03/09/2012

2013-2021, les enjeux politiques pour Genève !

 

Face à la mondialisation, face aux profondes modifications sociétales qui régissent notre cadre de vie, face à la crise économique et à la disparition de nos valeurs morales, il demeure pour Genève des enjeux politiques importants dans les années à venir.

 

Premièrement, la gestion de la dette reste la priorité, source d’équilibre au bord d’un précipice dans lequel nous ne pouvons nous permettre de tomber, avancer avec une dette maîtrisée est devenu une obligation politique, l’enjeu majeur de la décennie qui se présente à nous.

 

Deuxièmement, même si l’Etat ne peut pas s’autoriser de ne plus investir, il se doit de trouver des partenaires privés. Les grands travaux se doivent eux aussi d’être mieux réfléchis, maîtrisés, achevés dans le respect des besoins, des attentes et des priorités. Relancer économiquement le système à travers des investissements c’est bien, rentabiliser ces investissements par une politique claire et globale, au sujet des transports, du  logement, de l’éducation, du social et de la sécurité, c'est mieux. Si je ne mentionne pas l’emploi, c’est qu’il est positivement influencé par une politique menée avec discernement, à travers la matérialisation des projets source d’activités productives.

 

Troisièmement, Genève doit retrouver des normes sociales, nous ne pouvons continuer à vivre dans une région où les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres,  où la classe moyenne et les familles vivent en équilibre face aux charges et avec un coût de la vie qui devance perpétuellement l’inflation. A revenus comparés, la vie est plus compliquée, car instable, à Genève que dans le reste de la Suisse pour la classe moyenne inférieure. Nous ne pouvons pas nous permettre de voir plus de gens encore tomber dans l’assistance, l’aide sociale et la misère humaine. La solidarité sociale doit redevenir un pilier sociétal.

 

Enfin, Genève se doit de garder son statut international, il en va de sa survie, de son image, de son développement, de sa position arbitrale mondiale. A n’en pas douter, une maîtrise des trois premiers points relevés devrait irrémédiablement soigner la carte de visite de Genève.

 

Reste à trouver, avec pragmatisme, les solutions politiques pour y parvenir. Reste à trouver, avec réalisme et sans dogmatisme, des hommes et des femmes prêts à relever ces défis face aux milieux économiques qu’il faudra convaincre.

 

La sphère politique se doit de réagir aujourd’hui, à travers une remise en question profonde, le travaille de la Constituante n’ayant pas été suffisamment loin. Il en va de la responsabilité des élus, de la crédibilité structurelle du système politique, et de l’avenir de tous.

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon. 

29/08/2012

Quelle société laisserons-nous à nos enfants, mais quels enfants laisserons-nous à cette société ?

Il y a des jours où je préférerais ne pas me réveiller pour prendre connaissance des dernières informations. Il y a des jours où je me demande si les experts de ce monde ont une quelle conque expérience humaine des sujets dont ils traitent. 

(Reprise partielle de mes billets d'octobre 2011)

 

Ainsi donc Jean-Félix Savary, secrétaire général du Groupement romand d'études des addictions (GREA) sollicite ce matin une dépénalisation de la drogue ; 

 

Ainsi donc la guerre mondiale contre les drogues a échoué, avec des conséquences dévastatrices pour les hommes et pour les sociétés du monde entier ;

 

Ainsi donc il faut mettre un terme à la criminalisation, à la marginalisation et à la stigmatisation des consommateurs de drogues qui ne cause pas de préjudice à autrui ;

 

Ainsi donc il faut rejeter les idées préconçues sur le trafic, la consommation et la dépendance au lieu des les renforcer ;

 

Ainsi donc il faut encourager l'expérimentation par les gouvernements de modèles de régulation légale des drogues, de manière à réduire le pouvoir du crime organisé et à protéger la santé et la sécurité des citoyens ;

 

Ainsi donc cette recommandation s'applique particulièrement au cannabis, pour d'autres drogues il faudrait encourager également d'autres expériences en matière de dépénalisation et de réglementation capables d'atteindre les mêmes objectifs.

 

La politique des drogues menée à ce jour aurait eu comme effets pervers :

 

1. Le développement d'un « gigantesque marché noir criminel » financé par les bénéfices exponentiels générés par la satisfaction de la demande internationale en drogues illicites.

 

2.  D'importants errements politiques, résultant des ressources allouées au financement d'un vaste système de répression contre ce marché criminel.

 

3.  Le déplacement géographique, aussi appelé « effet ballon », dû au changement des régions de production dans le but de contourner les mesures répressives.

 

4.  Le changement de substance, ou le passage des consommateurs à d'autres substances lorsque leur drogue habituelle devient difficile à obtenir, par exemple suite à des mesures de répression.

 

5.  La stigmatisation, la marginalisation et l'exclusion sociale des toxicomanes.

 

http://www.idpc.net/sites/default/files/library/Global_Co...

 

Ce sont donc notamment ces raisons qui poussent ces "experts" à tenir un discours aussi ouvert, aussi permissif, aussi irresponsable car ne tenant pas compte des réalités de la toxicomanie, de la demande et de l'offre perpétuelles, des contraintes physiques et psychiques des cures et autres prescriptions régulées qui ramènent si souvent le drogué à une consommation parallèle à son traitement.

 

Ma colère est grande face à l'irresponsabilité des hommes et des femmes qui préconisent la dépénalisation des drogues, sachant que si la politique des quatre piliers n'est pas aboutie à travers ses priorités, elle demeure la seule solution envisageable pour l'instant. Je vous en rappelle les fondamentaux :

 

Le pilier « prévention » contribue à la réduction de la consommation de drogues en évitant que les gens ne se mettent à en consommer et ne développent une dépendance.


Le pilier « thérapie » contribue à la réduction de la con sommation de drogues en permettant de sortir d’une dépendance ou à en préserver la possibilité. Elle contribue en outre à la promotion de l’intégration sociale et de la santé des personnes traitées.

Le pilier « réduction des risques » contribue à minimiser les effets négatifs de la consommation de drogues sur les usagers et – indirectement – sur la société en rendant possible une consommation entraînant moins de problèmes individuels et sociaux.

Le pilier « répression et régulation du marché » contribue, par des mesures de régulation servant à appliquer l’interdiction des drogues illégales, à réduire les effets négatifs de la consommation de drogues.

La dépénalisation ne représenterait qu'un désastre humain de plus, un signe fort de la perte des valeurs de notre société, de nos repères, dans une société justement à la recherche de celles-ci car disparues à travers une vision du monde utopique de nos politiques de gauche. Mais si la droite veux si mettre aussi, pas de problème, après il faudra en assumer les conséquences mais je ne suis pas certain que nos aînés suivent sur ce chemin là.


Pour ceux qui comme moi ont des connaissances plongées dans la toxicomanie, posez cette simple question : "d'homme à homme, et pour l'avenir de nos enfants, êtes-vous pour la dépénalisation des drogues ?"

 

Les réponses seront franches, sans équivoque et unanimes : "NON".

Il en va de l'avenir de nos enfants et mes convictions sont grandes sur ce thème ! 

Walter Schlechten, habitant la Croix-de-Rozon.

21/08/2012

Responsabilité des baigneurs en aval, responsabilités politiques en amont !

 

L'été et les grandes chaleurs sont propices à la baignade.  Que ce soit en piscine, en lac, en fleuve ou en rivière, un danger permanent demeure, celui de la noyade, de l'accident.

 

Bains des Pâquis, Baby Plage, pont Sous-Terre ou pointe de la Jonction, l'eau y est rafraîchissante, l'ambiance y est festive mais l'inconscience y est perceptible.

 

En rentrant ce soir, comme usager de la route j'ai descendu le pont de Sous-Terre. Comme tous les jours, des dizaines de jeunes gens, et des moins jeunes, sautaient ou plongeaient du pont. Comme tous les jours, des dizaines de curieux ou des adeptes du bronzage en ponton regardaient ces plaisanciers agir.

 

Et pourtant, chaque fois que je passe là je regarde au loin ces corps gesticulants être emportés en aval par le courant, tel un jeu, tel un rituel. Je ne peux alors m'empêcher de me dire qu'un jour, une fois de plus, accident il y aura et que ce jour là nos élus, responsables de la sécurité de tous, se déchargeront à nouveau sur un règlement, une mise en garde, une parution dans la FAO prônant la responsabilisation des nageurs.

 

Mais ce soir par exemple, de nombreux jeunes sautaient en amont du pont, ce qui est interdit, et pire encore je devinais les sauts de ceux qui, accrochés à la rambarde en aval, se lançaient dans l'eau, sans visibilité, sans appréhender l'arrivée de leurs copains emportés sous le pont.

 

J'ai même vu trois gamins s'enfiler entre les rails de sécurité, écarter le filet de protection en place, et se laisser tomber à l'eau à travers cette ouverture inappropriée et sans visibilité. Tous les éléments étaient ce soir réunis pour qu'une catastrophe se produise, pour qu'une famille se retrouve plongée dans le malheur, avec un proche disparu ou un enfant polytraumatisé.

 

Pas de policier en vue, pas d'agent de la police municipale en vue, pas de travailleur sociaux hors mur en vue, pas de garde faune en vue. Alors, soit il est autorisé de sauter, de plonger, de nager en aval du pont Sous-Terre, soit c'est interdit, mais si autorisation tacite il y a nos autorités doivent alors sérieusement envisager d'y aménager un poste de secours et d'y placer du personnel formé pour une surveillance qui devient obligatoire dans ces circonstances.

 

Mon père, en 1955, sautait déjà de la passerelle qui a précédé la construction du pont, il aimait à nager jusqu'à la pointe de la Jonction. Les enfants du quartier ont tous connu ce grand frison, cette fraicheur des eaux et ce sentiment d'être libre, comme emporté par la nature.

 

Je ne voudrais pas que ce lieu devienne le sanctuaire des souvenirs pour une génération qui n'a plus peur de rien, qui n'a plus le même sens des valeurs que nous, qui joue innocemment avec sa vie sans prendre conscience que nous ne sommes pas dans un jeu vidéo. Je ne voudrais pas que ces eaux fraîches deviennent la dernière demeure d'un ado qui voulait juste faire comme les autres.

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

GHI Pont Sous-Terre.jpg

(Photo : archives GHI)

 

 

 

29/07/2012

Devoir de réserve et semi-liberté !

 

Curieuse semaine qui vient de se terminer, avec un contraste impressionnant à travers le traitement de l'information, où médiatiquement et politiquement les paroles des uns ont plus d'importance que celles des autres, où celui qui dénonce au-delà de son devoir est lynché alors que celui qui attise la haine est resocialisé.

 

  • Jeudi, 20Minutes titrait : « Inadmissible » dérapage verbale d'un policier.

 

  • Vendredi, Le Matin titrait : Il sort de cellule pour son concert.

 

- Dans le premier billet, on nous explique qu'un agent de la police genevoise, affecté à la centrale d'appel d'urgence, a répondu de manière inadmissible et inappropriée à l'appel d'un citoyen qui venait d'être victime d'une tentative d'agression.

 

En résumé, ces quelques paroles sont retranscrites :

 

« Si vous n'êtes pas content, il ne faut pas élire n'importe qui. (...) Le jour où l'on donnera à la police les moyens d'agir, on agira. En attendant on préfère développer les TPG. Alors, voilà ce qui arrive. »

 

Afin de vous faire une idée plus précise, vous pouvez retrouver l'ensemble de cet échange sur le blog du citoyen victime de la tentative d'agression, M. Alexandre Jöhl, par ailleurs vice-président des jeunes PLR, qui dénonce ces faits.

 

http://paroles.blog.tdg.ch/archive/2012/07/24/t-as-une-ci...

 

- Dans le deuxième article, on nous raconte qu'un rappeur vaudois, Astreet, actuellement en semi-détention à Lausanne pour une affaire datant de 2009, va sortir de prison pour participer à un concert de hip-hop. Il y chantera notamment son titre phare « Sale Schmitt ».

En résumé, voici quelques paroles de ce morceau artistique :

« Le corps d'un flic mort, voilà ce qui hante mes rêves. Je veux tous qu'ils crèvent, moi. J'ai envie de leur faire mal. »

Afin de vous faire une idée plus précise, vous pouvez retrouver le clip de cet artiste sur le lien du journal qui relate ces faits.

http://www.lematin.ch/faits-divers/sort-cellule-concert/s...

 

  • Dans le premier cas, le policier est assujetti au devoir de réserve, tient des propos jugés « inadmissibles » et sera probablement puni. Le politique s'insurge contre le comportement du policier.

 

  • Dans le deuxième cas, le rappeur sort de prison au bénéfice d'une permission, tient des propos qui ne sont pas condamnés et ne sera probablement jamais sanctionné. Le politique se tait, tolère le comportement du rappeur.

 

Nous vivons une époque formidable, vous ne trouvez pas .... Au fait, vous n'auriez pas une cigarette, c'est pour un ami qui veut arrêter de fumer !

Walter SCHLECHTEN, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

19/07/2012

"Les orphelins de la République"

 

"Bientôt un mois que notre directrice d'école nous a quittés, elle a repris un autre établissement, plus social, moins turbulent, comme si nous n'étions que des cancres. Notre nouveau directeur, lui, on ne l'a pas encore vu. Il vient d'une institution municipale, il a de l'expérience et il est assez jeune, c'est tout ce que l'on sait de lui. Il paraît que ses anciens élèves étaient satisfaits de lui quand il était là, mais qu'ils sont contents qu'il ait bénéficié d'une « promotion », comme quoi.

 

Nous, on est un peu orphelin, on cherche nos repères, on se raccroche à nos valeurs, on traîne dans les couloirs à la recherche du temps perdu. Faut dire que c'est les vacances, et si l'établissement reste ouvert pour les « universités d'été baptisées Phénix », nous on aimerait bien savoir ce qui va se passer à la rentrée des classes.

 

Faut dire que ces derniers mois ce n'étaient pas simples. Tous les profs ne savaient plus sur quel pied danser, ni sur quel pied nous faire valser. Tous étaient en attente des directives pour l'année en cours, tous étaient dans l'expectative d'une révolution de salle des maîtres qui n'est jamais venue, par manque de budget. Ce qui est étonnant dans tout ça, c'est que jamais personne n'a demandé l'avis des parents, et que si les élèves, bons et mauvais, ont été sondés, nul ne sait ce qu'il a été fait des remarques déposées. Pourtant, les premiers concernés c'est nous, les adultes de demain.

 

Il paraît que les classes devraient être remplacées par des silos, soit. Mais on met quoi dans ces silos, l'histoire et la géo du canton, les additions et les sciences naturelles, le dessin et le sport, le français et l'anglais, aucune idée à ce jour.

 

Nous ne sommes que des élèves, nous sommes sur le chemin de la vie, au carrefour de l'apprentissage de la misère humaine, de la valeur de l'argent, des sacrifices nécessaires à la formation, sans pour autant avoir une garantie sur notre profession future. C'est un peu bizarre comme situation, celle de savoir que notre avenir, et celui de notre société, est entre les mains d'experts qui sont si éloignés des bancs d'écoles que l'on se demande comment ils font pour faire preuve d'empathie, pour deviner nos problèmes, pour anticiper nos angoisses, pour dicter le rythme des leçons alors que nous sommes déjà surmenés par les cours supplémentaires imposés.

 

Au fond, je ne sais pas pourquoi je me fais du souci, ce n'est qu'une réforme comme tant d'autres, ce n'est qu'une page de l'histoire des Institutions qui se tourne, où comme souvent le mieux est bien souvent l'ennemi du bien, où comme souvent l'année des hannetons fera la différence.

 

Reste pourtant à découvrir notre nouveau directeur, il va faire le tour des classes et rencontrer les profs, et surtout les élèves. Comme quoi, si nous nous n'allons pas à eux, les adultes viennent un jour à nous. Alors peut-être ne serons-nous plus orphelins de la République, alors peut-être devinerons-nous l'avenir que se présente à nous, alors peut-être nous écouteront-ils."

 

 

«L'encre d'un écolier est plus sacrée que le sang d'un martyr.»

de Mahomet.

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

11/07/2012

Pierre Maudet, la solution au problème ou les solutions aux problèmes ?

 

Le Tsar a été élu, il s'est vu propulser un peu plus vite que prévu sur le devant du trône cantonal. Le siège fédéral convoité devra donc patienter, car travail il y a ici pour ce jeune politicien qui a déjà fait ses classes, voire ses armes.

 

La question que je me pose depuis dix jours, en ma qualité d'électeur, est de savoir si Pierre Maudet apportera des solutions aux problèmes ou s'il est juste la solution au problème ?

 

Dans son dicastère municipal, cet homme a su trouver des micro-solutions aux problèmes relevés, de ceux qui pourrissent la vie de la population, sanitaires ou sécuritaires, voire incendiaires. Une politique de résolution des problèmes et pas un problème de résolution politique, j'apprécie.

 

J'ose croire que cette méthodologie est adaptée à la police genevoise et surtout aux attentes des habitants du canton, car ce sont eux les véritables baromètres sociétaux. Une approche en droite ligne de la proximité recherchée, attendue parfois, espérée souvent.

 

Nous ne tarderons pas à savoir si changement de cap il y aura, nous ne tarderons pas à deviner si les priorités sécuritaires prendront le dessus sur les obligations prises par d'autres et issues d'engagements politiques prioritaires émanant du siècle dernier, à savoir la réorganisation de la désorganisation émanant de l'organisation.

 

La population est pleine d'espoir, celui-ci s'est traduit le 17 juin par des voix nombreuses mais encore silencieuses. Décevoir autant d'électeurs serait un échec que Pierre Maudet ne peut se permettre, mais gageons qu'il le sait déjà et qu'il saura guider le département de la sécurité sur les chemins et à travers les batailles, de celles que l'on même pour un mieux vivre ensemble.

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

Maudet.jpg

 

 

10/07/2012

Criminalité de bistrot ou "Germaine, remets trois de Gamay mon p'tit coeur" !

 

(G) - Debleu debleu Norbert, t'as vu l'histoire d'hier.

 

(N) - Ben non mon Gérard ... Où ça ?

 

(G) - A la Jonction, les flics ont allumé une crapule, un tout vilain.

 

(N) - Ah bon ... Comment ça ? - Germaine, remets trois de rouge mon p'tit coeur.

 

(G) - Ben c'est un p'tit gars qui a braqué une pharmacie avec un flingue avant de s'en prendre à une mère de famille et son ptio pour prendre la fuite en lui piquant sa bagnole.

 

(N) - Hein .... Tu plaisantes Gégé ?

 

(G) - Ben non, même que le voyou a fait une embardée avec la chiotte de la blonde, il a tout ramassé, scooter, moto, même une Harley, tu te rends compte.

 

(N) - Incroyable ... Et les flics ils étaient là ?

 

(G) - Ben ouai, un costaud qui a vu la scène est intervenu ... Et pan, pour protéger la veuve et l'orphelin, enfin pas encore.

 

(N) - Il l'on choppé alors ?

 

(G) - Le salopard, ben oui, il ne pouvait pas aller bien loin avec du plomb dans l'aile.

 

(N) - Pour une fois que les poulets sont là au bon moment, comme quoi. Et c'est quoi pour un guignol à une tune ?

 

(G) - Tu ne devineras jamais mon Norbert !

 

(N) - Un français, un p'tit lyonnais comme l'autre fois, suis certain ?

 

(G) - Ben non tu vois.

 

(N) - Un arabe, un sans papier, un de plus ?

 

(G) - Ben non, à l'eau.

 

(N) - Ben, un noir alors, un vendeur de drogue de Plainpalais ?

 

(G) - Et ben non mon grand.

 

(N) - Ce n'est quand même pas un Rom, pas là ?

 

(G) - Non mon Norbert, tu veux une pioche ?

 

(N) - Non non mon Gégé ... Euh ... un ... un albanais, un qui voulait rentrer chez lui ?

 

(G) - Et non, encore raté ... tu devines pas alors ?

 

(N) - Ben non mon Gégé, raconte alors.

 

(G) - Tu vas jamais me croire Norbert ... Un chti Suisse, un gamin bien de chez nous, c'est même marqué dans la Julie ... Tu vois, même eux ils commencent à faire des conneries, incroyable, non ?

 

(N) - Incroyable, ouai, pauvre gosse ... Germaine, remets trois de Gamay mon p'tit cœur.

 

"Ceci n'est qu'une fiction, et tout fait ressemblant dans un bistrot genevois ne serait que pure coïncidence"

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

25/06/2012

Jouez, je suis libre de tout contexte !

Quand on vous dit que le contexte est important :

Ce jour, un jeune garçon plein de talent s'approprie le piano libre rue du Mont-Blanc. Je m'approche, j'écoute, je me joins aux passants qui apprécient cet instant. Le petit est doué, très doué. 

Subrepticement, j'observe le contexte de ce mini concert.

1) l'enfant (13 ans) qui joue est un Rom;
2) sur le piano se trouve un bol;
3) sur les marches des escaliers situés en face se trouve un Rom adulte qui observe, qui surveille;
4) contre le mur de l'UBS, l'orgue électrique du gamin est plié;
5) les gens s'arrêtent, écoutent et donnent une pièce de bon cœur;

L'enfant m'aperçoit, devine l'uniforme, le doute envahi son visage, il fronce les sourcils. 

Je lui souris et d'un signe de la main, pouce en haut, lui indique qu'il joue bien. 

Le sourire gagne son visage et ses doigts glissent encore plus vite sur les touches pour mieux nous séduire. 

La musique est belle, l'enfant a du plaisir à jouer, les gens sont heureux.

Dans ce contexte, le Rom devient enfant prodige, la musique douce et la vie en communauté agréable. La pièce déposée n'est pas réclamée mais offerte. Reste que l'argent ira probablement dans les poches du Rom adulte, reste que cet enfant a pendant quelques minutes eu du plaisir en rue car il a partagé sa passion, le piano ! 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

Piano1.jpg

(photo TDG : Laurent Guiraud)

 

 

17/06/2012

Election complémentaire au Conseil d'Etat, Pierre Maudet une évidence du vote utile !

Au-delà de la victoire écrasante que personne n'avait osé prédire avec une telle différence de voix, l'élection de Pierre Maudet n'est pas une surprise. Si ce magistrat ne pouvait pas se permettre de rater la marche qui se présentait à lui et offerte par le PLR, le canton de Genève ne pouvait lui pas ignorer qu'il avait besoin de Pierre Maudet, maintenant, aujourd'hui et pour demain, telle une évidence !

 

En effet, l'électeur genevois sait voter utile quand il le faut, l'électeur genevois sait reconnaître une bête politique quand elle se présente devant lui, l'électeur genevois sait savoir raison garder quand la situation l'exige.

 

En ce dimanche, il ne pouvait en être autrement car nous n'aurons pas souvent l'occasion d'avoir un candidat de cette qualité. Enfant de la politique, Pierre Maudet a su dessiner son parcours avec patience, avec pertinence. Il cueille aujourd'hui les fruits de ses investissements politiques, personnels, familiaux, radicaux.

 

Certes, il vient aussi de se barrer momentanément la route qui le conduisait à la Berne fédérale, mais le temps joue pour lui, pour autant qu'il ne se brûle pas les doigts au Conseil d'Etat genevois, car le bail qu'il vient de signer est assurément et tacitement pour plus de dix-huit mois.

 

Reste pour lui à imposer ses idées à travers une majorité dont il ne disposait pas au Conseil Administratif de la Ville de Genève. Reste pour lui à prouver tout le bien que l'on peut penser de lui. Reste pour lui à avancer, encore un peu plus.

 

Sauveur du PLR, il demeure une marque de fabrique des Radicaux, tout un symbole en soi, comme Genève !

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

(photo Keystone)

 

Pierre Maudet.JPG

 

 

 

 

 

10/06/2012

Interpellation urgente écrite au Grand Conseil - IUE 1966

"Exercice de style"


Secrétariat du Grand Conseil                 IUE 1966

 

Interpellation présentée par un habitant de la Croix-de-Rozon :

M. Walter Schlechten

Date de dépôt : 10 juin 2012

Interpellation urgente écrite

Stationnement sauvage des deux-roues, ces usagers de la route ont-ils tous les droits, doit-on laisser l'anarchie du stationnement urbain se poursuivre ?

 

Mesdames et

Messieurs les députés,

 

La politique menée par le Conseil d'Etat en matière de mobilité douce, soutenue par le Parlement, aspire à une diminution du parc automobile en Ville de Genève pour le trafic pendulaire et usuel.

 

L'amélioration, toute relative, des prestations des TPG s'en veut la preuve, l'augmentation du nombre de passager dans les tramways des lignes 14 et 15 le résultat. Cette incitation à se déplacer autrement, sans voiture, a également provoqué une modification importante des comportements, des habitudes, des usages à travers les moyens utilisés.

 

Ainsi, le marché des deux-roues, motorisés ou pas, a explosé. Conséquences, l'offre de stationnement ne correspond déjà plus à cette mutation durable. Motos, scooters et cycles parsèment sur nos trottoirs.

 

Peu ou prou de places ont été aménagées pour les cycles, dont plus de trois cents à travers une vélostation payante qui ne rencontre pas le succès espéré derrière la gare de Cornavin. Insuffisant quand même comme projet pour répondre à la demande alors que le parcage sauvage est devenu la norme. Barrières, poteaux, tuyaux, grillage, tout est bon pour y accrocher son vélo, bien souvent au détriment des piétons qui se voient gênés par la présence incommodante de ces arbres à cycles. Plus aucun objet législatif contraignant n'existe contre le stationnement des vélos sur les trottoirs, la notion de gêne étant subjective dans bien des cas. Restait la vignette et des véhicules non-assurés qui traînaient en rue que nos pandores pouvaient enlever, mais aujourd'hui cette base légale n'est plus et rien n'autorise l'enlèvement, sauf en cas d'épave.

 

En ce qui concerne les cases deux-roues prévues pour les engins motorisés, elles disparaissent en lieu et place d'augmenter afin de répondre à la demande, aux modifications de comportement de déplacement des usagers. De ce fait, de nombreux trottoirs sont occupés par des scooters et des motos. La base légale existe pour sanctionner ces stationnements illicites, mais sans notion de gêne aucun enlèvement n'est envisageable. Faut-il donc demander à nos argoulets de verbaliser à tout va tout en sachant que la possibilité légale de stationner ces deux-roues n'existe pas, que l'offre ne correspond pas à la demande, aux nécessités ?

 

A défaut, je souhaiterais savoir si le canton et les communes envisagent enfin d'adopter une politique commune et responsable en matière de mobilité, de déplacement, de stationnement, si la cohérence peut dépasser les idéaux dogmatiques et si pour nos députés les problèmes de stationnement ne concernent que la rue de l'Hôtel-de-Ville ?

 

 

IMG_2213.jpg

 

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

 

04/06/2012

Journal La Cité, no 18 du 25 mai 2012 et « Comment la police genevoise trouble l’ordre politique »

Article très intéressant paru dans le bimensuel précité, il m'interpelle.

En première lecture, j'y devine un billet rédigé par une journaliste qui avait décidé de prendre du recul, une analyse honnête sur le conflit qui oppose depuis plusieurs années le Conseil d'Etat et les syndicats de polices.

Des sources diverses et des prises de positions qui permettent de dessiner le tableau des relations engagées entre un employeur et les représentants des personnels policiers.

Un historique important qui détermine la nature des relations antagonistes qui nourrissent aujourd'hui encore les débats.

Seule ombre au tableau, l'investigatrice se perd et s'éloigne de son analyse initiale, pourtant la première à ma connaissance qui cherchait à comprendre sur quelles bases s'étaient construites les relations entre le Conseil d'Etat et les syndicats de polices. Elle ne va pas au bout des choses et ne découvre ni les explications causales, ni les comportements, les attitudes et les préjugés qui encore aujourd'hui nourrissent ce conflit. Dommage, elle n'était pas si loin des réponses.  

Par contre, elle dessine un rapprochement analytique qui lie les syndicats de polices et le MCG, comme une évidence, comme un leitmotiv, comme si la véritable thématique de son article était en finalité celle-ci. Dommage encore, car en liant le politique au syndicalisme elle fait fausse route.

Si convergences ils y a, elles portent sur une amélioration de la sécurité et le nombre nécessaire de policiers, voire des personnels administratif, mais les discours ne sont pas les mêmes.

Le premier, politique, se veut provoquant et réactif, populiste parfois mais correspondant probablement au ras-le-bol de la population genevoise, et de nos policiers. Trop de cambriolages, trop de vols, trop de délits impunis, trop de récidive, trop d'insécurité. Une démarche politicienne et électoraliste, certes mais une démarche qui n'implique que le parti qui revendique ce discours. Libre à lui de viser son électorat, de s'identifier à un métier, aux besoins des hommes et des femmes qui le pratiquent, mais le lien s'arrête là.  

Le deuxième, syndicaliste, se veut participatif toujours, impulsif quelquefois, réactif parfois mais créatif souvent car allant dans le sens des préoccupations des policiers. Les représentants des personnels policiers ne demandent, et ceci depuis des mois, voire même des années, à n'être considérés que comme des partenaires et les représentants légitimes des employés de police. Toute modification législative qui impacte les conditions de travail des policiers (horaires  travail de nuit  congés  vacances  statuts  retraite  plan de carrière  formation - salaires  indemnités) se doit d'être partagée, discutée et validées à l'issu d'un débat constructif. La négociation devient alors parfois la solution en cas de conflit, mais bien souvent les échanges ouverts et constructifs devraient suffire à eux-mêmes.

Reste à savoir qui surfe sur quoi. Je devine le politique et un MCG qui saisi la balle au bond et rebondi sur des thématiques sécuritaires. Un discours qui certes peut plaire aux policiers, mais un discours n'est pas une politique, ni un choix démocratique issu des idées, des idéaux.

Longtemps les instituteurs et les professeurs ont été défendus par les socialistes, et pourtant là personne n'y trouvait à redire alors que tout le personnel du DIP ne vote pas pour le PS.

Un amalgame des thématiques dangereux car il crée le lien, un lien qui n'existe pas fondamentalement, statutairement, syndicalement. Seul le rapprochement entre quelques élus du MCG et leur profession peut venir nourrir un tel raccourci, mais c'est oublier bien vite que d'autres policiers sont engagés dans différents partis politiques. Une diversité politique qui est une richesse car elle autorise le débat pluridisciplinaire des idées et ouvre des perspectives pour l'avenir.

Deux questions manquent à cet article, tout comme leurs réponses :

  • Pour quelles raisons les syndicats de polices font-ils peur aux pouvoirs politiques, ces peurs sont-elles fondées ou simplement issues d'une méconnaissance des volontés d'engagement des représentants syndicaux qui, en première instance, ne recherchent que le dialogue qu'on lui refuse ?

 

  • Pour quelles raisons autant de policiers se lancent en politique depuis six ans, qu'est ce qui motive ces employés d'Etat, fonctionnaires d'autorité, à vouloir devenir actif en politique en lieu est place de rester réactif dans un système étatique qui ne les reconnaît plus et qui ne trouve pas les solutions aux problèmes sociétaux et sécuritaires ?


Ces questions feront l'objet d'un autre blog, d'une réflexion plus profonde, d'une analyse personnelle mais si vous avez déjà des réponses c'est que vous aussi vous êtes habités par les mêmes doutes que nos policiers !  

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

25/05/2012

L’élection complémentaire du 17 juin 2012 ne changera rien, ne soyons pas naïfs !

Alors que nous avons reçu le matériel nécessaire aux votations prochaines, nous restons en attente de l'enveloppe consacrée à l'élection complémentaire d'un-e membre du Conseil d'Etat.

Ce scrutin fait suite à la démission, effective depuis le 29 février dernier, de M. Mark Muller, conseiller d'Etat chargé du département des constructions et des technologies de l'information (DCTI).

Je ne suis pas certain que cette élection rencontre un engouement populaire retentissant, tant aujourd'hui les enjeux ne sont assimilables qu'à un conflit de personnes, de partis, d'idéaux mais en aucun cas basés sur un programme envisageable à court terme.

Certes, les principaux candidats mènent campagne en nous proposant leurs engagements pour Genève, leurs désidératas managériaux ou encore leurs visions d'un monde nouveau. Affiches, tous ménages, flyers, beaux discours et sourires aux lèvres en battant le pavé, l'investissement minimum pour briguer un poste complémentaire mais sans envergure possible pour cette fin de législature.

Car l'intérêt principal de ce scrutin n'est pas là, sachant que l'élu-e n'aura en aucun cas le temps ni la possibilité de mettre en œuvre une quelconque politique novatrice. Le budget 2013 est d'ailleurs probablement sous clef dans ses grandes lignes, en lien avec le plan quadriennal et la crise économique que nous côtoyons, alors les beaux discours d'un jouvenceau ou d'une jouvencelle élu-e n'y changeront rien durant dix-huit mois.

Ce petit tour de chauffe ne fait partie que des préliminaires à l'année des hannetons que l'on devine au-delà de la fin du calendrier Mayas. Les véritables enjeux sont connus et nos politiques seront alors attendus au tournant dans un an, à travers leur bilan, à travers leur projet, à travers leur programme.

Et là, ni Nostradamus ni le calendrier Mayas ne peuvent prédire à qui appartiendra le nouveau monde.

 

 

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Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

06/05/2012

"Marc-André"

 

En ce lundi, c’est un dernier au revoir que je vais venir te présenter, pour te rendre les honneurs qui te sont dus. Étonnamment, nous qui nous nous parlions si peu, c’est une nouvelle fois en silence que nous allons nous séparer.

 

L'annonce de ta disparition a été un choc terrible pour nous tous, car rien ne laissait paraître que tu allais rejoindre Dan, Denis, Nathalie, et tant d’autres qui si brutalement se sont effacés.

 

Nous nous sommes côtoyés durant dix ans au moins à Rive, dans la discrétion et à travers notre travail. Je ne peux pas dire qu’une amitié s’était crée, mais ce qui est certain c’est que le respect était réciproque, que la complicité métier était commune et qu’une solidarité sincère était née à travers les épreuves partagées.

 

Je me souviens de toi, si droit, si fier, si discret, si haut parfois mais toujours au service des autres. Ton engament au JU-KA-AI, auprès de SERVIR ou dans ce fameux groupe de musique fondé entre copains resteront des signes du don de toi.

 

A n’en pas douter, nous serons des centaines cet après-midi pour te rendre hommage, pour entendre parler une nouvelle fois du grand « mur bleu » auquel une clef de voûte a été emportée par un drame humain.

 

Ce grand mur qui s’effrite face à notre société qui perd tous ses repères demeure avant tout une grande famille, j'ose encore le croire, raison essentielle pour laquelle la douleur est immense et partagée.

 

Rien ne sert de comprendre pourquoi, comment, à cause de quoi ou de qui, rien ne sert de chercher à savoir, car ce que nous regrettons aujourd’hui c’est de ne pas avoir été cette épaule que pourtant nous pouvions t’offrir, mais que tu n’as pas sollicitée.

 

La solitude d’un acte reste souvent un mystère, car  ce sont couramment ceux qui cachent au  mieux cette mélancolie qui nous quittent sans prévenir.

 

Mais nous n’oublierons jamais celui qui vient de nous quitter. En gardant ton souvenir en nos cœurs, tu seras toujours avec nous.

 

C’est à ta famille, à tes proches, à tes amis et à tes collègues que j’adresse bien sincèrement mes plus fidèles pensées, que de tout mon cœur je m’associe à ce chagrin partagé.

 

Adieu Marc-André, en espérant que tu aies trouvé la paix au bout du chemin de la détresse.

S'il te plait, embrasse Dan pour moi.

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Walter Schlechten, habitant la Croix-de-Rozon.

25/04/2012

Michel Chevrolet, un petit diable chez les anges !

 

En ce 24 avril 2012 tu nous as quitté, subitement, seul, sans prévenir, sans publicité ni communication extravagante ou ciblée. Pas de tramway nommé Départ pour ce dernier envol.

 

Je ne pense pas que tu aies précipité ce dernier voyage, même s'il est prématuré, même s'il est si soudain. Il n'était pas prévu et c'est certain personne ne l'envisageait autour de toi. On ne meurt pas à 39 ans, on croque la vie même si elle est marquée de cicatrices.

 

Tu avais des projets plein la tête pour ton appartement, pour ta boîte de communication, pour Genève la ville de ton cœur. Tu visais haut, tu visais loin, tu visais grand pour notre cité, car si l'Argentine était ton pays de sang, Genève demeurait ton amoureuse.

 

Épicurien tu aimais la fête, les bons petits plats et les bons vins. Tu dévorais la vie, un peu trop vite parfois mais toujours pour aller plus loin, pour avancer, pour vivre tout simplement,  comme si tu craignais d'en perdre le souffle durant une seconde, une minute ou une heure.

 

Nous avons mangé ensemble il y a onze jours. Tu m'avais invité dans un estaminet de cette Vieille Ville que tu appréciais tant. Tu voulais le meilleurs pour tes amis, tu voulais le meilleurs pour tes proches, tu voulais le meilleurs pour ta ville et sa population. Durant ce repas, tu as tenté de me convaincre de ne jamais m'engager en politique, non pas que je n'en aie pas les compétences, mais parce que tu m'estimais trop droit, trop franc, trop libre aussi. Tu m'as invité à poursuivre mon blog de libre-penseur et pourquoi pas à écrire un livre. Tu voulais aussi que je rejoigne ton groupe de réflexion, pour voir Genève autrement, sans politicien. Je t'ai écouté, sagement, je t'ai répondu et nous avons trinqué à cette amitié qui était pourtant improbable il y a quelques années, nos chemins étant si différents, et pourtant nous avons bu ensemble ce midi là à la liberté de pensée.

 

On t'aimait ou l'on ne t'appréciait pas, il n'y avait pas de juste milieu envers toi. Un jour je t'ai dit qu'en politique si Stauffer était l'agitateur de la République, toi tu en étais l'amuseur. Tu as ri jaune, amuseur n'était pas de circonstance probablement. Pourtant, c'était un compliment car tu savais parler de tout avec humour tout en restant proche des gens, de leurs préoccupations, de leurs problèmes, de leurs attentes et de leurs idées aussi, tout en gardant ce rire communicatif qui résonne encore.

 

Il y a trois ans, je me suis retrouvé face à mes juges, une procédure disciplinaire administrative du Conseil d'Etat lancée et signée par deux Conseillers d'Etat sortants. Ils n'avaient pas aimés mes mots, ils n'avaient pas aimé mon ton, ils n'avaient pas aimé mes écrits, ils n'avaient pas aimé mes vérités. Cette lourde procédure, durant laquelle ma révocation avait été envisagée, n'a pas été simple à supporter, même si j'ai assumé mes actes, mes paroles et mes écrits, voire mes responsabilités. Si excuses il y a eu de ma part, on blesse parfois les hommes avec les mots, je n'ai jamais baissé les yeux face à l'adversité et tu as été le seul du monde politique à avoir pris ma défense, à avoir plaidé ma cause auprès de tes connaissances influentes. Ton aide, à ce moment de ma vie, m'a été précieuse et tu y as gagné mon amitié sincère.

 

On ne va plus refaire le monde, il est trop tard mais je sais aussi que tu es en paix maintenant, loin de quelques démons qui accompagnaient ta vie, comme si tu n'avais jamais eu le droit de vivre en paix, d'être reconnu, d'être apprécié pour ce que tu étais et pas pour ce que tu représentais.

 

Les anges vont rires un bon coup avec toi, de belles soirées en perspectives et je suis même certain qu'au paradis des petits diables il y a une place pour ta boulimie de rencontres, de découvertes et de projets, comme apprendre aux Saints à mieux communiquer avec nous par exemple, pauvres humains abandonnés que nous sommes et qui avons perdu brutalement un ami, un de ceux qui sont proches des gens et qui nous manquent terriblement aussitôt disparus !

 

Adieu Michel, Minet et Maïté qui t'embrassent !

 

Walter Schlechten, habitant la Croix-de-Rozon

 

 

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10/04/2012

Le DSPE vit-il dans l'insécurité politique ?

 

Ce texte a été déposé par votre serviteur il y a deux ans avec un autre titre et sur un autre blog, et comme je trouve qu'il reste d'une actualité brûlante je vous le propose une nouvelle fois.

* * *

« J'aime  le sujet de l'insécurité, car il est d'actualité, il représente une crainte profonde de la population, de notre société et l'aborder c'est vouloir y trouver des solutions pour apporter des réponses aux attentes de nos concitoyens.

 

J'aime le sujet de la sécurité, car il doit devenir une véritable actualité, il représente l'avenir de notre population, de nos enfants, de notre société à travers les solutions qui seront proposées.

 

Ce qui a changé à Genève depuis septembre 2009, c'est que le thème de l'insécurité n'est plus seulement évoqué comme un sentiment, mais bien comme une réalité. Si les dernières élections municipales avaient effleuré le sujet, notamment pas Pierre Maudet, le renouvellement du Grand Conseil, puis du Conseil d'Etat genevois a clairement donné forme à cette insécurité. Il était temps, l'on ne pouvait pas rester plus longtemps dans le déni.

 

Lucidité ou courage politique, l'on ne saura jamais ?

 

Par contre, après avoir réussi à franchir ce pas, nos politiques doivent encore avancer, franchir un cap nouveau et poser les questions qui demeurent en veille.

 

Le devoir de réserve ne m'autorise pas à répondre ici aux interrogations déposées ci-dessous et qui m'ont été rapportées par mes amis, mais libre à vous de nourrir ce débat. Elles ne sont pas exhaustives, mais elles restent d'actualité et ont le mérite d'approfondir le thème choisi.

 

La sécurité qui doit vaincre l'insécurité :

 

  • A défaut de moyens en personnels policiers suffisants, ce qui est reconnu, ne faut-il pas un message politique global beaucoup plus fort, qui se devrait d'aller bien au-delà d'une opération de terrain ciblée et restrictive ?

 

  • Quelles sont les  véritables priorités cantonales et sécuritaires dans la politique choisie par nos élus et les hiérarchies ?

 

  • Les cambriolages, les vols à la tire, les délits et crimes avec violence ne doivent-ils pas aussi devenir des thèmes principaux pour restaurer la confiance de nos citoyens ?

 

  • Au delà de la prévention et des actions policières, qui ne seront jamais la solution entière aux problèmes existants car trop dépendantes d'une doctrine judiciaire insuffisamment déterminante actuellement, la sécurité globale ne doit-elle pas devenir un sujet prioritaire et parlementaire à la Berne fédérale ?

 

  • L'éducation et l'enseignement ne doivent-ils pas reprendre une place prépondérante dans la diffusion de nos valeurs historiques auprès d'une jeunesse déjà perdue dans une violence banalisée, voire normalisée par les médias et autres vecteurs, à travers le respect de l'humain, de la vie, du droit d'exister, de vivre en sécurité, en dénonçant à travers l'analyse et la compréhension les comportements illicites et répréhensibles ?

 

  • La première des solutions n'est-elle pas d'offrir une très grande visibilité policière et cantonale, sans parler de répression mais bien de prévention, comme il en avait été le cas à Genève lors des engagements policiers au déclenchement de la guerre du Golf (1990),  puis durant l'Euro08, avec une présence policière générale en nos rues ?


  • L'îlotage individuel tel qu'il est conceptualisé depuis 2003 n'est-il pas un échec qui n'a fait qu'éloigner le plus grand nombre des policiers de base de la rue, du citoyen, de la population, des commerçants, du rapport humain ?

 

Manque d'effectifs :

 

1)      A travers les modifications législatives apportées, soit une augmentation de la classe d'engagement des policiers, êtes-vous certains que les autres modifications apportées ne portent pas atteinte à un métier hiérarchisé organisationnellement dans l'ordre du commandement, comme par exemple la mise en application de la grille salariale étatique et son système rétrograde de promotion qui ne sert qu'à couler ce métier dans la fonction publique, elle-même sans grandes ambitions ?

2)      Le manque d'effectifs à la police genevoise est-il une raison suffisante pour limiter le champ d'action de nos pandores au seul centre-ville ?

3)     Est-ce un choix politique que de ne cibler que la ville de Genève à travers l'opération Figaro et/ou ses descendantes ?

4)      A quand une véritable redistribution des tâches avec les personnels à disposition et les partenaires liés à la sécurité, ce qui en toute logique est le premier pas vers l'optimisation des moyens humains ?

 

Et après :

 

1)      Ne doit-on pas réfléchir aujourd'hui, pour ne pas prendre une nouvelle fois dix ans de retard, sur la politique qui doit être menée à l'avenir, à travers un véritable programme d'éducation, de prévention, de responsabilisation civique ?

2)      Ne doit-on pas réfléchir aujourd'hui, pour ne pas prendre une nouvelle fois dix ans de retard, sur la politique qui doit être menée pour l'avenir, à travers une véritable volonté de maîtriser, d'anticiper l'éclosion de violences nouvelles, de délits sectoriels liés aux déplacements économiques des peuples, dans une société globalisante qui prône une ouverture des frontières, portes également ouvertes à l'arrivée de valeurs et de comportements aggravants qui ne doivent pas devenir les nôtres ?

3)     Ne doit-on pas réfléchir aujourd'hui, pour ne pas rester sur le quai une fois de plus, dans quelle société de demain nous voulons vivre, sécuritairement, environnementallement, économiquement, civiquement, humainement ?

Autant de questions pour lesquelles j'espère vous aurez quelques réponses. »

* * *

En ma qualité d'électeur, deux ans après je n'ai pas l'impression que des réponses suffisantes aient été apportées à ces interrogations, deux ans après je n'ai pas l'impression que le DSPE puisse politiquement y répondre, deux ans après je trouve que la situation sécuritaire ne s'est pas améliorée à Genève, deux ans après je trouve regrettable qu'aucun véritable dialogue ne puisse se produire entre un employeur et des hommes et des femmes de terrain qui se retrouvent quotidiennement aux carrefours de la misère humaine de notre société, et donc proches des problèmes de la population, et donc ceux de nos élus politiques.

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.