14/03/2012

"L'injustice"

 

Elle est arrivée sans prévenir, dans la nuit, au détour d'un tunnel.

 

Elle ne les a probablement pas réveillés, préférant les surprendre dans leur sommeil.

 

Elle ne les a pas choisis, elle frappe à l'aveugle car elle n'a pas de limite.

 

Elle est toujours lâche car elle atteint souvent les plus faibles.

 

Après son passage, se déploient la colère, les larmes, la tristesse, le deuil, la révolte souvent.

 

Elle, c'est l'injustice, la même qui enlève la vie aux innocents, la même qui brise un amour infini, la même qui distille les tempêtes, les catastrophes, la maladie et la mort.

 

Elle est souvent monstrueuse, mais lorsqu'elle emporte des enfants innocents, des anges qui n'attendaient que de croquer une vie qu'ils commençaient à peine de découvrir, l'injustice ne porte plus de nom car je n'en connais aucun assez fort pour qualifier l'horreur d'une telle souffrance.

 

Rien ne remplacera l'absence, rien ne viendra condamner l'inacceptable, resteront l'amour et les souvenirs, resteront les larmes et le chagrin.

 

L'injustice elle poursuivra sa route aveuglément, accompagnant le destin, celui-là même qui tente de nous amener aux portes du bonheur.

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

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04/03/2012

Lettre d'amour à mon père !

Il y a des épreuves dans la vie qui éloignent les gens, il y a des épreuves dans la vie qui rapprochent les familles.

 

Cette nuit va être courte pour nous tous car il y a un mois maman nous quittait, libérée d'un combat inégal face à la maladie, même armée du soutien du staff médical, même armée du courage d'une femme d'honneur, même armée de l'amour de ses proches.

 

Le plus vaillant des soldats tu auras été papa, discret et fidèle, disponible et serviable, doux et attentionné, solitaire et amoureux. De nous tous c'est toi qui portait l'espoir impossible de la guérison, tu voulais y croire, tu t'y raccrochais je pense, tu le souhaitais du plus profond de ton être j'en suis certain.

 

Aujourd'hui tu es là, tu souffres, tes nuits sont courtes et longs sont tes silences, mais tu es présent, si proche d'elle alors qu'elle s'éloigne tous les jours un peu plus de nous. Tu lui rends visite matin et soir, tu lui parles, tu échanges, tu partages ces instants intimes mais tu restes en attente de réponses qui ne viendront pas, qui ne viendront plus.

 

Ce que je peux te dire papa, c'est que maman nous a quitté en te tenant la main, comme pour te passer le témoin de la famille. Cette main tu as su la lui offrir dans ses derniers instants, paisiblement, calmement, lucidement, l'accompagner avec l'amour d'une vie, avec le courage de ne pas la laisser seule, de respecter une promesse déposée il y a fort longtemps probablement.

 

Toi aussi tu as fait preuve d'un courage incroyable papa, et ce matin encore, en ajustant sa tombe, en décorant ce monument éphémère, en t'occupant d'elle comme l'on soigne un malade à son chevet, tu lui apportes tout l'amour qu'un époux, qu'un mari, qu'un homme peut donner à une femme. La séparation est encore plus douloureuse quand l'amour est le ciment du couple et rien n'efface le manque.

 

A mon tour, après avoir eu la chance durant ces derniers mois de le dire à maman, je veux te dire papa que je t'aime, que l'on est très fier de toi, que tu es très courageux et qu'il n'est pas interdit de partager ses larmes, car le chagrin est avant tout une preuve d'amour, pas de faiblesse.

 

« On t'aime papa, courage »

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

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24/01/2012

Genève, où es-tu ?

Genève, où es-tu !

 

Genève, tu es la ville la mieux gérée de Suisse, mais Genève je ne te reconnais plus.

 

Pourtant, il y a encore quelques années je t'imaginais conquérante, courageuse, ambitieuse, pragmatique, grande et belle avec un Esprit rayonnant.

 

Il y a quelques années, je t'espérais avec des valeurs sauvegardées, avec une image universelle, avec une capacité à t'offrir, à te proposer, à t'engager.

 

Il y a quelques années, je te voulais garante d'une neutralité reconnue, placée au centre des besoins, des espoirs, des attentes, engagée entre les décideurs et les voix des peuples qui gondent.

 

Il y a quelques années, je croyais que le développement durable de l'humanité se devait de passer par toi, comme un exemple, comme un gage de réussite, de progrès, de compromis, d'une prise de conscience universelle.

 

Il y a quelques années, je te dessinais avec un pont magnifique, une rade illuminée, des quais fleuris, des parcs verdoyants, des rues lieux de vie communautaire et des routes guides de nos déplacements à la croisée des destinées.

 

Genève, aujourd'hui je ne te reconnais plus, je ne te reconnais pas. Tu as perdu ton Esprit qu'une Constituante improbable, contestée, contestable, tente de retrouver entre les traverses d'une guerre des clans qui n'entrent pas en constitution.

 

Genève, tes valeurs, tes croyances, tes richesses, tes Grands Hommes avaient pourtant su construire les fondations solides d'une cité universelle, d'un canton reconnu comme un label de qualité, de fiabilité, de dialogue, de médiation, de sincérité, de paix.

 

Genève, où es-tu ?

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

13/01/2012

Appel à témoin, une sollicitation citoyenne !

Le 14 avril 2011, une fillette a été victime d'un viol à Gland. Cette agression sexuelle demeure une priorité pour la police cantonale vaudoise. Les investigations en vue d'identifier l'auteur de ce crime, commis ce printemps à l'endroit d'une mineure dans un local technique d'un immeuble locatif, se poursuivent sans relâche.

Toute information utile peut être transmise directement aux inspecteurs de la brigade des mineurs et moeurs, en passant par le poste de police le plus proche de chez vous.

Le renseignement et l'information demeurent les nerfs de la guerre dans la lutte contre la criminalité, ils sont un fil rouge primordial à l'enquête et cet appel à témoin est un outil important pour l'évolution du travail de la police.

Image: Image police cantonale vaudoise

Le portrait-robot de l'agresseur

 

Le portrait-robot de l'agresseur

Signalement : homme de 55 à 60 ans, type européen sans particularité, mesurant 170 à 180 cm, de corpulence moyenne avec "du ventre", yeux clairs; il portait une barbe, des lunettes médicales avec une monture fine et des cheveux courts, gris blancs. Il s'exprimait en français, éventuellement avec un accent, indéfinissable.

Des témoins l'on vu quitter l'endroit avec une petite voiture de marque indéterminée, de couleur turquoise (bleu, vert), immatriculée dans le canton de Genève.

Echantillons de couleur de la voiture utilisée par l'auteur de l'agression

 

 

Toutes ces informations ont été mises à disposition de la population sur le site internet de la police cantonale vaudoise.

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

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11/01/2012

Désamorcer la bombe ... vite, très vite !

 

Ce qu'il a de bien en vacances, c'est qu'on a le temps, celui de lire, d'écouter, d'observer, de réfléchir et d'analyser.

 

Le conflit qui s'est ouvert entre les syndicats de police et le DSPE s'est rapidement transformé en bombe à retardement. A travers la détermination déployée, les policiers attendaient une réaction, celle du Conseil d'Etat. Elle vient de tomber.

 

Le Conseil d'Etat a exprimé son soutien total à Isabel Rochat, magistrate de tutelle de la police, prise à partie depuis le début de la semaine par le syndicat de la gendarmerie. Le Conseil d'Etat a annoncé qu'il a convoqué demain matin la hiérarchie de la police. Il va lui demander d'analyser la légalité des actions ou des menaces d'actions annoncées lundi par le syndicat.

 

Le Conseil d'Etat attend également de la hiérarchie de la police qu'elle fasse des propositions de sanction et de mesures destinées à rétablir l'ordre et la discipline au sein du corps de police, s'il s'avère que les actions votées lundi par les policiers ne sont pas conformes avec la loi. Pour mémoire, lors de l'assemblée générale de la gendarmerie, les policiers ont voté la grève des amendes, le refus d'effectuer des heures supplémentaires lors des jours de congé et la tenue d'une manifestation dans la rue.

 

Précisons encore que le Conseil va demander à la hiérarchie de la police de procéder à une analyse précise des revendications des représentants des policiers. Il se dit ouvert à tout dialogue constructif.

 

A la lecture de cette communication, je devine que la direction de la police va servir de fusible, tout comme l'écrit si bien Pascal Décaillet sur son dernier blog. Son analyse est d'ailleurs, et comme souvent, pertinente, je vous laisse en prendre connaissance :

 

http://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2012/01/11/pol...

 

La réaction du Conseil d'Etat ne pouvait pas être autre. Sous le sceau de la collégialité le soutien clamé est logique. La responsabilisation de la direction de la police et l'éventuelle pénalisation des actions syndicales sont tactiques. L'analyse des revendications et le message d'ouverture à tout dialogue constructif sont la porte ouverte pour sortir d'une situation qui échappe à tous.

 

N'oublions pas qu'en moins de vingt-quatre heures nous avons lu Eric Bertinat sur son blog qui demande une rocade départementale au sein du Pouvoir Exécutif, ce qu'il a confirmé de vive voix sur Léman Bleu, suivi dans son raisonnement par René Longer et Eric Stauffer :

 

http://riton.blog.tdg.ch/archive/2012/01/09/police-le-con...

 

Ce jour, nous avons lu Vincent Maitre exiger sur son mur Facebook la démission du président du syndicat UPCP.

 

Une danse du scalp injustifiée, comme si, dans la situation que nous traversons, une tête qui tomberait maintenant permettrait aux autres de relever la leur, ou quand les illusions perdues sont à la recherche d'alibis.

 

  • Les syndicats espéraient être entendus du Conseil d'Etat, c'est fait.

 

  • Isabel Rochat attendait le soutien du Conseil d'Etat, c'est fait.

 

  • La hiérarchie de la police retrouve une technocratie perdue et les responsabilités qui vont avec.

 

  • Quelques voix se sont exprimées, sortant du bois, elles ont été entendues.

 

Rien n'est solutionné, des décharges ont été distribuées mais la bombe à retardement issue de ce conflit doit être désamorcée maintenant, car les dégâts collatéraux seraient bien trop nombreux si implosion il devait y avoir, et là le risque est grand.

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

10/01/2012

Dialogue de sourds ou analyse aveugle de la situation ?

 

Cela devait se produire, cela s'est réalisé hier. Le conflit larvé entre les policiers et le DSPE a éclot. Cette fois ci, la situation est grave, et il ne s'agit pas d'un simple combat de personnes qui oppose la présidente d'un département et le responsable d'un syndicat, le mal est bien plus profond.

 

D'un côté, nous nous retrouvons avec une magistrate qui vient de perdre le contrôle de ses troupes, de la situation, des événements, de l'ordre républicain qui se devrait d'être légitimement établi. Si elle n'a pas encore perdu la face, c'est la crédibilité managériale de l'ensemble du DSPE qui est remise en cause ce matin. Ne doutons pas que le Conseil d'Etat incorpore va réagir et soutenir Isabel Rochat, mais la brèche est ouverte sachant que certains députés ou journalistes s'y sont déjà engouffrés.

 

De l'autre côté, nous constatons la présence de policiers déterminés car fâchés. Ils sont furieux et le font savoir, maladroitement probablement mais avec sincérité et unanimement à travers leur syndicat. Nos pandores en ont marre, ils sont fatigués, ils sont démotivés, ils sont consternés, mais surtout ils se sentent incompris et trop peu respectés.

 

Que trouvons-nous dans leurs revendications ; un meilleur salaire, une indemnité de plus, quelques jours de vacances supplémentaires ?

 

Que nenni, en ma qualité de citoyen, en écoutant et en observant l'actualité, je devine que les policiers genevois sont en attente de moyens, de légitimité, d'une image positive, de reconnaissance, de respect.

 

Des moyens car nos argoulets on besoin d'un soutien administratif, avec l'engagement jugé nécessaire de commis administratifs afin de les soulager de ces tâches qui les éloignent du terrain. Car nos policiers constate eux aussi la dégradation de la situation sécuritaire en rue, et ne peuvent décemment pas supporter celle-ci. Une véritable amélioration passe par l'augmentation drastique du nombre de procureurs et de juristes auprès du pouvoir judiciaire, ainsi qu'un accroissement important des places de détention afin que l'autorité pénale ne se retrouve pas pieds et poings liés. Tout ceci à un coût, celui de la sécurité de tous et cette question se doit de résonner en commission des finances, même si le plan quadriennal devait à en être modifié.

 

De légitimité car les gendarmes sont un maillon important de la chaîne sécuritaire, ils en souffrent par des engagements opérationnels très nombreux, imposés, et qui engendrent des heures supplémentaires. Celles-ci sont reconnues hiérarchiquement comme nécessaires au bon fonctionnement de l'institution afin que les missions premières de la police puissent être assurées. Le problème est que ces mêmes heures supplémentaires sont jugées insupportables par leur employeur, qui déclare ne pas comprendre la croissance de celles-ci. Faire toujours plus avec encore moins, pas certain que cette formule fonctionne encore.

 

D'une image positive car si la véritable solution au problème demeure une augmentation des effectifs policiers dans les trois corps, reste que le recrutement n'apporte pas les résultats escomptés. Alors que nous nous retrouvons en période de crise économique, alors que le salaire à l'engagement est intéressant, alors que ce métier comporte certes des contraintes mais qu'il demeure une formidable école de la vie, les postulants espérés ne sont pas présent au portillon. Ne faudrait-il pas alors poser les véritables questions à ces jeunes gens et leur demander entre autre pour quelles raisons ils ne choisissent pas la profession de policier. Sommes-nous face à un problème d'image ou un véritable phénomène de société où les jeunes ne s'engagent plus au service des autres ?

 

De reconnaissance car pour avoir discuté avec des amis policiers, je devine que ceux-ci n'ont plus de plan de carrière. Celui-ci a été réduit à néant par le lissage de leur grille salariale il y a deux ans, dernier cadeaux de la législature de Laurent Moutinot. Prendre du grade, des responsabilités et diriger plusieurs dizaines de collaborateurs pour une valorisation salariale proche du néant, c'est plonger la police dans le grand bain de la fonction publique et de tous ses travers.

 

Une erreur de plus qui est probablement venue nourrir ce fort sentiment d'irrespect de la fonction, d'un métier d'autorité et donc des hommes et des femmes qui s'y attèlent tous les jours.

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

02/01/2012

"L'épreuve à la lueur d'un espoir"

 

« Je n'arrive plus à dormir, la lourdeur de la nuit me pèse. Ces six derniers mois ont été une épreuve terrible, je ne la souhaite à personne. Depuis le jour où j'ai pris connaissance de ma maladie, que les mots cancer et soins palliatifs ont été prononcés, j'ai traversé plusieurs états d'esprit.

 

Du doute d'un diagnostique au scepticisme de la gravité d'un mal, c'est l'espoir qui m'a accompagnée.

 

Des effets secondaires d'une chimiothérapie aux modifications physiques de mon corps, c'est l'incompréhension qui m'a habitée.

 

Des résultats d'analyses aux scanners qui ne dissimulent rien, c'est l'introspection de mes doutes qui me tenait éveillée.

 

Des opérations palliatives envisagées à l'assistance oxygénée, c'est la résilience qui s'est manifestée.

 

De la diminution de mes forces aux difficultés de concentration, c'est la peur qui me gagne aujourd'hui.

 

Peur de tomber, de chuter, de perdre du poids, d'être atteinte par une infection, de me blesser, de saigner, de mal respirer, de m'étouffer, peur qu'il m'arrive quelque chose subitement avec la crainte d'être une nouvelle fois hospitalisée.

 

La fausse sérénité qui m'habitait n'est plus là, les doutes, les craintes et la peur sont devenues mes compagnes d'infortune. Il y a des instants où nous n'avons plus besoin de nous écouter, notre corps nous parle de lui-même.

 

Je dois me libérer de ces atteintes négatives, mais je ne sais pas comment faire car elles ne sont pas dues directement à la maladie, mais du fait de mes appréhensions elles-mêmes nourries par l'inconnue du lendemain.

 

Un lendemain que j'envisage, car en six mois j'ai traversé respectivement les anniversaires de ma fille, de mon fils, de mon époux, puis un noël sans cadeau de la vie et un nouvel an sans vœux de bonne année, remplacés par des paroles douces et des mots d'apaisement.

 

Ces moments partagés restent des richesses que je préserve dans mon cœur comme des pierres précieuses, auxquelles j'espère secrètement y ajouter bientôt le rubis merveilleux de l'anniversaire des 17 ans de ma petite-fille et, qui sait, le diamant paisible de ma 67 ème année, des joyaux tous illuminés par la lueur d'espoir qui demeure. »

 

"On t'aime maman, courage"

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

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26/12/2011

Sécurité, réintroduire le signe de la main au passage piéton.

Comme la presse le relève, les victimes d'accidents de la route qui se produisent sur un passage piéton sont en augmentation. Si dans une première analyse il ressort que les aménagements urbains propres à ces passages ne sont pas toujours adéquats, voire judicieux, il nous faut aussi se poser la question sur la réelle sécurité qu'accorde le passage piéton à travers le sens de la Loi, et si les comportements de chacun sont suffisants.

Le signe de la main, qui nous fut enseigné à l'école il y a longtemps, fut abrogé en 1994. L'Ordonnance (OCR) déchue requérait un signe de la main pour obtenir la priorité et traverser la chaussée, alors que la Loi LCR) octroyait la priorité sans condition. Une contradiction relevée par le Tribunal Fédéral, qui argumenta que l'Ordonnance pouvait amener les usagers de la route à croire que les piétons n'avaient pas la priorité sans faire un signe de la main.

Seule astreinte, "ils (les piétons) ne peuvent toutefois user du droit de priorité lorsque le véhicule est déjà si près du passage qu’il ne lui serait plus possible de s’arrêter à temps", ainsi les piétons se voient imposer d’estimer la distance et la vitesse à laquelle les véhicules s’approchent et d’attendre en conséquence jusqu’à ce que la priorité puisse s’appliquer.

Le législateur a ainsi annihilé tout langage lié à la gestuelle entre les piétons et les autres usagers de la route. A l'époque, cette gestuelle obligatoire avait fait débat et été supprimée dans l'ensemble de pays de l'Europe occidentale.

Reste que la communication entre usagers de la route demeure un atout important de la sécurité, et la communication non verbale est au premier plan.

Comme le relève l'association suisse des piétons, le signe de la main n’a jamais été interdit ou aboli. Aujourd’hui encore, il garde une utilité lorsqu’on en fait bon usage. Dans des cas précis, il peut contribuer à une meilleure compréhension, mais sans garantie totale de sécurité. Il ne peut en aucun cas remplacer le respect mutuel entre les différents usagers de la route.

Lorsque l’on fait un signe de la main, on ne peut être sûr que celui-ci a été vu et bien interprété, mais il demeure complémentaire et annonce l'intention de celui qui bénéficie de la priorité.

Les piétons donnent parfois un signe de main pour laisser passer une voiture, parce qu’ils ne prétendent pas à la priorité. Lorsque l’on fait un signe de la main pour prendre la priorité, on doit attendre au bord de la route jusqu’à ce que l’on soit sûr que le signe a bien été vu et compris et que le véhicule ait freiné et se soit arrêté.

Il n’existe pas de norme sur la manière de faire un signe de main.

Agiter le bras ou la main peut s’interpréter comme une simple salutation ou un signe de "laissez-passer" ; cette pratique est donc à éviter.

En tant que piéton, on ne devrait pas non plus se fier aux signes de main ou aux appels de phare des automobilistes, puisque le destinataire peut être un autre usager de la route et que la signification du signe n’est pas toujours claire.

Pour un piéton qui veut céder la priorité, un pas en arrière est souvent la meilleure solution. Un mouvement du corps vers l’arrière est clair et reconnaissable de loin.

Reste que le signe de la main demeure pour moi un complément à la Loi, car en lieu et place de l'abroger, il aurait fallu simplement lui redonner un sens, telle est ma proposition :

"Le piéton bénéficie de la priorité, il ne doit toutefois pas user du droit de priorité lorsque le véhicule est déjà si près du passage qu’il ne lui serait plus possible de s’arrêter à temps. Après s'être assuré que la priorité puisse s’appliquer, le piéton donnera alors un signe de la main pour indiquer son déplacement sur le passage piéton."

Une complémentarité nécessaire à mes yeux, pour la sécurité des piétons et afin que la communication soit rétablie entre tous les usagers de la route.

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

Réf : http://www.fussverkehr.ch/fileadmin/redaktion/publikation...

 

 

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21/12/2011

Sécurité : 744 jours après !

L'avantage quand on aime écrire, c'est qu'on aime lire les autres. Il y a les essais, les romans, les sciences, les polars, les historiques et les drôles. Mais il y a aussi de petits cahiers, des bulletins, des parutions confidentielles que l'on garde et qui, un beau soir d'hiver, ressortent de nos tiroirs sans prévenir, nous rapportant le souvenir d'une lecture, le passé d'un écrit, la mémoire de maux retranscrits.

 

Et là, en triant, je garde, je jette, je classe, je garde, je jette, je classe, je me retrouve avec une parution dont les élus Mark Muller et Isabel Rochat en font la couverture, sourire aux lèvres, la belle Genève et sa cathédrale en toile de fond.

 

Morceaux choisis des réponses données par Madame Isabel Rochat lors de cette interview parue en avril 2010 dans le no 186 du feuillet "Le Nouveau LIBERAL ", ceci à l'issue de ses cent premiers jours à la tête du DSPE  :

 

Comment avez-vous été accueillie au sein du Conseil d'Etat ?

 

-         J'ai été très bien accueillie. Un certain nombre de dossiers dont j'ai la charge nécessitent une approche transversale des problématiques, raison pour laquelle il est pour moi primordial de travailler dans un esprit de grande collégialité ... ... ... Par  rapport à la politique pénitentiaire, nous sommes dans une législature charnière. Nous avons aujourd'hui une politique commune avec le pouvoir judiciaire, ce qui n'était pas le cas auparavant....

 

Et à la police genevoise ? Vous savez que les policiers ont placé beaucoup d'attente en vous !

 

-         J'en suis pleinement consciente et j'ai moi-même beaucoup d'attente envers eux : ensemble nous avons pour objectif de rétablir le lien de confiance avec la population et, pour ma part, de revaloriser la profession dans le sens large du terme. A ce titre, j'en profite pour dire que j'ai rencontré à la police des gens formidables. Je sens une réelle détermination à faire changer la situation dans le canton.

 

Cela fait cent jours que vous avez pris la tête du DSPE. Votre premier bilan ?

 

-         Il s'agit pour l'instant davantage de constats que de bilan : mes premiers cent jours m'auront permis de faire le « tour de la maison » ... Nous avons également rapidement avancé dans des domaines concrets avec l'accord signé avec la police le 16 décembre 2009 réglant la question des horaires et de la rémunération des policiers.

 

Quelles sont les difficultés actuelles de la police genevoise ?

 

-         Les difficultés principales se concentrent autour du problème des effectifs et du recrutement. En effet, nous nous retrouvons face au défi d'engager rapidement des personnes de qualité ... ... ...  De manière générale, il faut enfin améliorer l'engagement opérationnel des policiers, d'entente avec celui des APM, afin de réellement créer une police de proximité et d'appliquer une politique de « tolérance zéro »

 

Les genevois sont effrayés, les policiers parfois découragés. Comment remonter le moral des troupes et de la population ?

 

-         Il faut rétablir un climat de confiance entre le policier et le citoyen. Motiver les troupes en revalorisant la profession est une de mes priorités ... ... ... De manière plus large, tant la police que la population ont besoin de sentir que nous savons où nous allons, que nous sommes déterminés et, surtout, que nous sommes pressés.

 

Lecture et relecture de ce fascicule me procurent certaines interpellations, ou si les mêmes questions étaient posées aujourd'hui dans "Le Nouveau GENEVOIS", quelles réponses aurions-nous ?

Je garde, je jette, je classe !

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

16/12/2011

L’irrespect face à l’usager ou quand le « tout mobilité douce » devient un anachronisme !

Bientôt une semaine que le nouveau réseau TPG est en place, tout comme le tram 14, mais la cacophonie des premiers jours perdure et la colère des usagers gronde.  De graves erreurs d’études de marché apparaissent, comme si aucune analyse des flux des voyageurs n’avait été effectuée, comme si les impératifs de la régie des transports étaient passés en priorité sur les besoins et les attentes des voyageurs, comme la mise en site propre de chaque ligne de tram ou les gestions horaires des chauffeurs et des intinéraires.

 

Là-dessus, Mme Künzler, ministre de tutelle des TPG et surtout de la mobilité, vient demander aux citoyens, donc à tous les usagers, d’être patients, d’attendre juin 2012 et que les conclusions de la mise en application dudit réseau soient tirées à la fin du premier semestre d'exploitation.

 

Une moquerie déguisée en discours innocent ou un irrespect total de la population, des usagers concernés, face à un échec qui s’annonce déjà comme cuisant au sujet de la politique du « tout mobilité douce » à Genève.

http://etat.geneve.ch/dt/SilverpeasWebFileServer/PMD_6_av...

La politique menée n’est pas la bonne, les choix opérés ne sont pas judicieux, la cartographie d’une mobilité nouvelle peu convaincante, les prestations des TPG insuffisantes face aux réelles attentes des usagers, et ce ne sont pas les travaux du CEVA qui vont apporter la sérénité attendue dans notre canton depuis dix ans sur un problème où seule une traversée de la rade peu venir résoudre les principales difficultés rencontrées et liées à la mobilité sur sol genevois, et de par-delà nos frontières.

Il faut dire stop à la multitude des projets et de l'offre, se poser la véritable question de la coordination de ceux-ci et de la capacité réelle de la DGM pour être pro-active dans un domaine qui se devrait pourtant d’être son fer de lance, où pour l’instant on ne devine qu’une vision étroite de l’avenir à travers des résultats proches de l’incompétence, de l’irrespect face aux attentes des usagers, de la population.

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

11/12/2011

Lettre au Père Noël !

Cher Père Noël,

Je sais que tu as énormément de travail, les fêtes approchent et tu dois probablement déjà être débordé par les demandes des autres enfants, sachant que nous gardons tous une âme d'enfant au plus profond de nos chagrins.

Tu sais, cette année je ne voulais pas t'écrire, car tu n'as pas donné suite à ma lettre de l'année dernière. Pourtant je t'ai attendu, j'ai observé le ciel, j'ai espéré en vain. Pour finir, je me suis dit que ma missive ne t'était peut-être par parvenue, ce qui est dommage car je ne demandais rien pour moi, juste quelques petites choses pour que nous vivions dans un monde meilleur.

http://walterschlechtenlibre-penseur.blog.tdg.ch/archive/...

Mais voilà, cette fin d'année est un peu spéciale, car même si l'amour est présent en nos cœurs, la tristesse nous gagne, ouvrant parfois le chemin des larmes.

Comme tu le sais, nous n'avons qu'une maman, et comme pour tous les enfants du monde ma maman est la plus extraordinaire, elle est belle, elle est courageuse, elle est digne. Mais malheureusement elle est aussi malade, une vilaine pathologie que tu connais bien et qui attaque ses cellules, un cancer qui ne devrait jamais exister tant les souffrances partagées sont grandes. Certes elle reçoit tout l'amour de sa famille, de notre père, de nous ses enfants, de ses proches, de ses amis qui sont aussi les nôtres. L'aide des médecins semble parfois insuffisante, car si éloignée de nos attentes, de nos espoirs, mais elle demeure notre seul lien avec le corps médical.

C'est pour ça que je t'écris cette année, pour que tu penses aussi aux malades qui, à l'approche de ces fêtes, ont le cœur triste car atteins dans leur santé. Tu sais, j'échangerais tous les cadeaux du monde pour que maman retrouve des forces et gagne son combat contre la maladie, mais je ne pense pas que tu puisses réaliser ce vœux, il est trop grand, il est presque impossible, même si avec l'amour on peut souvent faire des miracles.

Alors n'oublies pas tous les malades du monde, apporte leur une lueur d'espoir, une lumière d'amour, le présent de la vie, comme auprès de leurs familles, de leurs proches, de leurs amis.

Je ne sais pas si cette année tu pourras exhausser mon vœux, mais si tu ne le fais pas pour ma maman, fais le pour les autres qui sont en attente de ce miracle de Noël.

Minet, un petit garçon de La Croix-de-Rozon.

 

 

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03/12/2011

"L'anathème d'une maladie à travers l'espoir et l'amour"

 

« Ces dernières semaines ont été difficiles, aux bonnes nouvelles se sont succédées les mauvaises. Le temps avance, la maladie aussi. C'est vraiment dommage, car mes meilleures ennemies avaient diminué de moitié. Alors qu'elles se résorbaient, mon espoir lui réapparaissait, il se lisait dans mes yeux, mes sourires, dans le regard de mes proches aussi.

 

Il n'y a pourtant pas de protocole établi, pas de plan de guerre, pas de stratégie exacte car chaque jour est un combat nouveau, avec ses surprises, ses inconvénients, ses risques aussi.

 

Ecartée en premier lieu, la radiothérapie était redevenue une hypothèse, une solution, une aide. Pourtant abrasive et dangereuse, elle est sans scrupule pour les cellules et les tissus. J'ai dû faire un grand travail sur moi pour me préparer à cette thérapie, car nulle n'est prête à souffrir pour guérir. Alors que mes choix étaient respectés, alors que mes espoirs étaient replacés, alors que ma volonté était encouragée, alors que j'y étais enfin disposée, ce traitement n'aura plus lieu.

 

Epreuve pénible que celle de revenir en arrière, de régresser, de comprendre que mon corps n'était pas prêt lui à subir une telle agression. La maladie est plus forte que toutes les volontés, et même si je ne baisse encore pas les bras, la résignation m'attaque à son tour sournoisement.

 

Je ne veux pas céder à celle-ci, pas encore, pas maintenant, mais il y a des épreuves dans la vie qui nous rapprochent de la mort. Une infection de trop, une réaction de plus, un diagnostique incertain et le mot est dit, il est prononcé. Reste à l'expurger, à l'assimiler, à le maîtriser, à le comprendre. Un nouveau parcours commence pour moi, pour mes proches aussi, celui de se préparer, d'anticiper, d'organiser, d'admettre mais sans se soumettre.

 

Je me rends bien compte que tout le personnel hospitalier m'accompagne, se sont des gens magnifiques, de belles personnes qui tout en gardant une distance pour se protéger savent nous approcher, nous parler, nous écouter aussi.

 

Je me rends bien compte que mon époux vit avec des peurs et des craintes insurmontables en l'état, je m'aperçois aussi que nous n'avons probablement jamais été aussi proches à travers cette épreuve. Envisager de ne jamais se séparer, de se retrouver, de s'accompagner dans le temps est une belle preuve d'amour, mais il a le droit de vivre, je le lui ai dit.

 

Je me rends aussi compte que mes enfants souffrent, même s'ils sont là, aimants, touchants, encourageants, ils prennent sur eux pour m'offrir leurs forces, leurs espoirs aussi. Ils ont l'amour d'une mère pour eux, en eux et ils ont l'amour d'un père qu'il faudra accompagner. Ils ont du courage car moi aussi je pense que le plus difficile après est pour ceux qui restent.

 

C'est aussi pour ma famille que je ne baisse donc pas les bras ce matin, que je me bats contre cette infection, contre la maladie aussi, pour reprendre des forces et m'offrir la chance d'un traitement supplémentaire. Vivre au jour le jour a ceci de bon que chaque aurore est une nouvelle victoire, car l'aube d'un espoir, de la naissance d'un sourire, d'une caresse, d'un je t'aime, d'un moment de partage et d'amour. »

"On t'aime maman, courage"

 


16:34 Publié dans Femmes, Lettres, Résistance, Solidarité, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

15/11/2011

Empathie, dans la peau d'un flic.

« Ce matin encore je me suis réveillé avec de forts sentiments. Ils m'habitent depuis des mois, comme s'ils avaient élu domicile, juste pour me troubler. Ils sont indéfinissables globalement car constitués d'un mélange de ressentis.

 

J'y trouve de l'incompréhension car je ne saisi pas sur quel chemin nous nous engageons. Nous étions censés emprunter une voie nouvelle, je ne la devine pas et aucun signal d'orientation ne vient aiguiller ma route.

 

J'y trouve de la colère car je me rends compte qu'il n'est pas possible de se reposer sur les idées des autres, de ceux notamment qui ne connaissent pas le sujet, qui ne pratiquent pas, qui observent sans apprendre, qui regardent sans comprendre, qui décident sans la lucidité nécessaire.

 

J'y trouve de la tristesse car ceux qui paient le prix de cette situation sont des innocents, des inconnus mais des proches aussi, des gens qui n'ont pas demandé à vivre dans une société aussi rude, même si la crise est là, le bien-vivre ici doit rester un pilier sociétal.

 

J'y trouve de la peur car lucide de la situation, où même nous ne sommes plus protégés, car en danger permanent face à l'inconnu et la non maîtrise du sujet, pour la population, pour nos familles, pour notre intégrité aussi.

 

J'y trouve du dégoût car à force de ne pas être écouté, l'impuissance de nos émotions prouve que nous ne sommes qu'une souche négligeable de la population aux yeux des observateurs, des soldats de la paix juste là pour obéir, sans réfléchir au sens de leur mission, sans analyser les résultats de leurs interventions, sans réaction face au manque d'attractivité des politiques menées.

 

J'y trouve de la terreur face aux horreurs constatées, commises pas des hommes sans scrupule, sans valeur, sans pitié, sans avenir souvent mais sans barrière égallement.

 

J'y trouve de la fureur car les promesses d'hier ne sont pas tenues, le respect attendu et les changements espérés ne sont que des mots qui demeurent lettres mortes.

 

Tous les matins je me confronte donc à la coupure avec mes émotions, car à l'aube je n'y trouve ni joie, ni surprise, ni tranquillité, éléments au combien importants à vivre au travers de nos émotions, juste pour partir travailler sereinement, sans craindre pour l'autre, sans craindre pour mon collègue, sans craindre de ne pas être à la hauteur des attentes de notre société face à la gangrène qui ronge nos rues.

 

Je suis gendarme, je suis policier, je suis flic, je suis argoulet, je suis indigné. »

 


Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

 

08/11/2011

Genève doit entrer en guerre contre l'insécurité, la criminalité, les incivilités, afin que nos valeurs redeviennent les piliers de notre société.

« Encore un fait-divers à Genève, un de plus. A travers une banalisation de la violence, des statistiques, des victimes, des effets collatéraux, des craintes et des inquiétudes réelles des citoyens de ce canton, c'est notre société qui meurt à petit feu.

 

Ce soir, un homme va probablement mourir, pour avoir reçu une balle dans la tête à la sortie d'une Migros. Règlement de compte, jalousie, mafia, drogue, argent, acte gratuit et crapuleux ou meurtre banal dans une société qui a perdu tous ses repères à travers la disparition de ses valeurs ?

 

Nous ne pouvons plus continuer ainsi, l'indolence politique doit cesser et les responsabilités ayant engendré ce chaos doivent être mises en évidence. Il faut oser, il faut dénoncer, il faut critiquer, il faut changer, il faut se révolter et dire stop à la violence, à l'insécurtié.

 

- Oser relever l'indolence politique sur les véritables problèmes liés à l'insécurité.

 

- Dénoncer les incompétences stratégiques à travers les priorités accordées.

 

- Critiquer l'insouciance de nos élus qui s'endorment une fois certaines élections passées.

 

- Changer de ton, de comportement, d'attitude, de méthode, de vision d'avenir pour redonner vie à notre canton.

 

- Se révolter car il n'est plus admissible que la population de cette ville, de ce canton, aie peur d'envoyer son enfant faire une course dans un supermarché sans craindre pour sa sécurité, son intégrité, sa vie.

 

- Se révolter encore car il n'est plus tolérable que nos hôtes se fassent détrousser, voler, spolier, abuser.

 

- Se révolter ensuite car il n'est plus acceptable d'entendre dire que nous ne pourrons jamais revenir en arrière, que c'est la société qui change, que dans d'autres grandes villes c'est pire, que c'est la faute de l'autre.

 

- Se révolter toujours car les responsables de cette catastrophe sociétale sont les mêmes qui décident de quoi demain sera fait, alors qu'aujourd'hui est déjà un gouffre ce qui nous est insupportable.

 

- Se révolter enfin car il n'est pas envisageable d'imaginer que la sécurité de demain puisse être menée par des milices, privées ou citoyennes, en lieu et place d'une police forte, déterminée et déterminante. Il en va de la survie de la démocratie.

 

Mais pour cela il faut du courage ;

 

-         Courage politique d'admettre ses erreurs

-         Courage judiciaire d'entendre les clameurs

-         Courage hiérarchique d'écouter les acteurs

-         Courage citoyen de dire « stop à la violence » et de se révolter

 

Le canton de Genève doit entrer ne guerre contre l'insécurité, contre la criminalité, contre les incivilités, contre la perte par assassinat de nos valeurs qui ont pourtant fondé cette société, par devoir de mémoire envers nos anciens qui ont lutter pour la sauvegarde de nos libertés, par instinct de survie pour que nos familles puissent vivre en paix et par respect pour l'avenir de nos enfants, car demain peut être un jour nouveau si volonté il y a de se révolter, et d'oser enfin. »

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

« N'est-il pas étrange de nous voir défendre plus farouchement nos erreurs que nos valeurs ? »

Khalil Gibran

 

 

03/11/2011

"Laurent dit Perquouette, l'homme blessé."

« Hier tu étais là, assis devant moi, tes béquilles posées à tes côtés. Ton visage était  boursouflé, ta peau couleur écarlate, tes yeux lourds et abattus, ton regard éteint, tes cheveux secs et ton haleine fétide, mais sur le fond, tu n'as pas véritablement changé physiquement.

 

La preuve, je t'ai de suite reconnu la semaine dernière quand je t'ai retrouvé paumé au milieu des toxicomanes de la place, toi qui ne touche pas aux produits. Certes tu es devenu un alcoolique, certes ta vie et tes nuits sont guidées par la divine bouteille, mais comme tu le dis si bien, la drogue c'est de la merde. Mais voilà, c'est au centre de ces gens dépendants que tu trouves encore un semblant de vie sociale, au milieu de menteurs, des voleurs, des arnaqueurs, des amis d'un jour, des ennemis d'une nuit.

 

Quand je te regarde, il me revient des souvenirs d'enfance, des souvenirs d'adolescence, des souvenirs professionnels aussi au moment où tu occupais si souvent nos services. Et pourtant, toi et moi le savons bien, au lus profond de ton être c'est un enfant malheureux qui sommeille encore.

 

Nous avons quelque points communs, fils de flics, enfants d'Onex, fans du SFC, et une certaine fierté d'être un gamin de Genève. Si nous n'avons pas eu les mêmes chances dans la vie, ni la même éducation, ni les mêmes parcours, ni les mêmes faveurs, ni les mêmes embûches, nous sommes restés des amis qui se respectent mutuellement car nous avons encore bien des valeurs en commun.

 

Je sais que pour toi, car tu me l'as souvent dis, je suis un exemple, un modèle, mais sache Laurent qu'à mes yeux tu as bien plus de mérites que moi, car à travers tous les obstacles qui sont venus broyer ta vie, ta famille, tu arrives encore à survivre, à ressortir la tête de l'eau. En t'offrant ce café hier, et une écoute attentive, c'était pour mieux de donner un coup de pied au cul, une baffe salvatrice à la vie de merde dans laquelle tu sombres, pour que tu te réveilles par orgueil, par haine de l'injustice sociale, par amitié aussi.

 

Handicapé lourdement d'une jambe, alcoolique, colérique, instable, bagarreur, rentier AI, sdf depuis peu, sans famille, sans ami, sans richesse, ce matin au moment où je t'ai revu, tu m'as dit que tout ce qu'il te restait c'était ta carte d'assurance maladie, telle une bouée qui te rattache encore à la vie.

 

Ce soir, tu es à nouveau perdu, désespéré, révolté, enivré. Tu traînes ta patte douloureuse car un vaurien t'a volé tes cannes anglaises la nuit dernière, alors que tu t'étais endormi en rue au travers de volutes alcooliques. Ce soir tu vas à nouveau dormir dans une allée ou dans un parking car tu refuses d'aller à l'Armée du Salut, un miroir trop moche d'une vie qui ne te plaît pas. Ce soir tu vas probablement souhaiter la mort à tous tes ennemis, mais aussi que la vie s'arrête pour toi avant l'aube, car tu es fatigué, tu es en bout de course, presque en fin de vie.

 

Mais la vie n'est pas aussi moche que tu veux bien le croire Perquouette, la vie est une joie, pas pour ce qu'elle nous apporte, mais bien pour ce que l'on peut amener aux autres, et tu as encore beaucoup à donner, à offrir. Il y a surtout tout cet amour que tu n'as jamais reçu et que tu rêves encore de partager.

 

Alors si tu veux que demain je t'aide en te donnant un deuxième coup de pied au cul, et plus encore, chasse tes démons, sors des ténèbres, montre à la société que tu en as l'envie, le besoin, que tu veux enfin mettre un pas devant l'autre pour avancer, sans avoir besoin de te retourner honteusement sur un passé que tu cherches irrémédiablement toutes les nuits à oublier dans l'alcool, la violence et la peur du lendemain. »

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.