24/06/2011

Les questions sans réponse !

En ma qualité de citoyen informé par les simples médias, j'ai remarqué que depuis plusieurs mois, voire bientôt deux ans, plus aucun journaliste ne pose de questions qui dérangent sur la thématique de la sécurité à Genève, ni sur la police genevoise. C'est un peu comme pour le chômage, il y a une gestion différente dont plus personne ne veut parler ouvertement, comme si elle était dissimulée derrière une opacité étatique, et l'hospice général, qui le rendrait depuis sous-jacent.

 

Si Laurent M. Moutinot était visiblement devenu la tête de Turc de certains députés du Parlement et de bien des scribouillards, il semblerait que Mme Rochat soit au bénéfice d'une longue trêve.

 

Ce n'est pas que, en ma qualité d'électeur, je ne lui accorde pas le temps de ses réorganisations, mais je reste en attente de réponses à des questions d'actualité qui ne sont malheureusement jamais posées.

 

Comme citoyen j'ai entendu parler de Phenix, une réorganisation de la réorganisation de la police, dont des éléments devraient être présentés aux députés, à la presse et au peuple à la fin de ce mois. Ces travaux vont-ils aider à faire baisser la criminalité, à réinstaurer en rue un climat de confiance, à faire baisser les cambriolages, les vols à la tire et autres délits qui pourrissent la vie des citoyens, ou ne seront-ils qu'une réorganisation étatique, fonctionnelle, administrative, hiérarchique, financière et politique ?

 

Il y a aussi le projet Score, un nouveau système d'évaluation des fonctions à l'Etat, à travers une redéfinition des métiers. Là aussi, je reste curieux de savoir où passent mes impôts et comment seront payés les fonctionnaires de demain ?

 

Mais si ces deux thèmes demeurent de grands projets auxquels il faut accorder du temps au temps, sachant que les syndicats de la fonction publique perdront probablement patience avant le peuple, reste que de nombreuses questions planent sur les problèmes relevés par l'actualité, notamment sur l'insécurité et la criminalité, sujets qui étaient pourtant la thématique principale lors des denrières élections cantonales.

 

Florilèges de questions citoyennes, issues de mes lectures dans les médias, qui pourraient être déposées auprès de Mme Rochat Isabel, Présidente du DSPE :

 

Q : La criminalité de rue explose, tout comme les cambriolages, les vols à la tire, etc. Que comptez-vous faire dans l'urgence pour endiguer ces hausses qui viennent rompre le lien de confiance des citoyen envers sa police et ses autorités de tutelle ?

 

Q : Quelle doctrine allez-vous donner à vos employés pour remotiver une base policière écrasée par les nouvelles procédures NCPP, la réorganisation opaque de votre prédécesseur et vos travaux actuels qui sèment visiblement un doute inapproprié pour sécuriser vos troupes ?

 

Q : Comment expliquez-vous que les criminels sont aussi vite relâchés en rue alors qu'ils font l'objet d'ordonnances de condamnations. Ne devaient-ils pas se retrouver en prison ?

 

Q : Alors que la surpopulation à Champ-Dollon stagne après une forte baisse (baisse qui n'est pas sans lien avec la mise en application du NCPP) et que les personnes condamnées ne peuvent plus être détenues dans cette prison préventive, pensez-vous que la construction d'un Champ-Dollon II reste d'actualité dans le cadre des ambitions du Conseil d'Etat ?

 

Q : Après avoir déclaré que Plainpalais était votre priorité, voila que la lutte contre la drogue devient "la priorité". Comment expliquez-vous tous ces atermoiements dans une politique sécuritaire qui ne démontre pas la fermeté attendue par la population contre les délinquants qui trainent dans nos rues ?

 

Q : Il y a peu, on apprenait que la police manquait de budgets pour financer les relevés et les analyses ADN, ainsi que pour l'engagement rapide de personnels administratifs. Le Conseil d'Etat, à travers son budget 2011, n'a-t-il pas fait des économies de bouts de chandelle sur le dos de la sécurité et ainsi du bon fonctionnement des institutions ?

 

Q : Le pouvoir judiciaire reste en attente de magistrats et de personnels. Allez-vous soutenir ces postes nouveaux lors de l'élaboration du prochain budget afin d'assurer le suivi pénal du travail de vos policiers ?

 

Q : Depuis quelques semaines, ne nombreux chiffres alarmistes sortent dans la presse, des délits sont en hausse, les policiers désabusés et dans un grand désarroi, sentiments que vous aviez pourtant déjà constaté à votre arrivée à la tête de ce département. Ne pensez-vous pas que vous vous êtes laissée entraîner dans une spirale organisationnelle, ceci au détriment des besoins de l'opérationnel et du quotidien ?

 

Q : Vous donnez l'impression de ne pas vouloir heurter le Parlement avec des dépassements de crédits, comme si l'aspect financier était prioritaire sur la gestion des coûts de d'une sécurité pourtant au bénéfice de la population. Malgré votre double majorité politique, avez-vous l'impression de ne pas être soutenue par le Parlement, qui ne répondrait alors pas favorablement à vos requêtes ?

 

Q : Pour finir un peu d'humour. Vous avez hérité d'une patate chaude il y a bientôt deux ans. A ce jour, part-elle en frites, en robe des champs, en purée ou allez-vous la faire sauter telle une pomme de terre nouvelle ?

 

Des questions simples issues des lectures de faits divers, d'articles de la presse de boulevard et de statistiques annoncées et confirmées.

 

Je n'attends pas de réponse, les vacances scolaires et politiques sont bien trop proches, et qui prendrait sérieusement le temps de répondre au blog d'un simple citoyen qui se pose ces quelques questions, mais surtout qui se demande avec crainte où va Genève dans le contexte actuel ?

 

Minet, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

PS : Madame Rochat a répondu à ces questions lors de la séance du Grand Conseil, ce jour et en direct sur Léman Bleu, suite à l'interpellation d'un député. Merci Madame d'avoir pris le temps de répondre aux interrogations d'un habitant du canton. Et pour la fondue, en réponse à la dernière question, c'est avec grand plaisir que vous devenez mon invitée.

Walter Schlechten.

08:15 Publié dans Associations, Culture, Genève, Médias, Police, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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