27/09/2010

Et si Simonetta Sommaruga utilisait son département/sanction pour en faire un tremplin !

Christian Levrat est en colère, et Simonetta Sommaruga ne doit pas être la plus heureuse des élues. Elle et son parti ont été trompés dans un jeu de rôle où les alliés d'une nuit sont devenus les ennemis du lendemain. Et dire que l'on osait croire au retour de la collégialité au sein du Conseil Fédéral.

Pourtant, cette sanction/punition pour l'élue socialiste, à savoir se retrouver à la tête du DFJP, pourrait bien devenir la plus farouche de ses armes à un an des futures élections fédérales, car la population et de nombreux gouvernements cantonaux sont en attente de solutions, de réactions, d'anticipation.

Eveline Widmer-Schlumpf quitte donc le département maudit pour prendre son domaine de prédilection, les finances. Elle se retrouve ainsi à la tête de ce département de poids pour un an, sans avoir un nécessaire besoin de réussite, mais sans devoir commettre d'erreur. Sachant que ce n'est pas le souvenir si peu impérissable qu'elle laisse au DFJP qui l'aura mise ne danger depuis son élection, elle pourrait ne jamais s'affirmer et ainsi ne pas se garantir d'une réélection déjà si peu attendue par l'UDC. Un manque d'envergure qui pourrait lui devenir fatal.

Au contraire, Simonetta Sommaruga hérite d'un département qui a besoin d'un message fort, d'un signe sécurisant envers une population qui ne comprend plus la hausse constante de la criminalité dans notre pays, avérée par les derniers chiffres. Certes elle ne a pas pouvoir réécrire le code de procédure pénale en un an, mais elle peut apporter une fraîcheur et une vivacité d'esprit qui pourraient bien la porter plus haut encore.

Deux exemples :

1) Si la criminalité est en hausse dans tous les cantons suisses, la priorité première de bien de polices cantonales demeure la sécurité routière, avec ses accidents, ses morts et ses blessés.

En déposant un projet de loi qui rendrait de facto tout détenteur de véhicule responsable des actes commis au moyen de son bien, nous retrouverions une discipline civique routière, une responsabilisation dans la détention d'un véhicule qui se transforme trop souvent en arme, mettant ainsi en danger la vie d'autrui. L'auteur n'est pas identifié, sans l'aide du détenteur bien souvent, ou avec sa complicité devrais-je dire, et bien ce même détenteur devrait à son tour répondre devant la loi des conséquences provoquées au moyen de son véhicule, de l'excès de vitesse à l'accident grave, voire le meurtre.

La prévention est si peu efficace auprès de certains usagers de la route que la sanction irrémédiable devient le seul remède. La responsabilisation du détenteur en est une. Je suis favorable à l'instauration d'une telle mesure, qui pourrait devenir salutaire dans la lutte contre les infractions à la LCR.

2) Autre cas de figure, en un an Simonetta Somaruga pourrait lancer les démarches nécessaires à la suppression des jours amendes, ou au durcissement des conditions nécessaires à l'octroi du sursis, reconnus par tous comme un échec. Il n'y a pas que les infractions LCR qui sont visées par cette mesure, mais bien des délits susceptibles d'une condamnation allant jusqu'à six mois d'emprisonnement "bénéficient" de ce système défaillant.

Décisions peu facile pour une socialiste, qui serait pourtant suivie par la droite qui ne pourrait désavouer une telle politique, mais ce durcissement évolutif à travers ces deux exemples, et il y en a d'autres applicables, représenterait un signe fort d'une femme de pouvoir, de décision et d'envergure pour un Conseil Fédéral qui manque cruellement d'ambition et de proréactivité.

Minet.

http://infrarouge.tsr.ch/ir/1627-faillite-jours-amende#id...

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25/09/2010

Antisémitisme : condamner ou être condamné, le rejet n'est-il pas entretenu par la victimisation ?

Deux éléments de l'actualité, l'un international l'autre régional, m'ont interepellé cette semaine.

Premièrement, on constate que le rapport rendu mercredi 22 septembre par les experts de la Commission des droits de l'homme de l'ONU réclame que les auteurs des exactions commises par des soldats israéliens lors du raid meurtrier contre la flottille humanitaire en mai dernier soient traduits en justice.

Souvenez-vous, le 31 mai l'armée israélienne donnait l'assaut à la flotille humanitaire en route pour Gaza. Résultat de ces arraisonnements, 9 morts.

 « Il y a des preuves claires permettant d'appuyer des poursuites pour les crimes suivants : homicide intentionnel, torture ou traitements inhumains, fait de causer intentionnellement de grandes souffrances ou des blessures graves ».

« Les circonstances des meurtres d'au moins six des passagers correspondaient d'une certaine façon à une exécution extra-judiciaire, arbitraire et sommaire », ajoutent les experts, qui précisent  également qu'un certain nombre de personnes, dont des journalistes, ont été blessées. À leurs yeux, la « conduite des forces armées d'Israël révèle un niveau inacceptable de brutalité » et s'est traduite par de « graves violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire ».

Face à ces accusations, la position de Tel-Aviv ne varie pas. Pour le ministère israélien des Affaires étrangères, « le rapport est partial et partisan, comme l'organisme qui l'a produit ».

Ce rapport sera présenté lundi au Conseil des Droits de l'Homme.

Deuxièmement, c'est aussi le 22 septembre que la sortie qu'une affiche de la Jeunesse Socialiste Genevoise, des Jeunes Vert-e-s et United Black Sheep, dont la dernière réalisation graphique, militant contre la révision de l’assurance-chômage, a fait bondir le CICAD, une organisation de lutte contre l’antisémitisme.

Au-delà du slogan contre cette révision de l'AVS, on y découvre le dessin d’un jeune en survêtement, l’air désabusé. Mais c’est surtout le personnage du banquier se tenant derrière lui qui ne passe pas pour Alain Bruno Lévy, membre du CICAD qui déclare : «La CICAD regrette que la campagne initiée contre la révision de la LACIE utilise une caricature dont un personnage représente  clairement un capitaliste dont les traits ne sont pas sans rappeler les vieux stéréotypes antisémites des années 30. Bien qu’il n’y ait de mon point de vue aucune intention malveillante de la part des initiateurs de cette campagne. » 

Pour certains historiens effectivement, à l’instar de Luc Van Dongen, la figure choisie pour l’affiche est proche de la représentation du «judéo-bolchévique» autrefois véhiculée par les nazis.

Le personnage du banquier fait polémique sur l'affiche.

 

Le caractère antisémite de l’affiche est néanmoins vivement démenti par les partis à l’origine du projet. Un communiqué de presse publié ce matin s’en défend et parle d’«un amalgame malheureux», n'ayant «jamais été la volonté des trois entités jeunes de gauche ni de l’artiste qui a réalisé l’affiche».

La polémique est néanmons lancée, et la victimisation recherchée égallement.

Dans ces deux cas médiatisés nous nous retrouvons avec une actualité où l'antisémitisme est mis en avant.

- Premièrement, par la non reconnaissance d'un rapport officiel et indépendant, document dénoncé comme parial, partisan et dirigé contre l'état hébreu.

- Deuxièmement par la critique de La CICAD d'une affiche au graphisme douteux.

Ce qui me gêne dans ces faits d'actualité, c'est la victimisation et l'usage malsaint qui est fait de de la lutte contre antisémitisme.

Si l'on dénonce l'état hébreu, la société est partisane et l'antisémisime devient un prétexte pour ne pas reconnaître des accusations formelles, et d'un autre côté, si l'on dénonce un acte proche de l'antisémitisme, l'on victimise alors ainsi une nouvelle fois des Hébreux et ceci de manière totallement disproportionnée à l'intention.

Il faut lutter contre l'antisémitisme et rester vigilant, un proche passé nous l'a prouvé, mais il faut aussi lutter contre les violations graves des Droits de l'Homme, et n'être que perpetuellement la victime, sans oser reconnaître ses fautes, n'est-ce pas nourrir soi-même des préjugés qui ne devraient pourtant plus exister au regard des droits humains ?

Minet.   

 

 

 

 

23/09/2010

Lettre ouverte au Dr David Haeberli, rédacteur responsable de Genève Actualité à la TDG

Cher docteur,

Quelle ne fut pas ma surprise hier matin en prenant connaissance de votre diagnostic. En effet, sur votre rapport quotidien d'analyses on peut y lire que "la police n'est qu'un grand corps malade qui a fait trébucher tant de magistrats depuis des décennies".

Diable, à vous lire je ne devine qu'une maladie incurable, pas de rémission possible, même à l'issu d'un très très long traitement. Pourtant, je n'ai pas en mémoire tous les symptômes que vous avancez, ce qui m'autorise à douter de la crédibilité de votre unique diagnostic.

Ainsi, cette pandémie policière genevoise aurait fait trébucher de nombreux magistrats depuis des décennies. Ils ne sont pas tous au cimetière des Rois, ni à Saint-Georges, j'ai vérifié, mais ils ne sont néanmoins pas capables d'énumérer les séquelles qu'ils auraient gardées inévitablement de ces lourdes chutes.

Je vous invite donc à revoir votre diagnostic, à effectuer de nouvelles prises de sang auprès de divers cobayes, de changer de souches, avant de recommencer vos analyses. Je suis certain que cette erreur de lecture n'est pas due à une vision limitée que vous auriez de la police, ni à un mélange des genres.

Vous avez le pouvoir d'informer, pas de guérir tous les maux de la société, donc chez docteur Haeberli, revoyez votre jugement en découvrant de véritables symptômes qui permettront de trouver enfin un remède à tous ces maux, des mots qui frisent la calomnie, ce qui serait insupportable de la part d'un praticien généraliste.

Dans l'attente de lire votre prochaine ordonnance, je vous présente, cher docteur, mes saines salutations.

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.  

 

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16/09/2010

« Une police militarisée constitue une réelle menace pour la démocratie » selon Yves Patrick Delachaux et Frédéric Maillard, pas selon moi (commentaires en rouge).

« Une police militarisée constitue une réelle menace pour la démocratie » Pour Yves Patrick Delachaux et Frédéric Maillard, chercheurs et enseignants, une réforme de la police s’impose. Ils plaident pour des agents de « maintien de la paix sociale » plutôt que de « l’ordre ».

Par Olivier Chavaz– Genève – Le Courrier du 13 septembre 2010

Les auteurs de Policier, gardien de la paix ?sont intarissables. Une réforme profonde de l’institution policière est urgente, insistent Yves Patrick Delachaux et Frédéric Maillard. Si leurs constats ne connaissent pas de frontières, la police genevoise en prend pour son grade. Symptomatique d’un corps volontiers violent, refermé sur lui-même, sourd et aveugle aux évolutions du temps. L’ancien gendarme, passé par des études de psychologie et devenu « expert de police », et l’économiste didacticien, chargé de cours à l’école de police à Genève, promeuvent au contraire une action basée sur la défense des droits humains, dans la transparence et au plus près de la population. Un credo peu en vogue dans la tendance actuelle au tout sécuritaire spectaculaire.

Interview

De quels maux souffre selon vous la police ?

Frédéric Maillard : Il faut d’abord relever qu’il n’y a pas une police, mais des polices, avec des différences selon les services, les cantons ou les villes, pour rester en Suisse.

La tendance globale est toutefois que cette institution peine à relever les défis posés par les changements sociétaux. Pour nous, le problème vient en premier lieu de la «compromission militaire» sur laquelle est basée cette institution, dans son organisation et sa logistique. Avec comme corollaire une très forte hiérarchisation et des carrières dépendant exclusivement du degré de soumission et de l’ancienneté. Et ses dirigeants sont presque tous des officiers de l’armée et/ou des juristes. Le repli est total.

Minet : Avant de répondre à cette question, je me dois de corriger votre introduction dans laquelle vous affirmez que "la police genevoise en prend pour son grade, symptomatique d’un corps volontiers violent, refermé sur lui-même, sourd et aveugle aux évolutions du temps."

S'il est normal que dans une analyse pertinente l'audité puisse en prendre pour son grade, il m'est impossible de vous laisser dire que la police genevoise est un corps volontiers violent, refermé sur lui-même, sourd et aveugle aux évolutions du temps". Inepties et mensonges, analyse globale du siècle passé établie sur une méconnaissance de la police genevoise du XXI ème siècle.

Pour enfin répondre à votre question, je dirais, en ma qualité de citoyen qui suis ce débat avec un œil extérieur mais une certaine expérience du sujet à Genève, que les maux principaux dont souffre la police sont ;

Premièrement, une perte flagrante d'identité, dans le statut, dans la fonction, dans les missions à remplir, dans son rôle qu'elle doit tenir dans notre société. Depuis quinze ans, on demande aux policiers d'être le curé, le notaire, l'assistant social, de grand frère, le confident, le fonctionnaire qui écoute, l'observateur de la mutation générale de la société, mais aussi le garant des droits fondamentaux, des lois et des règlements, des droits humains, des valeurs de cette société à la dérive, dans laquelle le dernier bastion de l'éducation civique, morale, éthique demeure le flic, tel un bâton de pèlerins, pour des parents, des enseignants, des éducateurs socioculturels, des pouvoirs politique et judiciaire, des administrations impuissantes. La police demeure l'ultime repère sur qui on compte pour sauver la face après quarante ans de laxisme social. Mais le flic se doit aussi d'être intègre, droit, infaillible, solide, actif, décisionnaire, prédicateur moral, créateur du dialogue, initiateur du règlement des premiers conflits et, tout en observant son devoir de réserve, il devra encore dénoncer au pouvoir judiciaire les infractions relevées lors de sa mission.

Pris en étau par ces exigences sociétaires et professionnelles antagonistes, la police ne sait plus où se situer dans le schéma étatique. Elle perd ainsi la pluridisciplinarité et sa polyvalence au profit de spécialistes, de brigades et de sections aux tâches et aux missions totalement différentes, mais composées de policiers bien souvent réunis pour le maintien de la paix à travers le maintien de l'ordre. Ce déséquilibre dans le statut ne peut que venir nourrir ce fort sentiment d'impuissance qui gagne les agents, car devant autant de défis, qui ne devraient pourtant pas tous leur revenir, l'abnégation ne suffit plus sans le soutien de nos autorités, des hiérarchies, du pouvoir judiciaire et autres chercheurs ou politiciens qui aiment à produire des audits sur la police.

Deuxièmement, à force de dire que la police va mal, on lui cherche des maux qu'elle n'a pas et on lui en trouve, statutairement, économiquement, hiérarchiquement, éthiquement, moralement, de la formation à la retraite, mais en oubliant trop souvent l'humain et la mission qui se cachent dernière chaque policier, voire la mission première qui se doit d'être recherchée lors d'une refonte d'une organisation, à savoir une amélioration de son fonctionnement, dans le cadre de ses tâches, de ses missions, de ses engagements, des ses actions, de ses interventions, de ses doctrines, à travers son savoir être et de son savoir faire, dans le cadre du maintien de la paix, de l'ordre, en allant au devant de la misère humaine ou en se battant contre la criminalité.

L'humain policier ne supportera pas plus longtemps ces jugements assimilables à des attaques incessantes, qui sur la finalité du travail accompli par les auditeurs n'apporte aucune véritable solution pour répondre aux urgences de la profession, des métiers, aux attentes des citoyens et celles de nos policiers, que plus personne n'écoute. En position d'accusé, de gibier chassé, oppressé par la machine étatique et hiérarchique, le policier perd toute son indépendance dans l'initiative, motivation qui demeure pourtant le maillon essentiel, tel un baromètre de la société, dans le chaînage quotidien de l'observation, de l'analyse et de l'action de la police au service de cette même société.

Victimisation d'une profession, car à force de trop tirer sur la police, sachant que ce n'est pas sur l'institution que retombe les fracas mais sur les hommes et les femmes qui composent cette police, ceux-ci ne tirent plus à la même corde, la police se dissout et devient un simple élément de la fonction publique, fonctionnaires auxquels alors il ne faudra plus demander d'avoir le sens du sacrifie, moral, physique, familiale, personnel, humain. Si nous arrivons un jour à cette situation, nous perdrons alors le dernier garant de nos repères et de nos valeurs issus de l'éducation, du respect, ultime rempart d'autorité dans une société qui a abandonné ses enfants et ses valeurs culturelles, sociales, sécuritaires et humaines il y a trop longtemps.

Vous pointez cette dérive militaire dans les missions de la police."

FM : Depuis une dizaine d’années, on assiste clairement à une recrudescence des opérations militarisées de maintien de l’ordre, par exemple celles menées aux Pâquis l’an dernier. Mais si le métier de policier finit par se confondre avec celui de militaire, c’est sa disparition. Plus question de travailler en faveur de la résolution de conflits, de la proximité, ni sur l’analyse des origines du crime. La surveillance électronique et les entreprises privées prendront encore davantage de place. Il d’agirait alors d’une réelle menace pour la démocratie et les droits humains.

Minet : Ceux qui pointe du droit l'organisation dite militaire dans les missions de la police n'ont aucune idée du travail important qui aura été fait en amont, mais qui aura alors débouché sur un échec, surtout si le maintien de l'ordre devient nécessaire. Cet échec ne sera pas le fait de la police, mais bien d'un ensemble de décisions, de choix, de prises de positions de partenaires, d'antagonistes, de victimes, d'auteurs, de classes sociales, de voisins, d'ethnies, de mouvements ou de citoyens, où le flics simple internenant n'aura pas trouvé des solutions qui ne lui appartenaient poutant plus.

Le travail de base de la police est l'aide à autrui, l'éducation, le secours, la prévention, la résolution des conflits, la lutte contre la criminalité, le maintien de la paix et de l'ordre.

Dans toute intervention il y a l'avant, le pendant et l'après. La mission dite militaire interviendra après, en dernier recours face à une situation qui aura été jugée sans autre solution. Si tel n'était pas le cas, il y aura eu erreur d'appréciation, mais l'échec initial demeurera pourtant sans que la solution apparaisse, tout simplement mais pour une bonne raison. Dans le chaînage de la résolution des conflits, à un certain moment le policier, ou la police, devrait pouvoir, après moult tentatives et en ayant absorbé toutes les approches possibles à travers le dialogue et une approche socioculturelle pertinente, passer la main à l'administration compétente, au service adéquat, à l'humain dont la mission et la formation seront de reprendre le flambeau de l'urgentiste qu'est le flic. A ce jour, nous avons UMUS, VIRES, la LAVI, le SPMI, les services sociaux des communes et de la ville, les maisons de médiations, des associations, des groupements mais il manque ce que j'aime à appeler "le passeur de témoin". A cet instant précis de la décision, le flic ne peut pas devenir l'aiguilleur du ciel sombre de la misère humaine. Si cette fonction n'existe pas à ce jour, même si l'îlotier de police l'exerce bien souvent, offrir un tel "passeur de témoin" à la police et à nos institutions ce serait aussi reconnaître le travail de police effectué en amont et décharger du poids administratif, social et moral du cas présenté, pour redonner ainsi une identité aux tâches, aux missions et au statut de la police.

De vouloir transformer des éducateurs socioculturels en policiers de proximité, comme j'ai pu le lire récemment, voilà bien une idée dont la simple utopie laisse entrevoir la disparition d'une profession à but sociale, essentielle et indispensable dans le chaînage précité qu'est l'éducateur socioculturel. Il suffit de voir les "grands frères ou les modérateurs" se faire attaquer et agresser dans les transports publics, tel un organe d'autorité désavoué, pour comprendre que ce chemin n'est pas le bon. Chaque acteur doit pouvoir être identifié, à travers sa tâche, sa mission et son approche.

Enfin, la militarisation de la police, dans sa structure, est une nécessité dans la donnée d'ordre, dans l'acceptation de l'acte et dans la prise de décision. Les responsabilités, sous cette forme, incomberont alors à la hiérarchie, pour le meilleur comme pour le pire. La police ne pourra jamais se passer de ce double statut, très militarisée organisationnellement dans les actions de masse, très indépendante et libre d'initiatives dévolues au maintien de la paix dans le travail quotidien.

L’apparence compte-t-elle ?

Yves PatrickDelachaux : Les signes du poids grandissant donné au maintien de l’ordre s’observent y compris dans le domaine de l’uniforme et de l’équipement. Au début des années 2000 encore, je travaillais en cravate et couvre-chef. Aujourd’hui, le boulot quotidien se fait en pantalons bouffants, casquette de baseball et ceinture de charge. Chaque poste possède désormais deux motos tout-terrain noires. Nos agents font de plus en plus peur. Je ne comprends vraiment pas les responsables qui font ces choix.

FM : Une anecdote à propos de ces motos. Des connaissances ont été choquées de les voir à l’œuvre, façon voltigeurs, lors de la dernière manifestation contre l’OMC. Ces gens revenaient de missions humanitaires dans des pays peu démocratiques… Ce n’est effectivement pas l’idée qu’on se fait d’une police moderne et intelligente.

Minet : L'apparence, à travers le vêtement, la tenue, le rôle, mais aussi le savoir faire et le savoir être compte énormément. L'un des problèmes de ce jour revient à l'une de mes réponses précédente. Que fait la police et à quel moment, dans quelle circonstance, donc avec quelle approche et dans quelle tenue ? A trop mélanger la mission de groupe, de maintien de l'ordre, à celle quotidienne du maintien de la paix, le policier se perd, à travers les ordres, les tenues, les actes, les doctrines. L'éthique reste la même, mais l'approche étant tellement différente dans le rôle que la crise identitaire subsiste. Actuellement, on demande aux policiers de faire de tout un peu, même aux spécialistes, mais aussi de faire de tout en même temps, et là les problèmes identitaires deviennent omniprésents.

Nul besoin de redessiner la police dans son apparence, il faut simplement redonner une identité aux rôles demandés, une tenue pour l'instant souhaité, avec une mission adéquate pour un but connu et recherché qui pourra, le moment venu, être repris par "le passeur de témoin".

Le portrait-robot que vous tirez du policier contemporain, notamment genevois, est sombre.

YPD : Plus on a besoin de faire du bodybuilding, moins on est fort ! La façon dont ils sont employés les mène bien souvent à l’épuisement. Ou ils démissionnent. Ils ne comprennent plus le sens de leur mission. Les arrestations répétitives et inefficaces. La confiance dans la hiérarchie est très faible, même si elle n’est pas en mesure d’être exprimée. Si on se met autour d’une table de policiers, les discussions tournent vite autour d’une «société perdue». Tout le monde est coupable : les étrangers, les politiques, la justice, les frontaliers, les femmes… C’est un corps malade.

Minet : Le policier contemporain est simplement perdu dans les méandres institutionnels et décisionnels, à travers le dessin actuel de son statut, de ses tâches, de ses missions. Il est aussi abattu par l'aspect inopérant des décisions de justice, par la refonte du code pénal, par les lenteurs ou l'inertie des décisions administratives. C'est ce bilan là qui est sombre, pas le portrait-robot du policier.

Vous affirmez que cette culture corporatiste négative n’est pas inéluctable ?

FM : Je partage le constat précédent et je le constate dans mes activités à l’école de police genevoise. On observe cette tendance ailleurs en Europe. Cela dit, il faut souligner les contre-exemples. A Neuchâtel et Lausanne, entre autres. Ou, plus loin, au Luxembourg. De nouveaux managements, basés sur l’ouverture à d’autres professions ont conduit les policiers à se remettre en question, à s’interroger sur leur métier et à adapter leur pratique.

Minet : Nous traversons une culture corporatiste négative (sachant que le corporatisme peut aussi être positif) pour toutes les raisons précitées, mais en aucun cas par des changements sociétaux liés à la race, à l'ethnie, à l'appartenance à un groupe ou à une religion, à l'action ou à l'acte. Notre société n'a plus de repère, elle est perdue, les policiers le vive ainsi mais ils ne sont pas les sauveurs du monde, nul n'a le droit d'attendre de ces humains une telle responsabilité, qui se doit d'être politique, cantonale, fédérale, européenne, mondiale face à la misère humaine et aux dérives des hommes. Le policier s'adapte au quotidien, il jongle, mais il doit disposer des outils de travail nécessaires mais aussi "d'un passeur de témoin", pour enfin déposer un point à la fin d'une mission, d'un acte, d'un écrit, qui le libérera ainsi de la pression psychique et morale du cas traité. Les policiers sont des médecins de la misère humaine, des urgentistes qui gardent en vie les droits humains, du plus faible au plus fort, du plus pauvre au plus riche, auteur ou victime, toutes races et religions confondues. Un comportement indissociable dans la réalisation des ses missions, de ses tâches, mais aussi une ligne droite semée d'embûches au bout de laquelle il faudra aussi trouver une réponse ou ce "passeur de témoin".

Quelles sont les responsabilités de la direction de la police ?

YPD : Grandes. Au-delà des personnes, elle fonctionne un peu sur un mode mafieux. La loi du silence est le premier enseignement. Il faut se fondre dans le groupe. Ne pas poser de questions. De plus, la hiérarchie joue contre l’autorité politique, qui n’a pas les outils pour maîtriser le domaine : la plupart des informations qui lui remontent son biaisées, passées à la moulinette du système interne. J’ai l’impression qu’elle dit au monde politique : «Donnez-nous des armes et faites-nous confiance !»

Minet : La direction de la police obéit aux ordres et à la doctrine politique et policière. Je ne suis pas certain à ce jour que ces responsabilités là doivent retomber un jour sur ladite direction. Par contre, la direction de la police doit aussi convaincre et apporter des solutions aux problèmes que je viens de soulever, mais pour ça il faut en premier lieu les identifier, les analyser, rester à l'écoute des policiers et de la société, et après oser interpeller le politique. Ce dernier devra alors faire preuve de contrition si le dossier est porteur d'espérance pour nos métiers et pour la société civile.

A vous entendre, les conséquences sont graves.

FM : L’impunité en est une. En contrepartie de l’obéissance, toutes sortes d’exactions d’ordre pénal son couvertes, des excès de vitesse dangereux, des violences inacceptables commises sur des innocents, des rapports tronqués, etc.

YPD : Vous souvenez-vous du rapport d’experts de 2007 à Genève1 Depuis, rien n’a bougé malgré certaines allégations de violences et d’abus d’autorité crédibles.

Minet : Les responsabilités sont grandes et graves, les conséquences n'en sont que les résultats, mais en aucun cas les uthopies présentées par divers observateurs ne sont les reflets de la réalité. Ces gens se sont arrêtés à la police des années sombres, il y bien longtemps. Dans l'acte individuel, la faute, l'erreur, le geste ou l'acte impardonnable, voire insupportable demeure possible. Aujourd'hui il est rare, il demeure inadmissible et n'est plus garanti d'un couvert corporatiste que d'autres ont connu. L'IGS travaille sereinement et avec droiture. Les fautifs sont dénoncés, sanctionnés, les mis hors de cause lavés des soupçons qui pesaient sur eux, avec des preuves, des éléments, des faits, tant pour l'accusation que pour la reconnaissance du respect des règles.

La police que certains ont quitté il y a longtemps, en n'exerçant plus, n'est plus la même aujourd'hui. L'arrivée du Brevet fédéral et l'instauration de formation continue, des maîtres de stage, voire une modification dans la doctrine du maintien de l'ordre que l'on devine depuis peu, fait qu'il faut observer la police depuis son entre pour en extraire à l'extérieur le meilleurs et le moins bon, dans le simple but d'augmenter les capacités des policiers à gérer toutes les situations, mais aussi à pouvoir se reposer en rencontrant sur leur parcours les passeurs de témoin attendus, maillon d'un système qui à lui seul demande une réorganisation, sur le fond et sur les idées. Si l'îlotier communautaire est ce maillon, il faut alors le déterminer ainsi dans sa mission tout en lui donnant les moyens de la réaliser.

Qu’en est-il du recrutement et de la formation, de la politique du personnel ?

FM : A Genève, les ressources humaines sont dirigées de façon scandaleuse et contre-productive. Des candidats très qualifiés et très expérimentés sont écartés parce qu’ils ne rentrent pas dans le moule. L’accent est toujours mis sur le côté prétendument viril du policier, la force physique. Ceux qui y rentrent, par exemple après un parcours universitaire, n’ont pas de plan de carrière autre que la promotion automatique. La formation continue est mince. En matière de formation initiale, les droits humains occupent 1% des 1600 heures dispensées !

Ce sont pourtant les fondements du métier du policier. Lequel détient deux pouvoirs exclusifs –usage et de la force et de la contrainte ; moyens discrétionnaires– qui nécessitent d’être bien maîtrisés puisqu’ils peuvent limiter positivement ou violer les droits de l’homme.

Minet : Qu'on le veuille ou non, les critères de recrutement on été revus " à la baisse ". L'armée, la taille, le sport, l'aspect corporel, L'âge, un certain sens de la république, du pays, de nos lois et de nos règlement, de notre société genevoise pluriculturelle mais profondément encrée aux valeurs helvétiques.

La prochaine étape de cette "ouverture" politicienne sera la nationalité et l'engagement d'étrangers, voire de policiers étrangers. Cette volonté n'est pas adéquate et elle n'aidera pas la police à retrouver une identité. La multi culturalité est déjà bien présente dans la police, de nombreuses origines différentes y sont représentées, juste miroir de la société, mais elles sont toutes réunies derrière la nationalité et ses valeurs.

La réforme est en route, statutairement, économiquement, hiérarchiquement, éthiquement, moralement, de la formation à la retraite, mais en oubliant trop souvent l'humain qui se cache dernière chaque policier, en oubliant de lui redonner une identité, en oubliant de requalifier ses tâches et ses missions, en oubliant de redessiner ses priorités, cette réforme sera mort-née si elle n'apporte pas des solutions à la crise identitaire que traverse la police et surtout une aide précieuse à la lutte pour le maintien de la paix, de l'ordre, en allant au devant de la misère humaine ou en se battant contre la criminalité.

Votre regard acéré, vos critiques, vos propositions sont-elles entendues par l’institution ?

FM : On ne peut pas dire que tout cela plaise. En tant que chargé d’enseignement, je suis conscient d’être un alibi dans la grille de formation actuelle. On me le dit parfois. C’est pour cela que nous avons décidé d’écrire des livres à l’intention d’un public large.

Minet : Être un alibi c'est bien, devenir un prétexte c'est grave. Si l'institution écoute, alors qu'elle devra également entendre les voix des policiers, des flics de terrain, de rue, qui eux n'ont pas quitté le bitume et connaissent encore très bien leur métier et les ombres cachées de la misère d'une société dans laquelle ils travaillent au quotidien.

Quelles sont les pistes de réformes que vous soumettez aux responsables politiques ?

YPD : L’ouverture immédiate de la direction à la pluridisciplinarité. Il faut des compétences en sociologie, psychologie, philosophie, économie, management, etc. Ensuite, le recrutement, la formation et les ressources humaines doivent absolument retourner dans le giron de l’Etat central et non laissées en mains policières.

FM : Il est également indispensable de confier le contrôle de la déontologie à l’extérieur. Pour un regard neutre et distancié sur l’action policière. Des policiers qui en surveillent d’autres, ça ne va pas.

Minet : Glisser dans le giron de l'Etat, alors que l'on peut juste constater les dysfonctionnements qui surviennent dans certains de ses services, c'est condamner à mort la police, le métier de policier, et ainsi notre société qui continuera cette fois sans son dernier garde-fou qu'était encore le dernier maillon fort que représente la police.

Pour conclure deux mots : oui à l'ouverture de la pluridisciplinarité pour les postes de gestion, politiques et administratifs à la police, et enfin, à qui de droit, si la confiance se mérite, le respect aussi, à travers les connaissances, mais également par une faculté d'analyse dénuée de tout sentiments partisans ou d'un quelconque intérêt personnel.

Minet, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

11/09/2010

Comment dépolluer les blogs de commentaires indésirables ? On peut, comme Le Matin, commencer par responsabiliser leurs auteurs avec une charte !

La gestion d'un blog est un travail important, à responsabilité, pour l'auteur, pour le site qui héberge nos écrits, mais surtout dans le but de contrôler les commentaires et éliminer les indésirables. Le blog de la TDG est très agréable, mais j'aime beaucoup l'idée de la charte des commentaires sur le site du Matin.

On peut ne pas être de la même couleur mais rester constructif.

La charte des commentaires

Quelques suggestions à lire avant de commenter pour rendre les débats passionnants. Le but des réactions est d'instaurer voire de poursuivre, des échanges enrichissants à partir des articles que nous mettons en ligne.

Restez dans le cadre de l'article: votre message sera lu par plusieurs milliers de personnes. Il doit correspondre au thème du débat, être court et être compréhensible par tous. Relisez-vous avant de poster votre commentaire.

Respectez vos interlocuteurs: pour assurer des débats de qualité, une règle d'or c'est le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez-vous sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Respectez la loi: les commentaires sont publiés sous votre pleine et entière responsabilité. Ils ne doivent pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations fausses, relatives à la vie privée d'une personne ou utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteurs.

Quelques règles à respecter: ne pas mettre de liens, url, dans vos commentaires; ne pas écrire votre texte tout en majuscules; veiller à corriger les fautes d'orthographe, les oublis de mots; proscrire les abréviations, les termes grossiers même suggérés et les messages de type SMS; les messages à caractère publicitaire ne sont également pas acceptés.

Signalez un abus ou un contenu illicite: en cliquant sur Signaler un abus, n'hésitez pas à nous faire part de tout contenu illicite ou contrevenant à ces règles.

Le matin.ch se réserve le droit de supprimer tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi ou qui ne respecte pas ces règles. Les commentaires sont mis en attente en dehors de la présence de modérateurs et notamment la nuit.

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10/09/2010

Roms ou forcené de Bienne, accuser la police de tous les maux, des attaques insupportables qui ne sont jamais condamnées par les autorités politiques.

Répression, passivité, bavure, cafouillage, abus d'autorité, désorganisation, manque de réserve, etc.

Depuis des mois la police est très souvent attaquée, par les médias, par des politiques, par des avocats qui représentent un client ou une association.

Dans tous les cas, les allégations déposées sont de suite assimilées à la vérité, aux faits, discriminant ainsi la police tout en supprimant de facto la nécessaire présomption d'innocence, et bien souvent un droit de réponse.

Deux exemples rien que pour cette semaine.

1) "Roms, harcelés par la police, ils se tournent vers la prostitution"

C’est l’avocate Dina Bazarbachi, présidente de Mesemrom, l’association pour les Roms de Genève, qui le déclarait le 7 courant : «On a vu apparaître des cas à partir de la fin de l’année dernière», déplore cette militante genevoise, qui met en cause la politique de traque contre les mendiants: «C’est désolant, mais la misère et le harcèlement policier exercé pour lutter contre la mendicité conduisent des personnes à chercher d’autres façons de gagner leur vie depuis le début de l’année: des vols à la prostitution.

Donc si de jeunes Roms se prostituent à Genève c'est à cause du harcèlement policier dont ils sont victimes comme mendiants. Nos pandores poussent donc des adolescents à la prostitution, c'est terrible ça, mais pire encore, cette déclaration insupportable n'a même pas été contestée par nos autorités. On laisse dire, mais on laisse aussi la gangrène morale ronger l'image de la police et salir le travail de nos agents. Stigmatiser la police sans craindre une réponse, une contre-attaque, une réaction, c'est juste devenu si facile de cracher sur nos uniformes. Et pourtant, la reconnaissance de l'autorité passe aussi par la confiance et la légitimité de nos actes que se doit de nous rendre notre employeur, quitte à prendre la défense de notre profession, quitte à dénoncer les mensonges, quitte à poursuivre pénalement les auteurs de ces calomnies.

2) "La police humiliée par un homme de 67 ans, honte à elle"; "Comment le forcené de Bienne a-t-il pu s’enfuir, malgré la présence de dizaines de policiers ? "; " Bienne, la police a-t-elle cafouillé ? "; "La police nie toute bavure".

Un forcené qui tire sur la police, blessant grièvement un agent, qui menace la sécurité publique et de faire sauter son immeuble. Voilà le motif d'un déploiement de force sans précédent en ville de Bienne. Et pourtant, alors que d'énormes moyens sont mis en oeuvre pour interpeller cette homme caché dans la ville, les médias traitent ce grave fait divers comme une simple petite intervention, plus occupés à déjà accuser la police pour son intervention qu'à comprendre les fondements de celle-ci, la nomenclature de cette affaire et le but recherché.

Si le but recherché avait été d'abattre cet homme, comme un chien, il y a probablement longtemps que cela aurait été fait, mais voilà nous n'avons pas comme valeur première d'ôter la vie, mais d'en sauver. Protéger les habitants, les citoyens d'une ville, protéger les policiers qui interviennent, protéger la vie du forcené, car l'interpellation de ce dernier vivant demeure une priorité.

Alors effectivement la critique est facile, solidement installé dans un fauteuil rédactionnel, mais les policiers qui travaillent sur place sans relâche et au péril de leur vie n'apprécient probablement pas cette vindicte médiatique illégitime.

Conclusions.

Aux échecs ou au poker il est reconnu que la meilleure défense est l'attaque, mais de là à perpétuellement attaquer la police et l'accuser de tous les maux d'une société qui part à la dérive, c'est juste mettre échec et mat la motivation de fonctionnaires d'autorité qui demeurent au service d'une population qui apprécie probablement que l'ordre et la loi règnent, dans le respect des règles et de la vie humaine.

Laissons travailler la police, écoutons un peu plus les policiers, et après seulement vous porterez vos accusations si elles demeurent légitimes.

Walter SCHLECHTEN

 

12:05 Publié dans Culture, Formation, Genève, Histoire, Médias, Politique, Région | Lien permanent | Commentaires (24) | |  Facebook

01/09/2010

Trop de questions pour si peu de réponses .. Quel avenir pour la police genevoise ?

C'est la période des grandes annonces, tel un effet de manche, histoire de lancer la rentrée pour déjà oublier le "bilan" de l'année écoulée. Comme tous les lecteurs de nos quotidiens, je me pose des questions auxquelles je ne trouve pas de réponse.

Il suffit de lire cette presse de cette fîn d'été pour s'intéroger raisonnablement comme citoyen sur la situation actuelle que traverse nos pendores :

"Les demi-gendarmes" sont en service.

http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/Les--demis-genda...

Hausse des policiers en ville.

http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/Hausse-des-polic...

La police municipale sera renforcée en ville.

http://www.tdg.ch/geneve/actu/police-municipale-renforcee...

La police genevoise engage jusqu'à 35 ans.

http://www.tdg.ch/geneve/actu/police-genevoise-engage-35-...

"Madame Rochat veut-elle une police de vieux ?"

http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/-Madame-Rochat-v...

La police informatisée n'est pas plus efficace.

http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/La-police-inform...

Salaires des policiers : un audit dénonce des erreurs.

http://www.tdg.ch/geneve/actu/salaires-policier-audit-den...

La police a son "usine à gaz administrative".

http://www.tdg.ch/geneve/actu/salaires-policier-audit-den...

sans oublier Champ-Dollon :

L'extention de la prison plus chère que prévu ?

http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/19445022

L'extention de Champ-Dollon attendra.

http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/24960659

Ils pourraient libérer un tiers des détenus.

http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/21065101

L'agrandissement urgent de Champ-Dollon est mal parti.

http://www.tdg.ch/geneve/actu/agrandissement-urgent-champ...

 

Mais l'avenir est ailleur, il suffit de lire les offres d'emplois à l'Etat pour y croire :

DSPE - Secrétaire général-e à 100 %

http://bpv.geneve.ch/offpers/ebpv/RHA/viewPV.asp

DSPE - Secrétaire adjoint-e à 100 %

 http://bpv.geneve.ch/offpers/ebpv/RHA/viewPV.asp

DSPE - Gardien-ne ou suveillant-e de prison (avec CFC de cuisinier) à 100 %

http://bpv.geneve.ch/offpers/ebpv/RHA/viewPV.asp

DSPE - Gardien-ne ou suveillant-e de prison à 100 %

http://bpv.geneve.ch/offpers/ebpv/RHA/viewPV.asp

Reste que le budget de l'Etat sera présenté le 16 septembre prochain, donc plus le temps de se poser trop de questions et ça évite de devoir trouver des réponses, mais pendant ce temps là la patate chaude brûle les doigts à certains !

 

 

21:06 Publié dans Culture, Economie, Genève, Histoire, Humour, Médias, Politique, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

14/08/2010

Un blog peut-il vivre tout seul ? La réponse est non !

Le "Petit jeu" est fini.

Avant de partir en vacances, pour un magnifique voyage au Canada avec ma douce, où l'Ontario a été une véritable découverte, j'ai posté un "petit jeu de l'été" sur mon blog, avec des dates de programmation pour parution, afin d'alimenter quotidiennement mon blog avec divers sujets sur le thème "Petit jeu, xxxx c'est ?"

Au-delà des thèmes choisis, je constate ceci :

La police, sur mon blog, est un sujet qui attise toujours les commentaires. Par contre, il est dommage que des sujets comme le sida, la politique, l'alcool, l'enseignement, la drogue, les médias, le sexe ne développe pas quelques réactions, même sous cette forme infantile du débat.

Par contre, ce qui est certain, c'est qu'un blog ne peut pas vivre ainsi. L'écriture doit être quotidienne, d'actualité, et son modérateur se doit d'être présent et vigilant. L'intérêt n'est donc pas créé par le sujet, mais bien par le contenu, mais pour ça il faut avoir le temps de coucher les mots et les idées, d'ouvrir et d'entretenir le débat, d'y participer et de l'animer.

Ce n'est pas en étant absent 16 jours qu'il m'était possible de le faire. Un "petit jeu de l'été" qui s'arrête donc ce jour, en espérant vous retrouver lundi matin, avec un mot du jour qui lui saura vous intéresser. L'actualité est là, moi aussi.

Je vais donc fermer les rubriques précitées de ce petit test, en n'oubliant pas de remercier les 1672 visites reçues sur ce jeu et les auteurs des 59 commentaires déposés.

Minet.

18:53 Publié dans Culture, Humour, Médias, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

10/07/2010

Brumes scintillantes, acte IV et Fin

"J'ai le plaisir de vous faire partager sur quatre jours une nouvelle policière écrite il y a peu pour un concours. Cette fiction est toute simple, mais tel est le but d'une nouvelle."

Les brumes scintillantes !

Acte IV et Fin.

 

L'urgence devient plus grande devant la monstruosité de cet acte. Il décide de ne plus perdre de temps et retourne à sa voiture pour aviser sa centrale des faits. L'enquête de police criminelle doit débuter sans retard, même si l'inconnu est mort depuis au moins 4 semaines. En effet, nous avons eu un bel été indien début octobre, et la chaleur a du facilité la putréfaction qui a entrainé la désolidarisation du corps et de la tête.

En moins de 30 minutes les "casquettes" sont là, sitôt suivies d'un Brigadier bedonnant, un vieux de la vieille comme l'on dit dans la "Grande Maison". La brigade criminelle a été avisée, mais il faudra du temps avant que deux de ses hommes arrivent, tout comme l'Officier de police. Le substitut du Procureur de la République qui a été nanti des faits attend la suite avant de se déplacer.

Dans l'attente J.-C.-S fait part de ses constations. Il a découvert le corps d'un type qui est décédé dans des circonstances incroyables. Un meurtre, un assassina crapuleux probablement. Il a du se voir mourir, il a du souffrir terriblement. La ou les personnes qui ont fait ça sont inhumaines déclare t'il. Ses collègues le regarde un peu penaud tout en jetant un œil furtif au cadavre encore en contrebas. Pas joli joli pense le plus jeune des argoulets.  

Derrière, le vieux briscard qui détourne son chemin. Il recule, non il descend à proximité du cadavre. Faut dire que le Brigadier n'a pas la réputation d'être un doux, un tendre. C'est donc pas un cadavre qui pue qui va l'impressionner.

Du haut du ravin, tous l'observent. J.-C.S lui lance même une requête pour qu'il ne touche à rien. Le Brigadier relève furtivement la tête et lui lance un regard de braise comme toute réponse. Il se dirige d'un pas décidé sur la gauche du corps et sans hésiter se penche sur la manche droite de la veste du défunt. A son extrémité, dissimulée sous des feuilles, la deuxième main de malheureux, semi décomposée mais qui tient encore un Opinel, lame ouverte, lui-même retenu par une dragonne attachée au poignet. C'est l'extrémité de cette lame que le vieux briscard avait  vu briller de loin. Il saisi ce couteau et relevant une seconde fois la tête invectiva l'inspecteur ;

"Il s'est pendu tout seul ton gaillard. Sa corde qui le retenait assis, il l'a sectionnée lui-même pour se balancer dans le vide. Ce n'est pas un meurtre, encore moins un assassina. Juste un pauvre type qui devait en avoir marre de vivre et qui est venu crever ici. Il en a même fini par perdre définitivement la tête". 

Les regards désapprobateurs des "casquettes" fustigèrent J.-C-S, qui chercha bien vite à se dissimuler derrière son pardessus souillé. Il fini par se retrourner en jurant une dernière fois ; "quelle journée de merde".

J.-C.-S n'en revenait pas, alors qu'il pensait enfin être tombé sur une grosse affaire, il se devait de constater qu'il venait de subir les déductions tortueuses d'un esprit fatigué, malade probablement, le sien.

L'assassin est en nous, il est dans toutes les têtes, tout comme l'esprit meurtrier ou le désespoir, mais de l'inconscience à l'acte, il n'y a bien souvent que quelques brumes matinales.

Minet

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09/07/2010

Brumes scintillantes, acte III

"J'ai le plaisir de vous faire partager sur quatre jours une nouvelle policière écrite il y a peu pour un concours. Cette fiction est toute simple, mais tel est le but d'une nouvelle."

Les brumes scintillantes !

Acte III

 

Il lui faut rapidement retrouver ses esprits. Il doit joindre sa centrale par radio, impossible pourtant. Ces radios portables, c'est comme les préservatifs, c'est toujours quand on en a besoin que l'on en a pas sur soi, comme aimait à le lui répéter son supérieur, et là il a oublié la sienne sur le siège de sa voiture.

La raison le rappelle à l'ordre et les repères professionnels prennent le dessus. Une tête, mais pas de corps. Pourtant il y a cette forte odeur. Un coup d'œil rapide dans le dévers du sous-bois en direction du ruisseau, et il y devine dans la pente la partie manquante. Un jeans surmonté d'une veste rouge, le corps d'un homme visiblement, couché sur le ventre. La main droite, décomposée, est visible à l'extrémité d'une manche.  Logiquement, il n'y a pas de tête au dessus du col de la veste. Malgré les effluves pestilentiels du cadavre, il s'en approche. Les premières investigations sont souvent les plus importantes. Alors qu'il se penche pour mieux voir, il retient brusquement son souffle. Les chevilles, les genoux, la taille et les bras à la hauteur des coudes sont attachés au moyen de cordelettes, pas les poignets. Des liens serrés, avec des nœuds de marin. Une autre corde, très courte, fait le lien entre l'attache de la taille et les genoux, et c'est visiblement la même corde de lin qui a été utilisée.

La déduction est rapide, le constat aussi. Ce type a été pendu attaché et sous l'effet de la putréfaction le corps s'est détaché de la tête pour retomber en contrebas. Sans encore retourner le cadavre, il lui faudra aviser l'officier de service et attendre la criminelle, la médecine légale  et les pompes funèbres avant de toucher au corps. Là, il remarque un autre bout de cordelette, rattachée aux liens de la taille. Elle est sectionnée, un coup net donné par une lame d'un couteau probablement ou d'un objet très tranchant.  Mais où est l'autre bout de cette attache ?

Il relève la tête et observe le crâne figé au dessus du ravin.  Sur la même branche qui retient le nœud de pendu, il y devine une seconde attache. Il lui faut remonter la pente glissante pour observer ceci de plus prêt. Sans tomber il y arrive, aidé de quelques jurons. Au regard de ce deuxième indice, il est évident qu'il tient là la deuxième partie de la corde sectionnée. Et là le schéma change radicalement. Ce type qui se décompose dans l'oubli de tous n'était pas simplement pendu, il était avant tout suspendu. En effet, la nature des liens et la présence de deux cordes de suspension laissent deviner la scène. Ce mec était en position assise, dans le vide, tel un parapentiste, attaché et retenu ainsi par la première corde, alors qu'une seconde avec un nœud de pendu lui avait été passée autour du cou.  

A-t-on torturé ce pauvre gars en l'attachant suspendu dans le vide, pour le faire parler, voire pour le faire taire en sectionnant cette attache, ce qui précipita son corps dans le vide telle l'ouverture de la trappe sous une potence ? 

(la suite demain)

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08/07/2010

Brumes scintillantes, acte II

"J'ai le plaisir de vous faire partager sur quatre jours une nouvelle policière écrite il y a peu pour un concours. Cette fiction est toute simple, mais tel est le but d'une nouvelle."

Les brumes scintillantes !

Acte II

 

Notre inspecteur situe bien le cours d’eau, il a joué au foot étant gamin sur le stade attenant, et bien souvent le ballon a fini sa course dans ce filet d’eau aux émanations repoussantes. Notre limier a du arrêter ce sport il y a quelques années, ses genoux n’ayant plus vingt ans, et bien plus du double même. C’est un aussi à cause de ses ménisques douloureux qu’il a été rattaché au service du Commissariat, à l’Hôtel de Police, populairement nommé Carl-Vogt, du nom du boulevard qu’il domine dans le vieux quartier populaire de la Jonction. Être encore inspecteur, à son âge c’est déjà une tare, deux promotions bloquées suite à ses problèmes d’alcool et aux rapports du médecin conseil de l’Etat. Un vieux toubib surnommé Dr Pilule, un adepte des antibiotiques, pour soigner un rhume, une hernie ou un eczéma.

Comme personne n'était libre au bureau des enquêtes générales en ce lundi matin, il a décidé de se rendre seul sur les lieux. Après vingt longues minutes de trajet, son mal de tête n’est pas passé, mais il est enfin sur place. Il stationne son « container », comme il aime à la surnommer, sur le trottoir étroit du chemin. En s’éloignant de sa voiture il se rend compte qu’il n’a pas déposé la pancarte cartonnée « Police » sur le tableau de bord. Demi-tour pour corriger cet oubli. Il passerait pour un con s’il était amené à devoir récupérer cette épave à la fourrière, les « casquettes » passant souvent dans le secteur pour aller boire l’apéro en campagne. Se faire enlever la voiture par des collègues, tout, mais pas ça.

Revenu à l’affaire, Jean-Claude Saudan, surnommé J.-C.-S, pour Jésus-Christ-Superstar dans la bouche de ses collègues, enjambe la barrière en bois qui délimite le coin du bois. La lisière du ruisseau n'est pas très longue, mais avec le froid de canard qui s’est abattu cette nuit et ce brouillard qui réduit énormément la visibilité, pas simple d’aller de l’avant pour trouver quelque chose. Il glisse même sur la glaise humide. Le cul par terre, c’est un juron grossier qui l’aide à se relever. La boue n’ést pas la meilleure amie de son unique costume deux pièces. Heureusement, son manteau de pluie vert-bouteille a joué son rôle protecteur et son blazer n’est pas souillé. Le joggeur n’étant resté sur place, le civisme à des limites que le froid délimite bien vite, J.-C.-S. va au feeling. De toute façon, c’est probablement une blague des gamins des Eaux-Vives, un morceau de corde, un nœud de pendu et un bout de bois accroché, juste pour rire. Lui ne rigole pas, il est frigorifié, sa tête sonne le glas et l'odeur des eaux usées du ruisseau viennent se mélanger aux relents d'un café trop fort et d’une haleine fétide.  

Mais la chance est avec lui. Il distingue soudainement, à une dizaine de mètres, une corde suspendue dans le vide, avec quelque chose d’accroché à son extrémité. Une "tête de singe" songe-t-il, ridicule, ce n'est qu'un morceau de bois. Mais brusquement il se fige, se raidi et écarquille grand les yeux. Alors qu'il n'est plus qu'a deux mètres, il devine une oreille, puis un crâne issu d’une décomposition. C'est en effet une tête qui se balance au bout de cette corde de lin. Une tête humaine, osseuse, avec encore quelques lambeaux de peau et des cheveux parsemés. 

Afin de ne pas effacer les traces, J.-C.-S contourne l'arbre qui se dresse devant lui. Trois pas sur sa gauche, mais là il se retrouve soudainement face au vent. Un pas de trop c'est certain. Une forte odeur de putréfaction lui agresse les narines. Comme souvent dans ce cas, les yeux piquent et la nausée est immédiate. Cette odeur il la connaît, tous les flics connaissent cette puanteur. Notre enquêteur n'avait pas besoin de ça ce matin, son estomac étant déjà bien chahuté. Trop tard, penché devant un buisson, il se vide de son petit déjeuner, les trois cafés avalés trop vite, avant de s'essuyer du revers de son pardessus. "Matinée de merde" jure-t-il.

(la suite demain)

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07/07/2010

Première note de Minet libre-penseur, une nouvelle policière pour l'été, sous le titre : Les brumes scintillantes.

"J'ai le plaisir de vous faire partager sur quatre jours une nouvelle policière écrite il y a peu pour un concours. Cette fiction est toute simple, mais tel est le but d'une nouvelle."

Les brumes scintillantes !

Acte I

Genève, premier lundi de novembre 1989, onze heures du matin. Il fait froid. Le brouillard qui s’est installé durant la nuit sur la ville n’arrive pas à se lever. Il est à "couper au couteau" comme l’on dit chez nous. Il faut dire que ce phénomène météorologique ne dispose d’aucune porte de sortie naturelle, la cité de Calvin étant coincée entre le lac Léman et un cul de sac montagneux en forme de V. Celui-ci est constitué du Salève,  un gros rocher gris dont le point culminant est à 1380 mètre, le goulet du Rhône dominé par un ouvrage militaire fortifié, construit à flanc de montagne et désaffecté depuis 1956 par l’armée française, Fort l’Écluse, et enfin la longue chaîne du Jura, frontière naturelle entre la Suisse et la France. Et comme souvent à Genève, prendre de la hauteur n’est pas chose facile. Certains, comme Philibert Berthelier, en ont perdu la tête.

C’est un peu comme Jean-Claude Saudan, inspecteur à la police judiciaire, qui ce matin n’arrive pas à sortir de son brouillard synthétisé la veille par un pur malt de 12 ans d’âge, une migraine liée à ses insomnies récurrentes et les deux aspirines avalées avec ses trois premiers cafés du matin. Pourtant, c’est au volant de sa petite Opel Corsa grise, un véhicule  de service sans âge, dont le compteur ne fonctionne plus depuis bien trop longtemps,  tout comme les freins, qu’il va devoir se frayer un chemin dans ces brumes pour se rendre à la réquisition surprenante qui vient de lui être attribuée. 

Une heure avant, un opérateur de la centrale d’urgence police venait de recevoir un appel troublant. Un jogger, un des ces fous furieux qui participent en décembre à la Course de l’Escalade, 12 ème édition cette année, vient de signaler au moyen de la cabine publique située devant la buvette du stade de Frontenex, une vielle bâtisse classée qui garde tout son charme à proximité des nouveaux bâtiments huppés de la région, qu’un "crâne de singe" se balançait au bout d’une corde, dans le sous-bois situé dans le prolongement du chemin de Grange-Canal, le long du ruisseau.

(la suite demain)

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23/06/2010

Les maux bleus !

22 juin 2010 - STOP - France éliminée - STOP - Aucune victoire - STOP - Équipe à la dérive - STOP - Pays humilié - STOP - Domenech lâché par la FFF - STOP - Avion de retour annoncé - STOP - Paris reste attentive - STOP - Bachelot noyée dans la masse média - STOP - Les joueurs vont balancer - STOP - La presse va se déchaîner - STOP - Bloemfontein 22h47 - STOP.

Et après, ils vont parler alors que l'on sait tous ce qu'ils vont dire haut et fort, car personne ne voudra payer le prix de cette débâcle sportive, mais surtout nationale. 

Pourtant, vu de loin, il est évident que l'équipe nationale française de football a été assassinée, un petit meurtre entre amis !

Les responsables ;

1) Les politiques, à trop vouloir surfer sur le succès de 1998, l'image de la France et l'usage répétitif des vainqueurs de cette fameuse coupe du monde, ont sabordé le navire France sur la distance. D'ailleurs, "les bleus" n'étaient plus une équipe, mais une marque, un sigle, un étendard national. On se souvient tous du fameux "black, blanc, bleu". À vouloir porter trop haut ce symbole, il ne pouvait que redescendre très vite, trop vite, loin des illusions perdues.

2) Certains vainqueurs de 98, une génération qui certes avait du talent, mais qui a eu la chance de devenir championne du monde. Aujourd'hui, ces icônes du foot français sont devenues intouchables, des repères sportifs, voire même de la société, des hommes qui pourtant manquent terriblement d'humilité dans leurs analyses devenues journalistiques, sur fond de polémiques.

3) La presse, trop fière de ces champions du monde, d'un foot français qui pourtant depuis n'a rien gagné. Une presse exigeante, comme dans tous les pays, mais une presse poubelle, à scandale, où la vente d'un torchon est devenue bien plus importante qu'une analyse, sportive ou de société. Le quatrième pouvoir a aussi le pouvoir de nuire, ne l'oubliez jamais.

4) Le staff et Domenech, indéniable, indiscutable, une évidence qui pourtant n'a pas engendré la décision nécessaire il y a 4 ans. Un navire France sans gouvernail, c'était la garantie d'échouer rapidement, sans convaincre, sans séduire, sans l'évolution nécessaire pour guider le groupe.

5) Les joueurs, pas pour leur révolte, que je peux comprendre, mais pour le star système dans lequel ils sont presque tous entrés. L'agent, la pub, le luxe, les défilés de mode, les soirées VIP, et surtout des salaires honteux dans de grands clubs. Ils en oublient le sport, les valeurs de celui-ci et celles de la nation. Ils privilégient des carrières personnelles à la place du groupe, probablement aussi par un manque de reconnaissance en cette nation qui n'a plus d'identité car à la dérive politiquement.

6) La FFF, une fédération qui est tombée dans les travers de l'argent, de la gloire, de la vanité aussi. Une fédération qui doit oublier 98 et partir sur une éthique nouvelle, la jeunesse, le sport, le développement de soi-même et d'une société à la recherche de repères où l'individualisme n'a pas raison dêtre, où la solidarité et l'humilité doivent régner.

C'est un petit joueur de 4e ligue qui écrit tout ça, mais c'est surtout un amoureux du foot, et là le football a été sali, bafoué, et j'ai honte pour eux, pour le peuple français qui devrait crier à sa jeunesse "Aux armes", car l'avenir lui appartient depuis hier soir.

 

13/06/2010

Max Göldi, le retour attendu aux vérités suspendues !

Max Göldi a été libéré et il pourrait arriver en Suisse ce soir ou demain. C'est la plus heureuse des nouvelles.

Ce retour est attendu, par tous, car nous sommes tous conscients que cet homme vient de traverser un désert diplomatique et juridique qui n'a servi que la main de la vengeance et le bras économique de notre pays.

Des langues vont-elles enfin se délier dans les jours à venir ?

J'en doute !

Ce qui est certain, c'est que beaucoup devront prendre leur courage à deux mains pour venir oser saluer ce retour.

C'est probablement ce même manque de courage qui va faire que les bonnes questions ne seront pas posées.

Reste à savoir si Max Göldi voudra lui donner des réponses que d'autres ne souhaitent pas entendre, le fardeau de la faute étant trop grand pour eux !

Walter Schlechten

21/05/2010

Suis-je Franco-Valdo-Genevois ?

Je ne sais pas vous, mais depuis quelques semaines j'ai l'impression de perdre mon identité, que l'on tente de me déraciner, tel un vieil arbre qui ne se trouve plus au bon endroit dans un verger, qui après avoir fait trop d'ombre à ses voisins les empêchent visiblement maintenant d'envahir le territoire des autres. Pourtant, les fruits de ce vieux végétal ligneux sont encore nobles, frais, vitaminés et sucrés, mais cette abondance ne suffit plus.

Entre la mondialisation, et ses fruits et légumes qui arrivent par avions entiers, entre l'eurocompatibilité et ses marchandises et denrées qui arrivent pas camions entiers, entre cette régionalisation et ses produits cuisinés qui arrivent par cabas entiers, je ne sais bientôt plus quel goût a le produit de mon vieil arbre, pourtant si simple à cueillir car à portée de main. 

J'ai bien envie de me retrouver sur un étal avec mes compatriotes, produits du canton et reconnus de qualité. Certains l'ont bien compris, cette identité a une valeur, est une valeur, car elle a une histoire. Des hommes et des femmes ont saigné pour l'ériger, mais voilà, à force de laisser l'argent et l'appât du gain devenir roi, c'est notre âme que nous abandonnons, tout comme vous avez déjà abandonnez ce vieil arbre au centre de votre verger.

Walter SCHLECHTEN