03/07/2013

Usagers motorisés de la route, les nouveaux contribuables désignés !

 

Normalement, tout roule, mais là nous sommes en temps de crise et visiblement l’on cherche à mettre des bâtons dans les roues des usagers de la route motorisés.

 

La Suisse dispose d’un parc de véhicules motorisés très important. Il est principalement constitué de voitures et deux-roues récents, bien entretenus et utilisés au quotidien. La politique forcée et menée pour imposer la mobilité douce ne répond pas aux attentes de ces  usagers suburbains. La plupart des trajets ne se résumant plus à aller du point A au point B, il leur est nécessaire de garder une certaine liberté de mouvement, sachant que le temps de déplacement se gère dorénavant autrement face aux contraintes sociétales.

 

L’explosion des deux-roues motorisés en Suisse est la preuve de ces modifications de comportements en lien avec les déplacements. Par exemple, il y avait 12’370 scooters sur nos routes en 1990, il y en a aujourd’hui 260'000.

 

Malheureusement, les infrastructures routières n’ont pas suivi, priorité étant accordée aux transports publics et à une mobilité douce urbaine. Il n’en demeure pas moins que nous ne pouvons ignorer les usagers motorisés. D’ailleurs, nous remarquons que ceux-ci sont devenus une cible économique, un contribuable supplémentaire désigné, culpabilisé et stigmatisé.

 

En Suisse, les frais d’entretien et les primes d’assurances des véhicules sont élevés, même si les prestations sont de qualité. L’impôt plaque a été augmenté et selon la cylindrée le montant est parfois exorbitant. Les possibilités de parcage ont été restreintes en milieu urbain. Le macaron Zone Bleue payant est alors devenu indispensable pour les habitants des quartiers urbains, alors que les localités suburbaines y viennent aussi. A Genève, la fondation des Parking est devenue la bête noire des automobilistes, le stationnement limité étant sujet à un contrôle strict et immédiatement sanctionné en cas de dépassement.

 

L’augmentation du prix de la vignette autoroutière n’est plus taboue, elle viendra s’ajouter à la longue liste des frais nécessaires à l’usage d’un véhicule à moteur. Et comme cela ne suffisait pas, voilà que les deux-roues motorisés vont devoir se soumettre au stationnement payant, le parcomètre devenant une nouvelle tirelire des finances cantonales.

 

Est-il judicieux de l’envisager, sachant que cette catégorie d’usagers de la route a été totalement délaissée dans les projets de réhabilitation du centre-ville. Les motards et autres scootéristes doivent subir les modifications de tracés qui privilégient la mobilité douce, les transports en commun, alors qu’aucun aménagement digne de se nom n’a été prévu pour le stationnement de leurs engins.

 

Certes le parking sauvage des deux-roues, y compris les cycles, est devenu un véritable problème sur nos trottoirs, mais l’Etat a-t’il joué son rôle en n’étant pas prévoyant dans ses projections en lien avec la mobilité et les modifications de comportements ?

 

A trop avoir voulu chasser du centre-ville les voitures, nos politiques et autres ingénieurs en circulation ont créé un engouement pour le deux-roues motorisé, notamment le scooter. Aujourd’hui, nos centres urbains se retrouvent confrontés à des problèmes qui n’ont pas été anticipés.

 

Et comme on ne change pas une politique qui ne fonctionne pas, la mise en place de stationnements payants sur la voie publique (mais l’est-elle encore), pour chasser les envahisseurs qui chevauchent leurs bécanes agiles et parfois bruyantes, sera la solution proposée.

 

Ecœurant, et ce n’est pas la création d’un certain nombre de places deux-roues dans les parkings souterrains publics qui vont apporter une solution équitable, sachant qu’elles seront insuffisantes en quantité pour absorber le flux et surtout qu'elles seront créées au détriment des automobilistes, ceux-là même qui ont dû quitter la voie publique à grands frais d’abonnements de parking.  

 

Dans notre société qui s’égare à travers des dogmes, les usagers motorisés de la route sont donc devenus une nouvelle source de revenus, un contribuable de plus qui va devoir passer à la caisse. Et le pire est à venir, car l’argument du pollueur payeur n’a pas encore été abordé, ce qui laisse entrevoir encore bien des tracas pour les finances des usagers concernés.

 

Walter Schlechten, motard, automobiliste et habitant de Perly-Certoux. 

Commentaires

Vous admettez au moins que la place commence a manquer en ville: le parking des deux roues motorisés devient un problème.

A part gémir sur le mode "C'est la faute à l'Etat" (mais le hic, l'Etat, c'est vous, c'est moi), il faudra bien trouver une solution. Et dans notre société néolibérale, quand il y a compétition pour une ressource, et bien le plus simple pour en gérer l'accès c'est de la rendre payante.

Ou alors, vous avez une solution alternative ?

Écrit par : Djinus | 03/07/2013

Je vous remercie pour cette contribution.

Si la question du parking payant pour les deux roues, qu'ils soient motorisés ou non, ne devrait pas être tabou, il me semble évident que les infrastructures doivent être développées et que le produit des parkings soit exclusivement attribué à un fonds dédié à ce programme.

Il est aussi intéressant de prendre connaissance des chiffres liés à l'exploitation du rail et les augmentations spectaculaires du prix des billets de train qui en font un moyen parfois plus coûteux que les alternatives par transports individuels.

Il m'apparait dès lors primordial de séparer les fonds afin que les produits soient réservés aux domaines dans lesquels les taxes sont prélevées afin de pouvoir évaluer au plus juste les coûts engendrés par nos politiques en matière de transports et surtout éviter les conflits d'intérêts flous et transversaux.

Ainsi, l'impôt sur les huiles minérales et la vignette autoroutière devrait être affecté à l'entretien et au développement du réseau routier sans participer au rail.

Écrit par : Pierre Jenni | 03/07/2013

Je recommande le petit vélo électrique pliable. À emporter avec soi en voiture, en train et en bus.
Et puis on peut le parquer sous son bureau...

Ça fait trois ans, que j'utilise en ville ce type d'engin. Je suis ENCHANTÉ !

Écrit par : petard | 03/07/2013

Je ne suis pas sûr que d'opter pour une approche dogmatique imposant la séparation des fonds comme une fin en soit, soit la meilleures approches dans le cadre des politiques des transports.

Enfin, c'est l'approche UDC ...

Écrit par : Djinus | 04/07/2013

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