30/08/2011

"Saint Fiacre veut-il nous laisser dans la M.... ?"

Ainsi donc nous sommes la Saint Fiacre, patron des jardiniers. Bonne fête donc à nos amis du SEVE, et pourtant ...

 

S'il n'y a plus de saison et que la sécheresse est devenue la meilleure ennemie de nos horticulteurs, nous nous devons de constater, en milieu urbain, qu'un autre fléau attaque nos parcs, nos promenades, nos jardins, nos bosquets, nos bois, nos espaces verts, les déjections humaines.

 

Si l'humain a trouvé la solution pour son ami le canidé, avec l'utilisation des canisettes et des sachets idoines, le comportement sanitaire et individuel du plus intelligent des bipèdes ne s'améliore pas.  Certes, on lui a supprimé le droit fondamental d'uriner ou de se soulager comme bon lui semble il y a fort longtemps, à travers des règlements, sous la menace de la sanction suprême, le procès-verbal. Parfois décriées, souvent endommagées, quelquefois détournées de son usage premier,  les toilettes publiques ont également disparu du paysage genevois. Quelques vielles constructions demeurent et ne sont pas encore fermées, mais elles sont totalement insuffisantes face aux besoins urbains.

 

Ce manque, cette retenue, ces indécisions du pouvoir législatif sur de nouveaux projets à vocation sanitaire ne font qu'augmenter le malaise et ne soulage pas la population, les touristes et autres gens du voyage. Car il faut bien le dire, si l'usage des commodités n'est plus devenu une nécessité chez certains, ce sont nos espaces verts qui sont devenus une référence. Ces derniers bénéficient, sous couvert du feuillage et en ces temps de développement durable, d'un composte naturel fort désagréable, accompagné de quelques feuillets souillés.

 

Si l'odeur est insoutenable à certains endroits, que l'usage des lieux en devient exécrable, le malaise est encore plus grand à proximité des écoles ou de parcs d'enfants. Bien souvent, la pudeur de l'acte a également disparu et c'est sans gêne que les irrespectueux se soulagent sans retenue, vaguement dissimulés par l'ombre d'un feuillu.

 

Ils y a des parcs et promenades qui ont été rapidement réaménagés afin de contrarier quid les chieurs du quartier, quid les toxicomanes de passage, quid les sans-abri à la tombée de la nuit, quid les exhibitionnistes aventureux, mais il demeure des sites qui se doivent d'être très rapidement entretenus, modifiés, aménagés, élagués, déboisés, désinfectés, restaurés.

 

J'en veux pour preuve le parc des Cropettes par exemple, derrière la gare. Ce midi, lors de ma pause, je me suis rendu en ce lieu pour prendre l'air, mais c'est une véritable agression olfactive dont j'ai été victime, avant de constater l'ampleur des dégâts.

 

Les bosquets situés côté rue du Fort-Barreau, bien que « protégés » par des vaubans, ne sont plus que des sanisettes ouvertes et désagréables, il ne manque qu'une entrée officielle et un panneau indicateur de l'office du tourisme, alors que les buissons situés côté rue de Beaulieu sont devenus des toilettes publiques à usages multiples, dans lesquels des toxicomanes se piquent sans gêne, abandonnant même parfois leurs seringues, ou des lieux de dépose de déjections, de la petite crotte à la grosse merde. Et ce ne sont pas nos amis les canidés qui sont responsables de ces insalubrités publiques, mais bien des humains qui ne connaissent plus le sens du mot respect.

 

La responsabilité incombe également à nos autorités, car nous savons depuis fort longtemps qu'il manques de véritables toilettes publiques en Ville de Genève, quitte à ce qu'elles soient payantes, comme j'ai pu en utiliser à Copenhague récemment, mais la lenteur des dossiers, des décisions, des choix pour les investissement nécessaires ne fait que laisser la situation dans le caca le plus odorant.

 

La solution la plus rapide, la plus simple, à défaut de proposer des sanisettes dignes de ce nom, c'est une intervention immédiate du SEVE et de ses jardiniers, par un élagage soutenu, un déboisement utile, un entretien des lieux et une restauration de nos parcs et promenades pour qu'enfin l'on puisse en profiter sans se faire chier à éviter les crottes des autres.

Courage à mes amis jardiniers, en espérant que Saint Fiacre lise les blogs de la TDG.

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

28/08/2011

"Polisson"

L'autre soir, ma petite n'arrivait pas à s'endormir, elle avait peur du noir et des voleurs. Elle me demanda alors de lui raconter une histoire, un conte. Le voici :

 

« Un petit garçon orphelin, Polisson, placé sous la garde de ses deux tantes Isabel et Monica, décida de les mettre à l'épreuve afin de savoir laquelle des deux était sa préférée.

 

Polisson :

- Les Tantines, dans mon école il y a beaucoup de voleurs, nos affaires disparaissent et en plus certains inconnus nous rackettent à la sortie des cours, que pouvons-nous faire ?

 

Tante Isabel :

- Je vais aller voir le directeur, que je connais bien, et lui demander qu'il augmente drastiquement le nombre de professeurs dans ton école, ainsi vous serez mieux surveillés, mieux protégés !

 

Tante Monica :

- Je pense qu'il va être difficile d'arriver à une telle augmentation, le directeur réclame depuis longtemps des enseignants en plus, en vain. Il nous faut donc trouver la solution avec les moyens du bord. Faire un premier diagnostique des problèmes rencontrés, mettre en garde les élèves face à ce problème et par exemple envisager que le concierge puisse se voir confier un petit travail de surveillance, à l'entrée du préau, juste pour s'assurer qu'aucun indésirable ne pénètre sur le site durant les cours.

 

Polisson pensa que tante Monica avait raison. En plus, le concierge il le connaît bien, il travaille ici depuis longtemps et c'est déjà un peu leur ange gardien.

 

Polisson réfléchi un moment et invectiva ses deux parentes.

- Les Tantines, si demain je devais choisir un métier, que me conseilleriez-vous ?

 

Tante Isabel :

- Tu dois poursuivre tes études Polisson, ainsi tu pourras après travailler dans une banque, un cabinet d'avocats ou à la bourse. L'argent viendra alors récompenser tes études et ton travail, ta situation financière t'autorisera à une belle vie, sans retenue, loin de la pauvreté et des problèmes du peuple. 

 

Tante Monica :

- Je pense, Polisson, que tu devrais laisser ton choix être guidé par ce que tu aimes faire dans la vie. Par exemple, dans ton école tu cherches souvent des solutions pour aider tes amis, pour améliorer les choses, pour que l'injustice de soit pas la reine du préau. Tu ferrais un bon gendarme Polisson. C'est un beau métier, riche en rencontres et en émotions. Bien sûr, tu ne seras jamais riche, mais jamais pauvre non plus. Par contre, tu n'auras jamais honte de toucher ton salaire, car travailler en étant perpétuellement au service des autres et pour de justes causes, et bien c'est très enrichissant. Ta famille sera fière de toi, et le prestige de l'uniforme te donnera belle allure.

 

Polisson se dit qu'il aimait bien l'idée de tante Isabel, devenir riche, avoir de l'agent et de ne manquer de rien, mais qu'il préférait la vision de tante Monica, s'enrichir au contact des gens, apprendre à les connaître pour mieux les aider. Être au service de ceux qui en ont besoin, aider la victime et attraper le voleur, juste pour s'endormir heureux de la mission accomplie. Si l'on ne peut pas effacer l'injustice, on arrive parfois à rendre juste ce qui ne semblait plus l'être. Il se dit qu'il allait écouter son coeur, ses passions et le bon sens, car l'idée de tante Monica lui plaisait bien.

 

Polisson étant encore un peu hésitant au sujet de sa préférée, il posa une dernière question.

- Les Tantines, si demain je devais trouver une solution miracle pour aider ma famille dans le besoin, que devrais-je faire ? Promettre et peut-être mentir pour rassurer mes proches, juste pour laisser une lueur d'espoir entrer dans leurs yeux, ou dire la vérité sur la situation et, petit à petit, avec de simples gestes, les aider à remonter la pente pour enfin qu'ils sortent la tête de l'eau ?

 

Tante Isabel :

- Tu dois écouter ton cœur, mais aussi te rendre compte que tes proches doivent te percevoir comme un sauveur, un chef de famille, l'autorité qui décide et qui trouve toutes les solutions. Donc il vaut mieux promettre beaucoup, quitte à ce qu'ils reçoivent moins, mais ainsi tu garderas la tête haute et le navire à flot, en attendant des jours meilleurs.

 

Tante Monica :

- Tu dois effectivement écouter ton cœur, mais ne jamais promettre ce dont tu n'arriveras pas à tenir, car plus difficile sera la chute pour tes proches. Demeurer réaliste et franc, centrer tes tâches premières au quotidien, quitte à déplaire, mais ainsi tu accompagneras en tous temps ta famille, car tu seras leur lueur d'espoir pour des jours meilleurs.

 

Polisson compris alors que son choix était fait, mais il écouta son cœur et décida, pour ne blesser personne, de rester sur la réserve et de ne jamais, oh non jamais, dire à quiconque qui était sa tantine préférée, car pour l'instant les deux l'accompagnaient tous les jours sur le chemin de la vie, chacune avec sa vision du monde. » 

La petite, elle, venait de s'endormir avec Polisson, ayant oublié les voleurs et ses peurs, pour une nuit au moins.

Walter SCHLECHTEN, habitant La Croix-de-Rozon.

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26/08/2011

Un bilan de sécurité en deux manchettes !

Il y a des jours où l'infomation nous interpelle plus qu'hier, mais moins que demain !

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09:54 Publié dans Genève, Humour, Images, Médias, Police, Politique, Région | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

22/08/2011

"La Proie et l'Aveugle"

« Playa den Bossa, Ibiza, 0432, un bruit provenant de la plage me sort de mon sommeil. Je saute du lit sans réveiller ma compagne et sa petite fille. Je file sur le balcon, vue sur la mer depuis le troisième étage de l'hôtel.

 

Immédiatement je repère les cris, les rires. Deux couples se lancent dans un bain de minuit, après une fin de nuit d'ivresse visiblement. Les garçons provoquent, ils sont nus. Les filles répliquent, résistent, gardent leurs sous-vêtements. Leurs autres effets sont déposés sur des transats rangés rapidement en fin de journée par le plagiste. Rien de grave, je vais me recoucher, sauf que mon regard agrippe de suite deux ombres dans la nuit, sur la jetée.

 

Deux jeunes hommes, des voyeurs, des voyous, des amants ?

 

Visiblement l'un des deux fait le guet, assis sur un banc, face à la mer mais avec vue sur la promenade qui jouxte la jetée, la plage, le sable et les amants d'une nuit.

 

Le second fait des aller-retour, n'est pas calme, observe, change de direction, change de motivation.

 

Deux cyclistes perdus dans la nuit arrivent, profitant de la fraîcheur de l'aube. Le guetteur ne bouge pas alors que son complice plonge sur la plage, couché sur le ventre, immobile, invisible dans l'ombre de la nuit. Les vélocipèdes passent, les gredins patientent.

 

Soudainement, le furtif se place dans l'alignement des chaises longues rangées par pile de douze, dans l'axe des baigneurs. Il s'allonge de tout son long et rampe à la vitesse de l'éclaire. Je ne vois plus un homme, mais un lézard. Gestes saccadés mais rapides, il laisse même une trace sinueuse dans le sable après son passage, tel un reptile. Je suis comme hypnotisé par la scène.  

 

Aux pieds des transats, il se relève, fouille, cherche, disparaît. Retour vers son complice avec la même dextérité, la même agilité. Il saute sur la jetée mais étonnamment ne quitte pas les lieux. Il est bredouille, il n'a pas trouvé son butin.

 

L'une des deux jeunes filles ressort de l'eau, un oubli, un préservatif nécessaire ou une coquetterie féminine, je ne sais pas, mais elle retourne auprès des chaises longues et de ses effets.

 

Le malandrin, ne doutant de rien, se dirige alors vers elle. Tel un frimeur, lui demande du feu par la gestuelle, langue internationale de l'île. Il essuie une réponse négative, mais en profite pour observer sa proie, si proche, si fragile, si naïve. En s'éloignant, il vient de repérer le butin recherché, déposé sur transat du dessus.

 

La belle retourne à l'eau, noyer ses premiers amours dans l'eau fraîche et rejoindre son compagnon d'un soir. Le reptile lui revient sur ses pas, et recommence son approche initiale. Même ruse, même démarche, même tactique, même tracé dans le sable. Il me semble encore plus vif, plus décidé, plus rapide.

 

Là, j'hésite. Descendre et intervenir. Crier ou laisser faire. Réveiller ma douce par mon signal verbal ou accepter de voir un vol se commettre. Briser la nuit d'une enfant qui n'arrivera pas à se rendormir à cause de la chaleur ou laisser une ados se faire voler une vingtaine d'euros, voire un téléphone portable. Je me tais, je garde le silence, contre-nature, à contre-cœur. Un fort sentiment de culpabilité m'habite alors, me ronge, me contrarie, réveille un antagonisme insupportable, car je suis en vacances, mais je suis flic aussi.

 

Et puis je me dis que la naïve d'un soir doit faire ses expériences de la vie, découvrir le monde, ses plaisirs et ses risques.

 

Voyant disparaître dans les rues les deux voleurs, se partageant le butin, je vais me recoucher. Seul les quelques jurons de la victime m'empêcheront de m'endormir, tout comme ma conscience qui vient d'être mise à l'épreuve.

 

Il y a des souvenirs de vacances que l'on n'oublie pas, mais il y a des réflexes qu'on laisse au repos, même en vacances. Prendre des risques pour une histoire qui ne me concerne pas, à des milliers de kilomètres de chez moi, et briser la nuit douce et calme de ma famille pour empêcher un vol provoqué par l'opportunisme, ce soir là je me suis endormi calmement, mais en me souvenant de tout, car coupable d'avoir été aveugle. »

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

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16/08/2011

Bonnes vacances !

Il n'y a qu'en quittant Genève que l'on arrive à réaliser que nous sommes en vacances, tout en offrant quelques minutes de répit aux lecteurs qui n'apprécient pas mes écrits !

ALORS BONNES VACANCES !

PS : de retour dimanche soir sur mon blog ;)

 

 

15:46 Publié dans Amis - Amies | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

14/08/2011

"Le fouille merde"

« J’aime me rendre au Café de la Presse, lieu de rencontres et de vie de quartier. L’accueil y est chaleureux et l’ambiance à l’écriture. Mon petit noir et un sucre, je fais ce matin le bilan de ces trois dernières années. Mes cinq blocs-notes sont là pour me servir de guide, mon press-book aussi. Quelques coupures antérieures à mon arrivée au journal, puis mes faits d’armes. Oh rien de terrible. Cela va du fait divers pittoresque au portrait d’un petit commerce typique, de la fermeture d’une poste de village au scandale des courses d’école du Parlement aux frais du contribuable. Ce dernier article a signé ma perte.

 

Moi, le petit journaliste ambitieux venait de glisser sur une peau de banane. On ne badine pas avec le système, l’on n’attaque pas les politiques sans prendre le boomerang en retour. Retour à la case départ et à la rubrique des chiens écrasés.

 

Pourtant, j’avais envie, j’avais la foi, je croyais en mon métier. Je voulais montrer, expliquer, dénoncer, critiquer, fustiger, briser un système silencieux. C’était oublier que les rédacteurs en chefs sont les décideurs, ils tiennent la ligne de conduite du journal, uniquement dans l’intérêt du quotidien, rarement pour celui du lecteur.

 

Je voulais me spécialiser dans la chronique judiciaire, raison de mes nombreux contacts, greffiers, juges, policiers, gardiens de prison, avocats, éducateurs de rue et en enfin quelques petits gredins du milieu.

 

On apprend énormément autour d’une bière ou d’un plat du jour avec ces gens. Tous ont besoin de parler, de s’exprimer, de dénoncer, d'expliquer. Tous n’ont pas la liberté d’expression nécessaire, mais tous ont la volonté que les choses changent.

 

Souvent il m’a fallu gagner leur confiance, car considéré comme un « fouille merde ». Souvent j’ai dû leur faire confiance, car ils sont mes uniques sources, mes yeux et mes oreilles. Avec eux il faut écouter, noter, ne jamais enregistrer, vérifier, contrôler. Une info n’est fiable que si elle est corroborée à trois reprises.

 

En trois ans, j’en ai déposé des papiers à la rédaction, mais ils sont restés lettres mortes. Erreurs judiciaires, enquêtes bâclées, coupables libérés, maltraitance entre détenus, mafia omniprésente dans le milieu de la restauration, prostitution d’étudiantes universitaires,  discrimination et mobbing dans certains offices de l'Etat, drogues dans les discothèques … 

 

Pas dans le moule, pas dans la ligne du journal, pas politiquement correct, pas socialement intéressant, pas fondamentalement opportun avant les élections, j’ai tout entendu mais je n’ai rien lu.

 

Un soir un ami m’a dit « il faut se méfier des journalistes » ; « tu as raison » lui ai-je répondu, « car ils pourraient un jour dire la vérité ».

 

Ce qui est certain, c’est qu'au fond de moi je vais rester un « fouille merde », juste pour déranger un peu plus ceux qui ne supportent pas cette odeur. »

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

22:20 Publié dans Fiction, Médias | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook

13/08/2011

"Manon, le nouveau monde"

« Mon prénom est Manon. Je suis née à la Clinique des Grangettes le 9 août 2011 à 0557. Selon la formule consacrée, je vais bien, je mesure 41 cm et pèse 3'500 grammes.

 

Demain je vais rentrer chez moi, chez nous. J'ai des parents formidables. Maman est une perle, elle me parle toute la journée, même la nuit parfois, et papa tourne en rond comme un avion, comme s'il ne savait pas où atterrir. En trois jours j'en ai vu passer des visites, que des gens que je ne connais pas. Certains vont m'accompagner tout au long de ma vie, mais d'autres je ne les reverrai probablement jamais. Ils sont tous adorables, sauf quand ils me parlent avec des bruits bizarres, que je ne comprends pas. Mais bon, ils ont le sourire, c'est le plus beau des cadeaux.

 

Par contre, je me demande où je suis arrivée, dans quel monde on vit, car si tous ces adultes adorent me faire des grimaces dans les premières minutes, ils parlent rapidement de leurs soucis, comme si je n'étais pas là. J'ose croire que tout n'est pas aussi sombre dehors, car ce n'est pas dans ce monde là que j'ai envie de grandir.

 

Voyez plutôt :

 

  • Un homme a été retrouvé à Annemasse avec une balle dans la tête, c'est un meurtre mais selon mamie Jeannine il n'est pas mort tout de suite.
  • Énormes incendies en Espagne, des centaines de personnes évacuées, dont la cousine de Juan.
  • Il y a eu cinq morts dans des émeutes à Londres, Gérard a annulé son vol Easy-Jet prévu la semaine prochaine, ils iront à Rome à la place.
  • Un avion s'est écrasé en Russie, 123 morts, dont un grand sportif que connaissait Laurent.
  • L'appartement de Marie a été cambriolé le week-end dernier, tous ses bijoux ont disparus.
  • Antoine se demande s'il ne va perdre son emploi, car l'ambiance n'est pas terrible à la banque actuellement à cause de la bourse.
  • Julien lui explique qu'un trader s'est suicidé la semaine dernière après la ruine de ses clients.
  • Dans la Corne d'Afrique, 12 millions de personnes risquent de mourir de faim si l'on ne fait rien. Tante Sophie a versé CHF 50.- à la Chaîne du Bonheur pour apporter son aide.
  • La maman de Patricia, une collègue à maman, a un cancer.
  • Selon Adrien, l'accident de la centrale de Fukushima aura des répercussions sur le nombre de cancer, même en Europe.
  • Philippe est dégoûté car l'armée tire sur la foule en Syrie, il y aurait trente morts par jour.
  • Judith s'inquiète car la varicelle est entrée à Champ-Dollon, où travaille son mari.
  • Stéphane va divorcer, il n'aime plus Caroline.

 

Enfin, comme dit papa tous les soirs en quittant la chambre de maman : et surtout ne te fais aucun souci, y a pas de problèmes, y a que des solutions dans la vie. »

 

Manon, une petite fille du nouveau monde.

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

11:58 Publié dans Femmes, Fiction, Genève, Histoire, Monde, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

09/08/2011

Lettre à Clémence !

« Chère Madame,

 

Si me permets de vous écrire ce soir, au son des mes mots, c'est pour trouver en vous une résonance à mes pensées. Qui mieux que vous sait nous observer du sommet de la tour nord, tout en regardant le temps qui passe et les minutes qui s'écoulent, sous la bise ou le vent, sous la pluie ou au firmament des lueurs du soleil, voire de la lune.

 

Je ne suis pas centenaire comme vous, loin de là, mais depuis quelques années j'observe aussi ma ville, mon canton, ses citoyens et ses décideurs. Si ces derniers ne savent plus sonner le glas à la lecture des chiffres ou lors des tempêtes, ils ne trouvent pas non plus les solutions aux problèmes rencontrés, presque ignorés car dissimulés.

 

Pourtant, au jour le jour nous ne nous retrouvons plus en cette société genevoise, que d'aucuns ont pourtant servi, au prix de leur vie parfois, laissant leur nom dans l'histoire, et en nos murs souvent. Un historique galvaudé par l'abandon de nos valeurs. Mais Genève n'est-elle pas devenue ce qu'elle est le siècle passé grâce à celles-ci ?

 

Genève perd son âme, son identité, sa culture, sa joie de vivre et son patrimoine. Genève est devenue gourmande, mais ce péché a un prix exorbitant, celui de l'argent et des envieux.

 

Pourtant, nous avons l'eau et le feu, les montagnes et les neiges éternelles, du poisson et des bisons, des vergers et des champs, des chemins et des routes, des écoles et des cantines, des parcs et des promenades, des monuments et une cathédrale mythique.

 

Je n'aime pas la direction prise pour l'avenir, nous nous égarons, abandonnons nos repères et sacrifions nos valeurs sacrées pour mieux plaire. Mais à qui, à quoi, je vous le demande ?

 

Chère Clémence, vous qui sonnez juste depuis si longtemps, n'avez-vous pas les mêmes craintes que moi ? Pire encore, il se pourrait que l'on vous sacrifie prochainement vous aussi, sachant que les derniers bastions de la fin du vingtième siècle tombent un à un aujourd'hui, même en vieille-ville.  

 

Votre prénom résonne en nos cœurs comme un chant, celui de la liberté, de la défense de nos valeurs, de nos croyances, mais de nos espoirs surtout. »

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

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07/08/2011

2013, le Conseil d'Etat improbable !

Les journées étant un peu longues, les années aussi, je me suis projeté à mi-chemin en 2013, année électorale pour notre Conseil d'Etat.

 

Comme souvent, les résultats ne représenteront pas ma sensibilité, mais je me suis soudainement amusé à nommer les heureux/ses élu/es au moyen de ma plume magique.

 

1) David Hiler, DF, patron des finances avec un dernier mandat à honorer, une évidence dans la continuité. Un homme à sa place, sachant gérer écologiquement les deniers de l'Etat et parfois prendre du recul sur une collégialité exacerbée.  

 

2) Olivier Jornot, DSPE, la justice et la police pour un homme de lois, un homme de foi, de convictions et d'ambitions. Il en faut pour briller et obtenir des résultats sur le terrain, Genève a besoin d'un organe de commandement sachant manier habillement politique et sécurité publique.

 

3) Pierre Weiss, reprise en mains du DCTI, un navire à la dérive avec des grands projets sans gouvernail, mais qui doit redevenir de fleuron de la flotte. Un homme d'idée, mais aussi de décisions, abruptes parfois, économiques souvent, drastiques certainement. Mais il faut un homme fort à la tête de ce département, qui veille à la dépense, quitte à déplaire.

 

4) Pierre Losio au DIP, intelligent et fin, respecté et respectable, connaît si bien Genève et ses besoins, une culture du terroir pour redonner goût à l'étude. Sa grande discrétion lui servira pour travailler sereinement avec les partenaires, à l'écoute des étudiants, des parents d'élèves mais aussi des enseignants. Un bon professeur qui peut encore beaucoup apporter.   

 

5) Mauro Poggia au DSE, pour une politique pragmatique face aux injustices sociales. Homme reconnu dans son combat sur les assurances maladies, peut apporter une vision nouvelle de l'action sociale à Genève.

 

6) Anne Emery-Torracinta, au DIM, pour une politique de gauche non larmoyante, un équilibre social dans la mobilité urbaine et suburbaine qui n'oublierait personne, une avancée sociale sachant mêler la terre et le béton, l'eau et les ponts, les transports publics avec le reste.

 

7) Guy Mettan, un véritable patron capable de gérer le DARES, sans grand bouleversement mais en ayant conscience des enjeux économiques à équilibrer. Ses nombreuses relations devraient faire merveille pour le développement de la recherche universitaire, et dans bien d'autres domaines.

 

Hiler - Jornot - Weiss - Losio - Poggia - Emery-Torracinta et Mettan, une belle brochette politique, des gens de bonne compagnie et qui se connaissent pour un changement radical qui ne verserait ni à gauche, ni à droite.

 

Bon, ce n'est pas tout, faut cesser de rêver et demain on doit retourner travailler pour payer nos impôts, car sans argent pas de politique d'avenir, même à Genève.

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

05/08/2011

"Il est en moi, mais ce poison va m'aider à vivre"

"Je ne l'avais pas oublié, mais en trois semaines je m'étais habituée à lui, il était presque déjà devenu mon allié, même s'il s'était dissout avec le temps. Passées les premières réactions, le choc et les nausées, j'avais dû me résoudre à admettre qu'il allait falloir vivre avec ce poison que l'on m'administre. Ce soir, pour ce deuxième traitement, il est à nouveau là, il pénètre dans mon corps, goutte à goutte, suspendu au dessus de ma tête. Ce qui est terrible, c'est que ce poison, si nocif pour mes cellules, est pourtant mon seul ami face à la maladie qui me ronge.

Telle une cérémonie, cette perfusion va durer 20 heures. Pas de mélange, l'un après l'autre les produits vont se succéder pour donner l'alchimie attendue, recherchée, espérée. Ce n'est pas d'être alitée qui est difficile actuellement, mais de voir que mon corps change, réagi, se transforme et porte maintenant les stigmates de la maladie. La perte de mes cheveux a été une épreuve. Un symbole de féminité qui disparaît. Ils vont repousser comme me le dit mon fils, mais ma sensibilité est atteinte, l'image est troublée, tout comme mon regard par quelque larmes.

Il y a deux mois j'allais bien, je perdais un peu de poids, ce qui ne me déplaisait pas, tout en ayant simplement du mal à avaler certains aliments. Il y a deux mois j'étais en vie, on me donnait bonne mine et j'allais de l'avant.

Depuis un mois, ma vie a changé, elle s'est raccourcie, elle s'est endurcie, elle s'est révoltée. Pourtant, je n'ai pas envie de baisser les bras, pas encore. Ma famille est là, les médecins aussi. Ensemble nous allons avancer, jour après jour, semaine après semaine. Pas de projet, juste l'espoir que demain sera meilleurs qu'aujourd'hui. Pas de rémission, juste vivre avec et parcourir ce chemin de vie pas à pas.

De la force j'en ai, j'en donne et j'en procure, les épreuves seront pénibles, j'en suis consciente, mais il me manque parfois de l'énergie. Ce combat, cette lutte contre la maladie sont épuisants. Le traitement l'est encore plus paradoxalement. J'arrive à me persuader que si je souffre ainsi, mes cellules indésirables elles succombent, une à une, sans proliférer.  

Je ne vais pas me plaindre, je trouve souvent que mes compagnes de chambres sont bien plus malades que moi. Un miroir que je ne veux pas encore affronter, car tel n'est pas mon destin. Je me battrai, je vais lutter, mais je n'irai pas au-delà de mes possibilités. La souffrance humaine à des limites que l'on doit respecter. Mieux vivre je veux bien, vous quitter paisiblement je l'exige. "

Carpe Diem Maman.

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.