25/09/2011

"Dan"

 

« Je me revois, il y a quelques années, assis là, dans l'église Sainte-Croix, place du Marché à Carouge. Nous sommes des dizaines, que dis-je des centaines. Arrivé en avance j'ai trouvé place dans ce lieu de culte, de recueillement. Moi qui suis athée je tenais absolument à être là, en communion avec toi Dan, avec tes amis, avec tes proches, avec les miens.

 

Même si à ce moment précis je n'ai pas encore réalisé, même si je n'ai pas encore conceptualisé, même si je n'y crois pas, je suis là. L'impossible c'est produit, l'improbable n'était même pas envisagé alors que l'incroyable départ c'est réalisé.

 

C'est le cœur et la gorge noués que j'attends ton entrée par l'allée centrale ; c'est le cœur et la gorge serrés que je me demande encore et encore pourquoi tu as fait ça ; c'est le cœur et la gorge meurtris que je me demande pourquoi nous n'avons rien vu venir ; c'est le cœur et la gorge opprimés que je te demande, en regardant déjà le ciel, pourquoi tu n'es pas venu chercher de l'aide, auprès de nous, auprès de moi.

 

Comme depuis trois jours, je culpabilise de n'avoir rien vu venir, de n'avoir rien deviné, de n'avoir rien détecté, de n'avoir pas pu voir probablement. Rieur et fraternel tu étais pour moi, avec le cœur noyé parfois, mais comme tant d'autres.

 

La musique démarre, l'esprit solennel envahit le lieu de culte. Nous nous levons tous, comme un seul homme, tous unis, tous abattus, tous complices.

 

Mes jambes me lâchent déjà, je tremble comme si la vérité allait me sauter au visage et me détruire les vicaires.

 

Mes yeux me brûlent aussi, car sur ma gauche je devine ton entrée, je te devine, je te parle je crois, je te demande pourquoi, je te demande pardon même si je ne sais pas si je dois le faire.

J'aurais voulu t'aider, d'accorder toute l'écoute nécessaire, t'offrir toute l'amitié attendue, d'accorder toute l'empathie que nous savons pourtant au jour le jour partager avec d'autres.

 

Ton cercueil apparaît, l'image concrète de ton décès aussi à cet instant. Je m'écroule, en larmes, des pleurs que je ne retiens plus, je n'y arrive pas. A mes côtés, ils sont des dizaines en larmes, tous effondrés et incrédules, comme moi.

 

Je ne me souviens plus très bien du reste de la cérémonie, si ce n'est qu'elle était belle, qu'elle était simple, qu'elle était comme toi, ronde et magnifique, proche des gens. Je me rappelle que notre Commandant a parlé d'un grand mur bleu, sur lequel dorénavant il allait y manquer une brique, une clef de voûte importante probablement.

 

Puis est arrivée la fin et la sortie de l'office. Une foule énorme t'attendait. Tu es ressorti de cette église comme tu y étais entré, costaud et fier, porté très haut, par les bras des nôtres, par nos cœurs, par nos larmes. A ton passage, j'ai eu envie d'applaudir, de te dire adieu à l'italienne, de te dire merci aussi pour tous ces rires partagés, de te dire que tu resteras à jamais avec nous, coûte que coûte. Je ne l'ai pas fait, par respect pour ta famille, pour tes enfants, pour tes amis, pour nos collègues, pour ce silence qui a envahi soudainement la place du Marché, telle une ombre.

 

Je me suis alors éloigné pour me réfugier sous un porche, car une pluie de larme, un torrent de tristesse m'ont envahi. Malheureusement, ce jour là, mes questions n'ont pas été emportées par ces flots. Mes interrogations sont restées sans réponse, et aujourd'hui encore nous ne comprenons toujours pas.

 

Pourtant, ce geste fatal a probablement été pour toi une libération, j'ose le croire. Il faut avoir le cuir solide qu'on nous dit, il faut travailler avec une carapace épaisse qu'on nous enseigne, il faut laisser les soucis de la maison à la maison et ceux du travail au travail qu'on nous susurre.

 

Tu sais Dan, cette semaine quatre policiers français se sont donné la mort. Eux aussi nous ont quittés, eux aussi avaient un parcours professionnel et personnel, eux aussi étaient arrivés au bout d'un chemin que personne n'emprunte sauf nous.

 

Ce soir, nous aussi sommes tristes, car l'on ne peut pas être ou ne pas être, vivre ou ne pas vivre, car nous ne sommes que des hommes et des femmes qui traversons tous les jours les carrefours de la misère humaine. Le policier n'est pas une machine, le policier s'intteroge, le policier pleure, le policier souffre, le policier se suicide aussi.

 

Le suicide est une chose horrible, pour celui qui part, pour ceux qui restent, à travers l'acte, à travers les interrogations qui demeurent, à travers la violence du geste. Alors si vous avez un ami, un collègue, un proche qui semble chercher une écoute, tendez lui l'oreille, écoutez le quelques minutes, le libérant ainsi un peu de démons que vous ne deviniez pas encore, mais qui reviendront peut-être sans prévenir pour l'emporter.

 

Dan, tous les jours je pense à toi, et si tel n'était pas le cas, l'actualité terrible est là pour me sortir de l'oubli.»

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

19/09/2011

A l'affiche cette semaine ; "La Censure"

Un blogueur, ami de la photographie et des rues de Genève, se trouve donc poursuivi à cause d'une affiche, oups pardon, à cause d'une photo d'une affiche !

 

Pas certain que le but recherché par la censure soit une réussite pour l'assureur brocardé, pas certain non plus que le MCG ait été le grand perdant dans cette affaire.

 

Seul notre ami blogueur se retrouve donc avec des soucis qu'il n'avait pas avant !

 

Carpe Diem.

 

Walter Schelchten, habitant la Croix-de-Rozon !

 

Pour information, en annexe : illustration de la TDG au sujet de l'affiche mise en cause, et censurée sur ce cliché.

 

 

 

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15/09/2011

Sécurité à Genève, un Pol-shop et deux Maisons de la Sécurité pour répondre aux attentes des citoyens, des politiques !

 

L'idée de ce texte m'est venue suite à un échange de commentaires sur le dernier billet de Monsieur Longet, intitulé : « Sécurité à Genève, ceux qui parlent, ceux qui (s') agitent, ceux qui agissent ! »

 

http://longet.blog.tdg.ch/archive/2011/09/13/securite-a-g...

 

Le débat immiscé portait sur la nécessité d'avoir de nombreux commissariats ouverts en permanence et accessibles au public, j'ai donc posé cette question à cet élu : «J'aimerais une bonne fois pour toute que les politiques m'expliquent pour quelles raison ils veulent de nombreux commissariats ouverts en permanence et accessibles au public ? »

 

Sa réponse a été celle-ci :

 

« Pour les commissariats ouverts : il est plus frustrant de tomber sur un répondeur téléphonique ou de n'avoir que le 117 qui vous envoyer une patrouille si disponible ; avoir une cellule d'accueil où l'on peut rencontrer un être humain capable de débriefer l'événement, de vous défendre et de vous rassurer fait pour moi partie de la prestation publique de sécurité. »

 

A la lecture de cette prise de position, je me suis rendu compte que Mai 68 a laissé des traces indélébiles chez certains, mais qu'il faut aussi savoir parler de la police de proximité sans toutefois mélanger les professions, comme celles d'assistant social, d'éducateur de rue, de psychologue, de médecin ou de policier.

 

Certes, par défaut, les pandores si proches des citoyens doivent au quotidien s'improviser dans les fonctions de ces différentes professions, mais ils n'en ont ni la formation, ni les compétences, ni le temps, ni l'objectif sachant que leurs missions premières, surtout en ces périodes chahutées, sont toutes autres.

 

Malheureusement, bien des politiciens ne connaissent pas encore le travail de policier, et donc ne saisissent pas les priorités qui doivent être accordées à travers les missions de proximité et les tâches rattachées à cette profession, qui en résumé sont :

 

- être proche du public,

- faire de la prévention,

- connaître parfaitement le terrain,

- être visible à travers des patrouilles,

- intervenir dans un délai minimal,

- connaître de façon approfondie les types de populations,

- être accessible facilement à travers des locaux,

- favoriser le partenariat,

- résoudre les problèmes.

 

Cette liste n'est pas exhaustive, mais proche des réalités du terrain et des attentes de la population.

 

A décharge de nos politiciens, la véritable question qui se pose actuellement à Genève est de savoir qui de la gendarmerie, de la police de sécurité internationale, de la police judiciaire ou de la police municipale doit se concentrer sur l'ensemble de ces tâches, ou quelques-unes en partie ?

 

En ce qui me concerne, moi simple habitant de La Croix-de-Rozon, mon point de vue est celui-ci :

 

-         La proximité en rue avec le public est une nécessité globale, tous les corps de police ont besoin de celle-ci, lien privilégié du renseignement et baromètre urbain et suburbain de la société. Cette proximité s'accomplira de manière différente d'un corps à l'autre, même si la doctrine d'approche se devrait d'être identique et pragmatique, mais à l'évidence, la gendarmerie et la police municipale se doivent d'être les partenaires privilégiés de la population en général, dans les quartiers, les villages, les villes, les communes. Mais à court terme, la police municipale devrait prioriser cette mission, en lien évident avec la prévention.

 

La proximité dévolue à la police de sécurité internationale se devrait de cerner son milieu d'action, en lien avec ses partenaires issus du cahier des charges établi. La pluridisciplinarité obtenue il y a peu demeure un atout mais ne doit pas faire s'éloigner la tâche de la mission. Une redistribution des effectifs, par transvesalles, devient alors possible et nécessaire pour équilibrer les unités, face aux besoins de la gendarmerie notamment.

 

-         La prévention est un acte quotidien de tout policier, il est motivé par l'opportunité de l'action en lien avec l'événement. Cette prévention peut aussi être rattachée à titre éducatif à la police judiciaire, à la gendarmerie et à la police municipale. Dans ce volet, une interaction entre ces trois services serait souhaitable.

 

-         La connaissance du terrain est une évidence policière mais qui demeure insuffisante en milieu urbain, du fait de la densité enregistrée et du nombre de tâches à accomplir. Il en va des connaissances personnelles et individuelles, aux connaissances métiers indispensables à la réalisation des actes. Un îlotage d'observation à redécouvrir soi-même qui devrait redevenir la norme de la patrouille pédestre, à la gendarmerie, mais auprès de la police municipale aussi car elle s'en éloigne il me semble.

 

-         La visibilité à travers les patrouilles est organisationnellement impossible aujourd'hui. Les patrouilleurs motorisés sont principalement dévolus à police urgence et aux réquisitions à la gendarmerie. Avec le nombre croissant d'interventions, le gendarme demeure le seul généraliste à travers sa fonction, il n'y a plus de place, ou si peu, à la patrouille pédestre ou cycliste, pourtant garante d'une proximité évidente. Même remarque pour la police municipale, qui se retrouve de plus en plus en voiture, la légitimité des déplacements et l'attribution de réquisitions nouvelles ayant il me semble éloigné ces agents de leur cadre d'action premier, et donc de la police de proximité. A ce jour, seul un cahier des charges clair et précis pour chaque entité permettra le retour en rue de la police municipale, de la gendarmerie aussi.

 

 

-         Intervenir dans un délai minimal est une attente logique de tout requérant, qui bien souvent se retrouve confronté à un problème qui lui semblera, pour lui, d'une grande importance. La police demeure un repère, une référence, une aide, une solution. Pourtant, il y a une graduation dans l'intervention, une classification de la chose issue du recul pris et de l'analyse immédiate des éléments à disposition. Le délai d'intervention s'en verra donc modifié, adapté, réajusté, tout en veillant à ce que l'urgence prime. Cette méthodologie, pourtant logique, se pratique au détriment du citoyen qui aura donné à son événement, par ses valeurs, ses croyances et d'autres éléments extérieurs, une importance parfois incongrue vis-à-vis de la réalité.

 

C'est dans ce contexte que la visibilité à travers la patrouille disparaît elle aussi, étouffée par les réquisitions et le manque de personnel. Il a été démontré à Lausanne que la population souhaitait voir intervenir dans un délai minimal la patrouille  lors d'un appel et qu'il en était généralement le cas dans 83 %. Une exigence légitime de la population au sujet de la prestation première de la police de proximité.

 

-         Connaître de façon approfondie les types de populations passe par un apprentissage en rue, en lien direct avec la proximité et l'îlotage, mais aussi par la formation continue, professionnelle et individuelle. Connaître les milieux dans lesquels on travaille, qui souvent ne sont pas les même que ceux où nous vivons (zone urbaine - suburbaine), demeure une connaissance métier indispensable à l'accomplissement d'un travail de proximité. Genève, de par la richesse des populations présentes, reste un cas complexe où l'adaptation aux attentes prend du temps, mais elle doit rester un maillon de culture générale qui tissera un lien privilégié à travers la connaissance de l'autre. Il y a la Genève internationale, celle des beaux quartiers, et il y a la Genève des rues, elle aussi multiculturelle. Les quatre corps de police sont donc concernés par cette approche, qui se devra d'être généraliste mais nécessaire.

 

-         Etre accessible facilement à travers des locaux, et me voila enfin de retour auprès de notre camarade Longet et de ses pairs. Je ne peux m'empêcher de disserter sur ce sujet sans parler de la nécessaire différence entre l'insécurité et le sentiment d'insécurité.

 

Dans l'esprit populaire, et de nos politiques, un poste de police de quartier, de commune, ouvert 24/24 est un gage de sécurité. Cette croyance est fausse car la prestation fournie, qui sera essentiellement administrative, ne sera pas en adéquation avec les besoins opérationnels et du terrain. Il est rare, pour ne pas dire improbable, de voir une victime venir se réfugier dans un poste de police. La démarche première est souvent de faire appel à la police et non pas de s'y rendre.

 

De plus,  un poste de police ouvert, la nuit notamment, c'est deux gendarmes minimum bloqués à l'intérieur, avec parfois de longues heures d'attente pour quelques plaintes contre inconnus, pour des faits qui datent bien souvent de plusieurs jours.

 

Si vous multipliez ceci, ne serait ce que par six postes de police ouverts (trois rive droite, trois rive gauche), nous arrivons à 12 unités dévolues à des tâches administratives en travail de nuit. Un luxe que la police genevoise ne peut pas se permettre actuellement si j'en crois les débats et qui ne correspond pas aux véritables besoins de la population.

 

Un poste de police ouvert aide à vaincre le sentiment d'insécurité, en aucun cas l'insécurité, tout en sachant qu'un poste de police qui n'assure pas un accueil permanent ne veut pas dire un poste de police fermé, vide. Les agents de nuit travaillent néanmoins dans ces locaux, mais affairés aux événements courants en lien avec les nombreuses réquisitions sur lesquelles ils se seront rendus.

 

Une police accessible facilement à travers des locaux ne veut pas dire une multiplication des locaux, mais une optimisation de lieux d'accueil avec une centralisation des moyens, des partenaires, des services. Genève compte deux postes de police ouverts la nuit. Mais au-delà du nombre, se sont les infrastructures qui ne correspondent pas à l'attente, comme en témoigne les propos de Monsieur Longet : « avoir une cellule d'accueil où l'on peut rencontrer un être humain capable de débriefer l'événement, de vous défendre et de vous rassurer fait pour moi partie de la prestation publique de sécurité »

 

A ce jour, si c'est bien un être humain qui vous répondra dans les locaux de la police,  un gendarme, vous y trouverez une écoute emphatique parfois et une prestation judiciaire toujours, mais il n'est pas certain que l'agent soit disposé à débriefer, rassurer ou défendre, tel un médecin, un psychologue ou un avocat.

 

Il prendra le temps auprès d'une victime choquée d'effectuer des premières démarches, mais il n'en aura ni les compétences, ni le temps, ni les moyens. Après, il pourra simplement passer le témoin à l'institution adéquate, pour autant que ce lien existe. Trouver un avocat de la défense la nuit n'est pas simple, la venue d'un médecin prendra du temps et un psychologue ne recevra qu'aux urgences de l'Hôpital cantonal. Une cellule de débriefing peut être activée certes, mais elle est rarement sollicitée dans des cas communs.

 

J'en arrive à mon idée, motivation de ce billet.

 

Dans un monde parfait, nous devrions selon moi trouver à Genève un Pol-shop où toutes les plaintes contre inconnu seraient enregistrées, ceci à l'intention des lésés qui n'auraient pas pu effectuer cette démarche par le net, sur un guichet universel de l'Etat, comme proposé en son temps par les PDC mais qui tarde à voir le jour. Si le suivi des plaintes nécessite bien l'intervention et le travail de la police, l'enregistrement de telles plaintes demeure un travail administratif, qui pourrait être dévolu à un personnel adéquat.

 

L'accessibilité des locaux de police pour les plaintes contre inconnu et toute autres démarches administratives doit se calquer sur les autres services de l'Etat. Tout citoyen sait où trouver l'OCP, l'OCAN, le SCOM, l'Hôtel des Finances ou le Service des Objets Trouvés, pourtant des bureaux uniques et centralisés.

 

Dans un monde parfait nous devrions aussi disposer à Genève de deux maisons de la sécurité, ouvertes 24/24 dans lesquelles nous y trouverions, un accueil exercer par des administratifs, des policiers pour le travail judiciaire, des agents de la police municipale pour les problèmes d'îlotage, un médecin, une infirmière, un assistant social, un psychologue voir même un centre Lavi. D'autres services en lien avec la sécurité pourraient y être associés.

 

Je ne vous parle pas là de deux casernes, non, mais de bâtiments à dimensions humaines où le policier pourrait enfin passer le témoin au bon partenaire.

 

Relevons qu'à Genève nous disposons de deux Hôtels de Police et de quinze postes ou brigades en zones urbaines ou suburbaines. Une répartition nécessaire des locaux qui permet d'intervenir sur tout le canton en agissant sectoriellement et qui devrait être un gage de proximité en rue le jour où ils seront déchargés de tâches administratives, dont l'accueil permanent.

 

Relevons aussi que sur la Ville de Genève nous trouvons encore cinq postes de la police municipale qui proposent un accueil de jour, mais pour des prestations qui ne sont pas toutes identiques à celles de la gendarmerie, tout comme plusieurs communes du canton.

 

Mon idée n'est probablement pas nouvelle, mais ainsi nous favoriserions le partenariat et à n'en pas douter la résolution de bien des problèmes au profit des citoyens, libérant ainsi du personnel policier pour un travail de proximité en rue afin de lutter véritablement contre l'insécurité.

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

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30/08/2011

"Saint Fiacre veut-il nous laisser dans la M.... ?"

Ainsi donc nous sommes la Saint Fiacre, patron des jardiniers. Bonne fête donc à nos amis du SEVE, et pourtant ...

 

S'il n'y a plus de saison et que la sécheresse est devenue la meilleure ennemie de nos horticulteurs, nous nous devons de constater, en milieu urbain, qu'un autre fléau attaque nos parcs, nos promenades, nos jardins, nos bosquets, nos bois, nos espaces verts, les déjections humaines.

 

Si l'humain a trouvé la solution pour son ami le canidé, avec l'utilisation des canisettes et des sachets idoines, le comportement sanitaire et individuel du plus intelligent des bipèdes ne s'améliore pas.  Certes, on lui a supprimé le droit fondamental d'uriner ou de se soulager comme bon lui semble il y a fort longtemps, à travers des règlements, sous la menace de la sanction suprême, le procès-verbal. Parfois décriées, souvent endommagées, quelquefois détournées de son usage premier,  les toilettes publiques ont également disparu du paysage genevois. Quelques vielles constructions demeurent et ne sont pas encore fermées, mais elles sont totalement insuffisantes face aux besoins urbains.

 

Ce manque, cette retenue, ces indécisions du pouvoir législatif sur de nouveaux projets à vocation sanitaire ne font qu'augmenter le malaise et ne soulage pas la population, les touristes et autres gens du voyage. Car il faut bien le dire, si l'usage des commodités n'est plus devenu une nécessité chez certains, ce sont nos espaces verts qui sont devenus une référence. Ces derniers bénéficient, sous couvert du feuillage et en ces temps de développement durable, d'un composte naturel fort désagréable, accompagné de quelques feuillets souillés.

 

Si l'odeur est insoutenable à certains endroits, que l'usage des lieux en devient exécrable, le malaise est encore plus grand à proximité des écoles ou de parcs d'enfants. Bien souvent, la pudeur de l'acte a également disparu et c'est sans gêne que les irrespectueux se soulagent sans retenue, vaguement dissimulés par l'ombre d'un feuillu.

 

Ils y a des parcs et promenades qui ont été rapidement réaménagés afin de contrarier quid les chieurs du quartier, quid les toxicomanes de passage, quid les sans-abri à la tombée de la nuit, quid les exhibitionnistes aventureux, mais il demeure des sites qui se doivent d'être très rapidement entretenus, modifiés, aménagés, élagués, déboisés, désinfectés, restaurés.

 

J'en veux pour preuve le parc des Cropettes par exemple, derrière la gare. Ce midi, lors de ma pause, je me suis rendu en ce lieu pour prendre l'air, mais c'est une véritable agression olfactive dont j'ai été victime, avant de constater l'ampleur des dégâts.

 

Les bosquets situés côté rue du Fort-Barreau, bien que « protégés » par des vaubans, ne sont plus que des sanisettes ouvertes et désagréables, il ne manque qu'une entrée officielle et un panneau indicateur de l'office du tourisme, alors que les buissons situés côté rue de Beaulieu sont devenus des toilettes publiques à usages multiples, dans lesquels des toxicomanes se piquent sans gêne, abandonnant même parfois leurs seringues, ou des lieux de dépose de déjections, de la petite crotte à la grosse merde. Et ce ne sont pas nos amis les canidés qui sont responsables de ces insalubrités publiques, mais bien des humains qui ne connaissent plus le sens du mot respect.

 

La responsabilité incombe également à nos autorités, car nous savons depuis fort longtemps qu'il manques de véritables toilettes publiques en Ville de Genève, quitte à ce qu'elles soient payantes, comme j'ai pu en utiliser à Copenhague récemment, mais la lenteur des dossiers, des décisions, des choix pour les investissement nécessaires ne fait que laisser la situation dans le caca le plus odorant.

 

La solution la plus rapide, la plus simple, à défaut de proposer des sanisettes dignes de ce nom, c'est une intervention immédiate du SEVE et de ses jardiniers, par un élagage soutenu, un déboisement utile, un entretien des lieux et une restauration de nos parcs et promenades pour qu'enfin l'on puisse en profiter sans se faire chier à éviter les crottes des autres.

Courage à mes amis jardiniers, en espérant que Saint Fiacre lise les blogs de la TDG.

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

26/08/2011

Un bilan de sécurité en deux manchettes !

Il y a des jours où l'infomation nous interpelle plus qu'hier, mais moins que demain !

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09/08/2011

Lettre à Clémence !

« Chère Madame,

 

Si me permets de vous écrire ce soir, au son des mes mots, c'est pour trouver en vous une résonance à mes pensées. Qui mieux que vous sait nous observer du sommet de la tour nord, tout en regardant le temps qui passe et les minutes qui s'écoulent, sous la bise ou le vent, sous la pluie ou au firmament des lueurs du soleil, voire de la lune.

 

Je ne suis pas centenaire comme vous, loin de là, mais depuis quelques années j'observe aussi ma ville, mon canton, ses citoyens et ses décideurs. Si ces derniers ne savent plus sonner le glas à la lecture des chiffres ou lors des tempêtes, ils ne trouvent pas non plus les solutions aux problèmes rencontrés, presque ignorés car dissimulés.

 

Pourtant, au jour le jour nous ne nous retrouvons plus en cette société genevoise, que d'aucuns ont pourtant servi, au prix de leur vie parfois, laissant leur nom dans l'histoire, et en nos murs souvent. Un historique galvaudé par l'abandon de nos valeurs. Mais Genève n'est-elle pas devenue ce qu'elle est le siècle passé grâce à celles-ci ?

 

Genève perd son âme, son identité, sa culture, sa joie de vivre et son patrimoine. Genève est devenue gourmande, mais ce péché a un prix exorbitant, celui de l'argent et des envieux.

 

Pourtant, nous avons l'eau et le feu, les montagnes et les neiges éternelles, du poisson et des bisons, des vergers et des champs, des chemins et des routes, des écoles et des cantines, des parcs et des promenades, des monuments et une cathédrale mythique.

 

Je n'aime pas la direction prise pour l'avenir, nous nous égarons, abandonnons nos repères et sacrifions nos valeurs sacrées pour mieux plaire. Mais à qui, à quoi, je vous le demande ?

 

Chère Clémence, vous qui sonnez juste depuis si longtemps, n'avez-vous pas les mêmes craintes que moi ? Pire encore, il se pourrait que l'on vous sacrifie prochainement vous aussi, sachant que les derniers bastions de la fin du vingtième siècle tombent un à un aujourd'hui, même en vieille-ville.  

 

Votre prénom résonne en nos cœurs comme un chant, celui de la liberté, de la défense de nos valeurs, de nos croyances, mais de nos espoirs surtout. »

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

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17/07/2011

"Le miroir brisé"

« Je m'appelle Max, je suis né et j'ai vécu dans le quartier de Saint-Jean, mais actuellement je passe toutes mes journées devant la gare de Cornavin. A 63 ans je n'ai plus aucun revenu, je me suis retrouvé au chômage il y a huit ans, puis à l'aide sociale. Il y a deux ans j'ai eu honte de n'être qu'un assisté, j'ai tout laissé tomber, mais depuis j'ai aussi tout perdu. Une histoire qui peut vous arriver demain, tel un cancer, même si on n'ose y croire au quotidien.

 

Après mon licenciement, mon épouse a supporté un an notre situation familiale, ma dérive financière et mes colères alcoolisées. Elle m'a quitté comme on laisse un fardeau sur le bord du chemin, pour mieux avancer, pour ne pas tomber avec lui, pour survivre probablement. D'entretiens d'embauches à mes débauches alcooliques, impossible pour moi de retrouver un travail. J'ai bien vite compris que je ne serai plus jamais un ouvrier comme les autres, un employé, un salarié. Elle aussi l'avait compris, d'ailleurs je ne voulais pas l'entraîner dans ma chute sociale, je ne l'ai pas retenue.

 

Avec une formation dans un métier en déshérence, le vieux cordonnier que je suis n'a eu aucune chance de réussir une reconversion, surtout à mon âge. La faute à qui, à quoi ?

Des institutions noyées sous les demandes, fossilisées dans les lois et les règlements d'application, par le droit, par la gestion administrative des dossiers, oubliant trop souvent l'humain à la porte de l'office. Le chômage c'est comme une maladie, plus elle est longue, moins il est facile d'en guérir.

 

Les factures, les dettes, les impayés, les poursuites, l'évacuation de mon logement, la saisie de mes biens, le tout accompagné de la maladie, la dépression et enfin l'alcool qui devient si vite votre meilleurs ennemi. Il faut dire qu'une fois en rue, la solitude, le froid, la faim, la honte, la douleur demeurent vos seuls compagnons.

 

Le réseau social est quasi inexistant après. Vos proches et vos amis vous oublient, vous chassent parfois, alors que les organismes d'entraide sont bien plus efficaces pour les requérants d'asile que pour nous, les exclus sédentaires.

 

J'ai bien dormi durant quelques semaine dans un foyer d'accueil ou à l'asile de nuit, mais cette vie communautaire n'est pas saine, elle nous noie dans la masse, elle engendre l'habitude et l'effet miroir qui se doit de nous bousculer disparaît à son tour. L'indépendance d'une couche, dans un parc, dans une cave ou un parking reste une des rares libertés où nous nous donnons le choix, celui de garder un peu d'intimité et de dignité. Manger un peu, trouver de l'argent pour acheter le liquide divin, un brin de toilette alors même que les wc publics disparaissent tour à tour, tel est mon quotidien.

 

Heureusement, ce matin comme tous les jours je ne suis pas seul, d'autres exclus sont là, à notre rendez-vous de l'aube. Il y a José, l'ancien chauffeur poids lourds, Marcel, l'ex ouvrier de chantier, Paul, un écrivain qui n'a jamais publié et Izmir un vieux turc qui a fait tous les petits boulots du monde. Nos parties de cartes nous donnent l'impression que les journées sont moins longues. Elles créent aussi un lien social, aussi éphémère qu'il soit mais tissé autour du partage d'un morceau de pain ou d'une bouteille de gros rouge. Nous sommes de gentils clodos, on ne vole pas, on ne mendie pas, on n'escroque pas, on range nos déchets la journée terminée pour ne pas gêner. Mieux encore, on ne demande plus rien car l'on n'espère plus grand-chose.

 

Demain est un autre jour, mais si vous passez devant la gare et que vous nous y croisez, ne détournez plus la tête, mais regardez nous tel un miroir d'une société où demain c'est peut-être votre reflet que vous y verrez. »

 

Walter SCHLECHTEN, habitant La Croix-de-Rozon.

29/06/2011

P.H.E.N.I.X

Pendant que la police arrête d'arrêter et que les évadés s'évadent, les politiciens eux réfléchissent à l'avenir. A défaut d'être proactifs ils demeurent réactifs.

 

C'est donc ce jeudi 30 juin 2011 que le DSPE et sa présidente vont présenter le projet Phénix à la commission judiciaire du Grand Conseil.

 

La réorganisation de la police genevoise ou comment un aigle royal peut renaître de ses cendres avec l'aide de ceux qui lui ont brûlé les ailes.

 

La renaissance, c'était donc si simple qu'aucun élu n'y avait pensé avant, subjugués qu'ils étaient par le sentiment d'insécurité.

 

Ce que je trouve saisissant, c'est que comme toutes les années les grandes communications attendues de la part de nos élus se font toujours à la fin du cycle scolaire, jours des promotions et des départs attendus en vacances.

 

Il faut dire qu'il n'y a rien de plus judicieux car ce calendrier ne laisse pas l'opportunité du débat, du dialogue, des questions, des explications ou voire des réactions. Journalistes, députés, citoyens, étudiants, tous partent en villégiature estivale, laissant ainsi les interrogations et les soucis derrière eux. A la rentrée, les élections fédérales seront le sujet de prédilection et la sécurité des genevois passera encore une fois à la trappe du temps perdu.

 

Restent les policiers, les victimes, les auteurs et dans quelques mois les statistiques. Une renaissance qui risque bien malheureusement de ressembler à une continuité abyssale, à vérifier !

 

Walter Schlechten, habitant de la Croix-de-Rozon.

24/05/2011

Quand le corporatisme prouve, face à la mort, qu'il est une valeur fondamentale de notre société !

Il y a des soirs où  plus rien n’a d’importance.

 

Il y a des soirs où le sens de la vie devient une priorité.

 

Il y a des soirs où les réalités d’une profession nous rattrapent.

 

Il y a des soirs où la douleur partagée est commune avec mes camarades.

 

Il y a des soirs où je pense à une famille en deuil, à une femme désespérée et en larmes.

 

Il y a des soirs où deux orphelins ne trouveront jamais les réponses à leurs questions.

 

Il y a des soirs où des collègues pleurent en silence ou dans les bras de leur épouse.

 

Il y a des soirs où je me demande si notre société mérite autant de sacrifices.

 

Il y a des soirs où je hais la violence gratuite des hommes et l’injustice.

 

Il y a des soirs où je ne trouve plus le sommeil.

 

Il y a des soirs où je ne comprends plus le sens de ma mission, de mon métier.

 

Il y a des soirs où je n’accepte plus que l’on attaque notre corporatisme que seul nous pouvons comprendre, car à travers notre profession nous nous mettons au service des autres, de notre employeur, de l'Etat et de notre société.

 

C’est ce même corporatisme qui fait que la machine avance encore face aux dysfonctionnements politiques ou judiciaires.

 

C’est ce même corporatisme qui fait que la mort de l’un des nôtres est ressenti comme une blessure personnelle.

 

C’est ce même corporatisme qui fera que demain je vais me rendre au boulot, sans crainte mais avec des doutes certains.

 

C’est ce même corporatisme qui fera que mercredi 25 mai 2011, à 1400, tous les policiers de Suisse marqueront une minute de silence et le salut qui est dû à notre camarde assassiné.

 

C’est ce même corporatisme qui fait que ce soir je suis en pensées avec cette famille que je ne connais pas, avec un canton qui est pourtant la source de mes origines, avec ces collègues que je ne côtoie pas, mais avec qui je partage la même douleur et le même amour d’un métier, celui de policier.

 

 

Minet. 

 

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15/04/2011

Ville de Genève, les résultats nominatifs des candidats sont arrivés !

Nombres de sièges :                          5

Electeurs inscrits :                    119'145

Bulletins retrouvés :                   42'984

Bulletins blancs :                            208

Bulletins nuls :                               379

Bulletins sans nom de liste :          4'724

 

Suffrages nominatifs des candidats

* Suffrages obtenus

 

SALERNO Sandrine                                  *********************************  23366

Elue

MAUDET Pierre                                        ******************************* 22857

Elu

PAGANI Rémy                                         ***************************** 20058

Elu

ALDER Esther                                          ************************** 17489

Elue

CHEVROLET Michel                                   ************************ 16931

Elu

 

Qui vivra verra !

 

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12/03/2011

Nos regards tournés vers le pays du soleil levant devraient nous apporter cette humilité que nous n'avons plus !

Il y a des événements dans une vie qui ne laissent pas, qui ne laissent plus indifférent.

 

Il y a eu le 11 septembre 2001, un choc énorme pour l'occident face à l'horreur et la cruauté  humaine. L'inconcevable devenait réalité, l'impensable devenait images, l'inimaginable devenait une réelle menace. Un peuple visé, un pays blessé, une agression physique et morale qui avait pourtant des précédents dans l'horreur.

 

La mémoire humaine garde au plus profond d'elle les horreurs du passé, où l'homme détruit l'homme, avec cruauté et bien au-delà des limites du supportable pour nos consciences.

 

Les ségrégations raciales, la Grande Guerre, la Shoah, Hiroshima et Nagasaki, des génocides et des camps de la mort dans bien des guerres, des crimes contre l'humanité et j'en oublie, pas par manque de respect, mais par ignorance.

 

L'homme ne maîtrise pas l'homme ni les éléments, Tchernobyl et les incidents dans sur les sites Seveso sont là pour nous le rappeler.

 

Il y a des événements dans une vie qui ne laissent pas, qui ne laissent plus indifférent.

 

En 1219 la rupture d'un barrage naturelle a dévasté la ville de Grenoble

 

En 1755 un tremblement de terre puis un tsunami détruisent Lisbonne

 

En 2004 un tremblement de terre puis un tsunami touchent la Thaïlande, la Malaisie, le Sri Lanka et l'Inde.

 

En 2010 un tremblement de terre ravage Haïti.

 

Il y a eu aussi Lothar, Katrina, Ewiniar, Nargis, Jeanne, et autres cyclones ou ouragans.

 

Il y a eu aussi les éruptions, le Vésuve, le Lakagigar, le mont Tambora, le Krakatoa, la montagne Pelée, le Nevado des Ruiz, Eyjafjoll et autres.

 

Il y eu aussi la météorite du cratère de Chicxulub, si loin, trop loin !

 

Mais depuis le 11 mars 2011, il y aura le tremblement de terre et le tsunami qui ont ravagé le Japon. Il y aura probablement une catastrophe nucléaire et sanitaire. On n'ose pas envisager le pire, mais la probabilité est là, bien présente, dictée par les forces de nature. Cette catastrophe vient d'entrer dans nos mémoires collectives.

 

Aujourd'hui, il y a un peuple courageux, solidaire, impressionnant, calme, qui fait face ces catastrophes, dans un pays où probablement le soleil levant n'aura plus jamais le même rayonnement dans le cœur des japonais. Ils méritent notre aide, et notre respect.

 

Walter Schlechten - Habitant La Croix-de-Rozon.   

21/02/2011

Suisse - Libye ; Jeu, set et match .. et non car le Conseil Fédéral a laissé passer deux balles de contre-break, malgré un service gagnant sous les yeux !

J'avais osé espérer que les erreurs du passé serviraient de leçon, mais il n'en est rien. La Suisse, et le Conseil Fédéral, restent dans le ventre mou de la politique mondiale.

Affaiblie par les affaires (Swissair, fonds en déshérence, UBS USA, Kadhafi, secret bancaire) la Confédération se devait de saisir au bon les deux balles de contre-break qui se présentaient à elle.

Malheureusement, nos sept sages, au comportement frileux, n'ont pas jugé opportun de transformer l'essai. Il faut croire que certains lobbys financiers et politiques sont encore bien présents sous la Coupole fédérale.

Pourtant, tout s'est jouer en 24 heures, et ce n'est donc que pour quelques heures de lascivité que notre réactivité est mise en berne. Trop facile de crier après les loups une fois que la meute est passée.

Le Conseil Fédéral aurait dû, ceci dès dimanche midi et avant tout le monde, condamner le non respect des droits de l'homme qui se produisait en Libye. Défendre la démocratie, la liberté d'expression, les droits humains, le respect de la vie pour foudroyer une dictature, demeurent des actes qui sont encore des valeurs dans notre pays. Sachez que sous le sceau de la neutralité, il n'est pas interdit de défendre ses valeurs et de les exprimer, de dénoncer, de condamner.

Nous aurions ainsi utilisé notre première balle de contre-break dans ce match que nous livrons depuis deux ans contre la Libye. Car si cet État menait au score, par des moyens bien souvent illicites en démocratie mais si pratiques en politique, nous ne pouvions nous contenter d'attendre un jugement d'un tribunal arbitral dont la liberté de jugement était déjà entravée par la puissance pétrolière du clan Kadhafi.

La seconde balle de contre-break, elle n'a été utilisée et jouée que ce soir par le DFAE, qui se fend d'un communiqué repris par la TDG ;

"Selon de nombreux témoignages et rapports d’organisations de défense des droits de l’homme, les autorités libyennes exercent une répression extrêmement dure et une violence ciblée à l’encontre des personnes qui participent depuis plusieurs jours à des manifestations et des marches funèbres", a déploré le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Il a souligné que l’on parle "de centaines de morts et de blessés".

D’après les informations disponibles, les hôpitaux sont débordés et leurs réserves en sang sont insuffisantes. D’après les comptes rendus de témoins, des scènes d’une violence inacceptable se déroulent dans les rues. Le DFAE a lancé un appel aux forces de sécurité libyennes les incitant "à renoncer à recourir à la force contre leurs compatriotes".

"Eu égard à son expérience avec le régime de Tripoli, la Suisse est très consciente du courage dont font preuve ces hommes et ces femmes qui descendent dans la rue en Libye et revendiquent leurs droits démocratiques", a poursuivi le DFAE.

Nous avions une magnifique balle de match, l'occasion de nous replacer la tête haute sur la scène internationale, de brûler sur le bûcher des mensonges et des vanités l'arrogance du pouvoir de l'or noir, avec un service gagnant dont notre pays avait le secret, mais là il faudra attendre une deuxième balle pour conclure ce match où le bien combat démocratiquement le mal.

Pendant ce temps, des populations assoiffées de liberté se font massacrer sur les terres libyennes.

Minet.

 

 

 

 

17/02/2011

Actions, réactions !

Ainsi donc, nos pandores ne portent plus l'uniforme depuis ce jour. Les Bleus ont le Blues, voire plein la barbe.

Il faut dire que depuis trois ans ils n'étaient plus vraiement écoutés par nos autorités.

Pour certains, on leur fait encore payer la fameuse manifestation du "cercueil" en 2003, pour d'autres nos gendarmes sont de perpetuels raleurs.

Il se pourrait aussi que nos argoulets en aient juste assez d'être les dindons de la farce.

On casse du gendarme.

On mange du gendarme.

On brise du gendarme.

On critique du gendarme.

On focalise sur le gendarme.

On stéréotype le gendamre.

On fonctionnarise le gendarme.

On oublie pourtant que le gendarme est bien souvent le premier intervenant pour plus de 84'300 réquisitions.

On oublie pourtant que le gendarme a effectué plus de 29'500 heures pour Figaro

On oublie pourtant que le gendarme c'est plus de 82'800 heures supplémentaires, sans majoration cumulée.

On oublie pourtant que le gendarme c'est deux postes de police ouverts 24/24

On oublie pourtant que le gendarme c'est aussi, prévenir, secourir, aider, sécuriser.

On oublie pourtant que le gendarme c'est aussi le conseil, l'épaule, le soutien, l'îlotier.

On oublie pourtant que le gendarme c'est aussi  60'700 amendes d'ordre.

On oublie pourtant que le gendarme c'est aussi plus de 22'800 contraventions.

On oublie pourtant que le gendarme c'est aussi 735 usages de la contrainte.

On oublie pourtant que le gendarme c'est aussi 115 accident en service, dont 57 suite à agression/bagarre.

On oublie pourtant que c'est un serment, 24/24 au service des autres.

Ce qui est certain, c'est que eux ne l'oublient pas, et là ils le font savoir !

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

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08/02/2011

Élections municipales ; pourquoi les solutions politiques proposées pour lutter contre l'insécurité et la hausse de la criminalité ne sont jamais adaptées aux réalités du terrain ?

Ce que j'aime en période électorale, c'est que tous les candidats y vont de leurs propositions sur les sujets les plus divers, mais comme souvent avant de telles échéances, principalement sur la sécurité.

La naïveté, pourtant souvent accompagnée d'une curiosité constructive, des propositions de ces probables élus, vient au moins bousculer les politiques en place, tant au niveau communal que cantonal. Rien que cet effet de boomerang politique est salutaire, mais il ne suffit pas malheureusement à rendre crédible tous les autres discours.

Ce que je retiens de ces lectures, des ces déclarations, c'est que le monde politique vit sur un petit nuage et oublie bien souvent d'en redescendre pour se retrouver les deux pieds sur terre.

Au niveau communal, et notamment de la Ville de Genève, il est par exemple juste impressionnant de constater que nos futurs magistrats pensent disposer d'une véritable police, au niveau municipal, alors que les soubresauts du Rapm ne donnent pas ni les moyens, ni les possibilités, à cette profession de s'épanouir. Des demies-mesures pour un échec législatif et opérationnel.

Certes, si visiblement la coopération entre la municipale et la cantonale s'est grandement améliorée, il n'en demeure pas moins que d'énormes lacunes sont encore présentes dans l'organisationnel et l'opérationnel. La responsabilité finale en incombe au Conseil d'Etat, seul régisseur des règlements d'application.

Ce qui est plus grave, c'est que les véritables questions n'ont toujours pas été posées, et de ce faits les réponses n'ont pas encore été apportées. Car si vous discutiez avec quelques policiers, comme mes voisins, vous comprendriez rapidement que si nos décideurs répondaient simplement à ces questions, sur le thème de la sécurité, tout irait déjà mieux ;

Qui ?

Où ?

Quand ?

Quoi ?

Comment ?

Pourquoi ?

Avec qui ?

Des questions simples, mais qui visiblement à ce jour ne trouvent pas de réponse auprès de nos élus. Et ce n'est pas à travers les cendres du Phénix que l'on trouvera ces réponses, car personne n'a jamais vu renaître des idées avant-gardistes de cendres poussiéreuses !

Walter SCHLECHTEN, un simple habitant de La Croix-de-Rozon !

 

 

06/02/2011

L'avenir de Genève devra se jouer d'ici 2018, après le sablier ne se retournera plus ... !

Nous avons tous souvenir du symbole qui avait été érigé à Genève pour le passage au XXIème siècle, un sablier géant.

Ironie du sort, cette notion du temps qui passe mais qui ne se rattrape pas, sauf si l'on retourne la situation, est à l'image de Genève après une décennie écoulée dans le nouveau siècle.

Genève n'a pas su entrer dans le XXIème siècle avec une vision d'avenir issue d'idées avant-gardistes. Genève est restée à quai, à regarder le train du développement passer et d'autres grandes cité débouler devant elle.

Trop sûre de ses atouts, n'ayant pas conscience que d'autres ville nous envient et cherchent à récupérer nos institutions internationales si fragiles, Genève s'est endormie sur ses lauriers.

Certes depuis trois ans des "grands projets" voient le jour, soutenus financièrement, mais ils ne sont que la finalité de ce qui aurait dû clore le XXème siècle. Ce n'est donc que le retard accumulé que nous tentons de combler aujourd'hui, la politique des transports en est l'exemple concret, mais en aucun cas je ne devine une vision novatrice qui serait issue d'idées avant-gardistes.

Genève reste sobre, neutre, tente de redevenir propre, pratique, usuelle, radieuse, mais elle est si peu moderne qu'elle en demeure triste.

Le made in Swizerland est encore une valeur sûre, mais le made in Geneva n'est plus la représentation d'une ville, d'un canton, qui savait, qui voulait recevoir les hôtes du monde entier pour offrir une terre d'accueil, de négociation, de traité, d'amitié, dans le règlement des conflits, fussent ils politiques, économiques ou sociaux.

Pire encore, écologiquement elle n'a pas saisi sa chance de devenir une référence pour l'avenir du développement durable, avec pourtant une politique "cantonale" efficace mais qui n'a pas de résonance internationale.

Pour que Genève reste le pool d'attraction des institutions internationales, et une référence mondiale, il faudra autre chose que l'écriture d'une Constitution genevoise qui n'a rien d'ambitieuse, car démuni de positions avant-gardistes.

Sans une réaction avant 2018, qui sortirait notre canton de son nombrilisme, afin de ressembler à une cité du XXIème siècle, Genève n'aura pas, n'aura plus les capacités de ses ambitions, au demeurant minimalistes car pleines de certitudes inachevées.

Et si j'écris ce mot aujourd'hui, c'est que j'aime ma ville, ce canton, mais je souffre de les voir s'asphyxier à travers des nébuleuses politiques.

Genève, un monde en soi, comme ils l'ont si bien écrit !