30/08/2011

"Saint Fiacre veut-il nous laisser dans la M.... ?"

Ainsi donc nous sommes la Saint Fiacre, patron des jardiniers. Bonne fête donc à nos amis du SEVE, et pourtant ...

 

S'il n'y a plus de saison et que la sécheresse est devenue la meilleure ennemie de nos horticulteurs, nous nous devons de constater, en milieu urbain, qu'un autre fléau attaque nos parcs, nos promenades, nos jardins, nos bosquets, nos bois, nos espaces verts, les déjections humaines.

 

Si l'humain a trouvé la solution pour son ami le canidé, avec l'utilisation des canisettes et des sachets idoines, le comportement sanitaire et individuel du plus intelligent des bipèdes ne s'améliore pas.  Certes, on lui a supprimé le droit fondamental d'uriner ou de se soulager comme bon lui semble il y a fort longtemps, à travers des règlements, sous la menace de la sanction suprême, le procès-verbal. Parfois décriées, souvent endommagées, quelquefois détournées de son usage premier,  les toilettes publiques ont également disparu du paysage genevois. Quelques vielles constructions demeurent et ne sont pas encore fermées, mais elles sont totalement insuffisantes face aux besoins urbains.

 

Ce manque, cette retenue, ces indécisions du pouvoir législatif sur de nouveaux projets à vocation sanitaire ne font qu'augmenter le malaise et ne soulage pas la population, les touristes et autres gens du voyage. Car il faut bien le dire, si l'usage des commodités n'est plus devenu une nécessité chez certains, ce sont nos espaces verts qui sont devenus une référence. Ces derniers bénéficient, sous couvert du feuillage et en ces temps de développement durable, d'un composte naturel fort désagréable, accompagné de quelques feuillets souillés.

 

Si l'odeur est insoutenable à certains endroits, que l'usage des lieux en devient exécrable, le malaise est encore plus grand à proximité des écoles ou de parcs d'enfants. Bien souvent, la pudeur de l'acte a également disparu et c'est sans gêne que les irrespectueux se soulagent sans retenue, vaguement dissimulés par l'ombre d'un feuillu.

 

Ils y a des parcs et promenades qui ont été rapidement réaménagés afin de contrarier quid les chieurs du quartier, quid les toxicomanes de passage, quid les sans-abri à la tombée de la nuit, quid les exhibitionnistes aventureux, mais il demeure des sites qui se doivent d'être très rapidement entretenus, modifiés, aménagés, élagués, déboisés, désinfectés, restaurés.

 

J'en veux pour preuve le parc des Cropettes par exemple, derrière la gare. Ce midi, lors de ma pause, je me suis rendu en ce lieu pour prendre l'air, mais c'est une véritable agression olfactive dont j'ai été victime, avant de constater l'ampleur des dégâts.

 

Les bosquets situés côté rue du Fort-Barreau, bien que « protégés » par des vaubans, ne sont plus que des sanisettes ouvertes et désagréables, il ne manque qu'une entrée officielle et un panneau indicateur de l'office du tourisme, alors que les buissons situés côté rue de Beaulieu sont devenus des toilettes publiques à usages multiples, dans lesquels des toxicomanes se piquent sans gêne, abandonnant même parfois leurs seringues, ou des lieux de dépose de déjections, de la petite crotte à la grosse merde. Et ce ne sont pas nos amis les canidés qui sont responsables de ces insalubrités publiques, mais bien des humains qui ne connaissent plus le sens du mot respect.

 

La responsabilité incombe également à nos autorités, car nous savons depuis fort longtemps qu'il manques de véritables toilettes publiques en Ville de Genève, quitte à ce qu'elles soient payantes, comme j'ai pu en utiliser à Copenhague récemment, mais la lenteur des dossiers, des décisions, des choix pour les investissement nécessaires ne fait que laisser la situation dans le caca le plus odorant.

 

La solution la plus rapide, la plus simple, à défaut de proposer des sanisettes dignes de ce nom, c'est une intervention immédiate du SEVE et de ses jardiniers, par un élagage soutenu, un déboisement utile, un entretien des lieux et une restauration de nos parcs et promenades pour qu'enfin l'on puisse en profiter sans se faire chier à éviter les crottes des autres.

Courage à mes amis jardiniers, en espérant que Saint Fiacre lise les blogs de la TDG.

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

Commentaires

Bon billet. On a toujours essayé de cacher sa m* à Genève, et c'est probablement général. En sous-sol, dissimulés, mal entretenus et mal fréquentés, nos toilettes publiques n'ont jamais semblé faire partie du mobilier urbain digne de respect et de soin.
Il est vrai qu'à voir le traitement que beaucoup de gens réservent aux toilettes publiques (et aux autres) on peut se demander s'ils méritent mieux. Car si "l'argent n'a pas d'odeur", selon Vespasien l'empereur romain, il faut, semble-t-il que les les lieux d'aisance publics en aient beaucoup. Pourtant on pourrait penser que les touristes, eux mériteraient plus de respect.
Un exemple, au parc Baud-Bovy une descente d'escalier a servi tout l'été de pissoir à des gens, dont certains ne doivent pas être nommés, alors que des cabines de WC sont installées à cent mètres. Cela pratiquement sur la place des jeux des enfants.
Il serait intéressant aussi de savoir si les quelques édifices payants installés par ci par là sont rentables et quels sort ils subissent de la part des usagers.

Écrit par : Mère-Grand | 31/08/2011

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