25/03/2012

Election complémentaire au Conseil d'Etat, un carton VIP à distribuer, sans plus !

 

Le sprint final est donc lancé et tous les outsiders sont là. Pas de pronostic, aucune certitude, un intérêt limité sur l'incidence des résultats, à se demander si l'élection complémentaire au Conseil d'Etat du 17 juin 2012 est détentrice d'un véritable enjeu politique ?

 

Je me pose la question, sachant que la barque est menée à six et que la personne élue viendra en complémentarité de ce collège, sans grand pouvoir discrétionnaire pour influencer les choix d'une législature qui touche à sa fin.

 

Je me pose la question, sachant que la personne élue n'aura ni le temps de marquer de son emprunte le département qu'elle occupera, ni les moyens de sa politique. En effet, le budget 2012 sera en cours lors de ce mandat alors que celui de 2013 ne donnera jamais des moyens supplémentaires à une politiques dépensière, les comptes étant joués d'avance.

 

Je me pose la question, sachant que la personne élue n'aura que le temps de prendre connaissance des dossiers en cours, de traiter les affaires courantes, d'examiner les projets en souffrance et de péparer les prochaines élections, mais c'est tout.

 

Je me pose la question car l'enjeu est ailleurs, il n'est ni dans l'intérêt de la population, ni dans l'intérêt de la République, il sera humain, il sera personnel, il sera individuel, il sera partisan, il sera basé sur le déséquilibre de rivalités devenues contre-productives pour des majorités que nous savons pourtant éphémères.

 

Il nous faudra attendre 2013 et l'année des hannetons pour que changement il y ait, pour que le bilan d'une législature catastrophique soit tiré, pour que la voix du peuple se fasse entendre, pour que les volontés de la population deviennent les priorités de nos élus, remplaçant ainsi celles des partis, des idéaux, des dogmes ou des individus.

 

Anne Emery-Torracinta, Pierre Maudet, Laurent Seydoux, Eric Stauffer ou d'autres, peu importe, je n'y vois que des noms, aucun programme, aucune liberté d'action, aucune volonté d'agir maintenant. Pénétrer dans le dicastère du Conseil d'Etat n'est pas un objectif suffisant pour moi afin de mener à bien une politique sociale, économique, sécuritaire, éducatrice, d'aménagement ou des transports. Le développement durable attendu n'autorise plus notre société à perdre dix-huit mois dans une législature déjà fragilisée par des maillons faibles.

 

Aux candidats de me prouver le contraire. En attendant, comme vous, j'irai voter le 17 juin 2012, comme vous je donnerai ma voix, comme vous je n'y accorderai aucune illusion, mais tout comme vous je m'exprimerai pour que les autres entendent cette rumeur populaire qui gronde, la même qui prépare l'année des hannetons et les changements attendus, voulus et espérés afin que demain Genève relève la tête et ouvre les yeux sur le présent pour mieux préparer l'avenir.

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

19/03/2012

"Ziki, Brigadier de la Cour au grand coeur"

Quand on est arrivé ce soir « Chez Maria », je ne t'ai pas remarqué seul à une table, je crois même que je ne t'aurais pas reconnu. Pourtant tu étais bien là, sans ton satané respirateur, avec une mine des beaux jours portée par une santé qui s'améliore un peu visiblement.

 

C'est toi qui es venu à nous. Je mangeais avec mes deux demoiselles quand tu t'es joint à notre table, ton verre de rouge à la main. On attendait notre boueuse, celle qu'on aime, servie au "Café de l'Union" avec une petite viande séchée du pays.

 

T'as refilé un billet de dix francs à la gosse, comme ça, juste pour lui faire plaisir, comme un papy avec ses petits enfants. Tu as trinqué avec nous et commandant la même chose et tu nous as offert ton grand cœur.

 

Toi le bourru, le grognard, le cocardier, le rouspéteur, tu nous as gratifiés d'un grand sourire. Puis tu nous as parlé du passé, de tes années au service de la République. Tes paroles étaient accompagnées d'un regard malicieux, tel celui d'un enfant qui raconte une histoire coquine.

 

Tes années à toi ce sont 1964 à 1994, des souvenirs du siècle passé que tu nous as clamés avec les mots d'aujourd'hui. Faut dire que tu as occupé un poste clef, presque honorifique, où la rigueur était de mise avec un soupçon d'entregent. Brigadier de la Cour tu as été, Brigadier des murs du Palais de Justice tu resteras.

 

Le procès de l'étrangleur à la cravate restera d'ailleurs pour toi le plus grand des débats. Ce Tunisien reconnu coupable de cinq assassinats avait été condamné en 1991 à la réclusion à vie lors d'un procès sans précédant pour Genève.

 

Des lois, des juges, des avocats et des hommes tu en as côtoyés. S'il y en a un que tu n'aimes pas c'est le Warlu, beau parleur qui te dérange, qui t'incommode, qui te regardait de haut. Il n'avait pas la prestance des autres, de ceux que tu admirais, de ceux avec qui tu taillais la bavette avec un bon verre. Certains avaient leur table réservée à l'année dans les bistros de la place du Bourg-de-Four, des seigneurs, des complices de la bonne table. Dominique Poncet était ton ami, Michel Halpérin ton confident.

 

Il y a aussi cette anecdote avec Barillon, où tu lui as fait remarquer que sa bavette blanche n'était plus immaculée et que cela ne se portait pas ainsi. Ta franchise coutumière a payé, il en a changé sur-le-champ, sans esclandre.

 

Et puis il y avait la politique, des hommes d'honneur que tu estimais, les Ruffieux, Dupont, Donzé, tous Conseillers d'Etat.

 

Et puis il y avait Monsieur le Chef de la Police, Jean-Robert, l'unique, le seul tu diras.

 

Et puis il y avait le foot, UGS et le FC Police.

 

Et puis il y avait les Vieux-Gren, ceux d'avant, ceux pour qui l'Amitié voulait tout dire.

 

Et puis il y a le temps qui passe et ce Brigadier de la Cour qui ouvre son cœur, comme ça, à quelques jours du printemps, juste pour parler, juste pour partager, juste par amitié.

 

Quel beau cadeau que cette amitié offerte mon Ziki, un moment de vie partagé autour d'un bon verre et des centaines de souvenirs, de ceux que je ne peux imager avec toi, de ceux que je découvre avec toi, de ceux que je comprends si bien, surtout quand tu nous dis que si c'était à refaire tu ne changerais rien, tu referais le plus beau métier du monde.

 

Honneur à toi Brigadier de la Cour.

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

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14/03/2012

"L'injustice"

 

Elle est arrivée sans prévenir, dans la nuit, au détour d'un tunnel.

 

Elle ne les a probablement pas réveillés, préférant les surprendre dans leur sommeil.

 

Elle ne les a pas choisis, elle frappe à l'aveugle car elle n'a pas de limite.

 

Elle est toujours lâche car elle atteint souvent les plus faibles.

 

Après son passage, se déploient la colère, les larmes, la tristesse, le deuil, la révolte souvent.

 

Elle, c'est l'injustice, la même qui enlève la vie aux innocents, la même qui brise un amour infini, la même qui distille les tempêtes, les catastrophes, la maladie et la mort.

 

Elle est souvent monstrueuse, mais lorsqu'elle emporte des enfants innocents, des anges qui n'attendaient que de croquer une vie qu'ils commençaient à peine de découvrir, l'injustice ne porte plus de nom car je n'en connais aucun assez fort pour qualifier l'horreur d'une telle souffrance.

 

Rien ne remplacera l'absence, rien ne viendra condamner l'inacceptable, resteront l'amour et les souvenirs, resteront les larmes et le chagrin.

 

L'injustice elle poursuivra sa route aveuglément, accompagnant le destin, celui-là même qui tente de nous amener aux portes du bonheur.

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

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11/03/2012

Résultats des votations, et maintenant ?

Le peuple suisse a voté, les décisions du souverain se devront d'être respectées, mais pour moi trois interpellations demeurent.

 

1) Prix du livre.

 

Le prix unique du livre ne sera donc pas la norme, une norme qui sera pourtant restée une inconnue avant, pendant et après la votation, ne sachant jamais si les prix allaient baisser ou monter après l'acceptation de cette réglementation fédérale. En effet, opposants et défenseurs n'ont jamais été capables d'annoncer la mouvance, aucune certitude n'étant accise, la modération étant déléguée dans ce projet de Loi fédérale au Surveillant des prix face à l'évolution de ceux-ci.

 

Un vote nul pour un statuquo qui n'apporte aucune solution aux prix exorbitants des livres constatés en Romandie.

 

2) Résidences secondaires.

 

Les résidences secondaires devront donc constituer au maximum 20 % du parc des logements et de la surface brute au sol habitable de chaque commune. Cette norme demeure elle aussi une inconnue, ses effets collatéraux étant invisibles à ce jour tant sur le marché du travail, tant sur les flux migratoires résidentiels, que sur les prix de l'immobilier ou sur le tourisme en général.

 

Un vote majoritaire de bonne conscience des plaines et des villes pourtant contesté par les populations concernées, celles des vallées et des montagnes, un choix qui apporte probablement une solution morale mais qui soulèvera irrémédiablement des problèmes d'ordre économique.

 

3) Loi sur les manifestations.

 

La Loi cantonale sur les manifestations sera donc modifiée, ainsi en a décidé la population genevoise, sauf que déjà des voix touchées par le syndrome de Frégoli crient au scandale anticonstitutionnel. La démocratie à certes plusieurs visages, mais la persécution n'est pas une fatalité pour les déçus du jour, car les gens de bonne volonté de risquent rien par les modifications apportées, ils ne perdent aucun droit fondamental ni constitutionnel, surtout si à travers leurs actes et leurs positions futurs ils s'accordent à lutter contre les comportements inadéquats.

 

La population, elle, gagne un droit, celui de dire « Stop aux casseurs » et donc de manifester en paix.

 

"Carpe Diem"

 

 

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Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

02/03/2012

Le jeune loup, le chacal et la lionne !

Il était une fois un mulet roi à bout de souffle, victime d'une allergie maligne. Il résistait tant bien que mal aux allergènes mais du se résigner à quitter la ménagerie, ses souffrance n'étant pas celles des autres.

 

Dans ce grand Cirque des Cols Blancs, l'éviction d'un animal charismatique se devait d'être corrigée et un remplacement dans les meilleurs délais envisagé. Nul obligation de reprendre un mulet, mais le choix se devait d'être représentatif des besoins.

 

Un casting fut donc organisé mais la longue liste des prétendants s'étiola rapidement comme neige au soleil. Trois carnassiers restèrent pourtant en course pour la cage dorée vacante.

 

  • Un jeune loup au poil lustré, au verbe intelligent et à l'œil vif, ambitieux et malin, patient et observateur, indépendant mais s'ingérant souvent dans les débats de la meute.

 

  • Un chacal au poil gominé, isolé depuis quelques années dans une cage frustrante, trop étroite pour son égo de carnivore, râleur et contestataire, fort en gueule mais autoritaire, solitaire mais solidaire, sachant parfois énerver la meute.

 

  • Une lionne au poil sociable, pas méchante pour un sous mais pas un sous pour être méchante, qui donne tout à ses petits et aux plus faibles, laissant les grands se débrouiller entre eux, préférant jouer de mots et des idéaux que sortir ses griffes, sachant néanmoins asséner le coup de patte pour calmer la meute.

 

Le directeur du Cirque des Cols Blancs hésita, encore et encore, et décida que les spectateurs voteraient en juin, lors de la prochaine représentation. En attendant, les clowns feront patienter la population, car en l'état le rire est bien souvent le dernier remède aux maux de notre société.

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

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29/02/2012

"Genève bouge"



"Genève bouge", ce qui pourrait être un slogan accrocheur pour le renouveau de notre canton n'est en fait qu'un constat d'échecs.

Échec d'une législature pour un pouvoir exécutif qui se devait d'être guidé par la collégialité, avec un éclatement de sa structure, de ses repères, de ses valeurs probablement à travers un plan quadriennal qui ne sera pas tenu, ni reconnu. Des problèmes institutionnels et humains qui auront pris le dessus sur les objectifs réels et politiques attendus.

Échec d'un Parlement qui a vu ses contre-pouvoirs exploser avec une redistribution des cartes qu'il n'avait pas envisagé. Une métamorphose du schéma politique classique qui n'aura pas permis au pouvoir législatif de travailler sereinement, les alliances d'un jour n'étant plus celles du lendemain, tant le positionnement de chacun des acteurs s'est dispersé, tout comme les idéaux parfois.

Échec d'une Constituante qui à trop vouloir revisiter les écrits fondamentaux  va se retrouver avec un projet qui s'est éloigné des aspirations et des besoins de la République, des Institutions et de l'humain, à travers des valeurs, des croyances, des visions du monde qui ne correspondent pas aux besoins identitaires de notre population.

Échec pour un canton qui à force d'oublier d'en devenir égoïste se perd dans un projet d'une région Franco-Valdo-Genevoise où nos partenaires ne sont pas impliqués avec les mêmes besoins, avec les mêmes volontés, avec les mêmes enjeux, avec le même esprit.

A qui perd gagne Genève s'enlise dans la médiocrité, voulant sauver une image universelle sans se rendre compte que chaque jour elle perd un peu plus de son identité.

L'Esprit de Genève n'est pas mort, mais il doit retrouver son souffle très rapidement au risque de s'éteindre définitivement, tel sera le pari inévitable de la prochaine législature.

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13/02/2012

Les Dieux de l'Acropole regardent l'Europe et lui demandent de revisiter ses valeurs.

Alors que les événements se précipitent en Grèce, je crois que notre société se retrouve à un tournant important pour la civilisation occidentale. Après le « printemps arabe », voilà que c’est l’Europe qui gronde, qui résonne, qui détonne, qui s'interroge, qui ose.

Les populations européennes sont devenues les otages d’un système économique et financier basé sur la croissance, sur la spéculation, sur une monnaie qui a une certaine valeur mais qui a perdu toutes ces valeurs.

Les politiques monétaires et budgétaires menées précipitent actuellement l’Europe dans un précipice, dans lequel quelques États membres sont déjà tombés. Ces derniers ne se retiennent encore que par que quelques baudriers accrochés aux cotations de la bourse et aux aides financières accordées, une sécurité précaire basée sur des valeurs qui n’en sont pas.

Dans les prochains mois, la révolte populaire européenne sera pécuniaire et sociale, en lutte contres les systèmes financiers en place. La politique du développement économique durable devrait devenir la référence dans une société de libre échange où la croissance ne sera plus la valeur primaire, déclassée qu’elle serait par le partage des richesses, du travail et des biens de premières nécessités.  

Cette crise qui sera sans précédant va surtout réveiller les consciences, qui vont devoir se retourner sur notre société avant d’en redéfinir les véritables valeurs. Soyons certain que le « Nouveau Monde » est en route, il devrait éclore le 21 décembre 2012.  

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon. 

22/01/2012

"Face à la souffrance, j'aimerais que l'amour rende le courage éternel"

 

La maladie depuis peu a un visage, celui de la souffrance, et tel un miroir il nous renvoie en pleine face nos peurs, nos craintes, nos émotions, nos sentiments.

 

Il y a des jours où le courage d'une mère ne suffit plus, où l'abnégation d'un père ressemble à du désespoir, où les larmes d'une sœur sont une peu de vie qui s'échappe, où ma colère contre cette maladie n'est qu'un combat inégal pour sauver l'être aimé.

 

Il y a des nuits où les insomnies d'une mère réveillent les maux endormis, où les attentions d'un père ravivent les craintes dissimulées, où la souffrance d'une sœur attise la peur de l'éloignement, où ma franchise des mots nous rapproche d'un départ annoncé de l'être aimé et de ses souffrances.

 

Il y a des heures où la bienveillance d'une mère nous enseigne l'humilité face à la mort, où la communion d'un père est le reflet d'un amour éternel, où les mots d'une petite sœur tissent le lien de la famille, où ma peur de perdre une maman m'inonde le regard et l'esprit.

 

Il y a des minutes où un sourire d'une mère efface nos larmes mais pas les angoisses qu'elle porte dans son regard, où les mots rassurants d'un père autorisent à croire au lendemain mais pas à demain, où les espoirs d'une sœur rallument la flamme de la raison qui nous replongent aussitôt face à la réalité.

 

Il y a des secondes où, tout comme eux, j'ai peur de cet avenir si proche, mes craintes sont grandes face aux épreuves qui s'annoncent, mes émotions me brûlent les yeux et mes sentiments resserrent mon cœur, car mon amour est grand pour eux et ma fierté, d'être un fils aimé et reconnaissant le la vie donnée, telle une offrande, est éternelle !

 

« On t'aime maman, courage pour mardi »

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

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15/01/2012

Tout est parti d'un comportement inapproprié !

« Je me souviens de m'être demandé ce que je faisais là, de m'être dis que je n'avais plus l'âge pour et que si cela n'avait pas été pour faire plaisir à mon amie et participer à ce concours de danse, jamais je ne me serais retrouvé en ce lieu.

 

Ce n'était pas la musique qui me dérangeait ce soir là, j'ai par le passé déjà fréquenté assidument cette discothèque, mais la clientèle, trop jeune, turbulente et excitée.

 

J'avais décidé de faire avec, juste une heure ou deux, histoire que ma belle ne soit pas déçue, ni ses deux sœurs qui nous accompagnaient pour ce concours. Faut dire que ce soir là j'étais un peu le King, trois belles filles à mes côtés. Puis, je me souviens aussi de ça :

 

  • On va aux toilettes, tu nous attends là mon cœur.
  • Aucun problème, je vais vous chercher à boire.

 

Les minutes passent et les filles ne reviennent pas des commodités. Je scrute au loin, je les cherche, je les devine enfin. Mon amie est visiblement furieuse.

 

  • Tu ne sais pas ce qui vient de nous arriver dans les toilettes.
  • Euh, non.
  • Un sale type, un petit con en plus, est venu pisser chez nous sans gêne. Je lui ai demandé de sortir, lui indiquant qu'il était chez les filles ici.
  • Et ...
  • Eh bien ce pauvre type m'a saisie par les cheveux, m'a tirer la tête en arrière et m'a traitée de salle pute, en m'intimant l'ordre de fermer ma gueule.
  • Tu plaisantes, il est où ce sale con.
  • Je ne sais pas, il est resté aux chiottes je crois ..  J'ai voulu lui mettre une gifle à ce morveux mais je n'ai pas osé.
  • Bouges pas, je vais aller le voir.
  • Il est là, il arrive, c'est lui (elle me le désigne du doigt).
  • T'es là la pute.. Et toi mec, t'as quoi toi à me regarder comme ça, un problème.
  • C'est toi visiblement le problème, de quel droit tu insultes ma copine.

 

Aucune réponse ne viendra. Soudainement le petit caïd de la soirée me saisi le cou de sa main droite et serre. Je pratique comme par réflexe une clef de poignet et croyant me libérer de cette étreinte. Fausse impression d'un combat égal, je reçois alors un énorme coup de poing d'un grand mec qui se trouvait derrière le petit caïd, puis un coup de pied dans le dos d'un autre que je n'avais pas deviné derrière nous. Au sol, un troisième, un black je me souviens, m'assène à son tour un énorme coup de pied au visage.

 

Je vois les étoiles, je ne comprends pas ce qui m'arrive, les coups pleuvent de partout. Je me relève et je me place devant les trois sœurs qui hurlent, ne voulant pas qu'elles prennent un coup. J'allonge une droite au caïd qui revenait vers moi menaçant, mais c'est la seule que j'aurais rendue car c'est de suite une bousculade géante qui nous entraîne vers la sortie. Un videur, puis deux, puis trois sont intervenus. Ils nous sortent des cette cohue, pour nous protéger mais je ne le comprendrai que plus-tard.

 

Tous les témoins sont là, m'expliquant que se sont cinq français m'ont agressé comme des brutes. Je demande que l'on appelle la police mais pas d'ambulance, même si j'ai le visage en sang. Mon t-shirt est déchiré et que je sens bien que j'ai ramassé.

 

Les videurs m'annoncent que les types on quitté la salle, l'un d'eux aurait une 205 grise immatriculée dans le 74. J'apprends alors très vite qu'ils viennent de Cluse, que là-bas ils font la loi tous les soirs, et qu'ici ils ont déjà menacé un videur avec une arme à feu il y a deux semaines.

 

La police arrive, plusieurs patrouilles même. J'explique, de donne des signalements, d'autres témoins s'annoncent spontanément. J'enlève encore mon t-shirt souillé de sang. Je suis là, comme un con, à torse nu dans la rue, quai Ernest-Ansermet, où les policiers ont mis en place un barrage filtrant, à la recherche de la 205 grise, en vain.

 

C'était en 1991, j'avais 24 ans. Un vendredi soir comme les autres pour moi, une sortie où je m'étais rendu à Jackfill avec ma copine et ses deux sœurs, juste pour participer à un concours de danse. Je n'étais pas retourné dans cette discothèque depuis deux ans au moins, ma vie était ailleurs.

 

J'étais un jeune flic en congé avec une tête au carré, suite à une mauvaise rencontre. J'étais là au mauvais moment, au mauvais endroit, en colère contre les éléments, en colère contre moi de n'avoir pas su, de n'avoir pas pu.

 

Ce soir là, j'ai voulu défendre l'honneur de mon amie, mais ce soir là je suis tombé sur cinq courageux qui m'ont éclaté la tête. Je n'ai jamais retrouvé ces gens, ai-je même cherché, je ne le crois pas, mais par contre je me souviens de tout. »

 

Réalité ou fiction, je vous laisse choisir, mais cette histoire peut arriver à tout le monde, je vous le promets.

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

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12/01/2012

Une journée de réflexions !

"On ne motive pas les hommes avec des discours mais en respectant leurs aspirations profondes"

A. Riboud.

 

"L'autorité contraint à l'obéissance, mais la raison y persuade"

Cardinal de Richelieu.

 

"Un ministère qu'on soutient est un ministère qui tombe"

Talleyrand.

 

"En politique il faut guérir les maux, jamais les venger"

Napoléon III.

 

"En politique, il faut donner ce qu'on n'a pas, et promettre ce qu'on ne peut pas donner"

Louis XI.

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

 

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11/01/2012

Désamorcer la bombe ... vite, très vite !

 

Ce qu'il a de bien en vacances, c'est qu'on a le temps, celui de lire, d'écouter, d'observer, de réfléchir et d'analyser.

 

Le conflit qui s'est ouvert entre les syndicats de police et le DSPE s'est rapidement transformé en bombe à retardement. A travers la détermination déployée, les policiers attendaient une réaction, celle du Conseil d'Etat. Elle vient de tomber.

 

Le Conseil d'Etat a exprimé son soutien total à Isabel Rochat, magistrate de tutelle de la police, prise à partie depuis le début de la semaine par le syndicat de la gendarmerie. Le Conseil d'Etat a annoncé qu'il a convoqué demain matin la hiérarchie de la police. Il va lui demander d'analyser la légalité des actions ou des menaces d'actions annoncées lundi par le syndicat.

 

Le Conseil d'Etat attend également de la hiérarchie de la police qu'elle fasse des propositions de sanction et de mesures destinées à rétablir l'ordre et la discipline au sein du corps de police, s'il s'avère que les actions votées lundi par les policiers ne sont pas conformes avec la loi. Pour mémoire, lors de l'assemblée générale de la gendarmerie, les policiers ont voté la grève des amendes, le refus d'effectuer des heures supplémentaires lors des jours de congé et la tenue d'une manifestation dans la rue.

 

Précisons encore que le Conseil va demander à la hiérarchie de la police de procéder à une analyse précise des revendications des représentants des policiers. Il se dit ouvert à tout dialogue constructif.

 

A la lecture de cette communication, je devine que la direction de la police va servir de fusible, tout comme l'écrit si bien Pascal Décaillet sur son dernier blog. Son analyse est d'ailleurs, et comme souvent, pertinente, je vous laisse en prendre connaissance :

 

http://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2012/01/11/pol...

 

La réaction du Conseil d'Etat ne pouvait pas être autre. Sous le sceau de la collégialité le soutien clamé est logique. La responsabilisation de la direction de la police et l'éventuelle pénalisation des actions syndicales sont tactiques. L'analyse des revendications et le message d'ouverture à tout dialogue constructif sont la porte ouverte pour sortir d'une situation qui échappe à tous.

 

N'oublions pas qu'en moins de vingt-quatre heures nous avons lu Eric Bertinat sur son blog qui demande une rocade départementale au sein du Pouvoir Exécutif, ce qu'il a confirmé de vive voix sur Léman Bleu, suivi dans son raisonnement par René Longer et Eric Stauffer :

 

http://riton.blog.tdg.ch/archive/2012/01/09/police-le-con...

 

Ce jour, nous avons lu Vincent Maitre exiger sur son mur Facebook la démission du président du syndicat UPCP.

 

Une danse du scalp injustifiée, comme si, dans la situation que nous traversons, une tête qui tomberait maintenant permettrait aux autres de relever la leur, ou quand les illusions perdues sont à la recherche d'alibis.

 

  • Les syndicats espéraient être entendus du Conseil d'Etat, c'est fait.

 

  • Isabel Rochat attendait le soutien du Conseil d'Etat, c'est fait.

 

  • La hiérarchie de la police retrouve une technocratie perdue et les responsabilités qui vont avec.

 

  • Quelques voix se sont exprimées, sortant du bois, elles ont été entendues.

 

Rien n'est solutionné, des décharges ont été distribuées mais la bombe à retardement issue de ce conflit doit être désamorcée maintenant, car les dégâts collatéraux seraient bien trop nombreux si implosion il devait y avoir, et là le risque est grand.

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

08/01/2012

La communication est indispensable, jamais suffisante !

 

Le conflit larvé entre les syndicats de police, dont l'UPCP, et Mme Rochat Isabel, Conseillère d'Etat en charge du DSPE, va donc éclore ces prochains jours.

 

En regardant tout ça de loin, le simple citoyen que je suis se pose une question.

 

Comment la situation en est-elle arrivée là ?

 

Premièrement, à mes yeux il ne peut exister un lien de confiance, une relation de travail ou une médiation de valeur sans communication, sans écoute, sans ouverture d'esprit, sans concession. La communication est indispensable, jamais suffisante. Laurent Moutinot en avait fait l'amère expérience, Véronique Pürro voulait la poursuivre mais c'est Isabel Rochat qui s'y attelle aujourd'hui.

 

A lire les journaux, j'ai la vague impression que la présidente du DSPE sait où elle veut aller, pourquoi elle y va et comment elle va y arriver, même si ses choix ne sont pas reconnus, même si ces chois ne sont pas nécessairement les siens.

 

En effet, cette élue du peuple a visiblement, lors de son arrivée, pris la barre du navire « patate chaude » qui avait déjà son gouvernail dirigé en direction de la réorganisation prévue. Impossible dès lors politiquement de changer de cap, même si la « croisière n'allait pas s'amuser ». Donc, aujourd'hui il faut tenir la barre, même si le cap n'est pas le bon, même si au devant l'on devine une tempête.

 

Dans ces conditions, il y a peu ou prou de place pour un dialogue constructif, le tracé étant imposé d'avance, ruinant ainsi toute communication indispensable et liée à l'échange d'idée, avec des visions d'avenir différentes mais réunies par la réflexion, la concertation et la conciliation.

 

Mme Rochat utilise donc visiblement un schéma connu en politique, celui de laisser croire à son interlocuteur qu'il est partie prenante au projet, alors qu'il ne l'est que sur la consultation finale, soit au moment où le paquet est quasiment ficelé. Le paquet est construit ailleurs, par des architectes qui malheureusement eux ne disposent pas des plans des fondations.

 

Une telle méthodologie n'est pas pour créer un lien de confiance, elle peut même se retourner contre celui ou celle qui en use si l'interlocuteur met en évidence cette carence en communication.

 

Aujourd'hui, la seule personne responsable est l'autorité élue, donc Mme Rochat. Au même titre qu'un ministre ne peu en aucun cas charger publiquement un subordonné à titre de bilan, sauf s'il le vire, il ne peut stigmatiser des syndicats qui ne demandent visiblement qu'à être écoutés, à être entendus, pour enfin devenir un partenaire participatif au sujet de l'avenir de leur profession, et ainsi de l'amélioration de la situation sécuritaire de la population genevoise.

 

Une requête qui me semble légitime en démocratie, si bien sûr tel est le but recherché par le pouvoir politique sous cette législature et à travers cette réorganisation.

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

02/01/2012

"L'épreuve à la lueur d'un espoir"

 

« Je n'arrive plus à dormir, la lourdeur de la nuit me pèse. Ces six derniers mois ont été une épreuve terrible, je ne la souhaite à personne. Depuis le jour où j'ai pris connaissance de ma maladie, que les mots cancer et soins palliatifs ont été prononcés, j'ai traversé plusieurs états d'esprit.

 

Du doute d'un diagnostique au scepticisme de la gravité d'un mal, c'est l'espoir qui m'a accompagnée.

 

Des effets secondaires d'une chimiothérapie aux modifications physiques de mon corps, c'est l'incompréhension qui m'a habitée.

 

Des résultats d'analyses aux scanners qui ne dissimulent rien, c'est l'introspection de mes doutes qui me tenait éveillée.

 

Des opérations palliatives envisagées à l'assistance oxygénée, c'est la résilience qui s'est manifestée.

 

De la diminution de mes forces aux difficultés de concentration, c'est la peur qui me gagne aujourd'hui.

 

Peur de tomber, de chuter, de perdre du poids, d'être atteinte par une infection, de me blesser, de saigner, de mal respirer, de m'étouffer, peur qu'il m'arrive quelque chose subitement avec la crainte d'être une nouvelle fois hospitalisée.

 

La fausse sérénité qui m'habitait n'est plus là, les doutes, les craintes et la peur sont devenues mes compagnes d'infortune. Il y a des instants où nous n'avons plus besoin de nous écouter, notre corps nous parle de lui-même.

 

Je dois me libérer de ces atteintes négatives, mais je ne sais pas comment faire car elles ne sont pas dues directement à la maladie, mais du fait de mes appréhensions elles-mêmes nourries par l'inconnue du lendemain.

 

Un lendemain que j'envisage, car en six mois j'ai traversé respectivement les anniversaires de ma fille, de mon fils, de mon époux, puis un noël sans cadeau de la vie et un nouvel an sans vœux de bonne année, remplacés par des paroles douces et des mots d'apaisement.

 

Ces moments partagés restent des richesses que je préserve dans mon cœur comme des pierres précieuses, auxquelles j'espère secrètement y ajouter bientôt le rubis merveilleux de l'anniversaire des 17 ans de ma petite-fille et, qui sait, le diamant paisible de ma 67 ème année, des joyaux tous illuminés par la lueur d'espoir qui demeure. »

 

"On t'aime maman, courage"

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

06:31 Publié dans Femmes, Fiction, Histoire, Lettres, Résistance, Solidarité, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

26/12/2011

Sécurité, réintroduire le signe de la main au passage piéton.

Comme la presse le relève, les victimes d'accidents de la route qui se produisent sur un passage piéton sont en augmentation. Si dans une première analyse il ressort que les aménagements urbains propres à ces passages ne sont pas toujours adéquats, voire judicieux, il nous faut aussi se poser la question sur la réelle sécurité qu'accorde le passage piéton à travers le sens de la Loi, et si les comportements de chacun sont suffisants.

Le signe de la main, qui nous fut enseigné à l'école il y a longtemps, fut abrogé en 1994. L'Ordonnance (OCR) déchue requérait un signe de la main pour obtenir la priorité et traverser la chaussée, alors que la Loi LCR) octroyait la priorité sans condition. Une contradiction relevée par le Tribunal Fédéral, qui argumenta que l'Ordonnance pouvait amener les usagers de la route à croire que les piétons n'avaient pas la priorité sans faire un signe de la main.

Seule astreinte, "ils (les piétons) ne peuvent toutefois user du droit de priorité lorsque le véhicule est déjà si près du passage qu’il ne lui serait plus possible de s’arrêter à temps", ainsi les piétons se voient imposer d’estimer la distance et la vitesse à laquelle les véhicules s’approchent et d’attendre en conséquence jusqu’à ce que la priorité puisse s’appliquer.

Le législateur a ainsi annihilé tout langage lié à la gestuelle entre les piétons et les autres usagers de la route. A l'époque, cette gestuelle obligatoire avait fait débat et été supprimée dans l'ensemble de pays de l'Europe occidentale.

Reste que la communication entre usagers de la route demeure un atout important de la sécurité, et la communication non verbale est au premier plan.

Comme le relève l'association suisse des piétons, le signe de la main n’a jamais été interdit ou aboli. Aujourd’hui encore, il garde une utilité lorsqu’on en fait bon usage. Dans des cas précis, il peut contribuer à une meilleure compréhension, mais sans garantie totale de sécurité. Il ne peut en aucun cas remplacer le respect mutuel entre les différents usagers de la route.

Lorsque l’on fait un signe de la main, on ne peut être sûr que celui-ci a été vu et bien interprété, mais il demeure complémentaire et annonce l'intention de celui qui bénéficie de la priorité.

Les piétons donnent parfois un signe de main pour laisser passer une voiture, parce qu’ils ne prétendent pas à la priorité. Lorsque l’on fait un signe de la main pour prendre la priorité, on doit attendre au bord de la route jusqu’à ce que l’on soit sûr que le signe a bien été vu et compris et que le véhicule ait freiné et se soit arrêté.

Il n’existe pas de norme sur la manière de faire un signe de main.

Agiter le bras ou la main peut s’interpréter comme une simple salutation ou un signe de "laissez-passer" ; cette pratique est donc à éviter.

En tant que piéton, on ne devrait pas non plus se fier aux signes de main ou aux appels de phare des automobilistes, puisque le destinataire peut être un autre usager de la route et que la signification du signe n’est pas toujours claire.

Pour un piéton qui veut céder la priorité, un pas en arrière est souvent la meilleure solution. Un mouvement du corps vers l’arrière est clair et reconnaissable de loin.

Reste que le signe de la main demeure pour moi un complément à la Loi, car en lieu et place de l'abroger, il aurait fallu simplement lui redonner un sens, telle est ma proposition :

"Le piéton bénéficie de la priorité, il ne doit toutefois pas user du droit de priorité lorsque le véhicule est déjà si près du passage qu’il ne lui serait plus possible de s’arrêter à temps. Après s'être assuré que la priorité puisse s’appliquer, le piéton donnera alors un signe de la main pour indiquer son déplacement sur le passage piéton."

Une complémentarité nécessaire à mes yeux, pour la sécurité des piétons et afin que la communication soit rétablie entre tous les usagers de la route.

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

Réf : http://www.fussverkehr.ch/fileadmin/redaktion/publikation...

 

 

12:02 Publié dans Culture, Formation, Genève, Histoire, Police, Politique, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook

21/12/2011

Sécurité : 744 jours après !

L'avantage quand on aime écrire, c'est qu'on aime lire les autres. Il y a les essais, les romans, les sciences, les polars, les historiques et les drôles. Mais il y a aussi de petits cahiers, des bulletins, des parutions confidentielles que l'on garde et qui, un beau soir d'hiver, ressortent de nos tiroirs sans prévenir, nous rapportant le souvenir d'une lecture, le passé d'un écrit, la mémoire de maux retranscrits.

 

Et là, en triant, je garde, je jette, je classe, je garde, je jette, je classe, je me retrouve avec une parution dont les élus Mark Muller et Isabel Rochat en font la couverture, sourire aux lèvres, la belle Genève et sa cathédrale en toile de fond.

 

Morceaux choisis des réponses données par Madame Isabel Rochat lors de cette interview parue en avril 2010 dans le no 186 du feuillet "Le Nouveau LIBERAL ", ceci à l'issue de ses cent premiers jours à la tête du DSPE  :

 

Comment avez-vous été accueillie au sein du Conseil d'Etat ?

 

-         J'ai été très bien accueillie. Un certain nombre de dossiers dont j'ai la charge nécessitent une approche transversale des problématiques, raison pour laquelle il est pour moi primordial de travailler dans un esprit de grande collégialité ... ... ... Par  rapport à la politique pénitentiaire, nous sommes dans une législature charnière. Nous avons aujourd'hui une politique commune avec le pouvoir judiciaire, ce qui n'était pas le cas auparavant....

 

Et à la police genevoise ? Vous savez que les policiers ont placé beaucoup d'attente en vous !

 

-         J'en suis pleinement consciente et j'ai moi-même beaucoup d'attente envers eux : ensemble nous avons pour objectif de rétablir le lien de confiance avec la population et, pour ma part, de revaloriser la profession dans le sens large du terme. A ce titre, j'en profite pour dire que j'ai rencontré à la police des gens formidables. Je sens une réelle détermination à faire changer la situation dans le canton.

 

Cela fait cent jours que vous avez pris la tête du DSPE. Votre premier bilan ?

 

-         Il s'agit pour l'instant davantage de constats que de bilan : mes premiers cent jours m'auront permis de faire le « tour de la maison » ... Nous avons également rapidement avancé dans des domaines concrets avec l'accord signé avec la police le 16 décembre 2009 réglant la question des horaires et de la rémunération des policiers.

 

Quelles sont les difficultés actuelles de la police genevoise ?

 

-         Les difficultés principales se concentrent autour du problème des effectifs et du recrutement. En effet, nous nous retrouvons face au défi d'engager rapidement des personnes de qualité ... ... ...  De manière générale, il faut enfin améliorer l'engagement opérationnel des policiers, d'entente avec celui des APM, afin de réellement créer une police de proximité et d'appliquer une politique de « tolérance zéro »

 

Les genevois sont effrayés, les policiers parfois découragés. Comment remonter le moral des troupes et de la population ?

 

-         Il faut rétablir un climat de confiance entre le policier et le citoyen. Motiver les troupes en revalorisant la profession est une de mes priorités ... ... ... De manière plus large, tant la police que la population ont besoin de sentir que nous savons où nous allons, que nous sommes déterminés et, surtout, que nous sommes pressés.

 

Lecture et relecture de ce fascicule me procurent certaines interpellations, ou si les mêmes questions étaient posées aujourd'hui dans "Le Nouveau GENEVOIS", quelles réponses aurions-nous ?

Je garde, je jette, je classe !

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.