08/10/2012

Hommage à Monique Stadlmayer

Mon cœur est triste ce soir, cette saloperie de maladie a emporté une belle personne. Une injustice de plus qui a frappé une femme souriante, dévouée, engagée et courageuse. Ta lutte contre la maladie a été longue, si longue. De plus, tu n’as pas été épargnée par les embûches de la vie, ton compagnon t’ayant été arraché sans prévenir. Ce soir je sais que tu as rejoins l’homme que tu aimais, ce soir je sais que tu ne souffres plus, ce soir je te sais sereine. 

C’est à mon arrivée à l’UPCP que nous avons fait connaissance, toi la grande et moi le petit. Tu avais l’expérience du comité, l’expérience des négociations contractuelles, l’expérience de la vie aussi. Ton parcours professionnel n’a pas été simple car tu en voulais, comme si tu avais perpétuellement cherché à être l’égal de l’homme dans cette profession masculine. Pourtant, à travers tes combats, tous tes combats, tu as été bien plus forte que bien des hommes.

C’est souvent une leçon de vie que tu nous donnais en nous rappelant des principes élémentaires. Tu n’oubliais jamais les malades et ceux touchés par le malheur dans nos corporations. Nombreux sont ceux et celles qui ont reçu ta visite, avec cette empathie et ce sourire qui te caractérisaient si bien. Tu savais aussi remettre les chics-molles en place, avec toi il ne fallait pas se plaindre pour rien, il fallait lutter, il fallait avancer sans rien attendre des autres.

Tu n’étais pas religieusement croyante, il me semble, mais tu aimais à croire que l’esprit humain avait la force de, le pouvoir de, si la volonté était là. Je me rappelle de cette discussion où nous avions parlé de ta maladie, je t'avais offert mon écoute mais tu avais déjà cette conviction profonde que la solution était là, juste au dessus de ta tête, à travers cet esprit, cette âme, telle une présence, une puissance capable de tout qui émane de nous et qui ne vient pas d’ailleurs.

Ton sourire et ton regard pétillant étaient une lumière perpétuelle pour nous, tout comme tes coups de gueule étaient redoutables, redoutés. Tu es la première femme que j’ai connue qui voulait se battre comme un homme, avec les mots, avec force, avec une présence physique qui démontrait ton engagement, tout en gardant cette sensibilité féminine. 

Pour ces quelques années partagées avec toi, pas toujours dans la bonne humeur mais noyées dans la franchise, je te dis merci ce soir. Tu sais, je ne savais pas que tu étais au Chuv, sinon je serais venu te dire au revoir, comme toi tu l'as fait pour bon nombre de nos malades à qui tu rendais visite. Tu méritais mon amitié, tu méritais cet au revoir. 

Repose en paix Monique, toi qui pensais qu'il y avait quelque chose de positif qui émanait de l'humain, une force sans nom, sans visage, et bien elle est  si présente en ce jour de deuil qu’elle nous accompagne à travers notre chagrin, comme si tu étais encore là. 

Tu resteras à jamais en nos cœurs, comme une femme d’exception qui voulait aller au bout de ses rêves. Que ceux-ci soient exhaussés là où tu reposes, car la souffrance n’est plus ton quotidien, car la maladie n’est plus le seul chemin, car la paix est en toi revenue.

 

Avec sincérité et toute mon amitié, je te dis adieu Monique.

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon

Ancien président de l’UPCP

 

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21:02 Publié dans Amis - Amies, Culture, Femmes, Histoire, Lettres, Police, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook

Commentaires

Très bel Hommage Minet ! Condoléances et Courage !

Écrit par : Gorgui NDOYE | 08/10/2012

Merci Walter, pour ce magnifique hommage à Monique...

Une amie à l' hôtel particulier du CHUV...Avec vue sur le lac...

Pascal

Écrit par : wyssa | 08/10/2012

Un grand merci pour ce magnifique hommage à Momo, qui était une "2éme Maman" pour moi! Je crois que tout y est dit, elle va beaucoup nous manquer...! C'était une personne que j'admirais beaucoup, et je vois que je ne suis pas le seul! Encore merci pour ce texte magnifique!

Johann V., fils de son compagnon Yves.

Écrit par : Johann | 10/10/2012

A mon tour de remercier Walther Schlechten pour son hommage émouvant qui reflète parfaitement ce que fut Monique. J'ai un le plaisir, ou plutôt le bonheur de la connaître dans le cadre des Amis Cyclistes de Corminboeuf. Elle m'a aussitôt impressionnée par sa vitalité, son enthousiasme et pour tout dire, par sa joir de vivre. Monique était une fille bien, qui faisait du bien à celles et ceux qui avaient la chance de la cotoyer. Elle va beaucoup nous manquer. ne connaissant pas ses parents, je leur adresse par ce message, mes condoléances emues et bien attristées.
Jean-Claude Spicher prés. des ACC Corminboeuf

Écrit par : Jean-Claude Spicher | 10/10/2012

Merci de cette belle Lettre envoyée à Monique.
Pensées avec sa famille et en pensée avec elle ..une étoile brille..

Écrit par : Arnaudies nathalie | 10/10/2012

Bonjour,

Nous ne nous connaissons pas, je suis tombée sur votre hommage par hasard, mais j aimerais vous remercier pour ces mots qui ne pourraient pas être plus justes.

Cette description de Momo est parfaite et je suis très émue et touchée par votre sincérité.

Sarah Vögeli, fille de son compagnon disparu

Écrit par : Sarah | 10/10/2012

Ma Grande « Momo »,

Je t’ai connu à la gendarmerie genevoise lorsque j’y travaillais encore dans les années 80-90. Sans pouvoir dire que j’étais un de tes meilleurs potes, je pense véritablement que le courant passait bien entre nous, comme ça a d’ailleurs généralement été le cas pour toi avec toutes tes rencontres.

J’ai ensuite quitté Genève et le temps a filé sans que je ne me préoccupe à aucun moment de savoir comment tu pouvais aller. Me voilà aujourd’hui profondément attristé d’apprendre que tu nous as quittés et surtout je m’en veux terriblement de n’avoir pas su t’apporter mon soutien lorsque tu en avais besoin.

Alors même si je ne suis pas le mieux placé pour en parler, je veux juste te répéter tout le bien que je pense de toi. C’est vrai, tu me laisses tellement le souvenir d’une camarade éclatante de joie, dotée d’une si forte bonté et d’une si grande générosité, que les quelques moments que j’ai eu l’immense chance de passer en ta compagnie, resteront pour moi tout simplement irremplaçables. Toutes ces qualités qui te définissent si bien, je voulais te les exprimer encore une fois, avant de te dire Adieu.

A toute ta famille et à tous tes proches, je leur adresse ma profonde sympathie.

Tu vas me manquer « Momo », repose en paix.

Écrit par : BEGUELIN Laurent | 14/10/2012

Heureux d'apprendre ce jour que ce texte a été lu lors de la cérémonie. N'ayant pas pu me rendre à celle-ci, je remercie la famille d'avoir partagé mes émotions et mes mots avec elle, avec l'assemblée, avec Monique.

Que la paix vous accompagne, vous les vivants, vous les anges qui nous regardez.

Minet.

Écrit par : Walter Schlechten | 15/10/2012

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