19/11/2011

La polémique, nouvelle arme des journalistes en mal d'investigation ?

Deux articles récents m'ont interpellé en qualité de citoyen, de lecteur, de blogueur, où visiblement le but recherché à travers l'écriture n'était que celui de la polémique. Aucune investigation, des renseignements pris à la va vite, nul développement du sujet, aucune conclusion, peu d'intérêt donc, mais c'est néanmoins publié et lu.

 

- Le premier rédigé concerne le dernier GHI, un billet intitulé « La police de Cornavin aux abonnés absents ».

 

C'est l'histoire de deux touristes victimes d'un vol à la tire dans le train, qui se rendent au poste de police de la gare de Cornavin et trouvent porte close, accompagnée d'un panneau d'annonce qui précise : « En raison du nombre d'affaires en cours, le poste est fermé. S'il s'agit d'une affaire urgente, veuillez vous diriger vers le poste des Pâquis (voir plan à votre droite) ». Le titre de l'article est en rouge et noir et la photo dudit panneau bien en évidence au centre de la page.

 

Mais après, que pouvons nous lire dans cet écrit. Que cette mesure est exceptionnelle, qu'elle se pratique aussi dans d'autres postes du canton lorsque les nécessités  opérationnelles sont plus importantes que l'accueil au public. Les lésés ont du marcher 300 mètres pour déposer leur plainte au poste des Pâquis. Indignation, goût amer, incroyable, honteux et j'en passe des qualifications qui viennent nourrir ce torchon par son auteur en mal de sensation.

 

On y trouve toute la différence entre un bon et un mauvais journaliste. Le mauvais constate la fermeture du poste, prend une photo et rédige un article bidon avec un titre tapageur après avoir pourtant obtenu une explication simple mais concrète.

 

Le bon constate la fermeture du poste, prend aussi une photo mais cherche à comprendre pour quelles raisons cette situation existe, trouve l'explication, assimile le système appliqué, en analyse les causes, y propose une solution et fait un excellent article d'information générale.

 

- Le deuxième cas concerne la TDG de ce jour, avec un billet intitulé « Succession de Zappelli : le dilemme des socialistes », dans lequel on y trouve un petit encart titré « Un policier choisi Jornot ».

 

Si l'article principal est instructif, complet, objectif, l'encart se veut juste provocateur, incitateur et nourricier d'une polémique.

 

Il traite du dernier article de mon blog intitulé « Procureur général, pourquoi Olivier Jornot sera l'élu ! ». La journaliste se demande si un policier peut livrer un avis politique sur un site internet d'accès public sans déroger à son devoir de réserve. Elle qualifie encore ce billet de plaidoyer en faveur du candidat Olivier Jornot tout en admettant que ce blog est tenu par un citoyen, pas un policier.

 

Interpellé par la journaliste, le DSPE observe que votre serviteur « flirte avec le code », alors que la direction de la police, qui partage cet avis, relève « qu'il ne dévoile pas d'informations sous le sceau du secret professionnel et ne prend pas position sur des affaires de police ».

 

En conclusion, cette gentille pigiste en mal de scoop qui m'a téléphoné hier soir avant parution, ne retire que de notre très longue discussion partagée sur le sujet que le fait que « je chatouille et que deux cadre sont venus me voir pour me demander de changer mon blog ... ».

 

C'est là ou je m'énerve, car sous prétexte de créer la polémique, cette scribouillard en oublie mes mots accordés lors de cet entretien téléphonique et sort ainsi du contexte mes phrases.

 

Donc, afin de remédier à ce manque d'informations, d'investigation, motivé par la recherche d'un scoop, de sensationnel, de fait divers pas divers, d'un scandale ou d'une nouvelle polémique, je vous livre mes réponses accordées ;

 

  1. Je m'exprime sur ce blog en qualité de citoyen, pas de policier.
  2. Je parle de nombreux sujets, même si la sécurité, la police, la justice et la politique sont des thèmes de prédilection.
  3. Lors de la rédaction de mes billets, je n'utilise jamais des informations dont je dispose professionnellement, j'effectue des recherches sur papier ou le net afin de m'assurer que celles utilisées sont publiques.
  4. Mes billets sont rédigés à la maison, le soir et ne m'entravent pas dans mon travail.
  5. Mon blog est apolitique sachant que j'égratigne ou congratule tous les partis de manière générale, selon le thème, l'actualité, les sources et mes ressentis.
  6. Certain de mes écrits ont rencontré un certain succès, d'autre pas, mais il est rare que je laisse indifférents les lecteurs.
  7. Je dérange, je chatouille certes, je critique, de propose, je m'exprime, j'écris, j'émeus parfois, je participe à la vie de la blogosphère et au développement de notre environnement sociétal en utilisant la liberté d'expression, de réflexion, d'idées et d'écriture.
  8. Mes billets ne sont pas que négatifs, car la critique se veut parfois positive. Comme citoyen, n'ai-je pas pris la défense de la Cheffe de la police alors attaquée au sujet de Schengen-Dublin, comme citoyen n'ai-je pas félicité l'ancien président du DI et le Conseil d'Etat pour sa prise de position dans l'affaire Kadhafi, comme citoyen n'ai-je pas encouragé la présidente du DSPE lors de sa campagne électorale.
  9. J'ai trois blogs sur la TDG, le premier « Minet » était un lien important lors de ma présidence à l'UPCP. Alors représentant des gendarmes, ce moyen d'expression a été utilisé avec force et détermination, avec des propos et une écriture différente, un outil de révolte syndicale qui a aussi engendré des réactions politiques et professionnelles vindicatives, procédures réglées depuis, tout en sachant que ce blog est fermé (une seule parution cette année sur le thème du 11 septembre 2001).
  10. Le deuxième est celui qui nous occupe, rédigé par un habitant de La Croix-de-Rozon, avec un regard extérieur, nullement rattaché à la police à travers sa signature, comme tout citoyen pourrait  l'avoir à travers son vécu, ses expériences, sa vision du monde, ses qualités d'habitant et d'électeur.
  11. Le troisième est anonyme et émis sous un pseudo, rédigé sous une autre forme d'écriture, d'observation, d'analyse, une approche différente de la vision du monde, des hommes et de Genève, tel un essai.
  12. Enfin, pour enrayer toute polémique, en aucun cas il ne m'a été demandé par des cadres de la police de changer mon blog, surtout en lien avec mon dernier billet, qui n'est en aucun cas un plaidoyer pour le candidat Jornot mais une analyse politique, même s'il est vrai que deux cadres m'ont approché, à titre personnel probablement, durant cette année pour m'indiquer que mon blog n'était qu'un outil maladroit et préjudiciable à la profession selon eux. J'en ai pris note, ils ont entendu ma réponse et mes écrits perdurent comme avant, en ma qualité de citoyen, pas de policier.

 

En conclusion, même si je venais à m'exprimer en qualité de policier dans un de mes écrits, je le ferais probablement sans critiquer mes chefs, ma hiérarchie, les décisions prises, les affaires en cours, les politiques menées, les personnes élues et/ou mon employeur, respectant ainsi le devoir de réserve nécessaire.

 

Donc, pour en terminer, vous constaterez que la journaliste de la TDG avait de quoi étayer son article, au demeurant intéressant et qui concerne toute la fonction publique et le devoir de réserve, mais visiblement et comme souvent les raccourcis les plus courts sont également les moins riches en informations, ce qui est regrettable.

 

Le travail d'investigation a disparu du journalisme moderne, poussé par les rédactions à produire tout et n'importe quoi. Il est dommage de voir mourir une profession qui demeure l'un des plus beaux métiers d'une démocratie où les libertés d'expression et d'information se doivent d'être garanties.

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

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16/11/2011

Procureur général, pourquoi Olivier Jornot sera l'élu !

Le Parlement va prochainement procéder à l'élection du futur Procureur général de la République et canton de Genève. A ce jour trois candidats sont confirmés, Christian Coquoz (PDC), Yves Schifferli (UDC) et Olivier Jornot (PLR), même si l'on peut encore supposer que le parti socialiste se lance dans la course avec Yves Bertossa (PS).

 

L'évidence pourtant est là, comme le nez au milieu du visage, et pour moi aucun doute n'est possible devant la structure proposée, Olivier Jornot sera l'élu et en voici les raisons :

 

-         Olivier Jornot, député emblématique du Parlement, jouit de la reconnaissance unanime des ses pairs dans l'hémicycle, il est l'homme des compétences et des connaissances, il est un leader et un chef naturel, il est un politicien reconnu même si son caractère bien trempé lui joue des tours et qui n'inspire pas toujours à la sympathie.

 

-         Olivier Jornot, avocat de la place, est un défenseur reconnu qui dispose, tout comme au Parlement, d'un grand sens des joutes oratoires, il sait se faire entendre, il sait se faire comprendre, il sait être écouté.

 

-         Olivier Jornot peut devenir Procureur général et guider le Ministère public d'une main ferme et nouvelle. N'oublions par qu'il a été le seul élu à pouvoir adapter les écrits législatifs aux modifications nécessaires à l'arrivée du NCPP. Il maîtrise le sujet, il maîtrise le droit et si son caractère peut le desservir, son autorité naturelle l'appuiera.

 

-         Olivier Jornot, membre du PLR, est un libéral à forte personnalité, arriviste certes mais capable. Il a cependant été évincé du Conseil d'Etat il y a deux ans, suite à des luttes intestines propres aux libéraux, au profit de Mme Rochat, avec les conséquences que l'on connaît, que l'on devine. Il demeure pourtant un leader charismatique même s'il se fait oublier depuis. Ses supporters demeurent nombreux dans ce parti, mais ses adversaires aussi. Le résultat de la délibération de la commission judiciaire du PLR en est la preuve. L'éviction du Juge Louis Peila peut paraître comme une surprise au sein du parti, mais les raisons ne tiennent pas du déni de ses qualités, elles sont toutes autres. Les antagonismes humains durent au PLR et en plaçant Olivier Jornot à la tête du Pouvoir judiciaire c'est s'assurer qu'il ne sera pas candidat au Conseil d'Etat dans deux ans, ou comment éloigné son meilleur ennemi d'une évidence politique. Il en va de même pour la gauche genevoise qui a tout intérêt à voir disparaître de la liste des papables au Conseil d'Etat un candidat aussi sérieux que lui.

 

-         Enfin et surtout Olivier Jornot peut se permettre d'accepter ce challenge, même sur la durée, car s'il semble improbable de voir un jour un ancien Conseiller d'Etat devenir Procureur général, il n'est pas impossible d'imaginer que dans quelques années un ancien Procureur général devienne pour la première fois Conseiller d'Etat. La porte et la voie pour un parcours politique brillant restent donc ouvertes, même si en mettant les deux pieds dans le Pouvoir judiciaire cet élu s'en éloignerait momentanément, mais pour en revenir plus fort probablement.

 

Et comme dirait un élu que je ne citerai pas : « Ave Moi »

 

Walter Schlechten, habitant la Croix-de-Rozon.

 

 

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15/11/2011

Empathie, dans la peau d'un flic.

« Ce matin encore je me suis réveillé avec de forts sentiments. Ils m'habitent depuis des mois, comme s'ils avaient élu domicile, juste pour me troubler. Ils sont indéfinissables globalement car constitués d'un mélange de ressentis.

 

J'y trouve de l'incompréhension car je ne saisi pas sur quel chemin nous nous engageons. Nous étions censés emprunter une voie nouvelle, je ne la devine pas et aucun signal d'orientation ne vient aiguiller ma route.

 

J'y trouve de la colère car je me rends compte qu'il n'est pas possible de se reposer sur les idées des autres, de ceux notamment qui ne connaissent pas le sujet, qui ne pratiquent pas, qui observent sans apprendre, qui regardent sans comprendre, qui décident sans la lucidité nécessaire.

 

J'y trouve de la tristesse car ceux qui paient le prix de cette situation sont des innocents, des inconnus mais des proches aussi, des gens qui n'ont pas demandé à vivre dans une société aussi rude, même si la crise est là, le bien-vivre ici doit rester un pilier sociétal.

 

J'y trouve de la peur car lucide de la situation, où même nous ne sommes plus protégés, car en danger permanent face à l'inconnu et la non maîtrise du sujet, pour la population, pour nos familles, pour notre intégrité aussi.

 

J'y trouve du dégoût car à force de ne pas être écouté, l'impuissance de nos émotions prouve que nous ne sommes qu'une souche négligeable de la population aux yeux des observateurs, des soldats de la paix juste là pour obéir, sans réfléchir au sens de leur mission, sans analyser les résultats de leurs interventions, sans réaction face au manque d'attractivité des politiques menées.

 

J'y trouve de la terreur face aux horreurs constatées, commises pas des hommes sans scrupule, sans valeur, sans pitié, sans avenir souvent mais sans barrière égallement.

 

J'y trouve de la fureur car les promesses d'hier ne sont pas tenues, le respect attendu et les changements espérés ne sont que des mots qui demeurent lettres mortes.

 

Tous les matins je me confronte donc à la coupure avec mes émotions, car à l'aube je n'y trouve ni joie, ni surprise, ni tranquillité, éléments au combien importants à vivre au travers de nos émotions, juste pour partir travailler sereinement, sans craindre pour l'autre, sans craindre pour mon collègue, sans craindre de ne pas être à la hauteur des attentes de notre société face à la gangrène qui ronge nos rues.

 

Je suis gendarme, je suis policier, je suis flic, je suis argoulet, je suis indigné. »

 


Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

 

08/11/2011

Genève doit entrer en guerre contre l'insécurité, la criminalité, les incivilités, afin que nos valeurs redeviennent les piliers de notre société.

« Encore un fait-divers à Genève, un de plus. A travers une banalisation de la violence, des statistiques, des victimes, des effets collatéraux, des craintes et des inquiétudes réelles des citoyens de ce canton, c'est notre société qui meurt à petit feu.

 

Ce soir, un homme va probablement mourir, pour avoir reçu une balle dans la tête à la sortie d'une Migros. Règlement de compte, jalousie, mafia, drogue, argent, acte gratuit et crapuleux ou meurtre banal dans une société qui a perdu tous ses repères à travers la disparition de ses valeurs ?

 

Nous ne pouvons plus continuer ainsi, l'indolence politique doit cesser et les responsabilités ayant engendré ce chaos doivent être mises en évidence. Il faut oser, il faut dénoncer, il faut critiquer, il faut changer, il faut se révolter et dire stop à la violence, à l'insécurtié.

 

- Oser relever l'indolence politique sur les véritables problèmes liés à l'insécurité.

 

- Dénoncer les incompétences stratégiques à travers les priorités accordées.

 

- Critiquer l'insouciance de nos élus qui s'endorment une fois certaines élections passées.

 

- Changer de ton, de comportement, d'attitude, de méthode, de vision d'avenir pour redonner vie à notre canton.

 

- Se révolter car il n'est plus admissible que la population de cette ville, de ce canton, aie peur d'envoyer son enfant faire une course dans un supermarché sans craindre pour sa sécurité, son intégrité, sa vie.

 

- Se révolter encore car il n'est plus tolérable que nos hôtes se fassent détrousser, voler, spolier, abuser.

 

- Se révolter ensuite car il n'est plus acceptable d'entendre dire que nous ne pourrons jamais revenir en arrière, que c'est la société qui change, que dans d'autres grandes villes c'est pire, que c'est la faute de l'autre.

 

- Se révolter toujours car les responsables de cette catastrophe sociétale sont les mêmes qui décident de quoi demain sera fait, alors qu'aujourd'hui est déjà un gouffre ce qui nous est insupportable.

 

- Se révolter enfin car il n'est pas envisageable d'imaginer que la sécurité de demain puisse être menée par des milices, privées ou citoyennes, en lieu et place d'une police forte, déterminée et déterminante. Il en va de la survie de la démocratie.

 

Mais pour cela il faut du courage ;

 

-         Courage politique d'admettre ses erreurs

-         Courage judiciaire d'entendre les clameurs

-         Courage hiérarchique d'écouter les acteurs

-         Courage citoyen de dire « stop à la violence » et de se révolter

 

Le canton de Genève doit entrer ne guerre contre l'insécurité, contre la criminalité, contre les incivilités, contre la perte par assassinat de nos valeurs qui ont pourtant fondé cette société, par devoir de mémoire envers nos anciens qui ont lutter pour la sauvegarde de nos libertés, par instinct de survie pour que nos familles puissent vivre en paix et par respect pour l'avenir de nos enfants, car demain peut être un jour nouveau si volonté il y a de se révolter, et d'oser enfin. »

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

« N'est-il pas étrange de nous voir défendre plus farouchement nos erreurs que nos valeurs ? »

Khalil Gibran

 

 

30/10/2011

New York - Kigali, sans escale !

Elle est là, en bas de cette passerelle, un peu perdue, comme une enfant dans un grand aéroport. Elle hésite, recule puis avance enfin avant de monter une à une les marches qui la conduisent dans l'antre de ce Phénix flamboyant, lui qui de ses ailes majestueuses va lui faire traverser les mers et les océans.

 

C'est un grand voyage, un ultime moyen de trouver les réponses à ses questions, une dernière tentative pour entrer en communication avec les ombres qui hantent ses nuits et nos rues. Elle part à la recherche de solutions qui n'illuminent plus ses rêves.

 

En allant chercher les extrêmes, elle trouvera probablement des réponses, mais seulement à ses doutes personnels, en aucun cas aux problèmes qui rongent ses incertitudes. Car c'est bien là qu'il faut trouver une riposte, car la situation est grave. On le sent, la fin est proche et le nid de branches aromatiques et d'encens est en construction, et si ce bûcher est bientôt prêt c'est que le temps joue contre elle.

 

Nul ne sait aujourd'hui si les flammes d'un soleil nouveau sauront lui redonner la lumière nécessaire pour sortir des ténèbres, et ainsi sauver les siens, mais du haut de la statue de la Liberté à New York ou du plus profond des faubourgs de Kigali, il doit bien exister une lueur d'espoir dans les yeux d'une enfant, telle une petite fille rassurée qui serait prénommée Sécurité.

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

 

19/10/2011

Dépénalisation des drogues, ou comment des experts de la commission mondiale pour la politique des drogues, dont Mme Ruth Dreifuss, vont assassiner l'avenir de nos enfants !

Il y a des jours où je préférerais ne pas me réveiller pour prendre connaissance des dernières informations. Il y a des jours où je me demande si les décideurs de ce monde ont une quelle conque expérience humaine des sujets dont ils traitent.

 

Ainsi donc la commission mondiale pour la politique des drogues préconise la dépénalisation des drogues par la voix de Mme Ruth Dreifuss, ancienne Présidente de la confédération suisse ;

 

Ainsi donc la guerre mondiale contre les drogues a échoué, avec des conséquences dévastatrices pour les hommes et pour les sociétés du monde entier ;

 

Ainsi donc il faut mettre un terme à la criminalisation, à la marginalisation et à la stigmatisation des consommateurs de drogues qui ne cause pas de préjudice à autrui ;

 

Ainsi donc il faut rejeter les idées préconçues sur le trafic, la consommation et la dépendance au lieu des les renforcer ;

 

Ainsi donc il faut encourager l'expérimentation par les gouvernements de modèles de régulation légale des drogues, de manière à réduire le pouvoir du crime organisé et à protéger la santé et la sécurité des citoyens ;

 

Ainsi donc cette recommandation s'applique particulièrement au cannabis, pour d'autres drogues il faudrait encourager également d'autres expériences en matière de dépénalisation et de réglementation capables d'atteindre les mêmes objectifs.

 

La politique des drogues menée à ce jour aurait eu comme effets pervers :

 

1. Le développement d'un « gigantesque marché noir criminel » financé par les bénéfices exponentiels générés par la satisfaction de la demande internationale en drogues illicites.

 

2.  D'importants errements politiques, résultant des ressources allouées au financement d'un vaste système de répression contre ce marché criminel.

 

3.  Le déplacement géographique, aussi appelé « effet ballon », dû au changement des régions de production dans le but de contourner les mesures répressives.

 

4.  Le changement de substance, ou le passage des consommateurs à d'autres substances lorsque leur drogue habituelle devient difficile à obtenir, par exemple suite à des mesures de répression.

 

5.  La stigmatisation, la marginalisation et l'exclusion sociale des toxicomanes.

 

http://www.idpc.net/sites/default/files/library/Global_Co...

 

Ce sont donc notamment ces raisons qui poussent ces "experts" à tenir un discours aussi ouvert, aussi permissif, aussi irresponsable car ne tenant pas compte des réalités de la toxicomanie, de la demande et de l'offre perpétuelles, des contraintes physiques et psychiques des cures et autres prescriptions régulées qui ramènent si souvent le drogué à une consommation parallèle à son traitement.

 

Je vous laisse à vos réflexions chers lecteurs, la mienne sera publiée dans mon prochain billet, car là ma colère est grande face à l'irresponsabilité des hommes et des femmes qui préconisent la dépénalisation des drogues, sachant que si la politique des quatre piliers n'est pas aboutie à travers ses priorités, elle demeure la seule solution envisageable pour l'instant. Je vous en rappelle les fondamentaux :

 

Le pilier « prévention » contribue à la réduction de la consommation de drogues en évitant que les gens ne se mettent à en consommer et ne développent une dépendance.


Le pilier « thérapie » contribue à la réduction de la con sommation de drogues en permettant de sortir d’une dépendance ou à en préserver la possibilité. Elle contribue en outre à la promotion de l’intégration sociale et de la santé des personnes traitées.

Le pilier « réduction des risques » contribue à minimiser les effets négatifs de la consommation de drogues sur les usagers et – indirectement – sur la société en rendant possible une consommation entraînant moins de problèmes individuels et sociaux.

Le pilier « répression et régulation du marché » contribue, par des mesures de régulation servant à appliquer l’interdiction des drogues illégales, à réduire les effets négatifs de la consommation de drogues.

 

Walter Schlechten, habitant la Croix-de-Rozon.

 

 

16/10/2011

Place des Nations, je me suis indigné !

Samedi dernier, je me suis rendu à proximité de la place des Nations. Je voulais me joindre aux Indignés.

 

Ce que j'aime en ce mouvement c'est que pour l'instant il n'est pas manipulé, ou si peu. Chacun est libre de s'indigner publiquement à travers une démonstration pacifique mais citoyenne, et pour le thème qu'il désire.

 

Personnellement je souhaitais m'indigner au sujet du monde dans lequel nous vivons, avec une vision humaniste.

 

La famine, les conflits armés meurtriers issus d'enjeux économiques, la misère humaine, la pauvreté, la valeur irréelle de l'argent virtuel, les gouvernements antagonistes qui alimentent la guerre sans vouloir trouver la paix, les injustices sociales, la pollution de la planète, les droits humains qui ne sont pas respectés, la prolifération des drogues, les promesses politiques tenues jamais respectées, tels sont les thèmes qui me touchent.

 

Arrivé sur place, je ne me suis pas reconnu, ni à travers les Indignés présents, ni à travers la politisation des débats.

 

Arrivé sur place, j'ai alors tourné la tête de l'autre côté de la rue, en direction du majestueux Palais des Nations, et j'y ai vu deux agents de police en faction. D'autres se trouvaient à quelques mètres de là, en attente vers un fourgon, tel du bétail. Je me suis alors demandé si eux étaient indignés de se trouver ici, probablement sur un de leur jour de congé, juste pour servir une démocratie qui ne les écoute plus.

 

Je n'ai pas trouvé la réponse à cette question, mais j'ai aussitôt quitté les lieux, indigné !

 

Walter Schlechten, habitant de la Croix-de-Rozon.

 

 

12/10/2011

La police de proximité, autrement !

Depuis des années j'observe mes amis policiers exercer la police de proximité, selon la doctrine imposée, selon les moyens à disposition, selon les quartiers, selon les objectifs, selon les affinités personnelles, selon les possibilités, selon les liens tissés, selon les courants politiques.

 

Individuellement, à Genève l'îlotier de proximité de gendarmerie bricole, il réinvente, il suggère, il propose, il arrange, il subit aussi. D'homme de liaison il est devenu l'homme de référence, le lien, le seul bien souvent entre la population, les associations, les entreprises, les autorités et la police de quartier. Un homme seul qui trop souvent n'a pas les réponses aux questions déposées. Il a bien son idée sur la question, mais si celle-ci n'est pas partagée par ses collaborateurs, sa hiérarchie ou les priorités politiques du moment, il reste isolé face aux interrogations de ses partenaires en lesquels il s'identifie.

 

Pourtant, à lui seul il dispose d'une vision complète de la situation, du tableau social qui l'entour allant des besoins populaires qu'il récolte, des problèmes relevés et parfois des solutions envisagées par de bonnes volontés.

 

Il observe aussi les doublons inutiles, les réunions futiles, les discussions inabouties, les évaluations minaudées, les rapports lissés, le manque d'engouement de certains, le trop plein d'autres qui s'engagent sans compter.

 

Il remarque l'évolution d'une commune, d'un quartier, d'un parc, d'une rue, d'un immeuble, d'une arcade, d'un squat, d'une cave, d'une association, d'une ethnie, d'une famille, d'un groupe, d'un couple, d'une femme, d'un enfant, d'un vagabond, d'un être désocialisé.

 

La proximité est avant tout un comportement avant d'être une doctrine. Elle est l'affaire de tous en portant un regard nouveau envers l'autre, envers l'inconnu, envers l'étranger, envers le vieux, envers le jeune, envers le riche, envers le pauvre, envers l'isolé, envers l'abandonné, envers l'agressé, envers la victime, envers le lésé, avec le droit d'aider et de stopper, d'agir et de prévenir, de signaler et d'anticiper, de parler et de s'exprimer car sur le fond seul le langage rapproche réellement les hommes au-delà de ses différences.

 

Aujourd'hui, il est temps que le policier îlotier, pédiatre des maladies infantiles de notre société, devienne un spécialiste du lien de proximité, un réel coordinateur, tel un guide placé au carrefour de la misère humaine, de l'insécurité, de l'Etat social et de la population désabusée.

 

La route est encore longue, mais à vous, mes amis îlotiers je vous le dis, ne baissez pas les bras mais ouvrez les à un avenir nouveau que j'espère deviner au loin.

 

Walter Schlechten, habitant de la Croix-de-Rozon.

 

05/10/2011

L’incompétence de l’Etat à juguler la hausse de la criminalité et l’arrivée de milices populaires ou citoyennes sont des signes graves pour la démocratie genevoise !

 

C'est la démonstration populaire la plus importante depuis des décennies, le peuple s'indigne, se rebelle, s'organise en milices populaires ou citoyennes. Un élan spontané, aidé certes par quelques partis aux abois qui stigmatisent l'inefficacité du gouvernement, mais un élan qui porte un message fort ; «  nous en avons assez de cette situation, vous ne faites rien, nous allons nous en occuper nous-mêmes ».

 

Sincérité d'une indignation que je partage, constat dramatique d'une situation que j'atteste, mais une réaction sécuritaire que je condamne.

 

Je ne condamne pas les personnes qui se lient contre l'insécurité, qui pensent bien faire, qui osent. Je ne condamne pas la population qui sort du bois, qui parle, qui agit. L'arrestation cette semaine d'un voleur aux Eaux-Vives par un acte spontané de plusieurs badauds, je le félicite mais je ne l'encourage pas.

 

Heureusement, c'est aussi le signe que l'on se parle à nouveau, que l'on s'occupe de l'autre, que l'on prête attention à son voisin, que l'on veille, que l'on aide, que l'on se soutien démocratiquement. Dans une société où malheureusement l'individualisme, la réussite et l'argent sont devenus les valeurs nouvelles, l'indignation revient apportant dans son sillage la solidarité sociale.

 

Malheureusement cette modification sociétale est un signe grave à l'intention des pouvoirs politiques. La population est en droit d'attendre des prestations dignes de ce nom, l'éducation, la santé, la sécurité étant les mamelles de la démocratie à charge de l'Etat. Une responsabilité qui doit être assumée en osant, en innovant, en provoquant, en agissant surtout.

 

Hier soir sur France2 il y avait un reportage sur la police à Paris, mais surtout nous y avons vu une peinture sociale de la délinquance parisienne. Une honte pour une démocratie qui a abandonné le terrain sans s'en rendre compte au profit des jeunes à la dérive.

 

Il est temps que les gens qui ont encore les valeurs que nos parents nous ont inculqués sortent du bois, s'imposent en politique et apportent un vent nouveau sur un système étatique sclérosé par les clivages gauche droite, par des conflits d'intérêts financiers ou à travers des échéances électorales où seul quelque slogans viennent nourrir des débats convenus par des promesses attendues mais balancées sans conviction, sans valeur, sans croyance, sans une obstination politique en laquelle nous pourrions nous identifier.

 

Pour l'instant, nos élus pensent que l'intervention citoyenne, qu'elle soit organisée ou inopinée, peut-être révélatrice de doutes sur l'efficacité policière, « un phénomène de perte de confiance dans le travail des forces de l'ordre, énonce Olivier Jornot, pour qui la solution est d'améliorer cette image par des actes, sans tomber à bras raccourcis sur ces miliciens ».

 

Faux Monsieur Jornod, la perte de confiance cible le pouvoir politique et les élus en place, cela serait une énorme erreur que de croire que nos forces de l'ordre vont une nouvelle fois servir de fusible, de prétexte, d'excuse, car là le gouvernement n'en a plus et il porte l'entière responsabilité de ce qui se passe à Genève !

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

 

03/10/2011

PolProxMobile ou la BarthMobile, une idée sans idée !

Par son look, on la croirait tout droit sortie d'Alice au pays des merveilles ou du jardin d'enfants des Bisounours, la PolProxMobile est une roulote itinérante, oh pardon, un commissariat de police itinérant de proximité.

 

Une idée sans idée, une proximité administrative qui va à la recherche de son public, sans être véritablement consciente des attentes et des besoins sécuritaires de la population, même en milieu rural.

 

« L'idée est de réhabiliter le travail du policier, garrotté par son travail administratif et chevillé à son matériel technique » dixit Yves Patrick Delachaux, expert en sécurité. Ce n'est donc plus la victime qui va au poste mais le poste qui va à la victime, tout ça « pour retrouver le sens de l'accueil des plaintes » selon Frédéric Maillard, prévisionniste de polices.

 

Les commissariats mobiles existent depuis longtemps dans les pays nordiques, vous en trouvez sous d'autres formes à Amsterdam ou Copenhague. Leur implantation, sur une place ou dans un quartier chaud en soirée par exemple, est accompagnée d'une dizaine de policiers qui investissent les lieux. Présence, prévention, contrôle, répression, accueil et écoute. Ce local mobile, s'il se veut polyvalent, c'est au service de la population mais surtout des policiers. Rien à voir avec le projet proposé, associé à des éducateurs hors mur ou un bureau de prévention et d'enregistrement des plaintes. Du personnel policier mobilisé, cloisonné, bureaucratisé, simplement rendu un peu plus sympathique car accessibles à travers un véhicule qui ressemble à une bibliothèque ou une ludothèque.

 

Tiens, c'est justement ce en quoi est convertible le projet de nos experts, comme quoi la lucidité d'un échec probable peu apporter des solutions pragmatiques à ses concepteurs.

 

Reste le prix, CHF 370'000.-, mais attention, le travailleur hors mur, le policier de proximité ou le garde frontière n'est pas fourni à la livraison, trop occupés sur le terrain pour de véritables priorités.

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

Photo : Benoît Buzzi - water-proof.net - 2011

Réf : http://www.delachauxmaillard.com/

 

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27/09/2011

"La Patience"

 

Ainsi donc nos policiers genevois doivent faire preuve de patience, dixit le porte-parole du DSPE. Un effet de manches de plus ou une nouvelle erreur de communication ?

 

Je me le demande, car venir exiger à ces mêmes employés de faire preuve de patience, eux qui viennent pour la plupart de voir leur temps de travail augmenter de 6 à 8 ans (la limite d'âge de départ à la retraite ayant été modifiée) et qui sont depuis des semaines pressés comme des citrons au niveau de leurs horaires, voyant leurs congés supprimés pour assurer de nombreuses manifestations voire le service courant (le tout sans devoir générer d'heures supplémentaires pour plaire à la Cour des comptes), c'est un peu fort de café.

 

Faut dire que la patience à Genève on connaît.

 

Nous patientons depuis des lustres, alors un peu plus ou un peu moins, ceci étant valable pour la traversée de la rade à la troisième voie CFF et autoroutière, du Ceva aux travaux des nouvelles lignes du tram, des zones piétonnes aux nouveaux parkings P+R, du PAV au déclassement de zones agricoles, de la diminution de la dette à la finalisation de la Constituante, à Genève il faut effectivement être patient.

 

Le problème, c'est que le genevois ne l'est pas, ne l'est plus et que de ce fait il faut maintenant que nos élus prennent enfin des décisions claires et clairvoyantes, des positions déterminées et déterminantes, à travers des investissements réfléchis et réfléchissants pour un avenir sécuritaire et sécurisant, politiquement, socialement, économiquement, sécuritairement, humainement, sincèrement parlant.

 

Mais nos élus auront-ils la patience de prendre le temps de se prononcer, ou préfèreront-ils attendre patiemment la prochaine année des hannetons, je me pose la question car ceci ne figure par dans le plan quadriennal qui nous a été présenter au début de cette législature.

 

Patientons alors encore 18 mois, les choses devront bien bouger d'ici là, car il faudra que certains présentent leur bilan, et que d'autre se rendent aux urnes, avec une certaine impatience à n'en pas douter.

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

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25/09/2011

"Dan"

 

« Je me revois, il y a quelques années, assis là, dans l'église Sainte-Croix, place du Marché à Carouge. Nous sommes des dizaines, que dis-je des centaines. Arrivé en avance j'ai trouvé place dans ce lieu de culte, de recueillement. Moi qui suis athée je tenais absolument à être là, en communion avec toi Dan, avec tes amis, avec tes proches, avec les miens.

 

Même si à ce moment précis je n'ai pas encore réalisé, même si je n'ai pas encore conceptualisé, même si je n'y crois pas, je suis là. L'impossible c'est produit, l'improbable n'était même pas envisagé alors que l'incroyable départ c'est réalisé.

 

C'est le cœur et la gorge noués que j'attends ton entrée par l'allée centrale ; c'est le cœur et la gorge serrés que je me demande encore et encore pourquoi tu as fait ça ; c'est le cœur et la gorge meurtris que je me demande pourquoi nous n'avons rien vu venir ; c'est le cœur et la gorge opprimés que je te demande, en regardant déjà le ciel, pourquoi tu n'es pas venu chercher de l'aide, auprès de nous, auprès de moi.

 

Comme depuis trois jours, je culpabilise de n'avoir rien vu venir, de n'avoir rien deviné, de n'avoir rien détecté, de n'avoir pas pu voir probablement. Rieur et fraternel tu étais pour moi, avec le cœur noyé parfois, mais comme tant d'autres.

 

La musique démarre, l'esprit solennel envahit le lieu de culte. Nous nous levons tous, comme un seul homme, tous unis, tous abattus, tous complices.

 

Mes jambes me lâchent déjà, je tremble comme si la vérité allait me sauter au visage et me détruire les vicaires.

 

Mes yeux me brûlent aussi, car sur ma gauche je devine ton entrée, je te devine, je te parle je crois, je te demande pourquoi, je te demande pardon même si je ne sais pas si je dois le faire.

J'aurais voulu t'aider, d'accorder toute l'écoute nécessaire, t'offrir toute l'amitié attendue, d'accorder toute l'empathie que nous savons pourtant au jour le jour partager avec d'autres.

 

Ton cercueil apparaît, l'image concrète de ton décès aussi à cet instant. Je m'écroule, en larmes, des pleurs que je ne retiens plus, je n'y arrive pas. A mes côtés, ils sont des dizaines en larmes, tous effondrés et incrédules, comme moi.

 

Je ne me souviens plus très bien du reste de la cérémonie, si ce n'est qu'elle était belle, qu'elle était simple, qu'elle était comme toi, ronde et magnifique, proche des gens. Je me rappelle que notre Commandant a parlé d'un grand mur bleu, sur lequel dorénavant il allait y manquer une brique, une clef de voûte importante probablement.

 

Puis est arrivée la fin et la sortie de l'office. Une foule énorme t'attendait. Tu es ressorti de cette église comme tu y étais entré, costaud et fier, porté très haut, par les bras des nôtres, par nos cœurs, par nos larmes. A ton passage, j'ai eu envie d'applaudir, de te dire adieu à l'italienne, de te dire merci aussi pour tous ces rires partagés, de te dire que tu resteras à jamais avec nous, coûte que coûte. Je ne l'ai pas fait, par respect pour ta famille, pour tes enfants, pour tes amis, pour nos collègues, pour ce silence qui a envahi soudainement la place du Marché, telle une ombre.

 

Je me suis alors éloigné pour me réfugier sous un porche, car une pluie de larme, un torrent de tristesse m'ont envahi. Malheureusement, ce jour là, mes questions n'ont pas été emportées par ces flots. Mes interrogations sont restées sans réponse, et aujourd'hui encore nous ne comprenons toujours pas.

 

Pourtant, ce geste fatal a probablement été pour toi une libération, j'ose le croire. Il faut avoir le cuir solide qu'on nous dit, il faut travailler avec une carapace épaisse qu'on nous enseigne, il faut laisser les soucis de la maison à la maison et ceux du travail au travail qu'on nous susurre.

 

Tu sais Dan, cette semaine quatre policiers français se sont donné la mort. Eux aussi nous ont quittés, eux aussi avaient un parcours professionnel et personnel, eux aussi étaient arrivés au bout d'un chemin que personne n'emprunte sauf nous.

 

Ce soir, nous aussi sommes tristes, car l'on ne peut pas être ou ne pas être, vivre ou ne pas vivre, car nous ne sommes que des hommes et des femmes qui traversons tous les jours les carrefours de la misère humaine. Le policier n'est pas une machine, le policier s'intteroge, le policier pleure, le policier souffre, le policier se suicide aussi.

 

Le suicide est une chose horrible, pour celui qui part, pour ceux qui restent, à travers l'acte, à travers les interrogations qui demeurent, à travers la violence du geste. Alors si vous avez un ami, un collègue, un proche qui semble chercher une écoute, tendez lui l'oreille, écoutez le quelques minutes, le libérant ainsi un peu de démons que vous ne deviniez pas encore, mais qui reviendront peut-être sans prévenir pour l'emporter.

 

Dan, tous les jours je pense à toi, et si tel n'était pas le cas, l'actualité terrible est là pour me sortir de l'oubli.»

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

16/09/2011

Deux ans déjà, et pourtant !

Bientôt deux ans que Mme Rochat est en place, qu'elle gère comme ce peut la fameuse « patate chaude ». Deux ans de communiqués, de conférences, de prestations de serment, de consultations, deux ans d'apprentissage de la chose aussi. Une grande écoute reconnue, mais après !

 

En votant pour elle il y a deux ans, j'attendais qu'elle s'entoure des meilleurs, que les bisbilles internes au parti Libéral se gomment face aux besoins, face à l'urgence.

 

En votant pour elle, j'attendais que le ménage soit fait au DI, organe politique de gestion du département.

 

En votant pour elle il y a deux ans, j'attendais la suite d'un discours entendu en campagne, la mise en place d'une « tolérance zéro ».

 

En votant pour elle il y a deux ans, j'attendais que la droite doublement majoritaire prenne le taureau de l'insécurité par les cornes, que Champ-Dollon II débute ses travaux, qu'une maison de détention administrative voie le jour, que les effectifs des administratifs à la police augmentent, que le nombre d'aspirants de police croisse, que le commissariat virtuel naisse, que le discours politique attendu vienne, comme des signes forts.

 

J'ai attendu, et j'attends encore !

 

Si tout ne pouvait pas être exécuté en un jour, les idées et les projets se devaient d'être mis sur les rails de l'avenir, de la construction, de l'évolution d'une société où l'insécurité n'aurait plus place.

 

En lieu et place de mes attentes, je n'ai vu que la poursuite d'une réorganisation administrative de la police amorcée par son prédécesseur.

 

En lieu et place de mes attentes, je n'ai vu qu'un département frileux soumis aux contrôles de la Cours des comptes et de la Commission des fiances.

 

En lieu et place de mes attentes, je n'ai vu qu'augmenter la criminalité à Genève.

 

En lieu et place de mes attentes, je ne devine que des policiers frustrés de ne pas avoir les moyens d'agir, de ne pas disposer d'une doctrine forte et claire, d'un message rassembleur et déterminé destiné aux malveillants.

 

En lieu et place de mes attentes, je ne devine qu'une population qui en a marre d'attendre et qui veut que les simples priorités sécuritaires soient enfin établies et mises en place, pour enfin obtenir des résultats visibles.

 

En lieu et place de mes attentes, il ne me reste que mes doutes d'électeur, mes craintes de citoyen et mes convictions personnelles sur le sujet.

 

Carpe Diem.

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

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15/09/2011

Sécurité à Genève, un Pol-shop et deux Maisons de la Sécurité pour répondre aux attentes des citoyens, des politiques !

 

L'idée de ce texte m'est venue suite à un échange de commentaires sur le dernier billet de Monsieur Longet, intitulé : « Sécurité à Genève, ceux qui parlent, ceux qui (s') agitent, ceux qui agissent ! »

 

http://longet.blog.tdg.ch/archive/2011/09/13/securite-a-g...

 

Le débat immiscé portait sur la nécessité d'avoir de nombreux commissariats ouverts en permanence et accessibles au public, j'ai donc posé cette question à cet élu : «J'aimerais une bonne fois pour toute que les politiques m'expliquent pour quelles raison ils veulent de nombreux commissariats ouverts en permanence et accessibles au public ? »

 

Sa réponse a été celle-ci :

 

« Pour les commissariats ouverts : il est plus frustrant de tomber sur un répondeur téléphonique ou de n'avoir que le 117 qui vous envoyer une patrouille si disponible ; avoir une cellule d'accueil où l'on peut rencontrer un être humain capable de débriefer l'événement, de vous défendre et de vous rassurer fait pour moi partie de la prestation publique de sécurité. »

 

A la lecture de cette prise de position, je me suis rendu compte que Mai 68 a laissé des traces indélébiles chez certains, mais qu'il faut aussi savoir parler de la police de proximité sans toutefois mélanger les professions, comme celles d'assistant social, d'éducateur de rue, de psychologue, de médecin ou de policier.

 

Certes, par défaut, les pandores si proches des citoyens doivent au quotidien s'improviser dans les fonctions de ces différentes professions, mais ils n'en ont ni la formation, ni les compétences, ni le temps, ni l'objectif sachant que leurs missions premières, surtout en ces périodes chahutées, sont toutes autres.

 

Malheureusement, bien des politiciens ne connaissent pas encore le travail de policier, et donc ne saisissent pas les priorités qui doivent être accordées à travers les missions de proximité et les tâches rattachées à cette profession, qui en résumé sont :

 

- être proche du public,

- faire de la prévention,

- connaître parfaitement le terrain,

- être visible à travers des patrouilles,

- intervenir dans un délai minimal,

- connaître de façon approfondie les types de populations,

- être accessible facilement à travers des locaux,

- favoriser le partenariat,

- résoudre les problèmes.

 

Cette liste n'est pas exhaustive, mais proche des réalités du terrain et des attentes de la population.

 

A décharge de nos politiciens, la véritable question qui se pose actuellement à Genève est de savoir qui de la gendarmerie, de la police de sécurité internationale, de la police judiciaire ou de la police municipale doit se concentrer sur l'ensemble de ces tâches, ou quelques-unes en partie ?

 

En ce qui me concerne, moi simple habitant de La Croix-de-Rozon, mon point de vue est celui-ci :

 

-         La proximité en rue avec le public est une nécessité globale, tous les corps de police ont besoin de celle-ci, lien privilégié du renseignement et baromètre urbain et suburbain de la société. Cette proximité s'accomplira de manière différente d'un corps à l'autre, même si la doctrine d'approche se devrait d'être identique et pragmatique, mais à l'évidence, la gendarmerie et la police municipale se doivent d'être les partenaires privilégiés de la population en général, dans les quartiers, les villages, les villes, les communes. Mais à court terme, la police municipale devrait prioriser cette mission, en lien évident avec la prévention.

 

La proximité dévolue à la police de sécurité internationale se devrait de cerner son milieu d'action, en lien avec ses partenaires issus du cahier des charges établi. La pluridisciplinarité obtenue il y a peu demeure un atout mais ne doit pas faire s'éloigner la tâche de la mission. Une redistribution des effectifs, par transvesalles, devient alors possible et nécessaire pour équilibrer les unités, face aux besoins de la gendarmerie notamment.

 

-         La prévention est un acte quotidien de tout policier, il est motivé par l'opportunité de l'action en lien avec l'événement. Cette prévention peut aussi être rattachée à titre éducatif à la police judiciaire, à la gendarmerie et à la police municipale. Dans ce volet, une interaction entre ces trois services serait souhaitable.

 

-         La connaissance du terrain est une évidence policière mais qui demeure insuffisante en milieu urbain, du fait de la densité enregistrée et du nombre de tâches à accomplir. Il en va des connaissances personnelles et individuelles, aux connaissances métiers indispensables à la réalisation des actes. Un îlotage d'observation à redécouvrir soi-même qui devrait redevenir la norme de la patrouille pédestre, à la gendarmerie, mais auprès de la police municipale aussi car elle s'en éloigne il me semble.

 

-         La visibilité à travers les patrouilles est organisationnellement impossible aujourd'hui. Les patrouilleurs motorisés sont principalement dévolus à police urgence et aux réquisitions à la gendarmerie. Avec le nombre croissant d'interventions, le gendarme demeure le seul généraliste à travers sa fonction, il n'y a plus de place, ou si peu, à la patrouille pédestre ou cycliste, pourtant garante d'une proximité évidente. Même remarque pour la police municipale, qui se retrouve de plus en plus en voiture, la légitimité des déplacements et l'attribution de réquisitions nouvelles ayant il me semble éloigné ces agents de leur cadre d'action premier, et donc de la police de proximité. A ce jour, seul un cahier des charges clair et précis pour chaque entité permettra le retour en rue de la police municipale, de la gendarmerie aussi.

 

 

-         Intervenir dans un délai minimal est une attente logique de tout requérant, qui bien souvent se retrouve confronté à un problème qui lui semblera, pour lui, d'une grande importance. La police demeure un repère, une référence, une aide, une solution. Pourtant, il y a une graduation dans l'intervention, une classification de la chose issue du recul pris et de l'analyse immédiate des éléments à disposition. Le délai d'intervention s'en verra donc modifié, adapté, réajusté, tout en veillant à ce que l'urgence prime. Cette méthodologie, pourtant logique, se pratique au détriment du citoyen qui aura donné à son événement, par ses valeurs, ses croyances et d'autres éléments extérieurs, une importance parfois incongrue vis-à-vis de la réalité.

 

C'est dans ce contexte que la visibilité à travers la patrouille disparaît elle aussi, étouffée par les réquisitions et le manque de personnel. Il a été démontré à Lausanne que la population souhaitait voir intervenir dans un délai minimal la patrouille  lors d'un appel et qu'il en était généralement le cas dans 83 %. Une exigence légitime de la population au sujet de la prestation première de la police de proximité.

 

-         Connaître de façon approfondie les types de populations passe par un apprentissage en rue, en lien direct avec la proximité et l'îlotage, mais aussi par la formation continue, professionnelle et individuelle. Connaître les milieux dans lesquels on travaille, qui souvent ne sont pas les même que ceux où nous vivons (zone urbaine - suburbaine), demeure une connaissance métier indispensable à l'accomplissement d'un travail de proximité. Genève, de par la richesse des populations présentes, reste un cas complexe où l'adaptation aux attentes prend du temps, mais elle doit rester un maillon de culture générale qui tissera un lien privilégié à travers la connaissance de l'autre. Il y a la Genève internationale, celle des beaux quartiers, et il y a la Genève des rues, elle aussi multiculturelle. Les quatre corps de police sont donc concernés par cette approche, qui se devra d'être généraliste mais nécessaire.

 

-         Etre accessible facilement à travers des locaux, et me voila enfin de retour auprès de notre camarade Longet et de ses pairs. Je ne peux m'empêcher de disserter sur ce sujet sans parler de la nécessaire différence entre l'insécurité et le sentiment d'insécurité.

 

Dans l'esprit populaire, et de nos politiques, un poste de police de quartier, de commune, ouvert 24/24 est un gage de sécurité. Cette croyance est fausse car la prestation fournie, qui sera essentiellement administrative, ne sera pas en adéquation avec les besoins opérationnels et du terrain. Il est rare, pour ne pas dire improbable, de voir une victime venir se réfugier dans un poste de police. La démarche première est souvent de faire appel à la police et non pas de s'y rendre.

 

De plus,  un poste de police ouvert, la nuit notamment, c'est deux gendarmes minimum bloqués à l'intérieur, avec parfois de longues heures d'attente pour quelques plaintes contre inconnus, pour des faits qui datent bien souvent de plusieurs jours.

 

Si vous multipliez ceci, ne serait ce que par six postes de police ouverts (trois rive droite, trois rive gauche), nous arrivons à 12 unités dévolues à des tâches administratives en travail de nuit. Un luxe que la police genevoise ne peut pas se permettre actuellement si j'en crois les débats et qui ne correspond pas aux véritables besoins de la population.

 

Un poste de police ouvert aide à vaincre le sentiment d'insécurité, en aucun cas l'insécurité, tout en sachant qu'un poste de police qui n'assure pas un accueil permanent ne veut pas dire un poste de police fermé, vide. Les agents de nuit travaillent néanmoins dans ces locaux, mais affairés aux événements courants en lien avec les nombreuses réquisitions sur lesquelles ils se seront rendus.

 

Une police accessible facilement à travers des locaux ne veut pas dire une multiplication des locaux, mais une optimisation de lieux d'accueil avec une centralisation des moyens, des partenaires, des services. Genève compte deux postes de police ouverts la nuit. Mais au-delà du nombre, se sont les infrastructures qui ne correspondent pas à l'attente, comme en témoigne les propos de Monsieur Longet : « avoir une cellule d'accueil où l'on peut rencontrer un être humain capable de débriefer l'événement, de vous défendre et de vous rassurer fait pour moi partie de la prestation publique de sécurité »

 

A ce jour, si c'est bien un être humain qui vous répondra dans les locaux de la police,  un gendarme, vous y trouverez une écoute emphatique parfois et une prestation judiciaire toujours, mais il n'est pas certain que l'agent soit disposé à débriefer, rassurer ou défendre, tel un médecin, un psychologue ou un avocat.

 

Il prendra le temps auprès d'une victime choquée d'effectuer des premières démarches, mais il n'en aura ni les compétences, ni le temps, ni les moyens. Après, il pourra simplement passer le témoin à l'institution adéquate, pour autant que ce lien existe. Trouver un avocat de la défense la nuit n'est pas simple, la venue d'un médecin prendra du temps et un psychologue ne recevra qu'aux urgences de l'Hôpital cantonal. Une cellule de débriefing peut être activée certes, mais elle est rarement sollicitée dans des cas communs.

 

J'en arrive à mon idée, motivation de ce billet.

 

Dans un monde parfait, nous devrions selon moi trouver à Genève un Pol-shop où toutes les plaintes contre inconnu seraient enregistrées, ceci à l'intention des lésés qui n'auraient pas pu effectuer cette démarche par le net, sur un guichet universel de l'Etat, comme proposé en son temps par les PDC mais qui tarde à voir le jour. Si le suivi des plaintes nécessite bien l'intervention et le travail de la police, l'enregistrement de telles plaintes demeure un travail administratif, qui pourrait être dévolu à un personnel adéquat.

 

L'accessibilité des locaux de police pour les plaintes contre inconnu et toute autres démarches administratives doit se calquer sur les autres services de l'Etat. Tout citoyen sait où trouver l'OCP, l'OCAN, le SCOM, l'Hôtel des Finances ou le Service des Objets Trouvés, pourtant des bureaux uniques et centralisés.

 

Dans un monde parfait nous devrions aussi disposer à Genève de deux maisons de la sécurité, ouvertes 24/24 dans lesquelles nous y trouverions, un accueil exercer par des administratifs, des policiers pour le travail judiciaire, des agents de la police municipale pour les problèmes d'îlotage, un médecin, une infirmière, un assistant social, un psychologue voir même un centre Lavi. D'autres services en lien avec la sécurité pourraient y être associés.

 

Je ne vous parle pas là de deux casernes, non, mais de bâtiments à dimensions humaines où le policier pourrait enfin passer le témoin au bon partenaire.

 

Relevons qu'à Genève nous disposons de deux Hôtels de Police et de quinze postes ou brigades en zones urbaines ou suburbaines. Une répartition nécessaire des locaux qui permet d'intervenir sur tout le canton en agissant sectoriellement et qui devrait être un gage de proximité en rue le jour où ils seront déchargés de tâches administratives, dont l'accueil permanent.

 

Relevons aussi que sur la Ville de Genève nous trouvons encore cinq postes de la police municipale qui proposent un accueil de jour, mais pour des prestations qui ne sont pas toutes identiques à celles de la gendarmerie, tout comme plusieurs communes du canton.

 

Mon idée n'est probablement pas nouvelle, mais ainsi nous favoriserions le partenariat et à n'en pas douter la résolution de bien des problèmes au profit des citoyens, libérant ainsi du personnel policier pour un travail de proximité en rue afin de lutter véritablement contre l'insécurité.

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

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13/09/2011

Horaires de la police, mais qu’espérait donc la Cour des comptes ?

Septembre 2011, le rapport annuel de la Cour des comptes est diffusé. Dans le tome 1, sous « Faits marquants », on y trouve en point 1 : Audits relatifs au Corps de police de l'Etat de Genève (rapports no 17, 20 et 32)

 

Rapidement, on peut lire que sur les 17 recommandations déposées par la Cour, 7 n'ont pas été mises en œuvre, elles concernent principalement la mise en place d'horaires de travail minimisant la création d'heures supplémentaires et la mise en place de fortes fonctions finance et RH, qui n'ont pas suffisamment abouti.

 

« Relativement aux horaires, la police n'a pas effectué d'analyses démontrant que les horaires sont adaptés au besoin du terrain.

Par exemple, considérant qu'en 2007 le nombre d'heures récupérées (hors paiement) était plus élevé que le nombre d'heures supplémentaires créées, la Cour avait recommandé que les horaires ne soient pas établis en planifiant 100% des heures normales à travailler mais par exemple 90%, les 10% d'heures de réserve servant à couvrir les événements extraordinaires. La recommandation n'a pas été suivie en tant que telle.

Toutefois la direction de la police a choisi de mettre en œuvre un horaire avec une flexibilité  sur la période de l'horaire du premier jour de travail de la semaine (« flex »). Cependant, aucune analyse préalable n'a été effectuée permettant de justifier ce choix d'un point de vue opérationnel ou financier. De plus, ce système reste optionnel pour les différents services.

Finalement, il ne résout pas les problèmes de création d'heures supplémentaires : les horaires actuels de la gendarmerie montrent que plus de 100% des heures normales à travailler sont planifiées, ce qui engendre de facto des heures supplémentaires.

L'absence de mise en œuvre de certaines recommandations montre que les choix entrepris par la police ne sont pas justifiés alors même que les enjeux financiers peuvent se révéler importants. A ce jour, aucune analyse ne permet d'évaluer l'efficacité de l'horaire « flex » choisi par la police et de son application.

Par ailleurs, aucun suivi régulier des heures supplémentaires permettant d'identifier la création, la majoration, la reprise et le paiement des heures supplémentaires n'a été effectué.

• Les stocks d'heures supplémentaires ont diminué entre le 31 décembre 2009 et le 30 juin 2011 uniquement par le  fait qu'environ 500'000 heures effectuées avant le 31 décembre 2009 ont été payées. Sur le premier semestre 2011, le stock d'heures supplémentaires de l'année a

augmenté de 94'899 unités soit un coût d'environ de 6 millions.

• Le système informatique ne comptabilise pas (encore) les heures de piquet. Or, les compensations pour heures de piquet sont évaluées à 56'000 heures par an soit un coût d'environ 3.6 millions.

Il résulte de ces points qu'à ce jour aucun tableau de bord ne fait mention du niveau d'engagement ni des raisons qui ont conduit à créer ce niveau d'heures supplémentaires, comme les « projets sécuritaires » (Figaro, manifestations sportives, protections diplomatiques, etc.), le pont de fin d'année ou encore la planification dépassant le 100% du temps de travail réglementaire.

Si l'activité du premier semestre 2011 se poursuit à ce rythme, l'augmentation du stock d'heures supplémentaires de l'année pourrait atteindre environ 200'000 heures et de compensation pour heures de piquet environ 50'000 heures. Il en résulterait un engagement financier d'environ 16 millions dont seule la partie liée aux heures de piquet (2.2 millions) figure au budget 2011. »

 

Mais qu'espérait donc la Cour des comptes ?

 

La Cour reste en attente d'une analyse qui démontrerait que les horaires sont adaptés aux besoins du terrain, certes, mais à ce jour aucun rapport n'est venu démontrer que ces horaires n'étaient pas adaptés à ces besoins, sachant que le simple fait d'assurer police urgence 24/24 nécessite déjà l'horaire en vigueur pour 500 gendarmes.

 

L'exemple cité par la Cour, qui s'est basée uniquement sur l'année 2007, où le nombre d'heures récupérées (hors paiement) était plus élevé que le nombre d'heures supplémentaires créées, préconisait que les horaires ne soient pas établis en planifiant 100% des heures normales à travailler mais par exemple 90%, les 10% d'heures de réserve servant à couvrir les événements extraordinaires. Si cette recommandation n'a pas été suivie en tant que telle, c'est simplement parce qu'elle est inapplicable sans péjorer gravement le fonctionnement général de la police, à travers ses tâches et ses missions premières, dont police urgence.

 

Si ce système horaire est en place à Zurich, c'est aussi du fait que ce canton dispose d'effectifs suffisants pour justement ne pas péjorer les missions premières qui se doivent d'être assurées. Un tel système pourra éventuellement voir le jour à Genève si l'effectif de la gendarmerie venait à dépasser les 1200 unités, et pas à travers une augmentation déguisée de l'effectif qui serait issue de fusions avec les APM et/ou la PSI, sachant que les cahiers des charges de ces entités se devraient alors d'être repris pas cette « gendarmerie unique », soit comme résultat opérationnel une simple équivalence sur la situation actuelle, avec aucune plus-value. Il faut 1200 gendarmes à Genève pour appliquer un horaire planifié à 90 % tout en assurant les fonctions principales de la police.

 

La Cour relève que la direction de la police a choisi de mettre en œuvre un horaire avec une flexibilité sur la période de l'horaire du premier jour de travail de la semaine ("Flex"). Elle affirme qu'aucune analyse préalable n'a été effectuée permettant de justifier ce choix d'un point de vue opérationnel ou financier.

 

Je vous rappelle que ce choix est issu du rapport Annoni et que ce mode de faire est appliqué dans d'autres cantons, avec succès. A Genève, la mise en place de ce "Flex", contraignant pour les policiers, a déjà permis, à n'en pas douter, d'éviter la fluctuation des heures supplémentaires requises par les événements spéciaux prévisibles. Par contre, ce "Flex" s'opère au détriment du personnel de jour, qui voit son nombre diminuer de facto puisque une partie des collaborateurs basculent leur horaire, sur ordre et en général pour un service de nuit, ce qui péjore le service de jour.

 

Certes, ce système reste optionnel pour les différents services, c'est juste, mais il ne peut en aucun cas être généralisé. Il ne peut, pour les motifs invoqués ci-dessus, être appliqué tous les jours auprès de chaque policier. On basculerait alors sur du travail à l'appel, ce qui est farouchement contrer par tous les syndicats du monde, voir par la médecine du travail.

 

Le "Flex" ne résout pas les problèmes de création d'heures supplémentaires, il permet de neutraliser celles-ci sur les événements prévisibles. La Cour relève que les horaires actuels de la gendarmerie montrent que plus de 100% des heures normales à travailler sont planifiées, ce qui engendre de facto des heures supplémentaires.

 

Ce n'est pas la planification des horaires à 100 % qui engendre de facto des heures supplémentaires, ou si peu, mais le manque d'effectifs policiers, administratifs, et surtout tous les événements. ainsi que toutes les tâches et les missions imprévues qui découlent d'une simple journée de travail.

 

La Cour affirme que les choix entrepris par la police ne sont pas justifiés alors même que les enjeux financiers peuvent se révéler importants. A ce jour, aucune analyse ne permet d'évaluer l'efficacité de l'horaire "Flex" choisi par la police et de son application. Ces deux affirmations sont fausses.

 

Les choix entrepris correspondent aux possibilités actuelles applicables à travers la marge de manœuvre disponible, vu les effectifs et l'augmentation du travail. Certes les enjeux financiers peuvent se révéler importants, mais comme nous l'avons toujours affirmé, la sécurité à un prix, tout en vous précisant que les policiers ne capitalisent pas leurs heures supplémentaires, ils les reprennent au gré des possibilités du service, lui-même ne devant alors pas être péjoré par ces récupérations. Le paiement annuel des heures supplémentaires, proposé par le Conseil d'Etat je vous le rappelle, demeure une option qui a aussi ses incidences et ses retombées fiscales, ne l'oubliez pas.

 

La Cour relève enfin qu'aucun suivi régulier des heures supplémentaires permettant d'identifier la création, la majoration, la reprise et le paiement des heures supplémentaires n'a été effectué.

 

Cette affirmation est inexacte, sachant que le suivi est assuré par l'application COPP, où toutes les missions, les fonctions, les manifestations, les tâches, les horaires et les heures supplémentaires y auront été inscrits. C'est l'extraction de ces données qui demeure compliquée, mais le suivi permettant d'identifier la création, la majoration la reprise et le paiement des heures supplémentaires est en application.

 

La Cour relève enfin que les stocks d'heures supplémentaires ont diminué entre le 31 décembre 2009 et le 30 juin 2011 uniquement par le  fait qu'environ 500'000 heures effectuées avant le 31 décembre 2009 ont été payées. Sur le premier semestre 2011, le stock d'heures supplémentaires de l'année a augmenté de 94'899 unités soit un coût d'environ de 6 millions.

 

Il faudrait alors se poser la question de savoir pour quelles raisons le stock d'heures supplémentaire est en augmentation, car s'il ne peut plus être attribué à une "mauvaise gestion" du personnel, il faut se rendre à l'évidence que c'est tout simplement la quantité de travail qui a augmenté, allant du nombre de réquisition aux lourdeurs du NCPP, des événements sportifs à risque aux réunions internationales, de la hausse de la criminalité aux opérations Mousquetaires, BA, à  bien d'autres événements qui expliquent cette augmentation. Rappelons aussi que certaines périodes de l'année, la récupération d'heures supplémentaires est impossible pour des raisons opérationnelles, organisationnelles, sécuritaires, voire politique.

 

Ce n'est pas le policier qui se créé des heures supplémentaires, mais l'exercice de sa fonction à travers ses tâches, ses missions, ses écritures, ses obligations, ses contraintes.

 

La Cour reproche que le système informatique ne comptabilise pas (encore) les heures de piquet. Or, les compensations pour heures de piquet sont évaluées à 56'000 heures par an soit un coût d'environ 3.6 millions. Les modalités du piquet ont été établies, reste à englober celles-ci dans l'application COPP. Un problème informatique, pas humain.

 

Selon la Cour des comptes, il résulte de ces points qu'à ce jour aucun tableau de bord ne fait mention du niveau d'engagement ni des raisons qui ont conduit à créer ce niveau d'heures supplémentaires, comme les « projets sécuritaires » (Figaro, manifestations sportives, protections diplomatiques, etc.), le pont de fin d'année ou encore la planification dépassant le 100% du temps de travail réglementaire.

 

Ainsi la Cour désire un tableau de bord, mais il existe, il est accessible à travers le rapport annuel de la police, où tout y est scrupuleusement expliqué, allant de 88'000 réquisitions aux centaines d'heures consacrées soit aux événements sportifs, soit à la Genève internationale, soit aux opérations ciblées, etc. On y trouve aussi le récapitulatif des collègues blessés, le nombre d'heures supplémentaires, le nombre d'heures reprises courant année. Pour les détails, ce n'est pas dans un tableau de bord qu'il faut aller les chercher, mais dans l'application COPP.

 

La Cour des comptes à par contre probablement raison sur le dernier point, si l'activité du premier semestre 2011 se poursuit à ce rythme, l'augmentation du stock d'heures supplémentaires de l'année pourrait atteindre environ 200'000 heures et de compensation pour heures de piquet environ 50'000 heures. Il en résulterait un engagement financier d'environ 16 millions dont seule la partie liée aux heures de piquet (2.2 millions) figure au budget 2011.

Je vous rappelle que le piquet a aussi été instaurer afin de maîtriser les heures supplémentaire, en ne mobilisant pas 60 collaborateurs mais en les gardant de piquet par exemple. De ce fait, le coût est bien moindre, en temps, en argent et en ressources humaines.

 

La bonne question est de savoir si ces prochaines années l'Etat veut véritablement économiser de l'argent sur le dos de la sécurité et péjorer les citoyens à travers les prestations fournies par la police, car toute diminution du temps de travail, au regard des effectifs et à travers l'horaire ou la neutralisation des heures supplémentaires, engendrerait irrémédiablement des répercutions importantes, voire graves, sur le bon fonctionnement des services de police, et ses prestations.

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon,

et pour ce billet, ancien président de l'UPCP.

 

 

11:50 Publié dans Associations, Economie, Genève, Histoire, Médias, Police, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook