13/03/2011

Première analyse naïve des résultats des élections municipales genevoises !

Ce n'est pas un tremblement de terre politique, mais un signal fort qui pourrait annoncer un séisme dans deux ans !

A travers une lecture rapide et naïve des résultats, ce qui me semble évident c'est que la population vient d'exiger que le paysage politique genevois change.

Visiblement, les électeurs veulent garder une droite, mais différente et moins traditionnelle, moins hautaine aussi, donc plus proche des problématiques sociétales. Une droite qui se pourrait bien être plus au centre qu'il n'y paraît. On reprochera à cette nouvelle droite d'être populiste, mais on ne peut pas lui reprocher de ne pas se pencher sur les véritables problèmes des genevois. Reste à celle-ci de prouver que la confiance placée en elle sera récompensée par des véritables projets pour le mieux vivre ensemble.

Le PLR paie le prix d'une fusion qui n'était pas aboutie.

Le PDC manque encore d'ambition dans les grandes villes urbaines.

L'UDC se cherche encore une identité romande.

Les Verts-Libéraux réussissent sur le canton un véritable exploit dans de petites communes si l'on connaît la genèse récente de ce parti.

Le MCG répond aux espérances d'une population excédée.

Visiblement les électeurs veulent aussi garder une gauche, mais plus agressive, plus identitaire, moins utopique et plus proche du social, des syndicats. Une gauche qui se pourrait elle être plus à gauche qu'avant. On reprochera à cette nouvelle tendance son côté anarchistes, contestataire, mais on ne pourra pas lui reprocher d'avoir osé, de s'est détachée d'un parti socialiste qui s'était lui trop éloigné des problèmes de la population, une gauche caviar qui ne plaît plus, qui ne sied plus. Reste à cette gauche identitaire de prouver qu'elle a sa place avec de véritables projets sociaux pour un mieux vivre ensemble.

Le parti Socialiste résiste grâce à ses têtes de liste, mais il n'a pas convaincu que le caviar n'est plus au menu.

Les Vers paient un angélisme et une certaine utopie d'un monde parfait où les difficultés sociétales doivent rester des priorités politiques.

Ensemble à gauche démontre qu'une politique plus agressive mais plus proche du peuple est viable comme alternative, avec un véritable discours de gauche.

Conclusions ;

Une droite redessinée, où les partis "traditionnels" devront composer avec les nouveaux venus.

Une gauche rescultée, où les partis "traditionnels" devront s'adapter avec le retour de valeurs anciennes. 

Reste les élus hors partis, qui prouvent qu'une véritable crise identitaire occupe le terrain politique à Genève.

Un canton un peu de gauche, un peu de droite, Genève, un monde en soie !

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

12/03/2011

Nos regards tournés vers le pays du soleil levant devraient nous apporter cette humilité que nous n'avons plus !

Il y a des événements dans une vie qui ne laissent pas, qui ne laissent plus indifférent.

 

Il y a eu le 11 septembre 2001, un choc énorme pour l'occident face à l'horreur et la cruauté  humaine. L'inconcevable devenait réalité, l'impensable devenait images, l'inimaginable devenait une réelle menace. Un peuple visé, un pays blessé, une agression physique et morale qui avait pourtant des précédents dans l'horreur.

 

La mémoire humaine garde au plus profond d'elle les horreurs du passé, où l'homme détruit l'homme, avec cruauté et bien au-delà des limites du supportable pour nos consciences.

 

Les ségrégations raciales, la Grande Guerre, la Shoah, Hiroshima et Nagasaki, des génocides et des camps de la mort dans bien des guerres, des crimes contre l'humanité et j'en oublie, pas par manque de respect, mais par ignorance.

 

L'homme ne maîtrise pas l'homme ni les éléments, Tchernobyl et les incidents dans sur les sites Seveso sont là pour nous le rappeler.

 

Il y a des événements dans une vie qui ne laissent pas, qui ne laissent plus indifférent.

 

En 1219 la rupture d'un barrage naturelle a dévasté la ville de Grenoble

 

En 1755 un tremblement de terre puis un tsunami détruisent Lisbonne

 

En 2004 un tremblement de terre puis un tsunami touchent la Thaïlande, la Malaisie, le Sri Lanka et l'Inde.

 

En 2010 un tremblement de terre ravage Haïti.

 

Il y a eu aussi Lothar, Katrina, Ewiniar, Nargis, Jeanne, et autres cyclones ou ouragans.

 

Il y a eu aussi les éruptions, le Vésuve, le Lakagigar, le mont Tambora, le Krakatoa, la montagne Pelée, le Nevado des Ruiz, Eyjafjoll et autres.

 

Il y eu aussi la météorite du cratère de Chicxulub, si loin, trop loin !

 

Mais depuis le 11 mars 2011, il y aura le tremblement de terre et le tsunami qui ont ravagé le Japon. Il y aura probablement une catastrophe nucléaire et sanitaire. On n'ose pas envisager le pire, mais la probabilité est là, bien présente, dictée par les forces de nature. Cette catastrophe vient d'entrer dans nos mémoires collectives.

 

Aujourd'hui, il y a un peuple courageux, solidaire, impressionnant, calme, qui fait face ces catastrophes, dans un pays où probablement le soleil levant n'aura plus jamais le même rayonnement dans le cœur des japonais. Ils méritent notre aide, et notre respect.

 

Walter Schlechten - Habitant La Croix-de-Rozon.   

18/12/2010

Sécurité nationale et Schengen, quel est le véritable problème !

Ce fut en juin 1985 que vit le jour l'espace Schengen, avec cinq pays signataires pour ce premier accord qui promulguait l'ouverture des frontières. C'est en 1997, soit plus de dix ans après, que l'espace Schengen a été institutionnalisé à l'échelle européenne par le traité d'Amsterdam. Ce fut enfin le traité de Lisbonne de 2007, soit dix ans après, qui modifia les règles juridiques concernant l'espace Schengen, en renforçant la notion d'un "espace de liberté, de sécurité et de justice", par le biais d'un système communautaire.

Depuis, les pays signataires pratique une politique commune en ce qui concerne les visas et ont renforcé les contrôles aux frontières limitrophes de pays extérieurs à l'espace. Relevons que des contrôle temporaires aux frontières nationales peuvent néanmoins être mis en place s'ils s'avèrent nécessaires au maintien de l'ordre public ou de la sécurité territoriale.

La Suisse a ratifié ces accord en février 2008. Il aura donc fallu moins de trois ans pour que l'on se rende compte que l'application théorique de ces accords n'est pas en adéquation avec la situation géographique, économique et sécuritaire de notre pays. Certes des "contrôles temporaires aux frontières" ont été établis lors de l'Euro08, justifiés par un maintien de l'ordre nécessaire à la manifestation sportive, voire lors d'une ou deux petites conférences internationales, mais c'est tout.

Pourtant, il apparaît aujourd'hui évident que la libre circulation des personnes n'est pas en adéquation avec notre sécurité nationale, ne pouvant ainsi faire face à la criminalité importée. Nous ne pouvons plus nous permettre d'être un pays d'accueil pour tous et seulement de passage pour des bandes organisées qui ont su très rapidement utiliser les failles du système. Qui plus est à Genève qui dispose d'une situation particulière. Notre ville-canton se doit en effet de faire respecter les conditions d'entrée dans l'espace européen à travers son aéroport international, tout en acceptant d'ouvrir ses frontières géographiques à toutes les personnes se trouvant déjà dans ce même espace. La protection des intérêts communautaires est donc devenue plus importante que ceux du canton, de la région, du pays.

Il ne s'agit là pas de remettre en cause le principe de l'espace de Schengen, car il est vrai que l'échange d'informations et le système SIS sont une plus-value importante dans le cadre d'une coopération pénale et/ou judiciaire, en qualité de recherche et d'investigations, même si c'est probablement les pays limitrophes à la Suisse qui en bénéficient le plus à ce jour, mais il devient urgent, et sans offusquer nos voisins ou les États membres, de réintroduire, sous le motif de la sécurité nationale, le contrôle des personnes aux frontières et sur le territoire.

Genève doit en démontrer la volonté, la Confédération nous en donner les moyens !

Minet, habitant de La-Croix-de-Rozon !

 

06/10/2010

Police genevoise, enfin un premier grand débat public !

Depuis les élections du 15 novembre 2009, nous allons enfin avoir le premier grand débat public sur la police. Ce lundi 11 octobre, rdv 1900 à la Comédie, et ce n'est pas une plaisanterie !

http://www.comedie.ch/evenement/entretien-avec-frederic-m...

 

Yves Patrick Delachaux et Frédéric Maillard ouvrent les portes de ce théâtre et de la discussion, avec comme base leur dernier livre intitulé "Policier, gardien de la Paix ?"

 

Un recueil de nonante pages qui contient vingt-et-une questions, mais pas autant de réponses malheureusement.

 

Cet ouvrage a le mérite de provoquer la réflexion au sujet du fonctionnement de la "Grande Maison", de la doctrice de la police, du statut et du métier de policier, même si la thématique des droits humains est envahissante dans l'écriture.

 

A trop chercher les dysfonctionnements hiérarchiques ou humains, à trop noyer les responsabilités des décisions entre un fait issu de la doctrine de la police et un acte accompli par un policier, l'analyse se perd et passe à côté des véritables réponses, mettant ainsi trop souvent la place de l'humain policier de côté au profil d'une vision conceptuelle de la profession, oubliant aussi la nécessité d'un message politique clair.

 

Une vision différente de l'exercice de la police, voire du métier et du statut de policier à travers l'application conceptuelle des droits humains, un leitmotiv insuffisant pour reconstruire mais une base pour y réfléchir. Un vaste débat s'annonce, qui va agiter une profession pourtant reconnue pour la qualité de ses prestations mais dans le cadre d'une police déjà secouée par une réorganisation tumultueuse.

J'y serai, et vous ?

 

Minet.  

 

16/09/2010

« Une police militarisée constitue une réelle menace pour la démocratie » selon Yves Patrick Delachaux et Frédéric Maillard, pas selon moi (commentaires en rouge).

« Une police militarisée constitue une réelle menace pour la démocratie » Pour Yves Patrick Delachaux et Frédéric Maillard, chercheurs et enseignants, une réforme de la police s’impose. Ils plaident pour des agents de « maintien de la paix sociale » plutôt que de « l’ordre ».

Par Olivier Chavaz– Genève – Le Courrier du 13 septembre 2010

Les auteurs de Policier, gardien de la paix ?sont intarissables. Une réforme profonde de l’institution policière est urgente, insistent Yves Patrick Delachaux et Frédéric Maillard. Si leurs constats ne connaissent pas de frontières, la police genevoise en prend pour son grade. Symptomatique d’un corps volontiers violent, refermé sur lui-même, sourd et aveugle aux évolutions du temps. L’ancien gendarme, passé par des études de psychologie et devenu « expert de police », et l’économiste didacticien, chargé de cours à l’école de police à Genève, promeuvent au contraire une action basée sur la défense des droits humains, dans la transparence et au plus près de la population. Un credo peu en vogue dans la tendance actuelle au tout sécuritaire spectaculaire.

Interview

De quels maux souffre selon vous la police ?

Frédéric Maillard : Il faut d’abord relever qu’il n’y a pas une police, mais des polices, avec des différences selon les services, les cantons ou les villes, pour rester en Suisse.

La tendance globale est toutefois que cette institution peine à relever les défis posés par les changements sociétaux. Pour nous, le problème vient en premier lieu de la «compromission militaire» sur laquelle est basée cette institution, dans son organisation et sa logistique. Avec comme corollaire une très forte hiérarchisation et des carrières dépendant exclusivement du degré de soumission et de l’ancienneté. Et ses dirigeants sont presque tous des officiers de l’armée et/ou des juristes. Le repli est total.

Minet : Avant de répondre à cette question, je me dois de corriger votre introduction dans laquelle vous affirmez que "la police genevoise en prend pour son grade, symptomatique d’un corps volontiers violent, refermé sur lui-même, sourd et aveugle aux évolutions du temps."

S'il est normal que dans une analyse pertinente l'audité puisse en prendre pour son grade, il m'est impossible de vous laisser dire que la police genevoise est un corps volontiers violent, refermé sur lui-même, sourd et aveugle aux évolutions du temps". Inepties et mensonges, analyse globale du siècle passé établie sur une méconnaissance de la police genevoise du XXI ème siècle.

Pour enfin répondre à votre question, je dirais, en ma qualité de citoyen qui suis ce débat avec un œil extérieur mais une certaine expérience du sujet à Genève, que les maux principaux dont souffre la police sont ;

Premièrement, une perte flagrante d'identité, dans le statut, dans la fonction, dans les missions à remplir, dans son rôle qu'elle doit tenir dans notre société. Depuis quinze ans, on demande aux policiers d'être le curé, le notaire, l'assistant social, de grand frère, le confident, le fonctionnaire qui écoute, l'observateur de la mutation générale de la société, mais aussi le garant des droits fondamentaux, des lois et des règlements, des droits humains, des valeurs de cette société à la dérive, dans laquelle le dernier bastion de l'éducation civique, morale, éthique demeure le flic, tel un bâton de pèlerins, pour des parents, des enseignants, des éducateurs socioculturels, des pouvoirs politique et judiciaire, des administrations impuissantes. La police demeure l'ultime repère sur qui on compte pour sauver la face après quarante ans de laxisme social. Mais le flic se doit aussi d'être intègre, droit, infaillible, solide, actif, décisionnaire, prédicateur moral, créateur du dialogue, initiateur du règlement des premiers conflits et, tout en observant son devoir de réserve, il devra encore dénoncer au pouvoir judiciaire les infractions relevées lors de sa mission.

Pris en étau par ces exigences sociétaires et professionnelles antagonistes, la police ne sait plus où se situer dans le schéma étatique. Elle perd ainsi la pluridisciplinarité et sa polyvalence au profit de spécialistes, de brigades et de sections aux tâches et aux missions totalement différentes, mais composées de policiers bien souvent réunis pour le maintien de la paix à travers le maintien de l'ordre. Ce déséquilibre dans le statut ne peut que venir nourrir ce fort sentiment d'impuissance qui gagne les agents, car devant autant de défis, qui ne devraient pourtant pas tous leur revenir, l'abnégation ne suffit plus sans le soutien de nos autorités, des hiérarchies, du pouvoir judiciaire et autres chercheurs ou politiciens qui aiment à produire des audits sur la police.

Deuxièmement, à force de dire que la police va mal, on lui cherche des maux qu'elle n'a pas et on lui en trouve, statutairement, économiquement, hiérarchiquement, éthiquement, moralement, de la formation à la retraite, mais en oubliant trop souvent l'humain et la mission qui se cachent dernière chaque policier, voire la mission première qui se doit d'être recherchée lors d'une refonte d'une organisation, à savoir une amélioration de son fonctionnement, dans le cadre de ses tâches, de ses missions, de ses engagements, des ses actions, de ses interventions, de ses doctrines, à travers son savoir être et de son savoir faire, dans le cadre du maintien de la paix, de l'ordre, en allant au devant de la misère humaine ou en se battant contre la criminalité.

L'humain policier ne supportera pas plus longtemps ces jugements assimilables à des attaques incessantes, qui sur la finalité du travail accompli par les auditeurs n'apporte aucune véritable solution pour répondre aux urgences de la profession, des métiers, aux attentes des citoyens et celles de nos policiers, que plus personne n'écoute. En position d'accusé, de gibier chassé, oppressé par la machine étatique et hiérarchique, le policier perd toute son indépendance dans l'initiative, motivation qui demeure pourtant le maillon essentiel, tel un baromètre de la société, dans le chaînage quotidien de l'observation, de l'analyse et de l'action de la police au service de cette même société.

Victimisation d'une profession, car à force de trop tirer sur la police, sachant que ce n'est pas sur l'institution que retombe les fracas mais sur les hommes et les femmes qui composent cette police, ceux-ci ne tirent plus à la même corde, la police se dissout et devient un simple élément de la fonction publique, fonctionnaires auxquels alors il ne faudra plus demander d'avoir le sens du sacrifie, moral, physique, familiale, personnel, humain. Si nous arrivons un jour à cette situation, nous perdrons alors le dernier garant de nos repères et de nos valeurs issus de l'éducation, du respect, ultime rempart d'autorité dans une société qui a abandonné ses enfants et ses valeurs culturelles, sociales, sécuritaires et humaines il y a trop longtemps.

Vous pointez cette dérive militaire dans les missions de la police."

FM : Depuis une dizaine d’années, on assiste clairement à une recrudescence des opérations militarisées de maintien de l’ordre, par exemple celles menées aux Pâquis l’an dernier. Mais si le métier de policier finit par se confondre avec celui de militaire, c’est sa disparition. Plus question de travailler en faveur de la résolution de conflits, de la proximité, ni sur l’analyse des origines du crime. La surveillance électronique et les entreprises privées prendront encore davantage de place. Il d’agirait alors d’une réelle menace pour la démocratie et les droits humains.

Minet : Ceux qui pointe du droit l'organisation dite militaire dans les missions de la police n'ont aucune idée du travail important qui aura été fait en amont, mais qui aura alors débouché sur un échec, surtout si le maintien de l'ordre devient nécessaire. Cet échec ne sera pas le fait de la police, mais bien d'un ensemble de décisions, de choix, de prises de positions de partenaires, d'antagonistes, de victimes, d'auteurs, de classes sociales, de voisins, d'ethnies, de mouvements ou de citoyens, où le flics simple internenant n'aura pas trouvé des solutions qui ne lui appartenaient poutant plus.

Le travail de base de la police est l'aide à autrui, l'éducation, le secours, la prévention, la résolution des conflits, la lutte contre la criminalité, le maintien de la paix et de l'ordre.

Dans toute intervention il y a l'avant, le pendant et l'après. La mission dite militaire interviendra après, en dernier recours face à une situation qui aura été jugée sans autre solution. Si tel n'était pas le cas, il y aura eu erreur d'appréciation, mais l'échec initial demeurera pourtant sans que la solution apparaisse, tout simplement mais pour une bonne raison. Dans le chaînage de la résolution des conflits, à un certain moment le policier, ou la police, devrait pouvoir, après moult tentatives et en ayant absorbé toutes les approches possibles à travers le dialogue et une approche socioculturelle pertinente, passer la main à l'administration compétente, au service adéquat, à l'humain dont la mission et la formation seront de reprendre le flambeau de l'urgentiste qu'est le flic. A ce jour, nous avons UMUS, VIRES, la LAVI, le SPMI, les services sociaux des communes et de la ville, les maisons de médiations, des associations, des groupements mais il manque ce que j'aime à appeler "le passeur de témoin". A cet instant précis de la décision, le flic ne peut pas devenir l'aiguilleur du ciel sombre de la misère humaine. Si cette fonction n'existe pas à ce jour, même si l'îlotier de police l'exerce bien souvent, offrir un tel "passeur de témoin" à la police et à nos institutions ce serait aussi reconnaître le travail de police effectué en amont et décharger du poids administratif, social et moral du cas présenté, pour redonner ainsi une identité aux tâches, aux missions et au statut de la police.

De vouloir transformer des éducateurs socioculturels en policiers de proximité, comme j'ai pu le lire récemment, voilà bien une idée dont la simple utopie laisse entrevoir la disparition d'une profession à but sociale, essentielle et indispensable dans le chaînage précité qu'est l'éducateur socioculturel. Il suffit de voir les "grands frères ou les modérateurs" se faire attaquer et agresser dans les transports publics, tel un organe d'autorité désavoué, pour comprendre que ce chemin n'est pas le bon. Chaque acteur doit pouvoir être identifié, à travers sa tâche, sa mission et son approche.

Enfin, la militarisation de la police, dans sa structure, est une nécessité dans la donnée d'ordre, dans l'acceptation de l'acte et dans la prise de décision. Les responsabilités, sous cette forme, incomberont alors à la hiérarchie, pour le meilleur comme pour le pire. La police ne pourra jamais se passer de ce double statut, très militarisée organisationnellement dans les actions de masse, très indépendante et libre d'initiatives dévolues au maintien de la paix dans le travail quotidien.

L’apparence compte-t-elle ?

Yves PatrickDelachaux : Les signes du poids grandissant donné au maintien de l’ordre s’observent y compris dans le domaine de l’uniforme et de l’équipement. Au début des années 2000 encore, je travaillais en cravate et couvre-chef. Aujourd’hui, le boulot quotidien se fait en pantalons bouffants, casquette de baseball et ceinture de charge. Chaque poste possède désormais deux motos tout-terrain noires. Nos agents font de plus en plus peur. Je ne comprends vraiment pas les responsables qui font ces choix.

FM : Une anecdote à propos de ces motos. Des connaissances ont été choquées de les voir à l’œuvre, façon voltigeurs, lors de la dernière manifestation contre l’OMC. Ces gens revenaient de missions humanitaires dans des pays peu démocratiques… Ce n’est effectivement pas l’idée qu’on se fait d’une police moderne et intelligente.

Minet : L'apparence, à travers le vêtement, la tenue, le rôle, mais aussi le savoir faire et le savoir être compte énormément. L'un des problèmes de ce jour revient à l'une de mes réponses précédente. Que fait la police et à quel moment, dans quelle circonstance, donc avec quelle approche et dans quelle tenue ? A trop mélanger la mission de groupe, de maintien de l'ordre, à celle quotidienne du maintien de la paix, le policier se perd, à travers les ordres, les tenues, les actes, les doctrines. L'éthique reste la même, mais l'approche étant tellement différente dans le rôle que la crise identitaire subsiste. Actuellement, on demande aux policiers de faire de tout un peu, même aux spécialistes, mais aussi de faire de tout en même temps, et là les problèmes identitaires deviennent omniprésents.

Nul besoin de redessiner la police dans son apparence, il faut simplement redonner une identité aux rôles demandés, une tenue pour l'instant souhaité, avec une mission adéquate pour un but connu et recherché qui pourra, le moment venu, être repris par "le passeur de témoin".

Le portrait-robot que vous tirez du policier contemporain, notamment genevois, est sombre.

YPD : Plus on a besoin de faire du bodybuilding, moins on est fort ! La façon dont ils sont employés les mène bien souvent à l’épuisement. Ou ils démissionnent. Ils ne comprennent plus le sens de leur mission. Les arrestations répétitives et inefficaces. La confiance dans la hiérarchie est très faible, même si elle n’est pas en mesure d’être exprimée. Si on se met autour d’une table de policiers, les discussions tournent vite autour d’une «société perdue». Tout le monde est coupable : les étrangers, les politiques, la justice, les frontaliers, les femmes… C’est un corps malade.

Minet : Le policier contemporain est simplement perdu dans les méandres institutionnels et décisionnels, à travers le dessin actuel de son statut, de ses tâches, de ses missions. Il est aussi abattu par l'aspect inopérant des décisions de justice, par la refonte du code pénal, par les lenteurs ou l'inertie des décisions administratives. C'est ce bilan là qui est sombre, pas le portrait-robot du policier.

Vous affirmez que cette culture corporatiste négative n’est pas inéluctable ?

FM : Je partage le constat précédent et je le constate dans mes activités à l’école de police genevoise. On observe cette tendance ailleurs en Europe. Cela dit, il faut souligner les contre-exemples. A Neuchâtel et Lausanne, entre autres. Ou, plus loin, au Luxembourg. De nouveaux managements, basés sur l’ouverture à d’autres professions ont conduit les policiers à se remettre en question, à s’interroger sur leur métier et à adapter leur pratique.

Minet : Nous traversons une culture corporatiste négative (sachant que le corporatisme peut aussi être positif) pour toutes les raisons précitées, mais en aucun cas par des changements sociétaux liés à la race, à l'ethnie, à l'appartenance à un groupe ou à une religion, à l'action ou à l'acte. Notre société n'a plus de repère, elle est perdue, les policiers le vive ainsi mais ils ne sont pas les sauveurs du monde, nul n'a le droit d'attendre de ces humains une telle responsabilité, qui se doit d'être politique, cantonale, fédérale, européenne, mondiale face à la misère humaine et aux dérives des hommes. Le policier s'adapte au quotidien, il jongle, mais il doit disposer des outils de travail nécessaires mais aussi "d'un passeur de témoin", pour enfin déposer un point à la fin d'une mission, d'un acte, d'un écrit, qui le libérera ainsi de la pression psychique et morale du cas traité. Les policiers sont des médecins de la misère humaine, des urgentistes qui gardent en vie les droits humains, du plus faible au plus fort, du plus pauvre au plus riche, auteur ou victime, toutes races et religions confondues. Un comportement indissociable dans la réalisation des ses missions, de ses tâches, mais aussi une ligne droite semée d'embûches au bout de laquelle il faudra aussi trouver une réponse ou ce "passeur de témoin".

Quelles sont les responsabilités de la direction de la police ?

YPD : Grandes. Au-delà des personnes, elle fonctionne un peu sur un mode mafieux. La loi du silence est le premier enseignement. Il faut se fondre dans le groupe. Ne pas poser de questions. De plus, la hiérarchie joue contre l’autorité politique, qui n’a pas les outils pour maîtriser le domaine : la plupart des informations qui lui remontent son biaisées, passées à la moulinette du système interne. J’ai l’impression qu’elle dit au monde politique : «Donnez-nous des armes et faites-nous confiance !»

Minet : La direction de la police obéit aux ordres et à la doctrine politique et policière. Je ne suis pas certain à ce jour que ces responsabilités là doivent retomber un jour sur ladite direction. Par contre, la direction de la police doit aussi convaincre et apporter des solutions aux problèmes que je viens de soulever, mais pour ça il faut en premier lieu les identifier, les analyser, rester à l'écoute des policiers et de la société, et après oser interpeller le politique. Ce dernier devra alors faire preuve de contrition si le dossier est porteur d'espérance pour nos métiers et pour la société civile.

A vous entendre, les conséquences sont graves.

FM : L’impunité en est une. En contrepartie de l’obéissance, toutes sortes d’exactions d’ordre pénal son couvertes, des excès de vitesse dangereux, des violences inacceptables commises sur des innocents, des rapports tronqués, etc.

YPD : Vous souvenez-vous du rapport d’experts de 2007 à Genève1 Depuis, rien n’a bougé malgré certaines allégations de violences et d’abus d’autorité crédibles.

Minet : Les responsabilités sont grandes et graves, les conséquences n'en sont que les résultats, mais en aucun cas les uthopies présentées par divers observateurs ne sont les reflets de la réalité. Ces gens se sont arrêtés à la police des années sombres, il y bien longtemps. Dans l'acte individuel, la faute, l'erreur, le geste ou l'acte impardonnable, voire insupportable demeure possible. Aujourd'hui il est rare, il demeure inadmissible et n'est plus garanti d'un couvert corporatiste que d'autres ont connu. L'IGS travaille sereinement et avec droiture. Les fautifs sont dénoncés, sanctionnés, les mis hors de cause lavés des soupçons qui pesaient sur eux, avec des preuves, des éléments, des faits, tant pour l'accusation que pour la reconnaissance du respect des règles.

La police que certains ont quitté il y a longtemps, en n'exerçant plus, n'est plus la même aujourd'hui. L'arrivée du Brevet fédéral et l'instauration de formation continue, des maîtres de stage, voire une modification dans la doctrine du maintien de l'ordre que l'on devine depuis peu, fait qu'il faut observer la police depuis son entre pour en extraire à l'extérieur le meilleurs et le moins bon, dans le simple but d'augmenter les capacités des policiers à gérer toutes les situations, mais aussi à pouvoir se reposer en rencontrant sur leur parcours les passeurs de témoin attendus, maillon d'un système qui à lui seul demande une réorganisation, sur le fond et sur les idées. Si l'îlotier communautaire est ce maillon, il faut alors le déterminer ainsi dans sa mission tout en lui donnant les moyens de la réaliser.

Qu’en est-il du recrutement et de la formation, de la politique du personnel ?

FM : A Genève, les ressources humaines sont dirigées de façon scandaleuse et contre-productive. Des candidats très qualifiés et très expérimentés sont écartés parce qu’ils ne rentrent pas dans le moule. L’accent est toujours mis sur le côté prétendument viril du policier, la force physique. Ceux qui y rentrent, par exemple après un parcours universitaire, n’ont pas de plan de carrière autre que la promotion automatique. La formation continue est mince. En matière de formation initiale, les droits humains occupent 1% des 1600 heures dispensées !

Ce sont pourtant les fondements du métier du policier. Lequel détient deux pouvoirs exclusifs –usage et de la force et de la contrainte ; moyens discrétionnaires– qui nécessitent d’être bien maîtrisés puisqu’ils peuvent limiter positivement ou violer les droits de l’homme.

Minet : Qu'on le veuille ou non, les critères de recrutement on été revus " à la baisse ". L'armée, la taille, le sport, l'aspect corporel, L'âge, un certain sens de la république, du pays, de nos lois et de nos règlement, de notre société genevoise pluriculturelle mais profondément encrée aux valeurs helvétiques.

La prochaine étape de cette "ouverture" politicienne sera la nationalité et l'engagement d'étrangers, voire de policiers étrangers. Cette volonté n'est pas adéquate et elle n'aidera pas la police à retrouver une identité. La multi culturalité est déjà bien présente dans la police, de nombreuses origines différentes y sont représentées, juste miroir de la société, mais elles sont toutes réunies derrière la nationalité et ses valeurs.

La réforme est en route, statutairement, économiquement, hiérarchiquement, éthiquement, moralement, de la formation à la retraite, mais en oubliant trop souvent l'humain qui se cache dernière chaque policier, en oubliant de lui redonner une identité, en oubliant de requalifier ses tâches et ses missions, en oubliant de redessiner ses priorités, cette réforme sera mort-née si elle n'apporte pas des solutions à la crise identitaire que traverse la police et surtout une aide précieuse à la lutte pour le maintien de la paix, de l'ordre, en allant au devant de la misère humaine ou en se battant contre la criminalité.

Votre regard acéré, vos critiques, vos propositions sont-elles entendues par l’institution ?

FM : On ne peut pas dire que tout cela plaise. En tant que chargé d’enseignement, je suis conscient d’être un alibi dans la grille de formation actuelle. On me le dit parfois. C’est pour cela que nous avons décidé d’écrire des livres à l’intention d’un public large.

Minet : Être un alibi c'est bien, devenir un prétexte c'est grave. Si l'institution écoute, alors qu'elle devra également entendre les voix des policiers, des flics de terrain, de rue, qui eux n'ont pas quitté le bitume et connaissent encore très bien leur métier et les ombres cachées de la misère d'une société dans laquelle ils travaillent au quotidien.

Quelles sont les pistes de réformes que vous soumettez aux responsables politiques ?

YPD : L’ouverture immédiate de la direction à la pluridisciplinarité. Il faut des compétences en sociologie, psychologie, philosophie, économie, management, etc. Ensuite, le recrutement, la formation et les ressources humaines doivent absolument retourner dans le giron de l’Etat central et non laissées en mains policières.

FM : Il est également indispensable de confier le contrôle de la déontologie à l’extérieur. Pour un regard neutre et distancié sur l’action policière. Des policiers qui en surveillent d’autres, ça ne va pas.

Minet : Glisser dans le giron de l'Etat, alors que l'on peut juste constater les dysfonctionnements qui surviennent dans certains de ses services, c'est condamner à mort la police, le métier de policier, et ainsi notre société qui continuera cette fois sans son dernier garde-fou qu'était encore le dernier maillon fort que représente la police.

Pour conclure deux mots : oui à l'ouverture de la pluridisciplinarité pour les postes de gestion, politiques et administratifs à la police, et enfin, à qui de droit, si la confiance se mérite, le respect aussi, à travers les connaissances, mais également par une faculté d'analyse dénuée de tout sentiments partisans ou d'un quelconque intérêt personnel.

Minet, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

12/09/2010

Modification profonde des valeurs de notre société face à la violence, la résignation !

Alors que je suis en pleine lecture du dernier livre d'Yves Patrick Delachaux, "Policier, gardien de la paix", une utopie sociétale sur laquelle je reviendrai dans un autre mot, je me rends compte que nous assistons à une profonde modification des valeurs de notre civilisation face à la violence, face à la criminalité qui touche les biens et les personnes, à travers un comportement nouveau, la résignation.

En effet, à travers une banalisation des crimes et des délits, un coup de couteau par-ci, un hold-up par-là, un cambriolage chez lui, un vol chez moi, un gifle ici, une rixe là-bas, des faits divers sont devenus des faits quotidiens. Qui ne connaît pas une victime autour de lui, plus personne.

Ce qui est grave à mes yeux, c'est cette révolte qui ne sort par, qui ne s'exprime pas, qui ne s'exprime plus. Il faut dire que cette résignation populaire peut se comprendre, elle a constaté démocratiquement que ce n'est pas en votant pour l'autre que tout ira mieux, car une promesse électorale reste une promesse, un acte politique d'un élu un geste courageux mais si rare. Comme les choses ne changent pas, comme l'on a déresponsabilisé les parents dans la science de l'éducation, comme l'on veut accabler l'école pour suppléer à ce manque, comme l'on n'ose pas aller plus loin dans la doctrine policière et dans les choix politiques, comme l'on devient permissif pénalement, et bien il y a résignation.

Et à la place de lutter contre celle-ci, ce sont les comportements des agents publics, des services sociaux, des profs, des contrôleurs TPG, des douaniers, des policiers que l'on tente de modifier, avec une politique qui voudrait que l'on aide perpétuellement le plus faible, mais sans jamais sévir contre le plus fort, souvent auteur et fautif.

Une vision technocrate et universitaire simpliste d'une société où "tout le monde il est gentil", qui ne va pas permettre à la nouvelle génération de trouver ses véritables repères.

Réveillez vous messieurs les penseurs, debout les décideurs, écoutez la rue, écoutez vos proches, vos amis, vos familles, vos enfants, vos aînés, et redonnons à notre société les valeurs qui ont été les siennes et qui lui ont permis de se construire, de s'élever, juste avant de s'écrouler, il y a dix ans, au moment de la résignation humaine, sociale, politique, économique.

Minet.

07/09/2010

La sécurité des genevois est-elle sur la bonne voie ... ?

Quelle police pour demain ?

 

Telle est la question, en ma qualité de citoyen, que j'ai déposé sur ce blog il y a quelques temps.

 

A ce jour, aucune réponse n'est venue nourrir cette interrogation, pourtant si légitime.

 

Pourtant, voici le schéma dans lequel nous nous retrouvons sur le canton de Genève, aux yeux de la population, des observateurs et du simple citoyen, comme moi.

 

  • Une police judiciaire, composée d'inspecteurs-trices et d'administratifs, une entité en manque d'effectifs qui devrait fondamentalement changer dans sa structure avec l'arrivée du NCPP (nouveau code de procédure pénale), de son organigramme à ses prérogatives en lien avec le Parquet, en passant par ses horaires. A ce jour, cette grande révolution demeure une inconnue, rien ne filtre, ni sur ce qui se prépare, ni sur ce qui n'est pas entrepris.  
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  • Une gendarmerie, composée d'agents-tes en uniforme et d'administratifs, des bleus démilitarisés qui se retrouvent de plus en plus confronté au travail judiciaire, au maintien de l'ordre et qui n'arrivent plus à répondre avec toute la polyvalence attendue aux nombreuses requêtes. Le NCPP devrait aussi modifier leur méthode de travail, mais là également, si les leçons sont données rien ne se dessine vraiment structurellement. Cette entité devait voir ses tâches administratives diminuées, pourtant elles augmentent et continueront à le faire avec les contraintes futures imposées.

 

  • Une police de sécurité internationale (PSI), une entité mort-née car trop éloignée de ses missions premières à travers une polyvalence voulue mais parfois surréaliste. Là aussi, ces agents devaient relever les policiers de tâches subalternes, mais à la place ils sont devenus policiers, mais sans disposer du cahier des charges complet de la profession. Plus de policiers à Genève, pas certain.

 

  • Des assistants de sécurité publique (ASP), un regroupement de personnels variés sous une appellation unique, pour une efficacité opérationnelle qui reste à démontrer. Le cahier des charges de ces collaborateurs uniformés devra être très clair, et défini selon les besoins des autres métiers, sinon le but recherché initialement ne sera jamais atteint, à savoir, libérer les policiers de tâches subalternes.

 

  • Des agents de police municipale (APM), un nouveau nom avec des uniformes Unimatos neufs, accompagnés d’un règlement d’application qui ne va pas assez loin dans le cahier des charges et les prérogatives. Des doublons qui devaient disparaître mais qui par manque d’ambition du législateur demeurent opérationnellement, avec un personnel municipal qui est rarement titulaire d'un certificat/brevet de policier.

 

  • Un corps des gardes-frontière qui a modernisé son image, omniprésent sur le terrain mais qui pour certain devrait devenir une police fédérale. On démilitarise la gendarmerie mais dans le même temps on veut accorder plus de prérogatives de police à l'armée !?

 

  • Une fondation des parkings qui verbalise à tout va, des contrôleurs TPG qui aspirent à devenir une police des transports, une police ferroviaire pas assez basée sur la police de proximité, que l'on veut armer jusqu'aux dents, des agents privés de sécurité qui inondent un marché alimenté par l’insécurité croissante, des agents de la brigade du trafic appelés à disparaître bien qu'au bénéfice d’une solide expérience de terrain.

 

De quoi y perdre son latin, comme touriste, comme citoyen, et pourtant avec autant d’éléments sous la main, c’est véritablement la redistribution des tâches, des missions, des cahiers des charges, des responsabilités, des pouvoirs, des actions qui doivent encore être dessinés, car avec une politique des petits pas l’on avancera jamais aussi vite que la criminalité, qui elle n'attend pas le train d’une législature pour sévir.

 

Il est temps d’avoir enfin une véritable politique sécuritaire humaine, opérationnelle, préventive, répressive, active et surtout efficace dans notre canton. Les belles idées et les promesses ne suffisent pas, il faut oser, avancer, construire, bâtir, agir.

 

Agir sans avoir peur de déplaire, agir sans cacher les réalités des chiffres, agir sans se mentir, agir sans démotiver les troupes, agir sans ruiner des statuts métiers, agir pour demain, mais agir aujourd’hui.

Mais pour l'instant, on attend que le phénix de la réorganisation renaisse de ses centres, après nul ne sait.

 

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Minet.

 

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16/08/2010

On s’emm…. à Genève le dimanche !

De retour de vacances, Toronto, Niagara, Owen Sound, Kilarney, Ottawa et Kingston, en passant par de petites villes, j’ai pris connaissance de l’article de l’Illustré daté du 4 août, dans lequel Jean-Pierre JOBIN affirme ; « on s’emm… à Genève le dimanche ».

 

Ma première réaction a été celle de dire qu’il a entièrement raison. Mais ipso facto je me suis rendu compte que cette petit phrase venait de la bouche du président de Genève Tourisme, avec sa marque déposée « Genève, un monde en soi », vous savez.

 

Impuissance avouée ou cruelle désillusion d’un constat d’échec ? Je ne sais pas ce qui pousse Monsieur JOBIN à flinguer avec lucidité sa ville, son canton, sa région. Un appel sournois aux politiques pour que les choses changes, peut-être !

 

Mais les choses peuvent-elles changer à Genève ?

 

Nous nous trouvons dans une spirale infernale, celle du changement, des grands travaux, d'une nouvelle mobilité, d’une relance économique souhaitée et favorisée par l’Etat, mais pour le bien de qui, de vous, de nous, de notre ville-canton ?

 

Genève a eu des atouts dans sa manche durant longtemps, mais depuis les autres villes européennes ont posé leurs jeux, avec des cartes gagnantes cette fois.

 

Genève c’était :

-         La sécurité

-         Un cadre de vie

-         La qualité des prestations

-         Les avantages d’une grande ville dans une petite cité

-         Le centre de l’Europe

-         Une image de la Suisse

-         Un symbole de la paix

 

Une image, mais quelle image ?

 

Un aéroport international, une compagnie d’aviation nationale, la vieille ville, sa cathédrale, cité historique du protestantisme, le mur des réformateurs, ses grands hommes, l’ONU, la Croix-Rouge, sa culture, ses musées, ses grandes banques, sa rade, son jet d’eau, son horloge fleurie, ses parcs magnifiques, ces fêtes grandioses hautes en couleurs, ses hôtels de grande classe, sa propreté, sa sécurité urbaine.

 

Que reste-t-il aujourd’hui de tout ça ?

 

-         Un aéroport qui manque de place, de terrain pour construire une deuxième piste dont les genevois ne veulent probablement pas

-         Une compagnie nationale qui a été déchue, tout comme l’image de notre pays, remplacée par des Low Cost qui font la joie des petits voyageurs, mais qui rament aussi économiquement.

-         Une vieille ville qui est mal dans ses murs

-         Une cathédrale qui ne brille plus de mille feux

-         Une histoire du protestantisme que le 500èmeanniversaire de Calvin n’a pas ressuscité

-         Un mur des réformateurs qui ne comprendraient plus nos réformes

-         Plus ou prou de grands hommes issus du Canton, si ce n’est quelques grandes familles de banquiers, quand ils n’ont pas quitté le territoire

-         Des organisations internationales en proie à de grandes difficultés financières et attirées par d’autres grandes villes

-         Une culture qui oublie son passé au profit déguisé de la région mais qui demeure en retard sur nos voisins

-         Des musées qui cherchent un toit et des fonds, sans susciter l’envie

-         Des grandes banques qui subissent la crise et les foudres dirigées contre notre pays

-         Une rade en attente d’une grande traversée, voire d’une plage, mais qui se meurt actuellement dans la suffisance des cartes postales

-         Un jet d’eau souvent imité, souvent égalé

-         Une horloge fleurie souvent critiquée, souvent reproduite, souvent dépassée

-         Des parcs entretenus, mais peu développés et souvent abandonnés à une petite délinquance

-         Des fêtes qui ont perdu leur éclat flamboyant au profit de l’argent, du gain, d’un certain tourisme

-         Des hôtels qui se sont réveillés tardivement, qui depuis ont pourtant fait de grands travaux pour redevenir les fleurons d’une région, mais le mal d’une réputation et la cherté sont passés par là

-         Une propreté et une sécurité qui étaient la carte de visite de notre ville, de notre pays, mais qui ont été abandonnées sans lutter, même si une prise de conscience récente est intervenue

 

Sombre tableau, triste tableau qui me désole aussi. Je laisse mes heureux détracteur corriger le tir par leur commentaires et l’énumération des bons points de notre cité, ils sont si rare vu de l’intérieur.

 

Certes, tout va mal et partout. Mais ce que je peux vous dire, c’est qu’une ville, pour vivre, pour survivre, pour plaire et séduire, doit briller. Genève ne brille plus, elle est terne, comme sa population, comme sa politique, comme ses rues, comme sa rade, comme ses grands projets sans ossature financière suffisante.

 

Si j’étais à la place de Monsieur JOBIN, je ne m’emm…….. pas le dimanche, car je chercherais encore et encore pour que Genève devienne :

 

Une ville lumière (Lyon)

Une ville d’eau (Versaille)

Une ville de recherche (Zurich)

Une ville d’histoire (Florence)

Une ville de paix (Stockolm)

Une ville de joie (Québec)

Une ville de mémoire (Ottawa)

Une ville propre (Lugano)

Une ville sécurisante (New-York)

Une ville chaleureuse (Perth)

 

Mais pour l’instant, j’ai la malheureuse impression de vivre à « Genève, un monde en soie ».

25/07/2010

Le Paléo, c'est aussi ça !

Le Paléo touche à sa fin, moi je ne reste pas sur ma faim.

En effet, ce fut un festival de musique, un voyage sonore et visuel, mais aussi culinaire, car le Paléo, c'est aussi ça.

Souvenir d'adolescent, première visite au Paléo. Je me souviens alors de deux zones "stands" bien séparées. L'une avec les vendeurs en tous genres, de la statue en bois aux lunettes à dix balles, du collier coquillage au bandana griffé au nom de l'artiste, des autocollants love & peace à la feuille de marijuana, sans oublier l'indispensable t-shirt du Paléo.

Dans un autre coin, le carré bouffe du monde. A l'époque, il y avait déjà l'exotisme au rendez-vous, car en évitant le hot-dog et le burger, on y trouvais déjà d'autres saveurs. Le Paléo, dans mes souvenirs, c'est ça. Venir écouter des artistes que l'on aime et découvrir une nourriture différente.

Eh bien cette année, pour mon grand retour, ayant même pris l'abo pour la semaine, mes papilles n'ont pas été déçues par mes doux mélanges, ces saveurs différentes saisies l'une derrière l'autre, juste pour le plaisir. Petit voyage culinaire :

  • Quartier Latin, Ici c'est le Pérou : Empanadas - Anticuchos soit des brochettes de coeur de boeuf - Papa à la Huancaina - Tamales de maïs piquant.
  • Quartier Latin, Backed Potatoes : Pommes de terre garnies au four, et ses sauces.
  • Quartier La Terrasse, Plancha canadienne : Une brochette torsade de Wapiti
  • Quartier La Terrasse, Au coin du Wiking, Suède :  Köttbullar ou boulettes de viandes et sa sauce d'airelles - Warp au saumon
  • Village du Monde, Afrique australe, Insinde Africa : brochettes d'autruche - banane plantain
  • Quartier des Alpes, Le petit château : Malakoffs

Sachant qu'il nous reste encore dimanche soir et son grand final, je crois bien que je vais craquer car depuis 4 jours je louche sur :

  • Le Hot Fondue, qui porte bien son nom dans le Quartier des Alpes
  • L'Oiseau des Îles, cuisine mauricienne dans le Quartier du Midi.

Le plaisir passe aussi en bouche au Paléo, et il en est heureux ainsi, car pour moi il vaut mieux manger en écoutant de la musique, que d'écouter de la musique avant d'aller manger, les plaisirs sont ainsi partagés, un doux mélange, musicale, culinaire, humain qui reste la marque du Paléo.

Minet.

http://yeah.paleo.ch/sites/default/files/attached_files/c...

 

 

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21/05/2010

Suis-je Franco-Valdo-Genevois ?

Je ne sais pas vous, mais depuis quelques semaines j'ai l'impression de perdre mon identité, que l'on tente de me déraciner, tel un vieil arbre qui ne se trouve plus au bon endroit dans un verger, qui après avoir fait trop d'ombre à ses voisins les empêchent visiblement maintenant d'envahir le territoire des autres. Pourtant, les fruits de ce vieux végétal ligneux sont encore nobles, frais, vitaminés et sucrés, mais cette abondance ne suffit plus.

Entre la mondialisation, et ses fruits et légumes qui arrivent par avions entiers, entre l'eurocompatibilité et ses marchandises et denrées qui arrivent pas camions entiers, entre cette régionalisation et ses produits cuisinés qui arrivent par cabas entiers, je ne sais bientôt plus quel goût a le produit de mon vieil arbre, pourtant si simple à cueillir car à portée de main. 

J'ai bien envie de me retrouver sur un étal avec mes compatriotes, produits du canton et reconnus de qualité. Certains l'ont bien compris, cette identité a une valeur, est une valeur, car elle a une histoire. Des hommes et des femmes ont saigné pour l'ériger, mais voilà, à force de laisser l'argent et l'appât du gain devenir roi, c'est notre âme que nous abandonnons, tout comme vous avez déjà abandonnez ce vieil arbre au centre de votre verger.

Walter SCHLECHTEN

 

 

 

18/05/2010

La guerre du bitume n'a pas fini de faire couler du goudron à Genève !

Tous les soldats sont là, dans leurs belles tuniques, seul le pont du Mont-Blanc les sépare. Ils vont se battre, rue par rue, pavé par pavé. Rose et Vert d'un côté, les libérateurs, Bleu et Gris de l'autre, les occupants. Les premiers sont en charrette, à vélo ou à cheval, les seconds en moto ou en voiture 4x4 rutilante.

Il y a quelques jours, des âmes de bonne volonté on bien tenté d'éviter le conflit. L'idée du pacte n'était pourtant pas mauvaise. Afin de libérer des places à conquérir, on dissimulait celles-ci en sous-sol en échange.

Tout allait bien et un certain consensus circulait, mais soudainement, trop vite, avec excès vitesse probablement, les Verts ont voulu prendre les Bleus et Gris à revers, passant même à côté des Roses sans les voir. L'opération d'occupation était lancée, 200 rues devaient être prises rapidement, pour ne laisser aucune chance aux occupants. C'était sans compter sur les richesses des Bleus et Gris, car tout ceci a un prix. Une belle somme, 22,2 millions que les Roses et Verts n'ont pas. Une somme dont leurs adversaires disposent, mais qu'ils veulent économiser et/ou utiliser comme prétexte pour garder pignon sur rue.

Le pacte ne tiendra pas, c'est certain, le premier parking du centre rive gauche Pierre-Fatio a du plomb dans l'aile, alors que le parking de Sécheron rive droire est contesté à son tour par un recours de la ville. 

Creuser ainsi un gouffre des idées alors que ce sont des parkings libérateurs qui devraient voir le jour, c'est repousser la réaffectation de nos rues, juste pour ne pas perdre la face.

Une belle farce que tout ceci, plus de 22 millions pour redonner 200 rues à nos piétons, et probablement autant pour construire des parkings qui correspondent à la demande et à l'échange naturel de territoires. Le consensus n'est pas d'actualité, l'amélioration de nos conditions de vie non plus, tout comme celle de notre mobilité, douce ou motorisée, rien ne va plus à Genève. C'est un peu la bataille du tramway suburbain et des parkings périphériques qui est rejouée.

Dans tous les cas, une guerre du bitume qui risque bien, au final, d'en voir certain finir avec du goudron et des plumes.

GENEVE, UN MONDE EN SOI