15/01/2012

Tout est parti d'un comportement inapproprié !

« Je me souviens de m'être demandé ce que je faisais là, de m'être dis que je n'avais plus l'âge pour et que si cela n'avait pas été pour faire plaisir à mon amie et participer à ce concours de danse, jamais je ne me serais retrouvé en ce lieu.

 

Ce n'était pas la musique qui me dérangeait ce soir là, j'ai par le passé déjà fréquenté assidument cette discothèque, mais la clientèle, trop jeune, turbulente et excitée.

 

J'avais décidé de faire avec, juste une heure ou deux, histoire que ma belle ne soit pas déçue, ni ses deux sœurs qui nous accompagnaient pour ce concours. Faut dire que ce soir là j'étais un peu le King, trois belles filles à mes côtés. Puis, je me souviens aussi de ça :

 

  • On va aux toilettes, tu nous attends là mon cœur.
  • Aucun problème, je vais vous chercher à boire.

 

Les minutes passent et les filles ne reviennent pas des commodités. Je scrute au loin, je les cherche, je les devine enfin. Mon amie est visiblement furieuse.

 

  • Tu ne sais pas ce qui vient de nous arriver dans les toilettes.
  • Euh, non.
  • Un sale type, un petit con en plus, est venu pisser chez nous sans gêne. Je lui ai demandé de sortir, lui indiquant qu'il était chez les filles ici.
  • Et ...
  • Eh bien ce pauvre type m'a saisie par les cheveux, m'a tirer la tête en arrière et m'a traitée de salle pute, en m'intimant l'ordre de fermer ma gueule.
  • Tu plaisantes, il est où ce sale con.
  • Je ne sais pas, il est resté aux chiottes je crois ..  J'ai voulu lui mettre une gifle à ce morveux mais je n'ai pas osé.
  • Bouges pas, je vais aller le voir.
  • Il est là, il arrive, c'est lui (elle me le désigne du doigt).
  • T'es là la pute.. Et toi mec, t'as quoi toi à me regarder comme ça, un problème.
  • C'est toi visiblement le problème, de quel droit tu insultes ma copine.

 

Aucune réponse ne viendra. Soudainement le petit caïd de la soirée me saisi le cou de sa main droite et serre. Je pratique comme par réflexe une clef de poignet et croyant me libérer de cette étreinte. Fausse impression d'un combat égal, je reçois alors un énorme coup de poing d'un grand mec qui se trouvait derrière le petit caïd, puis un coup de pied dans le dos d'un autre que je n'avais pas deviné derrière nous. Au sol, un troisième, un black je me souviens, m'assène à son tour un énorme coup de pied au visage.

 

Je vois les étoiles, je ne comprends pas ce qui m'arrive, les coups pleuvent de partout. Je me relève et je me place devant les trois sœurs qui hurlent, ne voulant pas qu'elles prennent un coup. J'allonge une droite au caïd qui revenait vers moi menaçant, mais c'est la seule que j'aurais rendue car c'est de suite une bousculade géante qui nous entraîne vers la sortie. Un videur, puis deux, puis trois sont intervenus. Ils nous sortent des cette cohue, pour nous protéger mais je ne le comprendrai que plus-tard.

 

Tous les témoins sont là, m'expliquant que se sont cinq français m'ont agressé comme des brutes. Je demande que l'on appelle la police mais pas d'ambulance, même si j'ai le visage en sang. Mon t-shirt est déchiré et que je sens bien que j'ai ramassé.

 

Les videurs m'annoncent que les types on quitté la salle, l'un d'eux aurait une 205 grise immatriculée dans le 74. J'apprends alors très vite qu'ils viennent de Cluse, que là-bas ils font la loi tous les soirs, et qu'ici ils ont déjà menacé un videur avec une arme à feu il y a deux semaines.

 

La police arrive, plusieurs patrouilles même. J'explique, de donne des signalements, d'autres témoins s'annoncent spontanément. J'enlève encore mon t-shirt souillé de sang. Je suis là, comme un con, à torse nu dans la rue, quai Ernest-Ansermet, où les policiers ont mis en place un barrage filtrant, à la recherche de la 205 grise, en vain.

 

C'était en 1991, j'avais 24 ans. Un vendredi soir comme les autres pour moi, une sortie où je m'étais rendu à Jackfill avec ma copine et ses deux sœurs, juste pour participer à un concours de danse. Je n'étais pas retourné dans cette discothèque depuis deux ans au moins, ma vie était ailleurs.

 

J'étais un jeune flic en congé avec une tête au carré, suite à une mauvaise rencontre. J'étais là au mauvais moment, au mauvais endroit, en colère contre les éléments, en colère contre moi de n'avoir pas su, de n'avoir pas pu.

 

Ce soir là, j'ai voulu défendre l'honneur de mon amie, mais ce soir là je suis tombé sur cinq courageux qui m'ont éclaté la tête. Je n'ai jamais retrouvé ces gens, ai-je même cherché, je ne le crois pas, mais par contre je me souviens de tout. »

 

Réalité ou fiction, je vous laisse choisir, mais cette histoire peut arriver à tout le monde, je vous le promets.

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

20:24 Publié dans Culture, Fiction, Genève, Histoire, Lettres, Loisirs, Musique, Police, Région | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook

Commentaires

Cher Minet, si un malotru quelconque s'en prenait à ma compagne en la traitant de pute, je répondrai très probablement de manière physique, même à 57 ans. A fortiori à 24... Ceci dit, on peut adorer la danse, ce qui est mon cas, et donc se retrouver régulièrement dans des établissements nocturnes, sans se mettre dans des états seconds. Qui plus est en public. Je ne parle pas pour vous là, ni même pour qui vous savez, ignorant totalement à ce jour les circonstances exactes de l'incident dont tout le monde parle.
Concernant votre histoire, j'ai le sentiment qu'il manque un épisode. A vous lire, ces cinq sales types avaient visiblement préparé leur coup. Pourquoi ? Ils voulaient sans doute faire un exemple, pour imposer leur loi, mais pourquoi vous ? Comment pouvaient-ils savoir que vous étiez gendarme ou que vous aviez un savoir-faire en matière de combat rapproché ? Pourquoi se positionner ainsi d'entrée de manière à ne vous laisser aucune chance ?
Etait-ce juste qu'ils étaient jaloux de vos trois belles copines, ou l'une d'elles aux toilettes avait-elle lâché un truc genre "je vais le dire à mon copain il est gendarme !". Ce qui ne justifie d'aucune manière le fait de s'en prendre à vous de manière aussi lâche, c'est juste que j'essaie de comprendre ce qui a pu se passer dans leurs têtes de petites frappes ?
Par ailleurs, je me souviens d'une histoire un peu similaire, devant le Palladium, à la différence essentielle que les deux fauteurs de troubles copieusement avinés, qui cherchaient noise à tous les mâles, avaient un sérieux accent valaisan. Juste pour rappeler que les lâches et/ou les bagarreurs ne sont pas forcément des "74".

Écrit par : Philippe Souaille | 16/01/2012

@ PS

Ainsi donc vous confessez avoir tendance à vous faire justice vous même et vous le revendiquez. Et bien moi je pense que de ne pas se faire justice est un précepte moral cardinal. Précepte que l'on m'a inculqué dès mon enfance, y compris à l'école. Et il est légalement consacré. Réagir physiquement est une infraction (voie de fait; lésion corporelle simple). La provocation est une circonstance atténuante. C'est tout. L'infraction demeure. Et un gendarme qui prônerait le contraire serait un gendarme suspect de vouloir devenir sherif, par là j'entends d'être gendarme, procureur, juge et bourreau. Un certain nombre de candidats à la gendarmerie sont d'ailleurs éliminés à raison de ces tendances. Vous vous êtes donc auto-délivré un certificat d'inaptitude.

Ce qui se passe dans leur tête de petite frappe ? Mais la même chose que dans la vôtre. Narcissisme secondaire.

Rappelons donc que légitime défense n'est pas légitime vengeance, et qu'elle doit être proportionnée. Cogner face à une injure n'est pas proportionné. Quant au flagrant délit, il suppose de ne pas pouvoir faire appel à la police ou, à mon sens, que celle-ci refuse d'intervenir.

Dans la description de minet, rien d'illégal de la part du gars de 24 ans qui ne fait que demander des explications.

A propos de l'incident qui défraie la chronique locale, il me semble utile de relever que le sage ne se trouve pas où il ne faut pas être et qu'un Conseiller d'Etat est sensé être sage.

Écrit par : CEDH | 16/01/2012

CEDH, l'un des problèmes de notre société, genevoise en particulier, réside dans une forme avancée de déresponsabilisation individuelle. Qui procure certes de confortables revenus à votre profession, mais qui multiplie les affaires devant les tribunaux et occupe inutilement les forces de police. Après que vous ayez un contrôle parfait de vos taux de testostérone, ou des carences en la matière, c'est votre affaire. De même que mon degré de narcissisme n'est pas le vôtre.
Voilà pour les généralités. Dans le détail, vous me faites comme souvent un procès d'intention. "Réagir physiquement" lorsque l'on insulte gravement ma compagne ne signifie pas que je vais ouvrir immédiatement la boîte à marrons. Avant cela, il s'agit effectivement de bomber le torse, d'enlever mes lunettes, de demander des explications, voire des excuses.
A vrai dire là seule fois où cela m'est arrivé, suite à un désastreux Temps Présent dans lequel ma compagne d'alors, comédienne, avait accepté de jouer le rôle d'une prostituée pour rendre service à un copain journaliste, cela c'est terminé ainsi: par des explications entendues par l'importun du fait d'une présence physique accordée aux circonstances. Et suivies d'excuses dudit importun. Sans violence au final.
Je ne suis pas un fan de Charles Bronson, très loin de là. Mais entre une explication "loyale" et le justicier masqué qui flingue à tout va, il y a un monde.
Maintenant sur l'affaire Mark Muller, je constate que l'on en sait un peu plus et que l'on semble assez loin des sous-entendus égrillards des premiers textes sur l'incident. Toute l'altercation semble en grande partie due à des quiproquos. Sans entrer en matière sur la suite, à savoir que MM aurait sans doute mieux fait d'en parler immédiatement.
MM et sa connaissance n'étaient pas dans les toilettes publiques de l'établissement en train de s'envoyer en l'air, contrairement à ce que l'on pouvait déduire des premiers textes. Elle avait fait profiter le Conseiller d'Etat des toilettes du personnel, pour éviter l'affluence et on peut le supposer l'état des toilettes publiques.
Petite entorse à l'égalité de traitement, mais bon, quel élu n'en profiterait pas ? Le barman est intervenu en s'imaginant probablement des choses et MM est sorti. Nouveau quiproquo au dehors, MM a cru que le barman lui en voulait pour des raisons politiques, ce qui n'était apparemment pas le cas, et que sa copine avait été molestée. Jusque là ça se tient. Après qui a porté les coups en premier, je n'y étais pas. Et si c'est Mark Muller, je pense qu'il n'aurait pas du le faire.
De là à porter plainte pour une altercation de ce type, c'est parfaitement légal, mais je pense que c'est exagéré. Et pour le coup politique. Si Mark Muller n'avait pas été Conseiller d'Etat, je doute que le barman aurait porté plainte...

Écrit par : Philippe Souaille | 16/01/2012

@ M. Walter Schlechten : "Réalité ou fiction, je vous laisse choisir, mais cette histoire peut arriver à tout le monde, je vous le promets."

Je ne le pense pas. Il est arrivé une fois ceci. Alors que je marchais dans un hall d'université avec une amie, un jeune homme s'approche et demande à parler à cette amie en particulier. De loin, je vois que la discussion devient houleuse, puis ils en viennent à se donner des coups. Ni une ni deux, je me suis précipité et j'ai pris cette amie par la taille et l'ai entraînée au loin hors de l'université. Mis fin à la violence. Conduite qui m'a été reprochée par cette amie. Pourquoi donc suis-je persuadé d'avoir échappé à un guet-apens?

Il suffit d'être plus intelligent que l'autre, c'est-à-dire de ne pas se placer à son niveau.

@ M. Philippe Souaille : "c'est juste que j'essaie de comprendre ce qui a pu se passer dans leurs têtes de petites frappes ?"

N'est-ce pas totalement inintéressant?

"Avant cela, il s'agit effectivement de bomber le torse, d'enlever mes lunettes, de demander des explications, voire des excuses."

N'est-ce pas le comportement manifeste d'un primate qui veut assurer sa domination?

Écrit par : Charles | 16/01/2012

Charles, bien que primate (ce que nous sommes tous, biologiquement parlant) mon esprit d'analyse m'a permis de conclure qu'en maints situations, si l'on se contente de fuir, on abandonne le terrain à ces petites frappes. Et bientôt vous n'avez plus d'endroit où fuir. C'est vrai à l'échelle individuelle comme à l'échelle de la société. Face à un enfant qu'il faudrait gronder, comme face à un malabar qui ne s'attend pas à ce qu'on lui résiste.
Par ailleurs, entre ne pas se laisser marcher sur les pieds et vouloir assurer sa domination, il y a une marge qui apparemment pour être comprise (et assumée), demande une certaine dose de primatitude :-)
Encore que l'enlèvement de la femelle, entre nous, soit un comportement un brin primitif également. A fortiori contre son gré !

Écrit par : Philippe Souaille | 16/01/2012

@ PS

Vous pouvez sans autre bomber le torse, enlever vos lunettes et demander des explications en commençant par "Moi Souaille, Elle compagne". En effet, ce début ne sera pas perçu comme une menace mais détendra l'atmosphère.

A propos, empoigner quelqu'un pour lui demander des explications c'est clairement de la contrainte au sens de l'article 181 CPS. Je dis cela pour la version TDG des aventure de Mark Müller pas pour vos : "(l)es explications entendues par l'importun du fait d'une présence physique accordée aux circonstances. Et suivies d'excuses dudit importun.". Gageons que Zapelli du PLR (comme Mark Müller) n'oubliera pas, si besoin est, que cet infraction est poursuivie d'office et que le NCPP instaure la légalité des poursuites.

Écrit par : CEDH | 17/01/2012

Il y a des tas de façon de détendre l'athmosphère, CEDH. L'une d'entre elles consiste à faire des effets de robe. Cela plait beaucoup...
Je me souviens d'un spectacle des Mirabelles, travestis brésiliens qui se faisaient chahuter par une bande de Hells Angels dans le public... Les Mirabelles en petite tenue sont venues s'asseoir sur les genoux des malabars pour leur caresser la barbe... Qui se sont liquéfiés instantanément. Pour parler trivialement, elles semblaient en avoir davantage sous la nuisette ce soir là que les bikers dans leurs jeans...
N'étant ni travesti ni Johnny Weismuller, bien qu'ayant fait de la natation, je préfère pour ma part expliquer au costaud qui m'importune, ce qui m'est arrivé quelquefois, après avoir enlevé mes lunettes, que je me suis déjà fait casser le nez, qu'il va certainement gagner, mais que je ne vais pas céder et qu'il va avoir mal aussi. Et qu'il risque un procès au final, car je n'ai jamais, jamais frappé le premier. Je glisse sur les incidents m'ayant parfois opposé à des costauds armés, qui en voulaient à mes caméras ou autres...
Vous avez bien de la chance, CEDH, de ne vous être jamais retrouvé dans une situation que nul homme de loi (avocat ou policier), ni papa, ni maman, ne pouvait résoudre à votre avantage à temps... Cela implique une très grande prudence d'où découle visiblement votre obsession de l'anonymat. Mais qu'est-ce que votre vie a du être ennuyeuse.

Écrit par : Philippe Souaille | 17/01/2012

@PS

Les motifs de mon anonymat ressortent de la fin de mon dernier commentaire sur votre blog. Celui que vous n'avez pas publié.

Écrit par : CEDH | 17/01/2012

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