24/10/2011

Elections fédérales, les appréciations d'un simple électeur déçu !

Comme 9 genevois sur 20, j'ai voté. Au lendemain des résultats, je ne peux que constater les changements intervenus. Ils sont de deux ordres selon moi.

 

- Premièrement, la population genevoise a voté d'une manière totalement différente entre le National et les Etats. J'en veux pour preuve que devant le net recul des Verts, Robert Cramer n'aurait pas dû passer. Il a bénéficié de la stabilité d'un vote de gauche, et de la liste unique présentée.

 

Si l'on s'attarde sur les résultats personnels des élus au National, à travers les suffrages nominatifs, on constate rapidement deux choses :

 

a) Pour les sortants qui se représentaient et qui ont été réélus, l'érosion du vote de gauche est impressionnante, ses candidats n'arrivant pour certain à peine qu'au-dessus de la moitié des votes de 2007, alors que la droite est aussi en perdition, sauf un élu. Exemples choisis :

 

-         Mme Roth-Bernasconi / 2007 = 41'391 voix / 2011 = 21'910 voix

-         M. Sommaruga / 2007 =  41'035 voix / 2011 = 22'640 voix

-         M. Hodgers / 2007 =  22'960 / 2011 = 18'393 voix

-         M. Leuenberger / 2007 = 22'174 voix / 2011 = 15'804

-         M. Luscher / 2007 = 31'922 voix / 2011 = 21'920 voix

-         M. Niedegger / 2007 = 21'898 voix / 2011 = 17'528 voix

-         M. Barthassat / 2007 =  12'917 voix / 2011 = 12'516 voix

Et le seul candidat réélu à sortir la tête haute est :

-         M. Hiltpold / 2007 = 10'567 voix / 2011 = 19'844 voix

 

b) La population a voté bien plus compact, pas de ténor de la politique qui émerge, juste quelques individualités qui progressent, mais personne ne crève le plafond. Exemple choisis :

En 2007, entre la meilleure élue, Mme Roth-Bernasconi, et le vingtième classé, M. Rubeli, 21'300 voix les séparaient.

En 2011, entre le meilleur élu, M. Poggia, et le vingtième classé, M. Robert, il n'y a que 6'495 voix qui les séparent.

Un vote populaire donc plus éparse, sans disparité et assez linéaire. Les causes, elles sont multiples, comme le nombre de listes représentées, 13 en 2007, 22 en 2011, le manques de cohésion dans les alliances, le manque d'identité des partis régaliens, le manque de confiance en nos politiques, la crise économique qui nous touche et qui engendre des craintes face au changement, préférant probablement une certaine stabilité, ce qui explique aussi le vote marqué au centre pour éviter les extrèmes.

- Deuxièmement, la politique genevoise manque aussi de personnalité de haut rang capable d'incarner un parti, des idées, un choix de vie, une vision du monde. Les ambitions des « ténors » potentiels sont étouffées à Genève.

Exemples choisis à droite, où Olivier Jornod, qui se devait de devenir un véritable fer de lance, n'est plus que l'ombre de lui-même, ou un Cyril Aellen, jeune loup aux dents longues et aux idées franches, qui a été broyé au silence, pour l'instant. Même Pierre Weiss avait l'étoffe d'un patron sur ce coup là, dommage il a été invisible durant la campagne.

Exemple choisis à gauche, où Manuel Tornare, qui avait selon tous la carrure politique pour prendre de la hauteur, il est fortement biffé lors de ces élections, surtout dans son propre camp aussi en Ville de Genève, ou l'expérimentée Mahrer Anne et la jeune Kasser Louise qui ont vu leur route barrée par deux hommes chez les Verts.

Miser sur des Luscher, Roth-Bernasconi, Leuenberger, Barthassat, Sommaruga, Hodgers ou Nidegger c'est faire preuve d'une certaine sécurité, mais sans oser imposer une image nouvelle de la politique, c'est rester dans le ventre mou de la politique genevoise, avec les meilleurs élèves certes, mais pas les plus prometteurs, voire les plus ambitieux pour Genève.

Reste un Hugues Hiltdpold qui grimpe les marches, une à une, sans véritable personnalité mais avec l'image du gendre idéal, une certaine assurance mais rien d'innovant.

Mauro Poggia aura et a été cette tête de liste qui a convaincu, il a réussi sortir du lot avec sa personnalité, ses idées, ses discours, ses prises de positions, et surtout il n'a jamais joué sa carte personnelle, mais bien celle de la population, sans être populiste. Un homme à l'écoute du peuple, pour le peuple, avec le peuple.

Voilà une conclusion dont bien des politiques devraient s'inspirer, car de mémoire de campagne, on n'a encore jamais vu une affiche nous écouter, nous comprendre, nous répondre et nous guider dans nos choix.

Vous me répondrez que le peuple vote pour des personnes, et si peu pour un parti lors des élections au Conseil National, a contrario des Etats, et encore. Je vous rétorquerai que si les partis politiques étaient un peu moins sclérosés à travers l'évolution de leurs idées, se sont bien des personnes émergeantes et des positions innovantes qui gagneraient les élections, pas des personnalités institutionnalisées, et ceci dans l'intérêt des idées, de la politique en général, mais aussi du peuple et de Genève.

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

Carte politque 2011 :

Carte du canton

 

Carte politique 2007 :

Carte du canton

 

Légende

Réf : http://www.ge.ch/elections/welcome.asp

Commentaires

Tout simplement excellent

Écrit par : Bertrand Buchs | 24/10/2011

Bonne analyse. Effectivement, la politique dans ce pays se fait de plus en plus autour de personalités institutionnalisées (j'aime bien cette définition) plutôt que pour ce qu'on appelle le bien commun, l'avenir de notre société. Ainsi donc on se retrouve avec des "Grand Débat", show télévisé à la limite du ring de boxe mais complètement dénué de bon sens puisque le but recherché est de se faire remarquer dans l'espoir de s'attirer les faveurs. Ca fait assez carrièrite nombriliste je trouve. Pas étonnant ensuite que les onze vingtième de la population ne se sentent pas concernés ou ne se reconnaissent plus dans ce poulailler pathétique.

Écrit par : Patrick | 25/10/2011

salut

juste pour info, Hugues Hiltdpold a bénéficié des votes compacts des liberos (ce qui n'etait pas ée cas en 2007) donc les chiffres de Hugues (que j aime beaucoup) ne sont pas justes, comme pour tous les candidats PLR.

A plus Les oranges de Bardonnex t'attendent

Écrit par : stephane barthassat | 25/10/2011

"Même Pierre Weiss avait l'étoffe d'un patron sur ce coup là"

On peut dire tout de lui sauf qu'il a l'étoffe d'un patron.

"Mauro Poggia (...) n'a jamais joué sa carte personnelle"

Vous ne connaissez la politique qu'à travers les médias.

Écrit par : phelippeau | 25/10/2011

Pierre Weiss a son caractère mais c'est un homme brillant qui aurait apporté un plus au National dans les rang du PLR, il manque de charisme mais connait bien les dossiers même s'il campe souvent sur ses positions, mais n'est-ce pas ça la politique, deffendre ses idées !

Mauro Poggia est un arriviste, certes mais il a défendu ses idées avec les couleurs affichées de son parti, en mettant en avant ses positions, pas son charisme photogénique comme un certain libéral !

Je ne connais pas très bien la politique, je connais mieux ses travers, je vous l'accorde, mais je ne suis qu'un petit électeur qui cherche sa voix !

W.S.

Écrit par : Walter S. | 25/10/2011

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