19/08/2010

Y a vingt ans on avait pas de pétrole mais on avait des idées, là on a des idées mais on a pas d'argent (Genève, un monde en soie).

Ainsi le DCTI, dirigé par M. Mark MULLER, élu Libéral, a refusé et ceci malgré l'urgence les trois projets proposés pour l'extension de Champ-Dollon (containers pour 100 places que l'on devait avoir pour juin 2010, puis novembre 2010, puis début 2011, et là probablement jamais).

Ainsi ce projet est repoussé, voire avorté, tout en sachant que le DSPE, dirigé par Mme Isabel ROCHAT, élue Libéral, avait fait une priorité de ce sujet, dont la nécessité humaine et sécuritaire était une évidence. Relevons que c'est depuis l'annonce de ces projets de constructions que le taux d'occupation de Champ-Dollon est passé de 517 détenus à 615, comme par hasard.

Je ne sais pas quelle sera la réaction du personnel pénitentiaire, je ne sais pas quelle sera la réaction des 600 détenus de Champ-Dollon, je ne sais pas quelle sera la réaction d'Amnesty Internationale, je ne sais pas quelle sera la réaction de la commission des visiteurs du Parlement, je ne sais pas quelle sera la réaction d'une certaine gauche à qui on a reproché son immobilisme durant 4 ans, mais je crains que la rentrée de septembre ne soit pas très harmonieuse.

Il faut dire que l'heure des bilans approche, la rentrée scolaire, l'automne, Noël et la trêve des confiseurs sont à nos portes, et la fin de cette première année de législature aussi.

La droite genevoise est redevenue majoritaire au pouvoir exécutif, sous l'impulsion du parti Libéral et la volonté de changer les choses. Cette même droite est en train de se rendre compte qu'elle n'a ni les moyens de sa politique, ni les opportunités de celle-ci, ni dans ses priorités, ni dans ses choix.

Avoir des idées c'est bien, se donner les moyens de réussir c'est mieux.

Moi comme citoyen, je me demande pour quelles raisons l'on trouve des sommes pharaoniques pour le CEVA, et pas pour quelques cellules en préfabriqué (dans la grande logique genevoise du temporaire qui va durer), alors que nous sommes tous conscients que le pire va arriver.

"Genève, un monde ne soie"

 

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17/08/2010

Il faut aussi savoir reconnaître ses victimes à travers ses ennemis, message adressé aux peuples d'Israël et de Palestine !

L'ex-officier du Tsahal, que nous nommerons "Eden Abargil" selon FB, posant souriante devant des prisonniers palestiniens, ligotés et les yeux bandés, provoque un scandale. Un de trop ou un de plus ?

Sachant que je vais me faire stigmatiser comme antisémite, ce qui n'est absolument pas le cas, je tiens néanmoins à exprimer le fait que je ne supporte plus le comportement de certaines personnes, qui sous la protection d'une éternelle victimisation, s'autorisent des actes de guerre illégitimes, insupportables, inqualifiables.

Ce n'est pas la première affaire où l'armée du peuple d'Israël est montrée du doigt, ce n'est pas la première fois que cet Etat est condamné pour des actes illégitimes, mais ce n'est pas la dernière fois que le monde va simplement émettre une simple critique, sans oser aller plus loin, sans oser aller jusqu'au bout du débat, des problèmes, des causalités et des solutions. Vu de Genève, qui savait par le passé prendre ses responsabilités pour guider les peuple sur la voie de la réconciliation, voire de la paix, il y a des guerres que l'on ne supporte plus.

Les combats que se livrent la Palestine et Israël est une guerre odieuse, sans fin car sans limite. La légitimité pour l'existence de ces deux pays est reconnue, mais pas la terre occupée, pas les champs partagés, pas les maisons brûlées, pas ces deux peuples victimes de l'inconscience des dérives humaines.

Et à lire les derniers propos d'Eden Abargil, je n'y devine que la cupidité d'une guerre qui n'aura pourtant jamais de gagnant dans un conflit armé ;

"Je m'excuse auprès des gens qui se sentent blessés par moi. Mais j'ai agi en toute innocence, de bonne foi. Ces images n'avaient aucune prétention politique (...) De toute façon on trouvera toujours à redire contre Eretz Israël (la Terre d'Israël), nous ne sommes pas un peuple qui a beaucoup d'amis. On nous attaquera pour la moindre petite chose".

Il temps que l'ONU dénonce les barbares, israéliens ou palestiniens, mais aussi qu'elle reconnaisse les victimes d'un ostracisme outrancier.

Walter SCHLECHTEN

(Suite)

 

 http://www.lematin.ch/actu/monde/armee-israelienne-nouvel...

 

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16/08/2010

On s’emm…. à Genève le dimanche !

De retour de vacances, Toronto, Niagara, Owen Sound, Kilarney, Ottawa et Kingston, en passant par de petites villes, j’ai pris connaissance de l’article de l’Illustré daté du 4 août, dans lequel Jean-Pierre JOBIN affirme ; « on s’emm… à Genève le dimanche ».

 

Ma première réaction a été celle de dire qu’il a entièrement raison. Mais ipso facto je me suis rendu compte que cette petit phrase venait de la bouche du président de Genève Tourisme, avec sa marque déposée « Genève, un monde en soi », vous savez.

 

Impuissance avouée ou cruelle désillusion d’un constat d’échec ? Je ne sais pas ce qui pousse Monsieur JOBIN à flinguer avec lucidité sa ville, son canton, sa région. Un appel sournois aux politiques pour que les choses changes, peut-être !

 

Mais les choses peuvent-elles changer à Genève ?

 

Nous nous trouvons dans une spirale infernale, celle du changement, des grands travaux, d'une nouvelle mobilité, d’une relance économique souhaitée et favorisée par l’Etat, mais pour le bien de qui, de vous, de nous, de notre ville-canton ?

 

Genève a eu des atouts dans sa manche durant longtemps, mais depuis les autres villes européennes ont posé leurs jeux, avec des cartes gagnantes cette fois.

 

Genève c’était :

-         La sécurité

-         Un cadre de vie

-         La qualité des prestations

-         Les avantages d’une grande ville dans une petite cité

-         Le centre de l’Europe

-         Une image de la Suisse

-         Un symbole de la paix

 

Une image, mais quelle image ?

 

Un aéroport international, une compagnie d’aviation nationale, la vieille ville, sa cathédrale, cité historique du protestantisme, le mur des réformateurs, ses grands hommes, l’ONU, la Croix-Rouge, sa culture, ses musées, ses grandes banques, sa rade, son jet d’eau, son horloge fleurie, ses parcs magnifiques, ces fêtes grandioses hautes en couleurs, ses hôtels de grande classe, sa propreté, sa sécurité urbaine.

 

Que reste-t-il aujourd’hui de tout ça ?

 

-         Un aéroport qui manque de place, de terrain pour construire une deuxième piste dont les genevois ne veulent probablement pas

-         Une compagnie nationale qui a été déchue, tout comme l’image de notre pays, remplacée par des Low Cost qui font la joie des petits voyageurs, mais qui rament aussi économiquement.

-         Une vieille ville qui est mal dans ses murs

-         Une cathédrale qui ne brille plus de mille feux

-         Une histoire du protestantisme que le 500èmeanniversaire de Calvin n’a pas ressuscité

-         Un mur des réformateurs qui ne comprendraient plus nos réformes

-         Plus ou prou de grands hommes issus du Canton, si ce n’est quelques grandes familles de banquiers, quand ils n’ont pas quitté le territoire

-         Des organisations internationales en proie à de grandes difficultés financières et attirées par d’autres grandes villes

-         Une culture qui oublie son passé au profit déguisé de la région mais qui demeure en retard sur nos voisins

-         Des musées qui cherchent un toit et des fonds, sans susciter l’envie

-         Des grandes banques qui subissent la crise et les foudres dirigées contre notre pays

-         Une rade en attente d’une grande traversée, voire d’une plage, mais qui se meurt actuellement dans la suffisance des cartes postales

-         Un jet d’eau souvent imité, souvent égalé

-         Une horloge fleurie souvent critiquée, souvent reproduite, souvent dépassée

-         Des parcs entretenus, mais peu développés et souvent abandonnés à une petite délinquance

-         Des fêtes qui ont perdu leur éclat flamboyant au profit de l’argent, du gain, d’un certain tourisme

-         Des hôtels qui se sont réveillés tardivement, qui depuis ont pourtant fait de grands travaux pour redevenir les fleurons d’une région, mais le mal d’une réputation et la cherté sont passés par là

-         Une propreté et une sécurité qui étaient la carte de visite de notre ville, de notre pays, mais qui ont été abandonnées sans lutter, même si une prise de conscience récente est intervenue

 

Sombre tableau, triste tableau qui me désole aussi. Je laisse mes heureux détracteur corriger le tir par leur commentaires et l’énumération des bons points de notre cité, ils sont si rare vu de l’intérieur.

 

Certes, tout va mal et partout. Mais ce que je peux vous dire, c’est qu’une ville, pour vivre, pour survivre, pour plaire et séduire, doit briller. Genève ne brille plus, elle est terne, comme sa population, comme sa politique, comme ses rues, comme sa rade, comme ses grands projets sans ossature financière suffisante.

 

Si j’étais à la place de Monsieur JOBIN, je ne m’emm…….. pas le dimanche, car je chercherais encore et encore pour que Genève devienne :

 

Une ville lumière (Lyon)

Une ville d’eau (Versaille)

Une ville de recherche (Zurich)

Une ville d’histoire (Florence)

Une ville de paix (Stockolm)

Une ville de joie (Québec)

Une ville de mémoire (Ottawa)

Une ville propre (Lugano)

Une ville sécurisante (New-York)

Une ville chaleureuse (Perth)

 

Mais pour l’instant, j’ai la malheureuse impression de vivre à « Genève, un monde en soie ».

22/07/2010

Bernard Rappaz a-t-il coupé l'herbe sous le pied aux limites d'un système carcéral en proie aux doutes politiques ?

Il est fêté comme un héros qui, après 110 jours de jeûne, vient de faire plier l'autorité. Lui, c'est Bernard Rappaz, chanvrier valaisan, dernier des Mohicans, prophête dans son pays tel que le fût José Bové en France, symbole de la résistance paysanne et rurale, et pourtant.

Ils ont aussi comme points communs une chevelure grisonnante en bataille et une moustache dignes de Vercingétorix.

Fichier:Statue Vercingetorix Alesia.jpg

Rappaz - Bové - Vercingétorix, mêmes combats ?

Et pourtant disais-je, en appliquant un "réaménagement des modalités d’exécution de la sanction", le Département valaisan de la sécurité vient de donner un signal fort à tous les agitateurs et autres insoumis, celui d'une justice qui ne s'applique pas, qui s'arrête face à la provocation, à la manipulation, face au chantage humain. Certes l'intégrité corporelle de cet homme devait être préservée, mais rompre sa détention c'est simplement supprimer encore un peu plus les repères et les valeurs de notre société. C'est aussi ne pas maintenir une corde raide, un fil rouge qu'il ne faut pas franchir sous peine de sanction. En supprimant ainsi ces limites, les décideurs politiques démontrent leurs faiblesses face à un système carcéral dépassé, mais ils renoncent aussi à imposer ces fameuses limites.

Reste que probablement retournement de situation il y aura, mais le mal sera fait et seul le souvenir de cette victoire contre l'état de droit subsistera, avec l'image d'une justice et d'une politique à deux vitesses. Il faudra alors avoir le courage de se prononcer sur la demande de grâce déposée, et là il ne faudra pas se tromper d'objectif.

Nul doute, Bernard Rappaz vient de couper l'herbe sous le pied à un pouvoir politique qui lui aussi perd ses repères et ses valeurs, sans lutter, sans combattre, sans assumer juste pour assurer l'avenir d'une société déjà à la dérive.

Minet.

 

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24/06/2010

Constituante, ne pas confondre parité et égalité des sexes en nombre au sujet des droits politiques, voire professionnels ou civils !

Vers quel débat de fond se dirige la Constituante sur la thématique de la parité ?

En suivant la commission thématique 2 "Les droits politiques (y compris les révisions de la Constitution)" et à la lecture de la note de synthèse no 2 "La parité, un outil de réalisation de l'égalité des sexes sur le plan des droits politiques ?", on peut légitimement se poser la question.

Lors de ses travaux, la commission a décidé de faire de la question de l'égalité des sexes sur le plan politique un thème important de ses travaux.

http://www.ge.ch/constituante/doc/presse/AC_CoT2_121109.pdf

Si l'égalité des sexes en droits doit demeurer un combat quotidien pour que celle-ci soit appliquée, applicable, réalisée dans tous les domaines, le débat qui nous mène sur la parité en nombre de l'égalité des sexes est une erreur qui risque bien de déservir la femme en lieu et place de l'asseoir sur l'équité des droits, car :

- C'est aussi ouvrir la porte aux calculs en nombre dans l'égalité des sexes lors des promotions ;

- C'est aussi ouvrir la porte aux calculs en nombre dans l'égalité des sexes lors les décisions de justice de paix lors de l'attribution des gardes d'enfants ;

- C'est aussi ouvrir la porte aux calculs en nombre dans l'égalité des sexes lors d'engagement de personnels ;

- C'est aussi ouvrir la porte aux calculs en nombre dans l'égalité des sexes durant les inscriptions dans les grandes écoles ;

et bien d'autres thèmes où les quotas deviendraient la valeur absolue, au détriement de la proportionnalité naturelle issue des engagements individuels et personnels dans notre société.

Car le véritable problème se situe là : dans quelle société voulons-nous vivre demain, dans quelle société les femmes veulent-elles évoluer, dans quelle société les femmes veulent-elles être participatives, quels moyens offrir pour nourrir l'égalité en droit dans les chemins de vie des femmes ?

La parité en nombre dans l'égalité des sexes est une profonde erreur de calcul. Le combat légitime pour l'égalité des sexes en droits lui ne doit pas devenir le leitmotiv à une mise en place d'un système discriminatoire, il en va justement de la crédibilité de la parité en droit, ainsi que celle de nos institutions.

 

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23/06/2010

Les maux bleus !

22 juin 2010 - STOP - France éliminée - STOP - Aucune victoire - STOP - Équipe à la dérive - STOP - Pays humilié - STOP - Domenech lâché par la FFF - STOP - Avion de retour annoncé - STOP - Paris reste attentive - STOP - Bachelot noyée dans la masse média - STOP - Les joueurs vont balancer - STOP - La presse va se déchaîner - STOP - Bloemfontein 22h47 - STOP.

Et après, ils vont parler alors que l'on sait tous ce qu'ils vont dire haut et fort, car personne ne voudra payer le prix de cette débâcle sportive, mais surtout nationale. 

Pourtant, vu de loin, il est évident que l'équipe nationale française de football a été assassinée, un petit meurtre entre amis !

Les responsables ;

1) Les politiques, à trop vouloir surfer sur le succès de 1998, l'image de la France et l'usage répétitif des vainqueurs de cette fameuse coupe du monde, ont sabordé le navire France sur la distance. D'ailleurs, "les bleus" n'étaient plus une équipe, mais une marque, un sigle, un étendard national. On se souvient tous du fameux "black, blanc, bleu". À vouloir porter trop haut ce symbole, il ne pouvait que redescendre très vite, trop vite, loin des illusions perdues.

2) Certains vainqueurs de 98, une génération qui certes avait du talent, mais qui a eu la chance de devenir championne du monde. Aujourd'hui, ces icônes du foot français sont devenues intouchables, des repères sportifs, voire même de la société, des hommes qui pourtant manquent terriblement d'humilité dans leurs analyses devenues journalistiques, sur fond de polémiques.

3) La presse, trop fière de ces champions du monde, d'un foot français qui pourtant depuis n'a rien gagné. Une presse exigeante, comme dans tous les pays, mais une presse poubelle, à scandale, où la vente d'un torchon est devenue bien plus importante qu'une analyse, sportive ou de société. Le quatrième pouvoir a aussi le pouvoir de nuire, ne l'oubliez jamais.

4) Le staff et Domenech, indéniable, indiscutable, une évidence qui pourtant n'a pas engendré la décision nécessaire il y a 4 ans. Un navire France sans gouvernail, c'était la garantie d'échouer rapidement, sans convaincre, sans séduire, sans l'évolution nécessaire pour guider le groupe.

5) Les joueurs, pas pour leur révolte, que je peux comprendre, mais pour le star système dans lequel ils sont presque tous entrés. L'agent, la pub, le luxe, les défilés de mode, les soirées VIP, et surtout des salaires honteux dans de grands clubs. Ils en oublient le sport, les valeurs de celui-ci et celles de la nation. Ils privilégient des carrières personnelles à la place du groupe, probablement aussi par un manque de reconnaissance en cette nation qui n'a plus d'identité car à la dérive politiquement.

6) La FFF, une fédération qui est tombée dans les travers de l'argent, de la gloire, de la vanité aussi. Une fédération qui doit oublier 98 et partir sur une éthique nouvelle, la jeunesse, le sport, le développement de soi-même et d'une société à la recherche de repères où l'individualisme n'a pas raison dêtre, où la solidarité et l'humilité doivent régner.

C'est un petit joueur de 4e ligue qui écrit tout ça, mais c'est surtout un amoureux du foot, et là le football a été sali, bafoué, et j'ai honte pour eux, pour le peuple français qui devrait crier à sa jeunesse "Aux armes", car l'avenir lui appartient depuis hier soir.

 

21/06/2010

Guy Mettan, au nom de qui, au nom de quoi ?

Guy Mettan, membre du PDC est depuis 2005 député au Grand Conseil du canton de Genève et président du Club Suisse de la Presse, dont il est un membre fondateur. Ancien journaliste, il a aussi été rédacteur en chef de la TDG.  Homme cultivé et pluridisciplinaire, il est lu et écouté.

Sa stature l'a même porté au poste de président du Grand Conseil, siège qu'il occupe actuellement. C'est notamment lui qui a ouvert la cérémonie du 7 décembre 2009 dans le cadre de l'investiture du Conseil d'Etat pour le discours de Saint-Pierre.

http://www.ge.ch/fao/2009/doc/20091211.pdf

Pourtant, malgré ses qualités, il vient de faire part de ses positions sur l'affaire Kadhafi, sans la retenue qui devrait être sienne dans le cadre des ses diverses fonctions, et surtout en sachant qu'il serait attentivement écouté, mais probablement pas suivi.

Dans une interview accordée au Grand Pascal, il fustige Genève, son image, sa police, sa justice, sa presse régionale tout en brisant la collégialité politique dans une affaire où pourtant le Conseil d'Etat, pouvoir exécutif s'il en faut, n'a lui jamais baissé la tête.

Son affligeante déclaration, un simulacre de jugement dernier issu d'une bonne conscience motivée par la recherche d'un blanc-seing énigmatique, dénonce des "boulettes genevoises" ;  

1)      Première boulette : une surréaction de la police genevoise, lors de l’arrestation des époux Kadhafi, où il n'était pas nécessaire d’agir contre trois personnes avec un commando anti-terroriste.

 

2)      Deuxième boulette : une exagération de la justice genevoise, pour avoir coffré deux jours le fils Kadhafi alors que deux heures  auraient suffi.

 

3)      Troisième boulette : une faute, un délit d'un employé d'Etat qui a transmis des photos d'identité judiciaire à la presse.

 

4)      Quatrième boulette : celle du journal la Tribune  de Genève qui publie les photos incriminées.

 

Si pour le point trois la faute grave, un acte inadmissible, un délit même qui a été reconnu comme tel et pour lequel l'auteur est toujours recherché suite à une ouverture d'une procédure pénale, l'on peut se demander ce qui motive un tel lynchage étatique de nos institutions, voire de la presse et de sa liberté si souvent muselée.

Certes la publication de ces photos n'était pas de bon goût, sachant que la provenance de celles-ci était illicite, mais l'on a bien souvent vu et lu pire dans nos feuilles de choux, où quelques scribouillards en mal de reconnaissance ont parfois dépassé des limites du respectable, quand ce n'est pas la rédaction elle-même qui pousse en avant de telles démarches.

Par contre, flinguer la police genevoise, en tenant des propos qui ne sont ni le reflet des réalités, ni des faits, c'est prendre une position isolée contre l'Etat et le pouvoir exécutif.

Par contre, flinguer la justice genevoise, en tenant des propos qui font honte à la démocratie et à l'état de droit, qui se voudraient alors un renoncement à l'égalité de traitement au profit du plus riche, du plus puissant, du plus grand, du plus craint, c'est prendre une position grave contre les droits humains et l'égalité de ceux-ci devant les hommes.

Des questions se posent aujourd'hui : 

Guy Mettan pouvait-il tenir de tels propos en public et diffuser ainsi ses "boulettes" qui frisent l'ignorance du dossier et le déni de la collégialité d'un gouvernement, d'un Etat, d'un pays face à l'ennemi et l'adversité ?

Le président du Club Suisse de la Presse jugeait-il la police, la justice, l'Etat ou simplement la TDG ?

Le député PDC jugeait-il la police, la justice, l'Etat, la TDG ou simplement un ancien président de département ?

Le prédisent du Grand Conseil jugeait-il la police, la justice, le pouvoir exécutif, la TDG, en son nom propre ou en représentativité du pouvoir législatif ?

L'homme de lettre jugeait-il le comportement de Genève en son entier et comme unique coupable ou simplement omettait-il de se souvenir que deux victimes étaient à l'origine de cette affaire, où des auteurs présumés ont été interpellés, sous l'égide de nos lois, de nos valeurs, de nos croyances, de nos règles, du respects des droits humains, tous égaux devant les ténèbres dans une démocratie ?

La classe politique jugera, le peuple aussi !

 

 

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15/06/2010

Affaire Kadhafi ; vont-ils sacrifier Genève pour sauver les fondements de la diplomatie ?

En lisant la TDG de ce matin, je constate que l'affaire Kadhafi est redevenue le roman de l'été, tome II.

Les langues se délient et les plumes déposent des mots qui ont déjà une forte odeur de jugement. Tous les acteurs sont dans la trame, en place, désignés ou destinés à un avenir différent.

Laurent Moutinot ; chef du département lors des faits. Il n'a jamais changé de fusil d'épaule et a gardé sa ligne de conduite, tel un homme d'Etat qui a voulu préserver les fondements de notre démocratie. Un courage qu'il faut saluer, aujourd'hui encore.

Le Parquet ; bras d'une justice démocratique, armé d'un glaive d'une main et dicté par la balance et le poids des éléments dans l'autre. L'analyse des faits, des lois, des volontés du législateur, donc du peuple. Le Parquet ne cède pas, il décide, et la loi offre les recours nécessaires au maintient des droits démocratiques des auteurs présumés, des condamnés. Une doctrine qu'il faut saluer, aujourd'hui encore.

La Police ; bras armé de l'Etat. Elle obéit aux ordres afin de faire appliquer les lois, de permettre l'ouverture de procédures et ainsi de garantir les droits des victimes, des lésés, sans distinction selon les fondements de notre Constitution, qui sont aussi les valeurs des citoyens de notre canton et du serment de nos policiers. Un serment qu'il faut saluer, aujourd'hui encore. 

Alors il nous reste Genève, canton-ville à la fois si important pour la Suisse et pourtant parfois si isolé. Genève c'est aussi une image, un nom, un symbole mondial. Genève c'est à la fois le gage de la paix et le respect des droits humains. Genève c'est le lieu où pouvoir de l'argent se mêle aux pouvoirs politiques, où le pouvoir des grandes organisations de mêle aux pouvoirs des Etats membres.

La TDG a commencé la rédaction de cet imbroglio politico-judiciare, dans lequel il faudra bien aussi y retrouver la Berne fédérale et le gouvernement de notre pays. Après "Da Vinci Code", nous voilà avec "Ka Dhafi Code", un dossier presque encore top secret. Je vais terminer mon mot par la reprise d'un texte lu ce matin dans l'éditorial du journal Le Temps, sous le titre "Les deux Genève", signé de la plume de Joëlle Kuntz, même si l'antépénultième phrase est de trop :

"Il est possible que les Suisses aient de la peine à comprendre Genève. C’est normal car plusieurs Genève ont conjugué leurs efforts pour créer l’affaire Kadhafi.

La première, c’est la Genève républicaine et égalitaire, historiquement prompte depuis avant Rousseau à dénoncer les privilèges, qu’ils soient sociaux, juridiques ou diplomatiques. Cette Genève-là tient pour vertu de mettre toute personne à égalité devant la loi, indépendamment de son rang ou de son statut, quoi qu’il en coûte au reste du monde ou au reste de la Suisse. La façon dont le gouvernement et la justice continuent de traiter le dossier atteste bien de cet état d’esprit fondamental.

L’autre Genève, c’est celle du droit humanitaire, de la Croix-Rouge, des droits de l’homme et de toutes ces normes élaborées dans les organisations internationales qui sont destinées à insuffler du progrès dans les comportements des hommes et des Etats. Une population d’ONG est là pour diffuser et défendre ces thématiques. Sans se mêler directement de ce travail d’écriture du droit, Genève est fière d’en être le lieu.

Par coïncidence, au moment où Max Göldi est libéré, l’Organisation internationale du travail discute d’une convention sur les employées de maison. Des dizaines d’associations de travailleuses domestiques sont venues défendre leurs droits, émues de trouver à Genève un forum où exposer leurs doléances et leurs revendications. Les Genevois ignorent l’événement car la Genève genevoise se désintéresse de ce que fait la Genève internationale. Il lui arrive même de s’en plaindre, mais au final elle trouve dans l’universalisme de l’ONU de quoi flatter celui dont elle se réclame elle-même.

Ces deux Genève ont vécu l’affaire Kadhafi avec la même émotion que le reste de la Suisse. Elles ont évoqué l’amateurisme ou l’excès de zèle de la police. Mais de là à prendre une responsabilité, non, le dossier ne mérite pas pour elles l’acte de contrition que pourrait leur demander la Suisse. Il n’y a pas de troisième Genève pour trouver une bonne solution."

"Genève, un monde en soie."

 

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13/06/2010

Max Göldi, le retour attendu aux vérités suspendues !

Max Göldi a été libéré et il pourrait arriver en Suisse ce soir ou demain. C'est la plus heureuse des nouvelles.

Ce retour est attendu, par tous, car nous sommes tous conscients que cet homme vient de traverser un désert diplomatique et juridique qui n'a servi que la main de la vengeance et le bras économique de notre pays.

Des langues vont-elles enfin se délier dans les jours à venir ?

J'en doute !

Ce qui est certain, c'est que beaucoup devront prendre leur courage à deux mains pour venir oser saluer ce retour.

C'est probablement ce même manque de courage qui va faire que les bonnes questions ne seront pas posées.

Reste à savoir si Max Göldi voudra lui donner des réponses que d'autres ne souhaitent pas entendre, le fardeau de la faute étant trop grand pour eux !

Walter Schlechten

21/05/2010

Suis-je Franco-Valdo-Genevois ?

Je ne sais pas vous, mais depuis quelques semaines j'ai l'impression de perdre mon identité, que l'on tente de me déraciner, tel un vieil arbre qui ne se trouve plus au bon endroit dans un verger, qui après avoir fait trop d'ombre à ses voisins les empêchent visiblement maintenant d'envahir le territoire des autres. Pourtant, les fruits de ce vieux végétal ligneux sont encore nobles, frais, vitaminés et sucrés, mais cette abondance ne suffit plus.

Entre la mondialisation, et ses fruits et légumes qui arrivent par avions entiers, entre l'eurocompatibilité et ses marchandises et denrées qui arrivent pas camions entiers, entre cette régionalisation et ses produits cuisinés qui arrivent par cabas entiers, je ne sais bientôt plus quel goût a le produit de mon vieil arbre, pourtant si simple à cueillir car à portée de main. 

J'ai bien envie de me retrouver sur un étal avec mes compatriotes, produits du canton et reconnus de qualité. Certains l'ont bien compris, cette identité a une valeur, est une valeur, car elle a une histoire. Des hommes et des femmes ont saigné pour l'ériger, mais voilà, à force de laisser l'argent et l'appât du gain devenir roi, c'est notre âme que nous abandonnons, tout comme vous avez déjà abandonnez ce vieil arbre au centre de votre verger.

Walter SCHLECHTEN

 

 

 

30/11/2009

Drôle de week-end genevois, entre la crainte, la honte et l'espoir !

Les genevois viennent de passer un drôle de week-end, moi aussi !

Absent de notre cité pour des raisons personnelles, j'ai donc suivi l'actualité de loin. Par contre, en arrivant ce soir à mon domicile, j'ai pris connaissance des dernières actualités.

Visiblement, tout a commencé par une manifestation autorisée, dirigée contre l'OMC lors la tenue de ce sommet à Genève. Et comme prévu, ce mouvement contestataire a dégénéré. Il n'y avait que quelques élus de gauche pour croire que tout allait bien se passer.

Environ 200 Black-Bloc se sont invités dans le cortège, sans pour autant y a voir été, ni conviés, ni refoulés. Par contre, je me dois, en ma qualité de citoyen, de saluer le courage des organisateurs qui ont rapidement décidé de dissoudre leur événement, les conditions cadres pour le bon déroulement de celui-ci n'étant plus réunies.

La suite on la connaît, les casseurs et la police ont joué au chat et la la souri durant plusieurs heures, les dégâts sont nombreux mais les interpellations aussi. Nos policiers ont donc pu travailler avec une efficacité certaine, sans contrainte politique cette fois, mais j'ai honte de l'image qui est donnée de Genève par ces émeutiers, ces ennemis de la démocratie et de la liberté d'expression.

Les premiers commentaires sont tombés, bien timides, mais en ma qualité d'habitant de ce canton, j'attends des réactions politiques. Je les espère très fortes pour dénoncer les auteurs de ces émeutes et féliciter notre police, sans entendre le sempiternel discours sur les violences policières. Nous verrons demain, car il y a pire dans l'actualité.

En effet, ce dimanche, sont tombés les résultats des votations. Alors que le Ceva et la traversée de Vésenaz passent la rampe, c'est bien l'acceptation de l'initiative contre la construction des minarets, au niveau national, qui m'émeut. 

Immédiatement, un fort sentiment de honte m'a envahit. Comment un pays comme le nôtre peut se permettre une telle acceptation, qui va à l'encontre des droits fondamentaux et qui s'attaque à une religion. Les discours alarmistes de quelques élus d'extrême droite ont fonctionné, mais ces même manipulateurs se retrouvent déjà avec la peur au ventre. Peur que ce résultat qu'ils n'espéraient pas ne vienne mettre le feu aux poudres dans notre pays. Si l'image de notre nation et du peuple suisse est souillée pas ce vote, bien qu'il soit le reflet d'un choix démocratique, ce n'est pas le reflet de notre civilisation, de nos valeurs.

Néanmoins, mon espoir demeure dans le fait que la population genevoise, comme trois autres cantons, a su ne pas tomber dans le piège tendu en refusant cette initiative. Mais la Genève Internationale s'en relèvra-t-elle, car elle va aussi souffrir du résultat de cette votation nationale ?

Mon espoir prend corps aussi ce jour car les élus des partis traditionnels doivent enfin se rendre compte qu'en Suisse on ne sait plus faire de la politique, car cette défaite est surtout la leur. Tous doivent se remettre en cause, tous doivent se mettre autour d'une table, pour redéfinir les positions qui sont les leurs et les valeurs qui sont les nôtres.

Genève, en deux jours, vient de faire un énorme pari sur l'avenir avec le Ceva, au prix fort en signant un chèque en blanc, mais elle vient aussi de démontrer, à travers l'accueil de la manifestation anti-OMC et les résultats cantonaux des votations populaires que l'Esprit de Genève n'est pas mort. Reste aux élus genevois à tenir les discours forts et attendus pour que notre ville-canton s'affirme comme un exemple de démocratie, de liberté et de respect.

 

 

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