05/12/2010

Vivre à Genève en sécurité, "Yes we want it" !

C'est une démarche comme une autre, celle d'un citoyen qui en a marre ;

Marre de voter et de ne pas se retrouver dans les décisions prises.

Marre de voter et de ne pas retrouver les promesses tenues.

Marre de voir sa ville, son canton et sa région être gangrenés par la hausse de la criminalité, de la violence.

Marre de lire toutes les semaines des "faits divers" qui banalisent la violence.

Marre de rester en attente de décisions qui ne viendront pas avant les prochaines élections.

Marre d'observer tout ceci sans dire ce que nous voulons, alors, en créant un petit groupe sur Facebook, je lance un appel :

Que ceux qui en ont aussi marre que nous rejoignent ce groupe :

Pour que la sécurité de notre canton redevienne une priorité, pour l'avenir de nos enfants et pour l'image de Genève. Nos rues, nos trottoirs, nos parcs, nos écoles, nos immeubles, nos routes, nos champs, nos rives doivent retrouver le chemin de la sérénité d'un cadre de vie que nous avons connu et que nous voulons retrouver.

Vivre à Genève en sécurité, "Yes we want it" !

 Invitez vos amis, car un cri du coeur n'a jamais fait de mal à personne !

25/10/2010

Pierre Weiss exige le retour des syndicats de police à la table des négociations, sous risque de ... Maladresse, pression politique, chantage ou acte sournois d'un représentant de la commission des finances ?

En ma qualité de lecteur et d'habitant de ce canton, où je vis, je travaille et j'y vote, je souhaite réagir à l'Invité de la TDG de samedi dernier :

Pierre Weiss, député et membre de la commission des finances du Grand Conseil, titre :

"Police : à rupture, rupture et demie !"

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On peut notamment y lire que les policiers viennent de claquer la porte des discussions avec l'Etat sur les aménagements mineurs encore à trouver leur nouveau système de rémunération.

- Monsieur le député, il faudrait se demander pour quelles raisons les syndicats se sont retrouvés dans l'obligation de claquer la porte, car si pour vous des "aménagements mineurs" sont insignifiants, ils représentent pour les policiers une énorme perte du pouvoir d'achat, surtout lorsque l'on sait que ces "aménagements" sur le nouveau système de rémunération ne sont pas respectés à l'issu des négociations validées par le Conseil d'Etat, ni même entrés en vigueur alors que tout devait être réglé, je vous le rappelle, en mars et juin 2010, dixit la Présidente du département (merci Léman Bleu et ses retransmissions en directes).

On peut notamment y lire aussi que ces syndicalistes tirent à vue sur la conseillère d'Etat Isabel Rochat en menaçant de "débrayages ou d'actions ponctuelles", sans se rendre compte des conséquences de ces positions sur un plan autrement plus important, leur pont-retraite en discussion au Parlement.

- Monsieur le député, il faudrait se demander quel est le bilan de la conseillère d'Etat chargée de ce département depuis un an, et de son prédécesseur, pour que les choses en arrivent là, et surtout ne pas oublier qu'il a toujours été dit par le Conseil d'Etat que la réorganisation de la police comportait deux thèmes bien distincts, à savoir un nouveau système de rémunération (salaires - débours - heures supplémentaires - piquets - etc) et un pont-retraite devant permettre de s'adapter à la modification du droit fédéral, notamment pour les personnels particulièrement touchés par ce changement. Au passage, je vous rappelle Monsieur le député que l'Etat a continué jusqu'en 2009 à engager des aspirants de police sous le régime des 52 ans, faisant ainsi de ces jeunes collaborateurs des gens également particulièrement touchés par cette modification dont l'ordonnance date d'octobre 2005, ce que vous ne sauriez ignorer.

On peut aussi y lire que les policiers contestent l'imposition de l'indemnité pour risque inhérent à la fonction, une indemnité qui couvre entre autre le coût de nettoyage des habits de service.

- Monsieur le député, sachant que selon mes amis policiers le risque inhérent à la fonction est aussi un tort moral, et que le nettoyage des tenues est à la charge de l'Etat selon la loi, ceci représente une avance de frais tel un débours, il devient logique que cette indemnité ne soit pas fiscalisée, ou tout le moins soit déductible lors de la déclaration d'impôts. La revendication des policiers est donc légitime au regard de ces éléments.

On peut aussi y lire que qu'on comprend aussi mieux l'opposition corporatiste au relèvement de l'âge limite à 35 ans pour devenir policier. La fin de la pénurie, c'est aussi la fin d'heures supplémentaires rémunérées à 65 francs.

- Monsieur le député, en ma qualité de lecteur je pense qu'il n'y a que quelques élus pour croire que même avec un effectif légal atteint il n'y aura plus d'heures supplémentaires à Genève. Pour l'instant, nos policiers vaquent au plus urgent et aux priorités données par la hiérarchie, voire parfois l'Etat employeur, mais ils ne peuvent pas assurer toutes les prestations attendues et ceci au détriment de la population et surtout de la sécurité, et ce n'est l'effectif légal qui permettra de réaliser cette utopie car il faudrait 1200 gendarmes à Genève pour enfin espérer l'envisager. De plus, le véritable problème est de savoir si des aspirants de 34 ans supporteront le travail de nuit, les contraintes métier, le système hiérarchique imposé et surtout de se retrouver confrontés à une violence qu'ils ne côtoyaient probablement pas avant. S'il est difficile d'entrer dans cette profession à 23 ans, il est probablement encore plus dur d'y mettre les pieds à 35 ans, sauf si la personne provient d'un autre coprs de police ou d'une formation jugée similaire.

On peut aussi y lire qu'à ce stade on peut imaginer que les discussions au Parlement sur le pont-retraite pour les policiers, dorénavant obligés de se soumettre au droit fédéral, puisse départir de leur esprit de conciliation. Ou en tout cas traîner en longueur. A moins que les syndicats de policiers n'annoncent un retour à la table des négociations. Sinon on voit mal le Parlement accepter sans broncher un régime de transition particulièrement généreux : 10 millions par an pendant seize ans à la charge du seul Etat, c'est à dire des contribuables.

- Monsieur le député, en ma qualité d'observateur, je crois deviner soit une maladresse, une pression politique, un chantage ou tout le moins des propos sournois ? Car pour vous c'est soit ou soit alors que bizarrement le projet de pont-retraite a été validé par le Conseil d'Etat, sans oublier de dire que les syndicats ont rendu à l'Etat le versement annuel de la cotisation spéciale versée à la CP et qui s'élevait chaque années à 8 millions. Dans une balance, il faut y mettre tous les arguments sinon l'on s'éloigne vite des réalités des chiffres.

On peut enfin y lire que la sécurité se classe dans le peloton de tête des préoccupations de la population, mais pas au mépris d'une saine gestion des deniers de l'Etat, ni de l'Etat lui-même.

- Les policiers ne méprisent pas l'Etat, car la plupart des policiers ont encore des valeurs que notre société a laissé quitter nos bancs d'écoles, nos agents ne demandent que le respect promis à travers de trop nombreuses promesses qui sont rarement pleinement tenues par un employeur qui visiblement cherche encore à faire quelques économies. Mais il est vrai, c'est pour une saine gestion des deniers de l'Etat, j'oubliais, comme pour la BCG, le stade de la Praille, l'Euro08 et son ballon, la Constituante, la diminution des prestations chômage, le CEVA, le PAV, les chantiers du tram et l'augmentation des tarifs ou encore les salaires des gestionnaires d'établissements subventionnés ainsi que de leur conseil d'administration, mais on ne parle là que de "quelques centaines de millions".

Genève, un monde en soie.  

Une saine gestion des deniers de l'Etat : à saine gestion, gestion saine de l'Etat !

Walter Schlechten, habitant de la Croix-de-Rozon.

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21/10/2010

Réorganisation de la police, plus d'un an déjà et pourtant le respect attendu par les policiers ne vient pas, ne vient plus !

En relisant des coupures de journaux, je constate que c'est le 3 novembre 2009 que la première pierre de Curabilis avait été posée, bientôt un an, tout comme il y a aussi presque un an les élections du Conseil d'Etat avaient enflammé les débats sur la sécurité, jusqu'au soir du 15 novembre. S'en était suivi les résultats que l'on sait, avec un changement de majorité, et depuis ?

Il aura fallu des émeutes, un gardien grièvement blessé, une révolte de plus et la menace syndicale pour que le 18 octobre dernier le Conseil d'Etat dépose un nouveau communiqué de presse ; promesse ou réalité objective ?

http://www.ge.ch/dcti/presse/2010-10-18_com2.pdf

En ce qui concerne la Police, la signature d'un protocole d'accord en décembre 2009 devait mettre fin à plusieurs mois d'incertitude, avec un échéancier et des objectifs très clairs pour toutes les parties en cause. En mars et en juin 2010 tout devait être réglé, dixit la Présidente du département sur Léman Bleu. Malheureusement, alors que les travaux de fond avaient été effectués, que la problématique des heures supplémentaires, des débours, des piquets avait trouvé une solution validée par le Conseil d'Etat et les syndicats, la mise en application de ces éléments, ne présentant plus aucune opacité selon les voeux de la Cour des comptes, n'est pas effective à ce jour.

Pire, aucune explication, aucun argument, aucune justification ne sont venus donner du crédit au comportement incompréhensible de cet employeur qui se mure actuellement dans un silence qui ressemble à un aveu de culpabilité, voire d'échec. Manque de courage ou manque de franchise envers le pouvoir exécutif ?

Manque de courage probablement car il s'est avéré que la réorganisation de la police a un prix, a un coût, car les plus-values espérées par certains ne sont pas au rendez-vous des bilans établis. Tout n'était pas que mensonges ou opacité, tout n'était pas qu'avantages indus ou illégitimes, des inégalités de traitement sont même apparues lors des débats, débouchant ainsi sur une redistribution de la donne, avec des justifications reconnues et validées par le Conseil d'Etat. Les syndicats de police n'avaient pas reconnu la validité de l'ensemble du rapport de la cour des comptes, ils avaient raison. Mais voilà, maintenant il faut aller devant le Parlement, et une partie de ces élus du pouvoir législatif, qui sont aujourd'hui de la même majorité que le pouvoir exécutif, ne sont visiblement pas prêts à entendre ces réalités établies.

C'est pourtant ces mêmes députés qui avaient crié au loup, au scandale, dénonçant l'opacité et l'inégalité de traitement envers les autres fonctionnaires, une certaine droite qui ne recherche que quelque économies dans le budget de fonctionnement de l'Etat, sur le dos des employés. Mais voilà, il s'est avéré en fin de compte que le système de compensation des heures supplémentaires en temps de la police était moins favorable que celui établi par le MIOPE, il s'est avéré que 500 policiers de rue ne touchaient injustement pas de débours, il s'est avéré que le compte habillement correspond à un besoin matériel nécessaire, il s'est avéré que la mise de piquet était justifiée et avait simplement besoin d'une base légale avec une restitution idoine, il s'est avéré qu'une indemnité pour tord moral ne peut pas être fiscalisée. Au moment des comptes, et bien la balance penche, mais pas du côté attendu par les élus.

Manque de franchise, car il va falloir aller devant le parlement avec le résultat de cette réorganisation statutaire, mais visiblement les chiffres dérangent car ils ne sont pas ceux espérés, alors du coup on ne respecte pas les accords signés, on ne respecte plus l'employé ni ses représentants, on sabre à travers des règlements ou des fiches Miope, on tente de faire baisser les coûts, une fois encore, une fois de trop, le tout dans un climat de jalousie étatique envers des fonctionnaires d'autorité qui n'ont pas le même statut que tous les autres.

Alors que nos policiers s'engagent à fond dans la restructuration demandée en appliquant le "flex-tag", alors que nos policiers s'engagent à fond dans les services commandés tels le sommet de la francophonie, les événements sportifs à risque ou figaro, alors que nos policiers se nourrissent au quotidien du nouveau code de procédure pénal qui va profondément modifier leur travail, alors que nos policiers continuent à faire face à une certaine presse qui assassine les flics au premier fait divers, alors que nos policiers se rendent compte que la situation en rue ne s'améliore pas assez vite et que l'avenir n'appartient probablement pas aux nouvelles écoles de police sélectionnées sur des critères plus qu'aléatoires, Genève s'enfonce.

Moi qui vois tout cela comme simple citoyen, et qui lis aujourd'hui que ce même employeur préfère défendre les intérêts et l'image d'un certain Monsieur Kadhafi, je me dis que nos policiers sont bien peu de chose à ses yeux, et que ce dédain aura aussi un prix, celui de la démotivation profonde des forces de l'ordre, et une démocratie sans ordre, il me semble que l'on appelle ça l'anarchie, non ?

Visiblement nos policiers ne demandent que le respect que mérite leur engagement au service de l'Etat, de la collectivité, de la Genève internationale, de la population et des institutions, respect que ne semble plus en mesure de lui accorder son employeur !

Minet, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

 

25/09/2010

Antisémitisme : condamner ou être condamné, le rejet n'est-il pas entretenu par la victimisation ?

Deux éléments de l'actualité, l'un international l'autre régional, m'ont interepellé cette semaine.

Premièrement, on constate que le rapport rendu mercredi 22 septembre par les experts de la Commission des droits de l'homme de l'ONU réclame que les auteurs des exactions commises par des soldats israéliens lors du raid meurtrier contre la flottille humanitaire en mai dernier soient traduits en justice.

Souvenez-vous, le 31 mai l'armée israélienne donnait l'assaut à la flotille humanitaire en route pour Gaza. Résultat de ces arraisonnements, 9 morts.

 « Il y a des preuves claires permettant d'appuyer des poursuites pour les crimes suivants : homicide intentionnel, torture ou traitements inhumains, fait de causer intentionnellement de grandes souffrances ou des blessures graves ».

« Les circonstances des meurtres d'au moins six des passagers correspondaient d'une certaine façon à une exécution extra-judiciaire, arbitraire et sommaire », ajoutent les experts, qui précisent  également qu'un certain nombre de personnes, dont des journalistes, ont été blessées. À leurs yeux, la « conduite des forces armées d'Israël révèle un niveau inacceptable de brutalité » et s'est traduite par de « graves violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire ».

Face à ces accusations, la position de Tel-Aviv ne varie pas. Pour le ministère israélien des Affaires étrangères, « le rapport est partial et partisan, comme l'organisme qui l'a produit ».

Ce rapport sera présenté lundi au Conseil des Droits de l'Homme.

Deuxièmement, c'est aussi le 22 septembre que la sortie qu'une affiche de la Jeunesse Socialiste Genevoise, des Jeunes Vert-e-s et United Black Sheep, dont la dernière réalisation graphique, militant contre la révision de l’assurance-chômage, a fait bondir le CICAD, une organisation de lutte contre l’antisémitisme.

Au-delà du slogan contre cette révision de l'AVS, on y découvre le dessin d’un jeune en survêtement, l’air désabusé. Mais c’est surtout le personnage du banquier se tenant derrière lui qui ne passe pas pour Alain Bruno Lévy, membre du CICAD qui déclare : «La CICAD regrette que la campagne initiée contre la révision de la LACIE utilise une caricature dont un personnage représente  clairement un capitaliste dont les traits ne sont pas sans rappeler les vieux stéréotypes antisémites des années 30. Bien qu’il n’y ait de mon point de vue aucune intention malveillante de la part des initiateurs de cette campagne. » 

Pour certains historiens effectivement, à l’instar de Luc Van Dongen, la figure choisie pour l’affiche est proche de la représentation du «judéo-bolchévique» autrefois véhiculée par les nazis.

Le personnage du banquier fait polémique sur l'affiche.

 

Le caractère antisémite de l’affiche est néanmoins vivement démenti par les partis à l’origine du projet. Un communiqué de presse publié ce matin s’en défend et parle d’«un amalgame malheureux», n'ayant «jamais été la volonté des trois entités jeunes de gauche ni de l’artiste qui a réalisé l’affiche».

La polémique est néanmons lancée, et la victimisation recherchée égallement.

Dans ces deux cas médiatisés nous nous retrouvons avec une actualité où l'antisémitisme est mis en avant.

- Premièrement, par la non reconnaissance d'un rapport officiel et indépendant, document dénoncé comme parial, partisan et dirigé contre l'état hébreu.

- Deuxièmement par la critique de La CICAD d'une affiche au graphisme douteux.

Ce qui me gêne dans ces faits d'actualité, c'est la victimisation et l'usage malsaint qui est fait de de la lutte contre antisémitisme.

Si l'on dénonce l'état hébreu, la société est partisane et l'antisémisime devient un prétexte pour ne pas reconnaître des accusations formelles, et d'un autre côté, si l'on dénonce un acte proche de l'antisémitisme, l'on victimise alors ainsi une nouvelle fois des Hébreux et ceci de manière totallement disproportionnée à l'intention.

Il faut lutter contre l'antisémitisme et rester vigilant, un proche passé nous l'a prouvé, mais il faut aussi lutter contre les violations graves des Droits de l'Homme, et n'être que perpetuellement la victime, sans oser reconnaître ses fautes, n'est-ce pas nourrir soi-même des préjugés qui ne devraient pourtant plus exister au regard des droits humains ?

Minet.   

 

 

 

 

12/09/2010

Modification profonde des valeurs de notre société face à la violence, la résignation !

Alors que je suis en pleine lecture du dernier livre d'Yves Patrick Delachaux, "Policier, gardien de la paix", une utopie sociétale sur laquelle je reviendrai dans un autre mot, je me rends compte que nous assistons à une profonde modification des valeurs de notre civilisation face à la violence, face à la criminalité qui touche les biens et les personnes, à travers un comportement nouveau, la résignation.

En effet, à travers une banalisation des crimes et des délits, un coup de couteau par-ci, un hold-up par-là, un cambriolage chez lui, un vol chez moi, un gifle ici, une rixe là-bas, des faits divers sont devenus des faits quotidiens. Qui ne connaît pas une victime autour de lui, plus personne.

Ce qui est grave à mes yeux, c'est cette révolte qui ne sort par, qui ne s'exprime pas, qui ne s'exprime plus. Il faut dire que cette résignation populaire peut se comprendre, elle a constaté démocratiquement que ce n'est pas en votant pour l'autre que tout ira mieux, car une promesse électorale reste une promesse, un acte politique d'un élu un geste courageux mais si rare. Comme les choses ne changent pas, comme l'on a déresponsabilisé les parents dans la science de l'éducation, comme l'on veut accabler l'école pour suppléer à ce manque, comme l'on n'ose pas aller plus loin dans la doctrine policière et dans les choix politiques, comme l'on devient permissif pénalement, et bien il y a résignation.

Et à la place de lutter contre celle-ci, ce sont les comportements des agents publics, des services sociaux, des profs, des contrôleurs TPG, des douaniers, des policiers que l'on tente de modifier, avec une politique qui voudrait que l'on aide perpétuellement le plus faible, mais sans jamais sévir contre le plus fort, souvent auteur et fautif.

Une vision technocrate et universitaire simpliste d'une société où "tout le monde il est gentil", qui ne va pas permettre à la nouvelle génération de trouver ses véritables repères.

Réveillez vous messieurs les penseurs, debout les décideurs, écoutez la rue, écoutez vos proches, vos amis, vos familles, vos enfants, vos aînés, et redonnons à notre société les valeurs qui ont été les siennes et qui lui ont permis de se construire, de s'élever, juste avant de s'écrouler, il y a dix ans, au moment de la résignation humaine, sociale, politique, économique.

Minet.

22/07/2010

Bernard Rappaz a-t-il coupé l'herbe sous le pied aux limites d'un système carcéral en proie aux doutes politiques ?

Il est fêté comme un héros qui, après 110 jours de jeûne, vient de faire plier l'autorité. Lui, c'est Bernard Rappaz, chanvrier valaisan, dernier des Mohicans, prophête dans son pays tel que le fût José Bové en France, symbole de la résistance paysanne et rurale, et pourtant.

Ils ont aussi comme points communs une chevelure grisonnante en bataille et une moustache dignes de Vercingétorix.

Fichier:Statue Vercingetorix Alesia.jpg

Rappaz - Bové - Vercingétorix, mêmes combats ?

Et pourtant disais-je, en appliquant un "réaménagement des modalités d’exécution de la sanction", le Département valaisan de la sécurité vient de donner un signal fort à tous les agitateurs et autres insoumis, celui d'une justice qui ne s'applique pas, qui s'arrête face à la provocation, à la manipulation, face au chantage humain. Certes l'intégrité corporelle de cet homme devait être préservée, mais rompre sa détention c'est simplement supprimer encore un peu plus les repères et les valeurs de notre société. C'est aussi ne pas maintenir une corde raide, un fil rouge qu'il ne faut pas franchir sous peine de sanction. En supprimant ainsi ces limites, les décideurs politiques démontrent leurs faiblesses face à un système carcéral dépassé, mais ils renoncent aussi à imposer ces fameuses limites.

Reste que probablement retournement de situation il y aura, mais le mal sera fait et seul le souvenir de cette victoire contre l'état de droit subsistera, avec l'image d'une justice et d'une politique à deux vitesses. Il faudra alors avoir le courage de se prononcer sur la demande de grâce déposée, et là il ne faudra pas se tromper d'objectif.

Nul doute, Bernard Rappaz vient de couper l'herbe sous le pied à un pouvoir politique qui lui aussi perd ses repères et ses valeurs, sans lutter, sans combattre, sans assumer juste pour assurer l'avenir d'une société déjà à la dérive.

Minet.

 

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13/06/2010

Max Göldi, le retour attendu aux vérités suspendues !

Max Göldi a été libéré et il pourrait arriver en Suisse ce soir ou demain. C'est la plus heureuse des nouvelles.

Ce retour est attendu, par tous, car nous sommes tous conscients que cet homme vient de traverser un désert diplomatique et juridique qui n'a servi que la main de la vengeance et le bras économique de notre pays.

Des langues vont-elles enfin se délier dans les jours à venir ?

J'en doute !

Ce qui est certain, c'est que beaucoup devront prendre leur courage à deux mains pour venir oser saluer ce retour.

C'est probablement ce même manque de courage qui va faire que les bonnes questions ne seront pas posées.

Reste à savoir si Max Göldi voudra lui donner des réponses que d'autres ne souhaitent pas entendre, le fardeau de la faute étant trop grand pour eux !

Walter Schlechten

25/02/2010

Max Göldi est-il un prisonnier de droit commun, politique ou de guerre ?

Petit rappel ;  

Le 6 Septembre 2009, le colonel Kadhafi avait envisagé de demander le démantèlement de la Suisse lors de son discours qu'il devait prononcer devant l'Assemblée générale de l'ONU, qui s'est tenue à NY en fin d'année. Il ne le fera pas, mais osera demander la suppression du droit de veto des membres permanents du Conseil de Sécurité de cette organisation qu'il nommera «Conseil de la Terreur».

Le 25 février 2010, le dirigeant libyen a lancé un appel au Jihad contre la Suisse mécréante et apostate qui détruit les maisons d’Allah.

"Le Jihad doit être proclamé par tous les moyens", a déclaré le colonel Kadhafi dans un discours à Benghazi à l’occasion de la fête du Mouloud qui commémore la naissance du Prophète Mahomet.

"Tout musulman partout dans le monde qui traite avec la Suisse est un infidèle, contre l’islam, contre Mahomet, contre Dieu, contre le coran", a ajouté le colonel Kadhafi devant des milliers de personnes.

(Photo Keystone - TDG)


A l'origine, le Jihad est un effort sur soi, un combat qu'un al-moudjahid se livre à lui-même, qui même une lutte intérieure, spirituelle, contre ses propres travers en vue d'un perfectionnement dans la voie de Dieu. Mais progressivement, cette notion de Jihad est venue à désigner la "guerre sainte", puis la guerre tout court.

coran

Donc le  Jihad devrait être surtout spirituel selon le Prophête à travers le Coran, mais pas en direction des infidèles, des athées ou des polythéistes où nous trouvons une version plus agressive et prosélyte, un véritable appel à la "guerre sainte" contre les mécréants. Le sabre est d'ailleurs un symbole de cette version agressive du Jihad fait ou perpétré au nom d'Allah.    

Certes le colonel Kadhafi n'a pas l'autorité religieuse pour lancer officiellement un Jihad, mais il est écouté, il est craint et devant ses menaces, devant ses paroles guerrières, devant ses appels à une guerre sans visage mais instaurée par la terreur, je me pose simplement une question, et nos amis européens pourraient aussi s'atteler à y réponde ;

Aujourd'hui, Max Gödli est-il un prisonnier de droit commun, un prisonnier politique ou un prisonnier de guerre ?

Toute la population suisse est derrière notre otage prisonnier, moi le premier, mais nous restons en attente d'une réaction collégiale et inflexible du Conseil Fédéral, ainsi que des gouvernements civilisés de l'Union Européenne.    

 

 

 





 

 

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23/02/2010

Permis de tuer international !

Mahmoud Abou Al-Mabhouh, l'un des principaux responsables militaires du Mouvement de la résistance islamique (Hamas) a été assassiné le 20 janvier dernier dans une chambre d'hôtel à Dubay.

Signe particulier de ce crime ; il ne dérange personne. Enfin, la mort avec violence et par préméditation de cet homme ne dérange personne, malgré l'aspect international de cette affaire.

Quelques pays de l'UE se font bien un peu de soucis, mais en aucun cas pour l'assassinat en lui même, juste du fait des modalités d'exécution de celui-ci, probablement organisé par les services secrets d'un pays "ami". Si des diplomates britannique, irlandais, allemand et français s'inquiètent, c'est qu'ils souhaitent obtenir des explications quant à l’utilisation de passeports de leurs pays lors de cette mission, qui demeure un assassinat.

Dans cette société où l'on ne condamne plus assez sévèrement par voies judiciaires, où d'un côté l'on se bat pour que les investigations longues et périeuses du Tribunal International de la Haye aboutissent à la justice des hommes, face à des crimes contre l'humanité, là on banalise le meurtre, l'assassinat, les délits avec violence.

Les assassinats politiquement dirigés ont toujours existé, mais en ne dénonçant pas ceux-ci, notre civilisation se rend coupable d'un délit moral, car à travers ce comportement d'acceptation l'on détruit nos valeurs, les mêmes qui nous ont fait avoir honte des atrocités commises par l'homme par le passé, dans le cadre de conflits armés, de guerres et/ou de génocides.

La justice pénale des hommes doit être respectée, à travers les décisions de ses tribunaux, car même si elle est faible et présente des failles, cette institution reste une valeur importante et nécessaire de notre société, celle de rendre la justice et non pas de se faire justice.

Je finirai ce papier par un mot de Georges Courteline ; "un jour les gens nerveux s'en mêleront, lassés de n'avoir pour les défendre contre les hommes sans justice qu'une justice sans équité, toujours prête à immoler le bon droit au droit légal et en proie à l'idée fixe de ménager les crapules."

Un jour, les gens nerveux s'en mêleront, du chef d'Etat au simple citoyen, malheureusement !

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23/01/2010

Genève va-t-elle se laisser mettre en bouteille par Evian ?

C'est avec un plaisir non dissimulé que la population genevoise a pris note de la candidature de la ville d'Evian pour le G20 qui devrait se dérouler en 2011.

Les réactions ne se sont pas fait attendre et plusieurs élus de notre canton ont déjà exprimé leur scepticisme.

Nous avons tous en souvenirs les événements du G8 de 2003, durant lesquels Genève avait servi de lieu de rassemblement pour les manifestations liées à cette réunion de chefs d'Etats, alors qu'Evian avait été transformée en une place forte impénétrable, donc totalement sécurisée.

Des émeutes durant 3 jours à Genève, des millions de dégâts, une image catastrophique pour notre cité, notre canton, notre pays, et une conseillère d'Etat qui avait servi de bouc émissaire pour faire passer la pilule.

Que nous reste-t-il de tout ça. Une certaine expérience de manifestations violentes, une amélioration des contacts transfrontaliers entre les divers services de police, mais surtout une blessure indélébile dans les âmes de nos rues, auprès de nos commerçants, de nos citoyens et aussi de nos policiers.

La police genevoise avait en effet vécu ces événements comme un énorme traumatisme, où le pouvoir politique avait pris ses responsabilités alors que les nécessités sécuritaires constitutionnelles, issues de la mission de la police, soit assurer la tranquillité, la sécurité et l’ordre publics, n'étaient pas assumées par les garants de l'état de droit.   

Cette semaine, le député maire d'Evian, M. Marc Francina, ne s'est pas contenté d'annoncer la postulation de sa cité pour l'événement précité, il s'est aussi autorisé des critiques déplacées et irrespectueuses sur notre canton, oubliant un peu vite les sacrifices opérés par Genève en 2003, sachant que cet élu considère aujourd'hui que ce G8 a été une grande réussite, avec des retombées très positives pour Evian et la région.

A l'heure où nos propres élus s'expriment ouvertement sur la région Franco-Valdo-Genevoise, l'on peut se demander si nous devons tolérer les propos désobligeants de M. Francina ?

Evian mettra-t-elle Genève en bouteille, Genève va-t-elle servir une nouvelle fois de placebo à Evian, où la pureté des relations transfrontalières va-t-elle permettre de ne plus faire couler d'encre sous les ponts ? 

Pour mémoire, je vous invite à lire, ou relire, cet ouvrage ;

Genève, juin 2003 ... Un G8 pas comme les autres. Micheline Spoerri, édition Slatkine.

 

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30/11/2009

Drôle de week-end genevois, entre la crainte, la honte et l'espoir !

Les genevois viennent de passer un drôle de week-end, moi aussi !

Absent de notre cité pour des raisons personnelles, j'ai donc suivi l'actualité de loin. Par contre, en arrivant ce soir à mon domicile, j'ai pris connaissance des dernières actualités.

Visiblement, tout a commencé par une manifestation autorisée, dirigée contre l'OMC lors la tenue de ce sommet à Genève. Et comme prévu, ce mouvement contestataire a dégénéré. Il n'y avait que quelques élus de gauche pour croire que tout allait bien se passer.

Environ 200 Black-Bloc se sont invités dans le cortège, sans pour autant y a voir été, ni conviés, ni refoulés. Par contre, je me dois, en ma qualité de citoyen, de saluer le courage des organisateurs qui ont rapidement décidé de dissoudre leur événement, les conditions cadres pour le bon déroulement de celui-ci n'étant plus réunies.

La suite on la connaît, les casseurs et la police ont joué au chat et la la souri durant plusieurs heures, les dégâts sont nombreux mais les interpellations aussi. Nos policiers ont donc pu travailler avec une efficacité certaine, sans contrainte politique cette fois, mais j'ai honte de l'image qui est donnée de Genève par ces émeutiers, ces ennemis de la démocratie et de la liberté d'expression.

Les premiers commentaires sont tombés, bien timides, mais en ma qualité d'habitant de ce canton, j'attends des réactions politiques. Je les espère très fortes pour dénoncer les auteurs de ces émeutes et féliciter notre police, sans entendre le sempiternel discours sur les violences policières. Nous verrons demain, car il y a pire dans l'actualité.

En effet, ce dimanche, sont tombés les résultats des votations. Alors que le Ceva et la traversée de Vésenaz passent la rampe, c'est bien l'acceptation de l'initiative contre la construction des minarets, au niveau national, qui m'émeut. 

Immédiatement, un fort sentiment de honte m'a envahit. Comment un pays comme le nôtre peut se permettre une telle acceptation, qui va à l'encontre des droits fondamentaux et qui s'attaque à une religion. Les discours alarmistes de quelques élus d'extrême droite ont fonctionné, mais ces même manipulateurs se retrouvent déjà avec la peur au ventre. Peur que ce résultat qu'ils n'espéraient pas ne vienne mettre le feu aux poudres dans notre pays. Si l'image de notre nation et du peuple suisse est souillée pas ce vote, bien qu'il soit le reflet d'un choix démocratique, ce n'est pas le reflet de notre civilisation, de nos valeurs.

Néanmoins, mon espoir demeure dans le fait que la population genevoise, comme trois autres cantons, a su ne pas tomber dans le piège tendu en refusant cette initiative. Mais la Genève Internationale s'en relèvra-t-elle, car elle va aussi souffrir du résultat de cette votation nationale ?

Mon espoir prend corps aussi ce jour car les élus des partis traditionnels doivent enfin se rendre compte qu'en Suisse on ne sait plus faire de la politique, car cette défaite est surtout la leur. Tous doivent se remettre en cause, tous doivent se mettre autour d'une table, pour redéfinir les positions qui sont les leurs et les valeurs qui sont les nôtres.

Genève, en deux jours, vient de faire un énorme pari sur l'avenir avec le Ceva, au prix fort en signant un chèque en blanc, mais elle vient aussi de démontrer, à travers l'accueil de la manifestation anti-OMC et les résultats cantonaux des votations populaires que l'Esprit de Genève n'est pas mort. Reste aux élus genevois à tenir les discours forts et attendus pour que notre ville-canton s'affirme comme un exemple de démocratie, de liberté et de respect.

 

 

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