15/11/2011

Empathie, dans la peau d'un flic.

« Ce matin encore je me suis réveillé avec de forts sentiments. Ils m'habitent depuis des mois, comme s'ils avaient élu domicile, juste pour me troubler. Ils sont indéfinissables globalement car constitués d'un mélange de ressentis.

 

J'y trouve de l'incompréhension car je ne saisi pas sur quel chemin nous nous engageons. Nous étions censés emprunter une voie nouvelle, je ne la devine pas et aucun signal d'orientation ne vient aiguiller ma route.

 

J'y trouve de la colère car je me rends compte qu'il n'est pas possible de se reposer sur les idées des autres, de ceux notamment qui ne connaissent pas le sujet, qui ne pratiquent pas, qui observent sans apprendre, qui regardent sans comprendre, qui décident sans la lucidité nécessaire.

 

J'y trouve de la tristesse car ceux qui paient le prix de cette situation sont des innocents, des inconnus mais des proches aussi, des gens qui n'ont pas demandé à vivre dans une société aussi rude, même si la crise est là, le bien-vivre ici doit rester un pilier sociétal.

 

J'y trouve de la peur car lucide de la situation, où même nous ne sommes plus protégés, car en danger permanent face à l'inconnu et la non maîtrise du sujet, pour la population, pour nos familles, pour notre intégrité aussi.

 

J'y trouve du dégoût car à force de ne pas être écouté, l'impuissance de nos émotions prouve que nous ne sommes qu'une souche négligeable de la population aux yeux des observateurs, des soldats de la paix juste là pour obéir, sans réfléchir au sens de leur mission, sans analyser les résultats de leurs interventions, sans réaction face au manque d'attractivité des politiques menées.

 

J'y trouve de la terreur face aux horreurs constatées, commises pas des hommes sans scrupule, sans valeur, sans pitié, sans avenir souvent mais sans barrière égallement.

 

J'y trouve de la fureur car les promesses d'hier ne sont pas tenues, le respect attendu et les changements espérés ne sont que des mots qui demeurent lettres mortes.

 

Tous les matins je me confronte donc à la coupure avec mes émotions, car à l'aube je n'y trouve ni joie, ni surprise, ni tranquillité, éléments au combien importants à vivre au travers de nos émotions, juste pour partir travailler sereinement, sans craindre pour l'autre, sans craindre pour mon collègue, sans craindre de ne pas être à la hauteur des attentes de notre société face à la gangrène qui ronge nos rues.

 

Je suis gendarme, je suis policier, je suis flic, je suis argoulet, je suis indigné. »

 


Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

 

Commentaires

comment va notre libre censeur ?

Écrit par : Corto | 15/11/2011

Et bien écoutez les conseils de votre épouse qui vous suggère depuis de longs mois de prendre votre retraite et de vous requinquer dans les alpes valaisannes.

Écrit par : Hypolithe | 16/11/2011

J'ai lu vos deux dernieres commentaires. Vous reflechissez le matin sur la triste situation en Suisse et surtout a Geneve qui descende vers le chaos de plus en plus dramatique. Moi, je me reveille souvent a 3 ou 4 heures du matin avec ce sentiment que rien ne va plus ici et les autorites ne s'interessent pas que la population souffre. Je vois les choses se degrader depuis environ 12 ans et ca devient toujours pire. Maintenant on a 70 cambriolages par jour a Geneve, selon les HUG une personne est poignarde presque chaque jour, les gens sont agresses regulierement - l'autre jour un monsieur de 82 ans a ete attaque et traine dans la rue par deux maghrebins qui voulaient lui enlever son sac en bandouliere. Il etait deja par terre et les deux commencaient lui donner de coups de pieds dans la tete. Ils sont de meurtriers.

On entend ces histoires presque chaque jour, mais absolument rien d'efficace est fait par les autorites. Incomprehensible. Il faut enfermer meme les soi-dit petit criminels car petits criminels deviennent grands. Quand Champ-Dollon est plein, il faut utiliser les abris civils. Puis dans quelques jours il faut renvoyer ces criminels dans leurs pays d'origine. Presque tous sont des etrangers des memes origines: les pays arabes, les Balkans, Afrique nois et l'ex-USSR. On nous dit depuis 12 ans que le Maroc et l'Algerie n'acceptent pas le retour de leurs ressortissants, mais on n'entend jamais que quelqu'un est alle dans ces pays pour negocier. On pourrait leurs offrir de projets de developpement en contrepartie.

On entend tout le temps que les lois ne nous permettent d'agir. Alors il faut declarer un Etat d'Urgence a Geneve et faire le necessaire pour qu'il fasse bon vivre a Geneve comme il y a 15 ans encore.

Je sens que je vais devenir malade par cette peur que nous ronge jour et nuit. Faut-il que nous achetons des armes a feu pour nous proteger? Comme la police arrete les criminels et puis ils sont relaches, meme ceux qui ont commit de braquages ou qui ont mordu un policier! J'ai jamais ete dans une ville ou les criminels sont libres a commetre n'importe quoi.
Incomprehensible.
Corvert

Écrit par : corvert | 16/11/2011

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