27/06/2011

Si t'as pas un sous, à Genève tu ne bouges plus !

 

Je n'aime pas la Genève de demain, celle que l'on devine à travers divers projets.

 

Ville très chère et canton onéreux où il y fait encore bon vivre, l'on va se retrouver demain déjà devant la doctrine du tout pognon, dans une société de consommation outrancière elle-même rackettée par les taxes, les impôts et la suppression de jouir de la gratuité de l'espace public.

 

Dans trois ans à peine, j'imagine un réveil brutal pour les genevois :

 

Quittant mon logement, dont le loyer vient encore d'augmenter de 8 %, tout en laissant mon épouse malade, dont le montant total de son assurance maladie est devenu insupportable même avec une franchise à CHF 3000.-, j'hésite entre mon vélo électrique, sur lequel j'ai dû y apposer la vignette annuelle 2015 à CHF 365.-, vous savez celle instaurée pour financer la fin du nucléaire avec un franc symbolique par jour, ou mon scooter dont l'essence est à CHF 2.75 le litre.

 

Dans les deux cas, une fois arrivé à la Gare de Cornavin, il me faudra m'acquitter de la taxe parking-ouvert mais surveillé par vidéo surveillance. Il faut dire que CHF 8.- la journée pour un vélo électrique ou CHF 13.- pour le scooter, je regrette presque de ne pas emprunter les TPFVL (Transports Publics Franco-Valdo-Genevois). Certes, avec ceux-ci je mets 48 minutes, ce qui est long entre le Bus puis le Tram, même si l'abonnement annuel « Famille » de CHF 3400.- est déductible des impôts.

 

Pas simple mais je crois que je vais me laisser tenter par ma bécane avec ce grand soleil. Avant de mettre mon casque je prépare la monnaie. Non pas pour le parking, mais pour la traversée du pont du Mont-Blanc, devenue payante l'année dernière,  juste pour financer la future traversée de la rade. C'est CHF 4.50 qu'il me faudra par passage, soit CHF 9.- la journée, juste pour aller bosser sur l'autre rive et en revenir.

 

Rond-Point de Rive, soudain un besoin pressant. Je me dois de rapidement trouver une place de stationnement, pour laquelle je vais resquiller, car faut pas pousser, je ne vais pas débourser CHF 8.- pour déposer mon deux-roues juste trois minutes afin de me soulager. Déjà qu'il va falloir que j'incruste CHF 3.- dans les nouvelles sanisettes publiques juste pour uriner, c'est un pipi doré que je vais lâcher.   

 

Ouf, c'est fait et je n'ai pas été verbalisé par la Fondation Genevoise des Parkings, société privée mandatée par l'Etat pour cette tâche ingrate, engendrer un impôt déguisé. J'ai échappé à CHF 40.- d'amende, ce qu'une vilaine diarrhée n'aurait pas remboursé.

 

Je suis enfin arrivé à la Gare et mon engin est rangé. Mon porte-monnaie lui est déjà vide et ce après mon premier déplacement de la journée.

 

Deux litres d'essence : CHF 5.50

Sanisettes fermées ; CHF 3.-

Traversée du pont du MB ; CHF 4.50

Parking-surveillé ; CHF  13.-

Un café dans la nouvelle Gare CFF ; CHF 4.40

 

Total de ce réveil pécuniaire CHF  30.40

Je comprends enfin pour quelles raisons le guide du motard 2015 affirme : « pour vivre à Genève, il faut CHF 100.- par jour et par personne, ceci sans excès »

« Genève, un monde en soi, et en argent »

Minet le resquilleur !

Commentaires

J'sais pas ou on va mais on y va ça c'est sûr!
Vu qu'on ne peut pratiquement plus sortir autant ne pas bouger ...

Écrit par : Loredana | 28/06/2011

Les commentaires sont fermés.