05/10/2011

L’incompétence de l’Etat à juguler la hausse de la criminalité et l’arrivée de milices populaires ou citoyennes sont des signes graves pour la démocratie genevoise !

 

C'est la démonstration populaire la plus importante depuis des décennies, le peuple s'indigne, se rebelle, s'organise en milices populaires ou citoyennes. Un élan spontané, aidé certes par quelques partis aux abois qui stigmatisent l'inefficacité du gouvernement, mais un élan qui porte un message fort ; «  nous en avons assez de cette situation, vous ne faites rien, nous allons nous en occuper nous-mêmes ».

 

Sincérité d'une indignation que je partage, constat dramatique d'une situation que j'atteste, mais une réaction sécuritaire que je condamne.

 

Je ne condamne pas les personnes qui se lient contre l'insécurité, qui pensent bien faire, qui osent. Je ne condamne pas la population qui sort du bois, qui parle, qui agit. L'arrestation cette semaine d'un voleur aux Eaux-Vives par un acte spontané de plusieurs badauds, je le félicite mais je ne l'encourage pas.

 

Heureusement, c'est aussi le signe que l'on se parle à nouveau, que l'on s'occupe de l'autre, que l'on prête attention à son voisin, que l'on veille, que l'on aide, que l'on se soutien démocratiquement. Dans une société où malheureusement l'individualisme, la réussite et l'argent sont devenus les valeurs nouvelles, l'indignation revient apportant dans son sillage la solidarité sociale.

 

Malheureusement cette modification sociétale est un signe grave à l'intention des pouvoirs politiques. La population est en droit d'attendre des prestations dignes de ce nom, l'éducation, la santé, la sécurité étant les mamelles de la démocratie à charge de l'Etat. Une responsabilité qui doit être assumée en osant, en innovant, en provoquant, en agissant surtout.

 

Hier soir sur France2 il y avait un reportage sur la police à Paris, mais surtout nous y avons vu une peinture sociale de la délinquance parisienne. Une honte pour une démocratie qui a abandonné le terrain sans s'en rendre compte au profit des jeunes à la dérive.

 

Il est temps que les gens qui ont encore les valeurs que nos parents nous ont inculqués sortent du bois, s'imposent en politique et apportent un vent nouveau sur un système étatique sclérosé par les clivages gauche droite, par des conflits d'intérêts financiers ou à travers des échéances électorales où seul quelque slogans viennent nourrir des débats convenus par des promesses attendues mais balancées sans conviction, sans valeur, sans croyance, sans une obstination politique en laquelle nous pourrions nous identifier.

 

Pour l'instant, nos élus pensent que l'intervention citoyenne, qu'elle soit organisée ou inopinée, peut-être révélatrice de doutes sur l'efficacité policière, « un phénomène de perte de confiance dans le travail des forces de l'ordre, énonce Olivier Jornot, pour qui la solution est d'améliorer cette image par des actes, sans tomber à bras raccourcis sur ces miliciens ».

 

Faux Monsieur Jornod, la perte de confiance cible le pouvoir politique et les élus en place, cela serait une énorme erreur que de croire que nos forces de l'ordre vont une nouvelle fois servir de fusible, de prétexte, d'excuse, car là le gouvernement n'en a plus et il porte l'entière responsabilité de ce qui se passe à Genève !

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

 

Commentaires

" L’incompétence de l’Etat à juguler la hausse de la criminalité et l’arrivée de milices populaires ou citoyennes sont des signes graves pour la démocratie genevoise ! "

Oui, l'émergence de ces milices populaires, civiques ou citoyennes traduit la déliquescence de l'Etat de droit, fondement de toute démocratie.
Notre Etat de droit est réellement en péril et vous avez raison de dénoncer cette dérive que d'aucuns cherchent encore à banaliser !

La sécurité urbaine est un droit et celui-ci est dû à chaque citoyen, indépendamment de son appartenance politique.

Il faut cesser ces affrontements gauche-droite qui rejettent sur l'autre la responsabilité de la situation et se rassembler pour donner tous les moyens nécessaires aux forces de l'ordre et à la justice, afin que celles-ci puissent accomplir leurs missions. A défaut d'y parvenir, ces milices citoyennes se développeront et l'on risque d'assister à des jugements populaires sommaires.

Dans un Etat de droit, la force publique n'est jamais que l'émanation de décisions politiques, le bras armé de l'Etat. Pas l'inverse !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 05/10/2011

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