26/12/2011

Sécurité, réintroduire le signe de la main au passage piéton.

Comme la presse le relève, les victimes d'accidents de la route qui se produisent sur un passage piéton sont en augmentation. Si dans une première analyse il ressort que les aménagements urbains propres à ces passages ne sont pas toujours adéquats, voire judicieux, il nous faut aussi se poser la question sur la réelle sécurité qu'accorde le passage piéton à travers le sens de la Loi, et si les comportements de chacun sont suffisants.

Le signe de la main, qui nous fut enseigné à l'école il y a longtemps, fut abrogé en 1994. L'Ordonnance (OCR) déchue requérait un signe de la main pour obtenir la priorité et traverser la chaussée, alors que la Loi LCR) octroyait la priorité sans condition. Une contradiction relevée par le Tribunal Fédéral, qui argumenta que l'Ordonnance pouvait amener les usagers de la route à croire que les piétons n'avaient pas la priorité sans faire un signe de la main.

Seule astreinte, "ils (les piétons) ne peuvent toutefois user du droit de priorité lorsque le véhicule est déjà si près du passage qu’il ne lui serait plus possible de s’arrêter à temps", ainsi les piétons se voient imposer d’estimer la distance et la vitesse à laquelle les véhicules s’approchent et d’attendre en conséquence jusqu’à ce que la priorité puisse s’appliquer.

Le législateur a ainsi annihilé tout langage lié à la gestuelle entre les piétons et les autres usagers de la route. A l'époque, cette gestuelle obligatoire avait fait débat et été supprimée dans l'ensemble de pays de l'Europe occidentale.

Reste que la communication entre usagers de la route demeure un atout important de la sécurité, et la communication non verbale est au premier plan.

Comme le relève l'association suisse des piétons, le signe de la main n’a jamais été interdit ou aboli. Aujourd’hui encore, il garde une utilité lorsqu’on en fait bon usage. Dans des cas précis, il peut contribuer à une meilleure compréhension, mais sans garantie totale de sécurité. Il ne peut en aucun cas remplacer le respect mutuel entre les différents usagers de la route.

Lorsque l’on fait un signe de la main, on ne peut être sûr que celui-ci a été vu et bien interprété, mais il demeure complémentaire et annonce l'intention de celui qui bénéficie de la priorité.

Les piétons donnent parfois un signe de main pour laisser passer une voiture, parce qu’ils ne prétendent pas à la priorité. Lorsque l’on fait un signe de la main pour prendre la priorité, on doit attendre au bord de la route jusqu’à ce que l’on soit sûr que le signe a bien été vu et compris et que le véhicule ait freiné et se soit arrêté.

Il n’existe pas de norme sur la manière de faire un signe de main.

Agiter le bras ou la main peut s’interpréter comme une simple salutation ou un signe de "laissez-passer" ; cette pratique est donc à éviter.

En tant que piéton, on ne devrait pas non plus se fier aux signes de main ou aux appels de phare des automobilistes, puisque le destinataire peut être un autre usager de la route et que la signification du signe n’est pas toujours claire.

Pour un piéton qui veut céder la priorité, un pas en arrière est souvent la meilleure solution. Un mouvement du corps vers l’arrière est clair et reconnaissable de loin.

Reste que le signe de la main demeure pour moi un complément à la Loi, car en lieu et place de l'abroger, il aurait fallu simplement lui redonner un sens, telle est ma proposition :

"Le piéton bénéficie de la priorité, il ne doit toutefois pas user du droit de priorité lorsque le véhicule est déjà si près du passage qu’il ne lui serait plus possible de s’arrêter à temps. Après s'être assuré que la priorité puisse s’appliquer, le piéton donnera alors un signe de la main pour indiquer son déplacement sur le passage piéton."

Une complémentarité nécessaire à mes yeux, pour la sécurité des piétons et afin que la communication soit rétablie entre tous les usagers de la route.

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

Réf : http://www.fussverkehr.ch/fileadmin/redaktion/publikation...

 

 

12:02 Publié dans Culture, Formation, Genève, Histoire, Police, Politique, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook

Commentaires

peut-être un logo attention danger nucléaire obligerait-t'il certains automobilistes dont beaucoup sont des femmes à ralentir, avant de shooter des piétons comme un vulgaire ballon de foot

Écrit par : lovsmeralda | 26/12/2011

Excellente idée.
En tant que piéton et automobiliste, j'observe fréquemment que certains piétons ne regardent même pas les voies de circulation avant de franchir le passage. C'est à mon avis un comportement irresponsable. Il vaut mieux en certaines circonstances céder sa priorité que de forcer le passage. Mais, bon, beaucoup de piétons qui ne sont pas automobilistes ont une rogne contre eux et le manifestent par un comportement condescendant.

Écrit par : petard | 26/12/2011

Je suis automobiliste et piéton. Lorsque je suis piéton je m'efforce, guidé par mon expérience d'automobiliste, de ne pas obliger les automobilistes à freiner brusquement ou inutilement, autant par prudence que par politesse. Lorsque je suis automobiliste je m'attends tout naturellement à rencontrer le même comportement et je suis souvent déçu: non seulement certains piétons m'obligent à freiner alors que je suis le dernier d'une longue queue de voitures (ce qui est non seulement désagréable mais aussi néfaste du point de vue écologique), mais certains se jettent presque sur la chaussée lorsque les conditions rendent un freinage dangereux. D'autres en rajoutent en faisant semblant de ne pas voir l'automobile qu'ils obligent ainsi à freiner, pour affirmer leur droit de passage de manière parfois irresponsable ou pour exprimer leur mépris envers les automobilistes.
Les piétons devraient être éduqués comme les autres usagers des voies de circulation non seulement sur les dangers qu'ils courent, mais aussi sur ceux qu'ils peuvent faire courir.

Écrit par : Mère-Grand | 26/12/2011

Tout à fait d'accord avec Mère-Grand. En effet "l'abus" de priorité de certain piétons est fréquent. J'aimerais également attirer l'attention des mamans qui ont la fâcheuse tendance de "lancer" la poussette sur le passage piéton et advienne que pourra...
En ce qui concerne le signe de la main, pourquoi pas? Mais il serait déjà bien agréable qu'il soit pratiqué pour dire merci à l'automobiliste qui s'arrête pour laisser passer...

Écrit par : Patou | 27/12/2011

@Mère-Grand

"ce qui est non seulement désagréable mais aussi néfaste du point de vue écologique"

Avant de parler écologie, il faudrait peut-être voir pour déposer les plaques !!! Car il n'y a pas pire abbération que de parler écologie et de d'utiliser la voiture au quotidien... surtout dans notre petit pays très bien déservi par les transports publics (cela fait 13 ans que je suis en âge de faire mon permis de conduire et que je persiste, de part mes idéaux, à me déplacer soit à pied, soit en utilisant les TP).

Vous parlez des piétons qui se jettent sur la chaussée, mais vous omettez sciemment de parler des chauffards qui ne ralentissent même pas à la vue d'un passage pour piéton alors qu'il est spécifié dans la loi qu'il faut ralentir, voir s'arrêter lorsqu'un piéton se trouve près des lignes jaunes même si ce dernier n'a pas l'intention de traverser !

Ensuite vous parlez du signe de la main. Pour info, j'avais l'habitude de le faire mais lorsque j'ai constaté que malgré le fait que je sois arrêtée devant un passage pour piéton, que je marquais mon désir de traverser avec un signe de la main, nombreux sont les véhicules qui ne s'arrêtaient pas ! Mais qu'est-ce que ça vous coûte de respecter la loi ?! Faut-il mettre un policier à chaque passage pour piéton pour que vous la respectiez ?

Écrit par : Sybine | 28/12/2011

@Sybine
Vous avez, bien sûr, raison sur presque tous les points, et lorsque je déambule à pied, je maudis aussi les automobilistes mal élevés. J'ai simplement profité de ma double expérience pour faire un commentaire sur les piétons mal élevés ou inconscients.
Quant à ma remarque sur l'écologie, elle ne fait que relever que dans notre monde imparfait où il y a encore des automobilistes :-), il serait en même temps plus prudent, plus sympathique et plus écologique d'attendre cinq secondes la fin d'une queue de voitures pour jouir de son droit légitime :-) de traverser, que d'utiliser ce droit de manière que je juge inappropriée: en effet, le freinage et le redémarrage d'une voiture consomme plus, use plus et pollue donc plus.
Je ne saurais évidemment pas critiquer votre référence à la loi; comme dans d'autres domaines, son application peut cependant parfois être modulée selon les circonstances pour le bien commun. En ce qui me concerne, en tout cas, il m'arrive fréquemment de ne pas user de mon droit de passage légal lorsque j'estime que celui-ci entraînerait soit un danger, une perte de temps, soit simplement un désagrément plus grand pour d'autres que pour moi-même.
Quant aux raisons pour lesquelles je n'ai pas encore déposé les plaques (de ma voiture, s'entend, car pour mon existence ma famille me prie de patienter), elles sont trop nombreuses et trop personnelles pour que je les expose ici.

Écrit par : Mère-Grand | 28/12/2011

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