06/09/2011

Genève, et si le Chef de la police était élu par le peuple ?

Alors que nous sommes rattrapés par l'élection complémentaire d'un magistrat à la Cour des comptes, avec son lot d'alliances et d'attaques politiques, voire politiciennes, une idée me vient à l'esprit. Elle aurait d'ailleurs pu se retrouver dans les travaux de la Constituante, ce qui n'est pas le cas. Et si le Chef de la police était élu par le peuple !

Je m'explique. Je n'ai rien contre Mme Bonfanti, Cheffe de la police genevoise, mais visiblement ici ce n'est que le politique qui commande, qui décide, qui réorganise, qui donne le ton, qui affirme la doctrine, agir ou subir, réagir ou anticiper, ceci par le biais de Mme Rochat, Présidente du DSPE. Mais comme le relevait encore ce soir Christian Luscher sur le plateau du Grand Pascal, sa compagne de parti commet quelques anicroches au niveau de la communication, anicroches assez importantes que relevait le journaliste peu avant.

Avec une communication alléatoire, imprécise, opaque, parfois issue d'un effet de manche, nous citoyens du canton avons du mal à saisir les projets, les volontés, les objectifs, les intentions du Conseil d'Etat. Ce manque de clareté, pour ne pas dire clairvoyance, est accentué par les diverses déclarations effectuées par les professionnels du terrain, qui vont du pouvoir judiciaire aux cadres supérieurs de la police, en passant par des policiers de terrain ou des avocats chevronés. Quelques députés, aux faits des dossiers, ne manquent pas eux aussi de déposer leurs précisions, voire leurs interrogations.

On croit deviner alors que les décideurs, les politiques, le pouvoir exécutif en locurence, ne maîtrisent pas toutes les données des problèmes inhérents à la lutte contre l'insécurité. Les priorités des élus sont bien souvent dictées par un ressenti, un sentiment, une appréciation, une idée préconcue ou pire encore, un choix économique. Il manque à l'évidence la connaissance métier, l'apporche du terrain, la perception des réalités, celles de la population, des victimes, des lésés, et celles des forces de l'ordre et des responsables du suivi judiciaire.

Ce pouvoir judiciaire, qui se veut indépendant, reste lui aussi à quai, sous dépendance de choix politiques fédéraux qui ne sont pas les siens. Il doit alors appliquer la loi en étant limité dans ses propres choix, juste pour pouvoir décider de la sanction adéquate, appropriée, adaptée. Les jours amendes sont un échec, c'est reconnu, l'aspect préventif est insuffisant et l'action répressive inadaptée. Pourtant, ce même pouvoir judiciaire voit son patron, le Procureur général de la République, être élu par le peuple. Certes, là aussi les alliances politiques ou les majorités de circonstance font que, mais l'homme élu est alors représentatif du choix des électeurs.

Il n'aura pas carte blanche mais pourra appliquer, avec les moyens du bord, tout l'arsenal judiciaire à sa disposition pour mener sa tâche. Au niveau cantonal, le Procureur général demeure une référence. Il doit encore, tout comme ses confrères du pays, arriver à se faire entendre auprès de la Berne fédérale, des décideurs, de faiseurs de Suisses et de Lois.

Un Chef de la police élu par le peuple gagnerait en indépendance opérationnelle. Il se devrait aussi d'assumer ses choix, qui auraient des répercussions sur son bilan, mais il apporterait, sans pression politique, des solutions guidées par un seul objectif, rétablir la sécurité avec les moyens à sa disposition, mais sur la base d'un projet d'avenir.

Il aurait ainsi le poids, comme l'était à l'époque M. Jean-Robert Warynski, d'un huitième conseiller d'Etat mais qui lui ne serait pas guidé par des impératifs politiques, économiques, partisans, où en vue d'un combat d'idées à l'approche d'importantes élections, votations.

Une liberté obtenue qui peremetterait au Chef de la police de gérer ses troupes en ayant les connaissances métier, avec un seul impératif, celui de réussir et de réaliser ses objectifs, sinon le peuple trancherait aussi vite par retour des urnes. Un risque, mais c'est probablement le prix à payer pour obtenir une certaine liberté d'exercer, et d'agir immédiatement sans contrainte politique.

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

 

 

 

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01/09/2011

La sécurité doit vaincre l'insécurité !

Il y a bientôt 17 mois, un blogueur déposait ce texte sur cette plate-forme. Je suis certain que "Minet" ne m'en voudra pas de reprendre ses écrits, juste pour nous souvenir des interpellations d'alors !

Walter SCHLECHTEN, habitant La Croix-de-Rozon.

* * *

(11.04.2010)

L’insécurité, les véritables questions qu’il faut encore se poser !

J’aime le sujet de l’insécurité, car il est d’actualité, il représente une crainte profonde de la population, de notre société et l’aborder c’est vouloir y trouver des solutions pour apporter des réponses aux attentes de nos concitoyens.

 

J’aime le sujet de la sécurité, car il doit devenir une véritable actualité, il représente l’avenir de notre population, de nos enfants, de notre société à travers les solutions qui seront proposées.

 

Ce qui a changé à Genève depuis septembre 2009, c’est que le thème de l’insécurité n’est plus seulement évoqué comme un sentiment, mais bien comme une réalité. Si les dernières élections municipales avaient effleuré le sujet, notamment pas Pierre Maudet, le renouvellement du Grand Conseil, puis du Conseil d’Etat genevois a clairement donné forme à cette insécurité. Il était temps, l’on ne pouvait pas rester plus longtemps dans le déni.

 

Lucidité ou courage politique, l’on ne saura jamais ?

 

Par contre, après avoir réussi à franchir ce pas, nos politiques doivent encore avancer, franchir un cap nouveau et poser les questions qui demeurent en veille.

 

Le devoir de réserve ne m’autorise pas à répondre ici aux interrogations déposées ci-dessous et qui m’ont été rapportées par mes amis, mais libre à vous de nourrir ce débat. Elles ne sont pas exhaustives, mais elles ont le mérite d’approfondir le thème choisi.

 

 

La sécurité qui doit vaincre l’insécurité :

 

1) A défaut de moyens en personnels policiers suffisants, ce qui est reconnu, ne faut-il pas un message politique global beaucoup plus fort, qui se devrait d’aller bien au-delà d’une opération de terrain ciblée et restrictive ?

2) Quelles sont les véritables priorités cantonales dans la politique choisie par nos élus et les hiérarchies ?

3) Les cambriolages, les vols à la tire, les délits et crimes avec violence ne doivent-ils pas aussi devenir des thèmes principaux pour restaurer la confiance de nos citoyens ?

4) Au delà de la prévention et des actions policières, qui ne seront jamais la solution entière aux problèmes existants car trop dépendantes d’une doctrine judiciaire insuffisamment déterminante actuellement, la sécurité globale ne doit-elle pas devenir un sujet prioritaire et parlementaire à la Berne fédérale ?

5) L’éducation et l’enseignement ne doivent-ils pas reprendre une place prépondérante dans la diffusion de nos valeurs historiques auprès d’une jeunesse déjà perdue dans une violence banalisée, voire normalisée par les médias et autres vecteurs, à travers le respect de l’humain, de la vie, du droit d’exister, de vivre en sécurité, en dénonçant à travers l’analyse et la compréhension les comportements illicites et répréhensibles ?

6) La première des solutions n’est-elle pas d’offrir une très grande visibilité policière et cantonale, sans parler de répression mais bien de prévention, comme il en avait été le cas à Genève lors des engagements policiers au déclenchement de la guerre du Golf (1990), puis durant l’Euro08, avec une présence policière générale en nos rues ?

7) L’îlotage individuel tel qu’il est conceptualisé depuis 2003 n’est-il pas un échec qui n’a fait qu’éloigner les policiers de base de la rue, du citoyen, de la population, des commerçants, du rapport humain ?

 

Manque d’effectifs :

 

1) A travers les modifications législatives apportées, soit une augmentation de la classe d’engagement des policiers, êtes-vous certains que les autres modifications apportées ne portent pas atteinte à un métier hiérarchisé organisationnellement dans l’ordre du commandement, comme par exemple la mise en application de la grille salariale étatique et son système rétrograde de promotion qui ne sert qu’à couler ce métier dans la fonction publique, elle-même sans grandes ambitions ?

2) Le manque d’effectifs à la police genevoise est-il une raison suffisante pour limiter le champ d’action de nos pandores au seul centre-ville ?

3) Est-ce un choix politique que de ne cibler que la ville de Genève à travers l’opération Figaro ?

4) A quand une véritable redistribution des tâches avec les personnels à disposition et les partenaires liés à la sécurité, ce qui en toute logique est le premier pas vers l’optimisation des moyens humains ?

 

Et après :

 

1) Ne doit-on pas réfléchir aujourd’hui, pour ne pas prendre une nouvelle fois dix ans de retard, sur la politique qui doit être menée à l’avenir, à travers un véritable programme d’éducation, de prévention, de responsabilisation civique ?

2) Ne doit-on pas réfléchir aujourd’hui, pour ne pas prendre une nouvelle fois dix ans de retard, sur la politique qui doit être menée pour l’avenir, à travers une véritable volonté de maîtriser, d’anticiper l’éclosion de violences nouvelles, de délits sectoriels liés aux déplacements économiques des peuples, dans une société globalisante qui prône une ouverture des frontières, portes également ouvertes à l’arrivée de valeurs et de comportements aggravants qui ne doivent pas devenir les nôtres ?

3) Ne doit-on pas réfléchir aujourd’hui, pour ne pas rester sur le quai une fois de plus, dans quelle société de demain nous voulons vivre, sécuritairement, environnementallement, économiquement, civiquement, humainement ?

 

Autant de questions pour lesquelles j'espère vous aurez quelques réponses.

 

Minet

30/08/2011

"Saint Fiacre veut-il nous laisser dans la M.... ?"

Ainsi donc nous sommes la Saint Fiacre, patron des jardiniers. Bonne fête donc à nos amis du SEVE, et pourtant ...

 

S'il n'y a plus de saison et que la sécheresse est devenue la meilleure ennemie de nos horticulteurs, nous nous devons de constater, en milieu urbain, qu'un autre fléau attaque nos parcs, nos promenades, nos jardins, nos bosquets, nos bois, nos espaces verts, les déjections humaines.

 

Si l'humain a trouvé la solution pour son ami le canidé, avec l'utilisation des canisettes et des sachets idoines, le comportement sanitaire et individuel du plus intelligent des bipèdes ne s'améliore pas.  Certes, on lui a supprimé le droit fondamental d'uriner ou de se soulager comme bon lui semble il y a fort longtemps, à travers des règlements, sous la menace de la sanction suprême, le procès-verbal. Parfois décriées, souvent endommagées, quelquefois détournées de son usage premier,  les toilettes publiques ont également disparu du paysage genevois. Quelques vielles constructions demeurent et ne sont pas encore fermées, mais elles sont totalement insuffisantes face aux besoins urbains.

 

Ce manque, cette retenue, ces indécisions du pouvoir législatif sur de nouveaux projets à vocation sanitaire ne font qu'augmenter le malaise et ne soulage pas la population, les touristes et autres gens du voyage. Car il faut bien le dire, si l'usage des commodités n'est plus devenu une nécessité chez certains, ce sont nos espaces verts qui sont devenus une référence. Ces derniers bénéficient, sous couvert du feuillage et en ces temps de développement durable, d'un composte naturel fort désagréable, accompagné de quelques feuillets souillés.

 

Si l'odeur est insoutenable à certains endroits, que l'usage des lieux en devient exécrable, le malaise est encore plus grand à proximité des écoles ou de parcs d'enfants. Bien souvent, la pudeur de l'acte a également disparu et c'est sans gêne que les irrespectueux se soulagent sans retenue, vaguement dissimulés par l'ombre d'un feuillu.

 

Ils y a des parcs et promenades qui ont été rapidement réaménagés afin de contrarier quid les chieurs du quartier, quid les toxicomanes de passage, quid les sans-abri à la tombée de la nuit, quid les exhibitionnistes aventureux, mais il demeure des sites qui se doivent d'être très rapidement entretenus, modifiés, aménagés, élagués, déboisés, désinfectés, restaurés.

 

J'en veux pour preuve le parc des Cropettes par exemple, derrière la gare. Ce midi, lors de ma pause, je me suis rendu en ce lieu pour prendre l'air, mais c'est une véritable agression olfactive dont j'ai été victime, avant de constater l'ampleur des dégâts.

 

Les bosquets situés côté rue du Fort-Barreau, bien que « protégés » par des vaubans, ne sont plus que des sanisettes ouvertes et désagréables, il ne manque qu'une entrée officielle et un panneau indicateur de l'office du tourisme, alors que les buissons situés côté rue de Beaulieu sont devenus des toilettes publiques à usages multiples, dans lesquels des toxicomanes se piquent sans gêne, abandonnant même parfois leurs seringues, ou des lieux de dépose de déjections, de la petite crotte à la grosse merde. Et ce ne sont pas nos amis les canidés qui sont responsables de ces insalubrités publiques, mais bien des humains qui ne connaissent plus le sens du mot respect.

 

La responsabilité incombe également à nos autorités, car nous savons depuis fort longtemps qu'il manques de véritables toilettes publiques en Ville de Genève, quitte à ce qu'elles soient payantes, comme j'ai pu en utiliser à Copenhague récemment, mais la lenteur des dossiers, des décisions, des choix pour les investissement nécessaires ne fait que laisser la situation dans le caca le plus odorant.

 

La solution la plus rapide, la plus simple, à défaut de proposer des sanisettes dignes de ce nom, c'est une intervention immédiate du SEVE et de ses jardiniers, par un élagage soutenu, un déboisement utile, un entretien des lieux et une restauration de nos parcs et promenades pour qu'enfin l'on puisse en profiter sans se faire chier à éviter les crottes des autres.

Courage à mes amis jardiniers, en espérant que Saint Fiacre lise les blogs de la TDG.

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

28/08/2011

"Polisson"

L'autre soir, ma petite n'arrivait pas à s'endormir, elle avait peur du noir et des voleurs. Elle me demanda alors de lui raconter une histoire, un conte. Le voici :

 

« Un petit garçon orphelin, Polisson, placé sous la garde de ses deux tantes Isabel et Monica, décida de les mettre à l'épreuve afin de savoir laquelle des deux était sa préférée.

 

Polisson :

- Les Tantines, dans mon école il y a beaucoup de voleurs, nos affaires disparaissent et en plus certains inconnus nous rackettent à la sortie des cours, que pouvons-nous faire ?

 

Tante Isabel :

- Je vais aller voir le directeur, que je connais bien, et lui demander qu'il augmente drastiquement le nombre de professeurs dans ton école, ainsi vous serez mieux surveillés, mieux protégés !

 

Tante Monica :

- Je pense qu'il va être difficile d'arriver à une telle augmentation, le directeur réclame depuis longtemps des enseignants en plus, en vain. Il nous faut donc trouver la solution avec les moyens du bord. Faire un premier diagnostique des problèmes rencontrés, mettre en garde les élèves face à ce problème et par exemple envisager que le concierge puisse se voir confier un petit travail de surveillance, à l'entrée du préau, juste pour s'assurer qu'aucun indésirable ne pénètre sur le site durant les cours.

 

Polisson pensa que tante Monica avait raison. En plus, le concierge il le connaît bien, il travaille ici depuis longtemps et c'est déjà un peu leur ange gardien.

 

Polisson réfléchi un moment et invectiva ses deux parentes.

- Les Tantines, si demain je devais choisir un métier, que me conseilleriez-vous ?

 

Tante Isabel :

- Tu dois poursuivre tes études Polisson, ainsi tu pourras après travailler dans une banque, un cabinet d'avocats ou à la bourse. L'argent viendra alors récompenser tes études et ton travail, ta situation financière t'autorisera à une belle vie, sans retenue, loin de la pauvreté et des problèmes du peuple. 

 

Tante Monica :

- Je pense, Polisson, que tu devrais laisser ton choix être guidé par ce que tu aimes faire dans la vie. Par exemple, dans ton école tu cherches souvent des solutions pour aider tes amis, pour améliorer les choses, pour que l'injustice de soit pas la reine du préau. Tu ferrais un bon gendarme Polisson. C'est un beau métier, riche en rencontres et en émotions. Bien sûr, tu ne seras jamais riche, mais jamais pauvre non plus. Par contre, tu n'auras jamais honte de toucher ton salaire, car travailler en étant perpétuellement au service des autres et pour de justes causes, et bien c'est très enrichissant. Ta famille sera fière de toi, et le prestige de l'uniforme te donnera belle allure.

 

Polisson se dit qu'il aimait bien l'idée de tante Isabel, devenir riche, avoir de l'agent et de ne manquer de rien, mais qu'il préférait la vision de tante Monica, s'enrichir au contact des gens, apprendre à les connaître pour mieux les aider. Être au service de ceux qui en ont besoin, aider la victime et attraper le voleur, juste pour s'endormir heureux de la mission accomplie. Si l'on ne peut pas effacer l'injustice, on arrive parfois à rendre juste ce qui ne semblait plus l'être. Il se dit qu'il allait écouter son coeur, ses passions et le bon sens, car l'idée de tante Monica lui plaisait bien.

 

Polisson étant encore un peu hésitant au sujet de sa préférée, il posa une dernière question.

- Les Tantines, si demain je devais trouver une solution miracle pour aider ma famille dans le besoin, que devrais-je faire ? Promettre et peut-être mentir pour rassurer mes proches, juste pour laisser une lueur d'espoir entrer dans leurs yeux, ou dire la vérité sur la situation et, petit à petit, avec de simples gestes, les aider à remonter la pente pour enfin qu'ils sortent la tête de l'eau ?

 

Tante Isabel :

- Tu dois écouter ton cœur, mais aussi te rendre compte que tes proches doivent te percevoir comme un sauveur, un chef de famille, l'autorité qui décide et qui trouve toutes les solutions. Donc il vaut mieux promettre beaucoup, quitte à ce qu'ils reçoivent moins, mais ainsi tu garderas la tête haute et le navire à flot, en attendant des jours meilleurs.

 

Tante Monica :

- Tu dois effectivement écouter ton cœur, mais ne jamais promettre ce dont tu n'arriveras pas à tenir, car plus difficile sera la chute pour tes proches. Demeurer réaliste et franc, centrer tes tâches premières au quotidien, quitte à déplaire, mais ainsi tu accompagneras en tous temps ta famille, car tu seras leur lueur d'espoir pour des jours meilleurs.

 

Polisson compris alors que son choix était fait, mais il écouta son cœur et décida, pour ne blesser personne, de rester sur la réserve et de ne jamais, oh non jamais, dire à quiconque qui était sa tantine préférée, car pour l'instant les deux l'accompagnaient tous les jours sur le chemin de la vie, chacune avec sa vision du monde. » 

La petite, elle, venait de s'endormir avec Polisson, ayant oublié les voleurs et ses peurs, pour une nuit au moins.

Walter SCHLECHTEN, habitant La Croix-de-Rozon.

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26/08/2011

Un bilan de sécurité en deux manchettes !

Il y a des jours où l'infomation nous interpelle plus qu'hier, mais moins que demain !

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09/08/2011

Lettre à Clémence !

« Chère Madame,

 

Si me permets de vous écrire ce soir, au son des mes mots, c'est pour trouver en vous une résonance à mes pensées. Qui mieux que vous sait nous observer du sommet de la tour nord, tout en regardant le temps qui passe et les minutes qui s'écoulent, sous la bise ou le vent, sous la pluie ou au firmament des lueurs du soleil, voire de la lune.

 

Je ne suis pas centenaire comme vous, loin de là, mais depuis quelques années j'observe aussi ma ville, mon canton, ses citoyens et ses décideurs. Si ces derniers ne savent plus sonner le glas à la lecture des chiffres ou lors des tempêtes, ils ne trouvent pas non plus les solutions aux problèmes rencontrés, presque ignorés car dissimulés.

 

Pourtant, au jour le jour nous ne nous retrouvons plus en cette société genevoise, que d'aucuns ont pourtant servi, au prix de leur vie parfois, laissant leur nom dans l'histoire, et en nos murs souvent. Un historique galvaudé par l'abandon de nos valeurs. Mais Genève n'est-elle pas devenue ce qu'elle est le siècle passé grâce à celles-ci ?

 

Genève perd son âme, son identité, sa culture, sa joie de vivre et son patrimoine. Genève est devenue gourmande, mais ce péché a un prix exorbitant, celui de l'argent et des envieux.

 

Pourtant, nous avons l'eau et le feu, les montagnes et les neiges éternelles, du poisson et des bisons, des vergers et des champs, des chemins et des routes, des écoles et des cantines, des parcs et des promenades, des monuments et une cathédrale mythique.

 

Je n'aime pas la direction prise pour l'avenir, nous nous égarons, abandonnons nos repères et sacrifions nos valeurs sacrées pour mieux plaire. Mais à qui, à quoi, je vous le demande ?

 

Chère Clémence, vous qui sonnez juste depuis si longtemps, n'avez-vous pas les mêmes craintes que moi ? Pire encore, il se pourrait que l'on vous sacrifie prochainement vous aussi, sachant que les derniers bastions de la fin du vingtième siècle tombent un à un aujourd'hui, même en vieille-ville.  

 

Votre prénom résonne en nos cœurs comme un chant, celui de la liberté, de la défense de nos valeurs, de nos croyances, mais de nos espoirs surtout. »

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

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07/08/2011

2013, le Conseil d'Etat improbable !

Les journées étant un peu longues, les années aussi, je me suis projeté à mi-chemin en 2013, année électorale pour notre Conseil d'Etat.

 

Comme souvent, les résultats ne représenteront pas ma sensibilité, mais je me suis soudainement amusé à nommer les heureux/ses élu/es au moyen de ma plume magique.

 

1) David Hiler, DF, patron des finances avec un dernier mandat à honorer, une évidence dans la continuité. Un homme à sa place, sachant gérer écologiquement les deniers de l'Etat et parfois prendre du recul sur une collégialité exacerbée.  

 

2) Olivier Jornot, DSPE, la justice et la police pour un homme de lois, un homme de foi, de convictions et d'ambitions. Il en faut pour briller et obtenir des résultats sur le terrain, Genève a besoin d'un organe de commandement sachant manier habillement politique et sécurité publique.

 

3) Pierre Weiss, reprise en mains du DCTI, un navire à la dérive avec des grands projets sans gouvernail, mais qui doit redevenir de fleuron de la flotte. Un homme d'idée, mais aussi de décisions, abruptes parfois, économiques souvent, drastiques certainement. Mais il faut un homme fort à la tête de ce département, qui veille à la dépense, quitte à déplaire.

 

4) Pierre Losio au DIP, intelligent et fin, respecté et respectable, connaît si bien Genève et ses besoins, une culture du terroir pour redonner goût à l'étude. Sa grande discrétion lui servira pour travailler sereinement avec les partenaires, à l'écoute des étudiants, des parents d'élèves mais aussi des enseignants. Un bon professeur qui peut encore beaucoup apporter.   

 

5) Mauro Poggia au DSE, pour une politique pragmatique face aux injustices sociales. Homme reconnu dans son combat sur les assurances maladies, peut apporter une vision nouvelle de l'action sociale à Genève.

 

6) Anne Emery-Torracinta, au DIM, pour une politique de gauche non larmoyante, un équilibre social dans la mobilité urbaine et suburbaine qui n'oublierait personne, une avancée sociale sachant mêler la terre et le béton, l'eau et les ponts, les transports publics avec le reste.

 

7) Guy Mettan, un véritable patron capable de gérer le DARES, sans grand bouleversement mais en ayant conscience des enjeux économiques à équilibrer. Ses nombreuses relations devraient faire merveille pour le développement de la recherche universitaire, et dans bien d'autres domaines.

 

Hiler - Jornot - Weiss - Losio - Poggia - Emery-Torracinta et Mettan, une belle brochette politique, des gens de bonne compagnie et qui se connaissent pour un changement radical qui ne verserait ni à gauche, ni à droite.

 

Bon, ce n'est pas tout, faut cesser de rêver et demain on doit retourner travailler pour payer nos impôts, car sans argent pas de politique d'avenir, même à Genève.

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

23/07/2011

We are the World, we are the children !

Une chanson que nous connaissons tous, un leitmotiv reconnu et accepté qui nous accompagne depuis mars 1985, date de sortie de ce morceau. Autre siècle, autre temps, mais rarement les consciences humaines avaient su se retrouver, se réunir, s'unir et clamer haut et fort l'injustice et famine avec un tel succès.

 

Depuis, certains ont bien tenté de changer le monde, mais en passant de la globalisation à l'altermondialisation, des nouveaux riches aux pays émergents, des cracks boursiers aux flambées du pétrole, des conflits armés antiterroristes aux révolutions populaires, tous en ont oublié les enfants, l'injustice et la famine.

 

Distribuer 156 milliards d'euros au peuple grec pour aider son économie, mais surtout sauver la monnaie unique, voire l'idéologie d'une communauté européenne, c'est quasiment un geste indécent lorsqu'on sait que depuis dix jours l'ONU, par la voix de son Secrétaire général Ban Ki-moon, exhorte les gouvernements à contribuer à l'appel humanitaire d'urgence pour la Corne de l'Afrique, des besoins estimés à 1,6 milliard de dollars, une goutte d'eau dans un puits de milliards. Et pourtant, à ce jour, il n'y a que la moitié de cette somme qui a été débloquée par les États membres.

 

Venir en aide aux millions de personnes affectées par une sécheresse sans précédent depuis des décennies, c'est simplement respecter le droit international qui impose aux États qui sont en position d'aider de le faire immédiatement, là où des vies sont en jeu.

 

Dans certaines régions de la Corne de l'Afrique, le taux de malnutrition des enfants peut atteindre 30 %. Plus de 11 millions de personnes sont affectées et ont besoin d'une assistance pour rester en vie. La close d'urgence est là, l'argent aussi, mais les priorités des uns ne répondent pas aux besoins des autres.

 

We are the World, we are the children !

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

19/07/2011

"Roms service"

« Mon nom est Simona, je ne parle pas français mais le romani, même si je communique aussi en italien. Je suis née à Aiud, en Transylvanie il y a 43 ans, mais j'en parais 10 de plus. Mère de deux enfants, je suis mariée à Gheorghe, un vieil homme malade rongé par l'alcool.  

 

Depuis 3 ans nous venons à Genève, 9 mois par an. Nos enfants nous y rejoignent pendant les vacances scolaires. En Roumanie, l'école est devenue « obligatoire » pour les Roms, sachant que la municipalité nous verse une allocation pour tout enfant scolarisé, ceci grâce à une subvention de la communauté européenne. Impossible pour nous de laisser échapper cet argent, même si l'on est conscient que nos petits doivent apprendre au moins à lire et à écrire.

 

Dans la ville de la croix rouge, la mendicité est notre pain quotidien, pas de voleur chez nous, juste quelques musiciens. La première année nous avions utilisé un transport organisé depuis Alba Iulia. Mais, une fois arrivés en Suisse, la dîme que nous devions reverser au transporteur était trop lourde. Donner la moitié de nos gains durant trois mois, il ne nous restait pas de quoi subvenir à nos propres besoins. Depuis nous prenons une ligne régulière de bus, 1800 kilomètres en 2 jours, mais une fois ici nous ne devons plus rien à personne. Il y a bien des clans qui tentent de nous soutirer de l'argent, mais nous nous tenons éloignés de ces gens. Ce sont des voleurs et leurs lois ne sont pas les nôtres.  

 

A Genève, le plus difficile c'est de trouver où dormir et à manger.

 

Les nuits sont fraîches, même en été. Alors on s'organise, on trouve de quoi se faire un lit de fortune, quelques vêtements usagers dans les boîtes jaunes Emmaus et on s'installe. On dort en groupe, en fratrie, pour se tenir chaud. Depuis 4 mois nous devons tous les jours débarrasser notre campement de fortune car la police et la voirie ont organisé des ramassages.

 

Pour les repas il y a bien quelque œuvres caritatives mais ces lieux si rares sont pris d'assaut par d'autres nécessiteux. Des clochards, des toxicomanes, des requérants d'asile, des femmes abandonnées, des vieux sans ressource ou des jeunes à la rue, il y a de tout et de toutes les nationalités. On arrive encore à y recevoir un repas, mais souvent il faut jouer des coudes pour réussir à y entrer. Il y a bien un gérant d'une supérette qui nous donne les invendus en fin de journée, il n'aime pas jeter, mais son patron ne doit jamais l'apprendre. Comme nos hommes boivent beaucoup de bières, une partie de nos gains apaise leur soif. Nous on travaille le jour, eux nous protègent la nuit, mais les journées sont longues et incertaines.

 

La mendicité ici fonctionne encore un peu, les gens se promènent toujours avec de l'argent en poche, pas comme en France où la carte bleue est devenue la seule monnaie courante. Il faut juste trouver le bon emplacement, le bon jour et la bonne heure, car rien n'est acquis.

 

Personnellement je préfère offrir un sourire pour demander l'aumône, rien ne sert d'insister ni d'insulter, car bien souvent ceux qui donnent une fois recommenceront. Ces gens là ont la main sur le cœur, mais ici la pitié ne marche pas, elle fait peur, les passants changent de trottoir.

 

Par contre, un petit morceau de violon ou d'accordéon et un merci maladroit provoque une certaine générosité. Reste le problème des autorisations, mais il faut payer CHF 10.- par jour pour jouer d'un instrument, nous ne pouvons pas avancer cette somme. Alors, tout comme pour la mendicité, on s'expose aux amendes des policiers. Parfois, si on part immédiatement, l'agent ne prend pas nos noms, il se contente de nous faire fuir.

 

En Roumanie, s'il y avait du travaille, je devrais travailler aux champs durant plus de 9 heures pour gagner la moitié de ce que je récolte ici en un jour. Le soir arrivé, on compte nos gains et on partage. Chacun doit pourvoir manger, boire et s'acheter des cigarettes, seul luxe encore autorisé.

 

Demain, sauf s'il pleut, je retournerai à l'angle de ma rue, usant de mon plus joli sourire pour gagner un peu ma vie, afin de poursuivre  un chemin pourtant sans avenir, juste pour survivre tout simplement. »

 

Walter SCHLECHTEN, habitant La Croix-de-Rozon.

17/07/2011

"Le miroir brisé"

« Je m'appelle Max, je suis né et j'ai vécu dans le quartier de Saint-Jean, mais actuellement je passe toutes mes journées devant la gare de Cornavin. A 63 ans je n'ai plus aucun revenu, je me suis retrouvé au chômage il y a huit ans, puis à l'aide sociale. Il y a deux ans j'ai eu honte de n'être qu'un assisté, j'ai tout laissé tomber, mais depuis j'ai aussi tout perdu. Une histoire qui peut vous arriver demain, tel un cancer, même si on n'ose y croire au quotidien.

 

Après mon licenciement, mon épouse a supporté un an notre situation familiale, ma dérive financière et mes colères alcoolisées. Elle m'a quitté comme on laisse un fardeau sur le bord du chemin, pour mieux avancer, pour ne pas tomber avec lui, pour survivre probablement. D'entretiens d'embauches à mes débauches alcooliques, impossible pour moi de retrouver un travail. J'ai bien vite compris que je ne serai plus jamais un ouvrier comme les autres, un employé, un salarié. Elle aussi l'avait compris, d'ailleurs je ne voulais pas l'entraîner dans ma chute sociale, je ne l'ai pas retenue.

 

Avec une formation dans un métier en déshérence, le vieux cordonnier que je suis n'a eu aucune chance de réussir une reconversion, surtout à mon âge. La faute à qui, à quoi ?

Des institutions noyées sous les demandes, fossilisées dans les lois et les règlements d'application, par le droit, par la gestion administrative des dossiers, oubliant trop souvent l'humain à la porte de l'office. Le chômage c'est comme une maladie, plus elle est longue, moins il est facile d'en guérir.

 

Les factures, les dettes, les impayés, les poursuites, l'évacuation de mon logement, la saisie de mes biens, le tout accompagné de la maladie, la dépression et enfin l'alcool qui devient si vite votre meilleurs ennemi. Il faut dire qu'une fois en rue, la solitude, le froid, la faim, la honte, la douleur demeurent vos seuls compagnons.

 

Le réseau social est quasi inexistant après. Vos proches et vos amis vous oublient, vous chassent parfois, alors que les organismes d'entraide sont bien plus efficaces pour les requérants d'asile que pour nous, les exclus sédentaires.

 

J'ai bien dormi durant quelques semaine dans un foyer d'accueil ou à l'asile de nuit, mais cette vie communautaire n'est pas saine, elle nous noie dans la masse, elle engendre l'habitude et l'effet miroir qui se doit de nous bousculer disparaît à son tour. L'indépendance d'une couche, dans un parc, dans une cave ou un parking reste une des rares libertés où nous nous donnons le choix, celui de garder un peu d'intimité et de dignité. Manger un peu, trouver de l'argent pour acheter le liquide divin, un brin de toilette alors même que les wc publics disparaissent tour à tour, tel est mon quotidien.

 

Heureusement, ce matin comme tous les jours je ne suis pas seul, d'autres exclus sont là, à notre rendez-vous de l'aube. Il y a José, l'ancien chauffeur poids lourds, Marcel, l'ex ouvrier de chantier, Paul, un écrivain qui n'a jamais publié et Izmir un vieux turc qui a fait tous les petits boulots du monde. Nos parties de cartes nous donnent l'impression que les journées sont moins longues. Elles créent aussi un lien social, aussi éphémère qu'il soit mais tissé autour du partage d'un morceau de pain ou d'une bouteille de gros rouge. Nous sommes de gentils clodos, on ne vole pas, on ne mendie pas, on n'escroque pas, on range nos déchets la journée terminée pour ne pas gêner. Mieux encore, on ne demande plus rien car l'on n'espère plus grand-chose.

 

Demain est un autre jour, mais si vous passez devant la gare et que vous nous y croisez, ne détournez plus la tête, mais regardez nous tel un miroir d'une société où demain c'est peut-être votre reflet que vous y verrez. »

 

Walter SCHLECHTEN, habitant La Croix-de-Rozon.

10/07/2011

"Tu me manques"

«Réveillé depuis cinq heure du matin,  je n'ai dormi que trois heures. J'ai la tête lourde. Mon corps me brûle, il frissonne. Mon pouls lui s'est accéléré une fois de plus, car mon sang cherche du produit. Tel un torrent, il draine les alluvions résiduelles qui pourraient encore être emportées, assimilées, consommées.

 

Seul au centre de cette rotonde, avec mes vingt balles en poches, je cherche une pointe. Je n'arrive pas à tenir debout. Le tremblement de mes jambes est si intense que mes muscles n'arrivent plus à se contracter. Mes pas sont incertains, tout comme le sera ma journée, éternel recommencement d'une aube où le produit est devenu l'unique but d'exister, de survivre.

 

Pablo arrive à son tour, il n'a rien sur lui, ni produit, ni argent. Il va devoir attendre l'ouverture de la Navigation pour y recevoir son traitement. J'ai mal pour lui, mais je ne partage plus. Ici c'est marche ou crève, chacun pour soi. Chienne de vie, vie de merde oui.

 

Je vois mon reflet dans la vitre souillée de l'abribus. J'ai une salle gueule, je fais dix ans de plus. Y a pas de miracle, je ne suis pas rongé que de l'intérieur. Ma vision se trouble avec le souvenir fugace d'une image d'un jeune ado, sportif, sain. Pablo me bouscule, retour à la réalité.

 

Dire que j'ai commencé à l'âge de dix-sept ans par une prise d'héroïne partagée, comme ça, pour rire, pour planer, pour tester, pour y toucher, pour faire comme mes potes. Je fumais bien quelques joints avant, mais là une injection aura suffi pour que le démon de la poudre me gagne, m'habite, me hante jour et nuit depuis dix ans. Ne sortez pas de mouchoir à mon enterrement prochain, je n'étais pas un enfant pauvre d'un quartier défavorisé, juste un petit con à l'argent facile et au caractère rebelle. Faire chier à mon vieux était devenu à l'époque l'unique amusement d'une vie sans objectifs, sans fond, sans fin car né avec une cuillère en argent dans la main. Il n'y avait que le sport qui me procurait une sensation de liberté, d'exister, de m'affirmer. Tout ça est loin, trop loin, presque effacé de ma mémoire gangrénée. J'ai horreur de ces rares moments de lucidité, ils me font dire que je ne suis devenu qu'une merde.

 

Putain, je crois bien que je n'ai jamais eu aussi mal au ventre que ce matin, j'ai dû inhaler une saloperie hier soir, mauvais souvenir de cette dernière prise échangée contre un IPhone-4 volé une heure avant au Mac Do. Faut dire que le produit est tellement coupé que je ne sais pas toujours ce que je prends. Heureusement, un dragon est moins dangereux qu'une injection, même si l'effet semble plus rapide car la fumée monte à la tête immédiatement, pour partir dans le sang avec ces sentiments de soulagement, de légèreté, avant de retomber dans la douleur. Mais la seringue demeure dans la pratique, dans la mémoire du toxico, elle reste ma  maîtresse car elle me possède, m'obsède. Elle me marque, me pique ou me transperce, mais avec elle je partage mon sang, à la vie à la mort.

 

Adil arrive à son tour, je comprends qu'il est chargé. C'est le roi de l'arnaque, mais il me faut cette pointe, maintenant, pas dans une heure. Je lui donne mes vingt points et un Dormicum, il me remet un paquet. Départ dans la cabine téléphonique du lieu, pas le temps d'attendre l'ouverture du Quai9. Ici, même si des passants sont omniprésents, il y a deux arrêts de bus juste devant, plus personne ne réagit, ne me dit rien depuis bien longtemps.

 

Préparatifs et rituel habituels avec le matériel, le produit, les gestes se font sans réfléchir, je dois juste faire attention de ne pas perdre de la poudre car je tremble. En moins de quarante secondes c'est fait, et en moins de trente seconde l'effet est là, salvateur, presque régénérant.

 

Flache, brume, brouillard, ma vue se trouble et mon cerveau brûle déjà. Cette chaleur indescriptible, qui vient de l'intérieur, est comparable à aucune autre. Elle traverse mes veines à travers mon sang dans lequel le produit a pris place, première classe pour un grand voyage en passant du cœur au cerveau. Durant un moment je n'entends plus, je ne distingue plus, je ne réfléchi plus, je plane sans encore appréhender la descente obligatoire, car peu à peu l'effet diminuera, le corps aura alors totalement assimilé la dose.

 

La descente en enfer commencera par des picotements, la nuque, le bras gauche puis la jambe. Après, c'est le froid qui glacera mon corps en entier et un frisson solennel viendra donner le signal que l'effet arrive à sa fin. Il me faudra alors déjà retrouver du produit ou me rendre à mon tour à la Navigation pour y attendre de recevoir mon traitement. La méthadone ce n'est pas le paradis, mais ça aide à tenir, à ne pas que trainer en rue avec comme unique but la défonce perpétuelle, sans vie sociale, sans repère.

 

On aimerait tous arrêter, la drogue, les médocs, l'alcool, la métha, mais les démons de la poudre sont bien plus forts que moi. Ils me guettent à chaque coin de rue, à chaque rencontre. La tentation devient alors si grande que mes résistances lâchent.  Je retombe alors irrémédiablement, plus vite, plus haut et en étant plus faible encore.

 

Dans ce milieu, bien souvent la mort devient notre seule alliée pour toute délivrance, mais rarement on choisi l'endroit où l'on va faire un ultime voyage, ni avec quel poison on va souffrir.

 

Un jour, une nuit, tel un chien malade tapi dans un coin pour rendre son dernier souffle, c'est seul que je vais crever, comme un animal enragé qui aura juste réussi à fuir la société à travers ses démons. »

 

La drogue c'est de la merde, n'y touchez jamais ! 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

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29/06/2011

P.H.E.N.I.X

Pendant que la police arrête d'arrêter et que les évadés s'évadent, les politiciens eux réfléchissent à l'avenir. A défaut d'être proactifs ils demeurent réactifs.

 

C'est donc ce jeudi 30 juin 2011 que le DSPE et sa présidente vont présenter le projet Phénix à la commission judiciaire du Grand Conseil.

 

La réorganisation de la police genevoise ou comment un aigle royal peut renaître de ses cendres avec l'aide de ceux qui lui ont brûlé les ailes.

 

La renaissance, c'était donc si simple qu'aucun élu n'y avait pensé avant, subjugués qu'ils étaient par le sentiment d'insécurité.

 

Ce que je trouve saisissant, c'est que comme toutes les années les grandes communications attendues de la part de nos élus se font toujours à la fin du cycle scolaire, jours des promotions et des départs attendus en vacances.

 

Il faut dire qu'il n'y a rien de plus judicieux car ce calendrier ne laisse pas l'opportunité du débat, du dialogue, des questions, des explications ou voire des réactions. Journalistes, députés, citoyens, étudiants, tous partent en villégiature estivale, laissant ainsi les interrogations et les soucis derrière eux. A la rentrée, les élections fédérales seront le sujet de prédilection et la sécurité des genevois passera encore une fois à la trappe du temps perdu.

 

Restent les policiers, les victimes, les auteurs et dans quelques mois les statistiques. Une renaissance qui risque bien malheureusement de ressembler à une continuité abyssale, à vérifier !

 

Walter Schlechten, habitant de la Croix-de-Rozon.

27/06/2011

Si t'as pas un sous, à Genève tu ne bouges plus !

 

Je n'aime pas la Genève de demain, celle que l'on devine à travers divers projets.

 

Ville très chère et canton onéreux où il y fait encore bon vivre, l'on va se retrouver demain déjà devant la doctrine du tout pognon, dans une société de consommation outrancière elle-même rackettée par les taxes, les impôts et la suppression de jouir de la gratuité de l'espace public.

 

Dans trois ans à peine, j'imagine un réveil brutal pour les genevois :

 

Quittant mon logement, dont le loyer vient encore d'augmenter de 8 %, tout en laissant mon épouse malade, dont le montant total de son assurance maladie est devenu insupportable même avec une franchise à CHF 3000.-, j'hésite entre mon vélo électrique, sur lequel j'ai dû y apposer la vignette annuelle 2015 à CHF 365.-, vous savez celle instaurée pour financer la fin du nucléaire avec un franc symbolique par jour, ou mon scooter dont l'essence est à CHF 2.75 le litre.

 

Dans les deux cas, une fois arrivé à la Gare de Cornavin, il me faudra m'acquitter de la taxe parking-ouvert mais surveillé par vidéo surveillance. Il faut dire que CHF 8.- la journée pour un vélo électrique ou CHF 13.- pour le scooter, je regrette presque de ne pas emprunter les TPFVL (Transports Publics Franco-Valdo-Genevois). Certes, avec ceux-ci je mets 48 minutes, ce qui est long entre le Bus puis le Tram, même si l'abonnement annuel « Famille » de CHF 3400.- est déductible des impôts.

 

Pas simple mais je crois que je vais me laisser tenter par ma bécane avec ce grand soleil. Avant de mettre mon casque je prépare la monnaie. Non pas pour le parking, mais pour la traversée du pont du Mont-Blanc, devenue payante l'année dernière,  juste pour financer la future traversée de la rade. C'est CHF 4.50 qu'il me faudra par passage, soit CHF 9.- la journée, juste pour aller bosser sur l'autre rive et en revenir.

 

Rond-Point de Rive, soudain un besoin pressant. Je me dois de rapidement trouver une place de stationnement, pour laquelle je vais resquiller, car faut pas pousser, je ne vais pas débourser CHF 8.- pour déposer mon deux-roues juste trois minutes afin de me soulager. Déjà qu'il va falloir que j'incruste CHF 3.- dans les nouvelles sanisettes publiques juste pour uriner, c'est un pipi doré que je vais lâcher.   

 

Ouf, c'est fait et je n'ai pas été verbalisé par la Fondation Genevoise des Parkings, société privée mandatée par l'Etat pour cette tâche ingrate, engendrer un impôt déguisé. J'ai échappé à CHF 40.- d'amende, ce qu'une vilaine diarrhée n'aurait pas remboursé.

 

Je suis enfin arrivé à la Gare et mon engin est rangé. Mon porte-monnaie lui est déjà vide et ce après mon premier déplacement de la journée.

 

Deux litres d'essence : CHF 5.50

Sanisettes fermées ; CHF 3.-

Traversée du pont du MB ; CHF 4.50

Parking-surveillé ; CHF  13.-

Un café dans la nouvelle Gare CFF ; CHF 4.40

 

Total de ce réveil pécuniaire CHF  30.40

Je comprends enfin pour quelles raisons le guide du motard 2015 affirme : « pour vivre à Genève, il faut CHF 100.- par jour et par personne, ceci sans excès »

« Genève, un monde en soi, et en argent »

Minet le resquilleur !

24/06/2011

Les questions sans réponse !

En ma qualité de citoyen informé par les simples médias, j'ai remarqué que depuis plusieurs mois, voire bientôt deux ans, plus aucun journaliste ne pose de questions qui dérangent sur la thématique de la sécurité à Genève, ni sur la police genevoise. C'est un peu comme pour le chômage, il y a une gestion différente dont plus personne ne veut parler ouvertement, comme si elle était dissimulée derrière une opacité étatique, et l'hospice général, qui le rendrait depuis sous-jacent.

 

Si Laurent M. Moutinot était visiblement devenu la tête de Turc de certains députés du Parlement et de bien des scribouillards, il semblerait que Mme Rochat soit au bénéfice d'une longue trêve.

 

Ce n'est pas que, en ma qualité d'électeur, je ne lui accorde pas le temps de ses réorganisations, mais je reste en attente de réponses à des questions d'actualité qui ne sont malheureusement jamais posées.

 

Comme citoyen j'ai entendu parler de Phenix, une réorganisation de la réorganisation de la police, dont des éléments devraient être présentés aux députés, à la presse et au peuple à la fin de ce mois. Ces travaux vont-ils aider à faire baisser la criminalité, à réinstaurer en rue un climat de confiance, à faire baisser les cambriolages, les vols à la tire et autres délits qui pourrissent la vie des citoyens, ou ne seront-ils qu'une réorganisation étatique, fonctionnelle, administrative, hiérarchique, financière et politique ?

 

Il y a aussi le projet Score, un nouveau système d'évaluation des fonctions à l'Etat, à travers une redéfinition des métiers. Là aussi, je reste curieux de savoir où passent mes impôts et comment seront payés les fonctionnaires de demain ?

 

Mais si ces deux thèmes demeurent de grands projets auxquels il faut accorder du temps au temps, sachant que les syndicats de la fonction publique perdront probablement patience avant le peuple, reste que de nombreuses questions planent sur les problèmes relevés par l'actualité, notamment sur l'insécurité et la criminalité, sujets qui étaient pourtant la thématique principale lors des denrières élections cantonales.

 

Florilèges de questions citoyennes, issues de mes lectures dans les médias, qui pourraient être déposées auprès de Mme Rochat Isabel, Présidente du DSPE :

 

Q : La criminalité de rue explose, tout comme les cambriolages, les vols à la tire, etc. Que comptez-vous faire dans l'urgence pour endiguer ces hausses qui viennent rompre le lien de confiance des citoyen envers sa police et ses autorités de tutelle ?

 

Q : Quelle doctrine allez-vous donner à vos employés pour remotiver une base policière écrasée par les nouvelles procédures NCPP, la réorganisation opaque de votre prédécesseur et vos travaux actuels qui sèment visiblement un doute inapproprié pour sécuriser vos troupes ?

 

Q : Comment expliquez-vous que les criminels sont aussi vite relâchés en rue alors qu'ils font l'objet d'ordonnances de condamnations. Ne devaient-ils pas se retrouver en prison ?

 

Q : Alors que la surpopulation à Champ-Dollon stagne après une forte baisse (baisse qui n'est pas sans lien avec la mise en application du NCPP) et que les personnes condamnées ne peuvent plus être détenues dans cette prison préventive, pensez-vous que la construction d'un Champ-Dollon II reste d'actualité dans le cadre des ambitions du Conseil d'Etat ?

 

Q : Après avoir déclaré que Plainpalais était votre priorité, voila que la lutte contre la drogue devient "la priorité". Comment expliquez-vous tous ces atermoiements dans une politique sécuritaire qui ne démontre pas la fermeté attendue par la population contre les délinquants qui trainent dans nos rues ?

 

Q : Il y a peu, on apprenait que la police manquait de budgets pour financer les relevés et les analyses ADN, ainsi que pour l'engagement rapide de personnels administratifs. Le Conseil d'Etat, à travers son budget 2011, n'a-t-il pas fait des économies de bouts de chandelle sur le dos de la sécurité et ainsi du bon fonctionnement des institutions ?

 

Q : Le pouvoir judiciaire reste en attente de magistrats et de personnels. Allez-vous soutenir ces postes nouveaux lors de l'élaboration du prochain budget afin d'assurer le suivi pénal du travail de vos policiers ?

 

Q : Depuis quelques semaines, ne nombreux chiffres alarmistes sortent dans la presse, des délits sont en hausse, les policiers désabusés et dans un grand désarroi, sentiments que vous aviez pourtant déjà constaté à votre arrivée à la tête de ce département. Ne pensez-vous pas que vous vous êtes laissée entraîner dans une spirale organisationnelle, ceci au détriment des besoins de l'opérationnel et du quotidien ?

 

Q : Vous donnez l'impression de ne pas vouloir heurter le Parlement avec des dépassements de crédits, comme si l'aspect financier était prioritaire sur la gestion des coûts de d'une sécurité pourtant au bénéfice de la population. Malgré votre double majorité politique, avez-vous l'impression de ne pas être soutenue par le Parlement, qui ne répondrait alors pas favorablement à vos requêtes ?

 

Q : Pour finir un peu d'humour. Vous avez hérité d'une patate chaude il y a bientôt deux ans. A ce jour, part-elle en frites, en robe des champs, en purée ou allez-vous la faire sauter telle une pomme de terre nouvelle ?

 

Des questions simples issues des lectures de faits divers, d'articles de la presse de boulevard et de statistiques annoncées et confirmées.

 

Je n'attends pas de réponse, les vacances scolaires et politiques sont bien trop proches, et qui prendrait sérieusement le temps de répondre au blog d'un simple citoyen qui se pose ces quelques questions, mais surtout qui se demande avec crainte où va Genève dans le contexte actuel ?

 

Minet, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

PS : Madame Rochat a répondu à ces questions lors de la séance du Grand Conseil, ce jour et en direct sur Léman Bleu, suite à l'interpellation d'un député. Merci Madame d'avoir pris le temps de répondre aux interrogations d'un habitant du canton. Et pour la fondue, en réponse à la dernière question, c'est avec grand plaisir que vous devenez mon invitée.

Walter Schlechten.

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24/05/2011

Quand le corporatisme prouve, face à la mort, qu'il est une valeur fondamentale de notre société !

Il y a des soirs où  plus rien n’a d’importance.

 

Il y a des soirs où le sens de la vie devient une priorité.

 

Il y a des soirs où les réalités d’une profession nous rattrapent.

 

Il y a des soirs où la douleur partagée est commune avec mes camarades.

 

Il y a des soirs où je pense à une famille en deuil, à une femme désespérée et en larmes.

 

Il y a des soirs où deux orphelins ne trouveront jamais les réponses à leurs questions.

 

Il y a des soirs où des collègues pleurent en silence ou dans les bras de leur épouse.

 

Il y a des soirs où je me demande si notre société mérite autant de sacrifices.

 

Il y a des soirs où je hais la violence gratuite des hommes et l’injustice.

 

Il y a des soirs où je ne trouve plus le sommeil.

 

Il y a des soirs où je ne comprends plus le sens de ma mission, de mon métier.

 

Il y a des soirs où je n’accepte plus que l’on attaque notre corporatisme que seul nous pouvons comprendre, car à travers notre profession nous nous mettons au service des autres, de notre employeur, de l'Etat et de notre société.

 

C’est ce même corporatisme qui fait que la machine avance encore face aux dysfonctionnements politiques ou judiciaires.

 

C’est ce même corporatisme qui fait que la mort de l’un des nôtres est ressenti comme une blessure personnelle.

 

C’est ce même corporatisme qui fera que demain je vais me rendre au boulot, sans crainte mais avec des doutes certains.

 

C’est ce même corporatisme qui fera que mercredi 25 mai 2011, à 1400, tous les policiers de Suisse marqueront une minute de silence et le salut qui est dû à notre camarde assassiné.

 

C’est ce même corporatisme qui fait que ce soir je suis en pensées avec cette famille que je ne connais pas, avec un canton qui est pourtant la source de mes origines, avec ces collègues que je ne côtoie pas, mais avec qui je partage la même douleur et le même amour d’un métier, celui de policier.

 

 

Minet. 

 

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