08/01/2012

La communication est indispensable, jamais suffisante !

 

Le conflit larvé entre les syndicats de police, dont l'UPCP, et Mme Rochat Isabel, Conseillère d'Etat en charge du DSPE, va donc éclore ces prochains jours.

 

En regardant tout ça de loin, le simple citoyen que je suis se pose une question.

 

Comment la situation en est-elle arrivée là ?

 

Premièrement, à mes yeux il ne peut exister un lien de confiance, une relation de travail ou une médiation de valeur sans communication, sans écoute, sans ouverture d'esprit, sans concession. La communication est indispensable, jamais suffisante. Laurent Moutinot en avait fait l'amère expérience, Véronique Pürro voulait la poursuivre mais c'est Isabel Rochat qui s'y attelle aujourd'hui.

 

A lire les journaux, j'ai la vague impression que la présidente du DSPE sait où elle veut aller, pourquoi elle y va et comment elle va y arriver, même si ses choix ne sont pas reconnus, même si ces chois ne sont pas nécessairement les siens.

 

En effet, cette élue du peuple a visiblement, lors de son arrivée, pris la barre du navire « patate chaude » qui avait déjà son gouvernail dirigé en direction de la réorganisation prévue. Impossible dès lors politiquement de changer de cap, même si la « croisière n'allait pas s'amuser ». Donc, aujourd'hui il faut tenir la barre, même si le cap n'est pas le bon, même si au devant l'on devine une tempête.

 

Dans ces conditions, il y a peu ou prou de place pour un dialogue constructif, le tracé étant imposé d'avance, ruinant ainsi toute communication indispensable et liée à l'échange d'idée, avec des visions d'avenir différentes mais réunies par la réflexion, la concertation et la conciliation.

 

Mme Rochat utilise donc visiblement un schéma connu en politique, celui de laisser croire à son interlocuteur qu'il est partie prenante au projet, alors qu'il ne l'est que sur la consultation finale, soit au moment où le paquet est quasiment ficelé. Le paquet est construit ailleurs, par des architectes qui malheureusement eux ne disposent pas des plans des fondations.

 

Une telle méthodologie n'est pas pour créer un lien de confiance, elle peut même se retourner contre celui ou celle qui en use si l'interlocuteur met en évidence cette carence en communication.

 

Aujourd'hui, la seule personne responsable est l'autorité élue, donc Mme Rochat. Au même titre qu'un ministre ne peu en aucun cas charger publiquement un subordonné à titre de bilan, sauf s'il le vire, il ne peut stigmatiser des syndicats qui ne demandent visiblement qu'à être écoutés, à être entendus, pour enfin devenir un partenaire participatif au sujet de l'avenir de leur profession, et ainsi de l'amélioration de la situation sécuritaire de la population genevoise.

 

Une requête qui me semble légitime en démocratie, si bien sûr tel est le but recherché par le pouvoir politique sous cette législature et à travers cette réorganisation.

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

Commentaires

Très bien vu et très bien expliqué. Va-t-elle comprendre ?

Écrit par : Ivan Skyvol | 08/01/2012

En effet, très bon billet, et en effet, comprendra-t-elle ? J'en doute puisque je trouve qu'elle se positionne trop en victime, comme si elle n'a pas choisi d'être au Conseil d'État... Quant à la méthodologie, si elle "n'est pas pour créer un lien de confiance", je dirais qu'elle peut mettre en lumière la mentalité d'un autre temps qui peut-être anime l'esprit de la magistrate.

Écrit par : Patrick | 08/01/2012

Et bien M.Minet il y aurait bcp de commentaires à énoncer après la lecture de votre billet.Ca me démange, le sujet me passionne.....mais
...... vous comprendrez sans doute, qu'ayant été rappelé à mon devoir de réserve par M.Pascal (non ! pas celui de 8h25 sur RSR1)pour ne pas dire aimablement tancé (pourtant j'aime la musique de tance)je vais restreindre mon propos :
- "La seule personne responsable est l'autorité élue, Mme Rochat....". Je crois plutôt que la responsabilité relève du Conseil d'Etat. Considérez-vous d'autre part que Mme la cheffe de la police soit irresponsable ?
Question subsidiaire : sommes-nous d'accord, vous et moi, sur le sens du mot responsable ?
avec considération pour vos prises de position courageuses et ma récurrente interrogation sur votre éventuel et prochain engagement politico-institutionnel.
una volta picconatore
p.l.

Écrit par : pierre losio | 08/01/2012

Cher Pierre,

Je pourrais vous rejoindre sur le fait que la responsabilité relève du Conseil d'Etat, sauf que nos institutions ont changé drastiquement de gestion il y a quatre ans, avec des chargés de départements qui se sont retrouvés avec plus de pouvoirs individuels, une grande marge de manœuvre avec notamment la possibilité d'émettre des Règlements d'application de leur propre chef, dans le cadre de la gestion de leur dicastère. De ce fait, la responsabilité revient alors au magistrat en charge, car comme il nous l'est expliqué, l'administration de l'Etat est divisée en départements en tête de chacun desquels est placé un conseiller d'Etat responsable.

La responsabilité en politique pour un élu, il y en a trois, avant, pendant et après.

Avant elle revient au parti qui aura choisi de mettre en avant un candidat, une élue, avec des idées, des projets, un programme, des promesses souvent.

Pendant, et une fois le plan quadriennal déposé, c'est selon moi bien le magistrat en charge du département qui porte celle-ci sur ses épaules. En cas d'échecs, il devra rendre des comptes c'est certain. Demeure le cas où la conjoncture économique n'a pas offert les possibilités à l'Etat de mener à bien ses programmes, là cet échec serait alors partagé avec ses pairs, et le Parlement probablement, qui demeure le guide économique des politiques choisies.

Après, le peuple et les urnes, bien souvent impitoyables, seront les seuls juges à la lecture des bilans.

Pour ce qui est des responsabilités de la Cheffe de la police, elle porte selon moi, simple citoyen, celles que sa magistrate de tutelle lui aura déléguées à travers des objectifs recherchés, car comme l'aime à le répéter M. Weiss, un cadre supérieur de l'Etat ou un chef de service n'ont pas à discuter les ordres reçus de son magistrat, ils sont là pour obéir, le pouvoir politique demeurant ainsi le responsable suprême.

Et pour ce qui est de mon éventuel engagement en politique ... je dois encore trouver un étendard où le mot liberté y est cousu un fils d'or, car celle-ci n'a pas de prix.

En espérant que mes accords sonnent justes, que mes couplets soient harmonieux et que mes quelques fausses notes soient noyées dans la fosse et la cacophonie de l'orchestre, je vous présente, cher Pierre, mes meilleurs messages.

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

Écrit par : Walter Schlechten | 09/01/2012

depuis le temps on connait la rengaine,parlez plus,dialoguez plus certaines communes ont trouvé la parade,en tournant le dos à leurs administrés préférant fusionner pour faire bien dans le paysage non sans avoir auparavent mis ceux qui auraient dû pouvoir mieux s'exprimer et avoir un semblant de vie terrestre aux mains de SA qui elles n'en ont rien à cirer du dialogue excepté, celui du porte monnaie des contribuables.Mais pour cumuler des casquettes certains on le sait seraient prêts à tuer père et mère,il est vraiment beau le paysage en politique!

Écrit par : lovsmeralda | 09/01/2012

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