs qu'il me volontairement à la suite, le tout soupoudré d'une prose à vous faire dormir.

Vivement que ça s'arrête...

Écrit par : jonh | 05/05/2011

je ne partage pas tous les points de vue de Minet et je crois qu'il l'accepte et qu'on peut le lui dire.
Mai si il a envie d'écrire des nouvelles voire même un roman de grace laissez lui cette liberté.
Si vous n'avez pas envie de le lire n'ouvrez pas son blog et continuez de lire la publicité dans votre boite aux lettres et si demain il est publié n'achetez pas son roman et continuez d'acheter votre lecture préférée "PIF magasine
comme disait Audiard : quand les cons seront en orbite t'as pas fini de tourner n'est-ce pas soleil

Écrit par : pralong | 05/05/2011

Quand Pralong cite comme cela Audiard, je me dis qu'il doit s'agir de la gonzesse du grand romancier Minet. Vous n'avez donc aucune personalité propre dans votre entourage de nazes les minets de cabane ? (c'est aussi d'Audiard, mais il n'y pas de quoi jouer les intellos pour autant)

Écrit par : soleil | 05/05/2011

Mauvaise pioche Soleil, mais la vulguarité habille si bien vos propos qu'elle en vient à éteindre vos rayons d'écriture !
Bonne soirée sachant que la lune pointe ses premiers reflets.
Minet

Écrit par : Minet | 05/05/2011

Rien de nouveau. C'est mal écrit et l'intéressé n'est pas ouvert à la critique. Un blog à ne plus consulter.

Écrit par : carlos | 06/05/2011

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