26/08/2011

Un bilan de sécurité en deux manchettes !

Il y a des jours où l'infomation nous interpelle plus qu'hier, mais moins que demain !

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13/08/2011

"Manon, le nouveau monde"

« Mon prénom est Manon. Je suis née à la Clinique des Grangettes le 9 août 2011 à 0557. Selon la formule consacrée, je vais bien, je mesure 41 cm et pèse 3'500 grammes.

 

Demain je vais rentrer chez moi, chez nous. J'ai des parents formidables. Maman est une perle, elle me parle toute la journée, même la nuit parfois, et papa tourne en rond comme un avion, comme s'il ne savait pas où atterrir. En trois jours j'en ai vu passer des visites, que des gens que je ne connais pas. Certains vont m'accompagner tout au long de ma vie, mais d'autres je ne les reverrai probablement jamais. Ils sont tous adorables, sauf quand ils me parlent avec des bruits bizarres, que je ne comprends pas. Mais bon, ils ont le sourire, c'est le plus beau des cadeaux.

 

Par contre, je me demande où je suis arrivée, dans quel monde on vit, car si tous ces adultes adorent me faire des grimaces dans les premières minutes, ils parlent rapidement de leurs soucis, comme si je n'étais pas là. J'ose croire que tout n'est pas aussi sombre dehors, car ce n'est pas dans ce monde là que j'ai envie de grandir.

 

Voyez plutôt :

 

  • Un homme a été retrouvé à Annemasse avec une balle dans la tête, c'est un meurtre mais selon mamie Jeannine il n'est pas mort tout de suite.
  • Énormes incendies en Espagne, des centaines de personnes évacuées, dont la cousine de Juan.
  • Il y a eu cinq morts dans des émeutes à Londres, Gérard a annulé son vol Easy-Jet prévu la semaine prochaine, ils iront à Rome à la place.
  • Un avion s'est écrasé en Russie, 123 morts, dont un grand sportif que connaissait Laurent.
  • L'appartement de Marie a été cambriolé le week-end dernier, tous ses bijoux ont disparus.
  • Antoine se demande s'il ne va perdre son emploi, car l'ambiance n'est pas terrible à la banque actuellement à cause de la bourse.
  • Julien lui explique qu'un trader s'est suicidé la semaine dernière après la ruine de ses clients.
  • Dans la Corne d'Afrique, 12 millions de personnes risquent de mourir de faim si l'on ne fait rien. Tante Sophie a versé CHF 50.- à la Chaîne du Bonheur pour apporter son aide.
  • La maman de Patricia, une collègue à maman, a un cancer.
  • Selon Adrien, l'accident de la centrale de Fukushima aura des répercussions sur le nombre de cancer, même en Europe.
  • Philippe est dégoûté car l'armée tire sur la foule en Syrie, il y aurait trente morts par jour.
  • Judith s'inquiète car la varicelle est entrée à Champ-Dollon, où travaille son mari.
  • Stéphane va divorcer, il n'aime plus Caroline.

 

Enfin, comme dit papa tous les soirs en quittant la chambre de maman : et surtout ne te fais aucun souci, y a pas de problèmes, y a que des solutions dans la vie. »

 

Manon, une petite fille du nouveau monde.

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

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09/08/2011

Lettre à Clémence !

« Chère Madame,

 

Si me permets de vous écrire ce soir, au son des mes mots, c'est pour trouver en vous une résonance à mes pensées. Qui mieux que vous sait nous observer du sommet de la tour nord, tout en regardant le temps qui passe et les minutes qui s'écoulent, sous la bise ou le vent, sous la pluie ou au firmament des lueurs du soleil, voire de la lune.

 

Je ne suis pas centenaire comme vous, loin de là, mais depuis quelques années j'observe aussi ma ville, mon canton, ses citoyens et ses décideurs. Si ces derniers ne savent plus sonner le glas à la lecture des chiffres ou lors des tempêtes, ils ne trouvent pas non plus les solutions aux problèmes rencontrés, presque ignorés car dissimulés.

 

Pourtant, au jour le jour nous ne nous retrouvons plus en cette société genevoise, que d'aucuns ont pourtant servi, au prix de leur vie parfois, laissant leur nom dans l'histoire, et en nos murs souvent. Un historique galvaudé par l'abandon de nos valeurs. Mais Genève n'est-elle pas devenue ce qu'elle est le siècle passé grâce à celles-ci ?

 

Genève perd son âme, son identité, sa culture, sa joie de vivre et son patrimoine. Genève est devenue gourmande, mais ce péché a un prix exorbitant, celui de l'argent et des envieux.

 

Pourtant, nous avons l'eau et le feu, les montagnes et les neiges éternelles, du poisson et des bisons, des vergers et des champs, des chemins et des routes, des écoles et des cantines, des parcs et des promenades, des monuments et une cathédrale mythique.

 

Je n'aime pas la direction prise pour l'avenir, nous nous égarons, abandonnons nos repères et sacrifions nos valeurs sacrées pour mieux plaire. Mais à qui, à quoi, je vous le demande ?

 

Chère Clémence, vous qui sonnez juste depuis si longtemps, n'avez-vous pas les mêmes craintes que moi ? Pire encore, il se pourrait que l'on vous sacrifie prochainement vous aussi, sachant que les derniers bastions de la fin du vingtième siècle tombent un à un aujourd'hui, même en vieille-ville.  

 

Votre prénom résonne en nos cœurs comme un chant, celui de la liberté, de la défense de nos valeurs, de nos croyances, mais de nos espoirs surtout. »

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

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07/08/2011

2013, le Conseil d'Etat improbable !

Les journées étant un peu longues, les années aussi, je me suis projeté à mi-chemin en 2013, année électorale pour notre Conseil d'Etat.

 

Comme souvent, les résultats ne représenteront pas ma sensibilité, mais je me suis soudainement amusé à nommer les heureux/ses élu/es au moyen de ma plume magique.

 

1) David Hiler, DF, patron des finances avec un dernier mandat à honorer, une évidence dans la continuité. Un homme à sa place, sachant gérer écologiquement les deniers de l'Etat et parfois prendre du recul sur une collégialité exacerbée.  

 

2) Olivier Jornot, DSPE, la justice et la police pour un homme de lois, un homme de foi, de convictions et d'ambitions. Il en faut pour briller et obtenir des résultats sur le terrain, Genève a besoin d'un organe de commandement sachant manier habillement politique et sécurité publique.

 

3) Pierre Weiss, reprise en mains du DCTI, un navire à la dérive avec des grands projets sans gouvernail, mais qui doit redevenir de fleuron de la flotte. Un homme d'idée, mais aussi de décisions, abruptes parfois, économiques souvent, drastiques certainement. Mais il faut un homme fort à la tête de ce département, qui veille à la dépense, quitte à déplaire.

 

4) Pierre Losio au DIP, intelligent et fin, respecté et respectable, connaît si bien Genève et ses besoins, une culture du terroir pour redonner goût à l'étude. Sa grande discrétion lui servira pour travailler sereinement avec les partenaires, à l'écoute des étudiants, des parents d'élèves mais aussi des enseignants. Un bon professeur qui peut encore beaucoup apporter.   

 

5) Mauro Poggia au DSE, pour une politique pragmatique face aux injustices sociales. Homme reconnu dans son combat sur les assurances maladies, peut apporter une vision nouvelle de l'action sociale à Genève.

 

6) Anne Emery-Torracinta, au DIM, pour une politique de gauche non larmoyante, un équilibre social dans la mobilité urbaine et suburbaine qui n'oublierait personne, une avancée sociale sachant mêler la terre et le béton, l'eau et les ponts, les transports publics avec le reste.

 

7) Guy Mettan, un véritable patron capable de gérer le DARES, sans grand bouleversement mais en ayant conscience des enjeux économiques à équilibrer. Ses nombreuses relations devraient faire merveille pour le développement de la recherche universitaire, et dans bien d'autres domaines.

 

Hiler - Jornot - Weiss - Losio - Poggia - Emery-Torracinta et Mettan, une belle brochette politique, des gens de bonne compagnie et qui se connaissent pour un changement radical qui ne verserait ni à gauche, ni à droite.

 

Bon, ce n'est pas tout, faut cesser de rêver et demain on doit retourner travailler pour payer nos impôts, car sans argent pas de politique d'avenir, même à Genève.

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

23/07/2011

We are the World, we are the children !

Une chanson que nous connaissons tous, un leitmotiv reconnu et accepté qui nous accompagne depuis mars 1985, date de sortie de ce morceau. Autre siècle, autre temps, mais rarement les consciences humaines avaient su se retrouver, se réunir, s'unir et clamer haut et fort l'injustice et famine avec un tel succès.

 

Depuis, certains ont bien tenté de changer le monde, mais en passant de la globalisation à l'altermondialisation, des nouveaux riches aux pays émergents, des cracks boursiers aux flambées du pétrole, des conflits armés antiterroristes aux révolutions populaires, tous en ont oublié les enfants, l'injustice et la famine.

 

Distribuer 156 milliards d'euros au peuple grec pour aider son économie, mais surtout sauver la monnaie unique, voire l'idéologie d'une communauté européenne, c'est quasiment un geste indécent lorsqu'on sait que depuis dix jours l'ONU, par la voix de son Secrétaire général Ban Ki-moon, exhorte les gouvernements à contribuer à l'appel humanitaire d'urgence pour la Corne de l'Afrique, des besoins estimés à 1,6 milliard de dollars, une goutte d'eau dans un puits de milliards. Et pourtant, à ce jour, il n'y a que la moitié de cette somme qui a été débloquée par les États membres.

 

Venir en aide aux millions de personnes affectées par une sécheresse sans précédent depuis des décennies, c'est simplement respecter le droit international qui impose aux États qui sont en position d'aider de le faire immédiatement, là où des vies sont en jeu.

 

Dans certaines régions de la Corne de l'Afrique, le taux de malnutrition des enfants peut atteindre 30 %. Plus de 11 millions de personnes sont affectées et ont besoin d'une assistance pour rester en vie. La close d'urgence est là, l'argent aussi, mais les priorités des uns ne répondent pas aux besoins des autres.

 

We are the World, we are the children !

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

19/07/2011

"Roms service"

« Mon nom est Simona, je ne parle pas français mais le romani, même si je communique aussi en italien. Je suis née à Aiud, en Transylvanie il y a 43 ans, mais j'en parais 10 de plus. Mère de deux enfants, je suis mariée à Gheorghe, un vieil homme malade rongé par l'alcool.  

 

Depuis 3 ans nous venons à Genève, 9 mois par an. Nos enfants nous y rejoignent pendant les vacances scolaires. En Roumanie, l'école est devenue « obligatoire » pour les Roms, sachant que la municipalité nous verse une allocation pour tout enfant scolarisé, ceci grâce à une subvention de la communauté européenne. Impossible pour nous de laisser échapper cet argent, même si l'on est conscient que nos petits doivent apprendre au moins à lire et à écrire.

 

Dans la ville de la croix rouge, la mendicité est notre pain quotidien, pas de voleur chez nous, juste quelques musiciens. La première année nous avions utilisé un transport organisé depuis Alba Iulia. Mais, une fois arrivés en Suisse, la dîme que nous devions reverser au transporteur était trop lourde. Donner la moitié de nos gains durant trois mois, il ne nous restait pas de quoi subvenir à nos propres besoins. Depuis nous prenons une ligne régulière de bus, 1800 kilomètres en 2 jours, mais une fois ici nous ne devons plus rien à personne. Il y a bien des clans qui tentent de nous soutirer de l'argent, mais nous nous tenons éloignés de ces gens. Ce sont des voleurs et leurs lois ne sont pas les nôtres.  

 

A Genève, le plus difficile c'est de trouver où dormir et à manger.

 

Les nuits sont fraîches, même en été. Alors on s'organise, on trouve de quoi se faire un lit de fortune, quelques vêtements usagers dans les boîtes jaunes Emmaus et on s'installe. On dort en groupe, en fratrie, pour se tenir chaud. Depuis 4 mois nous devons tous les jours débarrasser notre campement de fortune car la police et la voirie ont organisé des ramassages.

 

Pour les repas il y a bien quelque œuvres caritatives mais ces lieux si rares sont pris d'assaut par d'autres nécessiteux. Des clochards, des toxicomanes, des requérants d'asile, des femmes abandonnées, des vieux sans ressource ou des jeunes à la rue, il y a de tout et de toutes les nationalités. On arrive encore à y recevoir un repas, mais souvent il faut jouer des coudes pour réussir à y entrer. Il y a bien un gérant d'une supérette qui nous donne les invendus en fin de journée, il n'aime pas jeter, mais son patron ne doit jamais l'apprendre. Comme nos hommes boivent beaucoup de bières, une partie de nos gains apaise leur soif. Nous on travaille le jour, eux nous protègent la nuit, mais les journées sont longues et incertaines.

 

La mendicité ici fonctionne encore un peu, les gens se promènent toujours avec de l'argent en poche, pas comme en France où la carte bleue est devenue la seule monnaie courante. Il faut juste trouver le bon emplacement, le bon jour et la bonne heure, car rien n'est acquis.

 

Personnellement je préfère offrir un sourire pour demander l'aumône, rien ne sert d'insister ni d'insulter, car bien souvent ceux qui donnent une fois recommenceront. Ces gens là ont la main sur le cœur, mais ici la pitié ne marche pas, elle fait peur, les passants changent de trottoir.

 

Par contre, un petit morceau de violon ou d'accordéon et un merci maladroit provoque une certaine générosité. Reste le problème des autorisations, mais il faut payer CHF 10.- par jour pour jouer d'un instrument, nous ne pouvons pas avancer cette somme. Alors, tout comme pour la mendicité, on s'expose aux amendes des policiers. Parfois, si on part immédiatement, l'agent ne prend pas nos noms, il se contente de nous faire fuir.

 

En Roumanie, s'il y avait du travaille, je devrais travailler aux champs durant plus de 9 heures pour gagner la moitié de ce que je récolte ici en un jour. Le soir arrivé, on compte nos gains et on partage. Chacun doit pourvoir manger, boire et s'acheter des cigarettes, seul luxe encore autorisé.

 

Demain, sauf s'il pleut, je retournerai à l'angle de ma rue, usant de mon plus joli sourire pour gagner un peu ma vie, afin de poursuivre  un chemin pourtant sans avenir, juste pour survivre tout simplement. »

 

Walter SCHLECHTEN, habitant La Croix-de-Rozon.

17/07/2011

"Le miroir brisé"

« Je m'appelle Max, je suis né et j'ai vécu dans le quartier de Saint-Jean, mais actuellement je passe toutes mes journées devant la gare de Cornavin. A 63 ans je n'ai plus aucun revenu, je me suis retrouvé au chômage il y a huit ans, puis à l'aide sociale. Il y a deux ans j'ai eu honte de n'être qu'un assisté, j'ai tout laissé tomber, mais depuis j'ai aussi tout perdu. Une histoire qui peut vous arriver demain, tel un cancer, même si on n'ose y croire au quotidien.

 

Après mon licenciement, mon épouse a supporté un an notre situation familiale, ma dérive financière et mes colères alcoolisées. Elle m'a quitté comme on laisse un fardeau sur le bord du chemin, pour mieux avancer, pour ne pas tomber avec lui, pour survivre probablement. D'entretiens d'embauches à mes débauches alcooliques, impossible pour moi de retrouver un travail. J'ai bien vite compris que je ne serai plus jamais un ouvrier comme les autres, un employé, un salarié. Elle aussi l'avait compris, d'ailleurs je ne voulais pas l'entraîner dans ma chute sociale, je ne l'ai pas retenue.

 

Avec une formation dans un métier en déshérence, le vieux cordonnier que je suis n'a eu aucune chance de réussir une reconversion, surtout à mon âge. La faute à qui, à quoi ?

Des institutions noyées sous les demandes, fossilisées dans les lois et les règlements d'application, par le droit, par la gestion administrative des dossiers, oubliant trop souvent l'humain à la porte de l'office. Le chômage c'est comme une maladie, plus elle est longue, moins il est facile d'en guérir.

 

Les factures, les dettes, les impayés, les poursuites, l'évacuation de mon logement, la saisie de mes biens, le tout accompagné de la maladie, la dépression et enfin l'alcool qui devient si vite votre meilleurs ennemi. Il faut dire qu'une fois en rue, la solitude, le froid, la faim, la honte, la douleur demeurent vos seuls compagnons.

 

Le réseau social est quasi inexistant après. Vos proches et vos amis vous oublient, vous chassent parfois, alors que les organismes d'entraide sont bien plus efficaces pour les requérants d'asile que pour nous, les exclus sédentaires.

 

J'ai bien dormi durant quelques semaine dans un foyer d'accueil ou à l'asile de nuit, mais cette vie communautaire n'est pas saine, elle nous noie dans la masse, elle engendre l'habitude et l'effet miroir qui se doit de nous bousculer disparaît à son tour. L'indépendance d'une couche, dans un parc, dans une cave ou un parking reste une des rares libertés où nous nous donnons le choix, celui de garder un peu d'intimité et de dignité. Manger un peu, trouver de l'argent pour acheter le liquide divin, un brin de toilette alors même que les wc publics disparaissent tour à tour, tel est mon quotidien.

 

Heureusement, ce matin comme tous les jours je ne suis pas seul, d'autres exclus sont là, à notre rendez-vous de l'aube. Il y a José, l'ancien chauffeur poids lourds, Marcel, l'ex ouvrier de chantier, Paul, un écrivain qui n'a jamais publié et Izmir un vieux turc qui a fait tous les petits boulots du monde. Nos parties de cartes nous donnent l'impression que les journées sont moins longues. Elles créent aussi un lien social, aussi éphémère qu'il soit mais tissé autour du partage d'un morceau de pain ou d'une bouteille de gros rouge. Nous sommes de gentils clodos, on ne vole pas, on ne mendie pas, on n'escroque pas, on range nos déchets la journée terminée pour ne pas gêner. Mieux encore, on ne demande plus rien car l'on n'espère plus grand-chose.

 

Demain est un autre jour, mais si vous passez devant la gare et que vous nous y croisez, ne détournez plus la tête, mais regardez nous tel un miroir d'une société où demain c'est peut-être votre reflet que vous y verrez. »

 

Walter SCHLECHTEN, habitant La Croix-de-Rozon.

10/07/2011

"Tu me manques"

«Réveillé depuis cinq heure du matin,  je n'ai dormi que trois heures. J'ai la tête lourde. Mon corps me brûle, il frissonne. Mon pouls lui s'est accéléré une fois de plus, car mon sang cherche du produit. Tel un torrent, il draine les alluvions résiduelles qui pourraient encore être emportées, assimilées, consommées.

 

Seul au centre de cette rotonde, avec mes vingt balles en poches, je cherche une pointe. Je n'arrive pas à tenir debout. Le tremblement de mes jambes est si intense que mes muscles n'arrivent plus à se contracter. Mes pas sont incertains, tout comme le sera ma journée, éternel recommencement d'une aube où le produit est devenu l'unique but d'exister, de survivre.

 

Pablo arrive à son tour, il n'a rien sur lui, ni produit, ni argent. Il va devoir attendre l'ouverture de la Navigation pour y recevoir son traitement. J'ai mal pour lui, mais je ne partage plus. Ici c'est marche ou crève, chacun pour soi. Chienne de vie, vie de merde oui.

 

Je vois mon reflet dans la vitre souillée de l'abribus. J'ai une salle gueule, je fais dix ans de plus. Y a pas de miracle, je ne suis pas rongé que de l'intérieur. Ma vision se trouble avec le souvenir fugace d'une image d'un jeune ado, sportif, sain. Pablo me bouscule, retour à la réalité.

 

Dire que j'ai commencé à l'âge de dix-sept ans par une prise d'héroïne partagée, comme ça, pour rire, pour planer, pour tester, pour y toucher, pour faire comme mes potes. Je fumais bien quelques joints avant, mais là une injection aura suffi pour que le démon de la poudre me gagne, m'habite, me hante jour et nuit depuis dix ans. Ne sortez pas de mouchoir à mon enterrement prochain, je n'étais pas un enfant pauvre d'un quartier défavorisé, juste un petit con à l'argent facile et au caractère rebelle. Faire chier à mon vieux était devenu à l'époque l'unique amusement d'une vie sans objectifs, sans fond, sans fin car né avec une cuillère en argent dans la main. Il n'y avait que le sport qui me procurait une sensation de liberté, d'exister, de m'affirmer. Tout ça est loin, trop loin, presque effacé de ma mémoire gangrénée. J'ai horreur de ces rares moments de lucidité, ils me font dire que je ne suis devenu qu'une merde.

 

Putain, je crois bien que je n'ai jamais eu aussi mal au ventre que ce matin, j'ai dû inhaler une saloperie hier soir, mauvais souvenir de cette dernière prise échangée contre un IPhone-4 volé une heure avant au Mac Do. Faut dire que le produit est tellement coupé que je ne sais pas toujours ce que je prends. Heureusement, un dragon est moins dangereux qu'une injection, même si l'effet semble plus rapide car la fumée monte à la tête immédiatement, pour partir dans le sang avec ces sentiments de soulagement, de légèreté, avant de retomber dans la douleur. Mais la seringue demeure dans la pratique, dans la mémoire du toxico, elle reste ma  maîtresse car elle me possède, m'obsède. Elle me marque, me pique ou me transperce, mais avec elle je partage mon sang, à la vie à la mort.

 

Adil arrive à son tour, je comprends qu'il est chargé. C'est le roi de l'arnaque, mais il me faut cette pointe, maintenant, pas dans une heure. Je lui donne mes vingt points et un Dormicum, il me remet un paquet. Départ dans la cabine téléphonique du lieu, pas le temps d'attendre l'ouverture du Quai9. Ici, même si des passants sont omniprésents, il y a deux arrêts de bus juste devant, plus personne ne réagit, ne me dit rien depuis bien longtemps.

 

Préparatifs et rituel habituels avec le matériel, le produit, les gestes se font sans réfléchir, je dois juste faire attention de ne pas perdre de la poudre car je tremble. En moins de quarante secondes c'est fait, et en moins de trente seconde l'effet est là, salvateur, presque régénérant.

 

Flache, brume, brouillard, ma vue se trouble et mon cerveau brûle déjà. Cette chaleur indescriptible, qui vient de l'intérieur, est comparable à aucune autre. Elle traverse mes veines à travers mon sang dans lequel le produit a pris place, première classe pour un grand voyage en passant du cœur au cerveau. Durant un moment je n'entends plus, je ne distingue plus, je ne réfléchi plus, je plane sans encore appréhender la descente obligatoire, car peu à peu l'effet diminuera, le corps aura alors totalement assimilé la dose.

 

La descente en enfer commencera par des picotements, la nuque, le bras gauche puis la jambe. Après, c'est le froid qui glacera mon corps en entier et un frisson solennel viendra donner le signal que l'effet arrive à sa fin. Il me faudra alors déjà retrouver du produit ou me rendre à mon tour à la Navigation pour y attendre de recevoir mon traitement. La méthadone ce n'est pas le paradis, mais ça aide à tenir, à ne pas que trainer en rue avec comme unique but la défonce perpétuelle, sans vie sociale, sans repère.

 

On aimerait tous arrêter, la drogue, les médocs, l'alcool, la métha, mais les démons de la poudre sont bien plus forts que moi. Ils me guettent à chaque coin de rue, à chaque rencontre. La tentation devient alors si grande que mes résistances lâchent.  Je retombe alors irrémédiablement, plus vite, plus haut et en étant plus faible encore.

 

Dans ce milieu, bien souvent la mort devient notre seule alliée pour toute délivrance, mais rarement on choisi l'endroit où l'on va faire un ultime voyage, ni avec quel poison on va souffrir.

 

Un jour, une nuit, tel un chien malade tapi dans un coin pour rendre son dernier souffle, c'est seul que je vais crever, comme un animal enragé qui aura juste réussi à fuir la société à travers ses démons. »

 

La drogue c'est de la merde, n'y touchez jamais ! 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

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29/06/2011

P.H.E.N.I.X

Pendant que la police arrête d'arrêter et que les évadés s'évadent, les politiciens eux réfléchissent à l'avenir. A défaut d'être proactifs ils demeurent réactifs.

 

C'est donc ce jeudi 30 juin 2011 que le DSPE et sa présidente vont présenter le projet Phénix à la commission judiciaire du Grand Conseil.

 

La réorganisation de la police genevoise ou comment un aigle royal peut renaître de ses cendres avec l'aide de ceux qui lui ont brûlé les ailes.

 

La renaissance, c'était donc si simple qu'aucun élu n'y avait pensé avant, subjugués qu'ils étaient par le sentiment d'insécurité.

 

Ce que je trouve saisissant, c'est que comme toutes les années les grandes communications attendues de la part de nos élus se font toujours à la fin du cycle scolaire, jours des promotions et des départs attendus en vacances.

 

Il faut dire qu'il n'y a rien de plus judicieux car ce calendrier ne laisse pas l'opportunité du débat, du dialogue, des questions, des explications ou voire des réactions. Journalistes, députés, citoyens, étudiants, tous partent en villégiature estivale, laissant ainsi les interrogations et les soucis derrière eux. A la rentrée, les élections fédérales seront le sujet de prédilection et la sécurité des genevois passera encore une fois à la trappe du temps perdu.

 

Restent les policiers, les victimes, les auteurs et dans quelques mois les statistiques. Une renaissance qui risque bien malheureusement de ressembler à une continuité abyssale, à vérifier !

 

Walter Schlechten, habitant de la Croix-de-Rozon.

27/06/2011

Si t'as pas un sous, à Genève tu ne bouges plus !

 

Je n'aime pas la Genève de demain, celle que l'on devine à travers divers projets.

 

Ville très chère et canton onéreux où il y fait encore bon vivre, l'on va se retrouver demain déjà devant la doctrine du tout pognon, dans une société de consommation outrancière elle-même rackettée par les taxes, les impôts et la suppression de jouir de la gratuité de l'espace public.

 

Dans trois ans à peine, j'imagine un réveil brutal pour les genevois :

 

Quittant mon logement, dont le loyer vient encore d'augmenter de 8 %, tout en laissant mon épouse malade, dont le montant total de son assurance maladie est devenu insupportable même avec une franchise à CHF 3000.-, j'hésite entre mon vélo électrique, sur lequel j'ai dû y apposer la vignette annuelle 2015 à CHF 365.-, vous savez celle instaurée pour financer la fin du nucléaire avec un franc symbolique par jour, ou mon scooter dont l'essence est à CHF 2.75 le litre.

 

Dans les deux cas, une fois arrivé à la Gare de Cornavin, il me faudra m'acquitter de la taxe parking-ouvert mais surveillé par vidéo surveillance. Il faut dire que CHF 8.- la journée pour un vélo électrique ou CHF 13.- pour le scooter, je regrette presque de ne pas emprunter les TPFVL (Transports Publics Franco-Valdo-Genevois). Certes, avec ceux-ci je mets 48 minutes, ce qui est long entre le Bus puis le Tram, même si l'abonnement annuel « Famille » de CHF 3400.- est déductible des impôts.

 

Pas simple mais je crois que je vais me laisser tenter par ma bécane avec ce grand soleil. Avant de mettre mon casque je prépare la monnaie. Non pas pour le parking, mais pour la traversée du pont du Mont-Blanc, devenue payante l'année dernière,  juste pour financer la future traversée de la rade. C'est CHF 4.50 qu'il me faudra par passage, soit CHF 9.- la journée, juste pour aller bosser sur l'autre rive et en revenir.

 

Rond-Point de Rive, soudain un besoin pressant. Je me dois de rapidement trouver une place de stationnement, pour laquelle je vais resquiller, car faut pas pousser, je ne vais pas débourser CHF 8.- pour déposer mon deux-roues juste trois minutes afin de me soulager. Déjà qu'il va falloir que j'incruste CHF 3.- dans les nouvelles sanisettes publiques juste pour uriner, c'est un pipi doré que je vais lâcher.   

 

Ouf, c'est fait et je n'ai pas été verbalisé par la Fondation Genevoise des Parkings, société privée mandatée par l'Etat pour cette tâche ingrate, engendrer un impôt déguisé. J'ai échappé à CHF 40.- d'amende, ce qu'une vilaine diarrhée n'aurait pas remboursé.

 

Je suis enfin arrivé à la Gare et mon engin est rangé. Mon porte-monnaie lui est déjà vide et ce après mon premier déplacement de la journée.

 

Deux litres d'essence : CHF 5.50

Sanisettes fermées ; CHF 3.-

Traversée du pont du MB ; CHF 4.50

Parking-surveillé ; CHF  13.-

Un café dans la nouvelle Gare CFF ; CHF 4.40

 

Total de ce réveil pécuniaire CHF  30.40

Je comprends enfin pour quelles raisons le guide du motard 2015 affirme : « pour vivre à Genève, il faut CHF 100.- par jour et par personne, ceci sans excès »

« Genève, un monde en soi, et en argent »

Minet le resquilleur !

24/06/2011

Les questions sans réponse !

En ma qualité de citoyen informé par les simples médias, j'ai remarqué que depuis plusieurs mois, voire bientôt deux ans, plus aucun journaliste ne pose de questions qui dérangent sur la thématique de la sécurité à Genève, ni sur la police genevoise. C'est un peu comme pour le chômage, il y a une gestion différente dont plus personne ne veut parler ouvertement, comme si elle était dissimulée derrière une opacité étatique, et l'hospice général, qui le rendrait depuis sous-jacent.

 

Si Laurent M. Moutinot était visiblement devenu la tête de Turc de certains députés du Parlement et de bien des scribouillards, il semblerait que Mme Rochat soit au bénéfice d'une longue trêve.

 

Ce n'est pas que, en ma qualité d'électeur, je ne lui accorde pas le temps de ses réorganisations, mais je reste en attente de réponses à des questions d'actualité qui ne sont malheureusement jamais posées.

 

Comme citoyen j'ai entendu parler de Phenix, une réorganisation de la réorganisation de la police, dont des éléments devraient être présentés aux députés, à la presse et au peuple à la fin de ce mois. Ces travaux vont-ils aider à faire baisser la criminalité, à réinstaurer en rue un climat de confiance, à faire baisser les cambriolages, les vols à la tire et autres délits qui pourrissent la vie des citoyens, ou ne seront-ils qu'une réorganisation étatique, fonctionnelle, administrative, hiérarchique, financière et politique ?

 

Il y a aussi le projet Score, un nouveau système d'évaluation des fonctions à l'Etat, à travers une redéfinition des métiers. Là aussi, je reste curieux de savoir où passent mes impôts et comment seront payés les fonctionnaires de demain ?

 

Mais si ces deux thèmes demeurent de grands projets auxquels il faut accorder du temps au temps, sachant que les syndicats de la fonction publique perdront probablement patience avant le peuple, reste que de nombreuses questions planent sur les problèmes relevés par l'actualité, notamment sur l'insécurité et la criminalité, sujets qui étaient pourtant la thématique principale lors des denrières élections cantonales.

 

Florilèges de questions citoyennes, issues de mes lectures dans les médias, qui pourraient être déposées auprès de Mme Rochat Isabel, Présidente du DSPE :

 

Q : La criminalité de rue explose, tout comme les cambriolages, les vols à la tire, etc. Que comptez-vous faire dans l'urgence pour endiguer ces hausses qui viennent rompre le lien de confiance des citoyen envers sa police et ses autorités de tutelle ?

 

Q : Quelle doctrine allez-vous donner à vos employés pour remotiver une base policière écrasée par les nouvelles procédures NCPP, la réorganisation opaque de votre prédécesseur et vos travaux actuels qui sèment visiblement un doute inapproprié pour sécuriser vos troupes ?

 

Q : Comment expliquez-vous que les criminels sont aussi vite relâchés en rue alors qu'ils font l'objet d'ordonnances de condamnations. Ne devaient-ils pas se retrouver en prison ?

 

Q : Alors que la surpopulation à Champ-Dollon stagne après une forte baisse (baisse qui n'est pas sans lien avec la mise en application du NCPP) et que les personnes condamnées ne peuvent plus être détenues dans cette prison préventive, pensez-vous que la construction d'un Champ-Dollon II reste d'actualité dans le cadre des ambitions du Conseil d'Etat ?

 

Q : Après avoir déclaré que Plainpalais était votre priorité, voila que la lutte contre la drogue devient "la priorité". Comment expliquez-vous tous ces atermoiements dans une politique sécuritaire qui ne démontre pas la fermeté attendue par la population contre les délinquants qui trainent dans nos rues ?

 

Q : Il y a peu, on apprenait que la police manquait de budgets pour financer les relevés et les analyses ADN, ainsi que pour l'engagement rapide de personnels administratifs. Le Conseil d'Etat, à travers son budget 2011, n'a-t-il pas fait des économies de bouts de chandelle sur le dos de la sécurité et ainsi du bon fonctionnement des institutions ?

 

Q : Le pouvoir judiciaire reste en attente de magistrats et de personnels. Allez-vous soutenir ces postes nouveaux lors de l'élaboration du prochain budget afin d'assurer le suivi pénal du travail de vos policiers ?

 

Q : Depuis quelques semaines, ne nombreux chiffres alarmistes sortent dans la presse, des délits sont en hausse, les policiers désabusés et dans un grand désarroi, sentiments que vous aviez pourtant déjà constaté à votre arrivée à la tête de ce département. Ne pensez-vous pas que vous vous êtes laissée entraîner dans une spirale organisationnelle, ceci au détriment des besoins de l'opérationnel et du quotidien ?

 

Q : Vous donnez l'impression de ne pas vouloir heurter le Parlement avec des dépassements de crédits, comme si l'aspect financier était prioritaire sur la gestion des coûts de d'une sécurité pourtant au bénéfice de la population. Malgré votre double majorité politique, avez-vous l'impression de ne pas être soutenue par le Parlement, qui ne répondrait alors pas favorablement à vos requêtes ?

 

Q : Pour finir un peu d'humour. Vous avez hérité d'une patate chaude il y a bientôt deux ans. A ce jour, part-elle en frites, en robe des champs, en purée ou allez-vous la faire sauter telle une pomme de terre nouvelle ?

 

Des questions simples issues des lectures de faits divers, d'articles de la presse de boulevard et de statistiques annoncées et confirmées.

 

Je n'attends pas de réponse, les vacances scolaires et politiques sont bien trop proches, et qui prendrait sérieusement le temps de répondre au blog d'un simple citoyen qui se pose ces quelques questions, mais surtout qui se demande avec crainte où va Genève dans le contexte actuel ?

 

Minet, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

PS : Madame Rochat a répondu à ces questions lors de la séance du Grand Conseil, ce jour et en direct sur Léman Bleu, suite à l'interpellation d'un député. Merci Madame d'avoir pris le temps de répondre aux interrogations d'un habitant du canton. Et pour la fondue, en réponse à la dernière question, c'est avec grand plaisir que vous devenez mon invitée.

Walter Schlechten.

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24/05/2011

Quand le corporatisme prouve, face à la mort, qu'il est une valeur fondamentale de notre société !

Il y a des soirs où  plus rien n’a d’importance.

 

Il y a des soirs où le sens de la vie devient une priorité.

 

Il y a des soirs où les réalités d’une profession nous rattrapent.

 

Il y a des soirs où la douleur partagée est commune avec mes camarades.

 

Il y a des soirs où je pense à une famille en deuil, à une femme désespérée et en larmes.

 

Il y a des soirs où deux orphelins ne trouveront jamais les réponses à leurs questions.

 

Il y a des soirs où des collègues pleurent en silence ou dans les bras de leur épouse.

 

Il y a des soirs où je me demande si notre société mérite autant de sacrifices.

 

Il y a des soirs où je hais la violence gratuite des hommes et l’injustice.

 

Il y a des soirs où je ne trouve plus le sommeil.

 

Il y a des soirs où je ne comprends plus le sens de ma mission, de mon métier.

 

Il y a des soirs où je n’accepte plus que l’on attaque notre corporatisme que seul nous pouvons comprendre, car à travers notre profession nous nous mettons au service des autres, de notre employeur, de l'Etat et de notre société.

 

C’est ce même corporatisme qui fait que la machine avance encore face aux dysfonctionnements politiques ou judiciaires.

 

C’est ce même corporatisme qui fait que la mort de l’un des nôtres est ressenti comme une blessure personnelle.

 

C’est ce même corporatisme qui fera que demain je vais me rendre au boulot, sans crainte mais avec des doutes certains.

 

C’est ce même corporatisme qui fera que mercredi 25 mai 2011, à 1400, tous les policiers de Suisse marqueront une minute de silence et le salut qui est dû à notre camarde assassiné.

 

C’est ce même corporatisme qui fait que ce soir je suis en pensées avec cette famille que je ne connais pas, avec un canton qui est pourtant la source de mes origines, avec ces collègues que je ne côtoie pas, mais avec qui je partage la même douleur et le même amour d’un métier, celui de policier.

 

 

Minet. 

 

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08/05/2011

Stéphane Guillon, ou la méchanceté au service de la liberté d’expression, et de la vengeance !

Samedi soir, théâtre du Léman, il y avait Dieu, les riches et les pauvres, DSK et BHL, les handicapés, les détenus de prison, les japonais irradiés, les morts et les vivants, il y avait surtout Stéphane Guillon et Nicolas Sarkozy.

 

Un duel à distance gagné haut la main par l'humoriste. Certes, la vengeance, à travers un spectacle nommé Liberté Surveillée, est un plat qui se mange froid, mais là le show était chaud.

 

Pas de langue de bois, ou si peu, et des attaques précises comme une décision ministérielle. On peut ne pas aimer son ennemi, mais de s'attaquer à la liberté d'expression, par des moyens de pression, n'aura pas été la plus maligne des décisions du Petit Nicolas. L'effet boomerang n'aura pas été long à attendre.

 

Le public, conquis par la victimisation de l'humoriste et comblé par sa prestation, a lui aussi vite choisi  son camp, même si une ou deux galéjades sont restées douteuses, dans l'ensemble personne ne souhaitait couper le micro du provocateur.

 

Un genre d'humour qui manque en Suisse, à Genève, où la Revue pourrait s'en inspirer pour rendre plus tranchant son spectacle prochain. Ne jamais oublier que l'on peut rire de tout, mais qu'il faut y mettre la manière.

 

Stéphane Guillon y est parvenu, sans compromission politique, sans retenue, laissant le rire prendre le dessus sur la gêne furtive du ressenti. Un humour rare et craint car si loin des banalités.

 

J'en veux pour preuve qu'en fin de spectacle, Guillon nous faisait remarquer que si son spectacle venait à durer nous raterions Eric Zemmour sur la 2. Belle provocation, sans savoir si les deux hommes s'apprécient assez pour un mariage mixte, même si Guillon le fait rire et que Zemmour adore son côté rebel. Selon lui, Guillon c'est un mutin de panurge, un curé de la nouvelle pensée dominante. J'adore l'image.

 

Et comme le dit si bien Eric Naulleau, de qui vient le véritable scandale, du messager de l'humour ou de celui qui est à l'origine de la mauvaise nouvelle.

 

A la sortie de ce spectacle, j'aime à dire qu'il ne faudrait jamais perdre sa liberté d'expression, mais juste son innocence. 

 

Minet

 

15/04/2011

Ville de Genève, les résultats nominatifs des candidats sont arrivés !

Nombres de sièges :                          5

Electeurs inscrits :                    119'145

Bulletins retrouvés :                   42'984

Bulletins blancs :                            208

Bulletins nuls :                               379

Bulletins sans nom de liste :          4'724

 

Suffrages nominatifs des candidats

* Suffrages obtenus

 

SALERNO Sandrine                                  *********************************  23366

Elue

MAUDET Pierre                                        ******************************* 22857

Elu

PAGANI Rémy                                         ***************************** 20058

Elu

ALDER Esther                                          ************************** 17489

Elue

CHEVROLET Michel                                   ************************ 16931

Elu

 

Qui vivra verra !

 

13:26 Publié dans Culture, Genève, Histoire, Humour, Images, Médias, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

11/04/2011

"Le Vieux est mort ce matin"

« C'est en passant ce matin devant le 12 rue des Falaises que je me suis rendu compte que l'on procédait à la levée de son corps. Pas de pompes funèbres visibles sur place, juste un long véhicule pour le transport, comme si son emballage boisé lui était suffisant pour ce dernier voyage.

 

C'était un vieux du quartier, il n'en restait que quelques uns comme lui au cœur de la Jonction, mais il aura été le dernier de sa génération. Il avait pourtant bien survécu à la spéculation immobilière des années quatre-vingt, n'étant pas délogé comme un nuisible. Sa présence était forte, il dominait bien des discussions de trottoir et aimait traîner son ombre, aussi lente que son souffle, sur les terrasses voisines.

 

Beaucoup sont passés devant sans le voir, ont grandi à ses côtés sans le regarder, sa présence quotidienne étant devenue naturelle. Par son isolement il ne choquait plus, on espérait même qu'il serait alors rejoint une jour par d'autres, en vain, il est resté seul mais digne.

 

Certes, il était malade et un diagnostic inévitable était tombé, incurable, le cancer des temps modernes l'avait gagné, rongé qu'il était par la pollution et les gaz d'échappement. On a beau avoir vécu longtemps et traversé bien des étapes du siècle passé, il y a des circonstances contre lesquelles il n'est plus possible de lutter.

 

La pollution en est une, la densification urbaine en est une autre. C'est probablement cette dernière qui l'a achevé. Il devait partir, lui qui ne pouvait plus se déplacer. Je me demande même si il a lutté, sachant qu'il avait vu s'éloigner nombre de ses proches bien avant lui et dans de pareilles circonstances. Il y a des quartiers à Genève où il ne fait pas bon d'être le dernier des anciens, le vieillard qui se courbe, l'ancêtre d'une image oubliée de carte postale et d'un passé perdu. Face à la jeunesse et la modernisation on ne laisse que peu de place à ces aînés là.

 

Ce matin tu es parti, digne, branche par branche, perdant alors de ta hauteur sous les coups de tronçonneuses, sans craquement, sans sève larmoyante, sans regret probablement. Tu n'avais plus ta place ici, probablement, mais moi j'ai remarqué de suite qu'il allait me manquer une ombre à chacun de mes passages sur ce carrefour, la tienne mon ami le conifère qui a été abattu à l'aube, face au 12 de la rue des Falaises, à la Jonction de nos vies, à la croisée de nos chemins, au virage de la modernisation et de la densification. »

 

Adieu vieille branche !

Minet.

21:25 Publié dans Culture, Développement durable, Genève, Nature, Région | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook