25/09/2010

Antisémitisme : condamner ou être condamné, le rejet n'est-il pas entretenu par la victimisation ?

Deux éléments de l'actualité, l'un international l'autre régional, m'ont interepellé cette semaine.

Premièrement, on constate que le rapport rendu mercredi 22 septembre par les experts de la Commission des droits de l'homme de l'ONU réclame que les auteurs des exactions commises par des soldats israéliens lors du raid meurtrier contre la flottille humanitaire en mai dernier soient traduits en justice.

Souvenez-vous, le 31 mai l'armée israélienne donnait l'assaut à la flotille humanitaire en route pour Gaza. Résultat de ces arraisonnements, 9 morts.

 « Il y a des preuves claires permettant d'appuyer des poursuites pour les crimes suivants : homicide intentionnel, torture ou traitements inhumains, fait de causer intentionnellement de grandes souffrances ou des blessures graves ».

« Les circonstances des meurtres d'au moins six des passagers correspondaient d'une certaine façon à une exécution extra-judiciaire, arbitraire et sommaire », ajoutent les experts, qui précisent  également qu'un certain nombre de personnes, dont des journalistes, ont été blessées. À leurs yeux, la « conduite des forces armées d'Israël révèle un niveau inacceptable de brutalité » et s'est traduite par de « graves violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire ».

Face à ces accusations, la position de Tel-Aviv ne varie pas. Pour le ministère israélien des Affaires étrangères, « le rapport est partial et partisan, comme l'organisme qui l'a produit ».

Ce rapport sera présenté lundi au Conseil des Droits de l'Homme.

Deuxièmement, c'est aussi le 22 septembre que la sortie qu'une affiche de la Jeunesse Socialiste Genevoise, des Jeunes Vert-e-s et United Black Sheep, dont la dernière réalisation graphique, militant contre la révision de l’assurance-chômage, a fait bondir le CICAD, une organisation de lutte contre l’antisémitisme.

Au-delà du slogan contre cette révision de l'AVS, on y découvre le dessin d’un jeune en survêtement, l’air désabusé. Mais c’est surtout le personnage du banquier se tenant derrière lui qui ne passe pas pour Alain Bruno Lévy, membre du CICAD qui déclare : «La CICAD regrette que la campagne initiée contre la révision de la LACIE utilise une caricature dont un personnage représente  clairement un capitaliste dont les traits ne sont pas sans rappeler les vieux stéréotypes antisémites des années 30. Bien qu’il n’y ait de mon point de vue aucune intention malveillante de la part des initiateurs de cette campagne. » 

Pour certains historiens effectivement, à l’instar de Luc Van Dongen, la figure choisie pour l’affiche est proche de la représentation du «judéo-bolchévique» autrefois véhiculée par les nazis.

Le personnage du banquier fait polémique sur l'affiche.

 

Le caractère antisémite de l’affiche est néanmoins vivement démenti par les partis à l’origine du projet. Un communiqué de presse publié ce matin s’en défend et parle d’«un amalgame malheureux», n'ayant «jamais été la volonté des trois entités jeunes de gauche ni de l’artiste qui a réalisé l’affiche».

La polémique est néanmons lancée, et la victimisation recherchée égallement.

Dans ces deux cas médiatisés nous nous retrouvons avec une actualité où l'antisémitisme est mis en avant.

- Premièrement, par la non reconnaissance d'un rapport officiel et indépendant, document dénoncé comme parial, partisan et dirigé contre l'état hébreu.

- Deuxièmement par la critique de La CICAD d'une affiche au graphisme douteux.

Ce qui me gêne dans ces faits d'actualité, c'est la victimisation et l'usage malsaint qui est fait de de la lutte contre antisémitisme.

Si l'on dénonce l'état hébreu, la société est partisane et l'antisémisime devient un prétexte pour ne pas reconnaître des accusations formelles, et d'un autre côté, si l'on dénonce un acte proche de l'antisémitisme, l'on victimise alors ainsi une nouvelle fois des Hébreux et ceci de manière totallement disproportionnée à l'intention.

Il faut lutter contre l'antisémitisme et rester vigilant, un proche passé nous l'a prouvé, mais il faut aussi lutter contre les violations graves des Droits de l'Homme, et n'être que perpetuellement la victime, sans oser reconnaître ses fautes, n'est-ce pas nourrir soi-même des préjugés qui ne devraient pourtant plus exister au regard des droits humains ?

Minet.   

 

 

 

 

23/09/2010

Lettre ouverte au Dr David Haeberli, rédacteur responsable de Genève Actualité à la TDG

Cher docteur,

Quelle ne fut pas ma surprise hier matin en prenant connaissance de votre diagnostic. En effet, sur votre rapport quotidien d'analyses on peut y lire que "la police n'est qu'un grand corps malade qui a fait trébucher tant de magistrats depuis des décennies".

Diable, à vous lire je ne devine qu'une maladie incurable, pas de rémission possible, même à l'issu d'un très très long traitement. Pourtant, je n'ai pas en mémoire tous les symptômes que vous avancez, ce qui m'autorise à douter de la crédibilité de votre unique diagnostic.

Ainsi, cette pandémie policière genevoise aurait fait trébucher de nombreux magistrats depuis des décennies. Ils ne sont pas tous au cimetière des Rois, ni à Saint-Georges, j'ai vérifié, mais ils ne sont néanmoins pas capables d'énumérer les séquelles qu'ils auraient gardées inévitablement de ces lourdes chutes.

Je vous invite donc à revoir votre diagnostic, à effectuer de nouvelles prises de sang auprès de divers cobayes, de changer de souches, avant de recommencer vos analyses. Je suis certain que cette erreur de lecture n'est pas due à une vision limitée que vous auriez de la police, ni à un mélange des genres.

Vous avez le pouvoir d'informer, pas de guérir tous les maux de la société, donc chez docteur Haeberli, revoyez votre jugement en découvrant de véritables symptômes qui permettront de trouver enfin un remède à tous ces maux, des mots qui frisent la calomnie, ce qui serait insupportable de la part d'un praticien généraliste.

Dans l'attente de lire votre prochaine ordonnance, je vous présente, cher docteur, mes saines salutations.

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.  

 

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16/09/2010

« Une police militarisée constitue une réelle menace pour la démocratie » selon Yves Patrick Delachaux et Frédéric Maillard, pas selon moi (commentaires en rouge).

« Une police militarisée constitue une réelle menace pour la démocratie » Pour Yves Patrick Delachaux et Frédéric Maillard, chercheurs et enseignants, une réforme de la police s’impose. Ils plaident pour des agents de « maintien de la paix sociale » plutôt que de « l’ordre ».

Par Olivier Chavaz– Genève – Le Courrier du 13 septembre 2010

Les auteurs de Policier, gardien de la paix ?sont intarissables. Une réforme profonde de l’institution policière est urgente, insistent Yves Patrick Delachaux et Frédéric Maillard. Si leurs constats ne connaissent pas de frontières, la police genevoise en prend pour son grade. Symptomatique d’un corps volontiers violent, refermé sur lui-même, sourd et aveugle aux évolutions du temps. L’ancien gendarme, passé par des études de psychologie et devenu « expert de police », et l’économiste didacticien, chargé de cours à l’école de police à Genève, promeuvent au contraire une action basée sur la défense des droits humains, dans la transparence et au plus près de la population. Un credo peu en vogue dans la tendance actuelle au tout sécuritaire spectaculaire.

Interview

De quels maux souffre selon vous la police ?

Frédéric Maillard : Il faut d’abord relever qu’il n’y a pas une police, mais des polices, avec des différences selon les services, les cantons ou les villes, pour rester en Suisse.

La tendance globale est toutefois que cette institution peine à relever les défis posés par les changements sociétaux. Pour nous, le problème vient en premier lieu de la «compromission militaire» sur laquelle est basée cette institution, dans son organisation et sa logistique. Avec comme corollaire une très forte hiérarchisation et des carrières dépendant exclusivement du degré de soumission et de l’ancienneté. Et ses dirigeants sont presque tous des officiers de l’armée et/ou des juristes. Le repli est total.

Minet : Avant de répondre à cette question, je me dois de corriger votre introduction dans laquelle vous affirmez que "la police genevoise en prend pour son grade, symptomatique d’un corps volontiers violent, refermé sur lui-même, sourd et aveugle aux évolutions du temps."

S'il est normal que dans une analyse pertinente l'audité puisse en prendre pour son grade, il m'est impossible de vous laisser dire que la police genevoise est un corps volontiers violent, refermé sur lui-même, sourd et aveugle aux évolutions du temps". Inepties et mensonges, analyse globale du siècle passé établie sur une méconnaissance de la police genevoise du XXI ème siècle.

Pour enfin répondre à votre question, je dirais, en ma qualité de citoyen qui suis ce débat avec un œil extérieur mais une certaine expérience du sujet à Genève, que les maux principaux dont souffre la police sont ;

Premièrement, une perte flagrante d'identité, dans le statut, dans la fonction, dans les missions à remplir, dans son rôle qu'elle doit tenir dans notre société. Depuis quinze ans, on demande aux policiers d'être le curé, le notaire, l'assistant social, de grand frère, le confident, le fonctionnaire qui écoute, l'observateur de la mutation générale de la société, mais aussi le garant des droits fondamentaux, des lois et des règlements, des droits humains, des valeurs de cette société à la dérive, dans laquelle le dernier bastion de l'éducation civique, morale, éthique demeure le flic, tel un bâton de pèlerins, pour des parents, des enseignants, des éducateurs socioculturels, des pouvoirs politique et judiciaire, des administrations impuissantes. La police demeure l'ultime repère sur qui on compte pour sauver la face après quarante ans de laxisme social. Mais le flic se doit aussi d'être intègre, droit, infaillible, solide, actif, décisionnaire, prédicateur moral, créateur du dialogue, initiateur du règlement des premiers conflits et, tout en observant son devoir de réserve, il devra encore dénoncer au pouvoir judiciaire les infractions relevées lors de sa mission.

Pris en étau par ces exigences sociétaires et professionnelles antagonistes, la police ne sait plus où se situer dans le schéma étatique. Elle perd ainsi la pluridisciplinarité et sa polyvalence au profit de spécialistes, de brigades et de sections aux tâches et aux missions totalement différentes, mais composées de policiers bien souvent réunis pour le maintien de la paix à travers le maintien de l'ordre. Ce déséquilibre dans le statut ne peut que venir nourrir ce fort sentiment d'impuissance qui gagne les agents, car devant autant de défis, qui ne devraient pourtant pas tous leur revenir, l'abnégation ne suffit plus sans le soutien de nos autorités, des hiérarchies, du pouvoir judiciaire et autres chercheurs ou politiciens qui aiment à produire des audits sur la police.

Deuxièmement, à force de dire que la police va mal, on lui cherche des maux qu'elle n'a pas et on lui en trouve, statutairement, économiquement, hiérarchiquement, éthiquement, moralement, de la formation à la retraite, mais en oubliant trop souvent l'humain et la mission qui se cachent dernière chaque policier, voire la mission première qui se doit d'être recherchée lors d'une refonte d'une organisation, à savoir une amélioration de son fonctionnement, dans le cadre de ses tâches, de ses missions, de ses engagements, des ses actions, de ses interventions, de ses doctrines, à travers son savoir être et de son savoir faire, dans le cadre du maintien de la paix, de l'ordre, en allant au devant de la misère humaine ou en se battant contre la criminalité.

L'humain policier ne supportera pas plus longtemps ces jugements assimilables à des attaques incessantes, qui sur la finalité du travail accompli par les auditeurs n'apporte aucune véritable solution pour répondre aux urgences de la profession, des métiers, aux attentes des citoyens et celles de nos policiers, que plus personne n'écoute. En position d'accusé, de gibier chassé, oppressé par la machine étatique et hiérarchique, le policier perd toute son indépendance dans l'initiative, motivation qui demeure pourtant le maillon essentiel, tel un baromètre de la société, dans le chaînage quotidien de l'observation, de l'analyse et de l'action de la police au service de cette même société.

Victimisation d'une profession, car à force de trop tirer sur la police, sachant que ce n'est pas sur l'institution que retombe les fracas mais sur les hommes et les femmes qui composent cette police, ceux-ci ne tirent plus à la même corde, la police se dissout et devient un simple élément de la fonction publique, fonctionnaires auxquels alors il ne faudra plus demander d'avoir le sens du sacrifie, moral, physique, familiale, personnel, humain. Si nous arrivons un jour à cette situation, nous perdrons alors le dernier garant de nos repères et de nos valeurs issus de l'éducation, du respect, ultime rempart d'autorité dans une société qui a abandonné ses enfants et ses valeurs culturelles, sociales, sécuritaires et humaines il y a trop longtemps.

Vous pointez cette dérive militaire dans les missions de la police."

FM : Depuis une dizaine d’années, on assiste clairement à une recrudescence des opérations militarisées de maintien de l’ordre, par exemple celles menées aux Pâquis l’an dernier. Mais si le métier de policier finit par se confondre avec celui de militaire, c’est sa disparition. Plus question de travailler en faveur de la résolution de conflits, de la proximité, ni sur l’analyse des origines du crime. La surveillance électronique et les entreprises privées prendront encore davantage de place. Il d’agirait alors d’une réelle menace pour la démocratie et les droits humains.

Minet : Ceux qui pointe du droit l'organisation dite militaire dans les missions de la police n'ont aucune idée du travail important qui aura été fait en amont, mais qui aura alors débouché sur un échec, surtout si le maintien de l'ordre devient nécessaire. Cet échec ne sera pas le fait de la police, mais bien d'un ensemble de décisions, de choix, de prises de positions de partenaires, d'antagonistes, de victimes, d'auteurs, de classes sociales, de voisins, d'ethnies, de mouvements ou de citoyens, où le flics simple internenant n'aura pas trouvé des solutions qui ne lui appartenaient poutant plus.

Le travail de base de la police est l'aide à autrui, l'éducation, le secours, la prévention, la résolution des conflits, la lutte contre la criminalité, le maintien de la paix et de l'ordre.

Dans toute intervention il y a l'avant, le pendant et l'après. La mission dite militaire interviendra après, en dernier recours face à une situation qui aura été jugée sans autre solution. Si tel n'était pas le cas, il y aura eu erreur d'appréciation, mais l'échec initial demeurera pourtant sans que la solution apparaisse, tout simplement mais pour une bonne raison. Dans le chaînage de la résolution des conflits, à un certain moment le policier, ou la police, devrait pouvoir, après moult tentatives et en ayant absorbé toutes les approches possibles à travers le dialogue et une approche socioculturelle pertinente, passer la main à l'administration compétente, au service adéquat, à l'humain dont la mission et la formation seront de reprendre le flambeau de l'urgentiste qu'est le flic. A ce jour, nous avons UMUS, VIRES, la LAVI, le SPMI, les services sociaux des communes et de la ville, les maisons de médiations, des associations, des groupements mais il manque ce que j'aime à appeler "le passeur de témoin". A cet instant précis de la décision, le flic ne peut pas devenir l'aiguilleur du ciel sombre de la misère humaine. Si cette fonction n'existe pas à ce jour, même si l'îlotier de police l'exerce bien souvent, offrir un tel "passeur de témoin" à la police et à nos institutions ce serait aussi reconnaître le travail de police effectué en amont et décharger du poids administratif, social et moral du cas présenté, pour redonner ainsi une identité aux tâches, aux missions et au statut de la police.

De vouloir transformer des éducateurs socioculturels en policiers de proximité, comme j'ai pu le lire récemment, voilà bien une idée dont la simple utopie laisse entrevoir la disparition d'une profession à but sociale, essentielle et indispensable dans le chaînage précité qu'est l'éducateur socioculturel. Il suffit de voir les "grands frères ou les modérateurs" se faire attaquer et agresser dans les transports publics, tel un organe d'autorité désavoué, pour comprendre que ce chemin n'est pas le bon. Chaque acteur doit pouvoir être identifié, à travers sa tâche, sa mission et son approche.

Enfin, la militarisation de la police, dans sa structure, est une nécessité dans la donnée d'ordre, dans l'acceptation de l'acte et dans la prise de décision. Les responsabilités, sous cette forme, incomberont alors à la hiérarchie, pour le meilleur comme pour le pire. La police ne pourra jamais se passer de ce double statut, très militarisée organisationnellement dans les actions de masse, très indépendante et libre d'initiatives dévolues au maintien de la paix dans le travail quotidien.

L’apparence compte-t-elle ?

Yves PatrickDelachaux : Les signes du poids grandissant donné au maintien de l’ordre s’observent y compris dans le domaine de l’uniforme et de l’équipement. Au début des années 2000 encore, je travaillais en cravate et couvre-chef. Aujourd’hui, le boulot quotidien se fait en pantalons bouffants, casquette de baseball et ceinture de charge. Chaque poste possède désormais deux motos tout-terrain noires. Nos agents font de plus en plus peur. Je ne comprends vraiment pas les responsables qui font ces choix.

FM : Une anecdote à propos de ces motos. Des connaissances ont été choquées de les voir à l’œuvre, façon voltigeurs, lors de la dernière manifestation contre l’OMC. Ces gens revenaient de missions humanitaires dans des pays peu démocratiques… Ce n’est effectivement pas l’idée qu’on se fait d’une police moderne et intelligente.

Minet : L'apparence, à travers le vêtement, la tenue, le rôle, mais aussi le savoir faire et le savoir être compte énormément. L'un des problèmes de ce jour revient à l'une de mes réponses précédente. Que fait la police et à quel moment, dans quelle circonstance, donc avec quelle approche et dans quelle tenue ? A trop mélanger la mission de groupe, de maintien de l'ordre, à celle quotidienne du maintien de la paix, le policier se perd, à travers les ordres, les tenues, les actes, les doctrines. L'éthique reste la même, mais l'approche étant tellement différente dans le rôle que la crise identitaire subsiste. Actuellement, on demande aux policiers de faire de tout un peu, même aux spécialistes, mais aussi de faire de tout en même temps, et là les problèmes identitaires deviennent omniprésents.

Nul besoin de redessiner la police dans son apparence, il faut simplement redonner une identité aux rôles demandés, une tenue pour l'instant souhaité, avec une mission adéquate pour un but connu et recherché qui pourra, le moment venu, être repris par "le passeur de témoin".

Le portrait-robot que vous tirez du policier contemporain, notamment genevois, est sombre.

YPD : Plus on a besoin de faire du bodybuilding, moins on est fort ! La façon dont ils sont employés les mène bien souvent à l’épuisement. Ou ils démissionnent. Ils ne comprennent plus le sens de leur mission. Les arrestations répétitives et inefficaces. La confiance dans la hiérarchie est très faible, même si elle n’est pas en mesure d’être exprimée. Si on se met autour d’une table de policiers, les discussions tournent vite autour d’une «société perdue». Tout le monde est coupable : les étrangers, les politiques, la justice, les frontaliers, les femmes… C’est un corps malade.

Minet : Le policier contemporain est simplement perdu dans les méandres institutionnels et décisionnels, à travers le dessin actuel de son statut, de ses tâches, de ses missions. Il est aussi abattu par l'aspect inopérant des décisions de justice, par la refonte du code pénal, par les lenteurs ou l'inertie des décisions administratives. C'est ce bilan là qui est sombre, pas le portrait-robot du policier.

Vous affirmez que cette culture corporatiste négative n’est pas inéluctable ?

FM : Je partage le constat précédent et je le constate dans mes activités à l’école de police genevoise. On observe cette tendance ailleurs en Europe. Cela dit, il faut souligner les contre-exemples. A Neuchâtel et Lausanne, entre autres. Ou, plus loin, au Luxembourg. De nouveaux managements, basés sur l’ouverture à d’autres professions ont conduit les policiers à se remettre en question, à s’interroger sur leur métier et à adapter leur pratique.

Minet : Nous traversons une culture corporatiste négative (sachant que le corporatisme peut aussi être positif) pour toutes les raisons précitées, mais en aucun cas par des changements sociétaux liés à la race, à l'ethnie, à l'appartenance à un groupe ou à une religion, à l'action ou à l'acte. Notre société n'a plus de repère, elle est perdue, les policiers le vive ainsi mais ils ne sont pas les sauveurs du monde, nul n'a le droit d'attendre de ces humains une telle responsabilité, qui se doit d'être politique, cantonale, fédérale, européenne, mondiale face à la misère humaine et aux dérives des hommes. Le policier s'adapte au quotidien, il jongle, mais il doit disposer des outils de travail nécessaires mais aussi "d'un passeur de témoin", pour enfin déposer un point à la fin d'une mission, d'un acte, d'un écrit, qui le libérera ainsi de la pression psychique et morale du cas traité. Les policiers sont des médecins de la misère humaine, des urgentistes qui gardent en vie les droits humains, du plus faible au plus fort, du plus pauvre au plus riche, auteur ou victime, toutes races et religions confondues. Un comportement indissociable dans la réalisation des ses missions, de ses tâches, mais aussi une ligne droite semée d'embûches au bout de laquelle il faudra aussi trouver une réponse ou ce "passeur de témoin".

Quelles sont les responsabilités de la direction de la police ?

YPD : Grandes. Au-delà des personnes, elle fonctionne un peu sur un mode mafieux. La loi du silence est le premier enseignement. Il faut se fondre dans le groupe. Ne pas poser de questions. De plus, la hiérarchie joue contre l’autorité politique, qui n’a pas les outils pour maîtriser le domaine : la plupart des informations qui lui remontent son biaisées, passées à la moulinette du système interne. J’ai l’impression qu’elle dit au monde politique : «Donnez-nous des armes et faites-nous confiance !»

Minet : La direction de la police obéit aux ordres et à la doctrine politique et policière. Je ne suis pas certain à ce jour que ces responsabilités là doivent retomber un jour sur ladite direction. Par contre, la direction de la police doit aussi convaincre et apporter des solutions aux problèmes que je viens de soulever, mais pour ça il faut en premier lieu les identifier, les analyser, rester à l'écoute des policiers et de la société, et après oser interpeller le politique. Ce dernier devra alors faire preuve de contrition si le dossier est porteur d'espérance pour nos métiers et pour la société civile.

A vous entendre, les conséquences sont graves.

FM : L’impunité en est une. En contrepartie de l’obéissance, toutes sortes d’exactions d’ordre pénal son couvertes, des excès de vitesse dangereux, des violences inacceptables commises sur des innocents, des rapports tronqués, etc.

YPD : Vous souvenez-vous du rapport d’experts de 2007 à Genève1 Depuis, rien n’a bougé malgré certaines allégations de violences et d’abus d’autorité crédibles.

Minet : Les responsabilités sont grandes et graves, les conséquences n'en sont que les résultats, mais en aucun cas les uthopies présentées par divers observateurs ne sont les reflets de la réalité. Ces gens se sont arrêtés à la police des années sombres, il y bien longtemps. Dans l'acte individuel, la faute, l'erreur, le geste ou l'acte impardonnable, voire insupportable demeure possible. Aujourd'hui il est rare, il demeure inadmissible et n'est plus garanti d'un couvert corporatiste que d'autres ont connu. L'IGS travaille sereinement et avec droiture. Les fautifs sont dénoncés, sanctionnés, les mis hors de cause lavés des soupçons qui pesaient sur eux, avec des preuves, des éléments, des faits, tant pour l'accusation que pour la reconnaissance du respect des règles.

La police que certains ont quitté il y a longtemps, en n'exerçant plus, n'est plus la même aujourd'hui. L'arrivée du Brevet fédéral et l'instauration de formation continue, des maîtres de stage, voire une modification dans la doctrine du maintien de l'ordre que l'on devine depuis peu, fait qu'il faut observer la police depuis son entre pour en extraire à l'extérieur le meilleurs et le moins bon, dans le simple but d'augmenter les capacités des policiers à gérer toutes les situations, mais aussi à pouvoir se reposer en rencontrant sur leur parcours les passeurs de témoin attendus, maillon d'un système qui à lui seul demande une réorganisation, sur le fond et sur les idées. Si l'îlotier communautaire est ce maillon, il faut alors le déterminer ainsi dans sa mission tout en lui donnant les moyens de la réaliser.

Qu’en est-il du recrutement et de la formation, de la politique du personnel ?

FM : A Genève, les ressources humaines sont dirigées de façon scandaleuse et contre-productive. Des candidats très qualifiés et très expérimentés sont écartés parce qu’ils ne rentrent pas dans le moule. L’accent est toujours mis sur le côté prétendument viril du policier, la force physique. Ceux qui y rentrent, par exemple après un parcours universitaire, n’ont pas de plan de carrière autre que la promotion automatique. La formation continue est mince. En matière de formation initiale, les droits humains occupent 1% des 1600 heures dispensées !

Ce sont pourtant les fondements du métier du policier. Lequel détient deux pouvoirs exclusifs –usage et de la force et de la contrainte ; moyens discrétionnaires– qui nécessitent d’être bien maîtrisés puisqu’ils peuvent limiter positivement ou violer les droits de l’homme.

Minet : Qu'on le veuille ou non, les critères de recrutement on été revus " à la baisse ". L'armée, la taille, le sport, l'aspect corporel, L'âge, un certain sens de la république, du pays, de nos lois et de nos règlement, de notre société genevoise pluriculturelle mais profondément encrée aux valeurs helvétiques.

La prochaine étape de cette "ouverture" politicienne sera la nationalité et l'engagement d'étrangers, voire de policiers étrangers. Cette volonté n'est pas adéquate et elle n'aidera pas la police à retrouver une identité. La multi culturalité est déjà bien présente dans la police, de nombreuses origines différentes y sont représentées, juste miroir de la société, mais elles sont toutes réunies derrière la nationalité et ses valeurs.

La réforme est en route, statutairement, économiquement, hiérarchiquement, éthiquement, moralement, de la formation à la retraite, mais en oubliant trop souvent l'humain qui se cache dernière chaque policier, en oubliant de lui redonner une identité, en oubliant de requalifier ses tâches et ses missions, en oubliant de redessiner ses priorités, cette réforme sera mort-née si elle n'apporte pas des solutions à la crise identitaire que traverse la police et surtout une aide précieuse à la lutte pour le maintien de la paix, de l'ordre, en allant au devant de la misère humaine ou en se battant contre la criminalité.

Votre regard acéré, vos critiques, vos propositions sont-elles entendues par l’institution ?

FM : On ne peut pas dire que tout cela plaise. En tant que chargé d’enseignement, je suis conscient d’être un alibi dans la grille de formation actuelle. On me le dit parfois. C’est pour cela que nous avons décidé d’écrire des livres à l’intention d’un public large.

Minet : Être un alibi c'est bien, devenir un prétexte c'est grave. Si l'institution écoute, alors qu'elle devra également entendre les voix des policiers, des flics de terrain, de rue, qui eux n'ont pas quitté le bitume et connaissent encore très bien leur métier et les ombres cachées de la misère d'une société dans laquelle ils travaillent au quotidien.

Quelles sont les pistes de réformes que vous soumettez aux responsables politiques ?

YPD : L’ouverture immédiate de la direction à la pluridisciplinarité. Il faut des compétences en sociologie, psychologie, philosophie, économie, management, etc. Ensuite, le recrutement, la formation et les ressources humaines doivent absolument retourner dans le giron de l’Etat central et non laissées en mains policières.

FM : Il est également indispensable de confier le contrôle de la déontologie à l’extérieur. Pour un regard neutre et distancié sur l’action policière. Des policiers qui en surveillent d’autres, ça ne va pas.

Minet : Glisser dans le giron de l'Etat, alors que l'on peut juste constater les dysfonctionnements qui surviennent dans certains de ses services, c'est condamner à mort la police, le métier de policier, et ainsi notre société qui continuera cette fois sans son dernier garde-fou qu'était encore le dernier maillon fort que représente la police.

Pour conclure deux mots : oui à l'ouverture de la pluridisciplinarité pour les postes de gestion, politiques et administratifs à la police, et enfin, à qui de droit, si la confiance se mérite, le respect aussi, à travers les connaissances, mais également par une faculté d'analyse dénuée de tout sentiments partisans ou d'un quelconque intérêt personnel.

Minet, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

12/09/2010

Modification profonde des valeurs de notre société face à la violence, la résignation !

Alors que je suis en pleine lecture du dernier livre d'Yves Patrick Delachaux, "Policier, gardien de la paix", une utopie sociétale sur laquelle je reviendrai dans un autre mot, je me rends compte que nous assistons à une profonde modification des valeurs de notre civilisation face à la violence, face à la criminalité qui touche les biens et les personnes, à travers un comportement nouveau, la résignation.

En effet, à travers une banalisation des crimes et des délits, un coup de couteau par-ci, un hold-up par-là, un cambriolage chez lui, un vol chez moi, un gifle ici, une rixe là-bas, des faits divers sont devenus des faits quotidiens. Qui ne connaît pas une victime autour de lui, plus personne.

Ce qui est grave à mes yeux, c'est cette révolte qui ne sort par, qui ne s'exprime pas, qui ne s'exprime plus. Il faut dire que cette résignation populaire peut se comprendre, elle a constaté démocratiquement que ce n'est pas en votant pour l'autre que tout ira mieux, car une promesse électorale reste une promesse, un acte politique d'un élu un geste courageux mais si rare. Comme les choses ne changent pas, comme l'on a déresponsabilisé les parents dans la science de l'éducation, comme l'on veut accabler l'école pour suppléer à ce manque, comme l'on n'ose pas aller plus loin dans la doctrine policière et dans les choix politiques, comme l'on devient permissif pénalement, et bien il y a résignation.

Et à la place de lutter contre celle-ci, ce sont les comportements des agents publics, des services sociaux, des profs, des contrôleurs TPG, des douaniers, des policiers que l'on tente de modifier, avec une politique qui voudrait que l'on aide perpétuellement le plus faible, mais sans jamais sévir contre le plus fort, souvent auteur et fautif.

Une vision technocrate et universitaire simpliste d'une société où "tout le monde il est gentil", qui ne va pas permettre à la nouvelle génération de trouver ses véritables repères.

Réveillez vous messieurs les penseurs, debout les décideurs, écoutez la rue, écoutez vos proches, vos amis, vos familles, vos enfants, vos aînés, et redonnons à notre société les valeurs qui ont été les siennes et qui lui ont permis de se construire, de s'élever, juste avant de s'écrouler, il y a dix ans, au moment de la résignation humaine, sociale, politique, économique.

Minet.

10/09/2010

Roms ou forcené de Bienne, accuser la police de tous les maux, des attaques insupportables qui ne sont jamais condamnées par les autorités politiques.

Répression, passivité, bavure, cafouillage, abus d'autorité, désorganisation, manque de réserve, etc.

Depuis des mois la police est très souvent attaquée, par les médias, par des politiques, par des avocats qui représentent un client ou une association.

Dans tous les cas, les allégations déposées sont de suite assimilées à la vérité, aux faits, discriminant ainsi la police tout en supprimant de facto la nécessaire présomption d'innocence, et bien souvent un droit de réponse.

Deux exemples rien que pour cette semaine.

1) "Roms, harcelés par la police, ils se tournent vers la prostitution"

C’est l’avocate Dina Bazarbachi, présidente de Mesemrom, l’association pour les Roms de Genève, qui le déclarait le 7 courant : «On a vu apparaître des cas à partir de la fin de l’année dernière», déplore cette militante genevoise, qui met en cause la politique de traque contre les mendiants: «C’est désolant, mais la misère et le harcèlement policier exercé pour lutter contre la mendicité conduisent des personnes à chercher d’autres façons de gagner leur vie depuis le début de l’année: des vols à la prostitution.

Donc si de jeunes Roms se prostituent à Genève c'est à cause du harcèlement policier dont ils sont victimes comme mendiants. Nos pandores poussent donc des adolescents à la prostitution, c'est terrible ça, mais pire encore, cette déclaration insupportable n'a même pas été contestée par nos autorités. On laisse dire, mais on laisse aussi la gangrène morale ronger l'image de la police et salir le travail de nos agents. Stigmatiser la police sans craindre une réponse, une contre-attaque, une réaction, c'est juste devenu si facile de cracher sur nos uniformes. Et pourtant, la reconnaissance de l'autorité passe aussi par la confiance et la légitimité de nos actes que se doit de nous rendre notre employeur, quitte à prendre la défense de notre profession, quitte à dénoncer les mensonges, quitte à poursuivre pénalement les auteurs de ces calomnies.

2) "La police humiliée par un homme de 67 ans, honte à elle"; "Comment le forcené de Bienne a-t-il pu s’enfuir, malgré la présence de dizaines de policiers ? "; " Bienne, la police a-t-elle cafouillé ? "; "La police nie toute bavure".

Un forcené qui tire sur la police, blessant grièvement un agent, qui menace la sécurité publique et de faire sauter son immeuble. Voilà le motif d'un déploiement de force sans précédent en ville de Bienne. Et pourtant, alors que d'énormes moyens sont mis en oeuvre pour interpeller cette homme caché dans la ville, les médias traitent ce grave fait divers comme une simple petite intervention, plus occupés à déjà accuser la police pour son intervention qu'à comprendre les fondements de celle-ci, la nomenclature de cette affaire et le but recherché.

Si le but recherché avait été d'abattre cet homme, comme un chien, il y a probablement longtemps que cela aurait été fait, mais voilà nous n'avons pas comme valeur première d'ôter la vie, mais d'en sauver. Protéger les habitants, les citoyens d'une ville, protéger les policiers qui interviennent, protéger la vie du forcené, car l'interpellation de ce dernier vivant demeure une priorité.

Alors effectivement la critique est facile, solidement installé dans un fauteuil rédactionnel, mais les policiers qui travaillent sur place sans relâche et au péril de leur vie n'apprécient probablement pas cette vindicte médiatique illégitime.

Conclusions.

Aux échecs ou au poker il est reconnu que la meilleure défense est l'attaque, mais de là à perpétuellement attaquer la police et l'accuser de tous les maux d'une société qui part à la dérive, c'est juste mettre échec et mat la motivation de fonctionnaires d'autorité qui demeurent au service d'une population qui apprécie probablement que l'ordre et la loi règnent, dans le respect des règles et de la vie humaine.

Laissons travailler la police, écoutons un peu plus les policiers, et après seulement vous porterez vos accusations si elles demeurent légitimes.

Walter SCHLECHTEN

 

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07/09/2010

La sécurité des genevois est-elle sur la bonne voie ... ?

Quelle police pour demain ?

 

Telle est la question, en ma qualité de citoyen, que j'ai déposé sur ce blog il y a quelques temps.

 

A ce jour, aucune réponse n'est venue nourrir cette interrogation, pourtant si légitime.

 

Pourtant, voici le schéma dans lequel nous nous retrouvons sur le canton de Genève, aux yeux de la population, des observateurs et du simple citoyen, comme moi.

 

  • Une police judiciaire, composée d'inspecteurs-trices et d'administratifs, une entité en manque d'effectifs qui devrait fondamentalement changer dans sa structure avec l'arrivée du NCPP (nouveau code de procédure pénale), de son organigramme à ses prérogatives en lien avec le Parquet, en passant par ses horaires. A ce jour, cette grande révolution demeure une inconnue, rien ne filtre, ni sur ce qui se prépare, ni sur ce qui n'est pas entrepris.  
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  • Une gendarmerie, composée d'agents-tes en uniforme et d'administratifs, des bleus démilitarisés qui se retrouvent de plus en plus confronté au travail judiciaire, au maintien de l'ordre et qui n'arrivent plus à répondre avec toute la polyvalence attendue aux nombreuses requêtes. Le NCPP devrait aussi modifier leur méthode de travail, mais là également, si les leçons sont données rien ne se dessine vraiment structurellement. Cette entité devait voir ses tâches administratives diminuées, pourtant elles augmentent et continueront à le faire avec les contraintes futures imposées.

 

  • Une police de sécurité internationale (PSI), une entité mort-née car trop éloignée de ses missions premières à travers une polyvalence voulue mais parfois surréaliste. Là aussi, ces agents devaient relever les policiers de tâches subalternes, mais à la place ils sont devenus policiers, mais sans disposer du cahier des charges complet de la profession. Plus de policiers à Genève, pas certain.

 

  • Des assistants de sécurité publique (ASP), un regroupement de personnels variés sous une appellation unique, pour une efficacité opérationnelle qui reste à démontrer. Le cahier des charges de ces collaborateurs uniformés devra être très clair, et défini selon les besoins des autres métiers, sinon le but recherché initialement ne sera jamais atteint, à savoir, libérer les policiers de tâches subalternes.

 

  • Des agents de police municipale (APM), un nouveau nom avec des uniformes Unimatos neufs, accompagnés d’un règlement d’application qui ne va pas assez loin dans le cahier des charges et les prérogatives. Des doublons qui devaient disparaître mais qui par manque d’ambition du législateur demeurent opérationnellement, avec un personnel municipal qui est rarement titulaire d'un certificat/brevet de policier.

 

  • Un corps des gardes-frontière qui a modernisé son image, omniprésent sur le terrain mais qui pour certain devrait devenir une police fédérale. On démilitarise la gendarmerie mais dans le même temps on veut accorder plus de prérogatives de police à l'armée !?

 

  • Une fondation des parkings qui verbalise à tout va, des contrôleurs TPG qui aspirent à devenir une police des transports, une police ferroviaire pas assez basée sur la police de proximité, que l'on veut armer jusqu'aux dents, des agents privés de sécurité qui inondent un marché alimenté par l’insécurité croissante, des agents de la brigade du trafic appelés à disparaître bien qu'au bénéfice d’une solide expérience de terrain.

 

De quoi y perdre son latin, comme touriste, comme citoyen, et pourtant avec autant d’éléments sous la main, c’est véritablement la redistribution des tâches, des missions, des cahiers des charges, des responsabilités, des pouvoirs, des actions qui doivent encore être dessinés, car avec une politique des petits pas l’on avancera jamais aussi vite que la criminalité, qui elle n'attend pas le train d’une législature pour sévir.

 

Il est temps d’avoir enfin une véritable politique sécuritaire humaine, opérationnelle, préventive, répressive, active et surtout efficace dans notre canton. Les belles idées et les promesses ne suffisent pas, il faut oser, avancer, construire, bâtir, agir.

 

Agir sans avoir peur de déplaire, agir sans cacher les réalités des chiffres, agir sans se mentir, agir sans démotiver les troupes, agir sans ruiner des statuts métiers, agir pour demain, mais agir aujourd’hui.

Mais pour l'instant, on attend que le phénix de la réorganisation renaisse de ses centres, après nul ne sait.

 

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Minet.

 

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04/09/2010

Coup de gueule contre les TPG et la politique des transports !

Le prix d'un billet de transport devrait donc passer à CHF 3,50 pour un adulte à partir du 12 décembre prochain. Décision tombée lundi dernier et déjà commentée jeudi matin sur One FM par un Pascal Décaillet plein de venin. J'ai adoré sa plaidoirie, digne d'un Procureur général qui dénonce verbalement, qui condamne moralement.

Si je peux concevoir une telle augmentation, elle se devait, à défaut d'offrir de véritables nouvelles prestations mécaniques, avec des travaux qui paralysent quotidiennement la ville pour l'instant, d'être accompagnée par une mesure humaine, sociale, économique, familiale, logique.

La durée de validité d'un billet devait passer de 1 heure à 90 minutes, ne serait ce que pour répondre aux nécessités actuelles dans l'usage des transports publics genevois. Tenter de fidéliser sa clientèle c'est bien, l'obliger par une hausse des prix à souscrire un abonnement annuel, c'est moche. Le jour où les qualités des prestations seront à la hauteur, l'utilisateur sera séduit, mais pas avant. Donc, à défaut de séduire, il fallait inciter, et à CHF 3,50 pour 90 minutes c'était simplement offrir une véritable prestation qui correspond aux attentes des utilisateurs.

Jeudi toujours, nos députés ont refusé de signer un chèque en blanc de 500 millions pour notre belle régie orange dans le cadre du développement du réseau de trams dans le canton. Ils ont plafonné les investissements à 80 millions par an afin de financer les lignes en construction.  On ne badine pas avec l'argent des autres, même si le Président du Conseil d'Etat demandait cette carte blanche, sous motif d'obtenir plus facilement des crédits fédéraux. Le canton doit poursuivre ses efforts ; motif ou excuse dépensière ?

Le plus étonnant, c'est que nos députés Verts se sont abstenus lors de ce vote. Soit ils se rendent enfin compte que la mobilité à travers les TPG et le CEVA va représenter un coût pharaonique pour l'Etat, car même avec toutes les bonnes intentions du monde rien ne justifie ces moyens pour des résultats que nul ne connaît aujourd'hui, soit ils n'ont pas voulu désavouer leur ministre, David le révolutionnaire devenu grand argentier de la république, à la satisfaction de presque tous pour l'instant.

La collégialité a un coût, le remboursement de la dette et de ses intérêts aussi. Seul l'avenir économique de ces grands travaux nous apportera des réponses sur les choix opérés ces trois dernières années. Reste que la politique d'investissement voulue par le CE doit se poursuivre, sous peine de voir le château de carte s'écrouler sans retour sur investissement. Mais pour cela, il faut de l'argent, chaque année un peu plus. Donc on ne balance pas 500 millions, on réparti la manne sur plusieurs années mais surtout sur plusieurs projets, car avoir des idées c'est bien, avoir l'argent pour les réaliser, c'est mieux.

Rendez-vous le 16 septembre, pour la présentation du budget 2011, histoire de distribuer la monnaie de la pièce.

Minet.

 

 

 

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01/09/2010

Trop de questions pour si peu de réponses .. Quel avenir pour la police genevoise ?

C'est la période des grandes annonces, tel un effet de manche, histoire de lancer la rentrée pour déjà oublier le "bilan" de l'année écoulée. Comme tous les lecteurs de nos quotidiens, je me pose des questions auxquelles je ne trouve pas de réponse.

Il suffit de lire cette presse de cette fîn d'été pour s'intéroger raisonnablement comme citoyen sur la situation actuelle que traverse nos pendores :

"Les demi-gendarmes" sont en service.

http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/Les--demis-genda...

Hausse des policiers en ville.

http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/Hausse-des-polic...

La police municipale sera renforcée en ville.

http://www.tdg.ch/geneve/actu/police-municipale-renforcee...

La police genevoise engage jusqu'à 35 ans.

http://www.tdg.ch/geneve/actu/police-genevoise-engage-35-...

"Madame Rochat veut-elle une police de vieux ?"

http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/-Madame-Rochat-v...

La police informatisée n'est pas plus efficace.

http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/La-police-inform...

Salaires des policiers : un audit dénonce des erreurs.

http://www.tdg.ch/geneve/actu/salaires-policier-audit-den...

La police a son "usine à gaz administrative".

http://www.tdg.ch/geneve/actu/salaires-policier-audit-den...

sans oublier Champ-Dollon :

L'extention de la prison plus chère que prévu ?

http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/19445022

L'extention de Champ-Dollon attendra.

http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/24960659

Ils pourraient libérer un tiers des détenus.

http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/21065101

L'agrandissement urgent de Champ-Dollon est mal parti.

http://www.tdg.ch/geneve/actu/agrandissement-urgent-champ...

 

Mais l'avenir est ailleur, il suffit de lire les offres d'emplois à l'Etat pour y croire :

DSPE - Secrétaire général-e à 100 %

http://bpv.geneve.ch/offpers/ebpv/RHA/viewPV.asp

DSPE - Secrétaire adjoint-e à 100 %

 http://bpv.geneve.ch/offpers/ebpv/RHA/viewPV.asp

DSPE - Gardien-ne ou suveillant-e de prison (avec CFC de cuisinier) à 100 %

http://bpv.geneve.ch/offpers/ebpv/RHA/viewPV.asp

DSPE - Gardien-ne ou suveillant-e de prison à 100 %

http://bpv.geneve.ch/offpers/ebpv/RHA/viewPV.asp

Reste que le budget de l'Etat sera présenté le 16 septembre prochain, donc plus le temps de se poser trop de questions et ça évite de devoir trouver des réponses, mais pendant ce temps là la patate chaude brûle les doigts à certains !

 

 

21:06 Publié dans Culture, Economie, Genève, Histoire, Humour, Médias, Politique, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

31/08/2010

Minet fait sa rentrée ... et se fait déjà les griffes ... Revue de presse ou revue de classe !

En général, une rentrée ça se prépare, c’est cadré, c’est organisé, c’est précis, c’est objectif, c’est même souvent déterminent.

 

Chez nous, la rentée coïncide presque toujours avec l’arrivée du cirque Knie, ce qui plante bien le décor. Que le spectacle commence, ouvrons la piste aux artistes :

 

La rentrée des classes : Avec une annonce publique discrète de la suppression de la dispense d’âge pour les premières enfantines, des familles se sont retrouvées en difficultés. Pour nos chérubins, il fallait avoir cette année 4 ans révolus au 30 septembre, alors qu’avant cette limite était fixée au 31 octobre, pour être acceptés à la rentée (31 août 2011 et 30 juillet 2012). Du coup, plus de 200 enfants et le double de parents se sont retrouvés sur le carreau, devant patienter un an avant d’intégrer le cursus scolaire. Avec des parents qui n’avaient pas pris les devants, on se retrouve avec des enfants à la rue. Le bonneteau et la mendicité seront une première école de la vie pour eux, les frais de garde un fardeau pour leurs parents.

 

http://www.ge.ch/dip/GestionContenu/detail.asp?mod=dossier.html&id=984#chronologie

 

 

La rentrée de l’UDC : guerre froide, scission, expiation nationale, l’UDC section Genève nous gratifie d’une rentrée sans classe. Reste à Mme Céline AMAUDRUZ, nouvelle présidente de l’UDC Genève, à tenir ses élèves en bon ordre pour donner la leçon, en espérant faire passer l’année au plus grand nombre.

 

http://www.udc-ge.ch/communiques_presse/cdp-2010.08.31_election%20celine%20Amaudruz.htm

 

 

La rentrée judiciaire : après les bravoures vacancières de notre Procureur général, le dossier de la BCG occupe déjà les bancs du Palais. Du 4 octobre au 26 novembre, les arrivées tardives seront sanctionnées, ou pas. Une rentrée qui classe un épineux dossier.

 

 http://www.tdg.ch/dossiers/geneve/proces-bcge

 

 

La rentrée policière : peu de bruit durant l’été avec pourtant une rentrée chargée, voire menée au pas de charge. Avec un SPJ qui sollicite la Cour des comptes pour un audit relatif à l’utilisation de l’application de conduite opérationnelle  du personnel de police au sein de la police judiciaire (ouff), et un rapport qui tombe au premier rang à la rentrée, c’est comme si l’on mettait définitivement la police sous la tutelle de ces magistrats, comme un appel au secours auprès d’une entité qui se veut, qui se doit, indépendante et autonome. Pendant ce temps, quelques pigeons se font plumer leurs billets en jouant au bonneteau alors que nos mendiants ramassent encore les miettes des quelques monnaies qui ne tombent plus du ciel. En manque de liquidité, les truands aussi visiblement puisque le hold-up demeure sur notre territoire. Une augmentation de la graduation de la violence, morale, verbale, physique, qui n’annonce rien de bon pour la suite. Figaro nous jouera encore quelques douces notes jusqu’à l’hiver, mais là heureusement les grands froids seront devenus nos meilleurs amis, incitant au renoncement pour certains, au départ pour d’autres. Si tu as entre 20 et 35 ans (Sic), vient passer l'hiver au chaud avec nous.

 

http://www.ge.ch/cdc/doc/20100830_rapport_no32.pdf

 

 

La rentrée politique : beaucoup sont en avance sur le programme de la rentrée, ils ont ouvert leurs cahiers sur avril 2011 et les élections municipales en ville de Genève. Comme si les temps actuels ne comptaient plus, reste encore à boucler le budget 2011 pour le CE, les enjeux sont ailleurs. Lutte des classes, des partis, peu de places pour peu d’élus avec une nouvelle vague qui devrait en effrayer plus d’un, sauf si c’est pour un tour de piste qui ressemblera à cet éternel recommencement qu’est la politique genevoise. Certains disent à droite toute, mais l’équilibre est nécessaire. À suivre, mais les mauvais carnets ne passeront pas en seconde année.

 

http://www.pdcvilledegeneve.ch/spip.php?article337

 

 

La rentrée de Minet : un petit mot sur son blog, rien de méchant, juste un peu de lecture, pour préparer 2011, en toute liberté, car au fond de la classe demeureront avec lui les cancres de la République.

20:59 Publié dans Culture, Economie, Genève, Humour, Politique, Région | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

19/08/2010

Y a vingt ans on avait pas de pétrole mais on avait des idées, là on a des idées mais on a pas d'argent (Genève, un monde en soie).

Ainsi le DCTI, dirigé par M. Mark MULLER, élu Libéral, a refusé et ceci malgré l'urgence les trois projets proposés pour l'extension de Champ-Dollon (containers pour 100 places que l'on devait avoir pour juin 2010, puis novembre 2010, puis début 2011, et là probablement jamais).

Ainsi ce projet est repoussé, voire avorté, tout en sachant que le DSPE, dirigé par Mme Isabel ROCHAT, élue Libéral, avait fait une priorité de ce sujet, dont la nécessité humaine et sécuritaire était une évidence. Relevons que c'est depuis l'annonce de ces projets de constructions que le taux d'occupation de Champ-Dollon est passé de 517 détenus à 615, comme par hasard.

Je ne sais pas quelle sera la réaction du personnel pénitentiaire, je ne sais pas quelle sera la réaction des 600 détenus de Champ-Dollon, je ne sais pas quelle sera la réaction d'Amnesty Internationale, je ne sais pas quelle sera la réaction de la commission des visiteurs du Parlement, je ne sais pas quelle sera la réaction d'une certaine gauche à qui on a reproché son immobilisme durant 4 ans, mais je crains que la rentrée de septembre ne soit pas très harmonieuse.

Il faut dire que l'heure des bilans approche, la rentrée scolaire, l'automne, Noël et la trêve des confiseurs sont à nos portes, et la fin de cette première année de législature aussi.

La droite genevoise est redevenue majoritaire au pouvoir exécutif, sous l'impulsion du parti Libéral et la volonté de changer les choses. Cette même droite est en train de se rendre compte qu'elle n'a ni les moyens de sa politique, ni les opportunités de celle-ci, ni dans ses priorités, ni dans ses choix.

Avoir des idées c'est bien, se donner les moyens de réussir c'est mieux.

Moi comme citoyen, je me demande pour quelles raisons l'on trouve des sommes pharaoniques pour le CEVA, et pas pour quelques cellules en préfabriqué (dans la grande logique genevoise du temporaire qui va durer), alors que nous sommes tous conscients que le pire va arriver.

"Genève, un monde ne soie"

 

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17/08/2010

Il faut aussi savoir reconnaître ses victimes à travers ses ennemis, message adressé aux peuples d'Israël et de Palestine !

L'ex-officier du Tsahal, que nous nommerons "Eden Abargil" selon FB, posant souriante devant des prisonniers palestiniens, ligotés et les yeux bandés, provoque un scandale. Un de trop ou un de plus ?

Sachant que je vais me faire stigmatiser comme antisémite, ce qui n'est absolument pas le cas, je tiens néanmoins à exprimer le fait que je ne supporte plus le comportement de certaines personnes, qui sous la protection d'une éternelle victimisation, s'autorisent des actes de guerre illégitimes, insupportables, inqualifiables.

Ce n'est pas la première affaire où l'armée du peuple d'Israël est montrée du doigt, ce n'est pas la première fois que cet Etat est condamné pour des actes illégitimes, mais ce n'est pas la dernière fois que le monde va simplement émettre une simple critique, sans oser aller plus loin, sans oser aller jusqu'au bout du débat, des problèmes, des causalités et des solutions. Vu de Genève, qui savait par le passé prendre ses responsabilités pour guider les peuple sur la voie de la réconciliation, voire de la paix, il y a des guerres que l'on ne supporte plus.

Les combats que se livrent la Palestine et Israël est une guerre odieuse, sans fin car sans limite. La légitimité pour l'existence de ces deux pays est reconnue, mais pas la terre occupée, pas les champs partagés, pas les maisons brûlées, pas ces deux peuples victimes de l'inconscience des dérives humaines.

Et à lire les derniers propos d'Eden Abargil, je n'y devine que la cupidité d'une guerre qui n'aura pourtant jamais de gagnant dans un conflit armé ;

"Je m'excuse auprès des gens qui se sentent blessés par moi. Mais j'ai agi en toute innocence, de bonne foi. Ces images n'avaient aucune prétention politique (...) De toute façon on trouvera toujours à redire contre Eretz Israël (la Terre d'Israël), nous ne sommes pas un peuple qui a beaucoup d'amis. On nous attaquera pour la moindre petite chose".

Il temps que l'ONU dénonce les barbares, israéliens ou palestiniens, mais aussi qu'elle reconnaisse les victimes d'un ostracisme outrancier.

Walter SCHLECHTEN

(Suite)

 

 http://www.lematin.ch/actu/monde/armee-israelienne-nouvel...

 

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16/08/2010

On s’emm…. à Genève le dimanche !

De retour de vacances, Toronto, Niagara, Owen Sound, Kilarney, Ottawa et Kingston, en passant par de petites villes, j’ai pris connaissance de l’article de l’Illustré daté du 4 août, dans lequel Jean-Pierre JOBIN affirme ; « on s’emm… à Genève le dimanche ».

 

Ma première réaction a été celle de dire qu’il a entièrement raison. Mais ipso facto je me suis rendu compte que cette petit phrase venait de la bouche du président de Genève Tourisme, avec sa marque déposée « Genève, un monde en soi », vous savez.

 

Impuissance avouée ou cruelle désillusion d’un constat d’échec ? Je ne sais pas ce qui pousse Monsieur JOBIN à flinguer avec lucidité sa ville, son canton, sa région. Un appel sournois aux politiques pour que les choses changes, peut-être !

 

Mais les choses peuvent-elles changer à Genève ?

 

Nous nous trouvons dans une spirale infernale, celle du changement, des grands travaux, d'une nouvelle mobilité, d’une relance économique souhaitée et favorisée par l’Etat, mais pour le bien de qui, de vous, de nous, de notre ville-canton ?

 

Genève a eu des atouts dans sa manche durant longtemps, mais depuis les autres villes européennes ont posé leurs jeux, avec des cartes gagnantes cette fois.

 

Genève c’était :

-         La sécurité

-         Un cadre de vie

-         La qualité des prestations

-         Les avantages d’une grande ville dans une petite cité

-         Le centre de l’Europe

-         Une image de la Suisse

-         Un symbole de la paix

 

Une image, mais quelle image ?

 

Un aéroport international, une compagnie d’aviation nationale, la vieille ville, sa cathédrale, cité historique du protestantisme, le mur des réformateurs, ses grands hommes, l’ONU, la Croix-Rouge, sa culture, ses musées, ses grandes banques, sa rade, son jet d’eau, son horloge fleurie, ses parcs magnifiques, ces fêtes grandioses hautes en couleurs, ses hôtels de grande classe, sa propreté, sa sécurité urbaine.

 

Que reste-t-il aujourd’hui de tout ça ?

 

-         Un aéroport qui manque de place, de terrain pour construire une deuxième piste dont les genevois ne veulent probablement pas

-         Une compagnie nationale qui a été déchue, tout comme l’image de notre pays, remplacée par des Low Cost qui font la joie des petits voyageurs, mais qui rament aussi économiquement.

-         Une vieille ville qui est mal dans ses murs

-         Une cathédrale qui ne brille plus de mille feux

-         Une histoire du protestantisme que le 500èmeanniversaire de Calvin n’a pas ressuscité

-         Un mur des réformateurs qui ne comprendraient plus nos réformes

-         Plus ou prou de grands hommes issus du Canton, si ce n’est quelques grandes familles de banquiers, quand ils n’ont pas quitté le territoire

-         Des organisations internationales en proie à de grandes difficultés financières et attirées par d’autres grandes villes

-         Une culture qui oublie son passé au profit déguisé de la région mais qui demeure en retard sur nos voisins

-         Des musées qui cherchent un toit et des fonds, sans susciter l’envie

-         Des grandes banques qui subissent la crise et les foudres dirigées contre notre pays

-         Une rade en attente d’une grande traversée, voire d’une plage, mais qui se meurt actuellement dans la suffisance des cartes postales

-         Un jet d’eau souvent imité, souvent égalé

-         Une horloge fleurie souvent critiquée, souvent reproduite, souvent dépassée

-         Des parcs entretenus, mais peu développés et souvent abandonnés à une petite délinquance

-         Des fêtes qui ont perdu leur éclat flamboyant au profit de l’argent, du gain, d’un certain tourisme

-         Des hôtels qui se sont réveillés tardivement, qui depuis ont pourtant fait de grands travaux pour redevenir les fleurons d’une région, mais le mal d’une réputation et la cherté sont passés par là

-         Une propreté et une sécurité qui étaient la carte de visite de notre ville, de notre pays, mais qui ont été abandonnées sans lutter, même si une prise de conscience récente est intervenue

 

Sombre tableau, triste tableau qui me désole aussi. Je laisse mes heureux détracteur corriger le tir par leur commentaires et l’énumération des bons points de notre cité, ils sont si rare vu de l’intérieur.

 

Certes, tout va mal et partout. Mais ce que je peux vous dire, c’est qu’une ville, pour vivre, pour survivre, pour plaire et séduire, doit briller. Genève ne brille plus, elle est terne, comme sa population, comme sa politique, comme ses rues, comme sa rade, comme ses grands projets sans ossature financière suffisante.

 

Si j’étais à la place de Monsieur JOBIN, je ne m’emm…….. pas le dimanche, car je chercherais encore et encore pour que Genève devienne :

 

Une ville lumière (Lyon)

Une ville d’eau (Versaille)

Une ville de recherche (Zurich)

Une ville d’histoire (Florence)

Une ville de paix (Stockolm)

Une ville de joie (Québec)

Une ville de mémoire (Ottawa)

Une ville propre (Lugano)

Une ville sécurisante (New-York)

Une ville chaleureuse (Perth)

 

Mais pour l’instant, j’ai la malheureuse impression de vivre à « Genève, un monde en soie ».

28/07/2010

Grenoble, quand la réalité dépasse la fiction !

Grenoble, les nuits d'émeutes se suivent mais ne se ressemblent pas, la violence étant en pleine ascension.

La veille du 17 juillet, un jeune malfrat, Karim Boudouda, 27 ans, est tué lors d'un échange de tir avec la police suite au braquage d'un casino.

Le quartier de La Villeneuve échappe depuis à toute autorité, le chaos y règne, la violence gratuite aussi. La colère a vite fait place à la haine, une haine du flic, une haine qui crie vengeance mais qui rend aveugle cette jeunesse désoeuvrée.

Ces enfants perdus dans une société sans repère, sans valeur, sans espoir, où seul un grand frère violent, un Lieutenant chef de bande impose son respect, à travers une vie de malfaiteur mais sans les règles qu'un certain grand banditisme savait respecter.

Tuer du flics, un jeu, un passe-temps, une normalité auprès d'une jeunesse désespérée et noyée dans la violence des jeux vidéo et autres films d'action. Sortir un gun pour plomber un bleu, c'est même parfois un batême du feu pour certain, juste pour entrer dans la bande, devenir grand. On parle même de vengeance et de contrats mis sur la tête de policiers de la BAC, une réalité qui dépasse la fiction. Mais où va-t-on ?

Mais cette jeunesse là ne grandira jamais, car elle va mourir dans une société qui ne sait plus l'écouter et qu'elle brûle au quotidien à travers ses violences, sans oser croire qu'il n'y a pas que le feu pour sortir de là. Le rap et la musique ont été un rêve d'un monde meilleurs pour certains, même si les paroles blessent autant que les armes, mais sans travail, sans argent, ces jeunes là vont devenir des malfrats, à n'en pas douter.

C'est toute la société qui doit retrouver des valeurs auxquelles s'accrocher à nouveau, des repères et des jalons, comme ceux que nos profs, nos parents, nos grands frères ont apportés à notre génération. Il est encore temps pour ne pas voir la démocratie mourir sur une place de cité, il est encore temps pour que l'Etat se réveille et s'occupe des enfants de la République, il est encore temps pour que la force reste à la loi, mais pour ça il faut déposer les armes et là, Grenoble n'est pas prête.

Genève et l'Europe devront se souvenir de ces événements, de cette histoire d'une ville et d'un pays qui part à la dérive, car chez nous aussi il faut poser des limite à la tolérance des actes, maintenant et pas dans dix ans, sinon ...

Minet.

 

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24/06/2010

Constituante, ne pas confondre parité et égalité des sexes en nombre au sujet des droits politiques, voire professionnels ou civils !

Vers quel débat de fond se dirige la Constituante sur la thématique de la parité ?

En suivant la commission thématique 2 "Les droits politiques (y compris les révisions de la Constitution)" et à la lecture de la note de synthèse no 2 "La parité, un outil de réalisation de l'égalité des sexes sur le plan des droits politiques ?", on peut légitimement se poser la question.

Lors de ses travaux, la commission a décidé de faire de la question de l'égalité des sexes sur le plan politique un thème important de ses travaux.

http://www.ge.ch/constituante/doc/presse/AC_CoT2_121109.pdf

Si l'égalité des sexes en droits doit demeurer un combat quotidien pour que celle-ci soit appliquée, applicable, réalisée dans tous les domaines, le débat qui nous mène sur la parité en nombre de l'égalité des sexes est une erreur qui risque bien de déservir la femme en lieu et place de l'asseoir sur l'équité des droits, car :

- C'est aussi ouvrir la porte aux calculs en nombre dans l'égalité des sexes lors des promotions ;

- C'est aussi ouvrir la porte aux calculs en nombre dans l'égalité des sexes lors les décisions de justice de paix lors de l'attribution des gardes d'enfants ;

- C'est aussi ouvrir la porte aux calculs en nombre dans l'égalité des sexes lors d'engagement de personnels ;

- C'est aussi ouvrir la porte aux calculs en nombre dans l'égalité des sexes durant les inscriptions dans les grandes écoles ;

et bien d'autres thèmes où les quotas deviendraient la valeur absolue, au détriement de la proportionnalité naturelle issue des engagements individuels et personnels dans notre société.

Car le véritable problème se situe là : dans quelle société voulons-nous vivre demain, dans quelle société les femmes veulent-elles évoluer, dans quelle société les femmes veulent-elles être participatives, quels moyens offrir pour nourrir l'égalité en droit dans les chemins de vie des femmes ?

La parité en nombre dans l'égalité des sexes est une profonde erreur de calcul. Le combat légitime pour l'égalité des sexes en droits lui ne doit pas devenir le leitmotiv à une mise en place d'un système discriminatoire, il en va justement de la crédibilité de la parité en droit, ainsi que celle de nos institutions.

 

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23/06/2010

Les maux bleus !

22 juin 2010 - STOP - France éliminée - STOP - Aucune victoire - STOP - Équipe à la dérive - STOP - Pays humilié - STOP - Domenech lâché par la FFF - STOP - Avion de retour annoncé - STOP - Paris reste attentive - STOP - Bachelot noyée dans la masse média - STOP - Les joueurs vont balancer - STOP - La presse va se déchaîner - STOP - Bloemfontein 22h47 - STOP.

Et après, ils vont parler alors que l'on sait tous ce qu'ils vont dire haut et fort, car personne ne voudra payer le prix de cette débâcle sportive, mais surtout nationale. 

Pourtant, vu de loin, il est évident que l'équipe nationale française de football a été assassinée, un petit meurtre entre amis !

Les responsables ;

1) Les politiques, à trop vouloir surfer sur le succès de 1998, l'image de la France et l'usage répétitif des vainqueurs de cette fameuse coupe du monde, ont sabordé le navire France sur la distance. D'ailleurs, "les bleus" n'étaient plus une équipe, mais une marque, un sigle, un étendard national. On se souvient tous du fameux "black, blanc, bleu". À vouloir porter trop haut ce symbole, il ne pouvait que redescendre très vite, trop vite, loin des illusions perdues.

2) Certains vainqueurs de 98, une génération qui certes avait du talent, mais qui a eu la chance de devenir championne du monde. Aujourd'hui, ces icônes du foot français sont devenues intouchables, des repères sportifs, voire même de la société, des hommes qui pourtant manquent terriblement d'humilité dans leurs analyses devenues journalistiques, sur fond de polémiques.

3) La presse, trop fière de ces champions du monde, d'un foot français qui pourtant depuis n'a rien gagné. Une presse exigeante, comme dans tous les pays, mais une presse poubelle, à scandale, où la vente d'un torchon est devenue bien plus importante qu'une analyse, sportive ou de société. Le quatrième pouvoir a aussi le pouvoir de nuire, ne l'oubliez jamais.

4) Le staff et Domenech, indéniable, indiscutable, une évidence qui pourtant n'a pas engendré la décision nécessaire il y a 4 ans. Un navire France sans gouvernail, c'était la garantie d'échouer rapidement, sans convaincre, sans séduire, sans l'évolution nécessaire pour guider le groupe.

5) Les joueurs, pas pour leur révolte, que je peux comprendre, mais pour le star système dans lequel ils sont presque tous entrés. L'agent, la pub, le luxe, les défilés de mode, les soirées VIP, et surtout des salaires honteux dans de grands clubs. Ils en oublient le sport, les valeurs de celui-ci et celles de la nation. Ils privilégient des carrières personnelles à la place du groupe, probablement aussi par un manque de reconnaissance en cette nation qui n'a plus d'identité car à la dérive politiquement.

6) La FFF, une fédération qui est tombée dans les travers de l'argent, de la gloire, de la vanité aussi. Une fédération qui doit oublier 98 et partir sur une éthique nouvelle, la jeunesse, le sport, le développement de soi-même et d'une société à la recherche de repères où l'individualisme n'a pas raison dêtre, où la solidarité et l'humilité doivent régner.

C'est un petit joueur de 4e ligue qui écrit tout ça, mais c'est surtout un amoureux du foot, et là le football a été sali, bafoué, et j'ai honte pour eux, pour le peuple français qui devrait crier à sa jeunesse "Aux armes", car l'avenir lui appartient depuis hier soir.