29/02/2012

"Genève bouge"



"Genève bouge", ce qui pourrait être un slogan accrocheur pour le renouveau de notre canton n'est en fait qu'un constat d'échecs.

Échec d'une législature pour un pouvoir exécutif qui se devait d'être guidé par la collégialité, avec un éclatement de sa structure, de ses repères, de ses valeurs probablement à travers un plan quadriennal qui ne sera pas tenu, ni reconnu. Des problèmes institutionnels et humains qui auront pris le dessus sur les objectifs réels et politiques attendus.

Échec d'un Parlement qui a vu ses contre-pouvoirs exploser avec une redistribution des cartes qu'il n'avait pas envisagé. Une métamorphose du schéma politique classique qui n'aura pas permis au pouvoir législatif de travailler sereinement, les alliances d'un jour n'étant plus celles du lendemain, tant le positionnement de chacun des acteurs s'est dispersé, tout comme les idéaux parfois.

Échec d'une Constituante qui à trop vouloir revisiter les écrits fondamentaux  va se retrouver avec un projet qui s'est éloigné des aspirations et des besoins de la République, des Institutions et de l'humain, à travers des valeurs, des croyances, des visions du monde qui ne correspondent pas aux besoins identitaires de notre population.

Échec pour un canton qui à force d'oublier d'en devenir égoïste se perd dans un projet d'une région Franco-Valdo-Genevoise où nos partenaires ne sont pas impliqués avec les mêmes besoins, avec les mêmes volontés, avec les mêmes enjeux, avec le même esprit.

A qui perd gagne Genève s'enlise dans la médiocrité, voulant sauver une image universelle sans se rendre compte que chaque jour elle perd un peu plus de son identité.

L'Esprit de Genève n'est pas mort, mais il doit retrouver son souffle très rapidement au risque de s'éteindre définitivement, tel sera le pari inévitable de la prochaine législature.

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19/02/2012

Coûts des heures supplémentaires de la police, qui a intérêt à attiser une telle polémique ?

 

Ainsi donc les heures supplémentaires de la police sont en augmentation, ainsi donc les heures supplémentaires de la police ont un coût, pourtant :

 

J'ai souvenir d'une Commission des finances qui hurlait au sujet d'une prime demandée pour des heures supplémentaires effectuées.

 

J'ai souvenir d'une Cour des comptes qui fustigeait l'opacité du mode de compensation et de paiement des heures supplémentaires.

 

J'ai souvenir d'un Grand argentier qui désirait maîtriser ces coûts avec une Loi, des Règlements.

 

J'ai souvenir d'un Président de département qui expliquait déjà que le manque d'effectifs avait des répercutions sur les engagements opérationnels, et donc sur le nombre d'heures supplémentaires nécessaires.

 

J'ai souvenir d'un protocole d'accord signé, de l'entrée en vigueur d'une nouvelle Loi sur la police et d'un Règlement d'application.

 

J'ai souvenir que c'est l'employeur, sous la pression de la Commission des finances, de la Cour des comptes, du Parlement, qui a proposé :

 

  • Une modification de l'âge de la retraite, mettant au bénéfice d'un pont les plus touchés, sans opacité;
  • Un lissage de la grille salariale, sans opacité;
  • Des débours forfaitaires, sans opacité;
  • Des horaires annualisés, sans opacité;
  • Une compensation des heures supplémentaires de 25 % sur un jour de travail et de 100 % sur un congé, ce qui se rapproche le plus du MIOPE, sans opacité;
  • Un mode de récupération, puis de paiement des heures supplémentaires réglementé, sans opacité;
  • L'instauration d'un Piquet, pour des besoins opérationnels évidents, avec une compensation de 15 %, sans opacité;
  • Une fiscalisation de l'indemnité pour risque inhérent à la fonction, que les syndicats ont combattue en vain, le tord étant physique et moral, une imposition sans opacité.

 

Toutes ces modifications devaient, si je me souviens bien, apporter une grande clarté dans la gestion de la police, allant de ses engagements à ses budgets en passant par son mode de rémunération.

 

Aujourd'hui, nous citoyens constatons que nous avons des policiers avec un horaire annuel aux normes, des débours reconnus comme frais réels, un salaire d'une grande clarté, des prestations étatiques réglées par une Loi et des Règlements, une retraite adaptée aux règles fédérales.

 

Reste qu'une « réorganisation » de la police est prévue par le Département et une Cour des Comptes qui voudrait que ses recommandations inadaptées soient mises en application.

 

Reste un Grand argentier qui peut budgétiser tous ces frais sans opacité.

 

Reste le véritable problème du manque d'effectif et pour lequel le recrutement n'est pas encore une réussite, constat qui devrait faire dire à l'employeur qu'une redistribution du cahier des charges entre les divers partenaires serait plus efficiente qu'un hypothétique tsunami de personnel, qui aurait de facto un coût de gestion dont personne ne parle à ce jour.

 

Alors, à qui profite le crime, car les problèmes rencontrés par nos policiers ne sont pas en lien avec leur rémunération, mais bien avec des choix politiques, législatifs et administratifs. Aujourd'hui, les responsabilités sont donc politiques, pas policières.

 

Il est vrai que pendant que l'on parle de gros sous, on ne parle plus d'insécurité, mais sachant que la sécurité à un coût, tout comme la santé, qui a donc intérêt d'attiser une telle polémique ?

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

09:42 Publié dans Associations, Culture, Economie, Genève, Images, Médias, Police, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

13/02/2012

Les Dieux de l'Acropole regardent l'Europe et lui demandent de revisiter ses valeurs.

Alors que les événements se précipitent en Grèce, je crois que notre société se retrouve à un tournant important pour la civilisation occidentale. Après le « printemps arabe », voilà que c’est l’Europe qui gronde, qui résonne, qui détonne, qui s'interroge, qui ose.

Les populations européennes sont devenues les otages d’un système économique et financier basé sur la croissance, sur la spéculation, sur une monnaie qui a une certaine valeur mais qui a perdu toutes ces valeurs.

Les politiques monétaires et budgétaires menées précipitent actuellement l’Europe dans un précipice, dans lequel quelques États membres sont déjà tombés. Ces derniers ne se retiennent encore que par que quelques baudriers accrochés aux cotations de la bourse et aux aides financières accordées, une sécurité précaire basée sur des valeurs qui n’en sont pas.

Dans les prochains mois, la révolte populaire européenne sera pécuniaire et sociale, en lutte contres les systèmes financiers en place. La politique du développement économique durable devrait devenir la référence dans une société de libre échange où la croissance ne sera plus la valeur primaire, déclassée qu’elle serait par le partage des richesses, du travail et des biens de premières nécessités.  

Cette crise qui sera sans précédant va surtout réveiller les consciences, qui vont devoir se retourner sur notre société avant d’en redéfinir les véritables valeurs. Soyons certain que le « Nouveau Monde » est en route, il devrait éclore le 21 décembre 2012.  

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon. 

10/02/2012

"Maman, lettre d'adieu"

 

Maman.

 

Perdus au milieu des larmes, nous sommes heureux.

 

Heureux de te savoir libérée d'une maladie cruelle, que tu as combattue avec courage.

Heureux de te savoir délivrée de souffrances, que tu as supportées avec courage.

Heureux de te savoir en paix face à tes peurs, que tu viens de dompter avec courage.

 

Perdus au milieu des larmes, nous sommes heureux.

 

Heureux de t'avoir accompagnée, avec amour, jusqu'au bout du chemin.

Heureux d'avoir partagé des mots d'amour, tout le long de ce chemin.

Heureux d'avoir reçu ton amour, du début, à la fin de ce chemin.

 

Perdus au milieu des larmes, nous sommes heureux.

 

Heureux d'avoir eu la chance de nous dire je t'aime.

Heureux d'avoir eu le bonheur d'écrire je t'aime.

Heureux d'avoir pu t'accompagner car on t'aime.

 

Perdus au milieu des larmes, nous sommes heureux.

 

Heureux de tenir nos promesses, déposées par amour.

Heureux de prendre soins des tiens, avec amour.

Heureux de te garder en nos cœurs, preuve d'amour.

 

Perdus au milieu des larmes, nous sommes heureux.

 

Heureux car tu as quitté ceux que tu aimes, pour retrouver ceux que tu avais illuminés.

Heureux car tu t'es envolée vers les cieux, pour devenir une étoile illuminée.

Heureux car tu veilles sur nous, telle une flamme qui nous montre ce chemin illuminé.

 

Perdus au milieu des larmes, nous sommes heureux.

 

Heureux car ta beauté, ton charme, tes rires, tes sourires, tes manies, tes faiblesses, ta force et ton courage nous accompagnent sur le chemin qui se présente à nous, car l'amour lui, est éternel.

 

"Tu nous as donné la vie, tu nous as offert la tienne, on t'aime Maman"

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

(Lettre lue ce matin, lors de la cérémonie d'adieu)

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06/02/2012

Un amour infini est né !

 

Dimanche matin, cinq heures moins le quart, la femme que j'aime me réveille.

 

-   Ton père vient d'appeler, il cherche à te joindre sur ton portable mais n'y arrive pas, il dit que ta maman ne va pas bien.

 

Je sursaute et vérifie mon téléphone que j'avais pourtant laissé à mes côtés. Un appel en absence effectivement,  il y a deux minutes, mais émanant du Natel de Maman. Pris d'une angoisse profonde je rappelle immédiatement ce numéro. Alors que la sonnerie retenti, je pense à elle, me dit qu'elle est mal, qu'elle n'arrive pas à joindre mon père, qu'elle m'appelle. Sa dernière nuit avait été pénible, elle doit souffrir à nouveau. C'est mon père justement qui décroche. Sa voix est calme mais rauque, je le devine un peu perdu.

 

-         Maman va très mal, elle a fait une hémorragie cette nuit, peux-tu venir ?

-         J'arrive, mais où êtes-vous ?

-         A Beau-Séjour, où maman est hospitalisée.

-         J'arrive tout de suite papa.

-         Ne te met pas sur le toit, c'est verglacé.

-         Non, non, mais je viens tout de suite.

-         Tu devras rentrer par les urgences, derrière le bâtiment car la porte d'entrée principale est fermée la nuit. Il y a un interphone tu verras.

-         Je vois très bien où c'est, j'arrive.

 

Ils sont à Beau-Séjour. Elle y est entrée il y a trois jours en attente d'une radiothérapie, dernier acte possible face à l'avancée de la maladie. Alors que j'enfile un pantalon, un t-shirt, un pull, les idées se bousculent en moi. Je les ai quittés hier soir peu avant la fin des visites, elle était angoissée, elle appréhendait la nuit mais comme tous les soirs depuis dix jours. Je me revois l'embrasser et lui dire à demain. Je me revois lui faire un signe de la main.

 

Clefs en main je cherche mon porte-monnaie. Ma douce et tendre me devine affolé, elle comprend que quelque chose en va pas, me dis qu'il est posé au salon et m'embrasse avec passion, elle me demande encore de la tenir informée. Je devine sa grande compassion sur son visage.

 

Je l'embrasse et sans trop savoir pourquoi la remercie sincèrement de m'avoir réveillé, d'avoir entendu le téléphone, mais au fond de moi je sais qu'elle vient de me laisser une chance de voir ma mère une dernière fois. Des semaines que je dis à mon père de m'appeler si problème il y a, et cette nuit je n'ai pas entendu le vibreur de mon portable, un comble.

 

Personne sur la route, mais elle est dangereuse alors je reste prudent, même si en moi un tic-tac biologique me dit de ne pas perdre de temps.

 

Voiture garée, je sonne à l'interphone. Le gardien de nuit me répond et ouvre la porte à l'énoncée de mon nom de famille, comme s'il attendait mon arrivée. Je prends l'ascenseur et machinalement j'appuie au deuxième, où se trouve sa chambre. Je regarde si un autre étage annonce des salles de soins, un bloc opératoire, en vain. La porte s'ouvre enfin sur l'étage. Mon père est là, seul dans le hall, assis sur une chaise. Il se retourne et me regarde. Ses traits sont tirés et il est livide.

 

-         Maman est partie.

-         Partie, mais ....  Décédée ?

-         Oui, il y a quelques minutes, je suis désolé Walter.

 

Le silence qui régnait dans les couloirs à mon arrivée m'envahit soudainement, un bourdonnement me gagne et mes jambes se dérobent. Je dois m'asseoir, je m'affaisse dans un siège.

 

Je ne saurais aujourd'hui vous décrire les instants qui ont suivis, je ne saurais aujourd'hui vous offrir les ressentis partagés, je ne saurais aujourd'hui vous emmener avec moi dans ce voyage partagé en famille, je ne sais même pas si j'en ai envie.

 

Je vous dirais simplement que je l'ai embrassée longuement, que je l'ai veillée durant cinq heures, que j'ai partagé avec elle quelques musiques au pied de son lit, que j'ai dit à mon père que je l'aimais, que j'ai pleuré, que depuis une brûlure indéfinissable me serre l'estomac, que j'ai beau me dire que c'est une délivrance pour elle, mais rien, non rien ne vient adoucir ma peine, ma tristesse, mes sanglots.

 

A toi ma sœur en larmes, je t'offre mon amour, mon courage, mon cœur et mes bras.

 

A toi mon père, toi qui a été si digne et aimant avec elle, qui l'a accompagnée jusqu'à la fin avec tout l'amour du monde, je t'offre mon amour, mon écoute et surtout mon épaule pour que tes larmes s'y déposent.

 

A toi maman, je te promets que je vais m'occuper d'eux, que je vais garder en moi tes sourires, tes je t'aime, la douceur de ta peau et la sérénité de ton visage. Je vais surtout te dire merci, merci d'avoir été là, merci d'avoir lutté avec courage, merci de m'avoir montré le chemin de l'amour, de celui d'une mère qui sera resté protecteur jusqu'au bout pour sa famille. Tu nous as donné la vie, tu nous as offert la tienne.

 

Repose en paix, car je te sais maintenant libérée et, depuis cette nuit, une étoile de plus brille au ciel, car un ange hier matin y a rejoint les lumières éternelles, car ni l'amour, ni le courage n'auront suffi à vaincre la maladie.

 

« On t'aime à l'infini Maman »

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

05:55 Publié dans Femmes, Lettres, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (16) | |  Facebook