25/04/2012

Michel Chevrolet, un petit diable chez les anges !

 

En ce 24 avril 2012 tu nous as quitté, subitement, seul, sans prévenir, sans publicité ni communication extravagante ou ciblée. Pas de tramway nommé Départ pour ce dernier envol.

 

Je ne pense pas que tu aies précipité ce dernier voyage, même s'il est prématuré, même s'il est si soudain. Il n'était pas prévu et c'est certain personne ne l'envisageait autour de toi. On ne meurt pas à 39 ans, on croque la vie même si elle est marquée de cicatrices.

 

Tu avais des projets plein la tête pour ton appartement, pour ta boîte de communication, pour Genève la ville de ton cœur. Tu visais haut, tu visais loin, tu visais grand pour notre cité, car si l'Argentine était ton pays de sang, Genève demeurait ton amoureuse.

 

Épicurien tu aimais la fête, les bons petits plats et les bons vins. Tu dévorais la vie, un peu trop vite parfois mais toujours pour aller plus loin, pour avancer, pour vivre tout simplement,  comme si tu craignais d'en perdre le souffle durant une seconde, une minute ou une heure.

 

Nous avons mangé ensemble il y a onze jours. Tu m'avais invité dans un estaminet de cette Vieille Ville que tu appréciais tant. Tu voulais le meilleurs pour tes amis, tu voulais le meilleurs pour tes proches, tu voulais le meilleurs pour ta ville et sa population. Durant ce repas, tu as tenté de me convaincre de ne jamais m'engager en politique, non pas que je n'en aie pas les compétences, mais parce que tu m'estimais trop droit, trop franc, trop libre aussi. Tu m'as invité à poursuivre mon blog de libre-penseur et pourquoi pas à écrire un livre. Tu voulais aussi que je rejoigne ton groupe de réflexion, pour voir Genève autrement, sans politicien. Je t'ai écouté, sagement, je t'ai répondu et nous avons trinqué à cette amitié qui était pourtant improbable il y a quelques années, nos chemins étant si différents, et pourtant nous avons bu ensemble ce midi là à la liberté de pensée.

 

On t'aimait ou l'on ne t'appréciait pas, il n'y avait pas de juste milieu envers toi. Un jour je t'ai dit qu'en politique si Stauffer était l'agitateur de la République, toi tu en étais l'amuseur. Tu as ri jaune, amuseur n'était pas de circonstance probablement. Pourtant, c'était un compliment car tu savais parler de tout avec humour tout en restant proche des gens, de leurs préoccupations, de leurs problèmes, de leurs attentes et de leurs idées aussi, tout en gardant ce rire communicatif qui résonne encore.

 

Il y a trois ans, je me suis retrouvé face à mes juges, une procédure disciplinaire administrative du Conseil d'Etat lancée et signée par deux Conseillers d'Etat sortants. Ils n'avaient pas aimés mes mots, ils n'avaient pas aimé mon ton, ils n'avaient pas aimé mes écrits, ils n'avaient pas aimé mes vérités. Cette lourde procédure, durant laquelle ma révocation avait été envisagée, n'a pas été simple à supporter, même si j'ai assumé mes actes, mes paroles et mes écrits, voire mes responsabilités. Si excuses il y a eu de ma part, on blesse parfois les hommes avec les mots, je n'ai jamais baissé les yeux face à l'adversité et tu as été le seul du monde politique à avoir pris ma défense, à avoir plaidé ma cause auprès de tes connaissances influentes. Ton aide, à ce moment de ma vie, m'a été précieuse et tu y as gagné mon amitié sincère.

 

On ne va plus refaire le monde, il est trop tard mais je sais aussi que tu es en paix maintenant, loin de quelques démons qui accompagnaient ta vie, comme si tu n'avais jamais eu le droit de vivre en paix, d'être reconnu, d'être apprécié pour ce que tu étais et pas pour ce que tu représentais.

 

Les anges vont rires un bon coup avec toi, de belles soirées en perspectives et je suis même certain qu'au paradis des petits diables il y a une place pour ta boulimie de rencontres, de découvertes et de projets, comme apprendre aux Saints à mieux communiquer avec nous par exemple, pauvres humains abandonnés que nous sommes et qui avons perdu brutalement un ami, un de ceux qui sont proches des gens et qui nous manquent terriblement aussitôt disparus !

 

Adieu Michel, Minet et Maïté qui t'embrassent !

 

Walter Schlechten, habitant la Croix-de-Rozon

 

 

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10/04/2012

Le DSPE vit-il dans l'insécurité politique ?

 

Ce texte a été déposé par votre serviteur il y a deux ans avec un autre titre et sur un autre blog, et comme je trouve qu'il reste d'une actualité brûlante je vous le propose une nouvelle fois.

* * *

« J'aime  le sujet de l'insécurité, car il est d'actualité, il représente une crainte profonde de la population, de notre société et l'aborder c'est vouloir y trouver des solutions pour apporter des réponses aux attentes de nos concitoyens.

 

J'aime le sujet de la sécurité, car il doit devenir une véritable actualité, il représente l'avenir de notre population, de nos enfants, de notre société à travers les solutions qui seront proposées.

 

Ce qui a changé à Genève depuis septembre 2009, c'est que le thème de l'insécurité n'est plus seulement évoqué comme un sentiment, mais bien comme une réalité. Si les dernières élections municipales avaient effleuré le sujet, notamment pas Pierre Maudet, le renouvellement du Grand Conseil, puis du Conseil d'Etat genevois a clairement donné forme à cette insécurité. Il était temps, l'on ne pouvait pas rester plus longtemps dans le déni.

 

Lucidité ou courage politique, l'on ne saura jamais ?

 

Par contre, après avoir réussi à franchir ce pas, nos politiques doivent encore avancer, franchir un cap nouveau et poser les questions qui demeurent en veille.

 

Le devoir de réserve ne m'autorise pas à répondre ici aux interrogations déposées ci-dessous et qui m'ont été rapportées par mes amis, mais libre à vous de nourrir ce débat. Elles ne sont pas exhaustives, mais elles restent d'actualité et ont le mérite d'approfondir le thème choisi.

 

La sécurité qui doit vaincre l'insécurité :

 

  • A défaut de moyens en personnels policiers suffisants, ce qui est reconnu, ne faut-il pas un message politique global beaucoup plus fort, qui se devrait d'aller bien au-delà d'une opération de terrain ciblée et restrictive ?

 

  • Quelles sont les  véritables priorités cantonales et sécuritaires dans la politique choisie par nos élus et les hiérarchies ?

 

  • Les cambriolages, les vols à la tire, les délits et crimes avec violence ne doivent-ils pas aussi devenir des thèmes principaux pour restaurer la confiance de nos citoyens ?

 

  • Au delà de la prévention et des actions policières, qui ne seront jamais la solution entière aux problèmes existants car trop dépendantes d'une doctrine judiciaire insuffisamment déterminante actuellement, la sécurité globale ne doit-elle pas devenir un sujet prioritaire et parlementaire à la Berne fédérale ?

 

  • L'éducation et l'enseignement ne doivent-ils pas reprendre une place prépondérante dans la diffusion de nos valeurs historiques auprès d'une jeunesse déjà perdue dans une violence banalisée, voire normalisée par les médias et autres vecteurs, à travers le respect de l'humain, de la vie, du droit d'exister, de vivre en sécurité, en dénonçant à travers l'analyse et la compréhension les comportements illicites et répréhensibles ?

 

  • La première des solutions n'est-elle pas d'offrir une très grande visibilité policière et cantonale, sans parler de répression mais bien de prévention, comme il en avait été le cas à Genève lors des engagements policiers au déclenchement de la guerre du Golf (1990),  puis durant l'Euro08, avec une présence policière générale en nos rues ?


  • L'îlotage individuel tel qu'il est conceptualisé depuis 2003 n'est-il pas un échec qui n'a fait qu'éloigner le plus grand nombre des policiers de base de la rue, du citoyen, de la population, des commerçants, du rapport humain ?

 

Manque d'effectifs :

 

1)      A travers les modifications législatives apportées, soit une augmentation de la classe d'engagement des policiers, êtes-vous certains que les autres modifications apportées ne portent pas atteinte à un métier hiérarchisé organisationnellement dans l'ordre du commandement, comme par exemple la mise en application de la grille salariale étatique et son système rétrograde de promotion qui ne sert qu'à couler ce métier dans la fonction publique, elle-même sans grandes ambitions ?

2)      Le manque d'effectifs à la police genevoise est-il une raison suffisante pour limiter le champ d'action de nos pandores au seul centre-ville ?

3)     Est-ce un choix politique que de ne cibler que la ville de Genève à travers l'opération Figaro et/ou ses descendantes ?

4)      A quand une véritable redistribution des tâches avec les personnels à disposition et les partenaires liés à la sécurité, ce qui en toute logique est le premier pas vers l'optimisation des moyens humains ?

 

Et après :

 

1)      Ne doit-on pas réfléchir aujourd'hui, pour ne pas prendre une nouvelle fois dix ans de retard, sur la politique qui doit être menée à l'avenir, à travers un véritable programme d'éducation, de prévention, de responsabilisation civique ?

2)      Ne doit-on pas réfléchir aujourd'hui, pour ne pas prendre une nouvelle fois dix ans de retard, sur la politique qui doit être menée pour l'avenir, à travers une véritable volonté de maîtriser, d'anticiper l'éclosion de violences nouvelles, de délits sectoriels liés aux déplacements économiques des peuples, dans une société globalisante qui prône une ouverture des frontières, portes également ouvertes à l'arrivée de valeurs et de comportements aggravants qui ne doivent pas devenir les nôtres ?

3)     Ne doit-on pas réfléchir aujourd'hui, pour ne pas rester sur le quai une fois de plus, dans quelle société de demain nous voulons vivre, sécuritairement, environnementallement, économiquement, civiquement, humainement ?

Autant de questions pour lesquelles j'espère vous aurez quelques réponses. »

* * *

En ma qualité d'électeur, deux ans après je n'ai pas l'impression que des réponses suffisantes aient été apportées à ces interrogations, deux ans après je n'ai pas l'impression que le DSPE puisse politiquement y répondre, deux ans après je trouve que la situation sécuritaire ne s'est pas améliorée à Genève, deux ans après je trouve regrettable qu'aucun véritable dialogue ne puisse se produire entre un employeur et des hommes et des femmes de terrain qui se retrouvent quotidiennement aux carrefours de la misère humaine de notre société, et donc proches des problèmes de la population, et donc ceux de nos élus politiques.

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

02/04/2012

"Genève bouge" en attendant les hannetons !



"Genève bouge", ce qui pourrait être un slogan accrocheur pour le renouveau de notre canton n'est en fait qu'un constat d'échecs.

Échec d'une législature pour un pouvoir exécutif qui se devait d'être guidé par la collégialité, avec un éclatement de sa structure, de ses repères, de ses valeurs probablement à travers un plan quadriennal qui ne sera pas tenu, ni reconnu. Des problèmes institutionnels, politiques et parfois humains qui auront pris le dessus sur les objectifs réels et légitimement attendus.

Échec d'un Parlement qui a vu ses contre-pouvoirs exploser avec une redistribution des cartes qu'il n'avait pas envisagé. Une métamorphose du schéma politique classique qui n'aura pas permis au pouvoir législatif de travailler sereinement, les alliances d'un jour n'étant plus celles du lendemain, tant le positionnement de chacun des acteurs s'est dispersé, tout comme les idéaux de certains partis parfois.

Échec d'une Constituante qui à trop vouloir revisiter les écrits fondamentaux va se retrouver avec un projet qui s'est éloigné des aspirations et des besoins de la République, des Institutions et de l'humain, à travers des valeurs, des croyances, des visions du monde qui ne correspondent pas aux besoins identitaires de notre population face aux réalités sociétales.

Échec pour le plus grand parti genevois, qui voit en quatre ans son château de cartes d'écrouler jour après jour. Seul Olivier Jornot semble tenir un donjon dans lequel il devra tout reconstruire.

Échec pour un canton qui à force d'oublier d'en devenir égoïste se perd dans un projet d'une région Franco-Valdo-Genevoise où nos partenaires ne sont pas impliqués avec les mêmes besoins, avec les mêmes volontés, avec les mêmes enjeux, avec le même esprit.

A qui perd gagne Genève s'enlise dans la médiocrité, voulant sauver une image universelle sans se rendre compte que chaque jour elle perd un peu plus de son identité.

L'Esprit de Genève n'est pas mort, mais il doit retrouver son souffle très rapidement au risque de s'éteindre définitivement, tel sera le pari inévitable de la prochaine législature pour les jeunes loups qui se lanceront en politique !

 

Walter Schlechten, habitant la Croix-de-Rozon.

 

 

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01/04/2012

Avec "Liberté" Genève compte un parti politique de plus !

 

Nous en avions parlé il y a deux ans, nous l'avons fait !

 

Le premier parti politique policier a été fondé ce samedi 31 mars 2012 à Genève. Réunis en assemblée à l'Hôtel Ramada, 87 policiers genevois provenant de tous les corps et 38 personnes sympathisantes ont validé les statuts et le Comité de Direction du nouveau parti politique genevois qui vient de naître sous le nom de « Liberté ».

 

Son logo est constitué d'une grenade bleue sur fond noir, le tout incrusté dans un losange à bordures argent, la doctrine qui le surplombe est « La lumière après les ténèbres ».

 

La mouvance prône le respect de la République et de ses maîtres fondateurs, la liberté, la laïcité, l'éducation des valeurs, le développement durable, l'intérêt du plus grand nombre et la sécurité pour tous dans un état social, égalitaire et humain.

 

Un communiqué de presse sera diffusé lundi 2 avril 2012 en fin de matinée afin de donner rendez-vous à la presse pour la présentation officielle qui se doit d'être réservée pour un tel événement.

 

Pour le Comité

Walter Schlechten

Secrétaire général de Liberté

 

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25/03/2012

Election complémentaire au Conseil d'Etat, un carton VIP à distribuer, sans plus !

 

Le sprint final est donc lancé et tous les outsiders sont là. Pas de pronostic, aucune certitude, un intérêt limité sur l'incidence des résultats, à se demander si l'élection complémentaire au Conseil d'Etat du 17 juin 2012 est détentrice d'un véritable enjeu politique ?

 

Je me pose la question, sachant que la barque est menée à six et que la personne élue viendra en complémentarité de ce collège, sans grand pouvoir discrétionnaire pour influencer les choix d'une législature qui touche à sa fin.

 

Je me pose la question, sachant que la personne élue n'aura ni le temps de marquer de son emprunte le département qu'elle occupera, ni les moyens de sa politique. En effet, le budget 2012 sera en cours lors de ce mandat alors que celui de 2013 ne donnera jamais des moyens supplémentaires à une politiques dépensière, les comptes étant joués d'avance.

 

Je me pose la question, sachant que la personne élue n'aura que le temps de prendre connaissance des dossiers en cours, de traiter les affaires courantes, d'examiner les projets en souffrance et de péparer les prochaines élections, mais c'est tout.

 

Je me pose la question car l'enjeu est ailleurs, il n'est ni dans l'intérêt de la population, ni dans l'intérêt de la République, il sera humain, il sera personnel, il sera individuel, il sera partisan, il sera basé sur le déséquilibre de rivalités devenues contre-productives pour des majorités que nous savons pourtant éphémères.

 

Il nous faudra attendre 2013 et l'année des hannetons pour que changement il y ait, pour que le bilan d'une législature catastrophique soit tiré, pour que la voix du peuple se fasse entendre, pour que les volontés de la population deviennent les priorités de nos élus, remplaçant ainsi celles des partis, des idéaux, des dogmes ou des individus.

 

Anne Emery-Torracinta, Pierre Maudet, Laurent Seydoux, Eric Stauffer ou d'autres, peu importe, je n'y vois que des noms, aucun programme, aucune liberté d'action, aucune volonté d'agir maintenant. Pénétrer dans le dicastère du Conseil d'Etat n'est pas un objectif suffisant pour moi afin de mener à bien une politique sociale, économique, sécuritaire, éducatrice, d'aménagement ou des transports. Le développement durable attendu n'autorise plus notre société à perdre dix-huit mois dans une législature déjà fragilisée par des maillons faibles.

 

Aux candidats de me prouver le contraire. En attendant, comme vous, j'irai voter le 17 juin 2012, comme vous je donnerai ma voix, comme vous je n'y accorderai aucune illusion, mais tout comme vous je m'exprimerai pour que les autres entendent cette rumeur populaire qui gronde, la même qui prépare l'année des hannetons et les changements attendus, voulus et espérés afin que demain Genève relève la tête et ouvre les yeux sur le présent pour mieux préparer l'avenir.

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

19/03/2012

"Ziki, Brigadier de la Cour au grand coeur"

Quand on est arrivé ce soir « Chez Maria », je ne t'ai pas remarqué seul à une table, je crois même que je ne t'aurais pas reconnu. Pourtant tu étais bien là, sans ton satané respirateur, avec une mine des beaux jours portée par une santé qui s'améliore un peu visiblement.

 

C'est toi qui es venu à nous. Je mangeais avec mes deux demoiselles quand tu t'es joint à notre table, ton verre de rouge à la main. On attendait notre boueuse, celle qu'on aime, servie au "Café de l'Union" avec une petite viande séchée du pays.

 

T'as refilé un billet de dix francs à la gosse, comme ça, juste pour lui faire plaisir, comme un papy avec ses petits enfants. Tu as trinqué avec nous et commandant la même chose et tu nous as offert ton grand cœur.

 

Toi le bourru, le grognard, le cocardier, le rouspéteur, tu nous as gratifiés d'un grand sourire. Puis tu nous as parlé du passé, de tes années au service de la République. Tes paroles étaient accompagnées d'un regard malicieux, tel celui d'un enfant qui raconte une histoire coquine.

 

Tes années à toi ce sont 1964 à 1994, des souvenirs du siècle passé que tu nous as clamés avec les mots d'aujourd'hui. Faut dire que tu as occupé un poste clef, presque honorifique, où la rigueur était de mise avec un soupçon d'entregent. Brigadier de la Cour tu as été, Brigadier des murs du Palais de Justice tu resteras.

 

Le procès de l'étrangleur à la cravate restera d'ailleurs pour toi le plus grand des débats. Ce Tunisien reconnu coupable de cinq assassinats avait été condamné en 1991 à la réclusion à vie lors d'un procès sans précédant pour Genève.

 

Des lois, des juges, des avocats et des hommes tu en as côtoyés. S'il y en a un que tu n'aimes pas c'est le Warlu, beau parleur qui te dérange, qui t'incommode, qui te regardait de haut. Il n'avait pas la prestance des autres, de ceux que tu admirais, de ceux avec qui tu taillais la bavette avec un bon verre. Certains avaient leur table réservée à l'année dans les bistros de la place du Bourg-de-Four, des seigneurs, des complices de la bonne table. Dominique Poncet était ton ami, Michel Halpérin ton confident.

 

Il y a aussi cette anecdote avec Barillon, où tu lui as fait remarquer que sa bavette blanche n'était plus immaculée et que cela ne se portait pas ainsi. Ta franchise coutumière a payé, il en a changé sur-le-champ, sans esclandre.

 

Et puis il y avait la politique, des hommes d'honneur que tu estimais, les Ruffieux, Dupont, Donzé, tous Conseillers d'Etat.

 

Et puis il y avait Monsieur le Chef de la Police, Jean-Robert, l'unique, le seul tu diras.

 

Et puis il y avait le foot, UGS et le FC Police.

 

Et puis il y avait les Vieux-Gren, ceux d'avant, ceux pour qui l'Amitié voulait tout dire.

 

Et puis il y a le temps qui passe et ce Brigadier de la Cour qui ouvre son cœur, comme ça, à quelques jours du printemps, juste pour parler, juste pour partager, juste par amitié.

 

Quel beau cadeau que cette amitié offerte mon Ziki, un moment de vie partagé autour d'un bon verre et des centaines de souvenirs, de ceux que je ne peux imager avec toi, de ceux que je découvre avec toi, de ceux que je comprends si bien, surtout quand tu nous dis que si c'était à refaire tu ne changerais rien, tu referais le plus beau métier du monde.

 

Honneur à toi Brigadier de la Cour.

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

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14/03/2012

"L'injustice"

 

Elle est arrivée sans prévenir, dans la nuit, au détour d'un tunnel.

 

Elle ne les a probablement pas réveillés, préférant les surprendre dans leur sommeil.

 

Elle ne les a pas choisis, elle frappe à l'aveugle car elle n'a pas de limite.

 

Elle est toujours lâche car elle atteint souvent les plus faibles.

 

Après son passage, se déploient la colère, les larmes, la tristesse, le deuil, la révolte souvent.

 

Elle, c'est l'injustice, la même qui enlève la vie aux innocents, la même qui brise un amour infini, la même qui distille les tempêtes, les catastrophes, la maladie et la mort.

 

Elle est souvent monstrueuse, mais lorsqu'elle emporte des enfants innocents, des anges qui n'attendaient que de croquer une vie qu'ils commençaient à peine de découvrir, l'injustice ne porte plus de nom car je n'en connais aucun assez fort pour qualifier l'horreur d'une telle souffrance.

 

Rien ne remplacera l'absence, rien ne viendra condamner l'inacceptable, resteront l'amour et les souvenirs, resteront les larmes et le chagrin.

 

L'injustice elle poursuivra sa route aveuglément, accompagnant le destin, celui-là même qui tente de nous amener aux portes du bonheur.

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

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11/03/2012

Résultats des votations, et maintenant ?

Le peuple suisse a voté, les décisions du souverain se devront d'être respectées, mais pour moi trois interpellations demeurent.

 

1) Prix du livre.

 

Le prix unique du livre ne sera donc pas la norme, une norme qui sera pourtant restée une inconnue avant, pendant et après la votation, ne sachant jamais si les prix allaient baisser ou monter après l'acceptation de cette réglementation fédérale. En effet, opposants et défenseurs n'ont jamais été capables d'annoncer la mouvance, aucune certitude n'étant accise, la modération étant déléguée dans ce projet de Loi fédérale au Surveillant des prix face à l'évolution de ceux-ci.

 

Un vote nul pour un statuquo qui n'apporte aucune solution aux prix exorbitants des livres constatés en Romandie.

 

2) Résidences secondaires.

 

Les résidences secondaires devront donc constituer au maximum 20 % du parc des logements et de la surface brute au sol habitable de chaque commune. Cette norme demeure elle aussi une inconnue, ses effets collatéraux étant invisibles à ce jour tant sur le marché du travail, tant sur les flux migratoires résidentiels, que sur les prix de l'immobilier ou sur le tourisme en général.

 

Un vote majoritaire de bonne conscience des plaines et des villes pourtant contesté par les populations concernées, celles des vallées et des montagnes, un choix qui apporte probablement une solution morale mais qui soulèvera irrémédiablement des problèmes d'ordre économique.

 

3) Loi sur les manifestations.

 

La Loi cantonale sur les manifestations sera donc modifiée, ainsi en a décidé la population genevoise, sauf que déjà des voix touchées par le syndrome de Frégoli crient au scandale anticonstitutionnel. La démocratie à certes plusieurs visages, mais la persécution n'est pas une fatalité pour les déçus du jour, car les gens de bonne volonté de risquent rien par les modifications apportées, ils ne perdent aucun droit fondamental ni constitutionnel, surtout si à travers leurs actes et leurs positions futurs ils s'accordent à lutter contre les comportements inadéquats.

 

La population, elle, gagne un droit, celui de dire « Stop aux casseurs » et donc de manifester en paix.

 

"Carpe Diem"

 

 

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Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

29/02/2012

"Genève bouge"



"Genève bouge", ce qui pourrait être un slogan accrocheur pour le renouveau de notre canton n'est en fait qu'un constat d'échecs.

Échec d'une législature pour un pouvoir exécutif qui se devait d'être guidé par la collégialité, avec un éclatement de sa structure, de ses repères, de ses valeurs probablement à travers un plan quadriennal qui ne sera pas tenu, ni reconnu. Des problèmes institutionnels et humains qui auront pris le dessus sur les objectifs réels et politiques attendus.

Échec d'un Parlement qui a vu ses contre-pouvoirs exploser avec une redistribution des cartes qu'il n'avait pas envisagé. Une métamorphose du schéma politique classique qui n'aura pas permis au pouvoir législatif de travailler sereinement, les alliances d'un jour n'étant plus celles du lendemain, tant le positionnement de chacun des acteurs s'est dispersé, tout comme les idéaux parfois.

Échec d'une Constituante qui à trop vouloir revisiter les écrits fondamentaux  va se retrouver avec un projet qui s'est éloigné des aspirations et des besoins de la République, des Institutions et de l'humain, à travers des valeurs, des croyances, des visions du monde qui ne correspondent pas aux besoins identitaires de notre population.

Échec pour un canton qui à force d'oublier d'en devenir égoïste se perd dans un projet d'une région Franco-Valdo-Genevoise où nos partenaires ne sont pas impliqués avec les mêmes besoins, avec les mêmes volontés, avec les mêmes enjeux, avec le même esprit.

A qui perd gagne Genève s'enlise dans la médiocrité, voulant sauver une image universelle sans se rendre compte que chaque jour elle perd un peu plus de son identité.

L'Esprit de Genève n'est pas mort, mais il doit retrouver son souffle très rapidement au risque de s'éteindre définitivement, tel sera le pari inévitable de la prochaine législature.

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24/01/2012

Genève, où es-tu ?

Genève, où es-tu !

 

Genève, tu es la ville la mieux gérée de Suisse, mais Genève je ne te reconnais plus.

 

Pourtant, il y a encore quelques années je t'imaginais conquérante, courageuse, ambitieuse, pragmatique, grande et belle avec un Esprit rayonnant.

 

Il y a quelques années, je t'espérais avec des valeurs sauvegardées, avec une image universelle, avec une capacité à t'offrir, à te proposer, à t'engager.

 

Il y a quelques années, je te voulais garante d'une neutralité reconnue, placée au centre des besoins, des espoirs, des attentes, engagée entre les décideurs et les voix des peuples qui gondent.

 

Il y a quelques années, je croyais que le développement durable de l'humanité se devait de passer par toi, comme un exemple, comme un gage de réussite, de progrès, de compromis, d'une prise de conscience universelle.

 

Il y a quelques années, je te dessinais avec un pont magnifique, une rade illuminée, des quais fleuris, des parcs verdoyants, des rues lieux de vie communautaire et des routes guides de nos déplacements à la croisée des destinées.

 

Genève, aujourd'hui je ne te reconnais plus, je ne te reconnais pas. Tu as perdu ton Esprit qu'une Constituante improbable, contestée, contestable, tente de retrouver entre les traverses d'une guerre des clans qui n'entrent pas en constitution.

 

Genève, tes valeurs, tes croyances, tes richesses, tes Grands Hommes avaient pourtant su construire les fondations solides d'une cité universelle, d'un canton reconnu comme un label de qualité, de fiabilité, de dialogue, de médiation, de sincérité, de paix.

 

Genève, où es-tu ?

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

15/01/2012

Tout est parti d'un comportement inapproprié !

« Je me souviens de m'être demandé ce que je faisais là, de m'être dis que je n'avais plus l'âge pour et que si cela n'avait pas été pour faire plaisir à mon amie et participer à ce concours de danse, jamais je ne me serais retrouvé en ce lieu.

 

Ce n'était pas la musique qui me dérangeait ce soir là, j'ai par le passé déjà fréquenté assidument cette discothèque, mais la clientèle, trop jeune, turbulente et excitée.

 

J'avais décidé de faire avec, juste une heure ou deux, histoire que ma belle ne soit pas déçue, ni ses deux sœurs qui nous accompagnaient pour ce concours. Faut dire que ce soir là j'étais un peu le King, trois belles filles à mes côtés. Puis, je me souviens aussi de ça :

 

  • On va aux toilettes, tu nous attends là mon cœur.
  • Aucun problème, je vais vous chercher à boire.

 

Les minutes passent et les filles ne reviennent pas des commodités. Je scrute au loin, je les cherche, je les devine enfin. Mon amie est visiblement furieuse.

 

  • Tu ne sais pas ce qui vient de nous arriver dans les toilettes.
  • Euh, non.
  • Un sale type, un petit con en plus, est venu pisser chez nous sans gêne. Je lui ai demandé de sortir, lui indiquant qu'il était chez les filles ici.
  • Et ...
  • Eh bien ce pauvre type m'a saisie par les cheveux, m'a tirer la tête en arrière et m'a traitée de salle pute, en m'intimant l'ordre de fermer ma gueule.
  • Tu plaisantes, il est où ce sale con.
  • Je ne sais pas, il est resté aux chiottes je crois ..  J'ai voulu lui mettre une gifle à ce morveux mais je n'ai pas osé.
  • Bouges pas, je vais aller le voir.
  • Il est là, il arrive, c'est lui (elle me le désigne du doigt).
  • T'es là la pute.. Et toi mec, t'as quoi toi à me regarder comme ça, un problème.
  • C'est toi visiblement le problème, de quel droit tu insultes ma copine.

 

Aucune réponse ne viendra. Soudainement le petit caïd de la soirée me saisi le cou de sa main droite et serre. Je pratique comme par réflexe une clef de poignet et croyant me libérer de cette étreinte. Fausse impression d'un combat égal, je reçois alors un énorme coup de poing d'un grand mec qui se trouvait derrière le petit caïd, puis un coup de pied dans le dos d'un autre que je n'avais pas deviné derrière nous. Au sol, un troisième, un black je me souviens, m'assène à son tour un énorme coup de pied au visage.

 

Je vois les étoiles, je ne comprends pas ce qui m'arrive, les coups pleuvent de partout. Je me relève et je me place devant les trois sœurs qui hurlent, ne voulant pas qu'elles prennent un coup. J'allonge une droite au caïd qui revenait vers moi menaçant, mais c'est la seule que j'aurais rendue car c'est de suite une bousculade géante qui nous entraîne vers la sortie. Un videur, puis deux, puis trois sont intervenus. Ils nous sortent des cette cohue, pour nous protéger mais je ne le comprendrai que plus-tard.

 

Tous les témoins sont là, m'expliquant que se sont cinq français m'ont agressé comme des brutes. Je demande que l'on appelle la police mais pas d'ambulance, même si j'ai le visage en sang. Mon t-shirt est déchiré et que je sens bien que j'ai ramassé.

 

Les videurs m'annoncent que les types on quitté la salle, l'un d'eux aurait une 205 grise immatriculée dans le 74. J'apprends alors très vite qu'ils viennent de Cluse, que là-bas ils font la loi tous les soirs, et qu'ici ils ont déjà menacé un videur avec une arme à feu il y a deux semaines.

 

La police arrive, plusieurs patrouilles même. J'explique, de donne des signalements, d'autres témoins s'annoncent spontanément. J'enlève encore mon t-shirt souillé de sang. Je suis là, comme un con, à torse nu dans la rue, quai Ernest-Ansermet, où les policiers ont mis en place un barrage filtrant, à la recherche de la 205 grise, en vain.

 

C'était en 1991, j'avais 24 ans. Un vendredi soir comme les autres pour moi, une sortie où je m'étais rendu à Jackfill avec ma copine et ses deux sœurs, juste pour participer à un concours de danse. Je n'étais pas retourné dans cette discothèque depuis deux ans au moins, ma vie était ailleurs.

 

J'étais un jeune flic en congé avec une tête au carré, suite à une mauvaise rencontre. J'étais là au mauvais moment, au mauvais endroit, en colère contre les éléments, en colère contre moi de n'avoir pas su, de n'avoir pas pu.

 

Ce soir là, j'ai voulu défendre l'honneur de mon amie, mais ce soir là je suis tombé sur cinq courageux qui m'ont éclaté la tête. Je n'ai jamais retrouvé ces gens, ai-je même cherché, je ne le crois pas, mais par contre je me souviens de tout. »

 

Réalité ou fiction, je vous laisse choisir, mais cette histoire peut arriver à tout le monde, je vous le promets.

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

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13/01/2012

Appel à témoin, une sollicitation citoyenne !

Le 14 avril 2011, une fillette a été victime d'un viol à Gland. Cette agression sexuelle demeure une priorité pour la police cantonale vaudoise. Les investigations en vue d'identifier l'auteur de ce crime, commis ce printemps à l'endroit d'une mineure dans un local technique d'un immeuble locatif, se poursuivent sans relâche.

Toute information utile peut être transmise directement aux inspecteurs de la brigade des mineurs et moeurs, en passant par le poste de police le plus proche de chez vous.

Le renseignement et l'information demeurent les nerfs de la guerre dans la lutte contre la criminalité, ils sont un fil rouge primordial à l'enquête et cet appel à témoin est un outil important pour l'évolution du travail de la police.

Image: Image police cantonale vaudoise

Le portrait-robot de l'agresseur

 

Le portrait-robot de l'agresseur

Signalement : homme de 55 à 60 ans, type européen sans particularité, mesurant 170 à 180 cm, de corpulence moyenne avec "du ventre", yeux clairs; il portait une barbe, des lunettes médicales avec une monture fine et des cheveux courts, gris blancs. Il s'exprimait en français, éventuellement avec un accent, indéfinissable.

Des témoins l'on vu quitter l'endroit avec une petite voiture de marque indéterminée, de couleur turquoise (bleu, vert), immatriculée dans le canton de Genève.

Echantillons de couleur de la voiture utilisée par l'auteur de l'agression

 

 

Toutes ces informations ont été mises à disposition de la population sur le site internet de la police cantonale vaudoise.

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

22:31 Publié dans Associations, Genève, Médias, Police, Région, Solidarité, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

16/12/2011

L’irrespect face à l’usager ou quand le « tout mobilité douce » devient un anachronisme !

Bientôt une semaine que le nouveau réseau TPG est en place, tout comme le tram 14, mais la cacophonie des premiers jours perdure et la colère des usagers gronde.  De graves erreurs d’études de marché apparaissent, comme si aucune analyse des flux des voyageurs n’avait été effectuée, comme si les impératifs de la régie des transports étaient passés en priorité sur les besoins et les attentes des voyageurs, comme la mise en site propre de chaque ligne de tram ou les gestions horaires des chauffeurs et des intinéraires.

 

Là-dessus, Mme Künzler, ministre de tutelle des TPG et surtout de la mobilité, vient demander aux citoyens, donc à tous les usagers, d’être patients, d’attendre juin 2012 et que les conclusions de la mise en application dudit réseau soient tirées à la fin du premier semestre d'exploitation.

 

Une moquerie déguisée en discours innocent ou un irrespect total de la population, des usagers concernés, face à un échec qui s’annonce déjà comme cuisant au sujet de la politique du « tout mobilité douce » à Genève.

http://etat.geneve.ch/dt/SilverpeasWebFileServer/PMD_6_av...

La politique menée n’est pas la bonne, les choix opérés ne sont pas judicieux, la cartographie d’une mobilité nouvelle peu convaincante, les prestations des TPG insuffisantes face aux réelles attentes des usagers, et ce ne sont pas les travaux du CEVA qui vont apporter la sérénité attendue dans notre canton depuis dix ans sur un problème où seule une traversée de la rade peu venir résoudre les principales difficultés rencontrées et liées à la mobilité sur sol genevois, et de par-delà nos frontières.

Il faut dire stop à la multitude des projets et de l'offre, se poser la véritable question de la coordination de ceux-ci et de la capacité réelle de la DGM pour être pro-active dans un domaine qui se devrait pourtant d’être son fer de lance, où pour l’instant on ne devine qu’une vision étroite de l’avenir à travers des résultats proches de l’incompétence, de l’irrespect face aux attentes des usagers, de la population.

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

19/11/2011

La polémique, nouvelle arme des journalistes en mal d'investigation ?

Deux articles récents m'ont interpellé en qualité de citoyen, de lecteur, de blogueur, où visiblement le but recherché à travers l'écriture n'était que celui de la polémique. Aucune investigation, des renseignements pris à la va vite, nul développement du sujet, aucune conclusion, peu d'intérêt donc, mais c'est néanmoins publié et lu.

 

- Le premier rédigé concerne le dernier GHI, un billet intitulé « La police de Cornavin aux abonnés absents ».

 

C'est l'histoire de deux touristes victimes d'un vol à la tire dans le train, qui se rendent au poste de police de la gare de Cornavin et trouvent porte close, accompagnée d'un panneau d'annonce qui précise : « En raison du nombre d'affaires en cours, le poste est fermé. S'il s'agit d'une affaire urgente, veuillez vous diriger vers le poste des Pâquis (voir plan à votre droite) ». Le titre de l'article est en rouge et noir et la photo dudit panneau bien en évidence au centre de la page.

 

Mais après, que pouvons nous lire dans cet écrit. Que cette mesure est exceptionnelle, qu'elle se pratique aussi dans d'autres postes du canton lorsque les nécessités  opérationnelles sont plus importantes que l'accueil au public. Les lésés ont du marcher 300 mètres pour déposer leur plainte au poste des Pâquis. Indignation, goût amer, incroyable, honteux et j'en passe des qualifications qui viennent nourrir ce torchon par son auteur en mal de sensation.

 

On y trouve toute la différence entre un bon et un mauvais journaliste. Le mauvais constate la fermeture du poste, prend une photo et rédige un article bidon avec un titre tapageur après avoir pourtant obtenu une explication simple mais concrète.

 

Le bon constate la fermeture du poste, prend aussi une photo mais cherche à comprendre pour quelles raisons cette situation existe, trouve l'explication, assimile le système appliqué, en analyse les causes, y propose une solution et fait un excellent article d'information générale.

 

- Le deuxième cas concerne la TDG de ce jour, avec un billet intitulé « Succession de Zappelli : le dilemme des socialistes », dans lequel on y trouve un petit encart titré « Un policier choisi Jornot ».

 

Si l'article principal est instructif, complet, objectif, l'encart se veut juste provocateur, incitateur et nourricier d'une polémique.

 

Il traite du dernier article de mon blog intitulé « Procureur général, pourquoi Olivier Jornot sera l'élu ! ». La journaliste se demande si un policier peut livrer un avis politique sur un site internet d'accès public sans déroger à son devoir de réserve. Elle qualifie encore ce billet de plaidoyer en faveur du candidat Olivier Jornot tout en admettant que ce blog est tenu par un citoyen, pas un policier.

 

Interpellé par la journaliste, le DSPE observe que votre serviteur « flirte avec le code », alors que la direction de la police, qui partage cet avis, relève « qu'il ne dévoile pas d'informations sous le sceau du secret professionnel et ne prend pas position sur des affaires de police ».

 

En conclusion, cette gentille pigiste en mal de scoop qui m'a téléphoné hier soir avant parution, ne retire que de notre très longue discussion partagée sur le sujet que le fait que « je chatouille et que deux cadre sont venus me voir pour me demander de changer mon blog ... ».

 

C'est là ou je m'énerve, car sous prétexte de créer la polémique, cette scribouillard en oublie mes mots accordés lors de cet entretien téléphonique et sort ainsi du contexte mes phrases.

 

Donc, afin de remédier à ce manque d'informations, d'investigation, motivé par la recherche d'un scoop, de sensationnel, de fait divers pas divers, d'un scandale ou d'une nouvelle polémique, je vous livre mes réponses accordées ;

 

  1. Je m'exprime sur ce blog en qualité de citoyen, pas de policier.
  2. Je parle de nombreux sujets, même si la sécurité, la police, la justice et la politique sont des thèmes de prédilection.
  3. Lors de la rédaction de mes billets, je n'utilise jamais des informations dont je dispose professionnellement, j'effectue des recherches sur papier ou le net afin de m'assurer que celles utilisées sont publiques.
  4. Mes billets sont rédigés à la maison, le soir et ne m'entravent pas dans mon travail.
  5. Mon blog est apolitique sachant que j'égratigne ou congratule tous les partis de manière générale, selon le thème, l'actualité, les sources et mes ressentis.
  6. Certain de mes écrits ont rencontré un certain succès, d'autre pas, mais il est rare que je laisse indifférents les lecteurs.
  7. Je dérange, je chatouille certes, je critique, de propose, je m'exprime, j'écris, j'émeus parfois, je participe à la vie de la blogosphère et au développement de notre environnement sociétal en utilisant la liberté d'expression, de réflexion, d'idées et d'écriture.
  8. Mes billets ne sont pas que négatifs, car la critique se veut parfois positive. Comme citoyen, n'ai-je pas pris la défense de la Cheffe de la police alors attaquée au sujet de Schengen-Dublin, comme citoyen n'ai-je pas félicité l'ancien président du DI et le Conseil d'Etat pour sa prise de position dans l'affaire Kadhafi, comme citoyen n'ai-je pas encouragé la présidente du DSPE lors de sa campagne électorale.
  9. J'ai trois blogs sur la TDG, le premier « Minet » était un lien important lors de ma présidence à l'UPCP. Alors représentant des gendarmes, ce moyen d'expression a été utilisé avec force et détermination, avec des propos et une écriture différente, un outil de révolte syndicale qui a aussi engendré des réactions politiques et professionnelles vindicatives, procédures réglées depuis, tout en sachant que ce blog est fermé (une seule parution cette année sur le thème du 11 septembre 2001).
  10. Le deuxième est celui qui nous occupe, rédigé par un habitant de La Croix-de-Rozon, avec un regard extérieur, nullement rattaché à la police à travers sa signature, comme tout citoyen pourrait  l'avoir à travers son vécu, ses expériences, sa vision du monde, ses qualités d'habitant et d'électeur.
  11. Le troisième est anonyme et émis sous un pseudo, rédigé sous une autre forme d'écriture, d'observation, d'analyse, une approche différente de la vision du monde, des hommes et de Genève, tel un essai.
  12. Enfin, pour enrayer toute polémique, en aucun cas il ne m'a été demandé par des cadres de la police de changer mon blog, surtout en lien avec mon dernier billet, qui n'est en aucun cas un plaidoyer pour le candidat Jornot mais une analyse politique, même s'il est vrai que deux cadres m'ont approché, à titre personnel probablement, durant cette année pour m'indiquer que mon blog n'était qu'un outil maladroit et préjudiciable à la profession selon eux. J'en ai pris note, ils ont entendu ma réponse et mes écrits perdurent comme avant, en ma qualité de citoyen, pas de policier.

 

En conclusion, même si je venais à m'exprimer en qualité de policier dans un de mes écrits, je le ferais probablement sans critiquer mes chefs, ma hiérarchie, les décisions prises, les affaires en cours, les politiques menées, les personnes élues et/ou mon employeur, respectant ainsi le devoir de réserve nécessaire.

 

Donc, pour en terminer, vous constaterez que la journaliste de la TDG avait de quoi étayer son article, au demeurant intéressant et qui concerne toute la fonction publique et le devoir de réserve, mais visiblement et comme souvent les raccourcis les plus courts sont également les moins riches en informations, ce qui est regrettable.

 

Le travail d'investigation a disparu du journalisme moderne, poussé par les rédactions à produire tout et n'importe quoi. Il est dommage de voir mourir une profession qui demeure l'un des plus beaux métiers d'une démocratie où les libertés d'expression et d'information se doivent d'être garanties.

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

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16/11/2011

Procureur général, pourquoi Olivier Jornot sera l'élu !

Le Parlement va prochainement procéder à l'élection du futur Procureur général de la République et canton de Genève. A ce jour trois candidats sont confirmés, Christian Coquoz (PDC), Yves Schifferli (UDC) et Olivier Jornot (PLR), même si l'on peut encore supposer que le parti socialiste se lance dans la course avec Yves Bertossa (PS).

 

L'évidence pourtant est là, comme le nez au milieu du visage, et pour moi aucun doute n'est possible devant la structure proposée, Olivier Jornot sera l'élu et en voici les raisons :

 

-         Olivier Jornot, député emblématique du Parlement, jouit de la reconnaissance unanime des ses pairs dans l'hémicycle, il est l'homme des compétences et des connaissances, il est un leader et un chef naturel, il est un politicien reconnu même si son caractère bien trempé lui joue des tours et qui n'inspire pas toujours à la sympathie.

 

-         Olivier Jornot, avocat de la place, est un défenseur reconnu qui dispose, tout comme au Parlement, d'un grand sens des joutes oratoires, il sait se faire entendre, il sait se faire comprendre, il sait être écouté.

 

-         Olivier Jornot peut devenir Procureur général et guider le Ministère public d'une main ferme et nouvelle. N'oublions par qu'il a été le seul élu à pouvoir adapter les écrits législatifs aux modifications nécessaires à l'arrivée du NCPP. Il maîtrise le sujet, il maîtrise le droit et si son caractère peut le desservir, son autorité naturelle l'appuiera.

 

-         Olivier Jornot, membre du PLR, est un libéral à forte personnalité, arriviste certes mais capable. Il a cependant été évincé du Conseil d'Etat il y a deux ans, suite à des luttes intestines propres aux libéraux, au profit de Mme Rochat, avec les conséquences que l'on connaît, que l'on devine. Il demeure pourtant un leader charismatique même s'il se fait oublier depuis. Ses supporters demeurent nombreux dans ce parti, mais ses adversaires aussi. Le résultat de la délibération de la commission judiciaire du PLR en est la preuve. L'éviction du Juge Louis Peila peut paraître comme une surprise au sein du parti, mais les raisons ne tiennent pas du déni de ses qualités, elles sont toutes autres. Les antagonismes humains durent au PLR et en plaçant Olivier Jornot à la tête du Pouvoir judiciaire c'est s'assurer qu'il ne sera pas candidat au Conseil d'Etat dans deux ans, ou comment éloigné son meilleur ennemi d'une évidence politique. Il en va de même pour la gauche genevoise qui a tout intérêt à voir disparaître de la liste des papables au Conseil d'Etat un candidat aussi sérieux que lui.

 

-         Enfin et surtout Olivier Jornot peut se permettre d'accepter ce challenge, même sur la durée, car s'il semble improbable de voir un jour un ancien Conseiller d'Etat devenir Procureur général, il n'est pas impossible d'imaginer que dans quelques années un ancien Procureur général devienne pour la première fois Conseiller d'Etat. La porte et la voie pour un parcours politique brillant restent donc ouvertes, même si en mettant les deux pieds dans le Pouvoir judiciaire cet élu s'en éloignerait momentanément, mais pour en revenir plus fort probablement.

 

Et comme dirait un élu que je ne citerai pas : « Ave Moi »

 

Walter Schlechten, habitant la Croix-de-Rozon.

 

 

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