25/04/2012

Michel Chevrolet, un petit diable chez les anges !

 

En ce 24 avril 2012 tu nous as quitté, subitement, seul, sans prévenir, sans publicité ni communication extravagante ou ciblée. Pas de tramway nommé Départ pour ce dernier envol.

 

Je ne pense pas que tu aies précipité ce dernier voyage, même s'il est prématuré, même s'il est si soudain. Il n'était pas prévu et c'est certain personne ne l'envisageait autour de toi. On ne meurt pas à 39 ans, on croque la vie même si elle est marquée de cicatrices.

 

Tu avais des projets plein la tête pour ton appartement, pour ta boîte de communication, pour Genève la ville de ton cœur. Tu visais haut, tu visais loin, tu visais grand pour notre cité, car si l'Argentine était ton pays de sang, Genève demeurait ton amoureuse.

 

Épicurien tu aimais la fête, les bons petits plats et les bons vins. Tu dévorais la vie, un peu trop vite parfois mais toujours pour aller plus loin, pour avancer, pour vivre tout simplement,  comme si tu craignais d'en perdre le souffle durant une seconde, une minute ou une heure.

 

Nous avons mangé ensemble il y a onze jours. Tu m'avais invité dans un estaminet de cette Vieille Ville que tu appréciais tant. Tu voulais le meilleurs pour tes amis, tu voulais le meilleurs pour tes proches, tu voulais le meilleurs pour ta ville et sa population. Durant ce repas, tu as tenté de me convaincre de ne jamais m'engager en politique, non pas que je n'en aie pas les compétences, mais parce que tu m'estimais trop droit, trop franc, trop libre aussi. Tu m'as invité à poursuivre mon blog de libre-penseur et pourquoi pas à écrire un livre. Tu voulais aussi que je rejoigne ton groupe de réflexion, pour voir Genève autrement, sans politicien. Je t'ai écouté, sagement, je t'ai répondu et nous avons trinqué à cette amitié qui était pourtant improbable il y a quelques années, nos chemins étant si différents, et pourtant nous avons bu ensemble ce midi là à la liberté de pensée.

 

On t'aimait ou l'on ne t'appréciait pas, il n'y avait pas de juste milieu envers toi. Un jour je t'ai dit qu'en politique si Stauffer était l'agitateur de la République, toi tu en étais l'amuseur. Tu as ri jaune, amuseur n'était pas de circonstance probablement. Pourtant, c'était un compliment car tu savais parler de tout avec humour tout en restant proche des gens, de leurs préoccupations, de leurs problèmes, de leurs attentes et de leurs idées aussi, tout en gardant ce rire communicatif qui résonne encore.

 

Il y a trois ans, je me suis retrouvé face à mes juges, une procédure disciplinaire administrative du Conseil d'Etat lancée et signée par deux Conseillers d'Etat sortants. Ils n'avaient pas aimés mes mots, ils n'avaient pas aimé mon ton, ils n'avaient pas aimé mes écrits, ils n'avaient pas aimé mes vérités. Cette lourde procédure, durant laquelle ma révocation avait été envisagée, n'a pas été simple à supporter, même si j'ai assumé mes actes, mes paroles et mes écrits, voire mes responsabilités. Si excuses il y a eu de ma part, on blesse parfois les hommes avec les mots, je n'ai jamais baissé les yeux face à l'adversité et tu as été le seul du monde politique à avoir pris ma défense, à avoir plaidé ma cause auprès de tes connaissances influentes. Ton aide, à ce moment de ma vie, m'a été précieuse et tu y as gagné mon amitié sincère.

 

On ne va plus refaire le monde, il est trop tard mais je sais aussi que tu es en paix maintenant, loin de quelques démons qui accompagnaient ta vie, comme si tu n'avais jamais eu le droit de vivre en paix, d'être reconnu, d'être apprécié pour ce que tu étais et pas pour ce que tu représentais.

 

Les anges vont rires un bon coup avec toi, de belles soirées en perspectives et je suis même certain qu'au paradis des petits diables il y a une place pour ta boulimie de rencontres, de découvertes et de projets, comme apprendre aux Saints à mieux communiquer avec nous par exemple, pauvres humains abandonnés que nous sommes et qui avons perdu brutalement un ami, un de ceux qui sont proches des gens et qui nous manquent terriblement aussitôt disparus !

 

Adieu Michel, Minet et Maïté qui t'embrassent !

 

Walter Schlechten, habitant la Croix-de-Rozon

 

 

Michel.jpg

 

 

Commentaires

Magnifique message pour Michel qui était un personnage hors du communs.
R.I.P. Michel

Écrit par : Martin Mooijman | 25/04/2012

Bel hommage. Beaucoup de sensibilité. Michel Chevrolet dérangeait certains, parfois, mais il était sincère. Tous les politiciens ne peuvent en dire autant...

Écrit par : A. Piller | 25/04/2012

Un hommage mérité pour une personnalité foncièrement humaine rencontrée dernièrement via Facebook. Son immense sourire nous manquera et j'adresse mes pensées émues à toute sa famille. RIP El Che Vrolet !

Écrit par : Germain Leutwyler | 25/04/2012

Bel hommage, belle écriture... RIP Michel Chevrolet

Écrit par : Adam | 25/04/2012

Les commentaires sont fermés.