24/06/2011

Les questions sans réponse !

En ma qualité de citoyen informé par les simples médias, j'ai remarqué que depuis plusieurs mois, voire bientôt deux ans, plus aucun journaliste ne pose de questions qui dérangent sur la thématique de la sécurité à Genève, ni sur la police genevoise. C'est un peu comme pour le chômage, il y a une gestion différente dont plus personne ne veut parler ouvertement, comme si elle était dissimulée derrière une opacité étatique, et l'hospice général, qui le rendrait depuis sous-jacent.

 

Si Laurent M. Moutinot était visiblement devenu la tête de Turc de certains députés du Parlement et de bien des scribouillards, il semblerait que Mme Rochat soit au bénéfice d'une longue trêve.

 

Ce n'est pas que, en ma qualité d'électeur, je ne lui accorde pas le temps de ses réorganisations, mais je reste en attente de réponses à des questions d'actualité qui ne sont malheureusement jamais posées.

 

Comme citoyen j'ai entendu parler de Phenix, une réorganisation de la réorganisation de la police, dont des éléments devraient être présentés aux députés, à la presse et au peuple à la fin de ce mois. Ces travaux vont-ils aider à faire baisser la criminalité, à réinstaurer en rue un climat de confiance, à faire baisser les cambriolages, les vols à la tire et autres délits qui pourrissent la vie des citoyens, ou ne seront-ils qu'une réorganisation étatique, fonctionnelle, administrative, hiérarchique, financière et politique ?

 

Il y a aussi le projet Score, un nouveau système d'évaluation des fonctions à l'Etat, à travers une redéfinition des métiers. Là aussi, je reste curieux de savoir où passent mes impôts et comment seront payés les fonctionnaires de demain ?

 

Mais si ces deux thèmes demeurent de grands projets auxquels il faut accorder du temps au temps, sachant que les syndicats de la fonction publique perdront probablement patience avant le peuple, reste que de nombreuses questions planent sur les problèmes relevés par l'actualité, notamment sur l'insécurité et la criminalité, sujets qui étaient pourtant la thématique principale lors des denrières élections cantonales.

 

Florilèges de questions citoyennes, issues de mes lectures dans les médias, qui pourraient être déposées auprès de Mme Rochat Isabel, Présidente du DSPE :

 

Q : La criminalité de rue explose, tout comme les cambriolages, les vols à la tire, etc. Que comptez-vous faire dans l'urgence pour endiguer ces hausses qui viennent rompre le lien de confiance des citoyen envers sa police et ses autorités de tutelle ?

 

Q : Quelle doctrine allez-vous donner à vos employés pour remotiver une base policière écrasée par les nouvelles procédures NCPP, la réorganisation opaque de votre prédécesseur et vos travaux actuels qui sèment visiblement un doute inapproprié pour sécuriser vos troupes ?

 

Q : Comment expliquez-vous que les criminels sont aussi vite relâchés en rue alors qu'ils font l'objet d'ordonnances de condamnations. Ne devaient-ils pas se retrouver en prison ?

 

Q : Alors que la surpopulation à Champ-Dollon stagne après une forte baisse (baisse qui n'est pas sans lien avec la mise en application du NCPP) et que les personnes condamnées ne peuvent plus être détenues dans cette prison préventive, pensez-vous que la construction d'un Champ-Dollon II reste d'actualité dans le cadre des ambitions du Conseil d'Etat ?

 

Q : Après avoir déclaré que Plainpalais était votre priorité, voila que la lutte contre la drogue devient "la priorité". Comment expliquez-vous tous ces atermoiements dans une politique sécuritaire qui ne démontre pas la fermeté attendue par la population contre les délinquants qui trainent dans nos rues ?

 

Q : Il y a peu, on apprenait que la police manquait de budgets pour financer les relevés et les analyses ADN, ainsi que pour l'engagement rapide de personnels administratifs. Le Conseil d'Etat, à travers son budget 2011, n'a-t-il pas fait des économies de bouts de chandelle sur le dos de la sécurité et ainsi du bon fonctionnement des institutions ?

 

Q : Le pouvoir judiciaire reste en attente de magistrats et de personnels. Allez-vous soutenir ces postes nouveaux lors de l'élaboration du prochain budget afin d'assurer le suivi pénal du travail de vos policiers ?

 

Q : Depuis quelques semaines, ne nombreux chiffres alarmistes sortent dans la presse, des délits sont en hausse, les policiers désabusés et dans un grand désarroi, sentiments que vous aviez pourtant déjà constaté à votre arrivée à la tête de ce département. Ne pensez-vous pas que vous vous êtes laissée entraîner dans une spirale organisationnelle, ceci au détriment des besoins de l'opérationnel et du quotidien ?

 

Q : Vous donnez l'impression de ne pas vouloir heurter le Parlement avec des dépassements de crédits, comme si l'aspect financier était prioritaire sur la gestion des coûts de d'une sécurité pourtant au bénéfice de la population. Malgré votre double majorité politique, avez-vous l'impression de ne pas être soutenue par le Parlement, qui ne répondrait alors pas favorablement à vos requêtes ?

 

Q : Pour finir un peu d'humour. Vous avez hérité d'une patate chaude il y a bientôt deux ans. A ce jour, part-elle en frites, en robe des champs, en purée ou allez-vous la faire sauter telle une pomme de terre nouvelle ?

 

Des questions simples issues des lectures de faits divers, d'articles de la presse de boulevard et de statistiques annoncées et confirmées.

 

Je n'attends pas de réponse, les vacances scolaires et politiques sont bien trop proches, et qui prendrait sérieusement le temps de répondre au blog d'un simple citoyen qui se pose ces quelques questions, mais surtout qui se demande avec crainte où va Genève dans le contexte actuel ?

 

Minet, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

PS : Madame Rochat a répondu à ces questions lors de la séance du Grand Conseil, ce jour et en direct sur Léman Bleu, suite à l'interpellation d'un député. Merci Madame d'avoir pris le temps de répondre aux interrogations d'un habitant du canton. Et pour la fondue, en réponse à la dernière question, c'est avec grand plaisir que vous devenez mon invitée.

Walter Schlechten.

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14/06/2011

Genève accueille durant deux jours les championnats de football des polices suisses !

Ils se présentent sous la forme d'un tournois qui se déroule tous les deux ans, et cette année c'est le FC Police Genève qui accueille ces fameux championnats suisses.

Plus de 35 équipes et environ 700 footballeurs policiers, représentant les cantons et des villes suisses, s'affronteront donc les 15 et 16 juin et dans cinq catégories.

Les matchs se dérouleront sur divers sites :

Catégorie A = Sous-Moulin              

Catégorie B = Fontenette           

Catégorie C = Champel Bout-du-Monde

Catégorie D et E = Vessy

Les match qualificatifs, d'une durée de 2x20 minutes, commenceront ce mercredi 15 juin à 1300 sur tous les stades.

Les matchs de classements se produiront le lendemain, tout en sachant qu'une belle soirée aura permis aux joueurs de récupérer un peu.

Apéritif de bienvenue - partie officielle - banquet - soirée musicale et animations. Une organisation monstrueuse pour une fête de haut rang.

En ce qui concerne les finales des catégories B et A, d'une durée de 2x30 minutes, elles se dérouleront au stade de la Fontenette, le jeudi 16 juin à 1300 et 1430.

Amoureux du football, si vous ne savez pas quoi faire mercredi et jeudi, venez donc boire un verre au stade tout en encourageant les équipes présentes.

Et encore un grand merci au comité d'organisation, à nos sponsors, aux bénévoles ainsi qu'aux autorités communales et cantonales !

Minet.

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24/05/2011

Quand le corporatisme prouve, face à la mort, qu'il est une valeur fondamentale de notre société !

Il y a des soirs où  plus rien n’a d’importance.

 

Il y a des soirs où le sens de la vie devient une priorité.

 

Il y a des soirs où les réalités d’une profession nous rattrapent.

 

Il y a des soirs où la douleur partagée est commune avec mes camarades.

 

Il y a des soirs où je pense à une famille en deuil, à une femme désespérée et en larmes.

 

Il y a des soirs où deux orphelins ne trouveront jamais les réponses à leurs questions.

 

Il y a des soirs où des collègues pleurent en silence ou dans les bras de leur épouse.

 

Il y a des soirs où je me demande si notre société mérite autant de sacrifices.

 

Il y a des soirs où je hais la violence gratuite des hommes et l’injustice.

 

Il y a des soirs où je ne trouve plus le sommeil.

 

Il y a des soirs où je ne comprends plus le sens de ma mission, de mon métier.

 

Il y a des soirs où je n’accepte plus que l’on attaque notre corporatisme que seul nous pouvons comprendre, car à travers notre profession nous nous mettons au service des autres, de notre employeur, de l'Etat et de notre société.

 

C’est ce même corporatisme qui fait que la machine avance encore face aux dysfonctionnements politiques ou judiciaires.

 

C’est ce même corporatisme qui fait que la mort de l’un des nôtres est ressenti comme une blessure personnelle.

 

C’est ce même corporatisme qui fera que demain je vais me rendre au boulot, sans crainte mais avec des doutes certains.

 

C’est ce même corporatisme qui fera que mercredi 25 mai 2011, à 1400, tous les policiers de Suisse marqueront une minute de silence et le salut qui est dû à notre camarde assassiné.

 

C’est ce même corporatisme qui fait que ce soir je suis en pensées avec cette famille que je ne connais pas, avec un canton qui est pourtant la source de mes origines, avec ces collègues que je ne côtoie pas, mais avec qui je partage la même douleur et le même amour d’un métier, celui de policier.

 

 

Minet. 

 

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21/02/2011

Suisse - Libye ; Jeu, set et match .. et non car le Conseil Fédéral a laissé passer deux balles de contre-break, malgré un service gagnant sous les yeux !

J'avais osé espérer que les erreurs du passé serviraient de leçon, mais il n'en est rien. La Suisse, et le Conseil Fédéral, restent dans le ventre mou de la politique mondiale.

Affaiblie par les affaires (Swissair, fonds en déshérence, UBS USA, Kadhafi, secret bancaire) la Confédération se devait de saisir au bon les deux balles de contre-break qui se présentaient à elle.

Malheureusement, nos sept sages, au comportement frileux, n'ont pas jugé opportun de transformer l'essai. Il faut croire que certains lobbys financiers et politiques sont encore bien présents sous la Coupole fédérale.

Pourtant, tout s'est jouer en 24 heures, et ce n'est donc que pour quelques heures de lascivité que notre réactivité est mise en berne. Trop facile de crier après les loups une fois que la meute est passée.

Le Conseil Fédéral aurait dû, ceci dès dimanche midi et avant tout le monde, condamner le non respect des droits de l'homme qui se produisait en Libye. Défendre la démocratie, la liberté d'expression, les droits humains, le respect de la vie pour foudroyer une dictature, demeurent des actes qui sont encore des valeurs dans notre pays. Sachez que sous le sceau de la neutralité, il n'est pas interdit de défendre ses valeurs et de les exprimer, de dénoncer, de condamner.

Nous aurions ainsi utilisé notre première balle de contre-break dans ce match que nous livrons depuis deux ans contre la Libye. Car si cet État menait au score, par des moyens bien souvent illicites en démocratie mais si pratiques en politique, nous ne pouvions nous contenter d'attendre un jugement d'un tribunal arbitral dont la liberté de jugement était déjà entravée par la puissance pétrolière du clan Kadhafi.

La seconde balle de contre-break, elle n'a été utilisée et jouée que ce soir par le DFAE, qui se fend d'un communiqué repris par la TDG ;

"Selon de nombreux témoignages et rapports d’organisations de défense des droits de l’homme, les autorités libyennes exercent une répression extrêmement dure et une violence ciblée à l’encontre des personnes qui participent depuis plusieurs jours à des manifestations et des marches funèbres", a déploré le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Il a souligné que l’on parle "de centaines de morts et de blessés".

D’après les informations disponibles, les hôpitaux sont débordés et leurs réserves en sang sont insuffisantes. D’après les comptes rendus de témoins, des scènes d’une violence inacceptable se déroulent dans les rues. Le DFAE a lancé un appel aux forces de sécurité libyennes les incitant "à renoncer à recourir à la force contre leurs compatriotes".

"Eu égard à son expérience avec le régime de Tripoli, la Suisse est très consciente du courage dont font preuve ces hommes et ces femmes qui descendent dans la rue en Libye et revendiquent leurs droits démocratiques", a poursuivi le DFAE.

Nous avions une magnifique balle de match, l'occasion de nous replacer la tête haute sur la scène internationale, de brûler sur le bûcher des mensonges et des vanités l'arrogance du pouvoir de l'or noir, avec un service gagnant dont notre pays avait le secret, mais là il faudra attendre une deuxième balle pour conclure ce match où le bien combat démocratiquement le mal.

Pendant ce temps, des populations assoiffées de liberté se font massacrer sur les terres libyennes.

Minet.

 

 

 

 

17/02/2011

Actions, réactions !

Ainsi donc, nos pandores ne portent plus l'uniforme depuis ce jour. Les Bleus ont le Blues, voire plein la barbe.

Il faut dire que depuis trois ans ils n'étaient plus vraiement écoutés par nos autorités.

Pour certains, on leur fait encore payer la fameuse manifestation du "cercueil" en 2003, pour d'autres nos gendarmes sont de perpetuels raleurs.

Il se pourrait aussi que nos argoulets en aient juste assez d'être les dindons de la farce.

On casse du gendarme.

On mange du gendarme.

On brise du gendarme.

On critique du gendarme.

On focalise sur le gendarme.

On stéréotype le gendamre.

On fonctionnarise le gendarme.

On oublie pourtant que le gendarme est bien souvent le premier intervenant pour plus de 84'300 réquisitions.

On oublie pourtant que le gendarme a effectué plus de 29'500 heures pour Figaro

On oublie pourtant que le gendarme c'est plus de 82'800 heures supplémentaires, sans majoration cumulée.

On oublie pourtant que le gendarme c'est deux postes de police ouverts 24/24

On oublie pourtant que le gendarme c'est aussi, prévenir, secourir, aider, sécuriser.

On oublie pourtant que le gendarme c'est aussi le conseil, l'épaule, le soutien, l'îlotier.

On oublie pourtant que le gendarme c'est aussi  60'700 amendes d'ordre.

On oublie pourtant que le gendarme c'est aussi plus de 22'800 contraventions.

On oublie pourtant que le gendarme c'est aussi 735 usages de la contrainte.

On oublie pourtant que le gendarme c'est aussi 115 accident en service, dont 57 suite à agression/bagarre.

On oublie pourtant que c'est un serment, 24/24 au service des autres.

Ce qui est certain, c'est que eux ne l'oublient pas, et là ils le font savoir !

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

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16/02/2011

Les gendarmes genevois sont-ils en colère ? Réponse hier soir, action ce matin !

Les gendarmes genevois se réunissaient hier soir à 2000 en assemblée générale extraordinaire. Nous nous demandions si nos policiers étaient colère !

Ncpp

Débours

Horaires

Phenix

Pont de fin d'année

Fiches Miope de l'OPE

Score

Réunion paritaire

Le sujets ne manquent pas !

Réponse ce matin avec une conférence de presse et des actes !  

19/01/2011

La difficile mue des "flics municipaux" présentée par le GHI.

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Il est consternant de se rendre compte que M. Pierre Maudet a visiblement en politique deux façons de voir les choses.

 

Lorsqu'il observe de l'œil droit l'armée suisse et la politique d'Ueli Maurer, Pierre Maudet, membre de l'exécutif de la ville de Genève, se fend d'un document qui se veut visionnaire, "Le vrai rapport", en rupture totale avec le système en place. Il se veut rassembleur et propose la création d'un Département fédéral de la Sécurité et la création d'une réserve fédérale de police. On peut aimer, mais on peut aussi rester sur la réserve face à ce fédéralisme exacerbé.

 

Par contre, lorsqu'il se retourne et regarde de l'œil gauche sa police municipale, sa rétine se veut oscillante, sa vue se trouble et il n'arrive pas à la rupture attendue par ses hommes. Il tire même un bilan satisfaisant un an après l'entrée en fonction de la police municipale. Et pourtant !

 

Premièrement si la loi a donné un nom à la sécurité municipale, devenue la police municipale, elle a oublié de remettre l'ouvrage sur le métier. Pas ou peu de policiers dans cette entité, mais des agents de la police municipale (APM).

 

Dans la précédente législature, un Conseil d'Etat si peu collégial n'a pas osé, par manque de moyens, de vision d'avenir ou de crédibilité face aux « très puissants » syndicats de polices et aux Maires de communes qui veulent garder leur sécurité municipale, a proposé une Loi qui demeure inachevée. Elle a été acceptée par un Grand Conseil qui ne devait pas avoir connaissance de la faible portée du Rapm.

 

La frustration est grande chez les agents de la police municipale, on peut la comprendre. Une autorité retrouvée par une terminologie qui n'accorde pas tous les pouvoirs usuels à la fonction espérée. Mais savons-nous, encore aujourd'hui, quels étaient les buts recherchés par le pouvoir exécutif ?

 

Vendre du rêve et une sécurité cosmétique ? Ce qui est certain que que Genève va mal.

 

La ville, poumon commercial de la région et carte postale de la Genève internationale, sombre sous les faits divers et l'incapacité de tenir la rue, de garantir une sécurité durable.

 

Le canton, poumon économique de la région et image politique de la Genève internationale, s'écroule sous les contradictions des choix des priorités. Il abandonne la rue pour reprendre une plaine, mais il devra bien reprendre cette même rue pour garantir ce que tout citoyen est en droit d'attendre d'un pouvoir exécutif, qui se devrait d'être réveillé prochainement par le pouvoir législatif, à savoir la garantie de vivre en sécurité sur sol genevois.

Donner des armes aux APM, le certificat de policier et les lâcher en rue. Ils sombreraient immédiatement sous le poids du travail judiciaire comme le subissent actuellement les policiers genevois. Il y aurait alors abandon de la police de proximité, une catastrophe de plus au détriment des habitants de notre canton.

La solution ne passe pas par là.

 

Demain, mais il faudrait pouvoir déjà dire aujourd'hui, qui fera quoi ?

 

Police municipale, de proximité, îlotage, prévention, répression, représentativité et manifestation ludiques dans un cahier des charges composé d'un début et d'une fin. Un métier redessiné pour lui donner une valeur ajoutée, celle de la confiance obtenue par les citoyens, tel des gardiens de la paix.

 

Police urgence, prévention, enquête, intervention, dissuasion, proximité par l'occupation du terrain, maintien de l'ordre et de la paix par l'anticipation, la réaction, et l'adaptation des besoins. Un métier de policier où l'analyse, la réflexion et la médiation auraient leur place au quotidien comme fil rouge en lieu et place des tâches sociales et administratives qui se devraient d'être occupées par d'autres. Une autorité retrouvée, bras armé du pouvoir judiciaire, à travers un cahier des charges adaptés aux modifications sociétales. Des flics de rue d'une grande humanité mais avec un seul objectif, garantir la sécurité exigée par la population. La Genève internationale s'en retrouverait également grandie, comme New-York a su le faire en s'en donnant les moyens. Et à défaut de millions de dollars, une volonté politique affirmée serait un bon détonateur.

 

Police internationale, sécurité du monde diplomatique, aéroportuaire et aux frontières, mais toutes les frontières, en appuis des Cgfr. Il faut sortir cette police de ses contraintes financières et fédérale pour pouvoir enfin en disposer sur l'entier du sol genevois, mais ceci a un coût.

 

Mais comme l'avait écrit un ancien président d'un syndicat de police, la sécurité à un prix, ce n'est pas aux policiers à en payer les coûts. Les APM ont raison de ne pas être satisfait de la situation, le peuple aussi. Heureusement les élection municipales arrivent à grands pas, et le débat va renaître, avec ou sans agent de sécurité préventive. Les erreurs du passé d'une gauche probablement trop frileuse ne doivent pas laisser la droite se satisfaire de grandes idées, il faudra aussi des résultats.

Mais la gronde des APM sera probablement suivie de celle des policiers, désabusés et médusés face à un NCPP qui les confine à un travail judiciaire administratif bien trop lourd, sclérosant les objectifs sécuritaires qui avaient été fixés, et encore attendus par la population.

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon, lecteur du GHI, de la TDG et du mémorial du Grand-Conseil.

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05/01/2011

Suicide et armes à feu, le faux débat !

Depuis le début de l'année un débat est lancé autour des armes à feu, du suicide et des violences conjugales, dans le cadre des prochaines votations populaires du 13 février, motivées par un seul objet ;  

Acceptez-vous l’initiative populaire «Pour la protection face à la violence des armes» ?

Lire la suite

30/11/2010

Genève, un monde en soie, mais avec les pieds dans le coton hivernal !

Samedi dernier, je m'étais dis "c'est un accident, la voirie n'a rien vu venir, les prévisions météo étaient décalées, les chutes de neige aussi", mais là je ne comprends plus. Depuis hier, 15 cm de neige sont annoncés, et ce soir on se retrouve dans un chaos indescriptible. Je n'ose pas imaginer demain matin, sous le grand manteau blanc.

Déjà ce soir, plus un bus TPG, peu de Tramways, moins de trains et pas de voirie sur nos routes en ville de Genève, et si peu sur le canton. Quelques communes suburbaines s'étaient visiblement préparées, elles, mais ce n'est pas suffisant pour sauver les apparences.

Les habitants de ce canton et les usagers de passage sont en droit d'avoir des explications, émanant du monde politique et des institutions visées. Une nouvelle fois se sont les hommes du SIS et nos policiers qui vont devoir subvenir au plus urgent, dans ce cataclysme urbain.

Genève veut jouer dans la cour des grands, mais Genève n'a visiblement pas, n'a plus les moyens de ses ambitions.

Heureusement, le CEVA va tous nous sauver, en commençant par l'office de la mobilité, qui lui n'a plus aucune excuse devant une telle anarchie dans la gestion des flux et des .. reflux !

Minet, motard, automobiliste et usager TPG médusé !

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07/11/2010

Retour à la vie professionnelle par la proximité !

Minet ayant quitté la présidence de l'UPCP depuis plusieurs semaines, il se devait de reprendre une vie professionnelle normale, suivre sa route ou emprunter un autre chemin. Après quatre années au service de ses collègues, de ses membres, des intérêts des policiers, et d'autres fonctionnaires parfois, il désirait aussi retrouver la rue, la proximité, cette population à laquelle il s'identifie tant et pour laquelle il travaille sans relâche depuis vingt ans.

Eh bien c'est fait, depuis une semaine je me retrouve à Cornavin, en qualité d'îlotier de proximité, sur un secteur atypique mais au combien riche. Du touriste de passage qui arrive par le train au clochard qui squatte la gare, du commerçant noyé dans le magma des travaux à l'usager de la route statufié  dans le trafic, du Pâquisard du secteur sud à l'alternatif des Grottes au nord, des TPG aux CFF, des chauffeurs de Taxi aux cyclistes, des associations de quartier aux parents d'élèves, des UOG aux CO de Montbrillant, du quai 1 à la voie 8, de Sécuritrans aux Cgfr, du Quai 9 à la Basilique de Notre-Dame, du parc de Cropettes à la rotonde de la place Cornavin, de la puanteur des urines aux senteurs du pain chaud, du lésé au délinquant multirécidiviste, du sans papier au toxicomane, du musicien ambulant au mendiant, de Madame la Députée à la Reine des Roms, du jeune collègue au plus ancien, d'un vieux poste de police humide à de nouveaux locaux envisagés, tout ceci sent bon la proximité, le rapport humain, le retour à la vie professionnelle.

Certes, il ne faut pas que je me retourne, car là les promesses non tenues et l'irrespect des protocoles sont si omniprésents que cette joie de travailler pourrait assez vite devenir cafardeuse. Je perdrais alors irrémédiablement cette envie de faire plus, me retrouvant comme bien des collègues aujourd'hui, désabusés par le système et les dysfonctionnements dans le cadre des responsabilités étatiques.

Pour être au service des autres il faut avant tout être serein à titre personnel, dans sa vie professionnelle et privée, ne pas à avoir besoin de se soucier de demain, ne pas calculer hier pour avancer demain, ne pas douter pour décider, ne pas décider pour abandonner, car le jour où la police abandonnera la rue, la démocratie aura un autre visage dont nous ne voulons pas, dont nous ne voulons plus.

Minet.  

25/10/2010

Pierre Weiss exige le retour des syndicats de police à la table des négociations, sous risque de ... Maladresse, pression politique, chantage ou acte sournois d'un représentant de la commission des finances ?

En ma qualité de lecteur et d'habitant de ce canton, où je vis, je travaille et j'y vote, je souhaite réagir à l'Invité de la TDG de samedi dernier :

Pierre Weiss, député et membre de la commission des finances du Grand Conseil, titre :

"Police : à rupture, rupture et demie !"

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On peut notamment y lire que les policiers viennent de claquer la porte des discussions avec l'Etat sur les aménagements mineurs encore à trouver leur nouveau système de rémunération.

- Monsieur le député, il faudrait se demander pour quelles raisons les syndicats se sont retrouvés dans l'obligation de claquer la porte, car si pour vous des "aménagements mineurs" sont insignifiants, ils représentent pour les policiers une énorme perte du pouvoir d'achat, surtout lorsque l'on sait que ces "aménagements" sur le nouveau système de rémunération ne sont pas respectés à l'issu des négociations validées par le Conseil d'Etat, ni même entrés en vigueur alors que tout devait être réglé, je vous le rappelle, en mars et juin 2010, dixit la Présidente du département (merci Léman Bleu et ses retransmissions en directes).

On peut notamment y lire aussi que ces syndicalistes tirent à vue sur la conseillère d'Etat Isabel Rochat en menaçant de "débrayages ou d'actions ponctuelles", sans se rendre compte des conséquences de ces positions sur un plan autrement plus important, leur pont-retraite en discussion au Parlement.

- Monsieur le député, il faudrait se demander quel est le bilan de la conseillère d'Etat chargée de ce département depuis un an, et de son prédécesseur, pour que les choses en arrivent là, et surtout ne pas oublier qu'il a toujours été dit par le Conseil d'Etat que la réorganisation de la police comportait deux thèmes bien distincts, à savoir un nouveau système de rémunération (salaires - débours - heures supplémentaires - piquets - etc) et un pont-retraite devant permettre de s'adapter à la modification du droit fédéral, notamment pour les personnels particulièrement touchés par ce changement. Au passage, je vous rappelle Monsieur le député que l'Etat a continué jusqu'en 2009 à engager des aspirants de police sous le régime des 52 ans, faisant ainsi de ces jeunes collaborateurs des gens également particulièrement touchés par cette modification dont l'ordonnance date d'octobre 2005, ce que vous ne sauriez ignorer.

On peut aussi y lire que les policiers contestent l'imposition de l'indemnité pour risque inhérent à la fonction, une indemnité qui couvre entre autre le coût de nettoyage des habits de service.

- Monsieur le député, sachant que selon mes amis policiers le risque inhérent à la fonction est aussi un tort moral, et que le nettoyage des tenues est à la charge de l'Etat selon la loi, ceci représente une avance de frais tel un débours, il devient logique que cette indemnité ne soit pas fiscalisée, ou tout le moins soit déductible lors de la déclaration d'impôts. La revendication des policiers est donc légitime au regard de ces éléments.

On peut aussi y lire que qu'on comprend aussi mieux l'opposition corporatiste au relèvement de l'âge limite à 35 ans pour devenir policier. La fin de la pénurie, c'est aussi la fin d'heures supplémentaires rémunérées à 65 francs.

- Monsieur le député, en ma qualité de lecteur je pense qu'il n'y a que quelques élus pour croire que même avec un effectif légal atteint il n'y aura plus d'heures supplémentaires à Genève. Pour l'instant, nos policiers vaquent au plus urgent et aux priorités données par la hiérarchie, voire parfois l'Etat employeur, mais ils ne peuvent pas assurer toutes les prestations attendues et ceci au détriment de la population et surtout de la sécurité, et ce n'est l'effectif légal qui permettra de réaliser cette utopie car il faudrait 1200 gendarmes à Genève pour enfin espérer l'envisager. De plus, le véritable problème est de savoir si des aspirants de 34 ans supporteront le travail de nuit, les contraintes métier, le système hiérarchique imposé et surtout de se retrouver confrontés à une violence qu'ils ne côtoyaient probablement pas avant. S'il est difficile d'entrer dans cette profession à 23 ans, il est probablement encore plus dur d'y mettre les pieds à 35 ans, sauf si la personne provient d'un autre coprs de police ou d'une formation jugée similaire.

On peut aussi y lire qu'à ce stade on peut imaginer que les discussions au Parlement sur le pont-retraite pour les policiers, dorénavant obligés de se soumettre au droit fédéral, puisse départir de leur esprit de conciliation. Ou en tout cas traîner en longueur. A moins que les syndicats de policiers n'annoncent un retour à la table des négociations. Sinon on voit mal le Parlement accepter sans broncher un régime de transition particulièrement généreux : 10 millions par an pendant seize ans à la charge du seul Etat, c'est à dire des contribuables.

- Monsieur le député, en ma qualité d'observateur, je crois deviner soit une maladresse, une pression politique, un chantage ou tout le moins des propos sournois ? Car pour vous c'est soit ou soit alors que bizarrement le projet de pont-retraite a été validé par le Conseil d'Etat, sans oublier de dire que les syndicats ont rendu à l'Etat le versement annuel de la cotisation spéciale versée à la CP et qui s'élevait chaque années à 8 millions. Dans une balance, il faut y mettre tous les arguments sinon l'on s'éloigne vite des réalités des chiffres.

On peut enfin y lire que la sécurité se classe dans le peloton de tête des préoccupations de la population, mais pas au mépris d'une saine gestion des deniers de l'Etat, ni de l'Etat lui-même.

- Les policiers ne méprisent pas l'Etat, car la plupart des policiers ont encore des valeurs que notre société a laissé quitter nos bancs d'écoles, nos agents ne demandent que le respect promis à travers de trop nombreuses promesses qui sont rarement pleinement tenues par un employeur qui visiblement cherche encore à faire quelques économies. Mais il est vrai, c'est pour une saine gestion des deniers de l'Etat, j'oubliais, comme pour la BCG, le stade de la Praille, l'Euro08 et son ballon, la Constituante, la diminution des prestations chômage, le CEVA, le PAV, les chantiers du tram et l'augmentation des tarifs ou encore les salaires des gestionnaires d'établissements subventionnés ainsi que de leur conseil d'administration, mais on ne parle là que de "quelques centaines de millions".

Genève, un monde en soie.  

Une saine gestion des deniers de l'Etat : à saine gestion, gestion saine de l'Etat !

Walter Schlechten, habitant de la Croix-de-Rozon.

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21/10/2010

Réorganisation de la police, plus d'un an déjà et pourtant le respect attendu par les policiers ne vient pas, ne vient plus !

En relisant des coupures de journaux, je constate que c'est le 3 novembre 2009 que la première pierre de Curabilis avait été posée, bientôt un an, tout comme il y a aussi presque un an les élections du Conseil d'Etat avaient enflammé les débats sur la sécurité, jusqu'au soir du 15 novembre. S'en était suivi les résultats que l'on sait, avec un changement de majorité, et depuis ?

Il aura fallu des émeutes, un gardien grièvement blessé, une révolte de plus et la menace syndicale pour que le 18 octobre dernier le Conseil d'Etat dépose un nouveau communiqué de presse ; promesse ou réalité objective ?

http://www.ge.ch/dcti/presse/2010-10-18_com2.pdf

En ce qui concerne la Police, la signature d'un protocole d'accord en décembre 2009 devait mettre fin à plusieurs mois d'incertitude, avec un échéancier et des objectifs très clairs pour toutes les parties en cause. En mars et en juin 2010 tout devait être réglé, dixit la Présidente du département sur Léman Bleu. Malheureusement, alors que les travaux de fond avaient été effectués, que la problématique des heures supplémentaires, des débours, des piquets avait trouvé une solution validée par le Conseil d'Etat et les syndicats, la mise en application de ces éléments, ne présentant plus aucune opacité selon les voeux de la Cour des comptes, n'est pas effective à ce jour.

Pire, aucune explication, aucun argument, aucune justification ne sont venus donner du crédit au comportement incompréhensible de cet employeur qui se mure actuellement dans un silence qui ressemble à un aveu de culpabilité, voire d'échec. Manque de courage ou manque de franchise envers le pouvoir exécutif ?

Manque de courage probablement car il s'est avéré que la réorganisation de la police a un prix, a un coût, car les plus-values espérées par certains ne sont pas au rendez-vous des bilans établis. Tout n'était pas que mensonges ou opacité, tout n'était pas qu'avantages indus ou illégitimes, des inégalités de traitement sont même apparues lors des débats, débouchant ainsi sur une redistribution de la donne, avec des justifications reconnues et validées par le Conseil d'Etat. Les syndicats de police n'avaient pas reconnu la validité de l'ensemble du rapport de la cour des comptes, ils avaient raison. Mais voilà, maintenant il faut aller devant le Parlement, et une partie de ces élus du pouvoir législatif, qui sont aujourd'hui de la même majorité que le pouvoir exécutif, ne sont visiblement pas prêts à entendre ces réalités établies.

C'est pourtant ces mêmes députés qui avaient crié au loup, au scandale, dénonçant l'opacité et l'inégalité de traitement envers les autres fonctionnaires, une certaine droite qui ne recherche que quelque économies dans le budget de fonctionnement de l'Etat, sur le dos des employés. Mais voilà, il s'est avéré en fin de compte que le système de compensation des heures supplémentaires en temps de la police était moins favorable que celui établi par le MIOPE, il s'est avéré que 500 policiers de rue ne touchaient injustement pas de débours, il s'est avéré que le compte habillement correspond à un besoin matériel nécessaire, il s'est avéré que la mise de piquet était justifiée et avait simplement besoin d'une base légale avec une restitution idoine, il s'est avéré qu'une indemnité pour tord moral ne peut pas être fiscalisée. Au moment des comptes, et bien la balance penche, mais pas du côté attendu par les élus.

Manque de franchise, car il va falloir aller devant le parlement avec le résultat de cette réorganisation statutaire, mais visiblement les chiffres dérangent car ils ne sont pas ceux espérés, alors du coup on ne respecte pas les accords signés, on ne respecte plus l'employé ni ses représentants, on sabre à travers des règlements ou des fiches Miope, on tente de faire baisser les coûts, une fois encore, une fois de trop, le tout dans un climat de jalousie étatique envers des fonctionnaires d'autorité qui n'ont pas le même statut que tous les autres.

Alors que nos policiers s'engagent à fond dans la restructuration demandée en appliquant le "flex-tag", alors que nos policiers s'engagent à fond dans les services commandés tels le sommet de la francophonie, les événements sportifs à risque ou figaro, alors que nos policiers se nourrissent au quotidien du nouveau code de procédure pénal qui va profondément modifier leur travail, alors que nos policiers continuent à faire face à une certaine presse qui assassine les flics au premier fait divers, alors que nos policiers se rendent compte que la situation en rue ne s'améliore pas assez vite et que l'avenir n'appartient probablement pas aux nouvelles écoles de police sélectionnées sur des critères plus qu'aléatoires, Genève s'enfonce.

Moi qui vois tout cela comme simple citoyen, et qui lis aujourd'hui que ce même employeur préfère défendre les intérêts et l'image d'un certain Monsieur Kadhafi, je me dis que nos policiers sont bien peu de chose à ses yeux, et que ce dédain aura aussi un prix, celui de la démotivation profonde des forces de l'ordre, et une démocratie sans ordre, il me semble que l'on appelle ça l'anarchie, non ?

Visiblement nos policiers ne demandent que le respect que mérite leur engagement au service de l'Etat, de la collectivité, de la Genève internationale, de la population et des institutions, respect que ne semble plus en mesure de lui accorder son employeur !

Minet, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

 

03/10/2010

Les caravanes passent, les gens du voyage restent !

Il y a une semaine on signalait la présence de gens du voyage à Genève, de leurs caravanes et d'un campement pas forcément idoine. La sagesse des mots et la dissuasion ont été suffisantes pour qu'ils reprennent la route, vers d'autres champs.

En ce beau dimanche, je me suis rendu au bord du"lac de Genève", à Rolle, pour profiter du soleil radieux de ce mois d'octobre qui ressemble déjà à un été indien.

J'aime ce village de pêcheurs rupestre, il a gardé une âme, des murs et un bord du lac bien propre avec une ballade somptueuse. C'est lors de ce cheminement lacustre que je suis arrivé au camping de la commune, au lieu-dit Aux Vernes.

Quelques passionnés du caravaning s'afféraient encore pour plier et ranger leur emplacement, la fin de saison étant proche, le terrain se doit d'être dégagé. On nettoie, on plie, on range, et on déplace cette maison du bonheur sur un terrain privé ou un emplacement prévu pour un gardiennage d'hiver. On respecte ainsi les règles de la commune, du camping en société et du savoir vivre.

C'est sur le chemin du retour, en direction d'un monde en soi, que j'ai été surpris, enfin si peu, de constater que d'autres gens du voyage s'étaient installés à Nyon, dans un champ ou la musique tzigane ne devrait déranger personne.

Et pourtant, en me souvenant de ceux qui dans l'après-midi se conformaient aux règles, de ceux qui ne dérogent pas à la loi, de ceux qui paient un place pour un emplacement prévu à cet effet, de ceux qui laissent place nette en ayant trouvé un refuge pour passer l'hiver, je n'ai pu m'empêcher de douter.

Cette musique tzigane risque bien de déranger, ce campement pas forcément idoine d'apporter la méfiance et la crainte, et donc le rejet. Eux aussi devront alors plier, ranger, et déplacer leur logement fortuné ou de fortune pour reprendre la route, car ces gens du voyage n'ont pas prouvé qu'ils savaient eux aussi vivre en communauté avec des sédentaires qui pourtant n'ont rien contre les caravanes qui passent.

Minet.

 

 

16/09/2010

« Une police militarisée constitue une réelle menace pour la démocratie » selon Yves Patrick Delachaux et Frédéric Maillard, pas selon moi (commentaires en rouge).

« Une police militarisée constitue une réelle menace pour la démocratie » Pour Yves Patrick Delachaux et Frédéric Maillard, chercheurs et enseignants, une réforme de la police s’impose. Ils plaident pour des agents de « maintien de la paix sociale » plutôt que de « l’ordre ».

Par Olivier Chavaz– Genève – Le Courrier du 13 septembre 2010

Les auteurs de Policier, gardien de la paix ?sont intarissables. Une réforme profonde de l’institution policière est urgente, insistent Yves Patrick Delachaux et Frédéric Maillard. Si leurs constats ne connaissent pas de frontières, la police genevoise en prend pour son grade. Symptomatique d’un corps volontiers violent, refermé sur lui-même, sourd et aveugle aux évolutions du temps. L’ancien gendarme, passé par des études de psychologie et devenu « expert de police », et l’économiste didacticien, chargé de cours à l’école de police à Genève, promeuvent au contraire une action basée sur la défense des droits humains, dans la transparence et au plus près de la population. Un credo peu en vogue dans la tendance actuelle au tout sécuritaire spectaculaire.

Interview

De quels maux souffre selon vous la police ?

Frédéric Maillard : Il faut d’abord relever qu’il n’y a pas une police, mais des polices, avec des différences selon les services, les cantons ou les villes, pour rester en Suisse.

La tendance globale est toutefois que cette institution peine à relever les défis posés par les changements sociétaux. Pour nous, le problème vient en premier lieu de la «compromission militaire» sur laquelle est basée cette institution, dans son organisation et sa logistique. Avec comme corollaire une très forte hiérarchisation et des carrières dépendant exclusivement du degré de soumission et de l’ancienneté. Et ses dirigeants sont presque tous des officiers de l’armée et/ou des juristes. Le repli est total.

Minet : Avant de répondre à cette question, je me dois de corriger votre introduction dans laquelle vous affirmez que "la police genevoise en prend pour son grade, symptomatique d’un corps volontiers violent, refermé sur lui-même, sourd et aveugle aux évolutions du temps."

S'il est normal que dans une analyse pertinente l'audité puisse en prendre pour son grade, il m'est impossible de vous laisser dire que la police genevoise est un corps volontiers violent, refermé sur lui-même, sourd et aveugle aux évolutions du temps". Inepties et mensonges, analyse globale du siècle passé établie sur une méconnaissance de la police genevoise du XXI ème siècle.

Pour enfin répondre à votre question, je dirais, en ma qualité de citoyen qui suis ce débat avec un œil extérieur mais une certaine expérience du sujet à Genève, que les maux principaux dont souffre la police sont ;

Premièrement, une perte flagrante d'identité, dans le statut, dans la fonction, dans les missions à remplir, dans son rôle qu'elle doit tenir dans notre société. Depuis quinze ans, on demande aux policiers d'être le curé, le notaire, l'assistant social, de grand frère, le confident, le fonctionnaire qui écoute, l'observateur de la mutation générale de la société, mais aussi le garant des droits fondamentaux, des lois et des règlements, des droits humains, des valeurs de cette société à la dérive, dans laquelle le dernier bastion de l'éducation civique, morale, éthique demeure le flic, tel un bâton de pèlerins, pour des parents, des enseignants, des éducateurs socioculturels, des pouvoirs politique et judiciaire, des administrations impuissantes. La police demeure l'ultime repère sur qui on compte pour sauver la face après quarante ans de laxisme social. Mais le flic se doit aussi d'être intègre, droit, infaillible, solide, actif, décisionnaire, prédicateur moral, créateur du dialogue, initiateur du règlement des premiers conflits et, tout en observant son devoir de réserve, il devra encore dénoncer au pouvoir judiciaire les infractions relevées lors de sa mission.

Pris en étau par ces exigences sociétaires et professionnelles antagonistes, la police ne sait plus où se situer dans le schéma étatique. Elle perd ainsi la pluridisciplinarité et sa polyvalence au profit de spécialistes, de brigades et de sections aux tâches et aux missions totalement différentes, mais composées de policiers bien souvent réunis pour le maintien de la paix à travers le maintien de l'ordre. Ce déséquilibre dans le statut ne peut que venir nourrir ce fort sentiment d'impuissance qui gagne les agents, car devant autant de défis, qui ne devraient pourtant pas tous leur revenir, l'abnégation ne suffit plus sans le soutien de nos autorités, des hiérarchies, du pouvoir judiciaire et autres chercheurs ou politiciens qui aiment à produire des audits sur la police.

Deuxièmement, à force de dire que la police va mal, on lui cherche des maux qu'elle n'a pas et on lui en trouve, statutairement, économiquement, hiérarchiquement, éthiquement, moralement, de la formation à la retraite, mais en oubliant trop souvent l'humain et la mission qui se cachent dernière chaque policier, voire la mission première qui se doit d'être recherchée lors d'une refonte d'une organisation, à savoir une amélioration de son fonctionnement, dans le cadre de ses tâches, de ses missions, de ses engagements, des ses actions, de ses interventions, de ses doctrines, à travers son savoir être et de son savoir faire, dans le cadre du maintien de la paix, de l'ordre, en allant au devant de la misère humaine ou en se battant contre la criminalité.

L'humain policier ne supportera pas plus longtemps ces jugements assimilables à des attaques incessantes, qui sur la finalité du travail accompli par les auditeurs n'apporte aucune véritable solution pour répondre aux urgences de la profession, des métiers, aux attentes des citoyens et celles de nos policiers, que plus personne n'écoute. En position d'accusé, de gibier chassé, oppressé par la machine étatique et hiérarchique, le policier perd toute son indépendance dans l'initiative, motivation qui demeure pourtant le maillon essentiel, tel un baromètre de la société, dans le chaînage quotidien de l'observation, de l'analyse et de l'action de la police au service de cette même société.

Victimisation d'une profession, car à force de trop tirer sur la police, sachant que ce n'est pas sur l'institution que retombe les fracas mais sur les hommes et les femmes qui composent cette police, ceux-ci ne tirent plus à la même corde, la police se dissout et devient un simple élément de la fonction publique, fonctionnaires auxquels alors il ne faudra plus demander d'avoir le sens du sacrifie, moral, physique, familiale, personnel, humain. Si nous arrivons un jour à cette situation, nous perdrons alors le dernier garant de nos repères et de nos valeurs issus de l'éducation, du respect, ultime rempart d'autorité dans une société qui a abandonné ses enfants et ses valeurs culturelles, sociales, sécuritaires et humaines il y a trop longtemps.

Vous pointez cette dérive militaire dans les missions de la police."

FM : Depuis une dizaine d’années, on assiste clairement à une recrudescence des opérations militarisées de maintien de l’ordre, par exemple celles menées aux Pâquis l’an dernier. Mais si le métier de policier finit par se confondre avec celui de militaire, c’est sa disparition. Plus question de travailler en faveur de la résolution de conflits, de la proximité, ni sur l’analyse des origines du crime. La surveillance électronique et les entreprises privées prendront encore davantage de place. Il d’agirait alors d’une réelle menace pour la démocratie et les droits humains.

Minet : Ceux qui pointe du droit l'organisation dite militaire dans les missions de la police n'ont aucune idée du travail important qui aura été fait en amont, mais qui aura alors débouché sur un échec, surtout si le maintien de l'ordre devient nécessaire. Cet échec ne sera pas le fait de la police, mais bien d'un ensemble de décisions, de choix, de prises de positions de partenaires, d'antagonistes, de victimes, d'auteurs, de classes sociales, de voisins, d'ethnies, de mouvements ou de citoyens, où le flics simple internenant n'aura pas trouvé des solutions qui ne lui appartenaient poutant plus.

Le travail de base de la police est l'aide à autrui, l'éducation, le secours, la prévention, la résolution des conflits, la lutte contre la criminalité, le maintien de la paix et de l'ordre.

Dans toute intervention il y a l'avant, le pendant et l'après. La mission dite militaire interviendra après, en dernier recours face à une situation qui aura été jugée sans autre solution. Si tel n'était pas le cas, il y aura eu erreur d'appréciation, mais l'échec initial demeurera pourtant sans que la solution apparaisse, tout simplement mais pour une bonne raison. Dans le chaînage de la résolution des conflits, à un certain moment le policier, ou la police, devrait pouvoir, après moult tentatives et en ayant absorbé toutes les approches possibles à travers le dialogue et une approche socioculturelle pertinente, passer la main à l'administration compétente, au service adéquat, à l'humain dont la mission et la formation seront de reprendre le flambeau de l'urgentiste qu'est le flic. A ce jour, nous avons UMUS, VIRES, la LAVI, le SPMI, les services sociaux des communes et de la ville, les maisons de médiations, des associations, des groupements mais il manque ce que j'aime à appeler "le passeur de témoin". A cet instant précis de la décision, le flic ne peut pas devenir l'aiguilleur du ciel sombre de la misère humaine. Si cette fonction n'existe pas à ce jour, même si l'îlotier de police l'exerce bien souvent, offrir un tel "passeur de témoin" à la police et à nos institutions ce serait aussi reconnaître le travail de police effectué en amont et décharger du poids administratif, social et moral du cas présenté, pour redonner ainsi une identité aux tâches, aux missions et au statut de la police.

De vouloir transformer des éducateurs socioculturels en policiers de proximité, comme j'ai pu le lire récemment, voilà bien une idée dont la simple utopie laisse entrevoir la disparition d'une profession à but sociale, essentielle et indispensable dans le chaînage précité qu'est l'éducateur socioculturel. Il suffit de voir les "grands frères ou les modérateurs" se faire attaquer et agresser dans les transports publics, tel un organe d'autorité désavoué, pour comprendre que ce chemin n'est pas le bon. Chaque acteur doit pouvoir être identifié, à travers sa tâche, sa mission et son approche.

Enfin, la militarisation de la police, dans sa structure, est une nécessité dans la donnée d'ordre, dans l'acceptation de l'acte et dans la prise de décision. Les responsabilités, sous cette forme, incomberont alors à la hiérarchie, pour le meilleur comme pour le pire. La police ne pourra jamais se passer de ce double statut, très militarisée organisationnellement dans les actions de masse, très indépendante et libre d'initiatives dévolues au maintien de la paix dans le travail quotidien.

L’apparence compte-t-elle ?

Yves PatrickDelachaux : Les signes du poids grandissant donné au maintien de l’ordre s’observent y compris dans le domaine de l’uniforme et de l’équipement. Au début des années 2000 encore, je travaillais en cravate et couvre-chef. Aujourd’hui, le boulot quotidien se fait en pantalons bouffants, casquette de baseball et ceinture de charge. Chaque poste possède désormais deux motos tout-terrain noires. Nos agents font de plus en plus peur. Je ne comprends vraiment pas les responsables qui font ces choix.

FM : Une anecdote à propos de ces motos. Des connaissances ont été choquées de les voir à l’œuvre, façon voltigeurs, lors de la dernière manifestation contre l’OMC. Ces gens revenaient de missions humanitaires dans des pays peu démocratiques… Ce n’est effectivement pas l’idée qu’on se fait d’une police moderne et intelligente.

Minet : L'apparence, à travers le vêtement, la tenue, le rôle, mais aussi le savoir faire et le savoir être compte énormément. L'un des problèmes de ce jour revient à l'une de mes réponses précédente. Que fait la police et à quel moment, dans quelle circonstance, donc avec quelle approche et dans quelle tenue ? A trop mélanger la mission de groupe, de maintien de l'ordre, à celle quotidienne du maintien de la paix, le policier se perd, à travers les ordres, les tenues, les actes, les doctrines. L'éthique reste la même, mais l'approche étant tellement différente dans le rôle que la crise identitaire subsiste. Actuellement, on demande aux policiers de faire de tout un peu, même aux spécialistes, mais aussi de faire de tout en même temps, et là les problèmes identitaires deviennent omniprésents.

Nul besoin de redessiner la police dans son apparence, il faut simplement redonner une identité aux rôles demandés, une tenue pour l'instant souhaité, avec une mission adéquate pour un but connu et recherché qui pourra, le moment venu, être repris par "le passeur de témoin".

Le portrait-robot que vous tirez du policier contemporain, notamment genevois, est sombre.

YPD : Plus on a besoin de faire du bodybuilding, moins on est fort ! La façon dont ils sont employés les mène bien souvent à l’épuisement. Ou ils démissionnent. Ils ne comprennent plus le sens de leur mission. Les arrestations répétitives et inefficaces. La confiance dans la hiérarchie est très faible, même si elle n’est pas en mesure d’être exprimée. Si on se met autour d’une table de policiers, les discussions tournent vite autour d’une «société perdue». Tout le monde est coupable : les étrangers, les politiques, la justice, les frontaliers, les femmes… C’est un corps malade.

Minet : Le policier contemporain est simplement perdu dans les méandres institutionnels et décisionnels, à travers le dessin actuel de son statut, de ses tâches, de ses missions. Il est aussi abattu par l'aspect inopérant des décisions de justice, par la refonte du code pénal, par les lenteurs ou l'inertie des décisions administratives. C'est ce bilan là qui est sombre, pas le portrait-robot du policier.

Vous affirmez que cette culture corporatiste négative n’est pas inéluctable ?

FM : Je partage le constat précédent et je le constate dans mes activités à l’école de police genevoise. On observe cette tendance ailleurs en Europe. Cela dit, il faut souligner les contre-exemples. A Neuchâtel et Lausanne, entre autres. Ou, plus loin, au Luxembourg. De nouveaux managements, basés sur l’ouverture à d’autres professions ont conduit les policiers à se remettre en question, à s’interroger sur leur métier et à adapter leur pratique.

Minet : Nous traversons une culture corporatiste négative (sachant que le corporatisme peut aussi être positif) pour toutes les raisons précitées, mais en aucun cas par des changements sociétaux liés à la race, à l'ethnie, à l'appartenance à un groupe ou à une religion, à l'action ou à l'acte. Notre société n'a plus de repère, elle est perdue, les policiers le vive ainsi mais ils ne sont pas les sauveurs du monde, nul n'a le droit d'attendre de ces humains une telle responsabilité, qui se doit d'être politique, cantonale, fédérale, européenne, mondiale face à la misère humaine et aux dérives des hommes. Le policier s'adapte au quotidien, il jongle, mais il doit disposer des outils de travail nécessaires mais aussi "d'un passeur de témoin", pour enfin déposer un point à la fin d'une mission, d'un acte, d'un écrit, qui le libérera ainsi de la pression psychique et morale du cas traité. Les policiers sont des médecins de la misère humaine, des urgentistes qui gardent en vie les droits humains, du plus faible au plus fort, du plus pauvre au plus riche, auteur ou victime, toutes races et religions confondues. Un comportement indissociable dans la réalisation des ses missions, de ses tâches, mais aussi une ligne droite semée d'embûches au bout de laquelle il faudra aussi trouver une réponse ou ce "passeur de témoin".

Quelles sont les responsabilités de la direction de la police ?

YPD : Grandes. Au-delà des personnes, elle fonctionne un peu sur un mode mafieux. La loi du silence est le premier enseignement. Il faut se fondre dans le groupe. Ne pas poser de questions. De plus, la hiérarchie joue contre l’autorité politique, qui n’a pas les outils pour maîtriser le domaine : la plupart des informations qui lui remontent son biaisées, passées à la moulinette du système interne. J’ai l’impression qu’elle dit au monde politique : «Donnez-nous des armes et faites-nous confiance !»

Minet : La direction de la police obéit aux ordres et à la doctrine politique et policière. Je ne suis pas certain à ce jour que ces responsabilités là doivent retomber un jour sur ladite direction. Par contre, la direction de la police doit aussi convaincre et apporter des solutions aux problèmes que je viens de soulever, mais pour ça il faut en premier lieu les identifier, les analyser, rester à l'écoute des policiers et de la société, et après oser interpeller le politique. Ce dernier devra alors faire preuve de contrition si le dossier est porteur d'espérance pour nos métiers et pour la société civile.

A vous entendre, les conséquences sont graves.

FM : L’impunité en est une. En contrepartie de l’obéissance, toutes sortes d’exactions d’ordre pénal son couvertes, des excès de vitesse dangereux, des violences inacceptables commises sur des innocents, des rapports tronqués, etc.

YPD : Vous souvenez-vous du rapport d’experts de 2007 à Genève1 Depuis, rien n’a bougé malgré certaines allégations de violences et d’abus d’autorité crédibles.

Minet : Les responsabilités sont grandes et graves, les conséquences n'en sont que les résultats, mais en aucun cas les uthopies présentées par divers observateurs ne sont les reflets de la réalité. Ces gens se sont arrêtés à la police des années sombres, il y bien longtemps. Dans l'acte individuel, la faute, l'erreur, le geste ou l'acte impardonnable, voire insupportable demeure possible. Aujourd'hui il est rare, il demeure inadmissible et n'est plus garanti d'un couvert corporatiste que d'autres ont connu. L'IGS travaille sereinement et avec droiture. Les fautifs sont dénoncés, sanctionnés, les mis hors de cause lavés des soupçons qui pesaient sur eux, avec des preuves, des éléments, des faits, tant pour l'accusation que pour la reconnaissance du respect des règles.

La police que certains ont quitté il y a longtemps, en n'exerçant plus, n'est plus la même aujourd'hui. L'arrivée du Brevet fédéral et l'instauration de formation continue, des maîtres de stage, voire une modification dans la doctrine du maintien de l'ordre que l'on devine depuis peu, fait qu'il faut observer la police depuis son entre pour en extraire à l'extérieur le meilleurs et le moins bon, dans le simple but d'augmenter les capacités des policiers à gérer toutes les situations, mais aussi à pouvoir se reposer en rencontrant sur leur parcours les passeurs de témoin attendus, maillon d'un système qui à lui seul demande une réorganisation, sur le fond et sur les idées. Si l'îlotier communautaire est ce maillon, il faut alors le déterminer ainsi dans sa mission tout en lui donnant les moyens de la réaliser.

Qu’en est-il du recrutement et de la formation, de la politique du personnel ?

FM : A Genève, les ressources humaines sont dirigées de façon scandaleuse et contre-productive. Des candidats très qualifiés et très expérimentés sont écartés parce qu’ils ne rentrent pas dans le moule. L’accent est toujours mis sur le côté prétendument viril du policier, la force physique. Ceux qui y rentrent, par exemple après un parcours universitaire, n’ont pas de plan de carrière autre que la promotion automatique. La formation continue est mince. En matière de formation initiale, les droits humains occupent 1% des 1600 heures dispensées !

Ce sont pourtant les fondements du métier du policier. Lequel détient deux pouvoirs exclusifs –usage et de la force et de la contrainte ; moyens discrétionnaires– qui nécessitent d’être bien maîtrisés puisqu’ils peuvent limiter positivement ou violer les droits de l’homme.

Minet : Qu'on le veuille ou non, les critères de recrutement on été revus " à la baisse ". L'armée, la taille, le sport, l'aspect corporel, L'âge, un certain sens de la république, du pays, de nos lois et de nos règlement, de notre société genevoise pluriculturelle mais profondément encrée aux valeurs helvétiques.

La prochaine étape de cette "ouverture" politicienne sera la nationalité et l'engagement d'étrangers, voire de policiers étrangers. Cette volonté n'est pas adéquate et elle n'aidera pas la police à retrouver une identité. La multi culturalité est déjà bien présente dans la police, de nombreuses origines différentes y sont représentées, juste miroir de la société, mais elles sont toutes réunies derrière la nationalité et ses valeurs.

La réforme est en route, statutairement, économiquement, hiérarchiquement, éthiquement, moralement, de la formation à la retraite, mais en oubliant trop souvent l'humain qui se cache dernière chaque policier, en oubliant de lui redonner une identité, en oubliant de requalifier ses tâches et ses missions, en oubliant de redessiner ses priorités, cette réforme sera mort-née si elle n'apporte pas des solutions à la crise identitaire que traverse la police et surtout une aide précieuse à la lutte pour le maintien de la paix, de l'ordre, en allant au devant de la misère humaine ou en se battant contre la criminalité.

Votre regard acéré, vos critiques, vos propositions sont-elles entendues par l’institution ?

FM : On ne peut pas dire que tout cela plaise. En tant que chargé d’enseignement, je suis conscient d’être un alibi dans la grille de formation actuelle. On me le dit parfois. C’est pour cela que nous avons décidé d’écrire des livres à l’intention d’un public large.

Minet : Être un alibi c'est bien, devenir un prétexte c'est grave. Si l'institution écoute, alors qu'elle devra également entendre les voix des policiers, des flics de terrain, de rue, qui eux n'ont pas quitté le bitume et connaissent encore très bien leur métier et les ombres cachées de la misère d'une société dans laquelle ils travaillent au quotidien.

Quelles sont les pistes de réformes que vous soumettez aux responsables politiques ?

YPD : L’ouverture immédiate de la direction à la pluridisciplinarité. Il faut des compétences en sociologie, psychologie, philosophie, économie, management, etc. Ensuite, le recrutement, la formation et les ressources humaines doivent absolument retourner dans le giron de l’Etat central et non laissées en mains policières.

FM : Il est également indispensable de confier le contrôle de la déontologie à l’extérieur. Pour un regard neutre et distancié sur l’action policière. Des policiers qui en surveillent d’autres, ça ne va pas.

Minet : Glisser dans le giron de l'Etat, alors que l'on peut juste constater les dysfonctionnements qui surviennent dans certains de ses services, c'est condamner à mort la police, le métier de policier, et ainsi notre société qui continuera cette fois sans son dernier garde-fou qu'était encore le dernier maillon fort que représente la police.

Pour conclure deux mots : oui à l'ouverture de la pluridisciplinarité pour les postes de gestion, politiques et administratifs à la police, et enfin, à qui de droit, si la confiance se mérite, le respect aussi, à travers les connaissances, mais également par une faculté d'analyse dénuée de tout sentiments partisans ou d'un quelconque intérêt personnel.

Minet, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

12/09/2010

Modification profonde des valeurs de notre société face à la violence, la résignation !

Alors que je suis en pleine lecture du dernier livre d'Yves Patrick Delachaux, "Policier, gardien de la paix", une utopie sociétale sur laquelle je reviendrai dans un autre mot, je me rends compte que nous assistons à une profonde modification des valeurs de notre civilisation face à la violence, face à la criminalité qui touche les biens et les personnes, à travers un comportement nouveau, la résignation.

En effet, à travers une banalisation des crimes et des délits, un coup de couteau par-ci, un hold-up par-là, un cambriolage chez lui, un vol chez moi, un gifle ici, une rixe là-bas, des faits divers sont devenus des faits quotidiens. Qui ne connaît pas une victime autour de lui, plus personne.

Ce qui est grave à mes yeux, c'est cette révolte qui ne sort par, qui ne s'exprime pas, qui ne s'exprime plus. Il faut dire que cette résignation populaire peut se comprendre, elle a constaté démocratiquement que ce n'est pas en votant pour l'autre que tout ira mieux, car une promesse électorale reste une promesse, un acte politique d'un élu un geste courageux mais si rare. Comme les choses ne changent pas, comme l'on a déresponsabilisé les parents dans la science de l'éducation, comme l'on veut accabler l'école pour suppléer à ce manque, comme l'on n'ose pas aller plus loin dans la doctrine policière et dans les choix politiques, comme l'on devient permissif pénalement, et bien il y a résignation.

Et à la place de lutter contre celle-ci, ce sont les comportements des agents publics, des services sociaux, des profs, des contrôleurs TPG, des douaniers, des policiers que l'on tente de modifier, avec une politique qui voudrait que l'on aide perpétuellement le plus faible, mais sans jamais sévir contre le plus fort, souvent auteur et fautif.

Une vision technocrate et universitaire simpliste d'une société où "tout le monde il est gentil", qui ne va pas permettre à la nouvelle génération de trouver ses véritables repères.

Réveillez vous messieurs les penseurs, debout les décideurs, écoutez la rue, écoutez vos proches, vos amis, vos familles, vos enfants, vos aînés, et redonnons à notre société les valeurs qui ont été les siennes et qui lui ont permis de se construire, de s'élever, juste avant de s'écrouler, il y a dix ans, au moment de la résignation humaine, sociale, politique, économique.

Minet.