24/12/2012

Prendre le temps de vivre autrement !

En ce jour de Noël, où une certaine magie opère, où la joie nous habite, où  l’égoïsme s’efface au profit du don de soi, où la paix gagne les hommes face aux combats, je n’aurai qu’un souhait mais il est destiné à nous tous.

 

Que ce jour heureux puisse se reproduire tous les jours, sans artifice, sans motivation mesquine ni commerciale, sans gêne de paraître faible, trop gentil, trop aimable, trop sincère.

 

Que cette magie d’un jour perdure en nos cœurs, en nos esprits. Avoir la chance de se dire je t’aime, de se revoir, de se retrouver, de se rendre compte que ceux qui sont loin de nous sont pourtant souvent si proches.

 

Que cette explosion de bons sentiments, ce sens du partage, ces preuves d’amour, d’amitié, puissent occuper nos esprits au quotidien. Prendre le temps et penser d’abord aux autres, prendre le temps et vivre en harmonie avec les siens, prendre le temps et devenir plus fort ensemble.

 

L’homme n’est violent, méchant, arrogant que par crainte de l’autre, de celui qui affiche sa cupidité. L’homme vit en se protégeant, en agressant, alors qu’il devrait exister à travers le mieux vivre ensemble.  

 

Demain sera un autre jour, mais demain, mis à part les décors, rien n’aura changé dans nos cœurs, dans nos vies, dans cet esprit qui à su nous habiter un jour et qui se doit d’être au quotidien notre vision du monde.

 

Je vous souhaite donc, en ce jour heureux, qu’il se reproduise toute l’année, que tous les hommes de bonnes volonté réalisent que la vie n’a pas de prix, pas de valeur, que la vie est magique et qu’elle ne nourri l’homme qu’à travers la joie et la paix qui habitent nos cœurs et que nous partageons aujourd'hui. 

 

Walter Schlechten, un habitant de La Croix-de-Rozon.  

 

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22/12/2012

Les fêtes de fin d’année n’auront pas le même goût pour tout le monde !

« Genève, ville de paix, d’esprit, d’argent, ville des contradictions et des contrastes. Genève, un canton à vocation internationale, un canton qui gère des milliards, un canton qui doit des milliards. Genève, une République qui cache sa pauvreté pour mieux afficher ses richesses, dissimulant sa honte derrière une politique sociale cantonale, couvée par un esprit de gauche qui habite la Ville de Genève.

 

C’est oublier un peu vite que notre canton compte aujourd'hui un taux de chômage de 5.2 %, c’est omettre de préciser que 4.0 % de la population est dépendante de l’aide sociale. Un constat sociétal qui ne devrait pas nous satisfaire en usant des comparaisons européennes, des taux qui ne doivent pas être vulgarisés car derrière se trouvent des parcours de vie, une histoire, une difficulté, une épreuve, un humain tout simplement.

 

Alors que nos élus s’écharpent pour voter un budget, alors que nos entreprises tirent un bilan d’une crise dont les retombées négatives ne sont pas encore arrivées, alors que la population active prépare les fêtes avec la même ardeur, d’autres devront simplement se réjouir d’être debout avec la force de croire que l’An prochain sera meilleur pour eux.

 

Alors, au moment de trinquer, avec un très grand champagne millésimé ou un verre Lambrusco, il nous faudra chasser ce goût amer qui reste en bouche, nous regarder à travers l'âme de l'autre et ne pas oublier d’espérer que le mieux vivre ensemble demeure possible. »

 

Walter Schlechten, un habitant de la Croix-de-Rozon. 

13/12/2012

"Le prix de la liberté"

"J'ai 18 ans, je me prénomme Adriu et je vis dans la rue. Je suis originaire de Roumanie, mais ce pays qui m'a vu naître n'est pas le miens. J'y suis considéré comme un apatride, un moins que rien, même les chiens y sont mieux traités que moi.

 

Je suis arrivé à Lausanne il y a six semaines, suivi de compagnons d'infortune. Tous nous sommes venus en camionnette. Tous nous avons payé très cher ce voyage pour la Suisse, plus de mille Euros qui nous ont été avancés, plus de mille Euros que nous devons rendre, jour par jour, pièce par pièce. En cas de non paiement, c'est la sanction, les insultes, les menaces, les coups aussi.

 

Trois possibilités s’offrent à moi pour gagner de l'argent afin d'éteindre cette dette infernale. Sachant que je ne trouverai pas de travail ici, il me reste le vol, la mendicité ou la prostitution.

 

Je suis piètre voleur, pas discret pour un leu et donc incapable de jouer au gredin. La mendicité, je la laisse à nos femmes et aux plus jeunes, eux aussi doivent gagner leur vie et je ne veux pas leur enlever le pain de la bouche. Reste la prostitution, je m'y adonne depuis deux semaines.

 

Au début, je ne savais pas trop comment m'y prendre, ni où aller pour trouver des clients. Un jeune garçon prénommé Ion, qui vit à Lausanne depuis deux ans, m'a parrainé. Un système bien rôdé, un rituel connu et des pratiques reconnues. Les clients sont friands de nos prestations et nos tarifs sont plus bas que ceux des jeunes maghrébins.

 

La police, elle, se contente de chasser les voleurs, pas les "petites putes". Faut dire que si nous sommes visibles nous savons devenir discrets. Pas de racolage direct, pas d'esclandre, pas d'échange d'argent en rue. Le contact c'est le client qui le provoque. Un café par ci, un sandwich par là, on discute un peu et après on va chez lui généralement.

 

Ces hommes assez âgés sont seuls. Souvent ils n’ont plus de famille, ils ont été rejetés par celle-ci et par la société. Je vois dans leurs yeux qu’ils cherchent aussi de la tendresse, leur générosité en petits cadeaux en témoigne.

 

Ce n’est pas une vie, mais pour l’instant impossible pour moi de quitter ce cercle vicieux. En plus de l’argent que je dois rembourser, il me faut économiser pour le retour au pays, pour ma famille restée là-bas. Je pensais rester deux mois ici, mais mon séjour va durer le double au minimum.

 

Si j’ai honte … Honte de quoi, de vendre mon corps, de vivre en rue, de porter les vêtements des autres, de partager mon repas avec les miens, d’abuser de la générosité de mes clients .. Non .. J’ai juste honte que mon pays ne reconnaisse pas tous les droits qui nous sont dûs, à nous les Roms." 

 

Walter Schlechten, un habitant de La Croix-de-Rozon. 

22:41 Publié dans Fiction, Histoire, Monde, Politique, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook