11/09/2016

Une étoile nommée Utopie !

 

Nuit paisible, je suis allongé sur ma chaise longue de jardin. Comme tout cet été, elle est installée sur mon balcon situé au deuxième étage, dirigée plein Ouest, face aux crépuscules qui jamais ne se ressemblent. Tel un tableau imaginaire, tous les soirs c’est un feu d’artifices de couleurs, de lueurs, de reflets, d’ombres aussi qui animent l’horizon.

 

Comme je suis en vacances, je savoure le temps qui passe, le chant des oiseaux, des bruits sombres qui émanent de la forêt toute proche. Je me dis que le bonheur est là, que j’ai une belle vie, que depuis un demi-siècle j’ai de la chance, je suis serein, reposé, calme, détendu, je suis en harmonie avec moi-même, j’ai 50 ans. Le ciel est noir, des nuages cotonneux à la lueur de la lune viennent rafraichir la nuit, les étoiles jouent à cache-cache, une seule brille, elle semble perdue, elle semble réfléchir.

 

Ça c’était pour le tableau idyllique, ce que je me raconte pour survivre, pour avancer, pour mieux oublier parfois nos réalités qui m’inspirent. Face à elles, au fond de moi brûle une grande colère, elle se nomme Injustice, elle se prénomme Révolte. En fusion, elle est nourrie du présent et du passé, elle se voudrait le garde-fou de notre futur, de notre avenir, celui de demain déjà.

 

Pourtant me direz-vous je n’ai pas de quoi me plaindre, vous connaissez tous ma situation, ma vie, mes joies et mes plaisirs, je ne cache rien, où si peu, juste ce que vous ne pouvez voir à l’œil nu, ce que j’ai emprisonné au plus profond de mon cœur, de mon âme. Sauf que ce n’est pas pour moi que j’écris ce soir, mais pour nous, pour vous, pour ceux qui demain devront vivre dans ce monde qui perd trop rapidement toutes ses valeurs, qui noie ses croyances dans le lit de la rivière laïcité, un monde du pouvoir et de l’argent qui assassine par procuration, la mondialisation est son nouveau modèle, la politique en est son maître.

 

Trop de guerres

Trop de famines

Trop de maladies

Trop de misères

Trop de morts

Trop de dictatures

Trop de démocraties

Trop de dieux

Trop de pouvoirs

Trop de manipulations

Trop de communications

Trop d’inégalités

Trop d’injustices

Trop d’ignorance

Trop d’arrogance

Trop d’hypocrisie

Trop d’intérêts

Trop de faux semblant

 

En résumé, nous vivons dans un monde qui accorde trop de responsabilités à si peu d’hommes, ces mêmes responsables qui sont devenus incapables d’écouter le peuple, de se retrouver autour d’une table, de revenir aux fondamentaux, de fuir les trafics d’influence, les dogmes, l’argent et le pouvoir pour simplement s’en tenir aux réels besoins des humains, de la planète.

 

 

Il nous faut redessiner la politique, créer celle de demain, celle du mieux vivre ensemble. Elle se devra anticipative, participative, attentive, créative, solidaire et crédible car pragmatique. Redessinons aujourd’hui nos valeurs de demain, chassons la cupidité des hommes et adoptons la culture du bon sens, celle de l’écoute, du partage, de l’accueil, de la compréhension, de l’égalité, celle des droits humains tout simplement.

 

Une autre étoile apparaît, elle semble discuter avec la première, la lune en rigole. Le soleil lui se repose à l’autre bout de la terre, préparant déjà son prochain crépuscule.

 

Minet.

 

 

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