30/03/2014

La Prison / Le Pénitencier

 

Problème de surpopulation à Genève, Champ-Dollon bat tous les records avec un taux d'occupation de 220 %. Les conditions de détention sont fustigées par la CEDH, les détenus se révoltent, des rixes éclatent, les gardiens et tout le personnel pénitentiaire souffrent de ces conditions de travail. La sécurité de tous ne peut plus être garantie, même si nos rues sont plus saines car des individus néfastes croupissent en prison.

 

La prison, juste lieux pour les multirécidivistes condamnés, pour les individus dangereux enfermés et, pour l'instant, les malades délinquants neutralisés. 

 

Et pourtant, le véritable problème n'est pas la politique, exécutive ou judiciaire, menée à Genève mais bien la catégorie des personnes détenues. 

 

Plus de 60 % des prisonniers incarcérés à Genève devraient se trouver, non pas à Champ-Dollon, bâtiments prévus pour la détention préventive, mais dans un pénitencier, lieu de détention adéquat pour y purger une peine. 

 

Le véritable problème sociétale n'est donc pas l'emprisonnement, mais le manque de lieux de détentions idoines. 

 

Quand j'apprends que Mme Simonetta SOMMARUGA propose, avec le Conseil Fédéral, de revoir les conditions nationales d'hébergement administratif et les forfaits de sécurité en lien avec les requérants d'asile, ceci auprès des communes et des cantons, je me dis qu'il est possible de faire de même la problématique rattachée aux détenus de nos prisons, au sujet d'un pénitencier !  

 

Je recommande donc la construction d'un pénitencier fédéral de 1200 places, basé sur un concordat national (partage des frais, des charges). Cet investissement, coûteux certes, correspond non seulement à un besoin, mais aussi à une réalité.

 

Walter Schlechten, habitant de Perly ! 

Commentaires

Ce qui est intéressant dans vos propos ou plutôt alarmant comme vous avez voulu le démontrer via ce billet :

1- Genève se situe juste à côté de la France voisine, Italie, Allemagne.. et vous recevez beaucoup de délinquants dangereux et en tout genre car ces personnes-là supposent qu'en Suisse, ils ont trouvé le "coffre fort" et ensuite le "chocolat"
2- Les prisons françaises sont blindées et archaïques. Etre retenu en Suisse n'est pas la même épreuve que d'être retenu en France. Une garde à vue en Suisse se déroulera en général dans des conditions humaines voire humanistes ; ce qui n'est pas le cas dans l'hexagone. En France, il n'y a pas un café, un morceau de pain le matin, et un instantané de noodles ou autres au déjeuner, ni au dîner. Chez nous, en France, il faut payer si on veut manger ou alors on vous donnera un vieux morceau de pain et un verre d'eau (pas de moyens..), sinon, les flics déclarent "refuse de manger". C'est sûr, souvent les gens interpellés sont des toxicos sans dents, des gens qui ont des problèmes d'alcoolisme ou psychiatriques et ceux-là ne mangent pas en garde à vue ou en prison
3- Les locaux en France sont terribles : des conditions de vie très dures, pas d'hygiène, pas de sécurité et de personnel, des cafards, des excréments contre les murs, des toilettes à la turque rarement nettoyées et aseptisées, des couvertures souillées de pisse, de vomi, des poux de corps dits morpions....C'est horrible...(déjà constaté par l'Observatoire des Prisons")
4- Un jour, un SDF revenant du "Violon" Hôtel de Police à Genève m'a dit "tu sais quoi ? La différence entre l'homme et le singe, c'est le lac Léman". C'est vrai qu'il avait rempilé quelques années de prison chez nous et avait décidé d'aller voler des belles cylindrées en Suisse pour finir par se faire épingler à Genève où il fut incarcéré .Lors de sa remise en liberté il parlait des prisons suisses comme de "palaces". Hallucinant !!!!
Oui, il manque de places dans les prisons. Mais le gros morceau manquant est le "boulot", sans que ce soit le "bagne" bien sûr, mais les occuper, sur des chantiers, qu'ils arrivent à "obtenir" leur remise en liberté, tel un dipôme "capacité de vivre en société". Si pas, pas TV, pas de communication (pas de parloirs, rien) pendant un certain temps...Il y a beaucoup de chantiers à faire, déjà nettoyer les rives du Rhône sous la surveillance de la gendarmerie suisse et de la CRS française. Par exemple...
Depuis des décennies, on confond "délinquance", "criminologie" et "psychiatrie"...Et voilà, on arrive à votre triste constat....
Les prisons suisses vue de l'étranger ressemblent à des hôtels sans étoiles mais ressemblent plus à des lieux d'hébergement tout de même confortables. La police ou gendarmerie suisse violente ? Pas pour eux ! Policiers et gendarmes sont des "infirmiers de la délinquance" mais personne ne pense à ces agents malgré la lourde besogne qu'ils ont à accomplir notamment à Genève où chaque jour ils risquent leur vie via des voyous et des gens qui n'ont rien à perdre venus de l'extérieur.
Pour moi, le seul remède c'est le "boulot", sans fouet, sans maltraitance mais qui peut amener un homme ou une femme à sereconsidérer dans un miroir et se réconcilier avec la vie et finalement se réhabiliter dans la société et naturellement, s'ils le veulent bien.
La situation actuelle nous permet guère que nous soyons Suisses, Français, Allemands...d'envisager la construction d'infrastructures pour "loger" ces personnes. On ne leur a pas demandé de venir se mettre contre l'ordre de la société qui avait été préalablement défini...C'est cela la démocratie et non pas d'"engranger" des loosers, menteurs, des voleurs, des tueurs.... dans des cellules où ils auront tout le temps de se perfectionner.
Par le travail de ces détenus, des améliorations des infrastructures pourront être réalisées sans que l'Etat doit encore être lui-même pénalisé, et de la même manière les contribuables, et acteurs directs, soit les surveillants pénitentiaires, police, gendarmerie... sachant que par rapport au "pays des droits de l'homme" la Suisse s'oblige tout de même et devant tout autre état dans le monde à respecter une certaine humanité.
Vous allez peut être pensé que je suis un peu dure mais, regardons notre porte-monnaie et ce que l'état fait de nos cotisations.
Bien à vous
Nastia

Écrit par : nastia | 31/03/2014

Walter,

Et pour conclure, les Policiers et Surveillants Pénitentiaires ne sont pas suffisamment valorisés et dans leur rémunération et dans leur travail. Les gens ne se rendent pas compte que les flics ou les matons ont une tâche bien délicate et qu'ils côtoient la mort, l'invalidité tous les jours, la violence et l'ineptie.
Si La Suisse venait à mettre en place des structures de "réhabilitation par le travail" car c'est ainsi qu'il faudra les nommer, encore une fois, les médias feront l'amalgame entre les camps de concentration et le goulag. Nous parlons ici, de "Réinsertion et réhabilitation par le travail". Comment se fait-il que les forces de l'ordre en France et les magistrats doivent recevoir des individus qui ne sont pas aptes à s'exprimer, c'est à dire juger des personnes qui n'ont pas mangé depuis 48 heures ou plus ? Comment peut-on juger des êtres humains avec un estomac vide, des crises de manque pour les toxicos, il n'est pas possible d'auditionner un individu afin qu'il puisse s'expliquer de manière objective. En Suisse, ce n'est pas le cas apparemment mais c'est lourd pour le "contribuable", toutes ces mesures de prévention, ou plutôt de précaution...
Et en France, les Policiers ont à faire tous les jours à ce genre de situation et les magistrats reçoivent des épaves qui n'ont plus rien à dire, car abrutis..., épuisés.
Pour tout vous dire, je suis une ancienne détenue de la Prison Montluc où je suis restée 3 mois du temps de l'instruction, mais il y a 15 ans. Je peux dire que j'ai vécu une descente aux enfers non pas à cause de la police ni des magistrats qui étaient chargés de l'instruction du dossier, mais par cette faune de 187 femmes d'horizons, d'origine, de culpabilité, de criminalité complètement diverses et non "recadrables" au sein de l'infrastructure, qu'est un établissement pénitentiaire : les tentatives de suicide tous les jours, des femmes qui nient l'évidence de leur délit ou crime alors qu'il est tellement mieux que de tout dire..Et les "préventives" à l'époque pouvaient durer 5 ans. Ca coûte cher tout ça !
La police et les surveillants pénitentiaires sont par leur expérience à même à cerner un individu mais on pollue leurs multiples expériences par des expertises psychiatriques. Je suis désolée mais je ne crois pas en la psychiatrie en prison. C'est trop facile de jouer au débile. C'est un peu comme ceux qui voulaient se faire réformer de l'armée il y a 20 ans en France . Un bon P4 les dispensait du service national.
C'est bien dommage que ce SN ait été supprimé. Pour beaucoup de Français qui faisaient leur service militaire à l'époque, c'était l'occasion de sortir de leur "cambrousse", de connaitre la "camaraderie", se trouver de nouveaux potes, de voyager, de faire une formation.... Donc,à présent, le système français en matière d'éducation, d'intégration, d'insertion sociale se trouve confronté pour une bonne partie à cette carence qu'est le "devoir", "l'appartenance" à une patrie, à une société.. Même si la Suisse devait pendant un certain temps jouer la carte de la "discipline et autorité" CIVILE, je pense que les autres pays européens finiront par réfléchir sur cette alternative. Je ne vois pas comment nous pouvons faire autrement en Europe.
En France, nous avons un héritage de 30 ans de "Touche à mon pote" si bien qu'aujourd'hui, les Français n'ont plus de "potes" car ils ne peuvent même plus être "potes" avec eux-mêmes...Zut ! Devant un tribunal correctionnel, on écoute toujours les mêmes jérémiades et les magistrats, la police en ont assez mais les textes de lois, les failles ou carences du système judiciaire confinent ces deux entités dans un système répressif via les médias, ce qui est faux.
C'est pour cela que votre billet m'a interpellée car je ne crois pas qu'agrandir les prisons sera un soulagement. La Suisse n'est pas la petite République de Moldavie par exemple qui sur à peine 40 000 km² comporte au moins 115 prisons, dignes du Moyen-Age, où les détenus sortent souvent les pieds en avant et où il y a autant de gardiens à l'extérieur qu'à l'intérieur. Si vous êtes intéressé, je suis à présent journaliste et je peux vous faire visiter une prison moldave...Vraiment, c'est affolant, ça fait peur....
En tout cas, malgré mon passé un peu tumultueux, je comprends très bien votre désarroi et je m'exprime avec tout le respect par rapport à votre métier et à celui de Surveillant de prison. Actuellement, c'est trop dur et dangereux. Vous êtes soumis à des décisions intéressées, parfois voire géo et sociopolitiques auxquelles vous n'êtes pas préparé.. Avec toutes les directives confédératives et européennes..., vous ne pouvez plus vraiment faire votre travail.
J'espère que tôt ou tard, mais très prochainement, que Bern se concentrera davantage et de manière objective sur vos difficultés et je pense que seule la Suisse est capable de démontrer un système de répression, de sécurité innovateur qui saura préserver en même temps l'être humain condamné et la société
Avec tout mon respect
Nastia

Écrit par : nastia | 01/04/2014

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